Nous avons été invité avant Chavouot par :
- Maître Marie-Hélène Fabiani, Présidente d’honneur de CORSES DU PALAIS, et Vice Présidente de la LICRA CORSE, et sa co-présidente Me Laura Mancini,
- Maître Nathalie Attias qui préside le Rassemblement des AVOCATS JUIFS DE FRANCE.
Le débat a duré de 19h30 à 21h00 avant la fête, avec une salle remplie et passionnée.
La corse, île des Justes?
Le thème de la Conférence était » La Corse, ile des justes ? «
- J’ai traité le partie Mémoire juive de Corse.
- Sylvain Grégori, est docteur en Histoire contemporaine et conservateur du musée de Bastia. Il a présenté la Situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale en Corse qui a conduit à ce qu’aucun juif en Corse (sauf un pendant l’absence du Préfet) n’a été déporté de l’île : les influences locales sémites et antisémites, et surtout l’intervention décisive des préfets Paul Balley et du sous-préfet Pierre-Henri Rix .
La conférence avait été annoncée dans Corse-Matin. Certains avocats avaient fait le déplacement de Bastia, nous remercions tous chaleureusement.
La conclusion de Me Nathalie Attias
La corse île des justes, avec un ?
C’est d’abord incontestablement une terre d’asile et de refuge.
Didier a retracé les différentes périodes d’exode des juifs, depuis l’inquisition jusqu’au 20eme siècle et une chose est sûre, ils ont été accueillis, pour développer le commerce, mais ils se sont intégrés totalement.
Didier nous dit que sa maman ne voyaient pas les juifs en bas de chez elle à Bastia mais « des corses », preuve de l’intégration des juifs dans leurs terres d’accueil.
Ils sont si intégrés qu’il t’a fallu rechercher la présence et la mémoire juive sur les traces des noms, des bergers.
J’ai appris des choses extraordinaires : le nom de Vital vient de Haïm, l’édit d’expulsion d’Espagne en 1492 pris fin le 31 juillet à Ticha be-av, le lien de la famille du rabbi de Loubavitch avec la corse, les « pinsuti » comme non corses…
Cette question du refuge se pose encore avec force malheureusement avec la résurgence de l’antisemitisme depuis le 07 octobre.
Île des justes : la question n’est pas évidente pour Sylvain Grégori.
Quelles que soient les explications, il est un fait que les juifs ont été protégés
Par le préfet Balley, dont on ignore les ressorts.
Involontairement par l’Italie qui a voulu s’opposer aux allemands
Mais Sylvain nous a expliqué que si on n’a pas de preuve que les juifs ont été cachés, et qu’ils étaient plus probablement simplement hébergés, sans être menacés, il confirme que l’absence de menace venait de ce que justement Balley s’est opposé à la déportation et a entraine en ce choix toute son administration et les services de police. L’Autre de la Corse, l’étranger à l’époque, n’était pas le Juif mais l’Italien (i luchesi).
Cela tient alors du miracle car finalement un seul juif a été déporté par le sous préfet qui a profité de l’absence du préfet Balley.
C’est encore décidément un miracle que les nationalistes, à partir de 2015, développent une stratégie et une identité politique qui permettait de différencier les nationalistes de ce qu’ont fait les métropolitains : contrairement à la France, la Corse a protégé ses juifs.
Et enfin, Marie-Hélène tu nous as expliqué qu’il y a 0 actes antisemite en Corse.
Dès 1941, les services secrets italiens surveillent la Corse et constatent l’arrivée massive de juifs en Corse.
On ne voit pas d’étoile jaunes en Corse.
On ne découvre pas de lettre de délation
Mais on trouve des témoignages de juifs qui n’ont pas été inquiétés et qui remercient la Corse et les nolbrrux corses qui les ont aidés alors.
Finalement, à t-on besoin d’une reconnaissance officielle du statut de juste par Yad Vachem pour reconnaître la réalité de la fraternité entre les juifs et la Corse et son peuple ?
On se pose la question alors qu’en réalité la question ne se pose pas, car la Corse est une île courageuse et rebelle, et c’est certainement pourquoi elle a sauvé des juifs et nous en serons éternellement reconnaissants.
Le support de ma présentation
Quelques pages de L’aventure Marrane d’Yirmiyahu Yovel que jai cité :
Il faut surtout lire Les juifs d’Italie à l’époque de la Renaissance de Roberto Bonfil (L’Harmattan, 1995)
Des leaders au féminin
Me Marie-Hélène Fabiani est la première avocate corse à se présenter au bâtonnat du barreau de Paris, dont l’élection aura lieu en décembre prochain. Nul doute qu’il s’agit d’un événement dans la mesure où aucun avocat corse n’a jamais accédé à cette fonction, sachant par ailleurs que, depuis la création de l’institution en 1609, seulement 4 femmes ont été élues bâtonnières et une seule vice-bâtonnière.
Me Nathalie Attias est la première femme à présider le Rassemblement des avocats juifs de France (RAJF) depuis décembre 2025.
