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Les vies de Didier Long et Haïm Harboun sur bibliothèque Médicis


(Toute l’émission avec Maurice Olender, Historien, Professeur à l’EHESS, Sylvain Fort, Essayiste, conseiller et plume d’Emmanuel Macron )

Vel D’Hiv, Bastia, Souviens-toi, Izkor.


Envoyé par mon père ce matin. Devant la synagogue Beit Knesset Meïr de Bastia .
Les Corses n’ont pas livré les juifs en 40.
Vel d’Hiv, 16 et 17 juillet 1942, 75 ans déjà. Aucun n’en reviendra La plupart ont été déportés au camp d’extermination d’Auschwitz Birkenau.
Les lois, la  police, la préfecture… étaient français. Il s’agissait de femmes, d’hommes et de vieillards mais aussi d’enfants que les français on rajouté à la rafle dépassant les ordres allemands.

Aucun des quelque 600 Juifs vivant en Corse n’a connu le même destin des juifs à Paris en 1942. Nous, le peuple Corse, le préfet de Bastia… n’avons pas obéi. Nous ne livrons pas nos frères et soeurs. Celui qui touche un juif touche la prunelle des yeux de D-ieu.

« Oui, ainsi parle l’Éternel des armées: Après cela, viendra la gloire! Il m’a envoyé vers les nations qui vous ont dépouillés; Car celui qui vous touche touche la prunelle de Son œil. Oui, voici, je vais diriger ma main contre eux, de sorte qu’ils deviennent la proie de ceux qui leur étaient asservis : Alors vous saurez que l’Éternel des armées m’a envoyé » (Zacharie 2, 8)

Meïr Long.

Bastia Vel d'Hiv1Bastia Vel d'Hiv2

Mazzérisme et Cabbale


asphodèleJe poursuis la mise en résonance des conceptions ésotériques corse et juive séfarade en parlant dans ce post de la conception de la mort dans le mazzérisme et la Cabbale .

U Mazzeru : voir la nuit

Le mazzérisme est une croyance spécifiquement Corse, qui, par certains aspects (le rôle des animaux, la métamorphose en animaux comme pour les totem scouts lors des mandraches, la chasse) ressemble aux cultes primitifs chamaniques. En Corse le mazzeru est un «Chasseur d’âmes » ou un «Messager de la Mort ». C’est un homme : mazzeru, ou une femme : mazzera.

«Mazzera» signifie « corde, attache ». Le Mazzeru, est une personne qui par don et souvent tradition et histoire familiale est relié à l’invisible. Ce sont des personnes qui ont les pieds parfaitement par terre mais qui par construction psychique et histoire familiale (morts violentes par exemple) ont développé une forme de mélancolie. Le mazzérisme est héréditaire. Le mazzeru a la capacité de voir la profondeur des choses, des êtres, leur réalité profonde. Il vit dans le monde invisible en même temps que dans le monde phénoménal du commun des mortels.

L’activité des mazzeru se déroule la nuit. Les légendes disent qu’il chasse. En réalité c’est une sorte de somnambuli comme on l’appelle dans certains villages, un éveillé. Une personne en contact avec ce que la plupart des gens appellent l’Autre monde mais qui n’est en réalité que la profondeur de celui-ci.

Je pense que ces personnes sont simplement capables d’accéder à des ressources inconscientes interdites par le surmoi de la plupart des personnes dites « éveillées ». Le corps du mazzeru est là mais son âme « chasse » dans l’autre monde. C’est une personne qui côtoie la mort, protège les vivants et aussi accompagne les défunts vers le monde invisible.

Cet accès au monde du rêve leur permet de « prédire » la mort d’une personne, de la percevoir en rêve nocturne ou éveillé. Le mazzeru annonce alors à la personne sa mort comme un  secret trop lourd pour lui et qui surviendra inévitablement dans l’année.

Les réunions de mazzeri ou combats (mandrache) se déroulaient dans la nuit du 31 juillet au 1er aout aux cols des montagnes (en corse les vallées déterminent des communautés de vie), souvent un samedi. Ces batailles entre mazerri de villages rivaux masqués en animaux déterminaient le nombre de mort dans l’année qui suivait, en fonction de la victoire ou non des combattants.

