L’Ange de la mort dans la Torah et le Talmud


Ange

L’envoyé de D-ieu et le destructeur

L’ange de la mort s’appelle Azraël ( עזראל ) dans certaines traditions hébraïques. Son nom signifie littéralement que D-ieu aide.

Dans la Torah, la mort est vue sous la forme d’un ange envoyé par D-ieu, un être privé de tout pouvoir volontaire. L’« ange du Seigneur» frappe 185 000 hommes dans le camp assyrien (II Rois 19, 35). « Le destructeur » (ha-machkhit) tue le premier-né des Égyptiens (Ex. 22, 23), et l’ange de la destruction (« malakh ha-machkhit« ) fait rage parmi les gens de Jérusalem (II Sam. 24, 15). Dans le premier livre des Chroniques 21, 15 « L’ange du Seigneur » est vu par David debout « entre la terre et le ciel, ayant une épée étirée dans sa main étendue sur Jérusalem».

Dans I Chr 24, 10 : « Dieu envoya un messager divin à Jérusalem pour la ravager, et, comme il se livrait à l’œuvre de destruction, le Seigneur vit et fut ému de cette calamité, et il dit à l’ange destructeur (ha-machkhit) : « Assez! Retire maintenant ta main! » »

Job (33, 22) utilise le terme général « destructeur » (memtif), dont la tradition a identifié les « anges destructeurs » (malakh ḥabbalah) et le Livre des Proverbes 16, 14 utilise le terme « les anges de la mort» (mal’ake ha-maveth).

Les rabbins ont trouvé l’ange de la mort mentionné dans Ps. 89, 46, « Tu as mis fin à sa splendeur, et son trône, tu l’as fait crouler à terre » que le Targoum traduit : « Il n’y a aucun homme qui vit et, voyant l’ange de la mort, peut délivrer son âme de sa main »

Et le Midrach Rabba commente Qohélét 8, 4 : « La parole du roi est souveraine; qui oserait lui dire: « Que fais-tu? » » en disant :

« On ne peut échapper à l’ange de la mort, ni lui dire:’’Attends que je mette mes affaires en ordre’’, ou « Il y a mon fils, mon esclave: prends-le à ma place ».

L’ange de la mort dans le Talmud

L’ange de la mort est décrit dans le Talmud de multiples fois :

L’ange de la mort reçoit son ordre de Dieu.

Et il a dit à l’Ange qui a détruit le peuple, ça suffit ! (2 Sam 34, 16). R. Éléazar a déclaré : Le Saint, béni soit-Il, a dit à l’Ange: Prenez un grand homme [rab] parmi eux, par la mort de laquelle plusieurs péchés peuvent être expiés pour eux. A cette époque, il mourut Abishai, fils de Zeruiah, qui était égal à la plus grande partie du Sanhédrin. (TB Berakhot 62b)

L’idée est que la mort des justes est une expiation pour les pécheurs, selon le dicton : « ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers ». En réalité la mort du juste laisse un trou car il est une colonne visible de la communauté quand celle des autres ne laisse pas de trace.

« Il est dit de l’Ange de la mort qu’il est plein d’yeux ; Quand une personne malade est sur le point de partir, il se tient au-dessus de son oreiller de tête avec son épée tendue à la main et laisse tomber une goutte de fiel sur elle. Comme la personne malade le voit, il tremble et ouvre la bouche [de peur], il la laisse alors tomber dans sa bouche. C’est à partir de ce moment qu’il meurt, et de ce fait [le cadavre] se détériore, de sorte que son visage devient verdâtre. […] R. Hanina b. Kahana a déclaré : Il a été dit dans l’école de Rab que si l’on veut empêcher un cadavre de se détériorer, il faut cacher son visage en le retournant » (TB Avoda Zara 20b)

D’où l’usage de voiler la face d’un onen (défubt juif) et l’interdiction de le regarder.

Quand R. Jeremiah est tombé malade. Lorsque le médecin a appelé pour le guérir, il a vu une citrouille couchée dans la maison. Ensuite, il quitta la maison en disant : ‘‘L’ange de la mort est dans cette maison, et moi je le guérirais ! » (TB Nedarim 49a)

La ville où personne n’avait jamais menti

Dans la ville de Luz, l’ange de la mort n’a pas de pouvoir, et quand les vieillards sont prêts à mourir, ils sortent de la ville :

« Et l’homme est entré dans le pays des Hittites, et a construit une ville, et l’a appelé du nom de Luz: ce qui en est son nom jusqu’à nos jours.[…] C’est cette Luz contre laquelle Nabuchodonosor marcha sans la détruire, et même l’ange de la mort n’a pas la permission de la traverse. Quand les vieillards y sont fatigués de la vie, ils sortent hors de murs et y meurent » (TB Sotah 46b).

