Virginia Woolf, écrire pour ne pas se dissoudre

Virginia Woolf à Monk’s House, vers 1932

The Poet Acts

Le film The Hours, adapté du roman de Michael Cunningham, propose une relecture contemporaine de la vie et de l’œuvre de Woolf. Il est magnifiquement servi par la musique de Philip Glass dont els thèmes répétitifs font évoluer les émotions comme les sillons d’une vague sur l’eau.

Trois femmes, à trois époques différentes, sont reliées par Mrs Dalloway : Virginia Woolf elle-même, en train d’écrire le roman, une femme au foyer dans les années 1950, une éditrice new-yorkaise contemporaine.

Le film montre comment une œuvre née d’une souffrance intime vient toucher d’autres existences, la perte donne sens à la vie, nous vivons au fond les uns pour les autres, interdépendants, quoi qu’il arrive.

Cette méditation sur le roman Mrs Dalloway, le temps qui passe, l’écriture quoi tente de le fixer, pour ne pas perdre l’instant et se perdre, pour ne pas oublier, peut être une bonne introduction à l’œuvre de Woolf.

Chez Virginia Woolf, “the poet acts” il transforme le réel en donnant forme au flux intérieur. L’écriture est un acte qui organise le chaos du flux mental et crée une cohérence toujours provisoire. Elle résiste à la fragmentation du moi en reliant les monde intérieur et extérieur.

Virginia Woolf, intériorité et apparences en tension

Née en 1882 dans une famille intellectuelle londonienne, elle grandit dans un univers de haute culture, mais aussi dans un climat affectif complexe, marqué par des deuils précoces et des traumatismes, notamment des viols subis dans son enfance.

L’écriture de Virginia Woolf semble une tentative pour donner forme à une expérience psychique profondément fragmentée, instable en déséquilibre permanent car agitée de flux thymiques contradictoires.

Très tôt Virginia se fissure. Elle alterne périodes de lucidité créatrice intense et des épisodes de désorganisation mentale. Ce qui semble être une bipolarité sévère non soignée devient schizophrénie avec les hallucinations. Une existence dans le clivage en tension permanente entre un monde intérieur envahissant et une réalité extérieure qu’elle perçoit comme illusoire.

Une apparence sociale, polie, mondaine, lisse, slick,  sous laquelle se déploient les abimes d’un monde intérieur agité de tempêtes, de tectonique de plaques mentales fragiles et de ressac de souvenirs non clos et envahissants.

Elle va gèrer ce chaos jusqu’à ce qu’il l’emporte avec une lucidité créative et un regard qui absorbe le monde de Londres qui l’entoure avec ses sons, le clocher de Big ben.

Ce dédoublement se retrouve magistralement dans son roman Mrs Dalloway.

Mrs Dalloway : la ville et les failles de l’âme

Mrs Dalloway, raconte une journée banale à Londres qui devient le théâtre d’une exploration vertigineuse.

Clarissa Dalloway prépare une réception. En rentrant chez elle, elle analyse son choix des années auparavant d’épouser Richard Dalloway au lieu de Peter Walsh. Cette trivialité est traversée par une infinité de micro-perceptions, de souvenirs, de questionnements existentiels. Quand elle reçoit la visite impromptue de Peter.

En parallèle, Septimus Warren Smith, jeune ex-militaire souffre depuis son retour du front d’un trouble de stress post-traumatique, d’hallucinations et de schizophrénie. Il se défenestre pour échapper à l’internement.

Clarissa Dalloway qui ne connait pas Septimus apprend lors de la soirée par son propre médecin l’acte de Septimus qui la bouleverse alors qu’elle ne le connait pas.

Il peut être lu comme un double de Woolf elle-même — une projection de ce que devient l’esprit lorsque le lien au monde commun se défait comme si leurs destins se croisaient.

Le roman met en scène deux régimes de réalité : celui du temps social des horloges, des rendez-vous à l’heure et des conventions apprises qui classent ou invisibilisent la personne et celui du temps intérieur. Le monde de la mémoire, des sensations, et des associations libres.

