Musique Juive Yéménite contemporaine : Sagiv Cohen


‘Les Juifs yéménites et leurs ancêtres vivaient dans la pointe sud de la péninsule arabique. Ces juifs orientaux ont été rapatriés en Israël par l’opération « Tapis volant » en 1949. 49 000 personnes firent leur alya face aux pogroms et il ne resta que 1 200 juifs au Yémen. Les Yéménites forment un groupe majeur du judaïsme très proche de ce que furent les communautés de l’Antiquité.

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La prononciation des Yéménites est différente de celle des sefardim. Le Sègol est prononcé comme un A grave, le Holam, comme un é mouillé, un peu comme chez les… lituaniens, ou comme un eu. Le Kamats n’est pas comme un A, mais comme un O fermé. Ils font la différence entre le Sheva et le Tséré. Il en résulte que le mot éhad, (un) et le mot aher (un autre) ont une ressemblance, et nous voyons une trace de ce problème dans un texte de la Guemarah. Certains en déduisent que cette prononciation est plus proche de celle qui était à l’origine.

Sagiv Cohen (né le 20 février 1975) est un chanteur israélien de musique Mizraḥi, il tente de faire vivre la musique yéménite avec des créations contemporaines parfois avec de trés vieux textes. Ecoutez c’est magique.

Poème de Rabbi Shalom ben Yosef Shabazi (1619 – ca. 1720), Abba Sholem Shabbezi ou Salim al-Shabazi (Hebrew: שלום שבזי‎‎, Arabic: سالم الشبزي‎‎), Un de splus grands poètes du 17th siècle au Yemen :

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Catégories :Art, Judaïsme

Actualité Juive : « Mémoire de nos pères, le rabbin Haïm Harboun »


CaptureDans l’hebdomadaire Actualité Juive de cette semaine

En 2010 il m’est arrivé une aventure étrange. Le premier janvier, mon meilleur ami est mort dans une avalanche. J’étais chrétien et à son enterrement les psaumes sont venus à mes lèvres non pas en français mais en hébreu. Pas de ‘miracle’ car j’avais appris cette langue vingt ans avant. J’étais alors frère Marc, moine pendant dix ans dans le silence. Fin 2010, le mystère était trop grand : je revêtais un talit et une kippa et allais à la petite synagogue du bout de ma rue.

En entrant j’entendis une voix, ou plutôt un chant, qui semblait celui des bergers du plateau du Coscione de mon enfance, en Corse. Mais le « berger » qui chantait n’était pas né en corse… mais dans le Mellah de Marrakech vers 1930. J’annonçais aux dix hommes présents que je désirais prier Achem avec eux. Eberlués, ils se tournèrent vers l’étrange rabbin qui leur dit la prière du roi Salomon lors de la consécration du Temple et donna son accord. Je vins désormais chaque Chabbat. Il m’invitait à une seouda l’après-midi, me racontait son enfance au Mellah de Marrakech, le Heder, son Rav Chouchana bien aimé, son grand-père Dayan, comment il avait appris à lire le français tout seul sous un réverbère après avoir été à l’école de l’Alliance incognito, son arrivée en France via l’Algérie. On parlait de Torah à perte de vue et je comprenais peu à peu et avec stupeur que celle-ci était tout simplement la vérité que j’avais toujours cherché. Le dimanche, rassemblant mes souvenirs, je réécrivais ses derachot pour notre communauté sur mon blog.

Le rabbin étrange était aussi docteur en histoire et avait écrit des dizaines de livres sur les voyageurs juifs au Moyen-age. Je découvrais que j’étais un marrane et que mes ancêtres Corses avaient quitté le judaïsme tout en continuant de transmettre des usages juifs.

Je le découvrais aussi docteur en psychologie clinique, disciple du professeur Henri Baruch, maître de la psychiatrie moderne. Et peu à peu, au contact de celui qui était devenu mon maitre, en six ans, je sortis du long sommeil de l’oubli.

Et c’est ainsi que le 26 octobre dernier je devins Meïr par la Brit Mila via le Consistoire, du nom de la seule synagogue de Corse… au pied de chez ma grand-mère à Bastia.

