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Coronavirus, retrouver l’Unité psychique et la santé de l’âme et du corps à Pessah

Cette méditation est adressée à Maurice B. en salle de réanimation du Coronavirus et à un autre de mes amis qui se reconnaîtra.

Le psalmodie des Thehilim – psaumes

La prière qui souhaite la pleine guérison se dit Refoua Chelema en hébreu. On souhaite à la personne de retrouver le Chalom (Chelema). Ce Chalom ne désigne pas seulement la paix mais l’état profond de l’Unité intérieure. le Chalom c’est la complétude; C’est pourquoi on dit en hébreu : « Ma Chlomer ? « – Comment vas-tu ? Comment est ton chalom ? es-tu unifié ce matin (ou en vrac) ?

La maladie, les trauma, la mort nous laissent en vrac, incapables de nous accueillir et surtout recueillir.

Le psaume raconte ce cri primitif du vivant :

« Unifie (iha’ed comme e’had) mon cœur pour qu’il craigne ton Nom »

יַחֵד לְבָבִי,    לְיִרְאָה שְׁמֶךָ

Ps 86,11

Le « Nom » dans la Torah, imprononçable, est celui de D.ieu, révélé à Moïse. Il renvoie à tous les noms et à tous les mots du monde et des rêves et à toute parole qui pourrait être prononcée. D. sait donc bien de quoi nous avons besoin avant même que s’ouvrent nos lèvres. Il n’a nul besoin de nos prières. Alors pourquoi prions nous ? Parce que celui qui prie accomplit la crainte du Nom, il fait révérence à D. et ainsi accomplit sa vocation d’être humain en se remplissant de l’amour de D. et surtout du prochain sans lequel toute prière est vaine. Il s’unifie comme D. est Un.

MIMOUNA : Terbeh !!! Que tu réussisses

Il est de tradition juive marocaine, depuis trois siècles, de préparer à la sortie de Pessah la mufleta – une fine crêpe faite d’eau, de farine et d’ huile consommée chaude, tartinée de beurre, de miel, de sirop ou de  confiture… Au même moment dans certaines villes du royaume des familles musulmanes préparaient le nécessaire pour les crêpes, galettes, petit pain … qu’ils emmenaient ce soir chez leurs voisins ou amis juifs. On met sur la table  une assiette avec des pièces anciennes, des fèves. Le mot « Mimouna » viendrait d’Emouna, la foi en hébreu, la croyance en la venue du Messie. La Mimouna vient aussi de « Mimoun », la chance en arabe.
On mange aussi du couscous sucré.
L’explication de mon Rav Harboun sur l’oeuf dans la farine :

« Le dernier jour de Pessah s’appelle en araméen « Yoma dimchi’ha » en Hébreu « yom hamachiah » nous lisons le chapitre 11 du livre d’Isaïe qui traite du Messie.  Mais le problème est que le jour du Messie est précédé par  » Hévlé Machiah » qui signifie les souffrances à la suite de la venue du Messie. Pour échapper à ces souffrances les Juifs du Maroc ont institué la  ‘Mimouna’  mot arabe qui signifie la chance, au Maroc les juifs étaient particulièrement superstitieux et la peur de la souffrance les pétrifiaient. On a donc réservé le dernier jour de Pessah pour se persuader qu’on a de la chance et qu’on échappera à la souffrance du Machia’h. Pour donner corps à cette croyance il fallait la matérialiser par des symboles. L’oeuf symbolise une vie en puissance. Chaque oeuf peut devenir un poussin. La farine symbolise la vie :  un oeuf dans la farine cela veut dire que la chance ne reste pas en puissance mais qu’elle se manifeste dans la vie l’oeuf = vie en puissance;  la farine= vie manifeste. »


On fait cela en Corse aussi avec les campaniles : un œuf enserré dans le pâté qui n’est autre que le gâteau de Pourim au Maroc.

Pourquoi la Libération d’Egypte est un événement universel pour Israël et les Nations

Marc Chagall, La Traversée de la Mer rouge, 1954-1955 Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

La libération d’Egypte et le miracle de la mer ont été repris par de nombreuses traditions spirituelles de l’humanité. On pourrait s’en étonner en ce jours où les juifs célèbrent Pessah et les chrétiens Pâques en se référant exactement aux mêmes récits : Création du monde, Sortie d’Egypte, Akedah (ligature) d’Issac… un très vieux Targoum (traduction et commentaire publics en araméen de la Torah du 1er siècle) dit que « quatre nuits sont inscrites dans le Livre des Mémoires », quatre nuits du monde où D.ieu agit : la Création, l’ akedah d’Issac, la nuit de Pessah et celle de la Rédemption du monde.

 » Quand le monde arrivera à sa fin pour être libéré ; les jougs de fer seront brisés et les générations perverses seront anéanties et Moïse montera du milieu du désert et le Roi Messie viendra d’en haut. L’un marchera à la tête du troupeau et l’autre marchera à la tête du troupeau et sa Parole marchera entre les deux et eux et moi marcherons ensemble. C’est la nuit de la Pâque pour le nom de l’Etrenel, nuit réservée et fixée pour la libération de tout Israël au long de leurs générations »

Targoum Neofiti Ex 12, 42

Or comme je vais le montrer, cet événement, d’un point de vue juif, a une portée universelle temporelle et ontologique pour tout fils d’Adam, c’est à dire pour toute humanité bien qu’un non juif ne puisse consommer l’Afikoman qui symbolise le Korban Pessah. La sortie d’Egypte signifie une mutation ontologique de l’humanité toute entière à la suite d’Israël, elle est centrale.

Universalité du temps et de l’espace

Le fait est bien connu tout père juif raconte la Haggadah en faisant mémoire des patriarches pour que cette histoire fasse sens et s’actualise maintenant.

« A chaque génération, l’Homme doit se voir lui-même comme s’il était sorti d’Egypte »

TB Pessa’him chapitre 10 michna 5

Cette transmission (messarah) et reception (kabbalah) est au coeur du judaïsme (Cf Pirkei Avot 1, 1). Celui, celle qui parle à son fils (ou à sa fille) ouvre la porte à Celui qui est l’Éternel en même temps que le Lieu, l’Incommensurable et aussi l’Omniprésent. Asymptote de l’Espace et du temps humain à la fois.

In fine la tache de déterminer hic et nunc comment l’agir particulier doit se conformer à l’exigence de justice , c’est-à-dire de faire humanité dépend de l’humain, de tout humain et à chaque instant. Le mémorial de libération invoque un autre temps pour faire pénétrer dans l’instant présent la libération, le passage de l’esclavage à la liberté, d’une vie objectale perdue dans le monde de la consommation et des choses à l’émergence du sujet désirant créateur de sa propre liberté par un acte libre, déterminé et volontaire.

Cet universalisme temporel et messianique est clairement exprimé dans la Haggadah :


« On rappelle la sortie d’Egypte la nuit. Rabbi Eléazar ben Azaria a dit : j’ai l’air d’avoir 70 ans, et je n’ai pas mérité que soit mentionnée la sortie d’Egypte la nuit, jusqu’à ce que Ben Zoma interprète le verset : pour que tu te rappelles le jour de ta sortie d’Egypte tous les jours de ta vie, l’expression « les jours de ta vie » désigne le jour, « tous les jours de ta vie » désigne la nuit. Les Sages disent : « les jours de ta vie » désigne ce monde ci, « tous les jours de ta vie » pour amener les jours du Messie »

Berakhot ch.1, michna 5

Pour D. le temps n’existe pas. Et pour le juif ce ne sont pas le cosmos, les astres, la lune ou le soleil qui fixent le temps mais une décision libre du Sanhédrin ou de l’homme. C’est pour cela qu’on peut précéder le coucher du soleil pour dire le Quiddouche du Chabbat cette sanctification qui fait passer du temps sacré au temps sanctifié c’est à dire « particularisé » en hébreu. Il n’y a même pas un instant dans le temps puisque cet instant est l’objet de discussion c’est à dire sous la parole et la décision de ceux qui en discutent comme le montre le Talmud de Jérusalem.

