Shabbat Shalom (du Yémen…)


Des chants de shabbat des descendants des juifs Mizrahi du Yémen, maintenant en Israël.

Les origines du judaïsme yéménite localisée dans le sud- ouest de la péninsule arabique (actuel Yemen) sont légendaires : les dix tribus perdues,  la reine de Saba ; la sortie d’Egypte, etc…

« Rabbi Akiba disait : Il existe aussi dix tribus perdues qui vivent encore de l’autre côté de la rivière Sambatyone. Ce fleuve charrie toute la semaine des pierres mais il se repose le jour du Shabbath. Aussi, nul ne peut le traverser. » (Midrash Rabbah sur Genèse 11, 5)

« Ils accourront de l’Egypte comme une nuée de passereaux, et de l’Assyrie comme des colombes (Osée 11, 11) : il s’agit des dix tribus perdues. » (Midrash Rabbah sur le Cantique des cantiques 4, 2)

… L’hypothèse la plus plausible est le commerce des épices et des parfums actif dans la région depuis le IIIe siècle avant notre ère. Cette communauté sur la route de la soie en lien avec l’Inde et l’Asie et sur la route de l’Egypte et du Maghreb est l’une des plus anciennes du monde.

En 380, Abîkarib As’ad souverain de l’Empire himyarite et ses corégents se convertissent au judaïsme. Dhu Nuwas qui régna de 518 à 525 sera le dernier souverain juif du royaume yéménite d’Himyar avant son islamisation.

De juin 1949 à septembre 1950, quelques semaines après la fin de la guerre et à l’issue de la création de l’Etat d’Israël, la quasi totalité de la communauté du Yémen, soit 49000 Juifs, arriva en Israël par un pont aérien  au départ d’Aden lors de l’opération Tapis volant (photo), 380 vols organisés secrètement. Ils n’avaient jamais vu un avion de leur vie. Ml’Eternel n’avait-il pas promis qu’Israël reviendrait à Sion sur les ailes de l’aigle ? L’Aigle a pris les formes d’un C-46 ou d’un DC-4 aux couleurs d’Alaska Airlines !

 » Vous, je vous ai portés sur l’aile des aigles, je vous ai rapprochés de moi. » (Ex 19, 4).
« Il le rencontre dans une région déserte, dans les solitudes (
tohou comme tohou vavoou en Gn 1, qui a donné « tohu bobhu ») aux hurlements sauvages; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle de son œil. Ainsi l’aigle veille sur son nid, plane sur ses jeunes aiglons, déploie ses ailes pour les recueillir, les porte sur ses pennes robustes. » (Dt 32, 10-11).

D’autres vinrent en Israël au début des années 1990. A présent environ il ne reste que quelque centaines de Juifs vivent au Yémen, dans le nord du pays.

C’est à leurs ancêtres que Maîmonide écrivait son Épître au Yémen :

« Vous, nos frères bien aimés, écoutez son serment, n’éveillez pas l’amour avant qu’il le veuille. Le Créateur du monde par la vertu de sa miséricorde se souviendra de nous et de vous pour rassembler les exilés […] ; il nous fera sortir de la vallée des ténèbres où il nous a installés, il retirera l’obscurité de nos yeux et de nos cœurs, il accomplira de nos jours et de vos jours ce qui est consigné dans l’Ecriture :’ ‘Le peuple qui marchait dans l’obscurité voit une grande lueur; ceux qui habitaient une terre ténébreuse, la lumière rayonne sur eux’’ (Isaïe 9, 1). […]

Magic carpet operation

Secret Magic carpet operation

Juif Yéménite

juif yéménite, 1920

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Carte des communautés juives du Yémen

Catégories:Sources juives

Le discours de Benjamin Brafman en ce jour de Yom Hashoah.


brafmanJe n’ai pas survécu – j’ai été assassiné à Auschwitz.

