Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL)


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Alors que commence ce soir Hanouka, la fête des Lumières, le Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL) est décédé mardi matin 12 décembre, à l’âge de 104 ans. Il était l’une des plus hautes sommités en Torah du monde non hassidique, le Rav de Bnei Brak.

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Cet homme immense était un humble. Il vivait au premier étage de cette  toute petite maison (la seconde sur la photo) comme me l’a montré mon ami Jérémie Berrebi (photos). Toute une leçon de vie sur ce qu’est être un « grand » !

Quelques versets du psaume 139 en son honneur :

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ח  אִם אֶסַּק שָׁמַיִם, שָׁם אָתָּה;    וְאַצִּיעָה שְּׁאוֹל הִנֶּךָּ. 8 Si j’escalade les cieux, Tu es là, si je fais du Cheol ma couche, Te voici !
ט  אֶשָּׂא כַנְפֵי-שָׁחַר;    אֶשְׁכְּנָה, בְּאַחֲרִית יָם. 9 Quand je m’élèverais sur les ailes de l’aurore, pour voler aux confins des mers,
י  גַּם-שָׁם, יָדְךָ תַנְחֵנִי;    וְתֹאחֲזֵנִי יְמִינֶךָ. 10 là aussi Ta main me guiderait, et Ta droite me saisirait.
יא  וָאֹמַר, אַךְ-חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי;    וְלַיְלָה, אוֹר בַּעֲדֵנִי. 11 Si je dis: « Que du moins les ténèbres m’enveloppent, que la lumière du jour se change en nuit pour moi ! »
יב  גַּם-חֹשֶׁךְ,    לֹא-יַחְשִׁיךְ מִמֶּךָּ:
וְלַיְלָה, כַּיּוֹם יָאִיר–    כַּחֲשֵׁיכָה, כָּאוֹרָה.
12 Les ténèbres pour Toi ne sont pas ténèbres , et la nuit comme le jour est lumière; l’obscurité est clarté pour Toi.
יג  כִּי-אַתָּה, קָנִיתָ כִלְיֹתָי;    תְּסֻכֵּנִי, בְּבֶטֶן אִמִּי. 13 Car c’est Toi qui as façonné mes reins, tu m’as pétri dés le sein de ma mère.
יד  אוֹדְךָ–    עַל כִּי נוֹרָאוֹת, נִפְלֵיתִי:
נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ;    וְנַפְשִׁי, יֹדַעַת מְאֹד.
14 Je te rends grâce de m’avoir si merveilleusement distingué; Tes œuvres sont prodigieuses, toute mon âme le sait.
טו  לֹא-נִכְחַד עָצְמִי,    מִמֶּךָּ:
אֲשֶׁר-עֻשֵּׂיתִי בַסֵּתֶר;    רֻקַּמְתִּי, בְּתַחְתִּיּוֹת אָרֶץ.
15 Mon être n’échappa point à Tes regards, quand je fus formé dans le mystère, artistement organisé aux profondeurs de la terre.
טז  גָּלְמִי, רָאוּ עֵינֶיךָ,    וְעַל-סִפְרְךָ, כֻּלָּם יִכָּתֵבוּ:
יָמִים יֻצָּרוּ;    ולא (וְלוֹ) אֶחָד בָּהֶם.
16 Tes yeux me voyaient, quand j’étais une masse informe (golem), et sur Ton livre tous mes jours étaient inscrits avant qu’un seul ne soit.

Voici son testament (à méditer)  :

