« Nous autres réfugiés » – Hanna Arendt

L’article « Nous autres réfugiés » de Hanna Arendt écrit et publié dans The Menorah Journal, en janvier 1943, aux Etats-Unis dans la langue de sa patrie d’adoption, alors qu’elle a fui l’Allemagne, vient d’être opportunément publié en Français par les éditions Allia. J’invite à lire ces lignes visionnaires.

Hanna Arendt y raconte pourquoi les Juifs ne seront jamais assimilés aux Nations quel que fut leur effort pour y parvenir. Elle relit 150 ans d’histoire de la Haskala (l’illusion des soi-disant ‘Lumières juives’) et leur échec.

Elle écrit à propos des juifs « serial assimilés » : ‘‘L’on compte parmi nous de ces optimistes singuliers qui, après avoir prononcé tant de discours optimistes, rentrent chez eux, allument le gaz ou font usage d’un gratte-ciel d’une manière tout à fait inattendue. Ils apportent la preuve, semble-t-il, que notre bonne humeur manifeste­­­­ se fonde sur une dangereuse inclination pour la mort.’’. Elle raille l’optimisme de ces nouveaux arrivés qui tentent d’oublier la catastrophe et ne fait que masquer “la tristesse désespérée des assimilationnistes”

Mais au delà de ces problèmes « juifs ». surtout elle réfléchit aux conséquences de la Shoah sur l’histoire de l’Europe, et elle prévient (tous les européens !) que : ‘‘ Pour la première fois, l’histoire juive n’est pas séparée mais liée à celle de toutes les autres nations. Le bon accord des nations européennes s’est effondré lorsque et précisément parce qu’elles ont permis à leur membre le plus faible d’être exclu et persécuté. ’’

Il vaut la peine de relire ces lignes en un moment de bascule d’une histoire qui s’annonce plus qu’incertaine pour les juifs d’Europe.

« Nous autres réfugiés » (Hanna Arendt)

« Un jour quelqu’un écrira l’histoire vraie de l’émigration des Juifs allemands et il faudra commencer par décrire ce M. Cohn de Berlin qui a toujours été allemand à cent cinquante pour cent, un super-patriote allemand. En 1933, ce même M. Cohn se réfugia à Prague et devint très rapidement un patriote tchèque très convaincu – aussi vrai et aussi loyal qu’il avait été un vrai et loyal patriote allemand. Le temps passa et vers 1937 le gouvernement tchécoslovaque, sous la pression des nazis, commença à expulser les réfugiés juifs sans tenir compte du fait qu’ils se sentaient de futurs citoyens tchèques. Cohn partit alors pour Vienne : pour s’y intégrer, un patriotisme autrichien sans ambiguïté était requis. L’invasion allemande contraignit M. Cohn à fuir ce pays. Il débarqua à Paris à une mauvaise période, si bien qu’il n’obtint jamais un permis de séjour en règle. Étant passé maître dans l’art de prendre ses désirs pour la réalité, il refusait de prendre au sérieux les mesures purement administratives, convaincu qu’il était de passer les prochaines années de sa vie en France. C’est la raison pour laquelle il préparait son assimilation en France en s’identifiant à « notre » ancêtre Vercingétorix. Mais mieux vaut ne pas m’étendre davantage sur les prochaines aventures de M. Cohn. Aussi longtemps que M. Cohn ne pourra pas se résoudre à être ce qu’il est en fait, un Juif, personne ne peut prédire tous les changements déments qu’il aura encore à subir.

Un homme qui désire se perdre lui-même découvre en fait les possibilités de l’existence humaine, qui sont infinies, de même que l’est la Création. Mais le fait de retrouver une nouvelle personnalité est aussi difficile et aussi désespéré que recréer le monde. Quoi que nous fassions, quoi que nous feignions d’être, nous ne révélons rien d’autre que notre désir absurde d’être autres, de ne pas être juifs. Toutes nos actions sont dirigées vers l’obtention de ce but : nous ne voulons pas être des réfugiés parce que nous ne voulons pas être juifs ; et si nous prétendons être de langue anglaise, c’est parce que les immigrants de langue allemande de ces dernières années sont marqués du signe « Juifs ». Nous ne nous considérons pas comme apatrides car la majorité des sans-patrie sont juifs ; nous ne désirons devenir de loyaux Hottentots que pour dissimuler le fait que nous sommes juifs. Nous n’y parvenons pas et il est impossible d’y parvenir ; sous notre façade d’« optimisme », vous pouvez aisément déceler la tristesse désespérée des assimilationnistes. « 