Mon nom est Yechiel Michoel Friedman. J’ai été « assassiné » à Auschwitz. Je ne suis pas mort à Auschwitz. J’ai été « assassiné » à Auschwitz.
Vous ne me connaissez pas. Aucune des personnes présentes dans cette salle ne m’a jamais rencontré ; pas même mon propre petit-fils, Ben Brafman, qui, lui non plus, ce n’est un secret pour personne, ne m’a pas connu. Je lui ai permis de parler pour moi ce soir, mais ce n’est pas son discours. C’est mon discours. Mon petit-fils parle pour moi, parce que, si j’ai été assassiné, je n’en ai pas pour autant été réduit au silence. Vous devez vous souvenir de ma vie et de mon assassinat – non pas de ma mort – mais de mon assassinat. L’assassinat de ma famille – de votre famille – de tant de familles …

Ceci est mon histoire, une histoire vraie, une histoire triste, une histoire horrible.

Mon histoire, comme tant d’autres, commence merveilleusement bien, se poursuit difficilement et se termine tragiquement mais sa fin n’en est pas vraiment une, Baroukh Hachem ; puisque, même si une grande partie de ma famille et moi-même avons été brutalisés et assassinés, une autre partie elle, a survécu par miracle. Du fait que certains ont survécu, mon petit-fils existe, il est là pour parler en mon nom, vous raconter l’histoire de son grand-père « mon » histoire, l’histoire de ma vie et l’histoire de ma mort. L’histoire de vies qui furent brutalement interrompues, la mienne, celle de Malka ma femme bien-aimée, celle de Sima ma fille si jolie, si gracieuse, celle de son mari Yaacov jeune et vigoureux et celle de leur bébé, ma petite-fille, ma « première » petite-fille, Chaya Sarah.

Ma petite Chaya Sarah, qui, à deux ans, fut arrachée des bras de sa mère, hurlant de terreur et jetée dans un four à Auschwitz comme un objet sans valeur, comme si elle n’était que quantité négligeable.
Alors aujourd’hui, je prends publiquement la parole pour vous dire que ma petite Chayala était loin d’être un objet sans valeur, elle avait de la valeur, nous en avions tous.

Chaya Sarah était la seule petite-fille que j’ai eue. Je l’aimais comme seul un grand-père peut aimer ses petits-enfants. Les tueurs nazis l’ont assassinée, et avec elle 1.500.000 autres enfants juifs. Ils nous ont pris notre nachat – notre vie, notre joie et notre espérance. Ils ont pris nos bébés et les ont transformés en cendres. >>> suite

Catégories:Holocauste

70 ans après la Shoah… N’oublie pas !


Aujourd’hui c’est l’anniversaire de la libération il y a 70 ans du camps de Bergen-Belsen par l’armée britannique. En interrogeant les derniers témoins, Marie Pierre Samitier (mon épouse) dans : « Bourreaux et survivants, faut-il tout pardonner ? » a été à la rencontre des derniers témoins.

« A l’heure des bilans, mon enquête me conduit au plus près des victimes de l’Holocauste. Que pensent-ils exactement de leurs bourreaux et du passé ? »… « Quand on enquête sur les bourreaux on s’aperçoit avec vertige qu’ils continuent de penser qu’ils ont eu raison… »… « En réalité, en nous trompant sur le pardon, en le galvaudant, en utilisant cette notion à bon marché, n’avons-nous pas perdu le fil qui nous relie à la loi morale fondatrice de toute société humaine? »…

Un article dans le Huffington Post de Marie-Pierre Samitier

HISTOIRE- En apparence, tout va bien. Nos sociétés européennes s’apprêtent à commémorer une mémoire indispensable qui fait largement consensus et œuvre utile en ces périodes de populisme agité. La cérémonie en mémoire des enfants d’Izieu a eu lieu le 6 avril dernier, en présence du président de la République.D’autres commémorations se préparent, comme celle de la libération du camp de Bergen Belsen par les Britanniques, le 15 avril, puis celle de Dachau par l’armée américaine à la fin du mois. Tout va bien mais il reste l’inexplicable, c’est-à-dire ce qui échappe à la raison. Et une bien étrange situation: par quel cruel retournement l’Europe est-elle devenue tout à la fois un espace de commémoration du 70e anniversaire de la libération des camps de la mort et en même temps le théâtre d’une nouvelle judéophobie? suite sur le site du Huffington Post

Des témoignages bouleversants de survivants

Sarah Lichtsztejn-Montard
Sarah Montard raconte dans ce livre de comment après la rafle du Vel d’Hiv et l’excés de zèle d’un fonctionnaire de police français elle a été emprisonnée à Auschwitz puis été emmenée dans les marches de la mort de janvier 1945 où elle a retrouvé sa mère. Emprisonnée à Bergen Belsen elle y a rencontré Anne Frank et sa soeur Margot.

