La mémoire de l’hébreu : Aharon Appelfeld

28 juin 2015 1 commentaire

Aharon-Appelfeld

Aharon Appelfeld fait souvent ce cauchemar : « Parfois je me réveille, avec l’angoisse que cet hébreu acquis avec tant de peine disparaît. Je veux l’attraper, je ne peux pas ».
Et LA question : 
« quitter le yiddish n’est-ce pas trahir les morts ? »

Rescapé de la Shoah, Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Citoyen israélien, il est l’un des plus grands écrivains juifs de notre temps.Il a publié de nombreux romans, dont Histoire d’une vie (prix Médicis étranger 2004). Et cette année en France Les Partisans (édition de l’Olivier 2015).

« Je suis venu d’Europe (en Israël) après la guerre en 1946. En 1946, j’avais alors treize ans et demi, je n’avais pas de parents je n’avais pas d’éducation non plus,  je n’avais même pas de langue à l’époque, c’est à dire que je possédais des bribes de pleins de différentes langues mais je n’avais pas à proprement dire une langue qui soit à moi. Et en Europe on ne voulait pas accueillir d’orphelin, et je suis venu ici et c’était le lieu où les réfugiés étaient accueillis (…) -Comment l’hébreu est-il devenu votre langue ? Tout d’abord ma langue maternelle c’est l’allemand. La langue de notre environnement c’était l’ukrainien, la troisième langue c’était le roumain, parce qu’à partir de la première guerre mondiale la région était sous contrôle roumain, et la quatrième langue c’était le Yiddish la  langue que mes grands parents parlaient. Et il y avait encore bien d’autres langues, il y avait des polonais qui vivaient dans la région, alors nous parlions le Polonais, et ensuite sont venus les russes, donc nous avons parlé le Russe… » (Interview de Laure Adler, France-Culture 08 juin 2015)

Il raconte son histoire dans une livre magnifique Histoire d’une vie :

« J’ai éprouvé le besoin de rassembler toutes les bribes de mon existence pour en avoir un aperçu. Histoire d’une vie, ce sont les mémoires d’un écrivain, non d’un historien ou d’un chroniqueur. Enfant, j’ai été très marqué par la disparition de mes parents. Mon existence d’alors comprend de nombreuses failles que j’ai tenté de combler. Il y a donc un peu de fiction dans ces mémoires intitulées « Histoire d’une vie »  et non «  Histoire de ma vie »  par souci d’exactitude ; il s’agissait de prendre un exemple, de dérouler le fil d’une destinée. L’imagination a pu suppléer aux insuffisances de la mémoire ; par ailleurs, il y a des événements sur lesquels je n’arrive pas encore à écrire, la façon dont ma mère a été tuée, les cruautés dont j’ai été témoin… »

« Ma mère a été assassinée dès le début de la guerre, lorsque les Roumains et les Allemands ont envahi notre région à la frontière roumano-ukrainienne. J’ai été renvoyé de chez nous avec mon père vers un lieu de regroupement et c’est là qu’a commencé une marche extrêmement longue de ces pauvres affamés. Nous avancions sans nourriture, l’hiver était rude, les gens tombaient, et une fois qu’ils étaient à terre, on les abattait. C’est ainsi que nous avons marché jusqu’à ce que nous soyons arrivés à un endroit clos, où l’on m’a séparé de mon père, suite à quoi, je ne l’ai plus jamais revu. Lorsque j’étais avec lui, c’était bien mieux. Mon père prenait soin de moi, me protégeait. Nous avons vendu nos habits, un manteau, un pull, tout ce que nous portions sur nous, malgré le froid intense, pour acheter de la nourriture. À l’âge de huit ans et demi, je me suis retrouvé seul, enfant juif isolé, pris entre les Allemands et les Ukrainiens, avec à l’horizon cinq années de guerre et le sentiment intuitif que je devais cacher mon judaïsme et mon identité. »