En réalité le mazzeru n’est pas « tourné vers la mort », c’est une personne qui sépare la mort de la vie et en protège les vivants. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est intégré à la société corse. Le mazzerru représente l’interdit de la mort et la sanctification de la vie dans un monde où la mort violente du fait de la vendetta ou des jalousies de familles est omniprésente (700 morts violente en corse dans les 30 dernières années, 50 par an entre 1830-1900).

Voilà pour la Corse. Je conçois que ce monde étrange ne soit pas habituel pour un continental mais c’est ainsi que ça marchait en Corse depuis des millénaires. Mon arrière grand mère qui ne parlait que la langue Corse (du sud) et ma grand-mère signadori toutes les deux, vivaient dans ce monde qui leur était naturel. En fait il y a en Corse une immense richesse psychique et émotionnelle  chez des gens très simples.

Ces traditions sont bien sûr ésotériques, cachées.

Résonances juives dans le Mazzérisme en Corse 

J’ai fait en écrivant Mémoires juives de Corse une découverte étrange. Je m’étais déjà demandé à propos de la cérémonie du Ludareddu (petit juillet) à Porto-Vecchio, pourquoi la nuit du 31 juillet on promenait aujourd’hui encore un bonhomme de paille et de liège sur un chariot dans les rues de la ville sous les quolibets ; et pourquoi après un jugement sommaire on brûlait cet « abominable homme des lièges » comme bouc émissaire sur un bûcher en le livrant aux flammes à minuit pile, aux salines ou devant l’Eglise.

J’ai travaillé sur l’Inquisition et j’ai alors découvert que la date du 31 juillet n’avait rien à voir avec une quelconque fête agraire mais avec le délai final de l’édit d’expulsion imposé au juifs par Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon le 31 juillet 1492. Je remarque que les mazzeri font leur mandrache eux-aussi à cette date anniversaire.

Le lien est fait par Roccu Multedo entre le mazzérisme et ludareddu, à cause du 31 juillet justement[1]

Pourquoi le 1er aout ? Parce qu’on fêtait autrefois en ce jour la fête des Macchabés[2] du nom des sept frères martyrisés en 167 avant notre ère pour leur fidélité à la foi de Moïse.

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Rapprochements entre les traditions et coutumes ésotériques juive et corse, le « mauvais œil »


corail2

Amulette Corse contre le mauvais oeil (les juifs tunisiens portent le même corail)

Je voudrais ici mettre en résonance deux conceptions ésotériques corse et juive séfarades, qui, pour apparaître au premier abord comme des « superstitions » pour l’universitaire post moderne assuré d’avoir dépassé tout cela dans un vision d’hélicoptère hors sol… sont en réalité des conceptions et des pratiques de psychologie clinique étonnement modernes. Je veux parler de l’Ocjhu et du hain hara, le « mauvais œil » d’abord; et de la conception de la mort dans le mazzérisme et la Cabbale ensuite.

Je suis évidemment « situé » (Corse du sud et Alta Rocca) et pas un « expert » de ces coutumes multiformes en Corse comme dans le monde juif, mais des expériences spirituelles récentes m’ont permis d’y voir plus clair.

Le mauvais œil, regard destructeur

Le phénomène corse de signadori, les femmes qui enlèvent l’ochjiu, et pratiquent le rite de l’huile : on verse des gouttes dans un récipient d’eau posé sur la tête de la personne ou sur un linge intime, pour que se forment des « yeux », ; on répète l’opération et les prières jusqu’à ce que les yeux – ceux des jaloux qui ont mal parlé, disparaissent, … est courant et répandu en Corse.

On retrouve ce rite dans le monde juif séfarade sous le forme de ain hara : on verse du plomb fondu dans une casserole d’eau déposée sur la tête du patient en disant : « Que par ce plomb soit ôté toutes sortes de mauvais œil qui a vu, qui a observé, qui a parlé sur Untel fils de Untel ». Le plomb se solidifie, au contact de l’eau, et forme des boules ou yeux. On répète l’opération (plomb, prière, observation du pomb dans l’eau) jusqu’à ce que le plomb ne se solidifie plus de cette façon en formant des boules ou « yeux ».

