Kaddich pour Charles Brami – zal

Pour les 11 mois du départ du regretté Charles Brami (zal)

Jacob Ouanounou : « Comment toute terre peut devenir la terre d’Israël par le respect des parents et quand on prépare l’avenir de ses enfants »

TECHOUVA, Le retour – Didier Meïr Long – DocuWeb

C’est l’histoire d’un ado qui hésite entre voyou et ouvrier chez Michelin… Il devient moine à l’Abbaye de la Pierre Qui Vire. Au bout de dix ans de cloître en silence dans la forête, il tombe amoureux d’une journaliste venue l’interviewer, puis il devient consultant chez Mckinsey puis un des pionniers de l’Internet en France.

Il découvre ses origines juives en Corse et celles de sa femme en Alsace et devient juif de stricte observance via la conversion orthodoxe. On rencontre dans cette histoire un rabbin oriental truculent: Haïm harboun, une communauté juive chaleureuse : Gaston, Jacob, Fabrice, le Grand Rabbin de France Haïm Korsia… un psychanalyste disciple de Lacan : Gérard Haddad.

On voyage en Corse, en Bourgogne et en Alsace, A New York City, à Amsterdam ou Gérone en Espagne. Une série en 13 épisodes.

Une Techouva (תשובה : « le retour », « la réponse » en hébreu).

« Fais-toi un maître… et juge tout homme sous un jour favorable »

Nous autres Corses sommes liés à Marseille… capitale du Continent.

J’y ai passé ce Chabbat de mon anniversaire avec mon Rav Haïm Harboun. Paracha de Vayera : il m’accueilli avec son épouse et la mienne comme Abraham a accueilli les anges !

Je l’ai revu le dimanche dans sa bibliothèque d’une vie entière consacrée à l’Etude.

Il a eu son doctorat d’État en histoire en écrivant sur la pensée de Rabbi Nissim de Marseille. Nissim ben Moshe de Marseille fut un penseur des XIIIe et XIVe siècles. Il a écrit un commentaire philosophique sur le Pentateuque vers 1306, lorsque la lutte entre les orthodoxes et les amis de la philosophie était à son comble. Cela n’empêche cependant pas Nissim de donner des explications rationnelles aux miracles et aux récits de la Torah. Ainsi, il explique que la destruction de Sodome et de Gomorrhe était due à une éruption volcanique, semblable à celle qui en 1302 avait dévasté l’île d’Ischia. Une pensée rationnelle qui est bien celle de mon maître.

A la musique aussi.

Pirkéi Avot nous dit :

Yehochouâ, fils de Prahia disait : « Fais-toi un maître, acquiers toi un compagnon d’étude et juge tout homme sous un jour favorable. »

(PA 1, 16)

« Fais-toi un maître, défais-toi du doute et ne prélève pas la dîme avec approximation. »

(PA 1, 16)

Rabbi Elâzar, fils de Chamouâ, disait : « Que la dignité de ton disciple te soit aussi chère que la tienne ; que la dignité de ton compagnon soit comme la déférence envers ton maître ; et que la crainte (considération) révérencielle pour ton maître soit aussi grande que celle que tu voues envers Dieu. »

(PA 1, 15)

« Certains acquièrent le monde futur en une seule heure, et d’autres s’y attellent durant de nombreuses années ! »

Le pouvoir de la techouva est sans limite, une tragique et magnifique histoire, comme le raconte l’histoire d’un « Rabbi » qui avait connu toutes les prostituées du monde dans le traité du Talmud Avoda Zara (17a).

On disait de « Rabbi » Elazar ben Dourdaya qu’il n’y avait pas une prostituée au monde avec laquelle il n’avait eu de relations.

Un jour, il apprit qu’il en existait une dans un port lointain, qui prenait pour salaire toute une bourse de dinars.

Il prit une bourse de dinars et traversa sept fleuves pour arriver jusqu’à elle.

Comme il discutaient ‘l’affaire’, elle dit : « De même que le vent ne revient jamais d’où il est sorti, le repentir d’Elazar ben Dourdaya ne sera jamais accepté ».

Il s’assit entre deux montagnes et deux collines et déclara: « montagnes et collines, intercédez (priez la miséricorde – rakhamim) en ma faveur » . Elles lui dirent: Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde , ainsi qu’il est écrit : «Car les montagnes peuvent partir et les collines être enlevées» ( Isaïe 54, 10 ). Il déclara: « montagnes et collines, intercédez en ma faveur » . Elles lui dirent: Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde , ainsi qu’il est écrit : « Car les cieux disparaîtront comme de la fumée, et la terre deviendra vieille comme un vêtement » ( Isaïe 51, 6 ).