Ce sont ces mille vies magnifiques du Rabbin Haïm Harboun que publie aujourd’hui Lemieux éditeur. A leur lumière j’ai retrouvé le chemin de mon âme juive. Lisez-les… parfois les chemins de la mémoire sont tellement imprévisibles…

Didier Meïr Long

Haïm Harboun, le rabbin aux mille vies, en vente sur le site de Lemieux éditeur.

L’exposition sur les juifs de Corse se tient au Centre communautaire Lafayette du 13 au 26 mars.

Catégories :Témoignage

L’incroyable aventure des Juifs de Tinghir (Maroc) arrivés à Bastia


Guy et Benny Sabbagh nous racontent l’aventure qui a amené leur famille de l’Atlas au Maroc à Bastia en Corse en passant par Tibériade, l’Egypte et la Crète en 1915. La Corse où ils furent accueillis avec chaleur et avec une aussi émouvante qu’incroyable solidarité. Les instituteurs retirèrent de leur paie pour habiller 744 juifs « syriens ».

L’exposition sur les « Juifs réfugiés en Corse pendant la Première guerre mondiale » se tient au Centre Communautaire de la rue Lafayette du 13 au 26 mars.

Catégories :Corse et Juif, Témoignage

Meguila d’Esther : « Tout homme qui rejette l’idolâtrie est juif » (Talmud, Meguila 13a)


Un jour de la Hilloula de Rabbi Meïr, deux corses qui avaient lu mon livre Des noces éternelles, un moine à la synagogue m’ont écrit un SMS.

« J’ai lu votre livre. Mon nom est Guy Sabbagh, né à Bastia en 1947, Je suis le fils de David Sabbagh ancien président de la communauté juive de Corse et le petit-fils du rabbin Méier Tolédano qui a été le guide spirituel de cette communauté pendant toute sa vie…, votre contact m’a été donné par Laurianne B. J’espère à très bientôt »

Deux hommes corses sont venus me voir à mon bureau : Guy et Benny Sabbagh. Ils m’ont présenté la Meguila de leur grand-père (photo), venu du Maroc et à qui avait attiré à Bastia via Tibériade et La canée (Crète) en 1915, le Rav Meïr Tolédano (zal) rabbin de la seule synagogue de Corse au pied de chez ma grand-mère, rue du Castagno à Bastia qui y avait officié de 1920 à 1970 et est enterré au carré juif du cimetière de Bastia. La beit Knesset Meïr. Son nom était marqué en bas de la Méguila en argent.
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C’est comme ça que le 26 octobre 2016, jour de ma brit Mila, le Rav Harboun m’a donné le nom de Meïr, et pour moi c’est comme si la boucle était bouclée.

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Ce matin dans notre synagogue avec mes amis.

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Ma méguila achetée à un Sofer de Jérusalem de passage

Contraints de rendre un culte caché, les marranes s’identifiaient à Esther, la juive cachée d’un livre où n’est cité nulle part le nom de D-ieu. Leur rite majeur était Pourim. Leur idée était de rester fidèles dans le secret et de sauver le peuple. Ces représentations d’Esther en Reine des marranes sont courantes dans les images de la Nation juive Portuguaise à Amsterdam, Leide, Anvers ou au Brésil.(voir le livre : Représentations d’Esther entre écritures et imagesPar Elisabetta Limardo Daturi). 

Dans la Méguila d’Esther, Mardochée, un judéen de la tribu de Benjamin qui vit incognito à Suse (Iran actuelle), envoie au palais Esther, une cousine orpheline qu’il a adoptée. Elle vit anonymement au Harem du roi et il vient la visiter chaque jour suscitant la jalousie d’Aman chambélan du palais. La septième année de règne, Esther (« cachée » en hébreu) présentée au roi le séduit. Choisie comme reine elle va sauver le peuple juif de la jalousie d’Aman.
Esther et Mardochée, avec la figure biblique de Joseph bien sûr, sont les prototypes des juifs cachés auxquels s’identifieront les marranes.

