Un « Sceau du gouverneur de la ville » en ancien hébreu, daté de 2700 ans, retrouvé à Jérusalem


Un sceau du gouverneur de la ville de Jérusalem d’il y a 2700 ans (7ème siècle avant notre ère) en Ancien hébreu a été découvert à Jérusalem dans un bâtiment sur l’esplanade du Kotel (mur sud-ouest des fondations du Temple). C’est la première fois qu’on trouve une attestation archéologique de ce gouverneur de la fin de l’époque du premier Temple mentionnée dans la Torah.

Sur la pièce figurent deux hommes vêtus de long habits se faisant face et se tendant la main, avec ce qui semble être une lune entre les deux mains tendues. En dessous de cette représentation, une inscription en ancien hébreu indique : « Au gouverneur de la ville ».

Le sceau ne mentionne pas le nom du dirigeant de Jérusalem mais Shlomit Weksler-Bdolah qui participe aux fouilles de l’autorité des Antiquités pense qu’il se réfère à la Vieille ville car il a été retrouvé dans le même bâtiment où d’autres artefacts avaient été mis au jour. Les examens scientifiques qui seront pratiqués prochainement devraient confirmer le lien avec Jérusalem, estime la scientifique.

Lors de fouilles archéologiques en Égypte, on avait retrouvé  la correspondance entre le pharaon Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.) et le gouverneur de Jérusalem, un certain ʿAbdi-Khéba. Lire la suite de « Un « Sceau du gouverneur de la ville » en ancien hébreu, daté de 2700 ans, retrouvé à Jérusalem »

Lekha Dodi : « Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée »


Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, Le Chabbat paraît, allons le recevoir!

lekhad2« Observe » et « souviens-toi » (1), ces mots, le Dieu unique
Nous les fit entendre en une unique parole,
Le Seigneur est Un, Un est son Nom,
A Lui Honneur, Gloire, Louange!
Refrain : 
Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, 
Le Chabbat paraît, allons le recevoir!
Empressons-nous à la rencontre du Chabbat,
Il est la source de bénédiction,
Consacré dès les temps les plus lointains,
But de la Création dans la première pensée du Créateur…
(Refrain: Viens…) 
Sanctuaire du grand Roi, Ville Royale,
Debout, relève-toi de tes ruines !
Assez séjourné dans la vallée des pleurs :
Tu es Source des miséricordes du Dieu miséricordieux.
(Refrain: Viens…)
Secoue la poussière, debout !
Remets tes habits de fête, ô mon peuple.
Grâce au fils de Yichaï de Bethléhem,
Mon âme voit s’approcher d’elle le salut.
(Refrain: Viens…) 
Réveille-toi, réveille-toi,
Ta lumière brille, lève-toi, sois illuminée !
Courage, courage, entonne un cantique !
Sur toi resplendit la gloire du Seigneur.
(Refrain: Viens…)
Pour toi plus de honte, plus d’opprobre!
Pourquoi te troubler, pourquoi te tourmenter ?
Chez toi mon peuple, pour ses humbles enfants, trouvera un asile,
Et des ruines ressuscitera la Ville rebâtie.
(Refrain: Viens…)
Ceux qui l’ont dévastée, seront foulés aux pieds,
Et tous tes adversaires mis en fuite,
Ton Dieu mettra en toi sa joie,
Comme le fiancé dans sa fiancée.
(Refrain: Viens…)
Etends-toi à droite et à gauche,
Et glorifie le Seigneur,
Grâce à celui qu’on nomme le fils de Péretz (2)
Voici venir pour nous la joie et l’allégresse.
(Refrain: Viens…) 
Viens en paix, toi qui es la couronne de ton époux,
Viens dans la joie, dans la félicité,
Au milieu des fidèles du peuple élu,
Viens, ma fiancée, viens, ma fiancée!