  1.  Je demande instamment de ne pas prononcer d’éloge funèbre (Hesped) devant moi, de ne faire aucun rassemblement quelconque ou autre cérémonie allant dans ce sens.
  2. N’écrivez aucun article sur moi dans les journaux, hebdomadaires ou mensuels, ma photo suffira, pas comme on l’habitude de faire.
  3. Ne pas publier de publicités sur les funérailles, ne pas annoncer par haut-parleur ou à la radio, il suffit qu’il y ait dix personnes.
  4.  Si possible, pas d’intervalle trop long entre le moment de ma mort et l’enterrement, que l’enterrement puisse se faire si possible le plus vite après ma mort.
  5.  Je souhaite être enterré parmi les simples gens.
  6. N’écrire, sur la pierre tombale, rien d’autre que : « Ici est enterré Rav Aaron Yehuda Leib Ben Ha RavNoah Tsvi Steinmann »
  7. Cette pierre tombale sera la moins chère et la plus simple possible. Dommage de gaspiller de l’argent pour acheter une place dans le cimetière qui coûterait cher, mais celui qui voudrait donner de la Tsédaka (pas pour la pierre tombale) pourra le faire.
  8. En dehors des jours spéciaux où l’on a la coutume de le faire : semaine, mois et fin de l’année, éviter de perdre du temps à se rendre au cimetière et privilégier l’étude de la Torah ou s’empêcher de dire des paroles futiles.
  9. Si la recherche d’un endroit pour prier comme Hazan entraîne une diminution de l’étude de la Torah, il est bien plus important d’étudier pour le Nom de D.ieu.
  10.  Je demanderai à tous ceux qui veulent mon bien d’étudier chaque jour un chapitre de Michna jusqu’à la fin des 12 mois et les filles liront chaque jour dix Psaumes, y compris le Chabat et Yom Tov.
  11. Je demande de ne pas m’appeler par des qualificatifs tels que « Tsadik » ou « Craignant D.ieu » afin de ne pas être humilié à cause de cela dans le Monde de Vérité.
  12. Je demande pardon à tous ceux à qui j’ai fait du mal et à qui je dois de l’argent, on sait que d’après la Loi, cette personne pourra le réclamer devant un Tribunal rabbinique.

 

VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim »


Un commentaire librement inspiré de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et de mon étude.

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Marc Chagall, l’échelle de Jacob

Jacob est le prototype du juif en fuite et insécurisé comme nous l’avons été pendant des siècles, ce qui forme une partie de notre héritage psychique. Jacob c’est nous. Dans cette Paracha Jacob est en fuite car son frère Esaü veut le tuer. Au cours de son voyage vers Harran, à la frontière de la Syrie et de l’Irak, Jacob s’arrête et passe la nuit à Béthel.

Un soir

« Jacob sortit de Beer Chéva et se dirigea vers Haran. Il arriva dans un endroit où il établit son gîte, parce que le soleil était couché. » (Gn 28, 10-11)

Jacob quitte donc Béer-Chéva, pour se rendre à Haran sur les recommandations de ses parents. Tout en marchant, il constate que la nuit tombe et décide de dormir dans un lieu, où la Providence était présente. Pourquoi mentionner qu’il quitte Béér Chéva ? Il aurait suffi de dire que Jacob partait à Haran ? Rachi répond ;

C’est pour nous apprendre que le départ d’un juste fait impression dans l’endroit qu’il quitte. Aussi longtemps que le juste se trouve dans une ville, c’est lui qui en est la beauté, c’est lui qui en est l’éclat, c’est lui qui en est la majesté. Lorsqu’il la quitte, finie sa beauté, fini son éclat, finie sa majesté, comme dans : « elle sortit de l’endroit » (Ruth 1, 7) à propos de Noémie et Ruth (Beréchith rabba 68, 6).

Quel est ce Maqom, cet « endroit » ? Rachi à la suite de nos sages (TB Houlin 91b) nous révèle que ce n’est autre que le mont Moriah ; cet « endroit » qu’Abraham « vit de loi » (Gn 22, 4) et où Isaac le père de Jacob a bien failli perdre sa vie et qui sera bientôt le lieu du Temple. On comprend que cet endroit devienne un lieu où s’éveille la mémoire du rêve. Jacob comprendra la sainteté de ce lieu à son réveil, il est pris de peur et s’exclame : « Combien ce lieu est redoutable ! Ceci n’est autre que la maison de Dieu et la porte du ciel » (Gn 28, 17).

Le rôle du rêve

Si l’on en croit le Midrach, c’est la première fois que Jacob dort depuis… 14 ans :

« Ya’akov n’a dormi qu’en ce lieu, mais pendant les quatorze ans qu’il passa dans la maison d’étude de Chem et Ever il n’a jamais dormi » (Béréchith Rabah 68,11)

Cette longue méditation va lui permettre de vivre encore 14 ans (7 après avoir épousé Léa et encore 7 ans après avoir épousé Rachel) en milieu païen hostile de Canaan, chez son beau-père Laban.

