Juifs berbères de l’Atlas – Exposition au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

En ces temps post-covid le Musée sont vides. Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) n’échappe pas à la règle. Et c’est bien dommage car celui qui s’y rendra visitera une magnifique exposition sur les juifs du Maroc, un monde juif rural largement disparu et tellement émouvant.

On y découvre les photos de Jean Beansacenot qui parcourt les communautés juives berbères du Protectorat français marocain entre 1934 et 1939.

Nè Jean Girard, Jean Besancenot, jeune émoulu des Arts Déco est l’héritier des ethnologues français du début du 20e siècle comme Paul Rivet (1876-1958) ou Marcel Mauss (1872-1950).

Passionné d’art, Besancenot photographie, filme, dessine et peint ce patrimoine de costumes marocains indemnes de l’influence occidentale qui le fascine. Ses photographies et croquis sont accompagnés de textes explicatifs. Il classifie ces images par origine géographique et populations.

Femme de Tinghir (JB, MAHJ)

Je porte le nom de Meïr en mémoire de Meïr Tolédano né en 1889 à Tibériade, enterré à Bastia où il est arrivé dans les années 30, fils d’une lignée de rabbins venue de Meknès et grand-père de Guy et Benny Sabbagh (le teinturier en arabe) qui m’ont tant aidé.

Leur grand-mère paternelle Bouda Pérès, née en 1895, dont les ancêtres avaient fui l’Inquisition Espagnole au XVème siècle, venait de Tinghir au Maroc, ce haut Tafilaleth, à 1300 mètres d’altitude sur le massif de l’Atlas. (https://didierlong.com/2015/05/20/les-juifs-en-corse-apres-1915-lile-des-justes/).

Voici ce qu’en dit Besancenot en 1934 :

Ces juifs berbères de l’Atlas, que présente l’exposition sont déjà décrit par Ibn Khaldoun l’un des plus grands philosophes du Moyen Âge au 14ème siècle. Il décrit l’attirance qu’ils représentent sur les Berbères. Un monde figé depuis des siècles que découvre Jean Besancenot.

Les juifs au Marco sont des Dhimmi à partir de l’islamisation du Maroc sous les Almohades au 12ème sicèle, ils ont le droit de pratiquer leurs rites mais en échange s’acquittent de l’impôt, subissent une ségrégation vestimentaire…

Type de vieillard juif de Tinghir, Todra,
portant dans la main un chasse-mouche fait d’une queue de vache,
sur la tête, un mouchoir bleu à pois blancs (JB, MAHJ)

Agdz, Goulmina dans le Fekla, vallée du Ziz, vallée de Mgoun, Midelt, Tahala, Bnei Sbih, Tamgrout, Tinghir, Tiznit, Erfoud, Onaouzgit, Mgouna, …

… ces lieux ne vous disent probablement rien, mais des communautés juives y ont vécu depuis plusieurs millénaires, bien avant les chrétiens et l’Islam, bientôt rejointes au XVIème siècle par les expulsés de Sefarad (meguorashim), d’un très haut niveau de culturel : des conseillers, financiers, cartographes, astronomes, ministres ou médecins des califes musulmans d’Al-Andaluz ; des juifs modernes qui ont alors pris l’ascendant culturel sur les communautés juives rurales autochtones (toshavim) en dehors des communautés des franges présahariennes.

L’effondrement au 17 ème siècle de la première dynastie chérifienne des sa’diens et le déclin du commerce transsaharien conduit à l’appauvrissement des populations juives. Elles sont sous la protection de système féodale de la dehiba, jusqu’à l’arrivée du protectorat en 1012 et jusqu’en 1955. Le protectorat va déstabiliser l’équilibre traditionnel millénaire entre juifs et berbères depuis l’Antiquité.

Le Maroc se videra ensuite de ses juifs berbères entre 1960 et 1970.

L’exposition est incroyable. Les femmes y portent des colliers de grosses perles d’ambre et de croix d’argent contre le mauvais œil.

Goulmima, région du Tafilalet
Jeune femme en drapé blanc

Les hommes dont certains portent la djellabah comme les musulmans mais celle-ci est noire, survivance d’un passé ou cette couleur était obligatoire pour les juifs seulement quelques années avant la capuche retombant sur l’épaule gauche pour gêner le mouvement, signe de servitude (photo ci dessous).

Nous découvrons devant nous la vie d’un monde perdu .