Anne et Margot Frank

Margot et Anne Frank

Régine Rénia Frydman

Régine Friedman, rescapée du Ghetto de Varsovie à l’âge de 7 ans et sa fille (photos MPS)

Régine était à 7 ans lorsqu’elle a été enfermée avec ses parents dans le Ghetto de Varsovie, rue Zajecza. Elle le quitte après l’insurrection du 19 avril 43 pour être déportée en train dans une ferme en Allemagne. Avec peu de vêtements et sans chaussures, la mère de Rénia avait confectionné des protections avec du papier journal et du carton pour entourer les pieds de la fillette et tenter de la préserver du gel de l’hiver 43-44.

Samuel Pintel

Samuel Pintel dans sa classe d’enfant à la Maison d’Izieu -Marie Pierre Samitier (photos MPS)

 « Je vous parlerai des autres enfants, ceux qui ont été déportés à Auschwitz. C’est pour eux que je témoigne.
– Oui, merci. Enfin… vous me parlerez aussi de vous, n’est-ce pas ? Ajouté-je, inquiète de tant d’effacement.
– Moi ? Cela a moins d’importance. C’est pour les autres qui ne sont pas revenus que je le ferai. »

Samuel Pintel est  l’un des rescapés de la rafle d’enfants organisée par la Gestapo à la colonie d’Izieu vers Auschwitz pour y être exterminés, le jeudi 6 avril 1944, premier jour des vacances de Pâques.

Elie Mizrahi

Elie Misrahi

Elie Mizsrahi – rescapé d’Auschwitz (et ma fille) (Photo MPS)

« Le pardon ? Pourquoi ? » . Elie Mizrahi, matricule A 15 790 d’Auschwitz a été Libéré le 29 avril 1945, à
17 heures du camps de Dachau par les forces américaines.

« On avait dit que ceux qui reviendraient d’Auschwitz seraient indestructibles. Hé bien voilà! Marie-Pierre, je suis indestructible, avec mon ami Simon Gutman ».

On retrouve dans le livres d’autres témoignages comme celui d’Henri Borlant, Renée Békier…

Une émission d’André Nahum sur Judaïque FM (22 minutes)

70 ans plus tard… pour que la 4ème génération n’oublie pas

On trouve une étrange histoire dans le talmud au traité Ta’anit (23a): Celle d’Honi le traceur de cercles (Honi HaMe’aguel)

Croisant un homme qui plantait ses caroubiers, Honi s’étonna de la futilité de sa tâche. Puisque, le caroubier mets 70 ans à pousser, le planteur n’en aurait jamais l’usufruit.

Alors qu’il arrivait près d’une grotte, Dieu fit tomber sur lui un sommeil de 70 ans.

A son réveil, Honi se trouva abandonné, personne ne voulant croire qu’il s’agissait de lui. Il plaignit son sort, pire encore que celui du planteur, car sa descendance évoquait son souvenir avec gratitude, alors que le propre petit-fils de Honi l’avait pris pour un mendiant et un affabulateur.

Il retourna à la grotte, s’endormit et mourut.

Il faut trois générations pour oublier un homme, 70 ans. Mais nous pouvons nous souvenir et faire mémoire.

Soixante-dix ans c’est la durée de la vie d’un homme :

« Mille ans à Tes yeux sont comme la journée d’hier quand elle est passée, comme une veille dans la nuit. » « Le nombre de nos années ? soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! et tout leur éclat n’est que peine et misère. Car bien vite le fil en est coupé, et nous nous envolons… Apprends-nous donc à compter nos jours, pour que nous acquérions un cœur ouvert à la sagesse.»…  nous rappelle le Psaume 90.

Voilà 70 ans que les alliés ont ouvert la porte des camps nazis. Peu à peu les derniers survivants qui racontaient l’horreur s’en vont. Demain c’est Yom HaShoah, Yom ha-zikaron, la journée du souvenir.