Pour le Talmud l’homme qui ne rêve pas est un homme malade. Lire la suite de « VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim » »

Lekh Lekha (va pour toi!) et l’émergence de la femme comme sujet


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Marc Chagall: Abraham pleurant Sarah.1931

Abraham et le monothéisme

Pour la tradition juive Abraham est la figure du croyant monothéiste, de celui qui confronté à de multiples épreuves n’abandonnera pas le monothéisme. Dieu demande à Abraham des renoncements de plus en plus importants : son pays, son village de naissance, son père : « Quitte ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle » (Gn 12, 1). Enfin son fils Isaac.

Sa démarche nous l’oppose à Nimrod constructeur de la tour de Babel mais aussi à son père idolâtre :

Le Midrach enseigne :

 » Nimrod, dit à Abraham : es-tu bien Abraham fils de Tèrah ?
– Sais-tu que je suis l’auteur de toutes les œuvres, du soleil, de la lune, des étoiles et des astres ? Les hommes sont issus de moi. Pourquoi as-tu détruit mon idole ?
À ce moment, le Saint béni soit-Il inspire Abraham qui répond :
– Que votre Grandeur me permette de répondre
– Parle !
– Depuis la création du monde, le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. Ordonnez donc au soleil de se lever demain à l’ouest et se coucher à l’est. J’attesterai alors que vous êtes le maître du monde. De plus, si vous êtes l’auteur des êtres humains, vous devez connaître avec certitude toutes leurs pensées intimes. Dites-moi donc maintenant ma pensée et mes projets immédiats.

Nimrod, perdu dans ses pensées, caresse sa barbe. Abraham s’adresse à lui :- Ne soyez point surpris. Vous n’êtes nullement le maître du monde, mais plutôt le fils de Kouche. Et si vous étiez le maître du monde, pourquoi n’avez-vous pas sauvé de la mort votre père ? Mais, comme vous ne l’aviez point sauvé, ainsi serez-vous incapable d’échapper vous-même à la mort.

Aussitôt, Nimrod convoque Tèrah et dit :

– Quel traitement réserver à ton fils qui détruisit mes idoles ? Son châtiment serait de le brûler vif !

Mais Nimrod dit à Abraham :

– Prosterne-toi devant le feu et tu auras la vie sauve.
– Je me prosternerai plutôt devant l’eau qui éteint le feu
– Alors prosterne-toi devant l’eau !
– Si c’est ainsi, mieux vaut s’incliner devant les nuages qui supportent l’eau.
– Incline-toi devant les nuages !
– Alors mieux vaut s’incliner devant le vent qui disperse les nuages.
– Très bien, incline-toi devant le vent !
– N’est-il pas mieux de s’incliner devant Dieu qui maîtrise le vent ?
– Alors Nimrod, [s’emportant], dit : assez parler ! Je ne me prosterne, quant à moi, que devant le feu. Je t’y jetterai et que vienne ton Dieu te délivrer.
Aussitôt, on le fit sortir pour le jeter dans une fournaise ardente. Ligoté, enchaîné, placé sur une pierre, il fut entouré de toutes parts de bois ayant cinq coudées de longueur et cinq de hauteur qu’on eut bien soin de flamber.

À ce moment, tous les voisins et les concitoyens vinrent conspuer Tèrah, le frappant sur la tête : – honte ! humiliation ! Le fils que tu disais appelé à hériter ce monde et le monde à venir est en train de brûler vif par les soins de Nimrod !

Mais le Saint béni soit-Il, plein de clémence, descend et le sauve ! »

Abraham n’est pas une personne miraculeusement épargnée de l’idolâtrie dès avant sa naissance, Abraham c’est un homme qui s’arrache en conscience à un milieu baignant dans des croyances idolâtres. Abraham c’est celui qui est revenu de toutes les idolâtries :

Le Midrach s’étonne de ce prodige :

« Rabbi Chimône Ben Yohaï dit : Abraham, notre père, ne reçut d’enseignement ni de son père ni de son maître. Comment a-t-il appris la Tora ? Le Saint béni soit-Il lui a donné des reins aussi grands que des vases débordant de sagesse qui lui enseignaient la Tora et la connaissance durant toute la nuit. Rabbi Léwi dit : il apprit par lui-même la Tora. »