Combien de fois mon Rabbin Haïm Harboun m’a parlé les larmes dans les yeux de son maître au Heder (la chambre en hébreu), la classe où ils entraient dès l’âge de 4 ans et répétaient par cœur et par 40°, 12 heure par jour et au milieu des mouches des textes sacrés collés sur une planche. Et là, dans l’exposition, les voici ces élèves attentifs ou nonchalant et leur maître bienveillant comme une mère.

Des métiers complètement disparus comme le porteur d’eau réapparaissent devant nous. Le puits est quasi biblique.

Une femme met son pain à chauffer dans un four enterré…

Ce serait trop long de tout raconter ici et l’exposition propose pleins de commentaires qui ressuscitent sous nos yeux un monde juif perdu.

Grand hommage soit rendu à ceux qui l’ont réalisé et à ce Besancenot, un chrétien épris de ces juifs disparus et grâce à son regard généreux et affectueux pour ces femmes, ces hommes, ces enfants, les fait revivre devant nous.

Ces deux enfants sont les filles de Baba Salé.

Rouhama (Rissani, Maroc, 1922 – Ramlé, Israël, 2007) et Sarah (née à Rissani en 1925, vit en Israël) sont les filles du rabbin Israël Abehassera (1889-1984), dit Baba Salé, grand kabbaliste. L’une des deux jeunes filles porte le costume de fête en vigueur durant les huit jours des festivités, l’autre a revêtu celui en usage après le huitième jour, lorsque le mariage a été consommé et que la jeune femme porte la derra, chemise à longues manches évasées, et la coiffure à cornes recouverte de la sebniya, écharpe de soie à franges dont les pans retombent en arrière. La mariée est vêtue d’un manteau (qeftan) de brocart serré à la taille par une ceinture. La coiffure, en attendant celle à cornes, est le swalef à cheveux de soie recouvert d’un enroulement de soieries monté sur un large ruban gommé. (Source MAHJ)

Et voici une belle histoire à propos de Laila Sarah la fille de Baba Salé qui a 90 ans aujourd’hui et qui a du obéir à son oncle Baba Haké pour être photographiée contre son grès…

BLACK LIVES MATTER FOR JEWS !

« C’est pour cela que l’homme a été créé seul, pour t’apprendre que celui qui ôte une vie, détruit un monde entier ; et celui qui sauve une vie, sauve un monde entier.»

Talmud de Babylone, traité Sanhedrin 5, 5

Cette après midi à 18h00, à l’instant où George Floyd a été porté en terre aux US nous nous sommes réunis place de la République en sa mémoire pour huit minutes et 46 secondes de silence. Que la mémoire de ce père de deux enfants soit une bénédiction.

Pour nous les Juifs, les vies noires comptent.

On ne naît pas noir ou blanc ou juif ou musulman ou chrétien… on nait dans l’humanité.

MIMOUNA : Terbeh !!! Que tu réussisses

Il est de tradition juive marocaine, depuis trois siècles, de préparer à la sortie de Pessah la mufleta – une fine crêpe faite d’eau, de farine et d’ huile consommée chaude, tartinée de beurre, de miel, de sirop ou de  confiture… Au même moment dans certaines villes du royaume des familles musulmanes préparaient le nécessaire pour les crêpes, galettes, petit pain … qu’ils emmenaient ce soir chez leurs voisins ou amis juifs. On met sur la table  une assiette avec des pièces anciennes, des fèves. Le mot « Mimouna » viendrait d’Emouna, la foi en hébreu, la croyance en la venue du Messie. La Mimouna vient aussi de « Mimoun », la chance en arabe.
On mange aussi du couscous sucré.
L’explication de mon Rav Harboun sur l’oeuf dans la farine :

« Le dernier jour de Pessah s’appelle en araméen « Yoma dimchi’ha » en Hébreu « yom hamachiah » nous lisons le chapitre 11 du livre d’Isaïe qui traite du Messie.  Mais le problème est que le jour du Messie est précédé par  » Hévlé Machiah » qui signifie les souffrances à la suite de la venue du Messie. Pour échapper à ces souffrances les Juifs du Maroc ont institué la  ‘Mimouna’  mot arabe qui signifie la chance, au Maroc les juifs étaient particulièrement superstitieux et la peur de la souffrance les pétrifiaient. On a donc réservé le dernier jour de Pessah pour se persuader qu’on a de la chance et qu’on échappera à la souffrance du Machia’h. Pour donner corps à cette croyance il fallait la matérialiser par des symboles. L’oeuf symbolise une vie en puissance. Chaque oeuf peut devenir un poussin. La farine symbolise la vie :  un oeuf dans la farine cela veut dire que la chance ne reste pas en puissance mais qu’elle se manifeste dans la vie l’oeuf = vie en puissance;  la farine= vie manifeste. »


On fait cela en Corse aussi avec les campaniles : un œuf enserré dans le pâté qui n’est autre que le gâteau de Pourim au Maroc.

