Didier Long sur Bibliothèque Médicis vendredi soir (et en replay!)


Je passerai sur Bibliothèque Médicis (Public Sénat) ce vendredi soir 22h (et en replay !). On y parle de monastère, des marranes et juifs de Corse, de la vie du Rabbin Haïm Harboun, Le rabbin aux mille vies, et… de la Révolution numérique.

Autres invités avant : Sylvain Fort conseiller et plume d’Emmanuel Macron qui a écrit  Saint-Exupéry Paraclet, et Maurice Olender, éditeur et écrivain.

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Catégories :spiritualité, Témoignage

Rav Haïm Amsalem : « C’est notre devoir de juifs de ramener les zera Israël (semences d’Israël) à la maison »

25 juin 2017 1 commentaire

Grâce au Rav Haïm Harboun, j’ai reçu ce matin à la maison et à déjeuner le Rav Haïm Amsalem de passage de Jérusalem.

Didier Long Rav Amsalem

Rav Haïm Amsalem, érudit et homme politique

.Ancien membre de la Knesset et du parti Shas. élu à la Knesset en 2006 pui 2009, il a rompu avec le Shas et a fondé son propre parti : Am Shalem.

D’un point de vue religieux, diplômé du «Kisseh Rahamim» Yeshiva il a été ordonné rabbin en 1980 et a été Rosh Yeshiva pendant 7 ans. Il a le plus haut diplôme reconnu de Dayan par la Rabbanoute.

En 1990, il a obtenu la certification en tant que représentant juridique rabbinique (« to’en rabbani »), et en 1993, il a été ordonné Rabbi de la ville par le Rabbin en chef d’Israël Rabbi Ovadia Yosef.  Rabbin du Sharsheret Moshav pendant sept ans. Il a également servi comme rabbin de quartier à Netivot, et roch Yeshiva de « Ohalei Yaakov ve Tifereth Israël » et en tant que chef du kollel « Baba Sali » dans la ville. Ensuite il a établit le «Shirei David» Kollel au nom de son père dans le quartier Har Nof à Jérusalem puis été nommé rabbin de la communauté juive sépharade, « Heichal Haness » à Genève , en Suisse.

Père de 8 enfants et de 16 petits enfants le Rav Haïm Amselem a désormais fait des zera Israël le combat de sa vie. Il s’est fait leur avocat.

Zera Israël

Sur 985 000 juifs russes émigrés en Israël, environ un tiers, 300 000, ne sont pas halakhiquement juifs (11,2% sont de père juif, 5,5% ont un grand-père juif, 8,7% sont des couples dans lequel un des partenaires n’est pas juif et 2,6% sont des enfants de couples ou l’un des partenaires n’est pas juif), ils ne sont donc pas reconnus comme tel même s’ils font l’armée, jeûnent pour Yom Kippour, mangent des azymes à Pessah, récitent la prière du Quiddouch, allument les bougies à Chabbat, et risquent leur vie pour protéger la terre d’Israël… ces gens génèrent chaque année 4 à 5000 enfants aussi considérés comme non-juifs d’après la «halakha »

Avec courage, le Rav Haïm Amsalem s’est fait leur avocat. Il utilise pour cela un concept juif sur lequel il a travaillé pendant plusieurs années (il a écrit de nombreux livres en hébreu), celui de Zera Israël (semence d’Israël).

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Selon nos sages médiévaux cette désignation signifie que, bien que ces personnes ne soient pas juives, elles incarnent « la sainteté d’Israël ». Maître de la Halakha, le Rav Haïm Amsalem démontre ce concept dans notre tradition.

Rabbi Salomon ben Simon Duran (1400-1467) Dayan d’Alger a déclaré que « c’est une grande Mitsvah que de ramener ces personnes à notre peuple »

Rabbi Tzadok Hacohen Rabinowitz de Lublin au XIXe siècle en Pologne, explique qu’Isaïe a parlé des zera Yisrael quand il a décrit les «personnes perdues» qui rejoindraient le peuple juif lors de la techouva à notre retour dans notre patrie.

kalisher_largeDans un responsa le Rav Tsvi Kalisher dit que les zerah Israël sont zerah kadosh. Il dit que l’enfant né de père juif et de mère non juive qui manifeste le désir sincère de se convertir doit être encouragé à le faire. Il dit bien sûr qu’une telle conversion n’est que louable si elle est sincère et sans intérêt (ex mariage avec un juif). Et il va jusqu’à considérer cet encouragement comme une mitzva de la Torah inspirée du Sefer Ezra  :

ב כִּי-נָשְׂאוּ מִבְּנֹתֵיהֶם, לָהֶם וְלִבְנֵיהֶם, וְהִתְעָרְבוּ זֶרַע הַקֹּדֶשׁ, בְּעַמֵּי הָאֲרָצוֹת; וְיַד הַשָּׂרִים וְהַסְּגָנִים, הָיְתָה בַּמַּעַל הַזֶּה–רִאשׁוֹנָה.  {ס}  car ils ont pris parmi leurs filles des femmes pour eux-mêmes et pour leurs fils, et ainsi ceux de la race sainte se sont mélangés avec les peuplades de ces pays; les seigneurs et les chefs ont été les premiers à prêter la main à cette félonie. » (Esdras 9, 2)

benzionuzielEnfin le Halakhiste le plus audacieux pour appliquer ce concept était l’Ancien Rabbi en chef des sépharades de l’État d’Israël Rav Ben Zion Meir Hai Uziel (שו »ת משפטי עוזיאל, כרך ב יו »ד סי ‘נב) zal.(1880-1953)