Et souligne l’aspect volontaire de la démarche d’Abraham qui s’oppose à tout son environnement culturel et religieux dans une Babylonie où le culte des astres était une évidence sans discussion :

« Abraham avait trois ans lorsqu’il sortit de la caverne [où l’avait caché son père pour le soustraire à la colère de Nimrod]. S’interrogeant sur le créateur du ciel, de la terre et de lui-même, il passe toute la journée, à adresser ses prières au soleil. Le soir, le soleil se couche à l’occident et la lune se lève à l’orient. Voyant la lune entourée d’étoiles, il se dit : voilà le créateur du ciel, de la terre et de moi-même ; ces étoiles sont ses ministres et ses serviteurs. Toute la nuit, il adresse donc ses prières à la lune. Au matin, la lune disparaît à l’ouest et le soleil se lève à l’est. Il dit : ces deux [astres] sont dépourvus de puissance. Un souverain est au-dessus d’eux, à Lui j’adresserai mes prières et devant Lui je m’inclinerai ! » (Midrach Rabbah sur Gn)

Le lekh lekha : « va pour toi », est une injonction : « pense par toi-même ! ». Cette libre pensée va de pair avec l’émergence de la nomination féminine, c’est-à-dire l’émergence de la femme comme sujet.

Et curieusement la sortie de l’idolâtrie, c’est à dire une manière de se référer au monde, à autrui et à dieu comme un moyen et non comme une fin en soi est liée à l’émergence de la femme comme sujet. Le vrai sujet de la paracha n’est pas Abraham mais Sarah.

De la nomination des femmes et de l’émergence de la femme comme sujet.

« Abram prit Saraï son épouse » (Gn 12, 5)

On remarque que lors de la génération d’Adam le père du genre humain, la femme est nommée icha, d’un nom tiré de celui de l’homme, ich. « Et l’homme dit: « Celle-ci, pour le coup, est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair; celle-ci sera nommée Icha, parce qu’elle a été prise de Ich. » » (Gn 2, 23). Rachi en conclut que « nous apprenons d’ici que le monde a été créé avec la langue sainte, [étant donné que seule la langue hébraïque relie les mots « homme » et « femme » à une racine commune] (Beréchith rabba 18, 4).

De même dans le second récit de création c’est encore l’homme qui nomme la femme non pour elle-même mais comme une fonction de reproduction qui teinte son nom : « L’homme donna pour nom à sa compagne « Ève » [du verbe ‘haya, « vivre » : qui donne la vie à ses enfants] parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. » (Gn 3, 20)

Pendant les dix générations suivantes qui vont jusqu’à Noé alors que la violence grandit sur terre, les femmes seront « des femmes de » mais sans jamais être nommées. Seules les descendantes de Caïn, Ada et Cilla, femmes de Lamec, sont nommées par la Torah (Gn 4, 19) mais dans une pure définition objectale et fonctionnelle : l’une assumant le rôle de fille à plaisir et l’autre la fonction de mère comme le présente Rachi qui condamne ces mœurs :

« Telles étaient les mœurs de la génération du déluge : l’une pour donner des enfants, et l’autre pour le plaisir. On faisait absorber à la seconde une potion destinée à la rendre stérile, on la parait comme une jeune épousée et on la nourrissait de mets succulents. Quant à la première, elle était humiliée et endeuillée comme une veuve. »

Lors de la génération de Noé, père de l’humanité après le déluge, la femme de Noé n’est pas nommée elle est seulement eéchet Noah, de même que « les trois épouses de ses fils », Sem, Ham et Yaphet. (Gn 7, 13).

On le remarque, jusque-là, le féminin n’émerge que comme fonction du masculin. Le monothéisme d’Abraham, le refus du mensonge idolâtrique signe l’émergence de la femme comme sujet et non plus comme objet à disposition de l’homme.

Car il va falloir attendre Abraham, après vingt génération depuis Adam, Abraham, le père de tous les peuples (av‘haam), pour qu’une femme soit nommée pour elle-même, de manière unique et sans « fonction ». C’est Saraï dont Dieu changera bientôt le nom en Sarah.