Brûler le ‘hamets qui est en nous

 » Que tout ‘Hamets, qui se trouve en ma possession, que j’ai vu ou que je n’ai pas vu, que j’ai aperçu ou n’ai pas aperçu, que j’ai détruit ou que je n’ai pas détruit, dont je n’ai pas connaissance, soit considéré comme inexistant et sans valeur, comme la poussière de la terre. »

JEWISH TROUVETOU : fabriquer un Keli

Trucs et Astuces en temps de Coronavirus

Vous êtes coincé car vous n’avez pas de kéli pour faire Netilat Yadayim ?

Comment en fabriquer un avec un cintre, une bouteille de Shampoing et un élastique ?

Sobre, design, fonctionnel, efficace, less is more… Mies van der Rohe quoi…

RADIO JUDAIK PARK : COVID, Nouvelles du Front

CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS
Les Français parlent aux Français. « Les carottes sont cuites », je répète « les carottes sont cuites ».

Message personnel : « Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA » je répète «  Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA  »

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus qui n’avaient jamais été observés auparavant. VIH, Ebola en Afrique de l’Ouest, Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale.

La plus grande partie de leurs microbes vivent avec eux depuis des siècles il s’y sont habitué. Le problème vient de la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, qui ont permis à des microbes d’arriver aux implantation humaines et jusqu’au corps humain.

Ça ne ressemble en rien à une grippe, symptômes très violents. 4 cas du front :

N.

N. est malade depuis jeudi dernier. Courbatures comme si on l’avait frappé. La fièvre est à 39 depuis, bon signe. Aucun problème cardiaque ou respiratoire

Y.

Dans un même appartement :

« Son frère 36 ans en à J+9 : Mieux ce jour après détresse respiratoire hier assez sévère.

Sa Maman 75 ans, à J+8 : aggravation ce matin assez sévère avec apparition de multiples nouveaux symptômes mais état stabilisé depuis 2/3 heures.

Up and Down violent inherent au COVID. 

Y 40 ans, elle parle avec une voix complètement brisée qui l’a surprise au détour d’une phrase

Y est malade depuis mercredi dernier 17h, aucun signe de fièvre, problème respiratoire

Hier… journée de merde… Gigantesque défaillance respiratoire.

Visite médecin des Urgences médicales de Paris (nb : 30, les meilleurs) arrive habillé avec des gants une combinaison et des protèges chaussures. A l’entrée il se recouvre d’une autre combinaison qu’il jettera à la sortie ; on n’est pas dans la série Techernobyl sur Netflix.

Le médecin fait ouvrir les fenêtre et évacuer l’air de la pièce.

Il ausculte Y avec des gants et précautions.

Poumons en surinfections en plus du COVID donc Pénicilline.

Electrocardiogramme qui détecte 2 anomalies… Bilan sanguin phase 1 : Infarctus du Myocarde semble écarté. Le reste semble normal.

Bilan sanguin sera connu demain.

Hospitalisée ? Non… pas encore assez grave.

Le cœur tient.

Plus de place à l’hopital, le médecins ne se déplacent plus. Les vieux urgentistes pleurent en réa’

Si le résultat de demain est ok pour le coeur on pourra donc dire que le souci à l’électrocardiogramme est une conséquence du COVID et de l’infection pulmonaire et non un problème cardiaque (elle n’en a jamais eu). Y est diagnostiqué COVID mais les seuls diagnostiqués sont les gens dans les hôpitaux. Donc les chiffres sont faux. Les gens crèveront à la maison.

Les labo d’analyses sont quasiment tous fermés à Paris.

Les labo qui se déplacent habituellement ne le font plus.
Pour Infos et si nécessaire un labo ouvert au 17 Avenue d’Eylau dans le 16ème, métro Tocadéro.