L’idée qu’il y ait de lieux ou on ne meurt pas apparaît dans le Talmud Sanhédrin :

« Raba a dit: Avant je pensais qu’il n’y avait pas de vérité dans le monde. Sur quoi un des Rabbins, au nom de R. Tabuth – dit aux autres, au nom de R. Tabyomi – que, même s’il recevait tous les trésors du monde, il ne mentirait pas, et il m’a raconté qu’il alla une fois en Lieu appelé Kushta, dans lequel personne n’avait jamais raconté de mensonges, et où aucun homme n’était jamais mort avant son heure.

Maintenant, il épousa une de leurs femmes, de qui il eut deux fils. Un jour, sa femme était assise et se lavait les cheveux, quand un voisin est venu et a frappé à la porte. [Son mari] se disant en lui-même qu’il serait malvenu [de lui dire que sa femme se lavait], il a crié: « Elle n’est pas là ».

[En punition pour cela], ses deux fils sont morts. Alors les gens de cette ville sont venus à lui et l’ont interrogé, Quelle est la cause de cela ?’ Il leur a raconté ce qui s’était passé. «Nous te prions, répondirent-ils : ‘‘quitte cette ville et n’incite pas la mort contre nous’’». (TB Sanhédrin 97a)

Le Zohar a une vision positive d’Azrael, il dit que celui-ci reçoit les prières des gens de foi quand ils arrivent aux Cieux et qu’il commande les légions d’anges des cieux.

D’où vient le Sceau de Salomon en Corse et ailleurs ?


Kabbale à Gérone

Amulette magique de Cabbale, XVIIème siècle, au centre le sceau de Salomon/ Maguen David
Musée de Gérone, Espagne, photo Didier Long

D’où vient le sceau de Salomon (U segnu di Salomone) sur les outils des bergers corses du Niolu et d’ailleurs ? on le trouve souvent dans les lieux de pèlerinage et surtout sur les fontaines (voir ci-dessous) sous forme d’étoile de David (étoile à 6 branches ou hexagramme) ou d’étoile à 5 branches (ou pentagramme). La question est que celui-ci est spécifiquement désigné en Corse comme « Sceau de Salomon » (U segnu di Salomone) qu’il soit à cinq ou six branches. Le sceau de Salomon apparaît dans les traditions chrétiennes et musulmanes. Mais il est d’origine juive : l’exemplaire le plus ancien du sceau de Salomon se trouve sur un sceau datant du VIIe siècle avant l’ère commune, découvert à Sidon et appartenant à un certain Josuhua ben Assayahu. Son origine est donc juive comme le montre le récit du Talmud qui effectivement met en scène une fontaine.

Sceau de Salomon

Le Sceau de Salomon dans le Talmud

Le « sceau de Salomon » vient du traité du Talmud de Baylone traité Guittin page 68a dont la guemara (interprétation en araméen des mishna en hébreu du 1er siècle et avant) a été compilée au VIème siècle en Babylonie. Cet ensemble appelé Talmud (de limoud étudier) reflète les discussions des académies perses des 5 premiers siècles de notre ère. Dans l’un de celles-ci des sages essaient de comprendre dans un contexte babylonien ce qu’on leur a transmis, dont il ne savent plus le sens qu’ils cherchent à retrouver par la discussion académique :

TB Gittin 68a

« Je me procurai Shearim et sharoth, (des chanteurs et des chanteuses, de Chir « le chant ») et les délices des fils des hommes, ‘Shearim et Sharoth’, signifie divers types de musique; «Les plaisirs des fils des hommes» sont des bassins ornementaux et des bains. «Shidah et shidoth»: ici [en Babylonie] ce sont des démons masculins et féminins. En Occident [Palestine], ils disent [cela signifie] des chariots. Johanan a déclaré : Il y avait trois cents sortes de démons à Shihin [ville du Liban], mais ce qu’est une Shidah [la mère des démons]… je ne sais pas.

Le Maître a déclaré : Ici, ils traduisent « démons masculins et féminins ». Pourquoi Salomon en avait-il besoin ? – Comme indiqué dans le verset, « On n’employa à la construction du temple que des pierres intactes de la carrière; ni marteau, ni hache, ni autre instrument de fer ne fut entendu dans le temple durant sa construction ».( 1Rois 6, 7) ; Il a dit aux rabbins: Comment puis-je faire [sans outils en fer]? – Ils ont répondu : Il y a le shamir que Moïse a apporté pour les pierres de l’éphod.

Il leur a demandé, où se trouve-t-il ? – Ils ont répondu : « Apportez un démon masculin et féminin et liez-les; Peut-être qu’ils savent et vous diront ». Il a donc amené un démon masculin et féminin et les a liés. Ils lui ont dit : « Nous ne le savons pas, mais peut-être Ashmedai, le prince des démons le sait-il ». Il leur a dit : « Où est-il ? » – Ils ont répondu: « Il est dans une telle et telle montagne. »

Il a creusé un puits là-bas, qu’il a remplit d’eau et couvre avec une pierre qu’il scelle ensuite avec son sceau. Chaque jour, il monte au ciel et étudie dans l’Académie des cieux, puis il descend sur la terre et étudie à l’Académie de la terre, puis il va, examine son sceau et ouvre la fosse et boit et ferme. Et le scelle à nouveau et disparaît.