  1. Voir Exode 20:8 et Deutéronome 5:12 et Talmud babli Chebhouôth 20 b.
  2. Le Messie, d’après Ruth 4:18-22.

Langue sacrée, français parlé : la Symphonie des lettres de François Yoçèf Brami


François Yoçèf Brami, Symphonie des lettres – Lexique illustré d’une origine hébraïque du français : mots et expressions. Préface du Grand Rabbin Haïm Korsia. BibliEurope 2017. (Acheter ici)

Yossef Brami

Dans le judaïsme on dit que quand un Sage meurt c’est comme une bibliothèque qui brûle. Mais quand un livre naît c’est comme un enfant qui se met à parler et celui-ci parle une langue étrange d’hébreu et de français ou plutôt des racines hébraïques du français. Mazel Tov donc à François Yoçèf Brami pour cette Symphonie des lettres – Lexique illustré d’une origine hébraïque du français : mots et expressions. De quoi s’agit-il ?

Un juif francophone dit chaque jour les louanges du Très haut et au bout d’un moment une idée naît en lui. Pourquoi certains mots hébreux ressemblent donc tant à des mots français ?

On se rappelle que Rachi, rabbin de Troyes-en-Champagne au 11 ème siècle avait déjà montré qu’un certain nombre d’expression en vieux français provenaient directement de l’hébreu de la Torah (environ 3000 gloses disséminées à travers la Bible et le Talmud). Grace au travail de ce génie qui n’avait d’autre but que de commenter le texte nous sont parvenus des milliers de mots de l’ancien français qui sans lui seraient perdus. Ainsi du mot tohu Bohu qui vient du livre de la Genèse. Rachi commente « La terre était déserte et vide (Tohu vavohou) Et le souffle de D. planait sur les eaux » :

  • Tohou signifie « étonnement, stupéfaction », l’homme étant frappé d’étonnement et de stupeur en présence du vohou. En français (médiéval ): « estordison » : étourdissement).
  • « La face de l’abîme ». En français médiéval : « acoveter » : être couché.

François Yossef Brami a reproduit cette méthode de commentaire de Rachi dans sa Symphonie des lettres. Il a retrouvé tous les mots français à ascendance, consonnance hébraïque.

  • Abracadabra = Abra (je créerai), Ca (comme), Dabera (je parlerai)
  • Autoriser = Autire (autoriser en hébreu)
  • Ame = Neshama
  • Balbutier = Babel, Bavel: mélange
  • Immigré = Guer
  • Lumière, éclaire : Mire, Meïr…

Tout travail de généalogie est travail de recherche non seulement de filiation mais aussi de sens. Parfois c’est ainsi l’antisémitisme qui se glisse dans la langue. Qui sait que Arnaq en hébreu veut dire… portefeuille. Les juifs longtemps assignés à la seule tâche qui leur fut autorisé par l’église : le micro crédit à la consommation, ou usure, on finit par avoir la réputation d’ « arnaqueurs »…

Pour nous juifs la langue sacrée est celle de la Torah. La Bible que lisent les chrétiens provient de la traduction de notre torah par la communauté juive hellénistique vers 270 avant notre ère. On l’appelle la Septante (des 70 sages qui l’auraient traduite et seraient retombés sur le même texte par miracle). On en trouve une trace de cet épisode dans le Talmud :

 « On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptolémée, et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement » (Talmud de Babylone, Soferim 1, 7).

Peu de gens le savent mais grâce à Eliézer Ben Yehouda nous reparlons cette langue qui n’était plus utilisée que dans la prière[1]. (Lire ici une recension)

Notre langue « patrie bien aimée de nos pensées » comme disait Herzl est désormais l’hébreu. Ce qui est en soi un miracle. Et parfois sous les langues de la galout affleure un filon, celui de l’hébreu et des juifs qui ont vécu sur ces terres d’exil.

Retrouver l’origine, montrer la filiation, faire anamnèse pour sortir le diamant de sa gangue est tâche sacrée. C’est ce que fait cette Symphonie des lettres préfacée par le Grand Rabbin Korsia.

Il arrive parfois que le texte se taise, la langue ne parle plus et s’enveloppe de silence. Le silence alors nous envahit. Et puis on prononce les mots comme en un rite…et ceux-ci reprennent vie comme les ossements d’Ezéchiel dans la vallée de le Géenne, et ils se mettent à parler. Comme une musique.