Un processus d’abréaction psychique

Ces rites n’ont rien de « primitif », bien au contraire, ce sont des processus psychiques d’abréaction de la violence du groupe ; Le ain hara est en fait une visualisation du « lachion hara », la mauvaise langue destructrice qui mé-dit, qui envie et détruit une personne psychiquement et le groupe par contamination. Bien plus dangereuse qu’une rafale de balles puisqu’elle tue à très grande distance et pourrit tout (assimilé à la lèpre par un jeu de mot par le Talmud et nos Hakhamim). La personne se percevant diminuée elle va rabaisser autrui ou médire pour retrouver son intégrité et se hauteur. Ce qui contamine la société de manière virale comme une lèpre. Lire la suite de « Rapprochements entre les traditions et coutumes ésotériques juive et corse, le « mauvais œil » »

L’Ange de la mort dans la Torah et le Talmud


Ange

L’envoyé de D-ieu et le destructeur

L’ange de la mort s’appelle Azraël ( עזראל ) dans certaines traditions hébraïques. Son nom signifie littéralement que D-ieu aide.

Dans la Torah, la mort est vue sous la forme d’un ange envoyé par D-ieu, un être privé de tout pouvoir volontaire. L’« ange du Seigneur» frappe 185 000 hommes dans le camp assyrien (II Rois 19, 35). « Le destructeur » (ha-machkhit) tue le premier-né des Égyptiens (Ex. 22, 23), et l’ange de la destruction (« malakh ha-machkhit« ) fait rage parmi les gens de Jérusalem (II Sam. 24, 15). Dans le premier livre des Chroniques 21, 15 « L’ange du Seigneur » est vu par David debout « entre la terre et le ciel, ayant une épée étirée dans sa main étendue sur Jérusalem».

Dans I Chr 24, 10 : « Dieu envoya un messager divin à Jérusalem pour la ravager, et, comme il se livrait à l’œuvre de destruction, le Seigneur vit et fut ému de cette calamité, et il dit à l’ange destructeur (ha-machkhit) : « Assez! Retire maintenant ta main! » »

Job (33, 22) utilise le terme général « destructeur » (memtif), dont la tradition a identifié les « anges destructeurs » (malakh ḥabbalah) et le Livre des Proverbes 16, 14 utilise le terme « les anges de la mort» (mal’ake ha-maveth).

Les rabbins ont trouvé l’ange de la mort mentionné dans Ps. 89, 46, « Tu as mis fin à sa splendeur, et son trône, tu l’as fait crouler à terre » que le Targoum traduit : « Il n’y a aucun homme qui vit et, voyant l’ange de la mort, peut délivrer son âme de sa main »

Et le Midrach Rabba commente Qohélét 8, 4 : « La parole du roi est souveraine; qui oserait lui dire: « Que fais-tu? » » en disant :

« On ne peut échapper à l’ange de la mort, ni lui dire:’’Attends que je mette mes affaires en ordre’’, ou « Il y a mon fils, mon esclave: prends-le à ma place ».

L’ange de la mort dans le Talmud

L’ange de la mort est décrit dans le Talmud de multiples fois :

L’ange de la mort reçoit son ordre de Dieu.

Et il a dit à l’Ange qui a détruit le peuple, ça suffit ! (2 Sam 34, 16). R. Éléazar a déclaré : Le Saint, béni soit-Il, a dit à l’Ange: Prenez un grand homme [rab] parmi eux, par la mort de laquelle plusieurs péchés peuvent être expiés pour eux. A cette époque, il mourut Abishai, fils de Zeruiah, qui était égal à la plus grande partie du Sanhédrin. (TB Berakhot 62b)

L’idée est que la mort des justes est une expiation pour les pécheurs, selon le dicton : « ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers ». En réalité la mort du juste laisse un trou car il est une colonne visible de la communauté quand celle des autres ne laisse pas de trace.

« Il est dit de l’Ange de la mort qu’il est plein d’yeux ; Quand une personne malade est sur le point de partir, il se tient au-dessus de son oreiller de tête avec son épée tendue à la main et laisse tomber une goutte de fiel sur elle. Comme la personne malade le voit, il tremble et ouvre la bouche [de peur], il la laisse alors tomber dans sa bouche. C’est à partir de ce moment qu’il meurt, et de ce fait [le cadavre] se détériore, de sorte que son visage devient verdâtre. […] R. Hanina b. Kahana a déclaré : Il a été dit dans l’école de Rab que si l’on veut empêcher un cadavre de se détériorer, il faut cacher son visage en le retournant » (TB Avoda Zara 20b)

D’où l’usage de voiler la face d’un onen (défubt juif) et l’interdiction de le regarder.

