HAG AHOUKA SAMEAH ! LA LUMIERE EN VOUS !


Hanouka-Meïr Long

Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL)


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Alors que commence ce soir Hanouka, la fête des Lumières, le Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL) est décédé mardi matin 12 décembre, à l’âge de 104 ans. Il était l’une des plus hautes sommités en Torah du monde non hassidique, le Rav de Bnei Brak.

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Cet homme immense était un humble. Il vivait au premier étage de cette  toute petite maison (la seconde sur la photo) comme me l’a montré mon ami Jérémie Berrebi (photos). Toute une leçon de vie sur ce qu’est être un « grand » !

Quelques versets du psaume 139 en son honneur :

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ח  אִם אֶסַּק שָׁמַיִם, שָׁם אָתָּה;    וְאַצִּיעָה שְּׁאוֹל הִנֶּךָּ. 8 Si j’escalade les cieux, Tu es là, si je fais du Cheol ma couche, Te voici !
ט  אֶשָּׂא כַנְפֵי-שָׁחַר;    אֶשְׁכְּנָה, בְּאַחֲרִית יָם. 9 Quand je m’élèverais sur les ailes de l’aurore, pour voler aux confins des mers,
י  גַּם-שָׁם, יָדְךָ תַנְחֵנִי;    וְתֹאחֲזֵנִי יְמִינֶךָ. 10 là aussi Ta main me guiderait, et Ta droite me saisirait.
יא  וָאֹמַר, אַךְ-חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי;    וְלַיְלָה, אוֹר בַּעֲדֵנִי. 11 Si je dis: « Que du moins les ténèbres m’enveloppent, que la lumière du jour se change en nuit pour moi ! »
יב  גַּם-חֹשֶׁךְ,    לֹא-יַחְשִׁיךְ מִמֶּךָּ:
וְלַיְלָה, כַּיּוֹם יָאִיר–    כַּחֲשֵׁיכָה, כָּאוֹרָה.
12 Les ténèbres pour Toi ne sont pas ténèbres , et la nuit comme le jour est lumière; l’obscurité est clarté pour Toi.
יג  כִּי-אַתָּה, קָנִיתָ כִלְיֹתָי;    תְּסֻכֵּנִי, בְּבֶטֶן אִמִּי. 13 Car c’est Toi qui as façonné mes reins, tu m’as pétri dés le sein de ma mère.
יד  אוֹדְךָ–    עַל כִּי נוֹרָאוֹת, נִפְלֵיתִי:
נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ;    וְנַפְשִׁי, יֹדַעַת מְאֹד.
14 Je te rends grâce de m’avoir si merveilleusement distingué; Tes œuvres sont prodigieuses, toute mon âme le sait.
טו  לֹא-נִכְחַד עָצְמִי,    מִמֶּךָּ:
אֲשֶׁר-עֻשֵּׂיתִי בַסֵּתֶר;    רֻקַּמְתִּי, בְּתַחְתִּיּוֹת אָרֶץ.
15 Mon être n’échappa point à Tes regards, quand je fus formé dans le mystère, artistement organisé aux profondeurs de la terre.
טז  גָּלְמִי, רָאוּ עֵינֶיךָ,    וְעַל-סִפְרְךָ, כֻּלָּם יִכָּתֵבוּ:
יָמִים יֻצָּרוּ;    ולא (וְלוֹ) אֶחָד בָּהֶם.
16 Tes yeux me voyaient, quand j’étais une masse informe (golem), et sur Ton livre tous mes jours étaient inscrits avant qu’un seul ne soit.