La grande innovation d’écriture de Virginia Woolf est la technique du stream of consciousness (flux de conscience). Il ne s’agit plus de raconter une histoire, mais de restituer le mouvement même de la pensée.

Le temps n’est plus linéaire. Il est dilaté : une seconde peut contenir une vie entière ; il est fragmenté, circulaire : les souvenirs reviennent, mutent, se réécrivent.

Le son de Big Ben dans Mrs Dalloway rythme la journée — mais ce temps objectif est constamment fissuré par le temps subjectif. Le présent est envahi par le passé. L’identité elle-même devient instable menacé de dislocation psychique permanente.

Leonard Woolf, le containment d’une âme fragmentée

Virginia Woolf fréquente dès sa jeunesse un cercle d’intellectuels londoniens qui deviendra le Bloomsbury Group, un des premiers collectifs bisexuels de l’histoire contemporaine. S’y retrouvent des figures comme Lytton Strachey ou John Maynard Keynes, dans une atmosphère de liberté intellectuelle et artistique.

Après son mariage avec Leonard Woolf en 1912 qui est juif, le couple s’installe dans le quartier de Bloomsbury, où ces rencontres deviennent régulières. Leur relation est souvent décrite comme profondément aimante, bien que peu conventionnelle. Elle lui dit dès le départ qu’elle n’est pas attirée physiquement par lui.

Leonard sera une bouée stabilisatrice de sa vie pendant 30 ans ; pas seulement un mari mais un ange gardien, presque thérapeute.

Il comprend la fragilité psychique de Virginia et organise leur vie en conséquence. Il crée la Hogarth Press, leur maison d’édition qui édite son premier livre. Il édite Virginia mais aussi Sigmund Freud et T.S Eliot.

Ils achètent Monk’s House une maison de campagne située dans le village de Rodmell, en Angleterre en 1919 pour fuir le stress de Londres et offrir à Virginia un environnement plus calme, essentiel à son équilibre psychique. C’est là qu’elle écrit une grande partie de ses œuvres majeures, souvent dans un petit cabanon au fond du jardin.

Il lui fournit une vie régulière qui l’éloigne du stress social. Grâce à lui elle transforme son chaos intérieur en œuvre.

Woolf milite par ailleurs pour les droits des femmes depuis 1910.

Le 28 mars1941, à Monk’s House, Virginia Woolf écrit à Léonard une lettre d’une lucidité bouleversante :

“Je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t’es montré d’une patience absolue avec moi et d’une incroyable bonté. Je tiens à dire cela, tout le monde le sait. Si quelqu’un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n’est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été.”

C’est son dernier écrit. Elle emplit ses poches de cailloux et s’enfonce dans la rivière de l’Ouse.

Tout est dit. Le naufrage ne vient pas d’un manque d’amour, mais d’un excès de souffrance intérieure. Léonard n’a pas échoué,  il a simplement atteint les limites de ce que l’amour peut contenir.

Se recueillir et symboliser pour ne pas s’écouler et périr dans le flux, en cette période de Pessah

Virginia Woolf a vécu sur une ligne de crête : entre cohérence et fragmentation,
entre monde social et monde intérieur, entre vie et disparition.

Son clivage était littéraire et existentiel. En se recueillant, en rassemblant les fragments d’un moi menacé de dispersion, elle a produit des textes qui traversent le temps et rassemblent nos existences.

On peut y trouver une résonnance religieuse en ces fêtes de Pessah.

Le seder de Pessah est le lieu par excellence du recueillement de soi, rythmé par le mot e’had, UN.

Le sacrifice pascal juif est un agneau d’un an, consommé dans une maison, avec toute la famille, en une seule nuit, pas mi cuit mais complètement, dont on ne brise pas les os. E’had, UN, c’est le nom de l’Eternel.