« J’imaginais que ma mère m’attendait, qu’elle reviendrait me chercher, et je n’avais aucun doute à ce sujet, tant elle m‘aimait et était attachée à moi, qu’il était totalement hors de question qu’elle ne vienne pas à moi. Je savais qu’elle n’était plus de ce monde, mais j’ai conservé cette illusion qui m’a accompagné durant toute la guerre. »

Ne sachant ni le yiddish, ni l’hébreu, il raconte son chemin vers la prière juive. Dans un camp de réfugiés en partance vers la Palestine, il fut saisi à 13 ans par le besoin vital de prier, lui qui ne connaissait pas la première lettre de l’écriture sacrée. Il entendait les autres prier et cette mélodie triste et monotone dont il ne comprenait rien, lui devenait vitale, le seul moyen d’apaiser cette soif immense de ses origines.

Il demanda aux fidèles de lui apprendre à prier. Les fidèles le rejetèrent, ne voulant pas perdre du temps avec un quasi-analphabète et sans autre culture que celle de la survie. D’autres lui dirent qu’il était dans un camp vers la Palestine, et que là-bas on ne prie pas, on travaille. Un seul accepta de lui enseigner et il lui montra les premières lettres en hébreu sur fond jaune. Il lui demanda de les répéter puis de les apprendre par cœur. À chaque erreur, et il n’y avait que des erreurs, il le giflait violemment. Au lieu de s’enfuir loin de cette violence et de cette humiliation, Aharon persévéra. Pour lui douleur et prière étaient indissolublement liées. Pas à pas, gifle après gifle, il parvint sans les comprendre à savoir dire les prières. Il finit par savoir prier comme on prend un bain purificateur avant de débarquer en terre sacrée.

(source)

Ecoutez son interview sur France Culture, ce qu’il dit de sa vocation d’écrivain est magnifique :

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5046817

Catégories :Hébreu

La mémoire de l’hébreu… Soixante deux ans plus tard


L’homme qui enseigne l’hébreu sur cette photo prise ce matin en 2015 et qui vient d’écrire shana (« l’année ») :

Haim Harboun

…. est le même que celui qui est à droite, en janvier 1953, maître de la classe d’Hébreu du cours complémentaire de l’école Georges et Maurice Leven à Marrakech. Soixante deux « années » justement, plus tard ! Un certain Haïm Harboun…

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Ha shana haba be Yeroushalaïm, « L’an prochain à Jérusalem ! » 

Voici ce que j’ai écrit de l’hébreu dans mon livre Des Noces éternelles, un moine à la synagogue:

L’hébreu est une langue concrète, physique. Ainsi le désert se dit tohou. Il vient d’une racine WHT qui signifie « être dévasté ». Le mot sonne comme le hurlement d’une hyène ou d’un chacal dans le désert. Comme le hurlement du chien qui apprend la mort de son maître, celui de la femme dont le soldat prend l’enfant. Celui qui a entendu ce cri sait ce qu’est la parole humaine, cet instant où elle sort de l’animalité pour devenir humaine. Du coup quand on lit la Bible en hébreu, celle-ci prend un tout autre sens. Ainsi, la phrase du début du Livre de la Genèse lors de la création du monde qui le raconte avant la création de la lumière dit  : « La terre était informe [tohou-vavohou : qui a donné « Tohu Bohu »] et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit (rouah, le « souffle » de vie) de Dieu se mouvait au-dessus (al penei : « sur le visage ») des eaux (amaïm au pluriel, la multitude des gouttes d’eau) [1].