 » Si le patriotisme était affaire de routine ou de pratique, nous serions le peuple le plus patriotique du monde. Revenons à notre M. Cohn : il a certainement battu tous les records. Il est cet immigrant idéal qui voit rapidement et aime les montagnes du pays dans lequel un destin terrible l’a conduit. Mais puisque le patriotisme n’est pas encore perçu comme une affaire de pratique, il est difficile de convaincre les gens de la sincérité de nos transformations réitérées. Cette lutte rend notre propre société si intolérante : nous exigeons d’être pleinement reconnus individuellement, indépendamment de notre propre groupe, parce que nous ne sommes pas en position de force pour l’obtenir des autochtones. Ceux-ci, confrontés aux étranges créatures que nous sommes, deviennent suspicieux ; de leur point de vue, en règle générale, seule la loyauté à l’égard de notre ancien pays est compréhensible. Ce qui nous rend la vie très amère. « 

 » Nous avons écrit de gros volumes pour le prouver et payé toute une bureaucratie pour explorer son ancienneté et l’expliquer statistiquement. Nous avons demandé à des érudits d’écrire des dissertations philosophiques sur l’harmonie préétablie entre Juifs et Français, Juifs et Allemands, Juifs et Hongrois, Juifs et … Notre loyauté d’aujourd’hui si souvent suspectée a une longue histoire. Elle est l’histoire de cent cinquante ans de judaïsme assimilé qui a réussi un exploit sans précédent : bien que prouvant en permanence leur non-judéité, ils ont néanmoins réussi à rester juifs. « 

Cette confusion désespérée de ces voyageurs semblables à Ulysse, mais qui contrairement à lui ne savent pas qui ils sont, s’explique aisément par leur manie de refuser de conserver leur identité. Cette manie est bien antérieure aux dix dernières années qui ont révélé l’absurdité profonde de notre existence. Nous sommes comme ces gens qui ont une idée fixe et qui ne peuvent s’empêcher d’essayer de dissimuler continuellement une tare imaginaire.

C’est pourquoi nous nous enthousiasmons pour toute nouvelle possibilité qui, du fait qu’elle est nouvelle, nous paraît miraculeuse. Nous sommes fascinés par toute nouvelle nationalité, de même qu’une femme un peu forte est ravie par une nouvelle robe qui promet de lui donner l’apparence souhaitée. Mais elle n’aime cette nouvel le robe qu’aussi longtemps qu’elle croit en ses qualités miraculeuses et elle la mettra au rebut dès qu’elle découvrira qu’elle ne modifie pas sa stature ou, en l’occurrence, son statut. » […]

 » C’est l’histoire qui a imposé le statut de hors-la-loi à la fois aux parias et aux parvenus [les juifs assimilés qui ont réussi].  Ces derniers n’ont pas encore accepté la grande sagesse de Balzac : « On ne parvient pas deux fois », aussi ne comprennent-ils pas les rêves sauvages des parias et se sentent-ils humiliés de partager leur destin. Les quelques réfugiés qui insistent pour dire la vérité, au risque de l’« indécence », obtiennent en échange de leur impopularité un avantage inestimable : l’histoire n’est plus pour eux un livre fermé et la politique n’est plus le privilège des non-Juifs. Ils savent que la mise hors la loi du peuple juif en Europe a été suivie de près par celle de la plupart des nations européennes. Les réfugiés allant de pays en pays représentent l’avant-garde de leurs peuples s’ils conservent leur identité. Pour la première fois, l’histoire juive n’est pas séparée mais liée à celle de toutes les autres nations. Le bon accord des nations européennes s’est effondré lorsque et précisément parce qu’elles ont permis à leur membre le plus faible d’être exclu et persécuté. « 

[1] Source : Jérôme Fourquet, L’Archipel français, directeur du département opinion à l’Ifop.