Si cela est vrai les temps messianiques ne sont pas une période de l’histoire mais une irruption de la rédemption dans les fractures de l’histoire, un asymptote d’humanité. Les temps messianiques seraient alors une porte d’Éternité capable de s’ouvrir pour qui l’attend vraiment; à commencer par celui qui souffre, le malade sur son lit d’angoisse et d’agonie, le pauvre qui confie sa vie vulnérable à l’Éternel, le soignant qui affronte sa peur de mourir pour sauver une vie, sauvant ainsi toute l’humanité comme dit le Talmud.

Le messie n’est pas une « belle aventure à venir » mais il est à la porte de Rome ici et maintenant, parmi les mendiants nous dit le Talmud.

 » Un jour, Rabbi Yehochoua ben Levy rencontra le prophète Elie à l’entrée de la grotte de Rabbi Shimon ben Yo’hai et lui demanda :  » Quand le Messie viendra-t-il? » Elie répondit : Va donc interroger le messie lui-même – Mais où puis-je le trouver? – Aux portes de Rome. – Et comment pourrai-je le reconnaître? – Il est assis parmi les pauvres et les malades et panse leurs plaies.
R. Yehochouah alla donc trouver le Messie. [Il le reconnût parmi les mendiants parce que, contrairement aux autres lépreux, il ne se changeait qu’un pansement à la fois. Pourquoi? Il ne voulait pas que tous ses pansements soient défaits en même temps, pour pouvoir s’en aller à tout moment].

« Maître, quand viendras-tu? demande R. Yehochoua ben Levy. – Aujourd’hui même », répondit le messie. R. Yehoshoua retourna vers le prophète Elie. Celui-ci lui demanda : « Qu’a dit le Messie? – Il m’a menti, car il m’a dit « Aujourd’hui », mais il n’est pas venu. – Tu n’as pas compris sa réponse. Le Messie t’a cité un verset des Psaumes (95:7) : « Aujourd’hui, si vous écoutez Sa voix ».

TB Sanhédrin 98a

Où est le macchiah ? si l’on en croit cela, il avec les seniors dans les Epahd en train de mourir, seuls chez eux ou en réanimation isolés de leur famille, parmi les gilets jaunes honnis d’hier : caissières et médecins sans masques, caristes, personnel logistique exposés à tous les flux, livreurs, routiers, infirmiers, aides soignantes, assistants sociaux de proximité, aides ménagères… ces héros d’aujourd’hui, ces périphériques de la globalisation triomphante, risquent ici et maintenant leur vie sur le terrain quand les élites continuent de diriger le monde en télétravail de leur résidence secondaire en attendant que la crise passe. Où est le Messie ? Quand viendra la Géoula (Rédemption) ?

Lévinas interprétait ce passage en disant :

S’il y a du messianique, ce n’est pas en raison d’un événement miraculeux ou extérieur, c’est parce que nous devenons capables d’entendre.

Le Maharal de Prague, lui, relisait ce récit en prévenant toute lecture au premier degré :

« Il ne s’agit pas d’un fait concret… car les paroles des Sages sont abstraites de toute considération matérielle. »

Netsa’h Israël, chap. 28.

« le niveau du Machia’h ne relève pas du monde de la nature » dit-il, « le monde de la nature s’oppose à lui ». Le Machia’h est donc une réalité en tension avec le monde naturel. Et de cette tension naît l’histoire comme Providence. Ecouter aujourd’hui la voix du Messie ouvre une porte dans le temps, à Rome même, centre de l’Empire, coeur de l’opposition à Jérusalem.

« Que se vide l’esprit de ceux qui calculent la fin des Temps » nous préviennent nos Sages (TB Sanhedrin 97b). Bref, le messianisme dans son hystérisation impatiente du réel pour y voir apparaître un dieu… rend fou.

Quand le Prophète Elie viendra nous aurons la réponse à tout cela répond la discussion talmudique.

La sortie d’Egypte met en route la roue du temps et de l’Eternité d’Israël.

Le Yalkhout Shim’oni souligne ce commencement du temps avec la sortie d’Egypte :

« Rabbi Yéhochoua ben Lévy dit : ‘‘Le départ d’Israël d’Egypte évoque la similitude avec un roi qui possédait une horloge qu’il consultait souvent pour connaître l’horaire. Quand son fils devint majeur, il lui confia son horloge. Ainsi lui a dit le Saint, béni soit-Il : ‘Jusqu’à présent c’est de moi que relevait le compte des mois, à partir de maintenant je te confie cette charge’. Votre « oui » sera un oui votre « non » sera non. Mais quel que soit votre compte ce mois sera le premier des mois »

Yalkouth Shim’oni, paracha Bo

Quelle est la vocation d’Israël par rapport au temps des Nations ? Israël est éternel :

« Il existe une alliance éternelle entre Dieu et Israël. Le choix d’Israël n’est pas motivé par le nombre de personnes appartenant à ce peuple. C’est son petit nombre représentant toute 1’humanité, qui est à l’origine du choix de Dieu. L’état minoritaire a fait d’Israël un peuple microcosme. Israël commence par la lettre Yod qui est la plus petite de l’alphabet. Dieu a placé Israël au plus bas de l’échelle pour lui permettre d’évoluer et de s’élever constamment vers le spirituel. Cela fait partie de l’alliance contractée entre Dieu et Israël. Cette alliance durera éternellement ainsi que la pérennité du peuple juif »

Maharal de Prague, Guévourot Hachem 20, 28-29

Universalisme des Nations

On sait que la fête de Souccot est une fête clairement universelle.

On offrait ce jour là 70 taureaux aux 70 Nations de la terre, c’est à dire toutes. Les descendants de Sem, ‘Ham et Yaphèt sont compris comme les 70 nations de la terre. Israël est la nation e’had : « une », séparée des 70 autres, particularisée, goy kadoch : Ce peuple « vit solitaire et il ne se confond pas avec les Nations » (Nb 23,9).

L’espace du Temple réservé aux juifs était d’ailleurs tout petit par rapport à la cour de gentils. Le Temple n’est pas construit pour Israël mais il est « une maison de prière pour toutes les Nations » (Is 56, 7). Le Temple, réalité hautement spatiale, et dont toute la symbolique ‘monte’ (d’où les « psaumes des montées », on montait à Jérusalem où « l’Eternel réside » comme disent les Tehilim) de la cour des Nations à celle des juifs montant par des marches (où se tenaient les lévites chantant avec leurs instruments) qui entourent le sanctuaire (Saint, Quadoch) avec en son coeur le Kodesh Hakodashim, le Saint des Saints… vide de toute réalité spatiale et physique.

Mais le Maharal dit que cet universalisme de Souccot n’est pas central. C’est à Pessah que se déploie l’universalisme juif. La sortie d’Egypte est selon lui « le sujet central de toute la Torah, la base de toutes les bases et la racine de tout »

« Il faut se rendre compte que la Torah a fait de la sortie d’Egypte le sujet central de toute la Torah, la base de toutes les bases et la racine de tout. Il y a une multitude de mitsvot dans le Torah qui sont venues pour nous faire éprouver le message de la libération. Pourquoi ce même sujet revient dans différentes mitsvot ? Pourquoi la fête de Souccot ? Pour nous rappeler que le Saint béni soit-Il a fait résider les enfants d’Israël dans le désert »

Maharal de Prague, Guévourot Achem 3

Le Maharal va plus loin encore, il dit que la proclamation de la libération d’Egypte à Pessah ne concerne pas seulement les juifs mais toutes les Nations.