Le danger même si état stable survient entre J+8 et J+12

On considère qu’il faut être en J+10/J+12 pour être sorti d’affaire

Prions

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Psaume 30 : « Avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse »

Cigognes à Marrakech, la ville de mon maître le Rav Haïm Harboun :
« Le fidèle se dit Hassid en hébreu, comme hassida la cigogne car le cigogne revient toujours, fidèlement, techouv (reviens) mon fils »

Hier après Chabbat un ami rabbin m’a dit que les portes des cieux étaient fermées depuis que notre Temple a été détruit. Seules les larmes brisent désormais ces portes de fer du Ciel.

Je dédie donc cette traduction du Tehilim 30 à celles et ceux d’entre vous qui ont beaucoup pleuré.

Les mots des psaumes d’Israël, ce résumé de la Torah en cinq livres, disent toujours la vérité.

Tout le Psaume 30 joue sur une opposition :

– de la descente : à la tombe, dans la poussière, du sang qui coule vers le sol…

– et de la montée, du relèvement, de l’exaltation : qui est en fait la résurrection des morts.

D. relève littéralement celui qui tombe.

Le hassid (fidèle) en deuil s’habille de la ceinture (Sac/ cilice) de deuil et D. la remplace par une ceinture de joie.

Car « Sa colère ne dure qu’un instant » Et le Talmud demande :

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément ? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

J’explique mes choix et commentaires en seconde partie :

א  מִזְמוֹר:  שִׁיר-חֲנֻכַּת הַבַּיִת לְדָוִד. 1 Psaume. Chant de la dédicace du temple; de David.
ב  אֲרוֹמִמְךָ יְהוָה, כִּי דִלִּיתָנִי;    וְלֹא-שִׂמַּחְתָּ אֹיְבַי לִי. 2 « Je t’exalterai Éternel : car tu m’as relevé, tu n’as pas donné la joie à mes ennemis.
ג  יְהוָה אֱלֹהָי–    שִׁוַּעְתִּי אֵלֶיךָ, וַתִּרְפָּאֵנִי. 3 Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri
ד  יְהוָה–הֶעֱלִיתָ מִן-שְׁאוֹל נַפְשִׁי;    חִיִּיתַנִי, מיורדי- (מִיָּרְדִי-) בוֹר. 4  Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol, tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.
ה  זַמְּרוּ לַיהוָה חֲסִידָיו;    וְהוֹדוּ, לְזֵכֶר קָדְשׁוֹ. 5 Chantez l’ Éternel, vous qui lui êtes fidèles, souvenez-vous de sa Sainteté
ו  כִּי רֶגַע, בְּאַפּוֹ–    חַיִּים בִּרְצוֹנוֹ:
בָּעֶרֶב, יָלִין בֶּכִי;    וְלַבֹּקֶר רִנָּה.
6 Sa colère ne dure qu’un instant, la vie Sa volonté; avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse.
ז  וַאֲנִי, אָמַרְתִּי בְשַׁלְוִי–    בַּל-אֶמּוֹט לְעוֹלָם. 7 J’avais dit dans ma paix: « Jamais je ne chancellerai »
ח  יְהוָה–    בִּרְצוֹנְךָ, הֶעֱמַדְתָּה לְהַרְרִי-עֹז:
הִסְתַּרְתָּ פָנֶיךָ;    הָיִיתִי נִבְהָל.
8 Dans ta volonté, Éternel , tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté
ט  אֵלֶיךָ יְהוָה אֶקְרָא;    וְאֶל-אֲדֹנָי, אֶתְחַנָּן. 9 C’est vers Toi que je crie, c’est vers Mon-seigneur que je supplie
י  מַה-בֶּצַע בְּדָמִי,    בְּרִדְתִּי אֶל-שָׁחַת:
הֲיוֹדְךָ עָפָר;    הֲיַגִּיד אֲמִתֶּךָ.
10 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? Raconte-t-elle ta fidélité ?
יא  שְׁמַע-יְהוָה וְחָנֵּנִי;    יְהוָה, הֱיֵה-עֹזֵר לִי. 11 « Écoute, Éternel , pitié pour moi ! Éternel , viens à mon aide ! »
יב  הָפַכְתָּ מִסְפְּדִי, לְמָחוֹל לִי:    פִּתַּחְתָּ שַׂקִּי; וַתְּאַזְּרֵנִי שִׂמְחָה. 12 Tu as changé mes lamentations en allégresse  Tu as délié mon sac et tu m’as ceint de joie
יג  לְמַעַן, יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד–    וְלֹא יִדֹּם:
יְהוָה אֱלֹהַי,    לְעוֹלָם אוֹדֶךָּ.
13 Ainsi mon âme chantera Ta gloire. Je ne serai pas muet.
Éternel , mon D.ieu ! je Te louerai toujours. »

Choix de traduction

Chant de la dédicace de la maison ( bayit : le temple); de David.