[1] Voir : BEN-YEHOUDA (Éliézer), Le Rêve traversé, suivi de BEN-AVI (Ithamar), Mémoires du premier enfant hébreu, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, 425 p. (textes traduits par Gérard Haddad) (avec la collaboration d’Yvan Haddad) et précédés de La Psychose inversée, du même G. Haddad)

Gmar hatima tova


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Rabbi Eliézer a dit :
Fais téchouva un jour avant ta mort. »
Ses élèves lui demandèrent :
« Un homme connaît-il le jour de sa mort ? ».
Rabbi Eliézer répondit :
« À plus forte raison, qu’il fasse téchouva aujourd’hui de peur qu’il mourra demain.
Ainsi, tous ses jours seront en téchouva. (TB Chabbat 153a)

La Guémara poursuit :

Parole de Rabbi Yo’hanan ben Zakaï :
« À quoi cela ressemble-t-il ?
À un roi qui convia ses serviteurs à un festin mais qui n’en a pas fixé l’heure. 

La vraie nature de la Techouva


Par le Rav Chlomo Haïm Hacohen Aviner – chelita – en 5757 (1997). 


1. La Techouva : a priori ou a posteriori ?

D’après nos Sages, la Techouva aurait été créée avant le monde, avant toute présence humaine. A première vue, puisqu’il n’est de faute sans présence humaine, la Techouva semblerait inutile.

Mais surtout, l’homme a été créé faillible, tel qu’il est susceptible de faire des erreurs et de fauter. “Il n’existe pas de juste sur terre qui fasse le bien sans jamais fauter”. La Thora ne cache pas qu’à plusieurs reprises, Moïse lui-même a commis des erreurs ; le peuple juif s’est rendu coupable d’une faute extrêmement grave avec le veau d’or. Aucun être n’est exempt d’erreurs, d’où la nécessité de la Techouva, sorte d’issue de secours. Selon un adage célèbre : “C’est la Loi qui créé la faute”, autrement dit, sans Loi, sans mitsvot, sans interdit, il n’y aurait pas de faute ! Grande habileté du fondateur de christianisme auteur de cette phrase. Mais le Mal est le Mal, ce n’est pas la Loi qui l’engendre. Le Mal est Mal dans son essence, que nous le comprenions ou non. Il est admis que le vol est de l’ordre du mal, il nous faut comprendre que profaner le Chabbat relève également du mal.

2. Le mérite du ‘Ba’al Techouva’

La Techouva, cet acte qui nous permet de nous décharger de tout ce Mal qui nous accable sans relâche permet une purification. Mais la Techouva est plus que cela.

Le terme de Techouva, intraduisible en français si ce n’est pas le terme de ‘Retour’, comporte un relent négatif. S’il s’agit d’un retour, c’est qu’on a fait fausse route et qu’il faut revenir sur soi, réparer ce qu’on a détérioré. Si on peut détériorer, on peut également réparer. C’est donc un processus a posteriori de l’âme. Des dégâts ayant été commis, il importe de restaurer la situation telle qu’elle était au départ. Certes, il aurait été préférable qu’il n’y ait pas d’erreur, de faute et que la Techouva ne soit pas nécessaire. C’est donc après coup que les dégâts ayant été commis, il faut s’efforcer de les réparer.

Nos Sages ont précisé que “là où se tiennent les Ba’alé Techouva, les Tsadikim guemourim ne sauraient se tenir”, conférant ainsi un avantage au Ba’al Techouva par rapport à celui qui est toujours demeuré dans la voie droite. Cette opinion est en fait l’objet d’une controverse dans le Talmud. Selon l’un des Sages, le Ba’al Techouva est effectivement supérieur au Tsadik gamour, au Juste parfait, alors que d’autres présentent une opinion contraire en affirmant que “toutes les promesses des prophètes ne concernent que le Ba’al Techouva ; quant à ce qui attend le Tsadik gamour, aucun œil ne l’a contemplé”, pas même l’œil prophétique qui perçoit le lointain de l’histoire mais est dépassé par la réalité du Tsadik gamour [Berakhot 34b]. Ce qui signifierait que le monde que les prophètes nous promettent et nous présentent, c’est un monde qui appartient aux Ba’alé Techouva et qui est construit par eux. Mais le monde des Juifs intègres est un autre monde.