Il continua : « Soleil et lune, intercédez pour moi » . Ils lui répondirent: Avant de prier pour ta miséricorde, nous devons prier pour notre miséricorde , car il est écrit: «Alors la lune sera confondue et le soleil honteux» ( Isaïe 24, 23 ).

Il dit: « Étoiles et constellations, priez pour moi » . Elles répondirent: « Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde » , comme il est dit: «Et toutes les armées du ciel seront couvertes de moisissures» ( Isaïe 34, 4 ).

Alors il conclut : « La chose ne dépend que de moi seul ».

Il plaça sa tête entre ses genoux et éclata en sanglots si violents qu’il rendit l’âme.

Une voix céleste annonça : « Rabbi Elazar ben Dourdaya est destiné à la vie du monde à venir ». Lorsque’il entendit cette histoire Rabbi [Yehuda Ha Nassi] pleura en disant : « Certains acquièrent leur monde futur en une seule heure, et d’autres s’y attellent durant de nombreuses années ! ».

Et Rabbi [Yehuda Ha Nassi] ajouta : « Non seulement les pécheurs repentants sont bien accueillis, mais on va même jusqu’à leur donner le titre de Rabbi ! ».

NB : La Guemara explique la difficulté présentée par cette histoire: Et ici, Elazar ben Durdayya était coupable du péché de relations sexuelles interdites, et pourtant il mourut après s’être repenti. La Guemara répond: Là aussi, puisqu’il était si attaché au péché, dans une mesure qui transcendait la tentation physique qu’il ressentait, c’est semblable à l’hérésie, car c’était devenu comme une forme de culte idolâtrique pour lui.

et la Guemara continue :

 » Rabbi Tanina et Rabbi Yonatan marchaient long de la route lorsqu’ils se trouvèrent à un croisement de chemins : l’ un se dirigeait vers l’entrée d’ un lieu du culte des idoles, et l’autre vers l’entrée d’une maison close. L’un a dit à l’autre: « Allons par le chemin qui mène à l’entrée du lieu de culte des idoles » . Mais comme l’inclination au culte des idoles avait été détruite en eux, l’autre répondit : « Allons par le sentier qui mène à l’entrée de la maison close et maîtrisons notre inclination pour recevoir une récompense » . Quand ils arrivèrent là-bas, ils virent que les prostituées rentraient dans le bâtiment par respect pour les Sages.

Le premier demanda : D’où savais-tu que les prostituées se retireraient devant nous avec embarras? Il lui dit : Il est écrit:  » Puisse la réflexion [ mezimma ] être ta sauvegarde et la raison ta protection! Ainsi tu seras préservé … » ( Proverbes 2, 11 ), (c’est-à-dire que la Torah servira de protection contre l’impudicité). « 

Est omis le verset 16 de Pv 2 qui continue : « Leatsilékha mehisah zara : Tu seras sauvé de la femme étrangère (isha zara comme avoda zara : culte étranger), minakhéria amaréyia ekhélikha du genre aux paroles mielleuses »

La guemara continue :

Les Sages ont dit à Rava: Quelle est la signification de mezimma ? Si nous disons que cela fait référence à la Torah qui vous gardera, comme il est écrit: « Zimma » ( Lévitique 18, 17 ), et nous traduisons ce terme par: Le conseil de [ Atzat ] les pécheurs, démontrant que zimma fait référence au conseil ou à la sagesse, et le terme etza est également écrit à propos de la Torah: «Cela vient aussi du Seigneur des armées: Son conseil est merveilleux [ etza] et sa sagesse est grande » ( Isaïe 28, 29 ), cela est difficile.

La Guemara explique la difficulté: Dans ce cas, le verset aurait dit: Zimma , et non mezimma .

Voici plutôt ce que dit le verset : «De la matière obscène [ midevar zimma ], il veillera sur vous, la Torah vous gardera , c’est-à- dire que le terme discernement est une référence à la Torah.

Chana Tova !

Le ‘Rabbinou’ de Chirac

Quelques pages de mon Livre Des Noces éternelles, un moine à la synagogue paru il y a quelques années. Que la mémoire de cette homme qui a tant fait pour les Juifs soit une bénédiction.

Je débarquais un jour de février 2012, avec mon chapeau ! chez le Grand Rabbin Haïm Korsia en plein Shabbat, il n’était pas encore Grand Rabbin de France. En effet, un de mes amis artiste peintre, Olivier qui habitait Reims m’avait proposé de rencontrer l’ancien rabbin de la ville avec qui il avait sympathisé, le rabbin Korsia qui avait été le collaborateur le plus proche de Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France. Il nous accueillit un jour de Shabbat dans son petit appartement des boulevards maréchaux.

Un énorme bouquet de fleur apparut dans l’entrebâillement de la porte. Marie-Pierre s’exclama :

« Oh le beau bouquet !