Le Rav Uziel était profondément préoccupé par le sort des enfants nés d’un père juif et d’une mère non-juive- qui, bien qu’ils soient des Zera Yisrael, ne sont en fait pas halakhiquement juifs. Les enfants élevés dans de tels mariages risquent d’être perdus pour le peuple juif. Ainsi, il est obligatoire pour les rabbins de convertir la mère selon lui afin de garder les enfants dans le peuple juif. Le rabbin Uziel a noté:

«Et je crains que si nous les éloignons complètement en n’acceptant pas leurs parents pour la conversion, nous serons amenés au jugement et ils nous diront:  » Vous n’avez pas ramené ceux qui ont été conduits loin, et ceux qui étaient perdus, tu ne les as pas cherché ». (Ez 34, 4). »

Le Rav Amsalem cite ce passouq en appui de son action.

 » Les brebis infirmes, vous ne les souteniez pas; vous n’avez point soigné la malade ni pansé celle qui avait une fracture; celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée. C’est avec violence que vous les régentiez et avec dureté.«  (Ez 34, 4)

אֶת-הַנַּחְלוֹת לֹא חִזַּקְתֶּם וְאֶת-הַחוֹלָה לֹא-רִפֵּאתֶם, וְלַנִּשְׁבֶּרֶת לֹא חֲבַשְׁתֶּם, וְאֶת-הַנִּדַּחַת לֹא הֲשֵׁבֹתֶם, וְאֶת-הָאֹבֶדֶת לֹא בִקַּשְׁתֶּם; וּבְחָזְקָה רְדִיתֶם אֹתָם, וּבְפָרֶךְ

 

« celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée » ? En pareilles circonstances, ne pourrait-on pas reprocher à l’intransigeant de n’avoir pas tenté de ramener l’éloigné vers la possibilité de se sanctifier ? Et surtout par sa dureté de rejeter d’Israël des zerah kadosh.

Qui sont ces anoussim qui reviennent. Ces millions de Conversos d’Espagne et du Portugal ? Ce sont ces ossements désséchés d’Ezechiel 37 que D-ieu peut faire revivre dit le Rav Amsalem :

« Il me dit  »fais appel à l’esprit, fais appel, fils de l’homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu’ils revivent’. Et je prophétisai, comme il me l’avait ordonné; et l’esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! ». Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël. » (Ez 37, 9-13)

Cette position est orthodoxe et n’a rien de « libéral »… faut-il le préciser… ? (voir exemple de responsa sur ce sujet dans le monde séfarade ci-après).

Des millions de nechamot (âmes juives) endormies dans le monde entier ?

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La Rav Amsalem aide des communautés de marranes qui reviennent à la Torah en Espagne, au Brésil, en Italie dans les grandes îles de la Méditerranée comme Majorque et j’espère bientôt en Corse.

Regardez ce groupe au Brésil, c’est très impressionnant. Eh bien seulement huit de ces personnes de cette grande communauté ont passé le stade de la brit et du mikvé. Ils connaissent tout par coeur de la tefilah au Chema :

Grâce à Internet « Rabbi Google » comme il dit, des millions d’anousim se reconnectent avec leur neshama. Ce sont les zerah Israël (de la semence d’Israël); Il est du devoir de tout juif de les accueillir et les aider dans leur retour (techouva). C’est une mitsva importante connue de la Halakha des sefardim.

Grand honneur à son action !

Mon message aux bnei annoussim qui lisent ces lignes est simple : ne perdez pas courage votre délivrance approche. Mon affection. Meïr.

Le processus de conversion selon la Halakha juive 

Le Rav Amsellem m’a commenté de mémoire puis le texte du Traité Yébamoth 47b à propos des conversions. Il a commenté ces points centraux pour le Judaïsme depuis 5 millénaires  :

La pleine conscience de ce à quoi la personne s’engage librement et de manière désintéressée:

Le candidat au Guyour ne doit pas être convaincu, ou dissuadé trop fermement. R. Eleazar a déclaré: Quelle est la preuve scripturaire? – Il est écrit, Et quand elle vit qu’elle était fermement décidée à aller avec elle, elle ne lui parlait pas (Ruth 1, 18)« Actuellement, elle a vu qu’elle était fermement consciente, etc. (Ruth) « Il nous est interdit », elle [Noémie] lui a dit, [à Ruth]  « de se déplacer le jour du chabbat au – delà des frontières du chabbat »! [2000 coudées en ville]   – « Où tu iras » [l’autre a répondu] « J’irai ». (Ruth 1, 16)  »

«Nous sommes interdits de rencontre privée entre homme et femme»!  :  ‘Où tu iras j’irai »
On nous a commandé six cent treize commandements! – «Ton peuple sera mon peuple».
«Nous sommes interdits d’idolâtries»! – ‘Et ton dieu, sera mon Dieu’.
«Quatre modes de peine de mort ont été confiées à Beth Din!  : « Où dites-vous, je vais mourir ».
«Deux cimetières  ont été mis à la disposition du Beth din ‘! : « Et je serai enterré ».   Alors, elle a compris qu’elle était fermement consciente, etc.