« La ville sans juifs » (1922), un roman d’aujourd’hui pour les Français juifs

Un visionnaire fantomatique d’actualité

A l’heure où les matsot sont prêtes et que les Juifs se posent mille questions sur la manière de quitter la France en catimini comme leurs ancêtres l’Egypte, il est bon de relire La Ville sans juifs d’Hugo Bettauer. Une sorte de Haggada viennoise écrite en 1922 qui a couté la vie à son auteur 3 ans plus tard. Evidement les nazis n’avaient pas trop le sens de l’humour et le rire aux éclats de ce grand provocateur leur donna 15 ans avant l’Anschluss des poussées d’urticaire.

Hugo Bettauer

Au moment où les juifs des quartiers qui vivent au contact de la Nouvelle France où ils n’ont visiblement plus leur place. Alors qu’un doux parfum de libanisation monte élection après élection. Il faut relire ce précis de l’évacuation légale.

Après que la droite centriste aura sombré dans la guerre des chefs en France en chantant « Vivre-ensemble, vivre-ensemble, vivre-ensemble ! » repris par tous les perroquets. Après que Bardella aura affronté au second tour le centre de gravité de la gauche un certain Melenchein. Il faudra voter pour l’enclume ou le marteau. Et la suite se devine facilement : Victoire pour l’enclume… et 5 ans de chaos avec les juifs entre le marteau et l’enclume. Difficile de fêter Pessah cette année et d’échapper à son destin.

Mais les malins, eux, auront lu La ville sans juifs, une sorte de prophétie autoréalisatrice indispensable sur votre table de chevet qui vous aidera à ne pas dormir et à vous préparer d’ici mai 2027 !

La vie de son auteur, Hugo Bettauer, ressemble à une blague brillante… mais qui finit très mal.

Evoquons là avant de citer quelques extraits croustillants comme des matsot.

Un provocateur en costume de soie

Sa vie est un roman. Fils d’un courtier de bourse, À 16 ans, Bettauer fugue de chez lui pour Alexandrie, d’où le consul autrichien le renvoie illico presto. Deux ans plus tard il se convertit au protestantisme pour s’engage comme volontaire pour un an dans l’infanterie de montagne impériale. Chasseur alpin ou plutôt tyrolien. Tête brulée. Après 5 mois il se brouille avec ses supérieurs, part à Zurich, hérite, épouse Olga Steiner son amour de jeunesse. Ils émigrent à New York, il perd toute sa fortune sur le bateau dans des spéculations désastreuses. Elle est danseuse à New York lui ne trouve pas de job. Retour à Berlin au bout de 3 ans avec la nationalité américaine. Leur fils y nait, il mourra a Auswwitz en 1942. En 1901, après le suicide du directeur du Berliner Hoftheater , qu’il avait accusé de corruption, Bettauer est expulsé du royaume de Prusse.  Il s’installe ensuite à Munich. Il divorce. A 32 ans il rencontre Hélène Muller 16 ans. Coup de foudre et tempête en vue. Ils fuient à New York. On est en 1904. Mariage sur le bateau. Un second enfant dans l’année. Ils y passent 6 ans. Ils reviennent à Vienne. Il est américain donc réformé. À partir de 1920, il publie, quatre ou cinq romans par an. Succès fulgurant. Bettauer publie aussi des journaux d’investigation, des romans photos. Greta Garbo débute sa carrière dans La rue sans joie (sur la prostitution), une adaptation d’un de ses livres.

Il a tout du provocateur élégant : journaliste, romancier, il passe la société viennoise à l’humour acide, avec un zeste de cruauté là où ça gratte et là où ça dérange.

Une idée brillante (ou suicidaire) : La Ville sans Juifs (1922)

Bettauer est un esprit libre : il pousse les idées absurdes jusqu’au bout pour en révéler le ridicule.

C’est ainsi qu’il écrit La Ville sans Juifs, avec une hypothèse simple : et si Vienne décidait d’expulser tous les Juifs ?