Salomon envoya alors Benaiahu, fils de Joïada, lui donna une chaîne sur laquelle était gravé le Nom divin et un anneau sur lequel était gravé le Nom et des nappes de laine et des bouteilles de vin. Benaiahu est allé et a creusé un puits au bas de la colline et a laissé entrer l’eau [De la fosse d’Ashmedai au moyen d’un tunnel reliant les deux] et il a bouché la cavité avec des voiles de laine, Et il a creusé une fosse plus haut et a versé le vin et a ensuite rempli les puits. Il est allé et s’est assis sur un arbre.

Quand Ashmedai est venu, il a examiné le sceau, puis a ouvert la fosse et l’a trouvé pleine de vin. Il a dit, il est écrit : Moqueur est le vin, bruyante la boisson fermentée: qui s’en laisse troubler manque de sens.(Pv 20,1). Je ne vais pas l’acheter.

Mais de plus en plus assoiffé, il ne pouvait résister, et il but jusqu’à ce qu’il fût ivre et s’endormit. Benaiahu est descendu et a jeté la chaîne sur lui et l’a attaché. Quand il s’est réveillé, il a commencé à se débattre, après quoi [Benaiahu] a dit: Le Nom de votre Maître est sur vous, le Nom de votre Maître est sur vous.

[…]

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Rav Haïm Amsalem : « C’est notre devoir de juifs de ramener les zera Israël (semences d’Israël) à la maison »


Grâce au Rav Haïm Harboun, j’ai reçu ce matin à la maison et à déjeuner le Rav Haïm Amsalem de passage de Jérusalem.

Didier Long Rav Amsalem

Rav Haïm Amsalem, érudit et homme politique

.Ancien membre de la Knesset et du parti Shas. élu à la Knesset en 2006 pui 2009, il a rompu avec le Shas et a fondé son propre parti : Am Shalem.

D’un point de vue religieux, diplômé du «Kisseh Rahamim» Yeshiva il a été ordonné rabbin en 1980 et a été Rosh Yeshiva pendant 7 ans. Il a le plus haut diplôme reconnu de Dayan par la Rabbanoute.

En 1990, il a obtenu la certification en tant que représentant juridique rabbinique (« to’en rabbani »), et en 1993, il a été ordonné Rabbi de la ville par le Rabbin en chef d’Israël Rabbi Ovadia Yosef.  Rabbin du Sharsheret Moshav pendant sept ans. Il a également servi comme rabbin de quartier à Netivot, et roch Yeshiva de « Ohalei Yaakov ve Tifereth Israël » et en tant que chef du kollel « Baba Sali » dans la ville. Ensuite il a établit le «Shirei David» Kollel au nom de son père dans le quartier Har Nof à Jérusalem puis été nommé rabbin de la communauté juive sépharade, « Heichal Haness » à Genève , en Suisse.

Père de 8 enfants et de 16 petits enfants le Rav Haïm Amselem a désormais fait des zera Israël le combat de sa vie. Il s’est fait leur avocat.

Zera Israël

Sur 985 000 juifs russes émigrés en Israël, environ un tiers, 300 000, ne sont pas halakhiquement juifs (11,2% sont de père juif, 5,5% ont un grand-père juif, 8,7% sont des couples dans lequel un des partenaires n’est pas juif et 2,6% sont des enfants de couples ou l’un des partenaires n’est pas juif), ils ne sont donc pas reconnus comme tel même s’ils font l’armée, jeûnent pour Yom Kippour, mangent des azymes à Pessah, récitent la prière du Quiddouch, allument les bougies à Chabbat, et risquent leur vie pour protéger la terre d’Israël… ces gens génèrent chaque année 4 à 5000 enfants aussi considérés comme non-juifs d’après la «halakha »

Avec courage, le Rav Haïm Amsalem s’est fait leur avocat. Il utilise pour cela un concept juif sur lequel il a travaillé pendant plusieurs années (il a écrit de nombreux livres en hébreu), celui de Zera Israël (semence d’Israël).

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Selon nos sages médiévaux cette désignation signifie que, bien que ces personnes ne soient pas juives, elles incarnent « la sainteté d’Israël ». Maître de la Halakha, le Rav Haïm Amsalem démontre ce concept dans notre tradition.