Voici son testament (à méditer)  :

  1.  Je demande instamment de ne pas prononcer d’éloge funèbre (Hesped) devant moi, de ne faire aucun rassemblement quelconque ou autre cérémonie allant dans ce sens.
  2. N’écrivez aucun article sur moi dans les journaux, hebdomadaires ou mensuels, ma photo suffira, pas comme on l’habitude de faire.
  3. Ne pas publier de publicités sur les funérailles, ne pas annoncer par haut-parleur ou à la radio, il suffit qu’il y ait dix personnes.
  4.  Si possible, pas d’intervalle trop long entre le moment de ma mort et l’enterrement, que l’enterrement puisse se faire si possible le plus vite après ma mort.
  5.  Je souhaite être enterré parmi les simples gens.
  6. N’écrire, sur la pierre tombale, rien d’autre que : « Ici est enterré Rav Aaron Yehuda Leib Ben Ha RavNoah Tsvi Steinmann »
  7. Cette pierre tombale sera la moins chère et la plus simple possible. Dommage de gaspiller de l’argent pour acheter une place dans le cimetière qui coûterait cher, mais celui qui voudrait donner de la Tsédaka (pas pour la pierre tombale) pourra le faire.
  8. En dehors des jours spéciaux où l’on a la coutume de le faire : semaine, mois et fin de l’année, éviter de perdre du temps à se rendre au cimetière et privilégier l’étude de la Torah ou s’empêcher de dire des paroles futiles.
  9. Si la recherche d’un endroit pour prier comme Hazan entraîne une diminution de l’étude de la Torah, il est bien plus important d’étudier pour le Nom de D.ieu.
  10.  Je demanderai à tous ceux qui veulent mon bien d’étudier chaque jour un chapitre de Michna jusqu’à la fin des 12 mois et les filles liront chaque jour dix Psaumes, y compris le Chabat et Yom Tov.
  11. Je demande de ne pas m’appeler par des qualificatifs tels que « Tsadik » ou « Craignant D.ieu » afin de ne pas être humilié à cause de cela dans le Monde de Vérité.
  12. Je demande pardon à tous ceux à qui j’ai fait du mal et à qui je dois de l’argent, on sait que d’après la Loi, cette personne pourra le réclamer devant un Tribunal rabbinique.

 

Vayechev : au bout de nos rêves


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Le violoncelliste, Marc Chagall

La paracha Vayéchev commence en disant :

« Voici l’histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix-sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. » (Gn 37, 2).

Pourquoi les toledot, les descendants de Jacob ces 12 fils de Jacob et Léa qui constitueront les 12 tribus d’Israël ne sont pas nommés mais seulement le fils de Rachel : Joseph ? Le nom de Jacob est intimement lié à celui de Joseph contrairement aux autres enfants. Parce que Joseph va reprendre l’héritage de Jacob.

Joseph : maassé Avot Siman Lévanim

On a le sentiment que toute l’histoire de Jacob se résume en Joseph. C’est donc, pour souligner le rôle particulier qui incombera à Joseph dans la mission patriarcale.

Le Zohar dit joliment :

« C’est après que Joseph s’unit à Jacob que sa race commença à porter des fruits ; le soleil était uni à la lune. C’est pourquoi la Torah dit : ‘‘Voici l’histoire de la descendance de Jacob : Joseph, etc.’‘ Parce que tous les fruits qu’avait porté cet arbre étaient dus à l’union de Jacob avec Joseph. Le fleuve céleste dont les eaux ne tarissent jamais, charrie les âmes, en ce bas monde. Mais le soleil seul ne suffit pas pour faire porter des fruits à la terre ; Il faut encore l’intervention du degré appelé le ‘‘ juste’’. Le soleil, même approché de la lune, ne saurait porter des fruits. Aussi fallait-il que Joseph, qui est du degré appelé ‘‘Juste ‘‘s’unit à Jacob pour que sa race porta des fruits » ( Zohar Vayéchèv.)