Quand Rachi commente : « Abram prit Saraï son épouse, Loth fils de son frère, et tous les biens et les âmes qu’ils avaient acquis (hanefech acher assou) à Harân. Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan… » (Gn 12, 5)… il explique que cette expression signifie qu’ils avaient fait entrer ces âmes sous les ailes de la chekhina (Beréchith raba 39 14) et que Sara convertissait les femmes quand Abram convertissait les hommes.

On est donc, après ce lent murissement de l’humanité qui a conduit de transgression, en assassinat, en destruction massive (maboul = le déluge) résultat d’une perversion morale généralisée, puis d’une perversion proclamant l’abaissement de l’image du père avec ham, fils de Noé, une nouvelle étape de l’humanité. Dans une lente progression on est passé du père des humains, au père de l’humanité et avec Avram au père de toute l’humanité, capable de nommer sa femme comme son égale.

Le Talmud souligne l’universalisme d’Abraham comme de Sarah :

« Abram c’est Abraham (Chroniques 1, 27) : Au début il est devenu père [du seul peuple] d’Aram [av-Aram]et à la fin le il est devenu « père d’une multitude [av amon] de nations » (Gn 17, 5). Saraï c’est Sara ! Au début elle est devenue princesse de sa nation [Car Saraï signifie littéralement « ma princesse »], et à la fin elle est devenue princesse du monde entier (TB Berakhot 13a).

Le Talmud de Babylone (Meguila 14a) dit que ce nom avait une autre raison : sa grande beauté que les gens contemplaient. Ce que confirme et le texte et Rachi.

« Tharé le père d’Abraham a engendré trois fils Abram, Nacor et Harân » (Gn 11, 27). Hors il se trouve que « La femme d’Abram avait nom Sarai, et celle de Nacor, Milka , fille de Harân, le père de Milka et de Yiska.» (Gn 11, 29). Rachi affirme que :

Yiska c’est Sara, ainsi nommée parce qu’elle « voyait » (sokha) par l’esprit divin, et que tous « contemplaient » (sokhin) sa beauté. Ou encore : Yiska est à rapprocher de nesikhouth, qui suggère l’idée de noblesse, tout comme le mot Sara suggère celle de princesse.

Le Talmud (Meguila 14a) affirme qu’il y eu 48 prophètes et 7 prophétesses en Israël : Sarah, Myriam, Deborah, Hannah, Abigaïl, Houldah et Esther. La première des matriarches est donc aussi la seule qui sera définie comme une prophétesse (nevia), la mère de la prophétie dont Abraham, « qui lui était inférieur en prophétie », souligne Rachi, doit écouter la voix : « … tout ce que Sarah te dira, écoute sa voix ! » (Gn 21, 12). Etrange situation par laquelle le premier homme écoutant et obéissant à la voix de Dieu qui l’appelle doit d’abord écouter… celle de sa femme.

L’alliance avec Abraham

Nous trouvons dans cette paracha deux des trois formes d’alliance (bérith) entre Dieu et Israël.

Tout d’abord, on trouve l’alliance qui symbolise le lien de la terre d’Israël et l’Eternel. Celle-ci n’est pas un pays comme les autres, son influence spirituelle sur ses habitants est puissante. Dans notre sidra que nous trouvons la première forme de cette alliance entre la terre d’Israël et Dieu :

« Ce jour-là, l’Eternel conclut avec Abram un pacte en disant : Je donne à ta descendance ce territoire, depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate… » (Gn 15,18)

La deuxième forme de l’alliance concerne chaque individu en Israël. Il s’agit de la circoncision (brith Mila). Abraham la subira a 99 ans et son fils Ismaël à 13 ans :

« Voici le pacte que vous observerez qui est entre moi et  vous,  jusqu’à ta dernière postérité : circoncire tout homme parmi vous » (Gn 17, 10)

Enfin, la dernière forme de l’alliance concerne l’ensemble d’Israël : le don de la Torah au Sinaï.

A part l’alliance conclue avec Noé après le déluge, Dieu ne fit d’alliance qu’avec Israël.