Rabbi Salomon ben Simon Duran (1400-1467) Dayan d’Alger a déclaré que « c’est une grande Mitsvah que de ramener ces personnes à notre peuple »

Rabbi Tzadok Hacohen Rabinowitz de Lublin au XIXe siècle en Pologne, explique qu’Isaïe a parlé des zera Yisrael quand il a décrit les «personnes perdues» qui rejoindraient le peuple juif lors de la techouva à notre retour dans notre patrie.

kalisher_largeDans un responsa le Rav Tsvi Kalisher dit que les zerah Israël sont zerah kadosh. Il dit que l’enfant né de père juif et de mère non juive qui manifeste le désir sincère de se convertir doit être encouragé à le faire. Il dit bien sûr qu’une telle conversion n’est que louable si elle est sincère et sans intérêt (ex mariage avec un juif). Et il va jusqu’à considérer cet encouragement comme une mitzva de la Torah inspirée du Sefer Ezra  :

ב כִּי-נָשְׂאוּ מִבְּנֹתֵיהֶם, לָהֶם וְלִבְנֵיהֶם, וְהִתְעָרְבוּ זֶרַע הַקֹּדֶשׁ, בְּעַמֵּי הָאֲרָצוֹת; וְיַד הַשָּׂרִים וְהַסְּגָנִים, הָיְתָה בַּמַּעַל הַזֶּה–רִאשׁוֹנָה.  {ס}  car ils ont pris parmi leurs filles des femmes pour eux-mêmes et pour leurs fils, et ainsi ceux de la race sainte se sont mélangés avec les peuplades de ces pays; les seigneurs et les chefs ont été les premiers à prêter la main à cette félonie. » (Esdras 9, 2)

benzionuzielEnfin le Halakhiste le plus audacieux pour appliquer ce concept était l’Ancien Rabbi en chef des sépharades de l’État d’Israël Rav Ben Zion Meir Hai Uziel (שו »ת משפטי עוזיאל, כרך ב יו »ד סי ‘נב) zal.(1880-1953)

Le Rav Uziel était profondément préoccupé par le sort des enfants nés d’un père juif et d’une mère non-juive- qui, bien qu’ils soient des Zera Yisrael, ne sont en fait pas halakhiquement juifs. Les enfants élevés dans de tels mariages risquent d’être perdus pour le peuple juif. Ainsi, il est obligatoire pour les rabbins de convertir la mère selon lui afin de garder les enfants dans le peuple juif. Le rabbin Uziel a noté:

«Et je crains que si nous les éloignons complètement en n’acceptant pas leurs parents pour la conversion, nous serons amenés au jugement et ils nous diront:  » Vous n’avez pas ramené ceux qui ont été conduits loin, et ceux qui étaient perdus, tu ne les as pas cherché ». (Ez 34, 4). »

Le Rav Amsalem cite ce passouq en appui de son action.

 » Les brebis infirmes, vous ne les souteniez pas; vous n’avez point soigné la malade ni pansé celle qui avait une fracture; celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée. C’est avec violence que vous les régentiez et avec dureté.«  (Ez 34, 4)

אֶת-הַנַּחְלוֹת לֹא חִזַּקְתֶּם וְאֶת-הַחוֹלָה לֹא-רִפֵּאתֶם, וְלַנִּשְׁבֶּרֶת לֹא חֲבַשְׁתֶּם, וְאֶת-הַנִּדַּחַת לֹא הֲשֵׁבֹתֶם, וְאֶת-הָאֹבֶדֶת לֹא בִקַּשְׁתֶּם; וּבְחָזְקָה רְדִיתֶם אֹתָם, וּבְפָרֶךְ

 

« celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée » ? En pareilles circonstances, ne pourrait-on pas reprocher à l’intransigeant de n’avoir pas tenté de ramener l’éloigné vers la possibilité de se sanctifier ? Et surtout par sa dureté de rejeter d’Israël des zerah kadosh.

Qui sont ces anoussim qui reviennent. Ces millions de Conversos d’Espagne et du Portugal ? Ce sont ces ossements désséchés d’Ezechiel 37 que D-ieu peut faire revivre dit le Rav Amsalem :

« Il me dit  »fais appel à l’esprit, fais appel, fils de l’homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu’ils revivent’. Et je prophétisai, comme il me l’avait ordonné; et l’esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! ». Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël. » (Ez 37, 9-13)

Cette position est orthodoxe et n’a rien de « libéral »… faut-il le préciser… ? (voir exemple de responsa sur ce sujet dans le monde séfarade ci-après).

Des millions de nechamot (âmes juives) endormies dans le monde entier ?

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La Rav Amsalem aide des communautés de marranes qui reviennent à la Torah en Espagne, au Brésil, en Italie dans les grandes îles de la Méditerranée comme Majorque et j’espère bientôt en Corse.

Regardez ce groupe au Brésil, c’est très impressionnant. Eh bien seulement huit de ces personnes de cette grande communauté ont passé le stade de la brit et du mikvé. Ils connaissent tout par coeur de la tefilah au Chema :

Grâce à Internet « Rabbi Google » comme il dit, des millions d’anousim se reconnectent avec leur neshama. Ce sont les zerah Israël (de la semence d’Israël); Il est du devoir de tout juif de les accueillir et les aider dans leur retour (techouva). C’est une mitsva importante connue de la Halakha des sefardim.

Grand honneur à son action !

Mon message aux bnei annoussim qui lisent ces lignes est simple : ne perdez pas courage votre délivrance approche. Mon affection. Meïr.