Dans son récit, un homme politique fictif ordonne l’expulsion de tous les Juifs de Vienne. la population applaudit d’abord la décision, convaincue que tous ses problèmes vont disparaître. L’Autriche emprunte trente wagons à bestiaux aux pays voisins pour faciliter l’expulsion (vers l’est) des Juifs et de leurs biens ». Une prophétie glaçante, écrite en 1922, que personne ne croit bien sûr. Un peu du genre « La fin des juifs de France ? »

Mais très vite, tout s’effondre : l’économie décline, la vie culturelle se vide, la ville perd son énergie et son intelligence. Vienne devient la capitale européenne de la bêtise. On délaisse la mode La solution miracle vire au désastre. Vienne devient un village bavarois où on se promène en Loden, culotte de cuir tyrolienne et robes villageoises des carapates, une mode de pointe qui fait hurler de rire les étrangers venus de Paris.

Mais Bettauer ne s’arrête pas là. En 1924, son livre est adapté au cinéma. Et là, ce qui était déjà clair devient impossible à ignorer : on voit concrètement une ville se vider de sa richesse humaine et sombrer dans la médiocrité.

Le message est limpide, acerbe. Trop pédagogique pour certains lecteurs…

Les nazis qualifient Bettauer de « poète rouge » et de « corrupteur de la jeunesse ». Il est vrai qu’il prône des mœurs sexuelles assez libres…

En 1925, un jeune prothésiste dentaire national socialiste va chercher Bettauer à son journal et vide son revolver 6 coups sur lui. En mode Charlie Hebdo.

Il agonise et meurt quinze jours plus tard. La morale est sauvée !

Résumé : un type écrit un (grand) livre pour montrer que l’antisémitisme est idiot. Il fait un film pour être bien sûr que tout le monde comprenne. Des idiots comprennent qu’on parle d’eux. Il finit assassiné. C’est beau et bête à la fois.

Morale de l’histoire : Ne surestimez jamais le sens de l’humour des idiots pour comprendre vos blagues !

Regardez bien vos matsots à Pessah. Et l’an prochain à Jérusalem  mes ami(e)s !

Hag Pesah Sameah,

Quelques extraits

Le discours au Parlement

« Qui, depuis la funeste année 1914, a entassé milliards sur milliards ? Les Juifs ! Qui contrôle l’énorme circulation monétaire, qui siège aux postes clés dans les grandes banques, qui se trouve à la tête de la quasi-totalité des industries ? Les Juifs ! Qui possède nos théâtres ? Les Juifs ! Qui écrit les pièces qu’on y monte ? Les Juifs ! Qui roule en automobile, qui fait la noce dans les boîtes de nuit, qui remplit les cafés, les restaurants chics, qui se pare et pare ses femmes de joyaux et de perles ? Les Juifs !

Mesdames et messieurs ! J’ai dit que je tenais le Juif, considéré en soi et objectivement, pour un individu estimable, et je le maintiens. Mais le hanneton doré, avec ses ailes étincelantes, n’est-il pas lui aussi une créature belle et estimable, et n’est-il pas malgré tout exterminé par le jardinier consciencieux, parce que la rose lui est plus chère que le hanneton ? Le tigre n’est-il pas un animal magnifique, plein de force, de courage et d’intelligence ? Et n’est-il pas cependant chassé et traqué parce que la lutte pour la vie l’exige ? C’est de ce point de vue et de lui seul que nous devons considérer la question juive.

C’est nous ou bien les Juifs !