Psaume 121, « Je lève les yeux vers les montagnes »

א  שִׁיר, לַמַּעֲלוֹת:
אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים–    מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי.
1 Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.
ב  עֶזְרִי, מֵעִם יְהוָה–    עֹשֵׂה, שָׁמַיִם וָאָרֶץ.2 Mon secours vient de l’Eternel, qui a fait le ciel et la terre.
ג  אַל-יִתֵּן לַמּוֹט רַגְלֶךָ;    אַל-יָנוּם, שֹׁמְרֶךָ.3 Il ne permettra pas que ton pied chancelle, celui qui te garde ne s’endormira pas.
ד  הִנֵּה לֹא-יָנוּם, וְלֹא יִישָׁן–    שׁוֹמֵר, יִשְׂרָאֵל.4 Non certes, il ne s’endort ni ne sommeille, celui qui est le gardien d’Israël.
ה  יְהוָה שֹׁמְרֶךָ;    יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ.5 C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.
ו  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה;    וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה.6 De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.
ז  יְהוָה, יִשְׁמָרְךָ מִכָּל-רָע:    יִשְׁמֹר, אֶת-נַפְשֶׁךָ.7 Que l’Eternel te préserve de tout mal, qu’il protège ta vie!
ח  יְהוָה, יִשְׁמָר-צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ–    מֵעַתָּה, וְעַד-עוֹלָם.8 Que le Seigneur protège tes allées et venues, désormais et durant l’éternité!

D’où vient l’étoile de David (maguen David) ?

Post en l’honneur de l’anniversaire du Rav Haim Harboun.

« Je suis un narcisse de Saron , Un lys des vallées » (chochanat ha-‘amaqim) » (Ct 2, 1)

Salomon rendit un vibrant hommage au lys dans son Cantique des Cantiques.

Lys corse, plage de Carataggiu, hier soir

La stylisation de cette fleur a six pétales a abouti à l’étoile à six branches. La maguen David.

Cette fleur, vue de haut, a la forme de l’étoile de David, une étoile se divisant en douze triangles équilatéraux, chacun représentant une des tribus d’Israël.

Sa plus ancienne représentation se trouve sur un Sceau judéen de la ville de Sidon (Phénicie / Liban actuel) datant du VIIème siècle av. notre ère et ayant appartenant à un certain Josuhua ben Assayahu (joshua benAsaïah). 

A l’époque du temple de Zorobabel, on la retrouve dans le second temple de Jérusalem achevé vers 515 avant notre ère.

Au 4ème siècle avant notre ère, la maguen David orne les sceaux de la ville de Jérusalem.

On la retrouve dans la synagogue de Capharnaum au 2ème siècle de notre ère.

Synagogue de capharnaum, Israël, 2ème siecle

Dans l’Antiquité, la fleur de lys à six pétales était gravée sur les tombeaux juifs des catacombes.

L’hexagramme, connu des arabes sous le nom de « Sceau de Salomon », était dès le Moyen Age appelé « Bouclier de David » par les Juifs (1). Il est devenu le symbole du peuple juif.

Mazal Tov Rav Haim !

(1) : André Neher, David Gans (1541-1613) : disciple du Maharal, assitant de Tycho Brahe et de Jean Kepler, page 130, 1974, Klincksieck.

Pyoutim : Yom Chabbaton יוֹם שַבָּתוֹן « Notre âme est sans répit qu’elle ne repose en toi »

Yom Chabbaton chané par le Grand Rabbin Haïm Harboun

Le chant de chabbat, Yom Chabbatton de Yéhuda Halévy, rabbin, philosophe, médecin et poète séfarade, né à Tudèle dans l’émirat de Saragosse vers 1075 et mort au Caire en 1141, surnommé le Chantre de Sion, il a écrit huit cent poèmes, dont les Odes à Sion et aussi le Kouzari , est structuré par l’acrostiche  » Yéhoudah ».
La chanson contient cinq strophes de quatre lignes de huit syllabes chacune, pour un total de vingt lignes, chaque strophe commençant par une autre lettre du prénom du poète, Yehudah: 
yud , hey , vav , daled , hey .
Le refrain : « La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée. » est bien sur inspiré
– par le psaume 84, 4 :
 » Même la colombe a trouvé une maison, l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée : tes autels, Eternel Cébaot , mon Roi et mon Dieu ! . « 
– et dans sa seconde partie est une citation de Job 3, 17 :  וְשָׁם יָנוּחוּ, יְגִיעֵי כֹחַ. « là; se reposent ceux dont les forces sont à bout »
Mais on peut encore plus probablement voir cette colombe comme se référant à la colombe de Noé envoyée de l’arche pour vérifier si l’inondation du déluge était terminée (Gn 8, 12). Car le chœur dit en refrain : « Yona matza vo ma-no-ach », La colombe (yona en hébreu) ​​a trouvé le repos (ma-no-ach).
Ainsi Yéhuouda Halevy établit un lien entre la colombe de Noé et le jour du Chabbat que la tradition n’opère pas à ma connaissance. Un lien opéré par un glissement sémantique entre noach « noé » et Ménoah « le repos » à la fin du poème. Les eaux du repos (du chabbat) s’opposant aux eaux du déluge.