Le processus de conversion selon la Halakha juive 

Le Rav Amsellem m’a commenté de mémoire puis le texte du Traité Yébamoth 47b à propos des conversions. Il a commenté ces points centraux pour le Judaïsme depuis 5 millénaires  :

La pleine conscience de ce à quoi la personne s’engage librement et de manière désintéressée:

Le candidat au Guyour ne doit pas être convaincu, ou dissuadé trop fermement. R. Eleazar a déclaré: Quelle est la preuve scripturaire? – Il est écrit, Et quand elle vit qu’elle était fermement décidée à aller avec elle, elle ne lui parlait pas (Ruth 1, 18)« Actuellement, elle a vu qu’elle était fermement consciente, etc. (Ruth) « Il nous est interdit », elle [Noémie] lui a dit, [à Ruth]  « de se déplacer le jour du chabbat au – delà des frontières du chabbat »! [2000 coudées en ville]   – « Où tu iras » [l’autre a répondu] « J’irai ». (Ruth 1, 16)  »

«Nous sommes interdits de rencontre privée entre homme et femme»!  :  ‘Où tu iras j’irai »
On nous a commandé six cent treize commandements! – «Ton peuple sera mon peuple».
«Nous sommes interdits d’idolâtries»! – ‘Et ton dieu, sera mon Dieu’.
«Quatre modes de peine de mort ont été confiées à Beth Din!  : « Où dites-vous, je vais mourir ».
«Deux cimetières  ont été mis à la disposition du Beth din ‘! : « Et je serai enterré ».   Alors, elle a compris qu’elle était fermement consciente, etc.

(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction de retarder une circoncision après l’engagement oral de la personne suite au dialogue avec le Beit Din.

«S’il l’a accepté, il est circoncis immédiatement ». Quelle est la raison? – L’exécution d’un commandement ne doit en aucun cas être retardée.(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction formelle de ne pas envoyer un criconcis au Mikvé après la brit :

«Dès qu’il est guéri [cicatrisé], des arrangements sont faits pour son ablution immédiate [mikvé]».(TB Yebamoth 47b)

La présence de 3 témoins

«Quand deux savants doivent rester à côté de lui». R. R. Hiyya n’a-t-il pas, au nom de R. Johanan, que la ércéption d’un prosélyte exige la présence de trois? – Mais certainement. R. Johanan a déclaré au tanna: « Lis trois » (TB Yebamoth 47b)

L’irréversibilité de la conversion :

«Quand il revient après son ablution, il est réputé être un Israélite à tous égards». Et s’il ne pratique pas ?  Dans le cas où il se rétractait et se fiancerait avec la fille d’un Israélite, il serait considéré comme un Israélite non respectueux de la Torah mais ses fiançailles sont valides.(TB Yebamoth 47b)

Il m’a expliqué l’interdiction pour un beit Din  de casser la décision d’un autre beit Din ou de la déclarer non valide.

En réalité le guer que la Torah commande d’aimer est très protégé par la Halakha et les humiliations gratuites ne sont pas autorisée.

Une décision du Rav Yossef Messas (zal)

Voici un document qui prouve ce que dis le Rav Amsellem dans le monde séfarade. La traduction est de Shifra Cervioni adaptée par moi-même.

Yossef MessasCe texte est du Rav Yossef Messas (zal), (1891-1974) un grand parmi parmi les plus grands décisionnaires. D’une grande lignée de Meknès, il est rabbin à Tlemcen en Algérie en 1924 jusqu’en 1940, et revient alors à Mekhnès comme dayan (juge rabbinique) de la ville. En 1964, il est choisi comme Grand Rabbin séfarade de la ville de Haïfa, jusqu’à sa mort en 1974. Auteur de nombreux ouvrages de Halakha, d’un commentaire de la Haggadah de Pessah, de recueils de poésies et de récits sur la vie juive au Mellah. Il écrit ceci :

גישתם וחכמתם של רבני צפון אפריקה

חֶרֶב בָּאָה לָעוֹלָם עַל עִנּוּי הַדִּין, וְעַל עִוּוּת הַדִּין, וְעַל הַמּוֹרִים בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא כַהֲלָכָה. מסכת אבות פרק ה משנה ח

דברים מאלפים מהגאון רבינו יוסף משאש זצ »ל (מגדולי הפוסקים, רבה הראשי של חיפה לפני כארבעה עשורים, ומלפנים רב הערים תלמסאן שבאלג’יר ומקנס שבמרוקו) בסוגיית הגיור:

« דבר זה, לגייר כל הבא להתגייר, פשוט הוא בכל מקום, בכל ערי המערב ובכל ערי אלג’יריאן וטוניס, מכמה טעמים והם:

…כמה פעמים אירע שהאישה לא נתגיירה מפני שדחה אותה רב העיר ולא רצה לגיירה, ונסעה לעיר אחרת היא ובעלה וקבעו שם דירתם בחזקת ששניהם יהודים, והולידו בנים ובנות, והבנות היו לאנשים יהודים והולידו גם הם בנים ובנות, ואחר כחמישים שנה נודעה החטאת שהסבתא לא נתגיירה, שאז כל צאצאיה נוכריות הנה, והיו מהומות רבות מזה… ויש מהם שהצאצאים נתגיירו אחר עמל רב ותלאה עצומה, ויש שלא רצו להתגייר ונסעו למרחקים ונטמעו. ומי אשם בכל זה? הרבנים המתחסדים, שאינם חכמים לראות את הנולד ואת תוצאות הזמן.