Une controverse dans le Talmud, ne signifie pas que les propos soient divisés entre le vrai et le faux, entre lesquels il faudrait choisir. De toutes les controverses qui surgissent dans le Talmud, il est écrit : “celles-ci et celles-ci sont des paroles du Dieu vivant” [‘Erouvin 13b]. La réalité est complexe, elle présente différents aspects, différentes facettes, différentes lumières. Chaque opinion fait apparaître une facette de la réalité. Chacun perçoit une couleur, un aspect, et ce sont les propos de tous nos Sages ensemble qui constituent la vérité.

Et ce sont les propos de tous nos Sages dans leur ensemble qui forment la réalité. Il est bien évident par ailleurs que chacun des Sages connaissait l’opinion de l’autre, d’autant qu’elles procèdent de la même argumentation. Elles se fondent d’ailleurs toutes deux sur le même verset.

suite ici

Commentaire Psychologique de la Torah


le-rabbin-aux-mille-viesAprès la vie du Rabbin Haïm Harboun à lire et à relire :

>>> PDF: Haim Harboun, le rabbin aux mille vies (extrait)

Achetez le livre en ligne >>> ici 

J’écris un long « Commentaire psychologique de la Torah » à partir de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et du Talmud qui paraîtra en 2018.
Freud est une goutte d’eau par rapport à l’enseignement des Hakhamim sur l’âme humaine !

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Conférence du Rav Elie Lemmel hier soir à la syna : « Dépasser la culpabilité »
Trés psy et passionnant ! tout un programme en ce temps de Kippour… (Yamim Noraïm) !

D’où viennent les Selihot ? Un manuscrit de Selihot du 9ème siècle dans la « bibiothèque murée » de Dunhuang en Chine


Le plus ancien manuscrit babylonien de Selihot
9ème siècle, grotte de Mogao, Chine.

Quand le sinologue Paul Pelliot arriva aux grottes de Mogao en Chine le 25 février 1908, un coin désertique en bordure du désert du Gobi, il était loin d’imaginer qu’il découvrirait dans ce monastère tibétain sur la route de la soie dans la vallée aux mille bouddhas et aux 492 temples bouddhistes un véritable trésor de manuscrits écrits en chinois écrits du IVe au XIVe siècle , en tibétain, en ouïghour, en sogdien, en sanscrit et en hébreu.

Vallée de Mogao

En février-mars 1908, Pelliot achète pour 500 tael (100 euros) à un moine taoïste, une partie des manuscrits de Dunhuang. Celui-ci les avait découverts dans la grotte murée n° 17 des grottes « des mille bouddhas » de Mogao.

Parmi eux on trouve ce manuscrit des Selihot du 9ème siècle. Sans être allé là bas je connais un peu le bouddhisme tibétain pour avoir échangé pendant huit ans avec des moines de  l’école Karma Kagyu et rencontré le Dalaï Lama à Toulouse en 1994 ( une photo que j’ai faite à l’époque)

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DL Moine

Une photo de moi à l’époque

Tandis que la tradition des piyyoutim se développe autour des académies de Galilée le rituel des Selihot (supplications) apparaît dans le Seder  (« Ordre », Rituel ) du Gaon Amram ben Sheshna,  (mort en 875) chef de l’académie  de Soura à la fin du 9e siècle. Cet ouvrage est une responsa aux académies d’Espagne sera la base des sidourim de Maïmonide et de Saadia Gaon et des sidourim  séfarades et ashkénazes.

S’appuyant sur l’autorité de son prédécesseur Cohen Tzedek ben Abimaï, Amram prescrivit au départ de réciter les seli’hot au petit matin des dix jours redoutables (entre Roch Achana et Kippour), une tradition qui s’est étendue au mois d’Elloul dans le monde séfarade.