Ce tohou prend une profondeur insoupçonnée quand on la lit dans sa langue originaire, le tohou c’est chacun de nous quand nous sommes dévastés. Si l’on convoque d’autres textes pour mieux comprendre ce que cette phrase veut mystérieusement dire, comme le prophète Isaïe qui écrit au VIIIè siècle avant notre ère: Voici, ils ne sont tous que vanité, Leurs oeuvres ne sont que néant, Leurs idoles ne sont qu’un vain [tohou] souffle. [2] : la vanité humaine est à nouveau associée au néant primordial, le tohou c’est la vanité, ce qui ne mène nulle part, le « on » des systèmes de croyances humaines et des apparences… Le Livre du Deutéronome de son côté raconte : l’Eternel l’a trouvé dans une contrée déserte, Dans une solitude [tohou] aux hurlements sauvages ; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle de son œil [3]… Dieu nous aime dans notre tohou, alors que nous hurlons de solitude, il vient nous chercher dans notre vanité et nos illusions pas dans notre célébrité et nos petites gloires. La condition pour que la lumière se fasse est donc que nous passions par une forme de néant de tout ce que nous croyons humainement. Seule la lumière de l’Eternel est unification, mais elle ne peut se manifester et Il ne peut être reconnu que dans un processus lent, passant par la destruction apparente.  Celui qui traverse cette solitude peut s’écrier avec le psalmiste : L’abîme [tohou] appelant l’abîme [tohou] à la voix de tes cataractes, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi. Au long du jour, le Seigneur m’envoie son amour ; et la nuit, un chant est sur mes lèvres, ma prière au Dieu vivant !

L’Hébreu me poussa dans mes derniers retranchements.Assoiffé, je remontais le cours vers la source.

HH aux platines  !!!  (cet hiver)

HH aux platines !!! (cet hiver)

[1] Livre de la Genèse 1, 2

[2] Livre d’Isaïe 41, 29

[3] Livre du Deutéronome 32, 10

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Korah, un autre pouvoir


J'ai pris la photo de cet arbre cette semaine sans intention. Par un drôle de hasard, il m'a permis de comprendre la signification du bâton d'Aaron qui bourgeonne (voir à la fin de la Derasha du Rav Harboun + DL

J’ai pris la photo de cet arbre cette semaine sans intention. Par un drôle de hasard, il m’a permis de comprendre la signification du bâton d’Aaron qui bourgeonne (voir à la fin de la Derasha du Rav Harboun + DL

Ce que dit le judaïsme c’est que toute existence se détermine de fait par rapport à un choix. L’homme choisit de fait de déterminer son existence soit par rapport à D.ieu soi par rapport à son environnement immédiat sous la main, les objets qui l’entourent. C’est ce rapport faussé à l’existence que le judaïsme nomme idolâtrie. Dans le second cas le monde qui m’entoure devient la mesure de mon existence, je deviens un objet de ce monde. Autrui devient un moyen et plus une fin. L’homme devient alors une fonction, dans un rapport de pouvoir par exemple où il est soit un esclave soit un maître omnipotent, un objet qui s’assimile au regard objectivant d’autrui.
Ainsi le regard que je porte sur ce monde, vivre devant D. ou devant les objets, des objets banals (les statues de bois de la Torah) ou raffinés: les habitudes sociales, la bien-pensance religieuse qui instrumentalise le spirituel à des fins de ce monde, les valeurs ou les rapports de pouvoir de mon époque… détermine le sens que je donne à ma propre existence. Je vais là où me mène mon pôle magnétique. Vers D. sous sa Torah pour vivre ou vers mes idoles illusoires qui conforte mon égo un moment mais qui finissent par s’évanouir en fumée, réduisant ma vocation d’homme au néant de l’oubli. Ce ‘est pas « mal », c’est juste un mode d’existence illusoire, « L’Eternel connait le chemin du tsadik » dit le psaume 1 et constate tristement : « Le chemin des méchants se perdra ». hevel havalim hakol hevel, cette « vanité » est comme un buée (c’est le sens du mot hével) du matin que le soleil efface. Buée des buées. Et c’est de l’idolâtrie du pouvoir que nous allons parler aujourd’hui. Lire la suite…

Bienvenue chez Les Shtisel !