 » Un jour [de repos] chabbatique (chabbaton).
Aussi difficile à oublier que le doux parfum.
La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée (bis).

Un peuple fidèle honore cette journée les parents et les enfants veillent à obéir car ainsi disent les dix commandements
gravés sur deux tables de pierre
de Celui qui a beaucoup de pouvoir et une grande force
La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée.

            Et ils sont tous venus, dans une alliance une (ehad)
« Nous ferons et nous écouterons » (naassé venichema –  Chemot 24, 7 ), dirent-ils ensemble (ehad),
Et ils parlèrent et répondirent: “Dieu est un” (ehad),
Béni soit celui qui donne la force à celui qui est fatigué (ko’ah)
La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée.

Il a parlé de sa sainteté de la montagne de Myrrhe
« Le septième jour : souviens-toi et écoute » (Chemot 20, 8 et Devarim 5, 12)
Et toutes ses règles, ensemble, devraient être étudiées,
Raffermissez vos reins et renforcez votre force! (ameitz ko’ah)
La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée.

La ​​nation qui s’est déplacée ; comme le bétail, elle s’est égarée (Yeshayahu 53, 2 )
Il se souviendra de compter pour eux l’alliance et le serment ( Ps 105, 8-9 )
Qu’aucun mauvais événement ne soit répercuté sur eux
Comme tu as juré sur les eaux à Noé (il y a un jeu de mot entre Noah’-Noé et Menoah– « le repos » : sur les eaux de repos)
La colombe a trouvé le repos, En toi, les travailleurs cessent leur quête fatiguée.  »

Autre curiosité, le poème relie le Mont Morya où a eu lieu la akeda (ligature) d’Isaac (Cf, la montagne de Myrrhe, littéralement « une montagne d’épices », Cf. Chir Ha-chirim 4, 6) au Sinaï.

La célébration du Chabbat y est enfin vue comme un remède à l’oubli de l’exil dans la strophe finale.

Yom Shabbaton ein lishkoach, zichro k’reiach hanichoach

Yonah matz’ah vo manoach v’sham yanuchu y’giei choach. 

Hayom nichbad livnei emunim z’hirim l’shomro avot uvanim, chakuk bishnei luchot avanim, merov onim v’amitz koach.

Yonah matz’ah vo manoach v’sham yanuchu y’giei choach. 

Uvau chulam bivrit yachad, na’aseh v’nishma amru k’echad, ufat’chu v’anu Adonai echad, baruch hanotein layaef koach. 

Yonah matz’ah vo manoach v’sham yanuchu y’giei choach. 

Diber b’kodsho b’har hamor, yom hash’vi’i zachor v’shamor, v’chol pikudav yachad ligmor chazek motnaim v’ametz koach. 

Yonah matz’ah vo manoach v’sham yanuchu y’giei choach. 

Ha’am asher na k’tzon ta’ah yizkor l’ffokdo b’rit ushvua, lval ya’avor bam mikreh ra’ah ka’asher nishba’ata al mei noach. 

Yonah matz’ah vo manoach v’sham yanuchu y’giei choach.
יוֹם שַׁבָּתוֹן אֵין לִשְׁכּֽוֹחַ, זִכְרוֹ כְּרֵֽיחַ הַנִּיחֹֽחַ, 
יוֹנָה מָצְאָה בוֹ מָנֽוֹחַ, וְשָׁם יָנֽוּחוּ יְגִֽיעֵי כֹֽחַ. 

היוֹם נִכְבָּד לִבְנֵי אֱמוּנִים, זְהִירִים לְשָׁמְרוֹ אָבוֹת וּבָנִים, 
חָקוּק בִּשְׁנֵי לֻחוֹת אֲבָנִים, מֵרֹב אוֹנִים וְאַמִּיץ כֹּֽחַ.
יוֹנָה מָצְאָה בוֹ מָנֽוֹחַ, וְשָׁם יָנֽוּחוּ יְגִֽיעֵי כֹֽחַ. 