Dans le chapitre 3 du Guévourot Achem le Maharal de Prague nous explique que chaque jour dans le Chema nous évoquons la sortie d’Egypte. A chaque Chabbat nous célébrons la création du monde et la sortie d’Egypte… alors pourquoi célébrer Pessah ?

Avec son génie habituel le Maharal dit que non seulement chaque juif doit célébrer la sortie d’Egypte à chaque instant mais que le soir de Pessah en lisant la Haggadah à ses enfants qui raconte cette libération l’annonce au monde entier :

« Le soir de Pessah on n’a pas seulement l’obligation de se rappeler de la sortie d’Egypte mais on a une obligation supplémentaire celle de raconter et de diffuser l’évènement de sortie d’Egypte pour annoncer le Nom de Dieu au monde entier (baeolam) »

Maharal de Prague, Guévourot Achem 3

La particularité de Pessah est d’annoncer cet événement au monde entier. Pourquoi ? parcequ’il est concerné. Pourquoi ? parce que la libération psychique d’un individu, sa sortie d’Egypte n’est pas un événement juif mais un événement universel, ontologique qui concerne le cosmos et toute la création.

Ailleurs le Maharal fait un détour par la Paracha de Yitro pour redire cette universalité. En se demandant ce qu’Yitro « notable de Midiane » ou un prêtre idolâtre ‘qui connaissait toutes les formes d’idolâtrie du monde’ comme dit Rachi. Un non juif donc, qui allait devenir le beau père de Moïse, le premier converti. Qu’a entendu Yitro ?

« Ce fut une honte pour Moïse et les six cent mille Juifs qui n’avaient pas prononcé une bénédiction jusqu’à ce que Jéthro vienne dire : ‘Béni soit D.ieu’ »

Sanhedrin 94 a

Alors que le juifs n’ont fait que chanter à la sortie du Miracle de la mer Yitro, ce roi de Madiane est le premier dans la Torah à prononcer une bénédiction, avant la révélation au Sinaï. Oui, lui, un goy !

Et le Zohar commente :

« Tant que Yitro n’était pas venu remercier l’Éternel, la Torah n’avait pas été donnée au peuple juif. Lorsqu’il est arrivé et a déclaré : “Béni soit D.ieu qui vous a sauvés. Maintenant je sais que D.ieu est plus grand que toutes les divinités…”,

Zohar sur Exode 18, versets 10 et 11.

Bref, tant que les Nations n’ont pas béni, Israël est incapable de la Révélation !

Nos Sages ont relevé que la Paracha d’Yitro commence par vayishma « Et Yitro fut celui qui a entendu (vayishma) (Dt 18, 1) ? » Et bien sûr, ils se sont demandés : « mais qu’a-t-il entendu ? ». Le passage de la mer des Joncs et la guerre de Amaleq répondent-ils  :

Rabbi Josué dit : ‘‘Il a entendu parler de la bataille avec les Amalécites, comme il est écrit avant (en Ex 18, 1)’’, et Josué a déconcerté Amalek et son peuple par le tranchant de l’épée (Ex 18, 13).
R. Eleazar de Modim dit : ‘‘Il a entendu parler du don de la Torah et est venu. Lorsque la Torah fut donnée à Israël, le son de celle-ci la traversa d’une extrémité de la terre à l’autre, Et tous les rois païens furent saisis de tremblements dans leurs palais, et ils chantèrent, comme il est dit : Et tous dans son temple s’écrient : « Gloire ! » (Ps 29, 9) Ils se rassemblèrent tous près du faible Balaam, et lui dirent : ‘‘Quel est ce bruit tumultueux que nous avons entendu : peut-être un déluge vient sur le monde’’, car il est dit : « Le Seigneur était assis au-dessus des eaux tumultueuses ? – Le Seigneur est assis comme Roi pour toujours », il a répondu : le Saint, L’un, béni soit-Il, a déjà juré qu’il n’apporterait pas d’autre inondation sur le monde. [NDA : il ne peut régner sur ses créatures si celle-ci sont détruites par le déluge]

TB Zevahim 116a

Le Maharal de Prague interprète la réponse des Sages en disant que ces deux événements comme la proclamation de la Torah au Sinaï ont été entendus de manière universelle, « d’une extrémité de la terre à l’autre ». Il reprend le Midrach qui dit que ce ne sont pas que les eaux de la mer des joncs qui se sont ouvertes mais toute les eaux dans le monde entier, les mers, les lacs, les torrents, les ruisseaux, les sources, et jusqu’à la moindre goutte. Une séparation des eaux ontologique donc.

Yitro le converti a donc entendu au fond de son âme ces événements qui ont bousculé l’ordre de la Création et l’ont traversée de part en part… et il est venu au sein d’Israël. Et c’est seulement sa bénédiction du Trés Haut qui a permis la Révélation à Israël. Sans l’élévation de la sagesse profane, la pensée des cultures et des Nations, la Révélation spirituelle n’est pas possible. Il y a donc bien une interaction systémique entre la sagesse des Nations propédeutique et la Révélation qui l’irrigue à son tour. Un universalisme que nous devrions méditer.

Renaître

La sortie d’Egypte est le fondement psychique de l’individu libre, une sortie de l’idolâtrie, de la dispersion, de la perception de soi comme « on » parmi les objets de ce monde. Le passage d’une existence de consommateur à une vie de créateur. Comme l’homme, « tue le temps », en fuyant sa responsabilité à cause de sa peur de mourir, la Torah l’enjoint de l’affronter comme un espace de décision et de responsabilité.

Chacun de nous en proclamant cet événement au monde est invité à écouter une autre voix.

On sait que le Ari zal décompose le mot Pessah en Pé sa’h, « la bouche qui parle ! » (Pri Etz ‘Haïm chaar mikraé kodech 4).

Le Zohar souligne que l’émergence de l’individu libre dans l’histoire permet sa prise de parole. Elle est la condition pour que la parole soit audible, ce qui est une réalité psychologique et mystique :


« Quand Moché vint, la Voix apparut, mais Moché était une voix sans parole, parce que la Parole était en exil, et pendant tout le temps où la Parole était en exil, Moché était une voix sans parole. »

Zohar, Vaéra 25a

Ce n’est pas pour Israël que D.ieu a parlé à Israël mais pour l’humanité entière. D.ieu n’est pas le D.ieu d’Israël mais de toutes les créatures passées, présentes et à venir. Le Saint béni soit-il nous a libéré d’Egypte, nous les juifs, pour que toute créature puisse se dire :

 » C’est moi que D.ieu dans son infinie miséricorde, Celui « que les cieux et la terre ne peuvent contenir » et dont « le monde est l’escabeau de ses pieds » (psaumes), Ribono Chel Olam, le maître du temps et de l’espace, appelle à sortir ici et maintenant d’Egypte « 

La sortie d’Egypte est une réalité psychique profonde, une sortie de l’Empire de l’illusion non pas pour habiter le monde de la Vérité mais pour sortir au désert, aller au Sinaï et entendre une autre voix. Le projet de D.ieu était que la sortie d’Egypte, le Sinaï et l’Entrée en Egypte se passe dans le même mois nous dit le Maharal, malheureusement Moïse n’avait pas mesuré l’état d’addiction d’un peuple passé par 200 années d’esclavage. L’Egypte était un Etat totalitaire dont il était impossible de sortir.