Je t’exalterai (aroumiméra : comme arôme) Éternel : car tu m’as relevé (au sens de « relever » d’entre les morts, résurrection), tu n’as pas donné la joie (sim’ha) à mes ennemis.

Éternel , mon Dieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri (refaeyini, « refoua » la santé, comme refoua chelema, la pleine santé)

Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol [séjour des morts, vallée prés de yéroushalaim], tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.

Chantez (zamerou) l’ Éternel , vous ses fidèles (hassid, hassidim au pluriel, « les pieux » comme hassida la cigogne car elle revient chaque année sur les rempart de marrakech), souvenez-vous de sa sainteté (lezerekh comme zakhor, le souvenir/ itzkor– prière des disparu de la shoah, quasho, comme quadosh);

Sa colère ne dure qu’un instant, la vie sa volonté (ratsono) ; avec le soir (erev), viennent les larmes, mais au matin l’allégresse.

J’avais dit en ma paix (chalom, la pais la complétude): « Jamais je ne chancellerai. » (Bal emot leolam, litt. : « sans soutien pour toujours »)

Dans ta volonté (retsonera, de ratson, volonté), Eternel, tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté (nival, paniqué).

C’est vers Toi que je crie, c’est à Mon-seigneur que je supplie (et’hana, comme Oshia ha na ! Hosana, Hoshianot au pluriel, supplications de la fête de Souccot)

 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau?

La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? (Ayodékha Afar

Raconte-t-elle ta fidélité?

 « Écoute (Chema ! comme la prière), Éternel , pitié pour moi (venanéni) ! Eternel, viens à mon aide ! »

Tu as changé mes lamentations en allégresse  (lamakhol li),  Tu as délie/ ouvert mon sac  [La toile grossière, portée sous la forme d’une ceinture autour des reins  est mentionnée dans la Torah comme symbole de deuil et de pénitence, cela a donnée le Cilice, une ceinture rugueuse ; Cf (Gn 37, 34 : « Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice (chak) sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils », 2 Samuel 3, 31, Esther 4,1)] et tu m’as fait une ceint de joie (jeu de mot avec le cilice-ceinture remplacé par la joie –simha)

Ainsi mon âme chantera ta gloire (Kavod). Je ne serai pas muet (velo yidom) Éternel , mon D.ieu! je te louerai toujours.

Remember Jean-Louis Rambaud

Il y a dix ans, le 1er janvier 2010, mon ami Jean-Louis Rambaud (Apax Partners) disparaissait dans une avalanche aux Arcs (Combe des Lanchettes) avec ses deux compagnons.

Ces quelques vers de Leonard Cohen (Avalanche) en souvenir. Toute notre affection à Isabelle et à ses enfants. La vrai mort c’est l’oubli. Que sa mémoire soit une bénédiction (ZAL) :

Well I stepped into an avalanche,

It covered up my soul;

When I am not this hunchback that you see,

I sleep beneath the golden hill.

You who wish to conquer pain,

You must learn, learn to serve me well.

Avalanche, Leonard Cohen

En mémoire de Jean Andréani : la machine de mort industrielle nazie au KL de Dora.

Jean Andréani

Les Corses n’ont pas à rougir de ce qu’ils ont fait pendant la seconde guerre mondiale.

Je tombe ce jour ces documents sur le neveu de ma grand-mère maternelle : Jean Andreani. Fils d’Angèle sa cousine germaine d’Aix en Provence, né à Bougie (Algérie).

Etudiant en droit en 1940. Il habitait le 2 cours Gambetta à Aix-en-Provence et était étudiant en droit et… serrurier.
Pris le 3 mai 43 pour sabotage anti-allemand, il n’a pas de casier judiciaire, aucune organisation politique. Il passe par Compiègne (un des principaux camps de transit)
et est livré à Buchenwald le 27 juin 43 où on le tatoue du numéro : 14 366.