Aman, s’apercevant que Mardochée ne s’agenouillait ni ne se prosternait devant [le roi], fut rempli d’une grande colère. Mais il jugea indigne de lui de s’en prendre au seul Mardochée, car on lui avait fait savoir de quelle nation il était. Aman résolut donc d’anéantir tous les juifs établis dans le royaume d’Assuérus, la nation entière de Mardochée. (Meguila d’Esther 3, 5)

le Talmud commente :

Rabbi Yo’hanan dit : Et pourquoi l’appelle t-on Yehoudi (juif)[1] ? Parcequ’il a renié l’idolâtrie, car tout homme qui renie l’idolâtrie est appelé Yéhoudi (juif). Comme il est écrit : Il y a des hommes qui refusent… (Dan 3, 12) [2](Talmud de Babylone Meguila 13a)

Selon un Midrach celui qui renie l’idolâtrie est appelé yéhoudi parcequ’il croit au D-ieu unique (yi’houdi) ;

D’après Maharcha[3] parceque le nom Yehouda contient toutes les lettres du tétragramme.

Enfin pour Meiri[4], rejeter l’idolâtrie revient à accepter tout la Torah, comme un juif à part entière.

un auteur dit: « si les tyrans sont grands c’est parceque nous sommes à genoux. » Aujourd’hui… relevons nous.

Hag Pourim Sameah !

Dona Gracia Nassi

Dona gracia Nassi, « l’ange des anoussim »et la boîte a tsedaka de ma fille

[1] Le Talmud demande pourquoi on appelle Mordékhaï « juif » ? et il répond en faisant référence au passage de 2 Sam 16, 5-7 : « Le roi David venait d’atteindre Bahourim lorsqu’il en vit sortir un homme de la famille de Saül, nommé Séméi, fils de Ghêra, qui, tout en s’avançant, l’accablait d’injures, lançait des pierres à David et à tous ses serviteurs, à toute la foule et à tous les guerriers qui l’entouraient à droite et à gauche. Et Séméi s’exprimait ainsi dans ses imprécations: « Va-t’en, va-t’en, homme de sang, homme indigne!». A son serviteur qui lui demande « Pourquoi laisse-t-on ce chien mort insulter le roi mon maître? Permets-moi d’avancer et de lui trancher la tête. »  Il y a là un jeu de mot sur le nom de Simei » le fils du Guer– de « l’étranger » – un converti de la tribu de Benjamin. Et le Talmud argumente : « Car David n’a pas tué Chim’i, duquel est né Mordéchaï dont Aman a été jaloux ». Mordéchaï est donc un descendant de guer de la tribu de Benjamin, un benjaminite qui est appelé  « juif ».

La guemara rapporte que les tribus de Benjamin et celle de Juda revendiquaient toutes deux la naissance de Mordékaï qui a refusé l’idolatrie dans le récit d’Esther

[2] Le Talmud cite en parallèle le livre de Daniel (Dan 3, 12) un passage qui se déroule lors de l’exil en Babylonie et durant dans lequel trois jeunes gens Chadrac, Mêchac et Abêd-Nego, des juifs qui vont être garrottés et envoyés dans une fournaise parce qu’ils refusent d’honorer la statue en or de Nabuchodonosor qu’il a érigée: « Or, il y a là des hommes, des Judéens (Yéhoudaïn), que tu as préposés à l’administration de la province de Babylone, Chadrac, Mêchac et Abêd-Nego; et ces hommes-là n’ont pas tenu compte de ton ordre, ô roi: ils n’honorent point ton Dieu et n’adorent pas la statue d’or que tu as érigée. »

[3] Rabbi Samuel Eliezer Eidels – le «Maharcha» (5315-5392 ; 1555-1631), est un grand talmudiste né à Posen en Galice vers le milieu du seizième siècle est un grand commentateur du Talmud, auteur d’un commentaire classique sur les portions législatives et narratives du Talmud de Babylone ainsi que leurs commentaires par Rachi et les Tossafistes.