(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction de retarder une circoncision après l’engagement oral de la personne suite au dialogue avec le Beit Din.

«S’il l’a accepté, il est circoncis immédiatement ». Quelle est la raison? – L’exécution d’un commandement ne doit en aucun cas être retardée.(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction formelle de ne pas envoyer un criconcis au Mikvé après la brit :

«Dès qu’il est guéri [cicatrisé], des arrangements sont faits pour son ablution immédiate [mikvé]».(TB Yebamoth 47b)

La présence de 3 témoins

«Quand deux savants doivent rester à côté de lui». R. R. Hiyya n’a-t-il pas, au nom de R. Johanan, que la ércéption d’un prosélyte exige la présence de trois? – Mais certainement. R. Johanan a déclaré au tanna: « Lis trois » (TB Yebamoth 47b)

L’irréversibilité de la conversion :

«Quand il revient après son ablution, il est réputé être un Israélite à tous égards». Et s’il ne pratique pas ?  Dans le cas où il se rétractait et se fiancerait avec la fille d’un Israélite, il serait considéré comme un Israélite non respectueux de la Torah mais ses fiançailles sont valides.(TB Yebamoth 47b)

Il m’a expliqué l’interdiction pour un beit Din  de casser la décision d’un autre beit Din ou de la déclarer non valide.

En réalité le guer que la Torah commande d’aimer est très protégé par la Halakha et les humiliations gratuites ne sont pas autorisée.

Une décision du Rav Yossef Messas (zal)

Voici un document qui prouve ce que dis le Rav Amsellem dans le monde séfarade. La traduction est de Shifra Cervioni adaptée par moi-même.

Yossef MessasCe texte est du Rav Yossef Messas (zal), (1891-1974) un grand parmi parmi les plus grands décisionnaires. D’une grande lignée de Meknès, il est rabbin à Tlemcen en Algérie en 1924 jusqu’en 1940, et revient alors à Mekhnès comme dayan (juge rabbinique) de la ville. En 1964, il est choisi comme Grand Rabbin séfarade de la ville de Haïfa, jusqu’à sa mort en 1974. Auteur de nombreux ouvrages de Halakha, d’un commentaire de la Haggadah de Pessah, de recueils de poésies et de récits sur la vie juive au Mellah. Il écrit ceci :

גישתם וחכמתם של רבני צפון אפריקה

חֶרֶב בָּאָה לָעוֹלָם עַל עִנּוּי הַדִּין, וְעַל עִוּוּת הַדִּין, וְעַל הַמּוֹרִים בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא כַהֲלָכָה. מסכת אבות פרק ה משנה ח

דברים מאלפים מהגאון רבינו יוסף משאש זצ »ל (מגדולי הפוסקים, רבה הראשי של חיפה לפני כארבעה עשורים, ומלפנים רב הערים תלמסאן שבאלג’יר ומקנס שבמרוקו) בסוגיית הגיור:

« דבר זה, לגייר כל הבא להתגייר, פשוט הוא בכל מקום, בכל ערי המערב ובכל ערי אלג’יריאן וטוניס, מכמה טעמים והם:

…כמה פעמים אירע שהאישה לא נתגיירה מפני שדחה אותה רב העיר ולא רצה לגיירה, ונסעה לעיר אחרת היא ובעלה וקבעו שם דירתם בחזקת ששניהם יהודים, והולידו בנים ובנות, והבנות היו לאנשים יהודים והולידו גם הם בנים ובנות, ואחר כחמישים שנה נודעה החטאת שהסבתא לא נתגיירה, שאז כל צאצאיה נוכריות הנה, והיו מהומות רבות מזה… ויש מהם שהצאצאים נתגיירו אחר עמל רב ותלאה עצומה, ויש שלא רצו להתגייר ונסעו למרחקים ונטמעו. ומי אשם בכל זה? הרבנים המתחסדים, שאינם חכמים לראות את הנולד ואת תוצאות הזמן.

ובכן מאחר שדבר זה מביא בכנפיו סכנת נפשות, גם הרבה תועליות לקיום המצוות, ומניעת הרבה איסורים, ושלום ושקט לכמה משפחות ומניעת טמיעה לישראל באומות, ואין בדבר אלא איסור דרבנן ולכתחילה, וגם ראינו כמה וכמה גרים שלא לשמן, באו לשמן והיו גרי צדק באמת וישר, בכן מצווה רבה תחשב להקל בדבר, וכל גרות יעשה בדעת, וישקול בפלס מעשיו לראות את הנולד, ויעשה ויצליח בס »ד ».