Les série israélienne sont de haute qualité.  Ainsi Hatufim a servi de modèle à Homeland. Mais le tube des tubes de la TV israélienne ne se passe pas à la Maison Blanche ou à déjouer les trafic  d’un petit prof de chimie dirigeant les cartels de la met’ au Nouveau Mexique -on a reconnu l’excellent Walt dans Breaking bad… mais dans une famille haredi du quartier de Geula (« La Rédemption »), à Jérusalem. C’est archi drôle, hyper émouvant. Entre autres répliques cultes :

« Trois mois d’ascenseur et de Téhilim (les psaumes) à l’hôpital et il est mort! »

La mère Haredi, est une yiddish mama avec des lunettes improbables, qui découvre les séries US à la télé dans sa maison de retraite alors que « les émotions les plus fortes qu’elle avait vécues jusque là étaient le Cantique des Cantiques » – dixit son fils. Elle allume la télé sur un western où des types défouraillent à tout va et résume pour une autre pensionnaire :

« Tu va voir ils ont des grands chapeaux comme les gens à Hébron… mais ils n’ont absolument aucune morale… »

Vous ne deviendrez pas forcément haredi….  mais bienvenue chez Les Shtisel !  

Lire la très bonne chronique de JEWPOP :

http://www.jewpop.com/culture/bienvenue-chez-les-shtisel-la-serie-israelienne-evenement-en-dvd/ 

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Ecoles de l’Alliance Israélite Universelle


Qui se reconnaît sur cette photo ???

Cette photo a été prise en janvier 1953. C’est la classe d’Hébreu de l’école Georges et Maurice Leven à Marrakech (Arset El Maach). Une école appartenant à Alliance Israélite Universelle. Les Elèves sont ceux du cours d’hébreu : classes de 3ème et 4ème (garçons) du Cours Complémentaire. Le directeur de l’école Albert Goldenberg est à gauche et le maître d’hébreu qui figure à droite  est un certain M. Harboun Haïm. si, si…

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source : AIU

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Circoncision : Au nom du père


« Abraham était âgé de 99 ans, le Seigneur lui apparut et lui dit :’ je suis le D’ tout-puissant; conduis-toi à mon gré, sois irréprochable, et je maintiendrai mon alliance avec toi, et je te multiplierai à l’infini.’…. Tu seras le père d’une multitude de nations…. Et je donnerai à voir et à toi et ta postérité la terre de Canaan comme possession infinie… Voici le pacte que vous observerez,… qui est entre moi et vous jusqu’à de la dernière postérité: circoncis tout mâle d’entre vous.» (Livre de la Genèse)

«… À l’âge de huit jours, que tout mâle, dans vos générations soit circoncis…» (Genèse 17,12).

Celui qui assiste aujourd’hui à une circoncision, ou brith mila, se retrouve témoin d’un rite étrange venu du fond des âges qui a peu varié depuis trois millénaires. On est au cœur de la liturgie familiale et au centre de la vie juive. Pour le judaïsme, la circoncision au huitième jour passe avant les shabbat lors desquels on ne réaliser un acte médical, sauf en cas de danger pour la vie ! Car ce huitième jour, qui suit les sept jours de la semaine symbolise le temps de l’accomplissement, il fait signe de la Rédemption et du monde qui vient.

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Assis sur une sorte de trône de bois, le sandaq (du grec syndic !) en général le grand-père de l’enfant ou parfois son oncle,  le porte sur ses genoux et tient fermement ses jambes écartées. Il permet au mohel (circonciseur) de couper le prépuce de l’enfant, au nom du père. On chante « Eliahou ha navi, Eliahou ha navi, » Elie le Prophète, car le prophète Elie est supposé être présent à toutes les circoncisions. En effet il s’était plaint à D-ieu que les Juifs ne tenaient plus à l’alliance . Pour le « punir », D-ieu l’envoie constater à quel point ils y tiennent. Elie est l’ange de l’alliance. On lui réserve une chaise dans chaque synagogue.