Pour expliquer pourquoi la généalogie de Jacob succède immédiatement à celle d’Esaü, le Midrach dit (entre autres !) :

« Dieu rassura le patriarche effrayé par toute cette liste des princes édomites s’étalant sur un chapitre entier (Cf. Gn 36) et lui promit qu’une seule étincelle à lui et une autre à son fils Joseph suffiront pour détruire toute cette grandeur illusoire. Comme il est écrit (Ovadia 1, 18) : ‘‘La maison de Jacob sera un brin de chaume : ils le brûleront, ils le dévoreront, et rien ne survivra de la maison d’Esaü – L’Eternel l’a dit » (Midrach Tanhouma Berechit Rabba)

Le sort de Jacob se trouve donc dès le début associé à Joseph : Jacob a travaillé sept ans supplémentaires chez Laban pour avoir Rachel pour épouse qui lui donnera le fils bien aimé qu’il attendait. L’un et l’autre furent voués à la haine de frères envieux qui les obligèrent à s’expatrier. (Midrach Rabba) Lire la suite de « Vayechev : au bout de nos rêves »

VAYICHLAH, LE COMBAT AVEC SOI-MEME


Le commentaire de la Paracha inspiré de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et de mon étude.

Combat de Jacob

Une leçon de psychologie moderne

À nouveau cette Paracha est un remarquable monument de psychologie. C’est la plus longue de l’année et on y trouve une immense série de noms. On sait que Jacob qui y devient Israël est le prototype de la figure du juif et d’Israël.

Cette sidra nous livre avec force détails la rencontre de Jacob avec Esaü. Jacon l’a perdu de vue depuis 36 ans : 20 années passées chez Laban, 14 à la yéchiva de Ever (Midrach) et deux années sur le chemin du retour. Jacob n’a pas oublié la violence structurelle de son frère, alors lui envoie des messagers pour calmer sa colère et lui prouver que les clauses de la bénédiction paternelle -source de la haine d’Esaü – ne se sont pas réalisées. La colère d’Esaü ne se justifie donc plus.

Mais Jacob qui fuit devant Ésaü a non seulement peur (Vayira Yaakov meod) mais, plus grave, il est angoissé (vayétser lo) nous dit la Paracha. (Gn 32, 8)

Pourquoi ce yétser ? Pour le Midrach c’est le manque de foi en Dieu qui conduit à la peur :

Pinhas ouvrit[1] [sa leçon] au nom de R. Réouven : ‘‘ Fie-toi au Seigneur de tout ton cœur ’’ (Prov 3, 5). Ils sont deux qui bien que le Saint béni-soit-Il les eût assuré de sons secours eurent peur ; l’élu des patriarches et l’élu des prophètes. L’élu des patriarches, Jacob ‘‘ Car le Seigneur s’est choisi Jacob, Israël, pour qu’il lui appartienne’’ (Ps 135, 4). Or le Saint béni-soit-Il lui dit : ‘‘Je suis toujours avec toi’’ (Gn 28, 15). Pourtant il eut peur : ‘‘ Le Seigneur dit à Moïse : Ne crains pas Og [le roi de Basan] car il est dans tes mains’’ (Nb 21, 34). S’il dit : Ne crains point c’est qu’il eut peur de lui. (Midrach Rabba sur Gn 32, 8)

Pourquoi ce yétser ? Parce qu’il se rappelle de la parole d’Esaü : veaarga et yaakov ari « Je tuerai Jacob mon frère ! ». Que reproche Ésaü le Jacob ? De lui avoir volé deux choses : son droit d’ainesse et la bénédiction de son père. Cette bénédiction ce n’est pas seulement une simple formule, la bénédiction dans le monde juif constitue l’héritage. Cette berakha est bekhora (droit d’aînesse et héritage). Pour un plat de lentilles Ésaü a perdu son droit d’ainesse et la bénédiction constituée d’une double part d’héritage pour l’ainé vis-à-vis du cadet. Esaü est cet l’homme qui vit dans l’instant, qui vend tous ses droits pour un plat de lentilles et qui comprend les conséquences de sa parole et de ses actes des années plus tard. Lire la suite de « VAYICHLAH, LE COMBAT AVEC SOI-MEME »

VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim »


Un commentaire librement inspiré de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et de mon étude.