« Il n’y avait pas au monde un peuple dont les mœurs fussent plus abominables que celles de l’Egypte, particulièrement dans la dernière génération, qui asservit Israël »

Maharal de Prague, Guevourot Achem, 4

L’avènement d’Israël à la sortie d’Egypte a modifié la structure mentale et des Juifs et des Nations. Une mutation ontologique qui fait que la mort et la haine n’ont plus de pouvoir définitif en ce monde. La sortie d’Egypte touche l’être humain au coeur de sa réalité psychique comme une nouvelle naissance.

« Ainsi le peuple juif en Egypte était comme un fœtus qui se développait dans le ventre de sa mère, suite à quoi il sortit lorsque son développement fut terminé. Ainsi les enfants d’Israël grandirent et se développèrent en Egypte jusqu’à atteindre leur perfection par le nombre de 600 000 personnes ; alors ils sortirent ». 

Maharal de Prague, Guévourot Achem 3

Pessah est le premier jour des mois car à ce moment se met en route un processus de croissance d’Israël. Le Maharal[1] souligne que l’agneau sacrifié n’est pas un animal abouti comme le taureau mais un premier né de l’année, un animal en puissance. C’est à chaque instant Pessah car la dynamique de libération commencée avec le premier Pessah est encore à l’œuvre à chaque instant. Elle nous fait advenir à nous mêmes en sortant de l’Empire de l’illusion, de la confusion, de nos addictions et de nos petits mensonges pour enfin écouter quelqu’un d’autre que nous. Sortir d’Egypte c’est naître dans l’humanité libre.

Israël est un premier né au sens où il signifie une humanité enfin possible :

« Israel est le cœur de la création, c‘est pourquoi seul Israel est appelé ‘Adam’, les autres créatures existent par ricochet, par rapport à Israël. Israel a été le premier parmi les nations. »

Maharal de Prague, Tiferet Israël 5

La sortie d’Egypte n’est pas un fait de l’histoire pour le Maharal, elle est « éternelle »[1] , elle est un événement métaphysique indépassable qui engendre la Nation juive et sa liberté et la dépasse.[2] Israël la proclame mais tout être humain en vit.


[1] Netsa Israël 8

[2] Cf. Benjamin Gross, Le messianisme juif dans la pensée du Maharal de Prague, Albin Michel 1994.


[1] Guevourot Achem 36

Brûler le ‘hamets qui est en nous

 » Que tout ‘Hamets, qui se trouve en ma possession, que j’ai vu ou que je n’ai pas vu, que j’ai aperçu ou n’ai pas aperçu, que j’ai détruit ou que je n’ai pas détruit, dont je n’ai pas connaissance, soit considéré comme inexistant et sans valeur, comme la poussière de la terre. »

JEWISH TROUVETOU : fabriquer un Keli

Trucs et Astuces en temps de Coronavirus

Vous êtes coincé car vous n’avez pas de kéli pour faire Netilat Yadayim ?

Comment en fabriquer un avec un cintre, une bouteille de Shampoing et un élastique ?

Sobre, design, fonctionnel, efficace, less is more… Mies van der Rohe quoi…

Coronavirus, la prière d’Israël : NIchmat Kol ‘Haï

L’enseignement spirituel du Coronavirus

Dans 7 jours c’est le mois de Nissan. Le Printemps. Cette année Pessah (le 14 au soir et pour une semaine) sera forcément cacher à la maison
En attendant on peut étudier pour comprendre.

Le message aux vivants est le suivant : c’est la vie et l’univers bactérien qui vous portent depuis 3,8 milliards d’années et non l’inverse. Vous, les humains, êtes juste des passagers de dernière minute. Si vous tuez la vie, ce n’est pas vous qui gagnerez mais elle. Cette planète et les bactéries que portent les animaux s’occuperont de vous.

C’est l’absence de conscience du vivant qui a conduit au Coronavirus, cette crise n’est pas seulement une question scientifique mais en profondeur une question spirituelle que la Vie nous adresse.

L’univers bactériel : l’homme à la dernière minute

En quelques jours avec le Coronavirus notre planète vient de se rappeler que ce n’est ni le capitalisme, ni la politique, ni la guerre qui mènent ce monde mais l’Univers bactériel dont nous ne sommes que les passagers.

La vie a commencé bien avant nous et a créé des processus de symbiose et de cooptation d’une intelligence dont l’homme est absolument incapable. Elle a commencé sans nous et continuera probablement sans l’humanité. Le fait de nous croire au sommet est une illusion. La vie nous porte dans toutes nos cellules et bactéries. A l’échelle de l’évolution planétaire, nous venons juste de naître. La période des cavernes à aujourd’hui ne représente que 1% du temps écoulé depuis la naissance de la vie. Les micro-organismes nous précèdent , nous sommes leurs hôtes.

Un jour il y a 3 milliards d’années une bactérie a commencé à battre sous la lumière dans l’océan des origines. Les cellules eucaryotes (avec noyau) seraient le résultat d’une suite d’associations symbiotiques avec différents procaryotes (cellules sans noyau). C’est ainsi que seraient nées les cellules complexes il y a 4 milliards d’années, les végétaux et les animaux. Nous portons tous en nous, les traces de cette fusion originelle.

Un jour des bactéries se sont entendues pour coopérer et s’informer à distance. Un jour l’assimilation chlorophyllienne a commencé a produire la fine couche d’oxygène à la surface de cette planète. Un jour, au temps des dinosaures, des sociétés intelligentes d’insectes sociaux comme les abeilles sont apparus et ont vaincu par leur intelligence collective : ils représentent 2 % des espèces d’insectes mais la moitié de la biomasse des insectes et sans eux la vie disparaît.

Les micro-organismes ont inventé toutes les formes d’organisation et de coopération, d’intelligence que nous découvrons à peine. Ainsi des lichens, unions entre une algue unicellulaire photosynthétique et un champignon : le champignon retire de l’algue le glucose que l’algue produit par photosynthèse ; l’algue retire de la relation un apport important en eau et en sels minéraux ainsi qu’un gîte. La découverte de l’ADN ne date que de… 1944. Grâce à lui, la cellule se recode et… ressuscite.

Arrivant seulement au crépuscule de l’histoire de l’évolution, nous portons comme « compilée » en nous la trace de la coopération originaire des bactéries qui a produit la vie et la conscience. 

C’est la vie qui commande et pas nous. Et si nous ne nous réveillons pas, le voyage continuera sans nous car l’aventure humaine c’est 1 minute à l’échelle de l’âge de l’univers. Regardez la nature, elle n’a pas besoin de nous pour accomplir chaque jour son miracle. Il suffit d’ouvrir les yeux.


L’homéostasie de chacun de nous, ses systèmes régulateurs en rééquilibre permanent (ce qui suppose une ‘conscience’ cachée) qui règlent nos battements de coeur, notre température, la quantité d’eau dans notre sang, notre respiration, sont le fruit de millénaires de coopération des bactéries, de lois innommables, d’une intelligence et d’une algorithmie dont le substrat est biologique et dont nos IA peinent à imiter les balbutiements.

De la prédation à la prise de conscience

A la fin, à la dernière minute de l’Univers donc, l’homme, conscient de lui-même et de son humanité est apparu avec comme seul but de garder et maintenir la vie et poursuivre l’aventure (comme toutes les espèces vivantes, survivre-se reproduire), mais avec quleque chos en plus, une conscience d’nu don originaire, qu’on nomme Création en théologie. Dit en termes religieux : Nous avons été créés par amour.