ובכן מאחר שדבר זה מביא בכנפיו סכנת נפשות, גם הרבה תועליות לקיום המצוות, ומניעת הרבה איסורים, ושלום ושקט לכמה משפחות ומניעת טמיעה לישראל באומות, ואין בדבר אלא איסור דרבנן ולכתחילה, וגם ראינו כמה וכמה גרים שלא לשמן, באו לשמן והיו גרי צדק באמת וישר, בכן מצווה רבה תחשב להקל בדבר, וכל גרות יעשה בדעת, וישקול בפלס מעשיו לראות את הנולד, ויעשה ויצליח בס »ד ».

L’attitude et la sagesse des rabbins en Afrique de Nord concernant la Conversion
par le Rav Yossef Messas, zatsal

Une épée est tombée dans le monde à cause de la procrastination (littéralement. « tortures » ) des jugements (dinim), et sur les entorses à la justice, et sur les décisionnaires de la Thora qui ne décident selon la Halakha. (Massekhet Avot, chapitre 5, mishna 8)

Paroles édifiantes du Gaon notre rabbin Yossef Messas (zal). :

 » Au sujet de conversion vers le judaïsme, cette affaire, convertir tous ceux qui veulent se convertir, et tout simplement partout, dans toutes les villes occidentales et dans toutes les villes d’Algérie et de Tunisie. Et ce pour plusieurs raisons : Combien de fois il est arrivé qu’une femme ne s’est pas convertie par ce qu’elle a été repoussée par le rabbin de la ville qui a refusé de la convertir. Elle est partie avec son mari vivre dans une autre ville. Ils se sont installés là-bas et ont vécu comme des juifs et ont eu des fils et des filles. Les filles se sont mariées et à leur tour ont eu des fils et des filles. 50 ans plus tard il s ‘est avéré que la grande mère n’était pas juive et ne s’était pas convertie au judaïsme. Donc, toutes ses descendantes (filles) ne sont pas juives. Le scandale a été énorme à cause de ça…. certains de ses descendants (es) se sont convertis (ies) après des efforts et tribulations considérables. Et d’autres n’ont pas voulu se convertir et sont partis très loin et se sont assimilés.

Qui est coupable de tout ça ?

Les rabbins qui jouent les charitables (feignent la piété, il y a ici un jeu des mots, pour dire qu’ils sont le contraire, des faux hassidim) qui ne sont pas assez intelligents pour prévoir l’avenir et les résultats  arriveront en leur temps . Et voilà que cela porte sur ses ailes un danger mortel [pour Israël].

Il faut penser à l’utilité de faire les mitzvot et éviter trop d’interdictions, pour qu’il y ait la paix et la sérénité dans les familles et éviter qu’Israël ne s’assimile aux autres nations.

Ceci n’est qu’une interdiction des rabbins.  Nous avons déjà vu plusieurs guerim (des convertis), qui se sont convertis pour des convenances, et par la suite sont devenus des vrais et honorables juifs, qu’on a appelés gerey tzedeq גרי צדק. La mitzva est de faciliter les conversions et chaque fois de le faire après mûres réflexions, et mesurer sur la balance (peles = niveau d’eau, outil pour voir si le mur est droit). Il faut envisager l’avenir.

Faire et réussir, grâce à Dieu. « 

« Aime ton prochain comme toi-même »: une erreur de traduction et de point de vue ?


aimer« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cette phrase du Lévitique que nous avons lue à Chabbat dans la paracha Kedochim, largement reprise partout, vient évidemment, et c’est assez peu connu du cœur du judaïsme.

Cependant sa postérité repose sur une sorte de malentendu dû une erreur de traduction. La traduction la plus proche de Vehaavvta Lekhakha et Kamora, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18) n’est pas la bonne il faudrait plutôt traduire :

« Tu aimeras ton prochain, car il est comme toi ».

Cette erreur de traduction de Lv 19, 18b et 34 ou plutôt ce glissement de sens  a des conséquences très importantes. Ce n’est pas une erreur « chrétienne » mais juive. Car la traduction par le grec « agapêseis ton plêsion sou hôs seauton » « comme toi-même » provient de la traduction de ce passage par la communauté juive hellénistique dans la Septante vers 270 avant notre ère. On en trouve la trace dans le Talmud :

 « On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptolémée, et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement » (Talmud Babylone Soferim 1, 7).

Bref « Traduire c’est trahir », cette phrase est choquante mais je vais montrer que nos Sages avaient raison.