De deux choses l’une : ou bien les neuf dixièmes de la population, que nous sommes, courent à leur perte, ou bien les Juifs doivent disparaître ! Et comme c’est tout de même nous en fin de compte qui avons actuellement le pouvoir en main, nous serions fous, non, nous serions criminels vis-à-vis de nous-mêmes et de nos enfants si nous ne faisions pas usage de ce pouvoir et ne souhaitions pas chasser cette petite minorité qui nous anéantit. Il n’y a pas place ici pour les slogans et les grands mots tels qu’Humanité, Justice, Tolérance. Il y va de notre existence ! »

Pour ceux qui sont dans le textile…

M. Zwickler faisait partie des nombreux petits commerçants qui, grâce à la loi antijuive, avaient fait une ascension fulgurante. Avec l’aide de la Banque des Régions, qui s’était découverte chrétienne depuis toujours, il avait pu, lui le petit marchand minable, acquérir le grand magasin de la Mariahilferstrasse, et les premiers six mois n’avaient été qu’un pur enchantement. Quand M. Zwickler se tenait sur la galerie du grand magasin et regardait la foule qui grouillait au-dessous de lui, il se prenait pour un petit roi et le cliquetis de la caisse enregistreuse, le crissement de la soie et le brouhaha des voix le grisaient pour de bon. Chaque soir, au dîner, il vidait son verre de vin à la santé de Schwertfeger et répétait régulièrement à sa femme, qui désormais ne faisait plus la cuisine qu’en gants de chevreau :

« C’est là qu’on se rend le mieux compte, la vieille, à quel point les Juifs nous ont sucés ! C’étaient eux qui possédaient les grands commerces et nous les chrétiens, nous pouvions toujours trimer et crever de faim dans nos boutiques obscures. Grâce à Dieu, c’est terminé ! »

Mais déjà le premier bilan semestriel avait apporté à M. Zwickler une rude déconvenue. Malgré l’énorme volume des ventes et la foule qui remplissait le magasin, il n’était pas question de profit ; chaque fois qu’on avait acheté à l’étranger, on avait d’une façon ou d’une autre raté son coup. Eh bien souvent M. Zwickler s’était dit à lui-même : « Un Juif compétent, voilà ce qu’il me faudrait, pour me donner des conseils ! »

Les petites pépées

Quand on demandait à Poldi ou à Tini d’où lui venait cette prédilection pour les petits amis juifs, on recevait toujours la même réponse :

« Un Juif est toujours généreux, et quand il épouse une chrétienne il la traite comme une reine. Et puis les Juifs ne se saoulent pas. Je suis sortie autrefois avec un chrétien et je passais tous mes dimanches dans l’angoisse qu’il prenne à nouveau une cuite et fasse du scandale. Maintenant que j’ai un ami juif, nous allons toujours dans des endroits chics, il ne boit presque pas, il est intelligent, il a plein de choses intéressantes à raconter et il ne se montre jamais grossier. »

Et quand les petites pépées se retrouvaient entre elles et qu’elles étaient amies intimes, quand elles se racontaient leurs expériences et leurs aventures amoureuses, elles parlaient aussi de la sensualité des Juifs et de la diversité de leurs goûts érotiques, contrairement à leurs amis aryens, de bons chrétiens et de braves garçons, sans doute, mais infiniment moins rigolos…

Il est possible et même vraisemblable que dans la population masculine de Vienne l’antisémitisme soit devenu si virulent, si fanatique au fil des décennies, parce que le petit gars à croix gammée voyait, sans pouvoir s’y opposer, la concurrence juive lui souffler les jolies filles sous le nez !

Mais tout cela avait bien changé désormais, cette concurrence juive n’existait plus et les petites Viennoises en étaient réduites à se rabattre sur leurs compagnons de race. Ce qu’on ne pouvait en revanche ni empêcher, ni interdire, c’étaient les comparaisons et les souvenirs.

Art Brut, les chiffres de l’âme, à la Galerie Borgnis

Vous n’avez pas été à l’exposition MAGIC NUMBER organisée par la Galerie de mon ami Arthur Borgnis ? Alors foncez ce dimanche après-midi 6 rue Elzévir dans le 3ème. Les vies et les œuvres des fous géniaux qu’il expose ne font qu’un. Après les avoir vues vous regarderez d’autres œuvres d’art et peut être vous-même autrement.