La volonté de l’homme pilote son destin. C’est parce que des êtres humains ont eu pitié d’autres, on voulut ne plus souffrir qu’est née la médecine et non pas comme une science séparée née de l’observation qui se serait ensuite constituée comme médecine. La conscience ne s’origine pas dans des algorithmes

L’homme est le plus grand des prédateurs… et il peut aussi se suicider.

Notre vision darwinienne de l’évolution, de la vie sociale, du capitalisme… est en fait un mythe néo-darwinien que nous sommes en train de payer avec le Coronavirus. Le soucis d’autrui, de ses émotions et de ses droits, la coopération humaine pilote l’évolution et non pas les guerres qui n’en sont que des crises de croissance. Les symbioses mutualistes nous entourent. L’escherichia coli dans notre intestin aide à la digestion, régule le système immunitaire et empêche la colonisation par des organismes pathogènes.

Car comme l’a montré Lynn Margulis (1938-2011) dans l’Univers bactériel :

« La vision de l’évolution comme étant le produit d’un combat sanglant entre des individus et des espèces – une distorsion populaire de la notion darwinienne de la « survie du plus apte » – se dissout alors que de nouvelles visions émergent de coopération continuelle, d’interaction et de dépendance forte entre les formes de vie »

De la Vie et de la Conscience le reverse engineering est impossible. L’Univers bactériel, l’homéostasie du vivant en ce monde est un système de coopération et de lutte qui se maintient selon ses propres lois et il n’y a pas de place pour un prédateur qui l’anéantirait.

L’être humain n’est que le berger de la Vie et pas son auteur, et nous devrions prendre cette crise comme un avertissement spirituel de dame Nature.

La franchissement de la barrière des espèces facteur de pandémies

Quelle est la crise écologique planétaire qui est en train de se passer et dont le Coronavirus est juste un début.

L’origine du Coronavirus comme du VIH (38 millions de morts), d’Ebola (20 000 morts) ou de Zika est un franchissement de la barrière des espèces de l’animal vers l’homme.

La destruction des habitats animaux par l’homme conduit les espèces à se rabattre sur l’espace d’habitat humain pour survivre et a franchir des barrières que le vivant a organisé pour maintenir la vie de tous.

L’origine du Coronavirus est la transmission à l’homme du Sars-CoV-2 transmis à l’homme via un animal (pangolin, chauve souris ? on ne sait pas). Le piège s’est refermé sur plusieurs centaines de millions de personnes en Chine avant de se propager à d’autres pays.

Le VIH est un virus simien le SIVcpz, dont le VIH est une réplique, qui vient du Zaïre qui est passé du chimpanzé à l’homme par consommation mais s’est répandu par l’urbanisation et l’industrialisation. La grande diversité des souches présentes à Pointe-Noire, Kinshasa et plus largement au Congo confirme qu’il s’agit bien du berceau de l’épidémie de sida.  L’urbanisation intense de Léopoldville (devenue Kinshasa), la diffusion par la ligne de chemin de fer Congo-Brazzaville, ont lancé l’épidémie en Afrique.  37 millions de morts.

Ebola aussi est un franchissement de la barrière des espèces de l’animal vers l’homme. La carte de la déforestation en Afrique de l’Ouest suit celle d’Ebola. La déforestation massive en Afrique de l’ouest et l’exploitation minière ont favorisé le contact du virus avec les populations humaines. L’hôte de l’animal, des roussettes, une espèce de chauve-souris frugivores produit des flambées du virus Ebola quand il déborde vers des populations humaines.

Zika sur le continent américain provient lui aussi d’un réservoir bactérien animal. Le virus provient du singe macaque rhésus utilisé comme « sentinelle » (animal en captivité faisant l’objet d’examens périodiques) lors d’une surveillance de la fièvre jaune dans la forêt Zika, au bord du lac Victoria sur la presqu’île d’Entebbe en Ouganda.La transmission à l’homme s’est faite par un moustique.

parfois l’homme utilise le franchissement de cette barrière des espèces comme un apprenti sorcier. Ainsi La maladie de Lyme l’a fait dans un cadre de guerre bactériologique… ( voir ici et ici). La transmission par la tique de la Borrelia Burgdoferri et de nombreuse co-infections n’en est qu’à son début.

Le seul remède contre les pandémies est la prise de conscience par l’homme de la puissance de l’univers bactériel et l’écologie.

L’apport du judaïsme à l’humanité : un art de vivre écologique intégral ( Léavdil)

Les traditions spirituelles de l’humanité sont simplement des arts de vivre millénaires. Quand l’humain oublie D. il n’est pas plus libre comme on le croit généralement… il commence juste à adorer n’importe quoi, son argent, son pouvoir ou son sexe.

Des milliards de personnes pendant des millénaires ont réfléchi à ce que signifiait une vie humaine. C’est à dire qui ne soit pas une prédation d’autrui et des faibles ou de la planète mais qui permette de faire sens pour le plus grand nombre sur fond d’incommensurable et d’Eternité. Voici quelques idées venues du judaïsme.

Dans la Bible D. cré les monde en séparant (léavdil) : la lumière des ténèbres, le jour de la nuit, les eaux du haut de celles du bas, la terre de l’herbe, les espèces. Et D. finit sa création en ordonnant à l’homme de séparer le temps profane du travail de celui sacré du repos (Chabbat) ou il retrouve son âme en étudiant, priant, recevant ses amis, faisant l’amour (Chabbat Vayinafash de nefesh âme). Chabbat qui se finit par le rite de la Havdala (de léavdil) la colture qui rend le temps au travail profane pour le sanctifier c’est à dire le rapporter ) D. Bref en rendant la création et le Travail de la semaine à son Origine ultime. D. Cette séparation originaire est une sanctification du temps (zeman) qui structure à travers le Chabbat et les fêtes et les Roch hodech (lunaison, début du mois) toute la vie juive. On devrait réfléchir à cette séparation d’un point de vue écologique.

Cacher veut dire « convenable » (Esther 8, 5), qui respecte la vie.

Par exemple, nous, les juifs ne mangeons pas de crustacés. Nous laissons aux poissons leur nourriture. Les « animaux interdits » visent à ne pas briser la chaîne et l’équilibre écologique. Les fruits de la mer, les crabes, les moules, les langoustes, les crevettes etc… constituent la nourriture pour les autres poissons. En les consommant, l’homme détruit un équilibre écologique ce qui a pour conséquence la disparition de nombreuses races de poissons privés de la nourriture qui leur était destinée.

Dans le Chema que nous disons deux fois par jour, le coeur de la prière juive, nous disons :« tu aimeras » et tout de suite après de manière très étrange on nous parle d’écologie et des résultats d’un comportement éthique ou non sur notre environnement écologique:


« si vous écoutez bien Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre D.ieu et le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié. »

Mais si nous nous laissons à retourner à la confusion idolâtrique, au mélange des genres, au viol de la nature et au tohu bohu primitif décréateur :

« La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous. Il fermerait les cieux, il n ‘ y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que D.ieu vous donne. »

Nous ne mélangeons pas le lait et la viande pour rappeler l’interdiction du mélange des générations. La Torah nous enseigne à 3 reprises :

“Tu ne cuiras pas l’agneau dans le lait de sa mère”

La clôture, la séparation sont une structuration de toute notre vie dans ses moindres détails pour laisser la place : aux autres qui ont eux aussi le droit de vivre (‘Tu aimeras ton prochain car il est comme toi-même » est la juste traduction de l’injonction du Lévitique); aux vivants; à D. sont les fondements de notre art de vivre.

