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Archive pour décembre 2009

Le débiteur insolvable… par Augustin d’Hippone

Dans la « Lettre 192 » adressée au diacre Célestin par Saint Augustin en 418 une petite méditation en cette période de ” Crise et chatiment ” :

’amour est une dette qui ne s’efface pas : une fois payée, on en reste toujours débiteur. On a beau s’en acquitter, on la doit encore ; quand on l’a payée, on en est toujours rede­vable.
C’est quelque chose qu’on ne perd pas en la rendant, mais qui redouble en quelque sorte par cette restitution même, car pour payer de retour l’affection des autres, il faut en avoir également, ce qu’on ne peut faire qu’en possédant soi-même un même fond d’amour.
C’est un sentiment qui grandit au plus profond de l’homme, à mesure qu’il le manifeste, et qui devient d’autant plus grand, que davantage de personnes en sont l’objet. Or, comment pour­rait-on ne pas avoir d’amour pour ses amis, alors qu’on en doit même à ses ennemis ? Seulement envers les ennemis, c’est un devoir qu’on remplit avec de multiples précautions, tandis qu’envers des amis, on le remplit en toute sécurité. […]

Il n’en est donc pas de l’amour comme de l’argent. Plus on dépense d’argent, plus il diminue ; mais plus on dépense d’amour, plus il augmente. Il y a encore cette différence : nous aimons d’autant plus ceux à qui nous donnons de l’argent, que nous avons moins la pensée de la leur redemander un jour ; tandis que dans les largesses de l’amitié, on exige autant qu’on donne. […]
C’est pourquoi, frère, je suis heureux de te rendre cette amitié que tu as pour moi. Ces sentiments que je reçois de toi, je te les rede­mande encore, et ce que je te rends, je te le dois toujours.

Catégories:Sources chrétiennes

Les pierres sauvages

Le Thoronet

Un petit extrait pour donner envie de relire le magnifique ouvrage de Fernand Pouillon Les pierres Sauvages, (Seuil 1964), de circonstance en ce jours de frima.

 

 

 

 

 

 Dimanche de l’Oculi

La pluie a pénétré nos habits, le gel a durci le lourd tissu de nos coules, figé nos barbes, raidi nos membres. La boue a maculé nos mains, nos pieds et nos visages, le vent nous a recouverts de sable. Le mouvement de la marche ne balance plus les plis glacés sur nos corps décharnés. Emportés dans le crépuscule blafard d’un hiver de mistral, précédés de nos ombres démesurées, nous apparaissons tels trois saints de pierre. Nous marchons depuis des semaines. Par la vallée du Rhône nous atteignons Avignon, puis Notre-Dame-de-Florielle dans la diocèse de Fréjus, sur les terres de mon cousin Raymond Béranger, comte de Barcelone. En ce cinq mars onze cent soixante et un, trentième année de mon arrivée à Cîteaux,  je suis chargé de construire un monastère, j’en ai reçu l’ordre de notre abbé.

Catégories:Moyen-âge

A quelle(s) condition demain pourra-t-il être meilleur qu’aujourd’hui?

Catégories:spiritualité Tags:
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