[4] Menahem Hameïri (1249 – c. 1310) (Don Vidal Solomon de Perpignan) est un rabbin catalan des 13 et 14ème siècles, considéré comme l’un des commentateurs les plus brillants du Moyen Âge.

Catégories :Corse et Juif, Marranes

Doña Gracia Mendez (Nassi) (1510-1568), « L’ange des marranes »


En ces temps de Pourim où nous célébrons la reine Esther il est impossible de ne pas évoquer la mémoire de Dona Gracia Nassi, la reine des marranes, secours de son peuple et combattante impitoyable de ses ennemis à qui plusieurs milliers de Marranos et d’autres juifs persécutés ne donnaient pas d’autre nom que « Notre Ange ».

Agnolo Bronzino, Beatriz de Luna avec son unique fille Reyna, 1530-1540

La splendide fleur de l’Exil d’Israël

Dona Gracia (Nassi) nait à Lisbonne en 1530 dans une famille de marranes espagnols aragonais, nobles qui ont fui l’Inquisition. Sa vie ne fut qu’un long voyage.

Mariée à Francisco Mendes Benveniste de la famille des Nassi (« prince » en hébreu) au Portugal et fondateur d’une entreprise commerciale importante celui-ci mourut en 1535. Il laisse sa femme veuve a vingt-cinq ans… Mais une menace de plus en plus mortelle la guette : L’Inquisition. Lire la suite…

Catégories :Marranes

L’enfance d’un Rav, le Mellah de Marrakech en 1930


Le Rabbin Haïm Harboun raconte son enfance dans le Mellah de Marrakech en 1930et nsou parle de son livre apru chez Lemieux Editeur :

Haim Harboun le rabbin aux mille vies

>>> PDF: Haim Harboun, le rabbin aux mille vies (extrait)

Achetez le livre en ligne >>> ici 

Catégories :Judaïsme, Témoignage

Chabbat Chekalim, pourquoi il est interdit de compter des êtres humains

26 février 2017 1 commentaire

La Chabbat Chekalim qui précède Roch Hodech Adar nous livre un enseignement important nous a dit le Rabbin Harboun hier. Il est formellement interdit de dénombrer des êtres humains comme on dénombre des moutons ou des choses. Alors comment procéder au recensement annuel dés lors que la Révélation a été donnée au Sinaï (Parasha Michpatim la semaine dernière). Comment savoir ceux qui sont restés juifs, ceux qui ont quitté ?

Le seul moyen est de compter non pas les gens mais les mistvoth. Si chacun donne un demi chekel (d’où vient chekalim, les shekels). Celui qui à l’époque du Temple, ne donnait pas se désolidarisait du pardon de D-ieu

L’Éternel parla à Moïse en ces termes: « Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l’offrande réservée au Seigneur.  Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l’impôt de l’Éternel, à l’effet de racheter vos personnes. (Ex 30, 11-15)

Nous devons absolument répéter cela sans cesse à nos enfants. Ce qui est vrai pour nos frères et sœurs juifs l’est à fortiori pour toute femme et pour tout homme.

« Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. » (Nb 1,2)

Dans le Torah D-ieu est en permanence en train de « compter » ses enfants en disant le nom de tribus, des descendants, des généalogies à n’en plus finir… Pourquoi les dénombre-t-il par leur nom à  l’arrivée au désert, demande Rachi ? et il répond :  » Comme un riche compte son trésor… parce qu’il les aime ».

C’est exactement le contraire de ce qu’on fait les nazis, que leur nom soit effacé, dans leur programme païen d’effacement systématique des préceptes de la Torah et des racines juives de l’humanité : ils ont effacé les noms des juifs pour les réduire en numéros. Tout cela est possible et nous pouvons encore lire ces numéros sur les bras de nos anciens, et toutes les dénégations des antisémites n’y changeront absolument rien. Ne l’oublions pas et répétons le à nos enfants!

Elie Misrahi

 Elie Mizsrahi, père d’une amie de jeunesse de ma femme,
a été Libéré d’Auschwitz le 29 avril 1945, à 17 heures du camps de Dachau par les forces américaines.
La main est celle de ma fille. Photo MPS.

 

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