La circoncision du prépuce (orla) qui signifie la séparation d’avec D. et donc l’Alliance est une réalité écologique de apparaît quand la Torah elle dit que le fruit de l’arbre fruitier qui vient d’être planté « est incirconcis (orla) pendant trois ans… on n’en mangera pas » selon le code Lévitique (Lv 19, 23).  La Tradition juive a remarqué que, chaque fois que le terme orla est employé dans la Bible, il désigne une barrière faisant obstacle à un résultat favorable. Ainsi, la résistance de quelqu’un au repentir est appelé la orla du cœur : « Supprimez donc la ‘orla de votre cœur  » (Dt 10, 16). La suppression de l’obstacle rétablit donc l’alliance avec D. en même temps qu’elle frustre le corps de sa prétention à l’unité sans Dieu. En enlevant le prépuce, l’homme juif signifie la séparation qui le fait entrer dans l’humanité juive, qui n’a d’autre prétention que de signifier aux autres êtres humains l’humanité tout court, la sortie de l’animalité pour accéder à l’humanité sociale. C’est d’ailleurs ce jour-là que l’enfant reçoit son nom, il entre dans la filiation qui le rend redevable de son humanité dont le nom –la psychanalyse l’a suffisamment montré, est le sceau symbolique et la porte d’accès au langage et au Réel.  C’est en ce sens qu’il faut comprendre le : « Et le Seigneur, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité. » (Deut. 30, 6). L’homme n’est donc pas le dominateur de la création mais il  est celui qui la protège et qui veille sur elle. Lé’ovdah oulchomrah. Par son action et ses choix il peut conduire l’humanité au désastre, mais il a aussi  et surtout la possibilité de parfaire le monde.
L’éthique et l’écologie du vivant sont donc liés. Ce n’est pas le capitalisme ni l’avidité ni les délires des puissants qui pilotent la Vie.

Voilà ce que mon Maître, le Rabbin Haïm Harboun, m’a appris.

Voir ici : Tou Bichvat, le judaïsme est une écologie

« L’associé principal de l’homme dans l’aventure du vivant n’est rien d’autre que D. lui-même. c’est pourquoi, toute action de l’homme ne doit pas détruire la part de D. »

Rav Haïm Harboun

RADIO JUDAIK PARK : COVID, Nouvelles du Front

CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS
Les Français parlent aux Français. « Les carottes sont cuites », je répète « les carottes sont cuites ».

Message personnel : « Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA » je répète «  Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA  »

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus qui n’avaient jamais été observés auparavant. VIH, Ebola en Afrique de l’Ouest, Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale.

La plus grande partie de leurs microbes vivent avec eux depuis des siècles il s’y sont habitué. Le problème vient de la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, qui ont permis à des microbes d’arriver aux implantation humaines et jusqu’au corps humain.

Ça ne ressemble en rien à une grippe, symptômes très violents. 4 cas du front :

N.

N. est malade depuis jeudi dernier. Courbatures comme si on l’avait frappé. La fièvre est à 39 depuis, bon signe. Aucun problème cardiaque ou respiratoire

Y.

Dans un même appartement :

« Son frère 36 ans en à J+9 : Mieux ce jour après détresse respiratoire hier assez sévère.

Sa Maman 75 ans, à J+8 : aggravation ce matin assez sévère avec apparition de multiples nouveaux symptômes mais état stabilisé depuis 2/3 heures.

Up and Down violent inherent au COVID. 

Y 40 ans, elle parle avec une voix complètement brisée qui l’a surprise au détour d’une phrase

Y est malade depuis mercredi dernier 17h, aucun signe de fièvre, problème respiratoire

Hier… journée de merde… Gigantesque défaillance respiratoire.

Visite médecin des Urgences médicales de Paris (nb : 30, les meilleurs) arrive habillé avec des gants une combinaison et des protèges chaussures. A l’entrée il se recouvre d’une autre combinaison qu’il jettera à la sortie ; on n’est pas dans la série Techernobyl sur Netflix.

Le médecin fait ouvrir les fenêtre et évacuer l’air de la pièce.

Il ausculte Y avec des gants et précautions.

Poumons en surinfections en plus du COVID donc Pénicilline.

Electrocardiogramme qui détecte 2 anomalies… Bilan sanguin phase 1 : Infarctus du Myocarde semble écarté. Le reste semble normal.

Bilan sanguin sera connu demain.

Hospitalisée ? Non… pas encore assez grave.

Le cœur tient.

Plus de place à l’hopital, le médecins ne se déplacent plus. Les vieux urgentistes pleurent en réa’

Si le résultat de demain est ok pour le coeur on pourra donc dire que le souci à l’électrocardiogramme est une conséquence du COVID et de l’infection pulmonaire et non un problème cardiaque (elle n’en a jamais eu). Y est diagnostiqué COVID mais les seuls diagnostiqués sont les gens dans les hôpitaux. Donc les chiffres sont faux. Les gens crèveront à la maison.

Les labo d’analyses sont quasiment tous fermés à Paris.

Les labo qui se déplacent habituellement ne le font plus.
Pour Infos et si nécessaire un labo ouvert au 17 Avenue d’Eylau dans le 16ème, métro Tocadéro.

Le danger même si état stable survient entre J+8 et J+12

On considère qu’il faut être en J+10/J+12 pour être sorti d’affaire

Prions

CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS

« Ô Éternel, D. vrai, qui ne sommeille ni ne dort, qui réveille ceux qui dorment et ranime ceux qui somnolent, qui ressuscite les morts et guérit les malades… »

A toi Yaël J., à ton frère à ta Maman guéris Baroukh Achem ! Cette Tefilah (prière) adressée à tous les vivants et ceux qui peinent dans la douleur du Coronavirus.
Au Rav Hamou.
A Néda.
Que le Chomer- Gardien d’Israel vous donne la couronne de la Refoua Chelema.
Que le Chomer veille sur les vaillants soldats des corps qui risquent leur vie jour et nuit et veillent au péril de leur vie.
Que soit béni le Grand Rabbin Haïm Korsia qui court d’un malade à l’autre sans relâche avec son téléphone et qui m’a réconforté en mon confinement dans une autre peine en ce jour.


 » Vois il ne dort ni ne veille, le Chomer (gardien) d’Israël. »

Ps 121, 4

Si tu doutes de ce que je te dis crois en au moins nos Sages, je n’invente rien qu’ils n’aient dit, regarde en note [1]).

« Nichmat Kol ‘Haï » : Que l`âme de tout vivant

Le « Nichmat Kol ‘Haï » composé à l’époque des Tannaïm est chanté dans la prière du matin de Chabbat, des fêtes, et aussi le soir du Séder de Pessa’h (traité Pessa’him 118).

D’Autres attribuent la paternité de ce chant à Chimon Ben Chatah le frère de la Reine d’Israël Salomée Alexandra qui régna en 75-67 avant notre ère.
Ce « Bircat Achir » (la bénédiction du chant) est aussi mentionné dans le Talmud qui dit qu’il était chanté après le Cantique du passage de la mer (on en retrouve des expressions). Il date donc au moins de l’époque talmudique.

La coutume est de réciter « Nichmat Kol ‘Haï » après avoir été délivré d’une souffrance après s’en être sorti sain et sauf; et en public lorsqu’on doit traverser une période dangereuse. C’est seulement à l’époque des guéonim (8e-11e siècle) qu’on ne l’a plus prononcé principalement qu’à Chabbat.