וּבָֽאוּ כֻלָּם בִּבְרִית יַֽחַד, נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע אָמְרוּ כְּאֶחָד, 
וּפָתְחוּ וְעָנוּ יְיָ אֶחָד, בָּרוּךְ הַנּוֹתֵן לַיָּעֵף כֹּֽח. 
יוֹנָה מָצְאָה בוֹ מָנֽוֹחַ, וְשָׁם יָנֽוּחוּ יְגִֽיעֵי כֹֽחַ. 

דִּבֶּר בְּקָדְשׁוֹ בְּהַר הַמּוֹר, יוֹם הַשְּׁבִיעִי זָכוֹר וְשָׁמוֹר, 
וְכָל פִּקּוּדָיו יַֽחַד לִגְמוֹר, חַזֵּק מָתְנַֽיִם וְאַמֵּץ כֹּֽח. 
יוֹנָה מָצְאָה בוֹ מָנֽוֹחַ, וְשָׁם יָנֽוּחוּ יְגִֽיעֵי כֹֽחַ. 

הָעָם אֲשֶׁר נָע כַּצֹּאן תָּעָה, יִזְכּוֹר לְפָקְדוֹ בְּרִית וּשְׁבוּעָה, 
לְבַל יַעֲבָר בָּם מִקְרֵה רָעָה, כַּאֲשֶׁר נִשְׁבַּֽעְתָּ עַל מֵי נֹֽחַ. 
יוֹנָה מָצְאָה בוֹ מָנֽוֹחַ, וְשָׁם יָנֽוּחוּ יְגִֽיעֵי כֹֽחַ.

Pourquoi jeûne t-on le 17 Tamouz ?

Le jeûne du 17 Tamouz, en hébreu Chiva Assar beTamouz, est le début de la période des Trois Semaines de deuil pour la destruction de Jérusalem et des deux Temples.

Il y a eu cinq événements survenus à nos ancêtres le dix-septième jour de Tammuz et cinq le neuvième de Av. Le dix-septième de Tammuz: les tables ont été brisées; L’offrande tamid (quotidienne) a été annulée; Les [murs] de la ville ont été percés; Et Apostomos a brûlé la Torah et a placé une idole dans le temple. Le 9 Av. Il fut décrété que nos ancêtres ne devaient pas entrer sur la terre. Le Temple fut détruit le premier Et la deuxième fois, Bétar fut capturé et la ville détruite. Quand Av entre, ils limitent leurs réjouissances.

Pendant la semaine au cours de laquelle tombe le neuvième mois d’avril, il est interdit de couper les cheveux et de laver les vêtements, mais jeudi, cela est autorisé en l’honneur de Chabbat. 
À la veille du 9 av., Il ne faut pas manger deux plats cuisinés, ni manger de la viande ni boire du vin. 
Rabban Shimon ben Gamaliel dit: il faut changer son régime. Rabbi Juda a voulu changer, mais les sages ne l’ont pas accepté. (Taanit 4, 6)

Ce jeûne commémore en fait cinq événements tragiques survenus à cette date :

  • Moïse brisa les premières Tables de la Loi lorsqu’il vit le peuple juif adorer le Veau d’Or. Le Talmud dit qu’il vit les lettres s’envoler et que les tables pesèrent si lourd qu’elles se brisèrent sur la sel.
  • Au cours du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor  et les Babyloniens en – 587, le sacrifice quotidien fut interrompu par manque de bêtes pour le sacrifice quotidien.
  • Apostomos (en l’an 70 ?) brûla un rouleau de la Torah.
  • Une idole fut installée dans le Temple.
  • Une première brèche fut percée ce jour-là dans les murailles de la ville sainte par Titus et les Romains en l’an 69 de l’ère commune, après un long siège. (Trois semaines plus tard, après que les Juifs se soient vaillamment défendus, les Romains détruisirent le second Saint Temple, le jour du 9 Av)

L’idée est que lorsque la Torah perd de sa vigueur l’enceinte qui entoure la ville de Jérusalem, et de manière symbolique sépare le profane (hol) du sacré (kodesh), se brise. Quand cette signification disparaît le chaos apparaît.