Quand R. Jeremiah est tombé malade. Lorsque le médecin a appelé pour le guérir, il a vu une citrouille couchée dans la maison. Ensuite, il quitta la maison en disant : ‘‘L’ange de la mort est dans cette maison, et moi je le guérirais ! » (TB Nedarim 49a)

La ville où personne n’avait jamais menti

Dans la ville de Luz, l’ange de la mort n’a pas de pouvoir, et quand les vieillards sont prêts à mourir, ils sortent de la ville :

« Et l’homme est entré dans le pays des Hittites, et a construit une ville, et l’a appelé du nom de Luz: ce qui en est son nom jusqu’à nos jours.[…] C’est cette Luz contre laquelle Nabuchodonosor marcha sans la détruire, et même l’ange de la mort n’a pas la permission de la traverse. Quand les vieillards y sont fatigués de la vie, ils sortent hors de murs et y meurent » (TB Sotah 46b).

L’idée qu’il y ait de lieux ou on ne meurt pas apparaît dans le Talmud Sanhédrin :

« Raba a dit: Avant je pensais qu’il n’y avait pas de vérité dans le monde. Sur quoi un des Rabbins, au nom de R. Tabuth – dit aux autres, au nom de R. Tabyomi – que, même s’il recevait tous les trésors du monde, il ne mentirait pas, et il m’a raconté qu’il alla une fois en Lieu appelé Kushta, dans lequel personne n’avait jamais raconté de mensonges, et où aucun homme n’était jamais mort avant son heure.

Maintenant, il épousa une de leurs femmes, de qui il eut deux fils. Un jour, sa femme était assise et se lavait les cheveux, quand un voisin est venu et a frappé à la porte. [Son mari] se disant en lui-même qu’il serait malvenu [de lui dire que sa femme se lavait], il a crié: « Elle n’est pas là ».

[En punition pour cela], ses deux fils sont morts. Alors les gens de cette ville sont venus à lui et l’ont interrogé, Quelle est la cause de cela ?’ Il leur a raconté ce qui s’était passé. «Nous te prions, répondirent-ils : ‘‘quitte cette ville et n’incite pas la mort contre nous’’». (TB Sanhédrin 97a)

Le Zohar a une vision positive d’Azrael, il dit que celui-ci reçoit les prières des gens de foi quand ils arrivent aux Cieux et qu’il commande les légions d’anges des cieux.

Le Rema à Cracovie


Une de mes amies marrane, juive de Corse s’est rendue à Auschwitz et avant à Cracovie sur la tombe du Rabbi Moshé Issarlès dit le Rema.

Le Rema (1520-1572) était un éminent talmudiste et célèbre décisionnaire de la Renaissance connu pour son commentaire du Choulkhane Aroukh (la Table dréssée – recuell des lois de la Halakha orthodoxe composé par Yosef Caro à Safed au XVIè siècle encore valable de nos jours) nommé hamappa modestement, « la nappe». Dans son enseignement, il s’oppose au pilpoul (la casuistique talmudiques sans fin et parfois sans conséquence vitale) pour s’en tenir à la simple interprétation du Talmud.

Au Maharshal qui lui reprochait d’avoir fondé une partie de ses décisions
sur Aristote, Il répond qu’il a étudié la philosophie grecque selon Maimonide dans son « Guide pour les Perplexes », et alors seulement le Chabbat et Yom Tov (jours de fête) – et de plus, il est préférable, dit-il, d’étudier la philosophie que la cabale qui peut être source d’erreurs dans le rapport à Dieu.

Cracovie : tombe du Rema et synagogue avant hier :

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D’où vient le Sceau de Salomon en Corse et ailleurs ?


Kabbale à Gérone

Amulette magique de Cabbale, XVIIème siècle, au centre le sceau de Salomon/ Maguen David
Musée de Gérone, Espagne, photo Didier Long

D’où vient le sceau de Salomon (U segnu di Salomone) sur les outils des bergers corses du Niolu et d’ailleurs ? on le trouve souvent dans les lieux de pèlerinage et surtout sur les fontaines (voir ci-dessous) sous forme d’étoile de David (étoile à 6 branches ou hexagramme) ou d’étoile à 5 branches (ou pentagramme). La question est que celui-ci est spécifiquement désigné en Corse comme « Sceau de Salomon » (U segnu di Salomone) qu’il soit à cinq ou six branches. Le sceau de Salomon apparaît dans les traditions chrétiennes et musulmanes. Mais il est d’origine juive : l’exemplaire le plus ancien du sceau de Salomon se trouve sur un sceau datant du VIIe siècle avant l’ère commune, découvert à Sidon et appartenant à un certain Josuhua ben Assayahu. Son origine est donc juive comme le montre le récit du Talmud qui effectivement met en scène une fontaine.