La 3ème partie se compose de quatre versets courts qui enchâssent les noms d’Isaac et Rivka. Ce Quidouchine (fiançailles, mariage, de quadosh, « Saint » = « choisir, particulariser » en hébreu et non pas « être un petit saint », un petit dieu… ce uies t de l’idolâtrie) d’Issac et Rebecca a la signification de l’amour dans notre Tradition. Isaac symbolise la prière de l’après midi, celle de Minha.

« Parmi les saints d’Israël (nous !) » et pour tous nos frères et soeurs humains « que l’Éternel soit loué ». « Aux gens intègres et aux tsadikim convient la louange ».

L' »efficacité »de la prière ?

Pourquoi Issac et Rebecca sont-ils évoqués à la fin du Nichma Kol ‘Haï ? Allez au bout de ce post et vous découvrirez ce secret.
Voici explication une hypothèse de moi et qui ne vaut pas plus : dans ‘Hayé Sarah nous lisons que lorsqu’Abraham envoya son serviteur Eliézer, chercher une épouse pour Issac celui-ci pria pour que sa mission soit couronnée de succès et… fut immédiatement exaucé.

« Il n’avait pas encore fini de parler lorsque Rébecca apparut… »

Gn 24, 15

Le Midrach dit :

« Il y eut trois personnes dont la prière fut immédiatement exaucée : Eliézer le serviteur d’Abraham, Moïse et Salomon. « 

Béréchit Rabba 9:4

La prière n’a pas pour fonction de provoquer une événement surnaturel qui irait contre les lois de la nature ou l’ordre du monde. C’est l’ordre du monde qui est lui-même surnaturel tout comme la guérison. D.ieu n’est pas un super ministre de la santé ou des finances qui nous comblerait de ce qui nous manque. Il ne peut être instrumentalisé, ce qui en ferait une idole, une chose de ce monde. Or D. est Un et un jour son Nom sera Un pour tous les être humains comme le dit la bénédiction à la fin de toute tefilah (Adonaï E’had Ouchmo E’had).

En réalité, celui qui prie est déjà exaucé nous a enseigné le Professeur Yechayahou Leibowitz via son disciple et traducteur Gérard Haddad; Celui qui ne sait pas cela n’a jamais prié véritablement.

« La prière n’est pas une tentative pour provoquer l’intervention du Créateur dans l’ordre de sa Création, tel qu’il l’a fixé. Le monde de D.ieu suit son cours selon les lois imprimées en lui par son Créateur. La signification de la prière n’est pas une demande pour que Dieu modifie le cours de son monde pour le bien de celui qui prie, mais elle est l’acte d’attachement à Dieu par le fait de Le servir, sans lien aucun avec ce qui se produit dans la réalité naturelle. Celui qui ne sait pas cela n’a, de sa vie, jamais accompli une prière croyante en D.ieu. (…)

« Pourquoi la prière des justes, des droits et des purs n’est-elle pas exaucée ? » la réponse est la suivante : Il n’est pas de prière qui ne soit exaucée ! Du fait que la prière n’est que l’expression, par celui qui prie de l’intention de servir D.ieu, il s’ensuit que cette prière  en elle-même constitue le succès de cette intention (…) De quoi s’agit-il alors ? De prier avec intention, c’est-à-dire avec l’intention religieuse de servir Dieu : ‘D.ieu est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent en vérité‘. (…) Voilà le grand principe de l’éducation religieuse, et cela suffit à celui qui le comprend. »

Dans : Les fondements du judaïsme, causeries sur le Pirqé Avot (Aphorismes des Pères) et sur Maïmonide. Traduction de Gérard Haddad. Cerf, 2007, pg. 69-70.

L’Eternel « trône au milieu des louanges d’Israël » et c’est pourquoi nous continuons de chanter dans l’épreuve :

ד  וְאַתָּה קָדוֹשׁ–    יוֹשֵׁב, תְּהִלּוֹת יִשְׂרָאֵל.4 Tu es Saint, trônant (yoshev s’asseoir- comme chabbat) au milieu des louanges (tehilot) d’Israël.
ה  בְּךָ, בָּטְחוּ אֲבֹתֵינוּ;    בָּטְחוּ, וַתְּפַלְּטֵמוֹ.5 En toi nos pères (avoténou) ont espéré, ils ont eu confiance, et tu les as sauvés.
ו  אֵלֶיךָ זָעֲקוּ וְנִמְלָטוּ;    בְּךָ בָטְחוּ וְלֹא-בוֹשׁוּ.6 Ils ont crié vers toi et ont été délivrés; ils ont espéré en toi et n’ont pas été déçus. (Ps 22)

Seules les larmes brisent les portes d’airain des Cieux fermées depuis la destruction de notre Temple. Que viennent Machiah’ en notre génération.

Bircat Achir

« Que l`âme de tout vivant bénisse ton nom ; Éternel notre D.,
et que l’esprit de toute chair glorifie et magnifie ton souvenir, o notre roi,
constamment d’éternité en éternité tu es D.
Hormis toi, nous n’avons pas de roi qui délivre et sauve, qui rachète et libère, qui répond et a pitié dans chaque moment de malheur et d’oppression.
Nous n’avons pas de roi qui secoure soutient si ce n’est Toi,

D. des origines et de la fin, D. de toutes les créatures, seigneur de tous les événements, célébré par toutes les louanges, qui dirige son univers avec amour et ses créatures avec miséricorde ;
ô Eternel, D. vrai, qui ne sommeille ni ne dort, qui réveille ceux qui dorment et ranime ceux qui somnolent, qui ressuscite les morts et guérit les malades, qui dessille les yeux des aveugles et redresse ceux qui sont courbés, qui fait parler les muets et dévoile les secrets, c’est à toi seul que nous rendons hommage.


Et quand bien même notre bouche serait pleine de cantiques comme la mer ; notre langue, de chants, comme la multitude de ses vagues, et nos lèvres, de louanges, comme les espaces du firmament ; quand bien même nos yeux seraient lumineux comme le soleil et la lune, et nos mains déployées comme les aigles des cieux, et nos pieds rapides comme les biches
nous ne pourrions épuiser l’hommage qui t’est dû, ô
Eternel, notre D., bénir ton nom, ô notre roi,
ne serait-ce que pour un seul des milliers de milliers, des myriades de myriades de bonté que tu as accomplis pour nos ancêtres.

Avant, déjà, tu nous avait délivré d’Egypte, o Etrenl notre D. rachetés de la maison d’esclavage; nourris pendant la famine, sustentés avec abondance, délivres du glaive, tirés de la peste, sortis de maladies graves et nombreuses.

Jusqu’à présent, ta miséricorde nous a secourus et ton amour ne nous a pas abandonnés.
C’est pourquoi, les membres que tu as répartis en nous, l’esprit et l’âme que tu as insufflés dans nos narines et la langue que tu as placée dans notre bouche, te rendent hommage, bénissent, louent, glorifient et chantent ton nom, ô notre roi !


Oui, toute bouche doit te rendre hommage ; toute langue doit te louer ; tout œil doit espérer en toi, tout genou doit plier devant toi, tout être dressé doit se prosterner devant toi, les cœurs te craindre, les entrailles et les reins chanter ton nom, ainsi qu’il est dit :
« Que tous mes os clament, ô Éternel : « qui est comme toi qui délivre le pauvre d’un plus fort que lui, l’indigent et le malheureux de leur voleur ». (Ps 35, 10)

Tu entends la plainte des pauvres, tu es attentif au cri du faible et tu sauves ! Il est écrit « Chantez Justes l’Eternel ! Aux intègres convient la louange » [à D.] (Ps 33, 1)


Par la bouche des gens intègres, sois magnifié !