Le malentendu de l’amour

Le problème avec l’amour c’est qu’il y a souvent malentendu, c’est parfois une sorte de « je vous ai compris » qui repose sur une illusion, un contentement narcissique, une jouissance de soi qui se heurtera forcément au mur du réel de l’altérité d’autrui dès le lendemain. C’est ainsi que naissent les haines et les guerres, les trauma familiaux des « divorces qui ne s’arrêtent jamais », de blessures inconsolables, d’amours déçus.

Le veaavta n’est donc pas une extension du domaine de l’amour, un narcissisme étendu à autrui ; mais prend pour point de départ autrui en disant « Regarde il est comme toi, il veut juste vivre ! » pour revenir à soi-même et fort de cette émotion qui voit autrui dans sa faiblesse lui porte secours. Une empathie réciproque qui s’abstient d’un jugement ‘premier’. Il ne s’agit donc pas d’une espèce de commandement d’amour illimité et héroïque -qui en fait revient à se mettre à la place de l’Eternel- mais un appel à regarder autrui avec ses propres yeux et à essayer de se mettre à sa place, adopter son point de vue… et non pas un amour illimité de soi qui s’étend aux autres et ne reste qu’un narcissisme, une charité bien ordonnée qui commence par soi-même.

Cette relation horizontale avec celui qui devient mon frère, celle qui devient ma soeur et dont le constat des droits m’oblige, se conjugue avec une verticalité. Car le vehaavta, « Tu aimeras » du Chema, « De tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force » vise l’Eternel qui par définition est absent de ce monde. « L’amour Eternel » vient de D. et l’homme est invité à cette réciprocité, mais cet élan se heurte immédiatement à l’obligation de chercher la Justice. « La justice, la justice tu la chercheras » (Choftim).

Cette empathie provoque un oubli de soi qui revient à soi-même. Je me vois dans les yeux d’autrui ramené à ma simple valeur, un parmi d’autres, et à ce moment je peux faire communauté, accepter autrui comme un autre moi et non plus comme l’extension de moi-même. Ce qui revient à un travail d’analyse et de reconnaissance de ma propre violence prédatrice qui asservit les autres pour les dominer ou les séduit… pour les dominer encore. Le frère n’est pas un objet sous la main dans un rapport narcissique idolâtrique. Voilà ce que dit la Torah et nos Sages, très loin du monde grec donc. Lire la suite de « « Aime ton prochain comme toi-même »: une erreur de traduction et de point de vue ? »

Mémoire transgénérationnelle et généalogie juive


C’est bon, vous pouvez couper la TV… et vous remettre à une activité spirituelle…

Didier Long

Ma conférence donnée hier soir à la loge Anne Frank du Bnei Brit, à lire  :

à Télécharger ici : Conférence Généalogie Bnai Brit 02 MAI 2017 (39 pages)

Introduction : Mémoire et mémoire juive. 3

  • La mémoire comme processus d’hominisation. 3
  • La mémoire juive. 6
  • La renaissance de l’hébreu/ Yom Haatsmaout 8
  • Mémoire transgénérationnelle, la piste scientifique. 9

« … Et ceux qui viennent de Sefarad » : une approche historique. 10

  • Généalogies en Corse. 12
  • Espagne 1391. 13
  • Espagne 1492. 15
  • Portugal 1497. 16
  • Italie 1492- XVIIème siècle. 18
  • La mémoire marrane. 20

« De qui sommes-nous le nom ? » : une approche psychologique. 22

  • La mémoire transgénérationnelle du nom, Pierre Beck. 23
  • La mémoire de la mitsvah. 24
  • La mémoire cachée. 28
  • Les images de nos disparus. 29
  • Nos tiroirs comme des tombeaux. 31
  • Notre petite histoire et la grande. 33
  • Les coïncidences. 35

Généalogies : une approche théologique. 37

  • Jusqu’à la millième génération. 37
  • Even, de père en fils  38

Que penser du pouvoir ?


gladiator
Le Pirké Avot que nous relisons en ces jours de décompte du Omer nous a prévenu :
Chemayah disait : « Aime le labeur, hais la hauteur (le pouvoir et ses signes d’élévation) et ne cherche pas à te faire remarquer auprès de ses détenteurs. » (Pirkei Avot 1, 10).
« Méfiez-vous du pouvoir en place, car il n’est favorable à l’individu que lorsque cela lui profite. Il paraît conciliant lorsqu’il en tire avantage et n’assiste pas les gens lorsqu’ils sont dans le besoin. » (Pirkei Avot 2, 3).
Ces Sages parlaient… au 1er siècle. Ils disaient aussi  :
« Rabbi ‘Hanina, l’assistant du grand-prêtre dit : « Prie pour la paix du gouvernement, car si on ne le craignait pas, les hommes s’entre-dévoreraient vivants. » (Pirkei Avot 3, 2)
« L’assistant du grand prêtre »… on parle d’avant la destruction du Temple en 70… Rome qui n’avait pas la réputation d’être tendre. Voilà comment Flavius Josèphe raconte le comportement des soldats des légions, le bras armé de Rome qu’il a combattu en Galilée à l’époque  :
« Ils n’attendent pas pour apprendre à faire usage de leurs armes que la guerre les y oblige : on ne les voit point se croiser les bras durant la paix pour ne les remuer qu’à l’heure du danger. Bien au contraire, comme s’ils étaient nés les armes à la main, ils ne cessent point de s’y exercer sans attendre l’occasion de s’en servir. […] On pourrait dire de leurs exercices que ce sont des combats sans effusion de sang, et de leurs combats que ce sont des exercices sanglants.[…] Si j’ai placé ici ces réflexions, c’est moins dans le dessein de louer les Romains que pour consoler ceux qu’ils ont vaincus et faire perdre à d’autres l’envie de se soulever contre eux. (Guerre des Juifs Livre III, chapitre 5)