L’attitude et la sagesse des rabbins en Afrique de Nord concernant la Conversion
par le Rav Yossef Messas, zatsal

Une épée est tombée dans le monde à cause de la procrastination (littéralement. « tortures » ) des jugements (dinim), et sur les entorses à la justice, et sur les décisionnaires de la Thora qui ne décident selon la Halakha. (Massekhet Avot, chapitre 5, mishna 8)

Paroles édifiantes du Gaon notre rabbin Yossef Messas (zal). :

 » Au sujet de conversion vers le judaïsme, cette affaire, convertir tous ceux qui veulent se convertir, et tout simplement partout, dans toutes les villes occidentales et dans toutes les villes d’Algérie et de Tunisie. Et ce pour plusieurs raisons : Combien de fois il est arrivé qu’une femme ne s’est pas convertie par ce qu’elle a été repoussée par le rabbin de la ville qui a refusé de la convertir. Elle est partie avec son mari vivre dans une autre ville. Ils se sont installés là-bas et ont vécu comme des juifs et ont eu des fils et des filles. Les filles se sont mariées et à leur tour ont eu des fils et des filles. 50 ans plus tard il s ‘est avéré que la grande mère n’était pas juive et ne s’était pas convertie au judaïsme. Donc, toutes ses descendantes (filles) ne sont pas juives. Le scandale a été énorme à cause de ça…. certains de ses descendants (es) se sont convertis (ies) après des efforts et tribulations considérables. Et d’autres n’ont pas voulu se convertir et sont partis très loin et se sont assimilés.

Qui est coupable de tout ça ?

Les rabbins qui jouent les charitables (feignent la piété, il y a ici un jeu des mots, pour dire qu’ils sont le contraire, des faux hassidim) qui ne sont pas assez intelligents pour prévoir l’avenir et les résultats  arriveront en leur temps . Et voilà que cela porte sur ses ailes un danger mortel [pour Israël].

Il faut penser à l’utilité de faire les mitzvot et éviter trop d’interdictions, pour qu’il y ait la paix et la sérénité dans les familles et éviter qu’Israël ne s’assimile aux autres nations.

Ceci n’est qu’une interdiction des rabbins.  Nous avons déjà vu plusieurs guerim (des convertis), qui se sont convertis pour des convenances, et par la suite sont devenus des vrais et honorables juifs, qu’on a appelés gerey tzedeq גרי צדק. La mitzva est de faciliter les conversions et chaque fois de le faire après mûres réflexions, et mesurer sur la balance (peles = niveau d’eau, outil pour voir si le mur est droit). Il faut envisager l’avenir.

Faire et réussir, grâce à Dieu. « 

Catégories :Halakha, Marranes, Sources juives

« Place-moi comme un sceau sur ton cœur, … l’amour est fort comme la mort » (Chir a Chirim 8)


Un des plus beaux poèmes de la Bible le Cantiques des Cantiques (Chir a Chirim, le « chant des chants ») au chapitre 8. C’est tout ce que je vous souhaite !

ו שִׂימֵנִי כַחוֹתָם עַל-לִבֶּךָ, כַּחוֹתָם עַל-זְרוֹעֶךָ–כִּי-עַזָּה כַמָּוֶת אַהֲבָה, קָשָׁה כִשְׁאוֹל קִנְאָה:  רְשָׁפֶיהָ–רִשְׁפֵּי, אֵשׁ שַׁלְהֶבֶתְיָה.

6 Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras, car l’amour est fort comme la mort, la passion terrible comme le Cheol; ses traits sont des traits de feu, une flamme divine.

ז מַיִם רַבִּים, לֹא יוּכְלוּ לְכַבּוֹת אֶת-הָאַהֲבָה, וּנְהָרוֹת, לֹא יִשְׁטְפוּהָ; אִם-יִתֵּן אִישׁ אֶת-כָּל-הוֹן בֵּיתוֹ, בָּאַהֲבָה–בּוֹז, יָבוּזוּ לוֹ.  {ס}

7 Des torrents d’eau ne peuvent éteindre l’amour, des fleuves ne sauraient le noyer. Quand un homme donnerait toute la fortune de sa maison pour acheter l’amour, il ne recueillerait que dédain.

Simani Rakhoutam al libeira, Rakhoutam al zéroeikha

Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras

Ki aza Ramanet aava

car l’amour est fort comme la mort

***

Kacha RiCheol  kinéa rechaféa

la passion terrible comme le Cheol

Richépei ech Chalvétéïa

ses traits sont des traits de feu, une flamme divine (Ya)

***

Maïm Rabim, lo iokhlou lekhabot et aaava

Des torrents d’eau (les grandes eaux) ne peuvent éteindre l’amour

Ounearot lo ichtefoua

des fleuves ne sauraient le noyer

Im iten ich et kol on beito baava

Quand un homme donnerait toute la fortune de sa maison pour acheter l’amour

boz Iavouzou lo

il ne recueillerait que dédain

Catégories :Art

Berlin – Grunewald, GLEIS 17


(Photos d’Olivier Long)

BERLIN – GRUNEWALD

A l’ouest de Berlin entre L’Olympia Stadion qui a accueilli les jeux olympiques nazis de 1936 et le Centre des Congrès où sont rassemblés plus de 2000 migrants des guerres du Moyen Orient curieusement nommé « Läger » (Camp) par les vigiles qui en gardent l’entrée on trouve une petite gare de banlieue nommée BERLIN GRUNEWALD.

UNBEKANNT

Cette charmante petite gare est peu fréquentée par la majorité des berlinois. Elle fait pourtant partie des six gares de banlieue qui ont desquels sont partis des trains quotidiens pour Riga, Theresienstadt, Auschwitz… et Unbekannt. Mot qui signifie en allemand « inconnu ».