La sidra Lekh lékha, nous raconte le déroulement de cette « alliance entre les morceaux » (brith ben habétarim), la Torah nous indique le déroulement de cet acte.

 « Prépare-moi une génisse âgée de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. Abram prit tous ces animaux, divisa chacun par le milieu et disposa chaque moitié en regard de l’autre » Mais il ne divisa point les oiseaux. Les oiseaux de proie s’abattirent sur les corps, Abram les mit en fuite » [..] Puis voici qu’un tourbillon de fumée et un sillon de feu passeront entre ces chairs dépecées, Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Abram un pacte » ( Gn 15, 9-10. 17-18)

Rabbi Yossef Albo dans son ouvrage Séfèr ha’ikarim, explique que l’alliance doit constituer un lien durable entre deux êtres au point de faire des deux une seule personne. Chacun des deux a le devoir de sauvegarder l’existence de l’autre comme la sienne propre. C’est la raison pour laquelle, les animaux sont coupés en deux.

Seule la mort sépare ces deux moitiés. Il en est de même pour les contractants de cette alliance.

Dans cet esprit, le partage évoque une réciprocité entre Dieu et Abraham. L’alliance élève en quelque sorte Israël au niveau de partenaire de Dieu, une alliance qui engage Dieu à l’égard des hommes si ces derniers respectent leur engagement.

Les cédrats de Souccot déjà en vente à Porto-Vecchio !


Dans une semaine la fête des Etroguim (Souccot) !  Déjà en vente à Porto-Vecchio au Spar, route de Bonifacio ! …. (photo de notre ami Philippe Gazaniol). Ils ont leur queue et ils sont de pied franc! donc ils sont cacher !

Le cédrat c’est le symbole du coeur, de celui qui étudie et pratique de bonnes actions, de l’universel.

Que tes filles et des tes fils soient inscrits dans le Livre de Vie ô mon île ! Baroukh Achem mimekomo !

Cédrats Corse

 

Pray for Florida !


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« Si la relation sexuelle n’est pas accomplie avec beaucoup de désir, d’amour et de liberté, la Chekhina (présence divine) n’y est pas présente » (Cabbale, 13ème siècle)


Kosher Sex

Quel est le « secret » de la relation conjugale ou plutôt de l’union sexuelle des conjoints ? C’est le sujet de l’ Iggeret ha-Qodech, la Lettre sur la sainteté, écrite non pas par Nahmanide comme on le dit parfois, mais plus probablement par Rabbi Joseph ben Abraham Gikatila (1248-1325), un éminent cabaliste disciple d’Abraham Abulafia, en Castille vers la fin du 13eme siècle. Nous avons déjà parlé de Joseph Gikatila  à propos du mariage juif.

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Rembrandt, la fiancée juive, Photo Meïr Long, Rijksmuseum, Amsterdam

Connue sous d’autres titres, notamment « Les Relations de l’homme avec sa femme » ou encore « Le Dais nuptial », cet opuscule qu’il était de coutume d’offrir aux nouveaux mariés est l’un des plus beaux textes de la Tradition juive sur le couple. Un des plus mystiques aussi.

L’ Iggeret ha-Qodech expose en six chapitres le « secret » (sod en hébreu) de la relation conjugale ou plutôt de l’union sexuelle des conjoints. Lire la suite de « « Si la relation sexuelle n’est pas accomplie avec beaucoup de désir, d’amour et de liberté, la Chekhina (présence divine) n’y est pas présente » (Cabbale, 13ème siècle) »

Contes de sefarad, La Légende du rabbi ben Levi


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Le rabbin Ben Levi, le chabbat, lisait un livre de la loi, dans lequel il est dit : « Personne ne peut regarder Ma face et vivre ». Et, en lisant, il a prié que D-ieu donne à son fidèle serviteur cette grâce de le voir avec ses yeux de mortel et de ne pas mourir.
Une ombre est venue soudainement sur la page, et levant ses yeux, qui devenaient faibles avec l’âge, il vit l’Ange de la Mort debout devant lui, debout, tenant un épée nue dans sa main droite.
Le rabbin Ben Levi était un homme juste, mais il sentit dans ses veines un froid de terreur. Lire la suite de « Contes de sefarad, La Légende du rabbi ben Levi »