Il faut donc un Etat sans quoi : « les hommes s’entre-dévoreraient vivants ». L’interdiction « d’arracher le membre d’une animal vivant », c’est à dire de la cruauté, est le premier commandement pour les noachides (non-juifs) . L’absence d’Etat conduit au delà, à la barbarie.

Les Hakamim nous mettent en garde contre l’abus de pouvoir :

« La (connaissance de la) Tora est supérieure à la prêtrise et à la royauté, car la royauté demande trente qualités, le sacerdoce n’en exige que vingt-quatre, tandis que pour acquérir la (connaissance de la) Tora, il en faut quarante-huit, » comme : « ne pas abuser du pouvoir de décision » (Pirkei Avot 6, 6)

Il faut aussi se méfier non seulement du pouvoir politique ou de de l’ascension sociale mais aussi de la volonté de briller et de se faire une bonne réputation. Il faut étudier de tout son cœur mais celui qui utilise cette Torah pour briller est un homme mort. Un idolâtre qui instrumentalise D.

Hillel disait aussi : « Celui qui veut se faire un nom en perd sa renommée. Celui qui n’ajoute plus rien est à son terme. Celui qui ne cherche pas à s’instruire est passible de mort. Celui qui instrumentalise la couronne de la Torah en périra. » (Pirkei Avot 1, 13)

On ne peut pas se retirer du monde sans travailler pour étudier, l’idée est qu’il y a une interaction, un cercle vertueux, entre l’étude et la construction du monde :

Rabban Gamliel, fils de Rabbi Yehouda ha Nassi, disait : « Il est bon de concilier l’étude de la Torah avec le gagne-pain, car leurs efforts associés occultent [la tentation de] la faute ; et toute étude de la Torah qui n’est pas accompagnée d’un travail est vouée à la perte et entraîne la faute. « (Pirkei Avot 2, 2)

 

Enfin il est bon de se consacrer à son prochain et à la communauté :

 » Ceux qui œuvrent en faveur de la collectivité et travaillent avec ses responsables pour la gloire du Nom céleste (divin, et non pour des considérations bassement intéressées) seront soutenus dans leur tâche par le mérite de leurs ancêtres, et le souvenir de leur équité perdurera à jamais. Quant à vous, grande serait votre récompense comme si vous aviez vous-mêmes agi. »

Tout cela n’a pas d’époque. Celui qui fait cela sort de la vie objectale c’est à dire d’un rapport aux autres qui cherche à les contraindre, à en faire des objets sous la main, des esclaves, en devenant… un objet à son tour. Il est alors seul et, se piégeant lui-même, perd son rapport au monde comme une création, une surprise permanente, et à la surprise des autres .

Maïmonide, dans son Mishneh Torah (Lois des rois, chapitre 5, par. 7) , mentionne la Halakha selon laquelle on n’est pas autorisé à résider en Egypte et il cite aussi cet enseignement de nos Sages :

« A trois reprises, les enfants d’Israël ont été mis en garde de ne pas retourner dans le pays de l’Egypte ». (Les Hakhmamim commentent ce pasouk : « Il ne fera pas revenir le peuple en Egypte… alors que l’Eternel vous a dit : vous ne reprendrez plus ce chemin » Dt 17, 16)

Il est interdit de « séjourner en Egypte », c’est à dire en esclavage, sous la contrainte.

Le Chabbat, célébration de la création et de la sortie d’Egypte, nous ramène à notre vraie vie de sujets alors que nous sommes objectivés, abrutis par la contrainte profane, des objets sous la main comme les esclaves. Nous redevenons alors des sujets de notre liberté, nous sortons de l’abrutissement. C’est pour cela que celui qui ne fait pas Chabbath est un homme mort. Le but est de vivre. D’être libres de tout pouvoir, de prendre le joug de Cieux pour nous débarrasser de celui des hommes.

Haïm Harboun, le rabbin aux mille vies, extrait


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Voici la préface et le début de la vie du Rabbin Haïm Harboun , lisez vous ne perdrez pas votre temps !!!

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