Dora, une usine de mort fabriquant des armes de mort

Dora est une annexe de Buchenwald , où les nazis fabriquaient les fusées V2 à partir d’août 43. Les milliers de déportés du camp étaient loués par la SS aux entreprises allemandes chargées de réaliser les fusées. Sous les hurlements des kapos, ils vivent dans un enfer souterrain, creusant le sol dans une étouffante poussière minérale. Il y a tous les jours des morts, victimes des mauvais traitements, de la faim, du typhus, du froid ou, simplement, tués pour l’exemple.

L’un de ses compagnons d’infortune dit de Dora :  » Il fallait pouvoir se relever. Une gifle vous envoyait par terre et puis, c’était les coups; et, si on ne pouvait pas se relever, les claques redoublaient; on était battus à mort.  »

Là, pas de four crématoire. A Dora, on mourait d’épuisement au travail. D’avril à Août 1944, Himmler, farouche partisan de l’élimination par le travail forcé l’avait emporté sur les industriels allemands partisans d’un régime plus léger (il fallait produire le missile qui devait pulvériser Londres).

Jean Andréani y est soigné de la cinquième molaire le 2 février 44.

Las, il meurt de tuberculose pulmonaire (typhus?) le 22 juin 1944 à 4h 30. En juin 44 les bâtiments de construction de Dora sont installés hors du tunnel-usine. Jean Andreani est Commando extérieur à Dora. Il meurt probablement dans la construction de l’usine des V2. Sa mort est constatée le 27 juin 1944 .

Le 9 sept 1944 on propose de renvoyer ses affaires contre facture. Pas de date, pas de signature du responsable des envois.

L' »oubli » de Dora

Pourquoi le KL de Dora a-t-il été ‘oublié’ ? Parce que les américains ont exfiltré (opération paperclip) en découvrant les milliers de cadavres de Dora en avril 1945 ont interpellé plusieurs savants et techniciens dans un petit hôtel du Tyrol.

Parmi eux, Werner von Braun, éminent ingénieur et père du V-2, le maître d’oeuvre invisible d’une usine bien particulière.

Loin d’être inquiété et jugé comme criminel de guerre, ce  » négrier distingué « , selon le mot d’un historien, est discrètement emmené aux Etats-Unis avec l’une de ses fusées. S’ensuit une brillante carrière dans la recherche spatiale, de la mise au point du premier missile balistique américain au lancement du satellite Explorer et à l’entrée à la NASA en 1960. Von Braun mourra en scientifique célèbre et couvert d’honneurs.

D’autres savants de son équipe participeront, côté soviétique, aux travaux qui mèneront au Spoutnik.

L’Amicale des déportés se bat pour raviver les mémoires.

Nous ne devons pas oublier ce qui s’est passé.

Que vive ta mémoire de Jean Andreani (zal). Soldat (presque) inconnu du peuple Corse.

Pourquoi les vrais Justes (tsadikim) ne sont pas des célébrités ?

Au bal des célébrités « Faisons-nous un nom ! »

Notre époque est avide de produire des célébrités et les gens se mesurent comme les marques de lessive à leur taux de popularité. Peu importe que l’œuvre n’existe pas (les « socialite » comme Paris Hilton) ou que ces gens n’aient absolument rien fait pour aider leur prochain (la téléréalité et ses flatulences a remplacé le Téléthon qui au moins soignait des gens), pour élever le degrés de science de l’humanité ou… donner leur vie comme n’importe quel prix Nobel ou mère de famille.

Le : « Faisons-nous un nom durable » (Gn 12, 4) de la tour de Babel règne en maître et les idoles du PAF et autres youtubeuses fleurissent comme narcisses au printemps.

Cette version gréco-romaine des dieux du stade par lequel, grâce à ses exploits, le héros s’élève au-dessus des hommes pour se rapprocher des dieux est étrangère au judaïsme.

Au royaume de l’Esprit ne règnent en réalité que des inconnus.

La Torah : misère des héros fatigués

Les deux premiers millénaires règne un chaos indescriptibe : Adam est déchu, le doux Abel est assassiné, après 10 générations d’idolatrie Noé apparait, c’est un tsadik mais « dans sa génération »… celle du déluge, un tsadik en pantoufles qui serait passé inaperçu 10 générations plus tard dans celle d’Abraham nous dit Rachi.

Lire la suite de « Pourquoi les vrais Justes (tsadikim) ne sont pas des célébrités ? »