Au début les convois sont des convois d’une trentaines de personnes, irréguliers. A la fin de la guerre les convois sont quotidiens et par milliers de personnes.

RAILS VERS NULLE PART

Alors que les autres voies permettent au berlinois de rejoindre le centre de Berlin d’un coté et son Jardin Zoologique… de l’autre côté le Terminus de la voie est la gare de la station balnéaire Wannsee (Là où se déroula la conférence qui décida de la Solution finale).

Mais Gleis 17, quai 17, le quai est silencieux. Les rails sont cassés, les arbres envahissent la voie. On monte les marches d’un quai dont on comprend qu’il ne mène nulle part.

 

Au sol devant les maisons d’où sont partis les juifs on trouve un petit mémorial en laiton.

Mais Israël n’oublie pas ce que nous répétons à Pessah :

A pas aveugles de par le monde

Ces lignes de Leib Rochman dans A pas aveugles de par le monde me viennent à l’esprit :

« Seules demeuraient les ombres. On ne peut les gazer, et les balles ricochent contre elles : on les voit donc déambuler en rasant les murs ou les trottoirs. Des gens marchent sur elles, mais elles glissent sous leurs pieds et continuent leur route. On ne peut les saisir. »

S. le narrateur  dans une sorte de rêve éveillé après guerre perçoit tous ces morts qui reviennent et le supplient, le happent, ne veulent pas être oubliés, revenus des « Plaines » (c’est ainsi qu’il appelle les camps de concentration) redoutés des vivants qui ont peur de leur retour et veulent les oublier.

« Il s’arracha, arracha sa tête des bras invisibles qui l’enlaçaient. Debout il les dominait.
Un murmure se répandit : ‘‘Il s’en va.’’ »

Il médite sur son monde englouti en à peine cinq ans.

«  Et toutes ces générations d’hommes qui s’étaient unis à leur femmes ? Où était la semence qu’ils avaient plantée dans le corps de leurs épouses ? Cette semence était perdue, elle n’avait abouti nulle part. Des enfants morts d’avance dans le ventre des mères brûlées. »

Suite  ici

Catégories :Holocauste

176 : le chiffre du bonheur dans la Torah


Qu’est-ce qu’une vie réussie ? C’est ce que nous le raconte la paracha de Nasso

La Paracha de Nasso est la plus longue avec 176 verset s ont remarqués nos Sages. Et ils ont aussi remarqué que le plus long des Tehilim, le Psaume 119, possède lui aussi 176 versets. D’autre part, nos Hakhamim ont remarqué que le traité le plus long du Talmud Baba Batra (la « dernière porte »), qui s’intéresse aux questions liées à la responsabilité individuelle et aux droits des détenteurs de propriétés possédait lui aussi 176 dapim (pages). Alors les Hakhamim (les Sages d’Israël) se sont posé la question.  Pourquoi 176 et pas 175 ou 177 ?

Vous pouvez compter, le psaume alphabétique (ou acrostiche) 119 comporte les 22 lettres de l’alphabet hébraïque multipliées par 8 versets soit 176 versets. Le chiffre 8 représentant la perfection, celle de la circoncision au 8ème jour et du monde qui vient.

Ce psaume qui chante les louanges de la Torah commence par la lettre Aleph comme si celui qui obéissait était un enfant qui épelle les lettres de l’alphabet de l’existence devant Dieu :

Achrei témimei derekh aolékhim betorath adonaï

Heureux ceux dont la voie est intègre, qui suivent la Loi de l’Eternel !

Heureux ceux qui respectent ses statuts, le recherchent de tout leur cœur,

qui, se gardant bien de commettre aucune injustice, marchent dans ses voies (derekh)!

Tu as promulgué tes ordonnances (tsiouta – mitsvah), pour qu’on les observe (lichmor) strictement.

Ah! puissent mes pas être fermes, pour que j’observe (lichmor) tes préceptes!

Alors, je ne serai point déçu, en portant mes regards sur tous tes commandements (mitsvoteikha).

Je te rendrai grâce en toute droiture de cœur, en m’instruisant des règles de ta justice.

Tes statuts, je les observerai (eshmor): ne m’abandonne en aucun temps. »

Ce psaume commence par le mot Achrei, un mot crochet qui dans la Bible renvoie au joug de la Torah. C’est d’ailleurs le premier mot du premier verset des Théhilim, le Psaume 1, qui résume le « joug de la Torah » (le psaume 2 résumant le joug des Cieux et la venue du Machiah[1])

Achrei haish. Acher lo halaKh. Ba’atzat rechaim ouvdérékh ‘hataïm lo amad ouvmochav létsim lo iachav

Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs,

Ki im betorah adonaï efétso ouvtorato yégé iomam valayla

mais qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel, et médite cette Loi jour et nuit! »

Le Psaume 112, 1 nous confirme ce lien entre la plénitude du bonheur et le plaisir pris au respect des commandements :

« Alléluia ! Heureux l’homme qui craint l’Eternel, qui prend grand plaisir à ses commandements !