Chirac apparut hilare derrière les fleurs. Il chantonnait :

– C’est Shabbat, c’est Shabbat ! et déclara affectueusement

– Comment va mon rabbinou ?

L’ancien président même s’il avait perdu certains de ses moyens restait alerte.

– Très bien ! asseyez-vous Monsieur le président.

Chirac salua un des fils de Haïm dont il était le parrain et s’écroula dans le canapé en skaï dans ce salon de 15 mètres carré où une bibliothèque peinait à supporter tous les talmuds estampés de lettres d’or sur leur dos. Nous étions trois hommes sur deux canapés, face à face, les femmes entamaient une discussion passionnée de leur côté.

Je n’avais jamais vu Chirac, il avait exactement les mêmes mimiques qu’aux Guignols de l’info. Il me désigna en parlant à Haïm :

– Lui aussi il est juif !

– On peut le dire comme ça si vous voulez (je ne l’étais pas alors)… répondit Haïm

– Bon, où sont mes bières ?

Stéphanie, l’épouse du Grand Rabbin Korsia, précédait tous ses désirs, elle lui glissa une première bouteille de Corona.

– Ah parfait… Alors c’est Shabbat ? (Comme s’il ne le savait pas !)

Au loin les femmes riaient et parlaient fort.Ah mais c’est un monde ! Elles ne savent pas se taire !

– On ne se tait pas à Shabbat ? demanda Chirac.

– Non on invite plutôt ses amis, répondit Haïm.

– Ah bon ? Alors, taisez-vous mesdames ! Il y a une autre bouteille ?

La bouteille arriva comme par enchantement sur le rebord du canapé.… et… une petite Pizza, peut-être ?

– Oui mais froide, c’est… Shabbat.

–  Ça ira mon rabbinou.

Le vieux président semblait savourer sa bière quand il se réveilla subitement :

– Mais ça pue ! Haïm, tu ne peux pas remettre tes chaussures, non ?

Marie-Pierre parla avec Chirac qui se souvenait très bien de son père député des Yvelines et maintenant décédé, ami de rugby et du Conseil Général de Franck Borotra (Il siégeait à coté de Christine Boutin !). Une lueur s’alluma sur le visage du vieil homme qui avait dirigé la France et demandé pardon pour le Vel d’Hiv : « Ah oui, je me souviens… ». Marie-Pierre s’en souvenait, elle aussi. Elle avait couvert l’évènement. Yvan Levaï l’avait désignée pour cela alors qu’elle était journaliste à France Inter. Elle avait toujours vu dans cette tâche mémorielle une sorte de signe. 

Elkabbach qui avait embauché Marie-Pierre à France 2… Un jour, alors que nous croisions Elkabbach avec Nicole Avril son épouse (dans un restaurant à huitre à Montparnasse !), il m’avait dit : « C’est un peu grâce à moi qu’elle est venu vous voir dans votre monastère ! ». Je lui « devais » ma femme ! Lui, le juif laïc d’Algérie comme Haïm Korsia. Laïc comme Marie-Pierre. Les juifs de la république.

Le vieux président qui avait perdu sa mémoire courte avec l’âge, se souvenait du Vel d’Hiv’, et les juifs, eux, ne l’oublieront jamais. Même si Dieu oubliait, le peuple juif, lui, n’oublie pas.

JOB : création, décréation, récréation, rédemption

“De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.” (Zacharie 8,4)
« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 5)

De la destruction…

Le livre de Job est le 2ème des Ketouvim (Hagiographes ou Autres écrits) entre les psaumes et les proverbes (selon Baba Batra 14b). Il parle de la souffrance et de la destruction humaine. Le Livre de la Genèse nous parle de la Création, celui de Job nous parle de la dé-création. C’est pourquoi c’est le seul que nous étudions avec les Lamentations qui racontent la destruction du Temple en ce jour de Ticha Be Av.

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« Du monastère à la synagogue », témoignage de Didier Long (מֵאִיר)et du R. Haim Harboun à Aix-en-Provence

Témoignage de Didier Long (מֵאִיר) et de R. Haïm Harboun à la communauté juive d’Aix-en-Provence le 03 juillet 2019.
Annonce de la nomination de Haïm Harboun au titre de Grand Rabbin par le Grand Rabbin Daniel Dahan et la communauté juive d’Aix-en-Provence

Un poème envoyé par Raphaël Ohayon le doyen de notre synagogue (90 ans !) !