Sceau de Salomon

Le Sceau de Salomon dans le Talmud

Le « sceau de Salomon » vient du traité du Talmud de Baylone traité Guittin page 68a dont la guemara (interprétation en araméen des mishna en hébreu du 1er siècle et avant) a été compilée au VIème siècle en Babylonie. Cet ensemble appelé Talmud (de limoud étudier) reflète les discussions des académies perses des 5 premiers siècles de notre ère. Dans l’un de celles-ci des sages essaient de comprendre dans un contexte babylonien ce qu’on leur a transmis, dont il ne savent plus le sens qu’ils cherchent à retrouver par la discussion académique :

TB Gittin 68a

« Je me procurai Shearim et sharoth, (des chanteurs et des chanteuses, de Chir « le chant ») et les délices des fils des hommes, ‘Shearim et Sharoth’, signifie divers types de musique; «Les plaisirs des fils des hommes» sont des bassins ornementaux et des bains. «Shidah et shidoth»: ici [en Babylonie] ce sont des démons masculins et féminins. En Occident [Palestine], ils disent [cela signifie] des chariots. Johanan a déclaré : Il y avait trois cents sortes de démons à Shihin [ville du Liban], mais ce qu’est une Shidah [la mère des démons]… je ne sais pas.

Le Maître a déclaré : Ici, ils traduisent « démons masculins et féminins ». Pourquoi Salomon en avait-il besoin ? – Comme indiqué dans le verset, « On n’employa à la construction du temple que des pierres intactes de la carrière; ni marteau, ni hache, ni autre instrument de fer ne fut entendu dans le temple durant sa construction ».( 1Rois 6, 7) ; Il a dit aux rabbins: Comment puis-je faire [sans outils en fer]? – Ils ont répondu : Il y a le shamir que Moïse a apporté pour les pierres de l’éphod.

Il leur a demandé, où se trouve-t-il ? – Ils ont répondu : « Apportez un démon masculin et féminin et liez-les; Peut-être qu’ils savent et vous diront ». Il a donc amené un démon masculin et féminin et les a liés. Ils lui ont dit : « Nous ne le savons pas, mais peut-être Ashmedai, le prince des démons le sait-il ». Il leur a dit : « Où est-il ? » – Ils ont répondu: « Il est dans une telle et telle montagne. »

Il a creusé un puits là-bas, qu’il a remplit d’eau et couvre avec une pierre qu’il scelle ensuite avec son sceau. Chaque jour, il monte au ciel et étudie dans l’Académie des cieux, puis il descend sur la terre et étudie à l’Académie de la terre, puis il va, examine son sceau et ouvre la fosse et boit et ferme. Et le scelle à nouveau et disparaît.

Salomon envoya alors Benaiahu, fils de Joïada, lui donna une chaîne sur laquelle était gravé le Nom divin et un anneau sur lequel était gravé le Nom et des nappes de laine et des bouteilles de vin. Benaiahu est allé et a creusé un puits au bas de la colline et a laissé entrer l’eau [De la fosse d’Ashmedai au moyen d’un tunnel reliant les deux] et il a bouché la cavité avec des voiles de laine, Et il a creusé une fosse plus haut et a versé le vin et a ensuite rempli les puits. Il est allé et s’est assis sur un arbre.

Quand Ashmedai est venu, il a examiné le sceau, puis a ouvert la fosse et l’a trouvé pleine de vin. Il a dit, il est écrit : Moqueur est le vin, bruyante la boisson fermentée: qui s’en laisse troubler manque de sens.(Pv 20,1). Je ne vais pas l’acheter.

Mais de plus en plus assoiffé, il ne pouvait résister, et il but jusqu’à ce qu’il fût ivre et s’endormit. Benaiahu est descendu et a jeté la chaîne sur lui et l’a attaché. Quand il s’est réveillé, il a commencé à se débattre, après quoi [Benaiahu] a dit: Le Nom de votre Maître est sur vous, le Nom de votre Maître est sur vous.

[…]

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