Puissante sera sa postérité sur la terre : la race des justes est bénie! » (Ps 112, 1-2)

8 fois 22 c’est donc un peu une plénitude de louanges. La méditation de la Torah permanente qui devient un chemin de vie, un derekh (chemin) ou l’on marche (halakh, marcher)… selon la Halakha justement, procure un bonheur serein et durable. Le psaume 84 reprend cette idée d’un bonheur familial et en chemin à la fois.

« Heureux ceux qui habitent dans ta maison, et sans cesse récitent tes louanges! Sélah!

Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes! » (Ps 84, 1-2)

Le chemin du tsadik est donc un chemin de plénitude et de joie.

« Heureux le peuple connaissant les chants de victoire (terouah’ : la sonnerie du chofar), cheminant, Eternel, à la lumière de ta face ! »

Sans cesse ils sont en joie à cause de ton nom, et s’élèvent par ta justice. (Ps 119, 16)

Nous disons la prière du Achrei, un psaume alphabétique acrostiche (Ps 145) et des versets des psaumes ci-dessus cités trois fois par jour : deux fois à Chaarit, le matin, et une fois à Min’ha, l’après-midi. Cette halakha est tirée de l’enseignement de Eleazar ben Avina dans le Talmud qui rapporte :

« Rabbi Eléazar a rapporté cette affirmation de Avina [son père] : ‘‘ Quiconque dit : ‘Psaume de David…’ (Ps 145) trois fois par jour est assuré du monde futur’’ ; Quelle en est la raison ? Si nous disons ‘parce qu’il suit l’ordre alphabétique’ -on devrait dire: ‘Heureux ceux dont la voie est intègre…’(Ps 119) qui se présente avec de huit façons. Mais parcequ’il y a ‘Tu ouvres tes mains’ (v. 16) on devrait dire le grand Hallel où il est écrit ‘Il donne du pain à toute chair’ (Ps 136, 25) » (TB Berakhot 4b)

L’enfance de l’apprentissage spirituel et les lettres du bonheur

Le psaume 145, l’Achrei a le double mérite d’être alphabétique, il renvoie à l’enfance de l’apprentissage spirituel qui épèle les lettres du bonheur, et de rendre grâce à Celui qui accorde la subsistance. Le Talmud rapproche les versets du Achrei et du Grand Hallel qui remercient pour les nourritures terrestres « Tu ouvres ta main et rassasie tout être avec bienveillance » (Ps 145, 16) // « Il donne du pain à toute chair, sa bienveillance est éternelle » (Ps 136, 25) pour nous enseigner que la prise de conscience du lien entre la nourriture et la crainte de Dieu est une des clés du monde futur. Ce verset 16 est le verset final de la Birkat amazone, de nos fins de repas.

176

On retiendra que le chiffre des176 versets de cette paracha ou du psaume 119 multiplie les 22 lettres de l’Alphabet hébraïque par la plénitude du monde à venir (chiffre 8), comme si l’attitude de l’enfant qui étudie était une des clés du monde futur, comme si la vraie attitude spirituelle du tsadik était celle de celui qui ne sait pas et qui chaque matin dit : « aujourd’hui je commence ». Achrei le premier mot des tehilim et du monde qui vient.

Certains commentateurs ont remarqué que ce huitième jour du monde qui est aussi celui de la brit mila est celui du premier commandement de Dieu à Abraham lors de sa circoncision à l’âge de 99 ans : « Je suis le Dieu tout-puissant (Chaddaï); marche (ithalekh) devant ma face, sois irréprochable (tamim)» (Gn 17, 1). L’enlèvement de la Orla qui sépare l’homme de Dieu rend l’homme parfait, tamim, – un mot qui signifie « sans défaut » comme la bête offerte en sacrifice au Temple ; non pas irréprochable mais « sans obstacle » dans son alliance, sa relation, avec le Saint, Beni soit-il.

Achrei, Le Bonheur, le premier mot du premier monothéiste. C’est tout ce que nous souhaitons à la fille de Clara qui vient de naître.

[1] « Les grands de la terre se liguent entre eux contre l’Eternel et son Messie… celui qui règne dans les cieux s’en amuse et les tourne en dérision » (Ps 2)

Chavouot, Le paradoxe du Sinaï


Sinaï

Nous Sortons de Chavouot. Cette très vieille fête, l’une des trois fêtes agraires de pèlerinage où l’on montait au Temple. On y commémore le don de la Loi au Sinaï.

Comment un solennité aussi centrale que le Don de la Torah a pu être laissée à l’appréciation des quelques personnes ?