« Bourreaux et survivants, faut-il tout pardonner ? » a été écrit pour la 4ème génération et pour que vous n’oubliiez pas.

Catégories:Holocauste Mots-clés :

Le messianisme de Moïse Maïmonide au Maharal de Prague


Ce Shabbat de Hol Ha Moed et dernier jour de Pessah avant la mimouna nous avons lu la Haftarah en hébreu (Emmanuel) et avec le Targoum en araméen (Jacob) et la traduction en français (Serge) qui en interprète chaque verset. L’après-midi du dernier jour de Pessa’h, il est de coutume de prendre un troisième repas appelé Séoudat Machia’h : le « Repas du Machia’h ». On attend en ce dernier jour de Pessah que le messie se révèle au monde, un messie créé avant le monde lui-même pendant le massé berechit. « L’esprit de D.ieu planait, » c’est l’esprit de Machia’h –  commente le Midrash Rabba.

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Haggadah – Les rabbins au Pardès 

La Haftara de ce shabbat nous entraîne à une réflexion sur ce thème du Machia’h. Le prophète  Isaïe décrit l’ère messianique. Lisons le : Lire la suite…

Catégories:Sources juives

Mimouna : la chance soit avec toi !


Il est de tradition juive marocaine, depuis trois siècles, de préparer à la sortie de Pessah la mufleta – une fine crêpe faite d’eau, de la farine et de l’huile consommée chaude, tartinée de beurre, de miel, de sirop ou de  confiture... Au même moment dans certaines villes du royaume des familles musulmanes préparaient le nécessaire pour les crêpes, galettes, petit pain …qu’ils emmenaient ce samedi soir chez leurs voisins ou amis juifs. On met sur la table de la farine dans laquelle on a planté sept gousses de fèves, du beurre, du lait, du levain, des confitures, une assiette avec des pièces anciennes, des épis de blé. Le mot « Mimouna » viendrait d’Emouna, la foi en hébreu, la croyance en la venue du Messie. La Mimouna vient aussi de « Mimoun », la chance en arabe.

On mange aussi du couscous sucré. Merci à Patricia et Philippe !

L’explication de Rav Harboun sur l’oeuf dans la farine :

« Le dernier jour de Pessah s’appelle en araméen « Yoma dimchi’ha » en Hébreu « yom hamachiah » nous lisons le chapitre 11 du livre d’Isaïe qui traite du Messie.  Mais le problème est que le jour du Messie est précédé par  » Hévlé Machiah » qui signifie les souffrances à la suite de la venue du Messie. Pour échapper à ces souffrances les Juifs du Maroc ont institué la  » Mimouna »  mot arabe qui signifie la chance, au Maroc les juifs étaient particulièrement superstitieux et la peur de la souffrance les pétrifiaient. On a donc réservé le dernier jour de Pessah pour se persuader qu’on a de la chance et qu’on échappera à la souffrance du Machia’h. Pour donner corps à cette croyance il fallait la matérialiser par des symbole. L’oeuf symbolyse une vie en puissance. Chaque oeuf peut devenir un poussin. La farine symbolise la vie :  un oeuf dans la farine cela veut dire que la chance ne reste pas en puissance mais qu’elle se manifeste dans la vie l’oeuf = vie en puissance  la farine= vie manifeste. » RH

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L’ombre d’un doute FR3 :  » les derniers jours de Jésus »


Catégories:Sources juives

Les juifs n’ont pas « tué Jésus » : Pour en finir avec l’antisémitisme chrétien.


Jésus n’a pas été condamné à mort par le Sanhedrin, tribunal juif de Jérusalem, comme le racontent les évangiles. C’est ce que j’ai dit ce soir sur France 3 dans l’émission : L’ombre d’un doute, sur « les derniers jours de Jésus » France 3, de Franck Ferrand. Voici pourquoi.

Le jugement du Sanhédrin

sanhedrin A l’époque de Jésus, le Sanhédrin, est une assemblée qui se réunit avec un délai d’au moins un jour, à l’intérieur de l’enceinte du Temple. C’est une institution à mi-chemin entre une assemblée législative et un tribunal suprême. Lire la suite…

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