L’alliance juive passe par la circoncision. Qu’est-ce que cela signifie ? L’acte matériel de la circoncision consiste à couper le prépuce [‘orla en hébreu] du bébé. La Tradition juive a remarqué que, chaque fois que ce terme est employé dans les écritures, il se rapporte à une barrière faisant obstacle à un résultat favorable. Le prépuce symbolise l’obstacle entre l’homme et Dieu, l’idole qui lui barre le chemin de son désir libre.

Selon, la Tradition juive, Adam, le premier homme, a été créé circoncis parce qu’il était aussi semblable à Dieu qu’il était possible à un être de chair ; la proximité d’Adam avec Dieu trouvait son expression matérielle dans cette absence de prépuce, de ‘orla entre lui et Dieu. La résistance de quelqu’un au repentir est appelé la ‘orla du cœur, par les prophètes d’Israël car la circoncision physique  est le signe de la circoncision du cœur, de cette barrière qui se lève en l’homme pour étouffer l’appel intérieur vers le spirituel.

On ne circoncit pas la femme. Pourquoi ? Parce que le corps de la femme est parfait disent les Sages d’Israël. Son cycle réglé sur celui de la lune et qui répondait à la première loi, celle du cosmos, avait vivement impressionné les Sages. Comme la liturgie du Temple de Jérusalem ordonnée sur un calendrier luni-solaire le corps de la femme, temple en miniature, intégrait le cycle du temps. C’est pourquoi celle-ci n’est pas obligée aux commandements liés au temps comme la prière à heures fixes.

Pensée étrange que celle du judaïsme, orientale et mystérieuse. Proche de Dieu mais toujours au plus près du corps. Où chacun est responsable mais où tous sont les garants les uns des autres, collectivement solidaire dans le mal comme dans le bien. Croyante mais toujours via des rites accomplis comme une obligation : le père doit circoncire son fils !

Là c’était le fils du petit fils du rabbin Harboun. Quatre générations réunies !

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Bénis soient le petit Réouven (Ruben), Arie son papa, Charles son grand père, et toute sa famille ! Que la mémoire du grand-père du Rav Haïm Harboun, le Rav Haïm Corcos (ZAL) dayan de Marrackech et celle de Shimone sont fils soient une bénédiction.

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Shelah Lekha, les explorateurs de l’inconscient


Le commentaire de la Sidra par le Rav Haïm Harboun et DL

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L’Éternel parla ainsi à Moïse: « Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan, que je destine aux enfants d’Israël » ( Nb 13, 1-2)

Dès le départ de cette paracha il y a un problème. Shelah Lékha, pourquoi « envoie toi-même » et pas « envoie », des explorateurs pour visiter le pays. C’est une manière pour l’Eternel de dire « Eh bien, puisque tu ne me crois pas… vérifie toi-même ». L’initiative du peuple déplait à l’Eternel. Elle n’arrive pas au hasard, mais longtemps après la promesse aux Patriraches, à Abraham, Isaac et Jacob de donner ce pays en héritage à leur descendance, cette terre, le pays de Canaan, qu’à maintes reprises L’Eternel avait qualifié de Erets Tova. Et au moment d’entrer, le simple fait d’aller vérifier montre qu’Israël doute de la promesse de l’Eternel.

Rachi commente :

« Envoie-toi », c’est à dire « À ton gré ». Quant à moi, je ne te l’ordonne pas. Si tu veux, envoie-les ! (Sota 34b). Israël est venu lui dire : « Envoyons des hommes devant nous » (Devarim 1, 22), ainsi qu’il est écrit : « Vous vous êtes tous approchés de moi » (ibid.). Mochè est alors allé prendre conseil auprès de la Shékhina. Celle-ci lui a répondu : « Je leur ai affirmé quant à moi que le pays est bon, comme il est écrit : “J’ai dit : Je vous ferai monter de la pauvreté de l’Égypte…” (Shemoth 3, 17). Par leur vie ! Je ne leur fournirai pas l’occasion de se tromper à la suite du rapport des explorateurs au point de ne pas en hériter (Midrach Tan‘houma).

Lire la suite…

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