Rav Haïm Harboun, une enfance au Mellah de Marrakech

Mon ami le Rav Haïm Harboun a vécu tellement de vies que lorsque je rencontre un vieux monsieur il me dit : « Oui c’est lui qui m’a circoncis,… qui m’a appris à lire,… qui m’a emmené pour la première fois en colonie de vacances,… … qui nous a mariés ». Voici le Premier chapitre de son livre « Le rabbin aux milles vies « , (Lemieux Editeur, 2017) qui raconte son enfance dans les années 30 dans le Mellah de Marrakech.

Marrakech – Mellah – Hamsa (Main contre le haïn hara – mauvais oeil)
Cigognes à Marrakech
Marrakech, Mellah vers 1930

Les Lamentations de ma naissance

Lorsque je suis né, tout le monde pleurait.  C’était un jour de tristesse, de lamentations, de larmes, de souffrance, une journée historique du calendrier hébraïque.

Pyoutim : Eliahou Hanavi

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

Pyoutim : Libi Ouvssari

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

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L’enseignement du Grand Rabbin Haïm Harboun : L’unité de la Torah et du psychisme humain

Comme Maïmonide ou le Maharal de Prague étaient des scientifiques de leur époque en même temps que des talmudistes, des érudits qui parlaient à la fois la langue de la Torah et celle de leur culture l’enseignement de Haïm Harboum (devenu grand Rabbin cette semaine à Aix en Provence) est au croisement de plusieurs influences, celles du Talmud de tradition séfarade et de la psychiatrie moderne d’Henri Baruk, un des fondateurs de l’ethnopsychiatrie moderne . De Maïmonide et du Maharal de Prague. Nous publierons sous peu un « Commentaire psychologique de la Torah » en cinq tomes qui illustre ce propos. On trouvera dans le post ci-après une interprétation de la paracha de Kora’h inspiré par son enseignement. Et ici l’introduction du Commentaire psychologique de la Torah en hommage à notre maître.


Cet ouvrage a pour but de rendre accessible l’enseignement oral vivant de mon maître, le rabbin Haïm Harboun[1].

Rabbi Yehouda Hanassi, le compilateur de la Michna (vers l’an 212) disait : « Si je suis plus brillant que mes collègues, c’est parce que j’ai vu le dos de Rabbi Meïr » (TB, Erouvin 13b). Celui que je considère comme mon maître m’a nommé Meïr le jour de ma circoncision mais la seule chose qui puisse « briller » en ces lignes est d’avoir aperçu son dos.

J’ai rencontré le rabbin Harboun à l’âge de 45 ans. J’avais été moine bénédictin de l’âge de 20 ans à l’âge de 30 ans et un long chemin marrane m’avait ramené au judaïsme que mes ancêtres de Corse avaient oublié.[2]

Le rav Haïm Harboun que je rencontrai alors dans la synagogue au bout de ma rue était né en 1930 dans le Mellah de Marrakech. Fils du Mellah et du ‘heder, petit-fils du rav Haïm Corcos, dayan[3] de Marrakech, engendré par une longue lignée de rabbins, il avait appris le français à l’ombre d’un réverbère à l’âge de dix-sept ans, avant d’émigrer en France et de devenir docteur en histoire et en psychologie clinique à l’école du professeur Henri Baruk (1897-1999).

Les lignes qui suivent sont celles d’un simple étudiant. J’ai essayé d’écouter et de retenir ce que le rabbin Harboun disait à notre petite communauté de Vaucresson le Chabbat puis de le traduire dans mes mots et d’en développer les réflexions. La communauté qui a reçu cet enseignement est comme une petite famille d’une douzaine de chefs de famille dont le rabbin Harboun est le père spirituel.

Certains enseignements, et je le signale, ont été aussi reçus d’érudits qui s’expriment dans notre toute petite communauté comme Jacob Ouanounou, élève d’Emmanuel Levinas né dans le Mellah de Meknès qui y commentent la Torah, sans compter les questions de Gaston notre président et de ses fils Fabrice, Cédric, d’Alexis Madar, de Serge Hosana, de la famille Hardy et bien sûr de Sam et Alexis Cohen, nos cohanim ; sans compter les enseignements pleins de sollicitude de Samuel Amar et de notre doyen Raphaël Ohayon (92 ans) originaire de Marrakech… je ne peux pas tous les citer, mais tous comptent pour moi comme des étincelles du feu de la Torah vivante leMoshé miSinaï (enseignement actualisé de celui donné par D-ieu à Moïse au mont Sinaï) et autant de paroles du D-ieu vivant du miniane de notre petite Jérusalem de l’ouest parisien ! Cet Ohel Avraham (la tente d’Abraham) ouvert aux quatre horizons m’a accueilli avec bonté sous sa tente généreuse alors que j’étais égaré dans le désert de ce monde. C’est ainsi que je suis revenu à Israël avec toute ma famille dans cette petite famille dont il est le père de tous.

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