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Marc Chagall, l’échelle de Jacob

Jacob est le prototype du juif en fuite et insécurisé comme nous l’avons été pendant des siècles, ce qui forme une partie de notre héritage psychique. Jacob c’est nous. Dans cette Paracha Jacob est en fuite car son frère Esaü veut le tuer. Au cours de son voyage vers Harran, à la frontière de la Syrie et de l’Irak, Jacob s’arrête et passe la nuit à Béthel.

Un soir

« Jacob sortit de Beer Chéva et se dirigea vers Haran. Il arriva dans un endroit où il établit son gîte, parce que le soleil était couché. » (Gn 28, 10-11)

Jacob quitte donc Béer-Chéva, pour se rendre à Haran sur les recommandations de ses parents. Tout en marchant, il constate que la nuit tombe et décide de dormir dans un lieu, où la Providence était présente. Pourquoi mentionner qu’il quitte Béér Chéva ? Il aurait suffi de dire que Jacob partait à Haran ? Rachi répond ;

C’est pour nous apprendre que le départ d’un juste fait impression dans l’endroit qu’il quitte. Aussi longtemps que le juste se trouve dans une ville, c’est lui qui en est la beauté, c’est lui qui en est l’éclat, c’est lui qui en est la majesté. Lorsqu’il la quitte, finie sa beauté, fini son éclat, finie sa majesté, comme dans : « elle sortit de l’endroit » (Ruth 1, 7) à propos de Noémie et Ruth (Beréchith rabba 68, 6).

Quel est ce Maqom, cet « endroit » ? Rachi à la suite de nos sages (TB Houlin 91b) nous révèle que ce n’est autre que le mont Moriah ; cet « endroit » qu’Abraham « vit de loi » (Gn 22, 4) et où Isaac le père de Jacob a bien failli perdre sa vie et qui sera bientôt le lieu du Temple. On comprend que cet endroit devienne un lieu où s’éveille la mémoire du rêve. Jacob comprendra la sainteté de ce lieu à son réveil, il est pris de peur et s’exclame : « Combien ce lieu est redoutable ! Ceci n’est autre que la maison de Dieu et la porte du ciel » (Gn 28, 17).

Le rôle du rêve

Si l’on en croit le Midrach, c’est la première fois que Jacob dort depuis… 14 ans :

« Ya’akov n’a dormi qu’en ce lieu, mais pendant les quatorze ans qu’il passa dans la maison d’étude de Chem et Ever il n’a jamais dormi » (Béréchith Rabah 68,11)

Cette longue méditation va lui permettre de vivre encore 14 ans (7 après avoir épousé Léa et encore 7 ans après avoir épousé Rachel) en milieu païen hostile de Canaan, chez son beau-père Laban.

Pour le Talmud l’homme qui ne rêve pas est un homme malade. Lire la suite de « VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim » »

Aujourd’hui mon Sefer Torah est arrivé de Jérusalem !


Sefer Torah

Il a 200 ans, il vient du Maroc et il est Cacher ! Mazel Tov ! Sissou ve-simhou be-Simhat Torah !

 

Langue sacrée, français parlé : la Symphonie des lettres de François Yoçèf Brami


François Yoçèf Brami, Symphonie des lettres – Lexique illustré d’une origine hébraïque du français : mots et expressions. Préface du Grand Rabbin Haïm Korsia. BibliEurope 2017. (Acheter ici)

Yossef Brami

Dans le judaïsme on dit que quand un Sage meurt c’est comme une bibliothèque qui brûle. Mais quand un livre naît c’est comme un enfant qui se met à parler et celui-ci parle une langue étrange d’hébreu et de français ou plutôt des racines hébraïques du français. Mazel Tov donc à François Yoçèf Brami pour cette Symphonie des lettres – Lexique illustré d’une origine hébraïque du français : mots et expressions. De quoi s’agit-il ?