L’association du don de la Torah associé à Chavouot n’est pas toraïque. Des rabbins proposaient qu’elle avait été donnée le 6 Sivan tandis que Rabbi Yossé penchait pour le 7 on suivit l’avis de Rabbi Yossé selon lequel la Torah a été donnée le Chabbath 7 Sivan :

Nos rabbins ont enseigné: le sixième jour du mois [Siwan] furent les Dix Commandements donnés à Israël. R. Jose a maintenu: le septième de celui-ci. Raba dit: Tous conviennent qu’ils sont arrivés dans le désert du Sinaï le premier du mois. Il est écrit, ce jour-là, ils sont entrés dans le désert du Sinaï (Ex 19, 1),  tandis qu’ailleurs, il est écrit: Ce mois-ci sera pour vous le début des mois:  tout comme le premier du mois (Ex 12, 2),  le premier du mois [est signifié]. Encore une fois, tous conviennent que la Torah a été donnée à Israël le Chabbat. Il est écrit: rappelez-vous le jour du chabbat, pour le sanctifier tandis qu’il est écrit ailleurs, et Moïse a dit au peuple: rappelez-vous ce jour-là alors là aussi c’était le même jour.
Ils ne sont pas d’accord sur la fixation de la Nouvelle Lune. R. Jose soutient que la Nouvelle Lune a été fixée le premier jour de la semaine [dimanche], et ce jour-là [Moïse] ne leur a rien dit à cause de leur épuisement de la journée. Lundi, il leur a dit, et vous serez à moi un royaume de prêtres [TB Chabbath 86a].

Comment un solennité aussi centrale que le Don de la Torah a pu être laissée à l’appréciation des quelques personnes et que l’Eternel n’ait pas donné son avis ? La Torah « n’est plus aux cieux » et que la tradition orale la fixe désormais, tout comme la Nouvelle Lune, par délibération. Ce qui est un paradoxe; Comment ce qui est transcendant peut-il advenir dans dans l’immanence d’une discussion ?

La Torah a été donnée au Sinaï et ce moment fondateur est hors de l’histoire,  et ne même temps chacun de nous est contemporain du Sinaï…  « elle n’est plus au cieux » dit l’adage talmudique. Bref son Eternité n’est plus accessible à l’homme en dehors de l’épaisseur de l’interprétation de l’histoire et du débat humain. C’est en ce sens que la Torah donnée au Sinaï (Torah lemoché mi Sinaï) est à la fois hors de l’histoire (CF le Maharal dans l’Eternité d’Israël) et au cœur de l’histoire et du phénomène humain. Etrange paradoxe oriental.

Saadia Gaon, mémoire de nos pères

A Chavouot chez les Sefardim on récite le commentaire sur les Dix Commandements de Saadia Gaon (voir ci-dessous), traditionnellement en arabe la langue de ce texte, et traduit en français.

Né en Egypte en 882 (ou 92) et mort en Babylonie en 942, sous le califat abasside, le Rav Saadia Gaon, a été un des premiers à s’intéresser aux sciences profanes (bien que toute la guemara discute évidement son époque). Il sera le premier à écrire une œuvre immense en arabe. Défenseur du judaïsme rabbinique face au karaïsme il va tenter de présenter le judaïsme, ouvrant par la voie à la grande tradition séfarade qui va traduire les concepts de la philosophie grecque dans la culture de son époque.

C’est de cette confrontation du monde de la Torah et des sciences les plus avancées de leur temps (philosophie, astronomie, médecine, histoire…) que naîtront des systèmes de réflexion juives prodigieux et originaux qui vont éclairer leurs contemporains et nous qui les écoutons. Cet enseignement est Torah. Qu’on pense à Maïmonide au Moyen Age puis au Maharal de Prague à la Renaissance, à Emmanuel Levinas en notre temps. On peut dire que la puissance du judaïsme a été d’intégrer les cultures environnantes tout en montrant leur paganisme pour y retourner de manière plus humaine. En distanciant ce qui en est humain de l’inhumain. Bref en faisant un travail de sortie de idolâtrie.

Des « étrangers » sortis de l’esclavage d’Egypte sous la houlette de Moïse – appelés alors les guérim – vont devenir, en recevant le don de la Torah un « peuple saint » –goy kaddoch. Le prototype du juif, Ruth la moabite, dont on lit la Meguilah à Chavouot, est justement celle qui se défait de son étrangeté de goya. Et c’est de cette païenne que va naître Oved, père d’Ichaï, père de David d’où naîtra le Machiah.

C’est là le sens de ce commentaire du Keli Yakar (« Récipient précieux ») de Salomon Ephraim de Luntschitz (1550-Prague 1619) sur le 1er Commandement :

 » Pourquoi, demande-t-il, est-il écrit ‘‘Je suis l’Eternel, ton D.ieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte «  et non pas… ‘‘qui ai créé les cieux et la terre’’. C’est que le Créateur voulait souligner qu’Il ne s’est pas borné à créer le monde, mais que par la suite, Il continue éternellement à diriger l’histoire de l’humanité « .

Dieu dans l’histoire… alors qu’il est l’Eternel, donc préalable à tout temporalité. Ce paradoxe d’une pensée orientale qui sort de la logique rationnelle n’est résolvable en réalité que dans l’expérience qui est ob-éissance au commandement. Obéir c’est-à-dire « Ob-ouïr », écouter de… D-ieu est à accessible à l’oreille humaine mais « à perte de vue » disait un de mes maîtres.

Comme le montre le dans le Kouzari (I, 11-25), les meilleures preuves de la valeur éternelle de la Torah sont des preuves d’ordre historique car nous croyons à une histoire providentielle.

Comme dit le Deutéronome :

De fait, interroge donc les premiers âges, qui ont précédé le tien, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre, et d’un bout du ciel jusqu’à l’autre, demande si rien d’aussi grand est encore arrivé, ou si l’on a ouï chose pareille ! (Dt 13, 32)

Le juif est donc celui qui scrute l’histoire du monde et sa propre vie pour y déceler l’Evènement du Sinaï qui transcende l’histoire et à la fois l’habite. Etrange paradoxe.

