Irène Némirovsky, « Le vin de solitude », roman

Irène Némirovsky

À l’automne 2004, alors que j’allais publier en janvier Défense à Dieu d’entrer chez Denoël, la maison d’édition envoya aux auteurs une invitation : contre toute attente, Irène Némirovsky venait de recevoir le prix Renaudot pour Suite française, son ultime livre, roman de la débâcle de 1940. Elle le reçut le prix à titre posthume puisqu’elle était morte à Auschwitz en 1942. C’est ainsi qu’on la redécouvrit.

Vendredi dernier, 17 aout 2012, je me suis retrouvé dans une toute petite librairie de Narbonne. Parcourant les livres un a un comme je le fais d’habitude, l’oreille quasi collée contre leurs dos, j’entendais comme les chuchotements de ces milliers d’histoires, qui, lorsque j’étais enfant m’aidaient à m’endormir et aujourd’hui… m’empêchent de dormir.

On était à quelques heures du shabbat. Je repensais à ce geste que j’ai souvent vu à la synagogue, lorsqu’un homme s’approche de l’arche où sont contenus les rouleaux de la Torah, et debout, pose ses mains et son oreille contre la porte comme pour écouter amoureusement, le cœur tourné vers Jérusalem.

Au hasard de cette pérégrination bibliophile, je suis tombé sur Le vin de solitude  (1935), d’Irène Némirovsky. Par acquis de conscience, bien persuadé que je ne le lirai jamais… je l’ai acheté. Je l’ai ouvert le lendemain et ne l’ai plus lâché jusqu’à l’avoir lu entièrement au petit matin.

Ce roman qui raconte la vie d’Hélène Karol et de sa famille, largement inspirée de celle d’Irène Némirovsky commence en Russie, se poursuit à Saint Pétersbourg, puis en Finlande, enfin à Paris. Il raconte les rapports d’une petite fille qui murit peu à peu et devient une femme avec sa mère, égoïste, indifférente et volage qui ignore puis hait sa fille; alors que le père financier, « Millions, millions, millions », ne voit rien d’autre que l’argent et s’illusionne sur sa « famille », Hélène chérit sa gouvernante française. Le chassé-croisé entre mère et fille est magnifique de choix, de nostalgie, d’illusions perdues et d’observation.

Par un curieux hasard j’ai découvert en lisant ce livre qu’Irène Némirosky était morte à Auschwitz le 17 aout 1942. Il y avait exactement 70 ans jour pour jour ce 17 août. Parfois la vie est étrange.

Un livre à lire absolument.

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