Un juif francophone dit chaque jour les louanges du Très haut et au bout d’un moment une idée naît en lui. Pourquoi certains mots hébreux ressemblent donc tant à des mots français ?

On se rappelle que Rachi, rabbin de Troyes-en-Champagne au 11 ème siècle avait déjà montré qu’un certain nombre d’expression en vieux français provenaient directement de l’hébreu de la Torah (environ 3000 gloses disséminées à travers la Bible et le Talmud). Grace au travail de ce génie qui n’avait d’autre but que de commenter le texte nous sont parvenus des milliers de mots de l’ancien français qui sans lui seraient perdus. Ainsi du mot tohu Bohu qui vient du livre de la Genèse. Rachi commente « La terre était déserte et vide (Tohu vavohou) Et le souffle de D. planait sur les eaux » :

  • Tohou signifie « étonnement, stupéfaction », l’homme étant frappé d’étonnement et de stupeur en présence du vohou. En français (médiéval ): « estordison » : étourdissement).
  • « La face de l’abîme ». En français médiéval : « acoveter » : être couché.

François Yossef Brami a reproduit cette méthode de commentaire de Rachi dans sa Symphonie des lettres. Il a retrouvé tous les mots français à ascendance, consonnance hébraïque.

  • Abracadabra = Abra (je créerai), Ca (comme), Dabera (je parlerai)
  • Autoriser = Autire (autoriser en hébreu)
  • Ame = Neshama
  • Balbutier = Babel, Bavel: mélange
  • Immigré = Guer
  • Lumière, éclaire : Mire, Meïr…

Tout travail de généalogie est travail de recherche non seulement de filiation mais aussi de sens. Parfois c’est ainsi l’antisémitisme qui se glisse dans la langue. Qui sait que Arnaq en hébreu veut dire… portefeuille. Les juifs longtemps assignés à la seule tâche qui leur fut autorisé par l’église : le micro crédit à la consommation, ou usure, on finit par avoir la réputation d’ « arnaqueurs »…

Pour nous juifs la langue sacrée est celle de la Torah. La Bible que lisent les chrétiens provient de la traduction de notre torah par la communauté juive hellénistique vers 270 avant notre ère. On l’appelle la Septante (des 70 sages qui l’auraient traduite et seraient retombés sur le même texte par miracle). On en trouve une trace de cet épisode dans le Talmud :

 « On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptolémée, et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement » (Talmud de Babylone, Soferim 1, 7).

Peu de gens le savent mais grâce à Eliézer Ben Yehouda nous reparlons cette langue qui n’était plus utilisée que dans la prière[1]. (Lire ici une recension)

Notre langue « patrie bien aimée de nos pensées » comme disait Herzl est désormais l’hébreu. Ce qui est en soi un miracle. Et parfois sous les langues de la galout affleure un filon, celui de l’hébreu et des juifs qui ont vécu sur ces terres d’exil.

Retrouver l’origine, montrer la filiation, faire anamnèse pour sortir le diamant de sa gangue est tâche sacrée. C’est ce que fait cette Symphonie des lettres préfacée par le Grand Rabbin Korsia.

Il arrive parfois que le texte se taise, la langue ne parle plus et s’enveloppe de silence. Le silence alors nous envahit. Et puis on prononce les mots comme en un rite…et ceux-ci reprennent vie comme les ossements d’Ezéchiel dans la vallée de le Géenne, et ils se mettent à parler. Comme une musique.

[1] Voir : BEN-YEHOUDA (Éliézer), Le Rêve traversé, suivi de BEN-AVI (Ithamar), Mémoires du premier enfant hébreu, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, 425 p. (textes traduits par Gérard Haddad) (avec la collaboration d’Yvan Haddad) et précédés de La Psychose inversée, du même G. Haddad)