Par les lèvres des justes, sois béni !

Par la langue des pieux, sois sanctifié !

Parmi les saints, sois loué !

Nichmat


(Les noms de Isaac- Itsrak et de Rebecca-Rivka, son épouse, apparaissent en acrostiche dans chacune des colonnes)

[1] L’Éternel, Chomer Israël :

Danny Trom, Persévérance du fait juif – Une théorie politique de la survie. Éd. de l’Ehess/Gallimard/Éd. du Seuil, 2018.

Psaume 30 : « Avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse »

Cigognes à Marrakech, la ville de mon maître le Rav Haïm Harboun :
« Le fidèle se dit Hassid en hébreu, comme hassida la cigogne car le cigogne revient toujours, fidèlement, techouv (reviens) mon fils »

Hier après Chabbat un ami rabbin m’a dit que les portes des cieux étaient fermées depuis que notre Temple a été détruit. Seules les larmes brisent désormais ces portes de fer du Ciel.

Je dédie donc cette traduction du Tehilim 30 à celles et ceux d’entre vous qui ont beaucoup pleuré.

Les mots des psaumes d’Israël, ce résumé de la Torah en cinq livres, disent toujours la vérité.

Tout le Psaume 30 joue sur une opposition :

– de la descente : à la tombe, dans la poussière, du sang qui coule vers le sol…

– et de la montée, du relèvement, de l’exaltation : qui est en fait la résurrection des morts.

D. relève littéralement celui qui tombe.

Le hassid (fidèle) en deuil s’habille de la ceinture (Sac/ cilice) de deuil et D. la remplace par une ceinture de joie.

Car « Sa colère ne dure qu’un instant » Et le Talmud demande :

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément ? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

J’explique mes choix et commentaires en seconde partie :

א  מִזְמוֹר:  שִׁיר-חֲנֻכַּת הַבַּיִת לְדָוִד. 1 Psaume. Chant de la dédicace du temple; de David.
ב  אֲרוֹמִמְךָ יְהוָה, כִּי דִלִּיתָנִי;    וְלֹא-שִׂמַּחְתָּ אֹיְבַי לִי. 2 « Je t’exalterai Éternel : car tu m’as relevé, tu n’as pas donné la joie à mes ennemis.
ג  יְהוָה אֱלֹהָי–    שִׁוַּעְתִּי אֵלֶיךָ, וַתִּרְפָּאֵנִי. 3 Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri
ד  יְהוָה–הֶעֱלִיתָ מִן-שְׁאוֹל נַפְשִׁי;    חִיִּיתַנִי, מיורדי- (מִיָּרְדִי-) בוֹר. 4  Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol, tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.
ה  זַמְּרוּ לַיהוָה חֲסִידָיו;    וְהוֹדוּ, לְזֵכֶר קָדְשׁוֹ. 5 Chantez l’ Éternel, vous qui lui êtes fidèles, souvenez-vous de sa Sainteté
ו  כִּי רֶגַע, בְּאַפּוֹ–    חַיִּים בִּרְצוֹנוֹ:
בָּעֶרֶב, יָלִין בֶּכִי;    וְלַבֹּקֶר רִנָּה.
6 Sa colère ne dure qu’un instant, la vie Sa volonté; avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse.
ז  וַאֲנִי, אָמַרְתִּי בְשַׁלְוִי–    בַּל-אֶמּוֹט לְעוֹלָם. 7 J’avais dit dans ma paix: « Jamais je ne chancellerai »
ח  יְהוָה–    בִּרְצוֹנְךָ, הֶעֱמַדְתָּה לְהַרְרִי-עֹז:
הִסְתַּרְתָּ פָנֶיךָ;    הָיִיתִי נִבְהָל.
8 Dans ta volonté, Éternel , tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté
ט  אֵלֶיךָ יְהוָה אֶקְרָא;    וְאֶל-אֲדֹנָי, אֶתְחַנָּן. 9 C’est vers Toi que je crie, c’est vers Mon-seigneur que je supplie
י  מַה-בֶּצַע בְּדָמִי,    בְּרִדְתִּי אֶל-שָׁחַת:
הֲיוֹדְךָ עָפָר;    הֲיַגִּיד אֲמִתֶּךָ.
10 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? Raconte-t-elle ta fidélité ?
יא  שְׁמַע-יְהוָה וְחָנֵּנִי;    יְהוָה, הֱיֵה-עֹזֵר לִי. 11 « Écoute, Éternel , pitié pour moi ! Éternel , viens à mon aide ! »
יב  הָפַכְתָּ מִסְפְּדִי, לְמָחוֹל לִי:    פִּתַּחְתָּ שַׂקִּי; וַתְּאַזְּרֵנִי שִׂמְחָה. 12 Tu as changé mes lamentations en allégresse  Tu as délié mon sac et tu m’as ceint de joie
יג  לְמַעַן, יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד–    וְלֹא יִדֹּם:
יְהוָה אֱלֹהַי,    לְעוֹלָם אוֹדֶךָּ.
13 Ainsi mon âme chantera Ta gloire. Je ne serai pas muet.
Éternel , mon D.ieu ! je Te louerai toujours. »

Choix de traduction

Chant de la dédicace de la maison ( bayit : le temple); de David.

Je t’exalterai (aroumiméra : comme arôme) Éternel : car tu m’as relevé (au sens de « relever » d’entre les morts, résurrection), tu n’as pas donné la joie (sim’ha) à mes ennemis.

Éternel , mon Dieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri (refaeyini, « refoua » la santé, comme refoua chelema, la pleine santé)

Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol [séjour des morts, vallée prés de yéroushalaim], tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.

Chantez (zamerou) l’ Éternel , vous ses fidèles (hassid, hassidim au pluriel, « les pieux » comme hassida la cigogne car elle revient chaque année sur les rempart de marrakech), souvenez-vous de sa sainteté (lezerekh comme zakhor, le souvenir/ itzkor– prière des disparu de la shoah, quasho, comme quadosh);

Sa colère ne dure qu’un instant, la vie sa volonté (ratsono) ; avec le soir (erev), viennent les larmes, mais au matin l’allégresse.

J’avais dit en ma paix (chalom, la pais la complétude): « Jamais je ne chancellerai. » (Bal emot leolam, litt. : « sans soutien pour toujours »)

Dans ta volonté (retsonera, de ratson, volonté), Eternel, tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté (nival, paniqué).

C’est vers Toi que je crie, c’est à Mon-seigneur que je supplie (et’hana, comme Oshia ha na ! Hosana, Hoshianot au pluriel, supplications de la fête de Souccot)

 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau?

La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? (Ayodékha Afar

Raconte-t-elle ta fidélité?

 « Écoute (Chema ! comme la prière), Éternel , pitié pour moi (venanéni) ! Eternel, viens à mon aide ! »

Tu as changé mes lamentations en allégresse  (lamakhol li),  Tu as délie/ ouvert mon sac  [La toile grossière, portée sous la forme d’une ceinture autour des reins  est mentionnée dans la Torah comme symbole de deuil et de pénitence, cela a donnée le Cilice, une ceinture rugueuse ; Cf (Gn 37, 34 : « Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice (chak) sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils », 2 Samuel 3, 31, Esther 4,1)] et tu m’as fait une ceint de joie (jeu de mot avec le cilice-ceinture remplacé par la joie –simha)

Ainsi mon âme chantera ta gloire (Kavod). Je ne serai pas muet (velo yidom) Éternel , mon D.ieu! je te louerai toujours.