 » Les Pharisiens s’étaient multipliés en Israël et ils s’abstenaient de manger de la viande et de boire du vin. Rabbi Josuah leur dit: Mes fils pourquoi ne mangez-vous pas de viande ? Ils répondirent: Comment pourrions nous manger de la viande, alors que l’on offrait tous les jours des sacrifices sur l’autel et qu’ils ont maintenant cessé? – Mes fils, pourquoi vous abstenez-vous de boire du vin? – Pouvons nous boire de ce vin qui servait aux libations ?  » (Tosefta)

 » Toute la création a pris le deuil à partir du jour où le Sanctuaire fut détruit,-, depuis ce moment, chaque jour a apporté une nouvelle malédiction, la rosée est devenue moins bienfaisante, les fruits ont perdu leur parfum ». (Tosefta)

Lors d’un mariage on brise le verre en souvenir de Jérusalem :

« Celui qui prend part à l’allégresse des noces et qui contribue à la joie des fiancés est à considérer comme un homme qui a relevé une des ruines de Jérusalem  »  (Talmud)

Chavoua Tov !

Le genre de truc qui n’arrive qu’à Jérusalem :)

Immortelles de Corse

Havdala bessamim : immortelle

Quand vous arrivez en Corse et que s’ouvre la porte de l’avion une puissante odeur vous bouleverse. A l’odeur de la myrte se mêle celle de l’immortelle. Ses fleurs à la couleur jaune hypnotique en été exhalent au mois de mai / juin leur incroyable parfum, comme un curry, légèrement liquoreux, entre bois et résines, avec des touches de senteurs de fenugrec, d’anis, à la fois miellée et salée.

Cette odeur est parfaite pour les bessamim (aromates), elle répare l’âme, rappelle l’odeur paradisiaque du Chabbath. Lors de la fin du Chabbath nous ressentons la perte de son âme supplémentaire ( nechama yethèra ), une profonde nostalgie dont le parfum nous console.

L’huile essentielle d’immortelle active la micro circulation sanguine. Elle guérit des coups de soleil, des brûlures.

Mare d’argentu

CHABBAT CHALOM
PACE DI U SABBATTU A TUTTI

Mon D-ieu, mon D-ieu,
’Éli, ’Éli,
אֵלִי, אֵלִי
Que ne finissent jamais,
Shè-lo yigamér le-‘olam,
שֶׁלֹּא יִגָּמֵר לְעוֹלָם

Le sable et la mer,
Ha-hol ve-ha-yam,
הַחוֹל וְהַיָּם,

Le murmure de l’eau,
Rishrush shèl ha-mayim,
רִשְׁרוּשׁ שֶׁל הַמַּיִם,

L’éclair dans le ciel,
Beraq ha-shamayim,
בְּרַק הַשָּׁמַיִם,

La prière de l’Homme.
Tefillat ha-adam.
תְּפִלַּת הָאָדָם

Poeme de Hanna Szenes (1921-1944)
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Hannah_Szenes

Hannah Szenes ou Chana Senesh (19211944), d’origine hongroise fut l’une des 37 personnes juives vivant en Palestine , qui ont suivi l’entraînement spécial britannique pour être parachutées ou infiltrées en Europe en vue d’aider à sauver les Juifs et servir d’agents de liaison avec l’armée britannique. Elle fut arrêtée à la frontière hongroise, emprisonnée et torturée, mais refusa de révéler les détails de sa mission et fut finalement jugée et fusillée. C’est une héroïne en Israël : parmi les rues portant un nom de femme, le sien est celui qui revient le plus fréquemment (devant celui de Golda Meir), et ses poèmes sont très connus.

D’Athènes au Sinaï, histoire d’une conversion au judaisme.


La première montée à la Thora de Chmouel le lendemain.  (3ème en partant de la gauche)

Louis-Jean, Dominique de son nom de religion (catholique) pendant 20 ans, est devenu mercredi dernier Chmouel au Mikvé consistorial de Vitry où nous sommes passés de notre côté avec Rachel et Rivka il y a un an jour pour jour le lendemain.

Autant le chemin qui va du Mont Sinaï à Athènes ou Rome est un chemin fréquenté, autant le chemin qui remonte au Sinaï est un sentier relativement solitaire. Voici l’histoire d’une guyour (de guer, « étranger », ce qui sort de l’étranger, conversion au judaïsme).

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