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Maladie de Lyme : l’héritage moderne des initiatives nazie et japonaise de guerre biologique


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Erich-TraubIl y a trois ans mon épouse Marie-Pierre Samitier terminait un livre « Bourreaux et survivants, faut-il tout pardonner ? » qui interrogeait les rescapés des camps et constatait la parfaite réintégration des nazis dans le management et l’économie allemande après guerre.

C’est alors, en tant que journaliste spécialisé en santé qu’elle a commencé a travailler sur la maladie de Lyme. Elle a croisé à ce moment  la route d’un sinistre personnage.

Erich Traub

Erich Traub (1906-1985) était un vétérinaire et scientifique / virologue allemand spécialisé dans la fièvre aphteuse, la peste bovine et la maladie de Newcastle.

De 1938 à 1942, Traub était membre du National Socialist Motor Corps (NSKK), un corps motorisé nazi. Il travailla directement sous les ordres du Reichsführer-SS Heinrich Himmler qui  dirigeait directement à Dachau un laboratoire de guerre bactériologique sur la peste et le typhus et Traub qui dirigeait un autre laboratoire de guerre biologique nazi sur l’île de Riems sur la Baltique. Bien sûr, tous ces labos avaient un « double agenda » de santé publique et de guerre contre ou avec les bactéries.

Les nazis par liaisons sous marine, et les américains à Hawaï avant Pearl Harbour, avaient initialement récupéré le programmes d’infection par des tiques de l’Unité 731 (co-infection par des bactéries) en Mandchourie lors de la guerre sino-japonaise. Les japonais travaillaient alors sur des cobayes humains sous la direction du microbiologiste Shiro Ishii.

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Unité 731, Pingfang, Chine

Traub qui avait commencé à travailler pour les soviétiques a été exfiltré en juillet 1948 par les Britanniques de l’île de Riems en tant que «cible d’espionnage de priorité élevée». Il a amené aux États-Unis sous les auspices du programme Paperclip destiné à retourner les scientifiques nazis en échange de leur impunité tout en récupérant leur savoir pour lutter contre l’Union Soviétique en ce début de la guerre froide.

Traub a travaillé dans un laboratoire de « recherches vétérinaires » à Plum Island à l’est de new York.

De Plum Island à Old Lyme

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L’enquête montre que Traub a travaillé sur les tiques infectées dans le laboratoire de Plum Island une petite île à l’Est de New York après guerre.

Après avoir travaillé sur la recherche biologique pour la marine américaine de 1949 à 1953, Traub est retourné en Allemagne et a fondé une nouvelle branche de l’Institut Loeffler à Tübingen qu’il a dirigé de 1953 à 1963. En 1960, Traub, accusé de détournement de fonds a du démissionner de son poste de directeur de directeur de l’Université de Tübingen .

En même temps qu’une carrière officielle en Allemagne et en Amérique du sud de spécialiste de la fièvre aphteuse (qui contamine très rapidement des cheptels porcins)  il a continué de publier pour l’US Navy.

Malheureusement faute d’un confinement suffisant les tiques se sont retrouvées sur la rive en face dans la ville de Old Lyme (Connecticut) dans les années 70.  La tique utilisée comme vecteur (la Lone star tick à cause de l’étoile qu’elle porte sur le dos) n’existait pas dans cette région des Etats Unis à l’époque. Celle-ci provient du Texas.

Plum Island 2

Et la pandémie a progressé au fur et à mesure des années avec la migration des oiseaux vers la région des grands lacs.

Lyme disease

Source : https://www.cdc.gov/lyme/stats/maps.html

Les parents des premiers enfants atteints à Lyme ont été diagnostiqués pour de l’arthrose et reçus… par des agents de l’Epidemic Intelligence Service… créé en 1951 en pleine guerre de Corée pour prévenir les attaques bactériologiques.

La Borrélia Burgdoferri

La Borrélia Burgdorferi qui transmet la maladie de Lyme est un spirochète (bactérie en spirale) extrêmement difficile à combattre car elle prend autant de forme que de patients et a des symptômes tournants. Une fois qu’elle a franchi la barrière encéphalique elle touche le système nerveux central. On diagnostique généralement une dépression de l’arthrite ou une sclérose en plaque et souvent rien. Non soignée elle devient chronique et certains patients sont en HP ou en chaise roulante. Bienvenue en enfer.

La Borrélia touche de plus en plus de gens sans que de réelles mesures soient prises contre elle. Les tests (Elisa et Western Blot) sont inefficaces.

La plupart des écureuils de Corée de la forêt de Melun Sénart -Fontainebleau sont infectés par une dizaine à plusieurs centaines de ces tiques infectées.

Tamia

Il s’agit désormais d’une pandémie mondiale.

Des pionniers comme le docteur Richard Horowitz aux US ou le professeur Christian Perronne en France ont été les premiers à lancer l’alerte. Willy Burgdorfer est mort en 2014.

Tout cela est raconté en détail dans La mystérieuse Borrélia, de Marie-Pierre Samitier, publié chez Lemieux Editeur, 2017.

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Voir aussi :

 

 

 

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