RECHERCHE

La réflexion de Didier Long, originale et intimement liée à un parcours ‘expérimental’, est centrée sur l’histoire des mentalités religieuses et des croyances en Occident. Elle se situe au carrefour de l’anthropologie, de la philosophie, de la théologie, de l’économie et de la sociologie des religions.

A la suite de Birger Gerhardsson, Matthieu collin, Pierre Lenhardt… Didier Long a travaillé sur les origines juives du premier christianisme en montrant son enracinement au coeur de la tradition orale juive. Selon cette analyse Jésus était un rabbi (enseignant) pharisien de la torah orale (Torah SheBe’al Pe, “Tradition des pères” en dilaogue avec la Torah écrite Tanakh); s’opposant en celà aux Sadducéens fondamentalistes par intérêt politique. C’est au coeur de cette tradition pharisienne puissament interprétative et novatrice que se situe aussi Paul, élève du rabbi pharisien Gamaliel l’Ancien, petit fils d’ Hillel l’ancien. Didier Long a montré l’enracinement de la première prédication évangélique au sein de cette croyance (autorité de la torah orale autant qu’écrite, résurrection des morts, anges…) et la relecture de celle-ci par le stoïcisme judéo-héllénistique de la diaspora via Paul de Tarse. Il montre l’originalité de rabbi Jésus dans le monde du premier temple : un rabbi qui enseigne la Torah aux femmes. Cette filiation du christianisme au sein de la tradition pharisienne peu rigoriste d’Hillel, le regoupement du judaïsme autour du mouvement pharisien (ou des Sages) aprés 70-destrucution du second temple, explique la naissance géméllaire du judéo-christianisme et du christianisme au moins jusqu’à la fin du premier siècle de notre ère. Une hypothèse défendue dans le monde juif par des historiens comme Daniel Boyarin.

Ouvrage de référence :
->“Jésus le rabbin qui aimait les femmes” Bourin éditeur, 2008.
->“Jésus de Nazareth juif de Galilée” Presses de la Renaissance, 2011.
->“L’invention du christianisme” Presses de la Renaissance, (à paraitre).
 

Le second axe de travail de Didier Long, analyse la naissance et le développement du capitalisme en occident des monastères au Moyen-Age jusqu’à nos jours comme la civilisation qui suit l’éffondrement de l’empire romain et de ses croyances. Didier Long montre à travers l’analyse économique que la “civilisation du capitalisme” (Joseph Schumpeter in Capitalisme, socialisme, et démocratie) est profondément dépendante de la trame des croyances judéo-chrétiennes. La démocratie et la passion de l’égalité comme le montre (Tocqueville) sont les fruits de cette croyance. Didier Long définit la civilisation occidentale non pas comme un corpus de doctrines religieuses stable mais comme un syncrétisme en perpétuel réinterpréattion assimilant en Europe des croyances externes : la Révélation juive d’un part, sa réinterpréation dans des concepts et des croyances issues du monde gréco-romain; Athènes et Jérusalem. Didier Long montre que cette “Chrétienté”, bien avant le protestantisme calviniste, a puisé dans l’ascétisme monatique son idéal de création de richesse au service de la société puis de la ville (Bonheur citadin) créant tous les outils financiers que nous connaissons aujourd’hui : places de marché tournantes, instruments de crédit, assurance, monnaie… Cette “Civilisation du capitalisme” s’est poursuivie jusqu’aux années 80 du 20ème siècle créant un développement exponentiel de richesse au service du plus grand nombre. La crise de l’hypercapitalisme est alors lue comme une inversion de valeurs de cette croyance fondatrice.

Ouvrages de référence :
-> “Capitalisme et christianisme”, Bourin éditeur, 2009.
-> “Pourquoi nous sommes chrétiens” Le Cherche midi 2007

 

Didier Long travaille enfin sur la globalisation et le multiculturalisme comme phénomènes de croyances spécifiquement occidentaux et sur les enjeux de l’universalisme au sein d’un monde désormais multiculturel, multilatéral et multipolaire. Il analyse les mutations des religions monothéistes dans la globalisation religieuse, dans un monde devenu contre toute attente “furieusement religieux” (Peter L. Berger).

Ouvrage de référence :
-> “Manuel de survie spirituelle dans la globalisation”, Salvator, 2008.

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