Georges WIDENER

Drink Fast

George Widener naît en 1962 à Covington, Kentucky — un endroit qui, à première vue, ne laissait pas présager qu’on y fabriquerait un jour un homme capable de dialoguer avec les chiffres comme d’autres avec des amis imaginaires. Très tôt, la vie lui fait comprendre qu’elle n’est pas un long fleuve tranquille : son père disparaît alors qu’il n’a que neuf ans, et sa mère, emportée par ses démons liquides, est internée. Le décor est planté — plutôt Dickens que Disney.

Note en bas de page sur l’art et de l’Art brut en particulier

Dimanche, après voter, et avant qu’elle ne ferme, précipitez vous pour visiter l’exposition d’art brut organisée par la galerie Arthur Borgnis jusqu’à ce dimanche après-midi. Le thème en est les chiffres dans l’art brut et je vous présenterai quelques œuvre dans le prochain post.

Esther, Reine des marranes

Le livre d’Esther est le seul livre où le nom d’Achem n’apparaît pas. Pourquoi ?


La figure d’Esther occupe une place unique dans la pensée juive. Plus que toute autre héroïne biblique, elle est associée au thème du caché, au point que les sages du Talmud ont vu dans son nom même une allusion à la dissimulation de la présence divine.

À travers Esther, la tradition juive exprime une conception particulière de la providence : Dieu agit dans l’histoire sans se montrer, surtout dans les périodes d’exil.

La fête de Pourim devient ainsi la célébration d’un miracle invisible. D’un miracle humain.

Les pervers peuvent toujours se cacher, s’enterrer,  D.ieu, lui, dévoile leurs coups tordus en pleine lumière. Suivez mon regard… ou plutôt écoutons ce que nous dit la Meguila.

« Éternel, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera Ta louange »

Voyage éclair au Paradis, avec Cyrille Putman

Hier j’ai revu Cyrille Putman. On s’était perdus de vue il y a 20 ans. Inchangé. Comme toujours avec les amis la conversation a repris comme si on s’était vus la veille.

Il vient d’écrire un très bon livre tordant ! à lire immédiatement :

La sexualité selon la « Lettre sur la Sainteté » (Kabbale – XIII ème siècle)

La fiancée juive, Rembrandt

La Lettre sur la sainteté (Iggeret ha-Qodesh), un texte kabbalistique du XIIIᵉ siècle, écrit en Espagne entre 1290 et 1310, en 6 chapitres, sous la forme d’une épître adressée à un ami, traite des relations sexuelles et de la procréation.

Comment Dieu se dévoile en se voilant dans la Kabbale

En ce chabbat de la hiloula de Baba Salé (zatsal). Rabbi Israël Abehassera ou Abouhatsera (hébreu : ישראל אבוחצירא), plus connu sous le titre de Sidna Ribbi Baba Salé (hébreu : באבא סאלי, arabe : بابا صلى)

Baba Salé ne le 26 septembre 1889, Rissani, Maroc –
Date de décès : 8 janvier 1984 Netivot,  Israel

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Dans la Kabbale, Dieu ne crée pas en apparaissant, mais en se retirant. Il ne règne pas par la force de l’évidence, mais par la fragilité du caché. La création est le lieu d’un paradoxe vivant : Dieu est d’autant plus présent qu’il accepte de ne pas l’être pleinement.
Le processus de création est donc un drame sacré : Dieu s’exile de lui-même pour que l’homme puisse exister, aimer, réparer et, à son tour, révéler en respectant le voile. C’est dans cet entre-deux — ni présence écrasante, ni absence totale — que se joue l’aventure spirituelle de l’humanité.

Sergio della Pergola commente « La Fin des juifs de France ?  » dans Contemporary Jewry

Pour ceux qui s’inquiètent de la démographie juive alarmante et des dangers auxquels est exposée la communauté juive en France comme nous l’avons montré dans « La fin des juifs de France? ». Des conclusions que certains ont immédiatement qualifiées d’ « alarmistes », quand d’autres ont tout simplement dénoncé un livre « indigent »… le mieux est probablement de lire cette recension publiée dans une des revues les plus respectées du monde juif, Contemporary Jewry.