Le rire de Rabbi Akiba au milieu des pleurs de Ticha BeAv


Nous vivons les 3 semaines qui séparent le 17 Tamouz de Ticha BeAv (samedi repoussé à dimanche) et les 9 jours avant Ticha Be Av (jour de jeune anniversaire de la destruction des deux temples). Jours de deuil et d’affliction. « Qui ne pleure pas la destruction du Temple n’aura pas la joie du monde qui vient » dit le Talmud. Faut-il rire ou pleurer ? Un souvenir de deuil du Temple qui est évoqué paradoxalement un jour de Sim’ha, celui où nous brisons le verre du kiddouchine (mariage). Comme si notre joie juive était toujours mêlée de pleurs et notre tristesse d’espoir.

Mariage

C’est un grand mystère que celui de la Sim’ha et les maîtres hassidiques nous l’ont montré. Rabbi Nahman de Bratslav en faisait le plus haut commandement : « Mitzvah Gedolah Le’hiyot Besim’ha Tamid »

Tsahal

« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 4)

Le Talmud au traité Makkot page 24b (verso), se termine par une histoire paradoxale :

« Il arriva encore une fois que Rabban Gamaliel, Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi Josué et Rabbi Akiva se rendirent à Jérusalem. Quand ils atteignirent le mont Scopus, ils déchirèrent leurs vêtements. Quand ils arrivèrent au Mont du Temple, ils virent un renard qui sortait du lieu du Saint des Saints. Les autres se mirent à pleurer ; Rabbi Akiva rit.

Ils lui dirent : « Pourquoi ris-tu ? »

Il leur répondit : « Pourquoi pleurez-vous ? »

Ils lui dirent : « Un lieu [tellement saint] qu’il en est dit : “L’étranger qui l’approche mourra” (Nb 1,51) sur lequel s’est maintenant accompli : “Pour le mont Sion en ruines, traversé par les renards”, (Lamentations 5, 18) nous ne devrions pas pleurer ? »

Il leur dit : « C’est pour cela que je ris. Car il est écrit : “Je ferai témoigner en ma faveur des témoins fidèles, Urie le prêtre et de Zacharie, fils de Yebarékhyahou.”(Is 8, 2)

Quel est le lien entre Urie Et Zacharie ? Urie vécut à l’époque Premier Temple, et Zacharie à l’époque du Second Temple ! La Torah fait cependant dépendre la prophétie de Zacharie de celle d’Urie. Avec Urie, il est écrit : “C’est pourquoi, à cause de vous Sion sera labourée comme un champ ; [Le temple détruit Jérusalem redevient une terre inculte.] (Michée 3, 12). Avec Zacharie, il est écrit : “De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.”. (Za 8,4). Tant que la prophétie d’Urie ne s’était pas accomplie, je craignais que la prophétie de Zacharie s’accomplisse pas non plus. Mais maintenant que la prophétie d’Urie s’est accomplie, il est certain que la prophétie de Zacharie s’accomplira elle aussi. »

Sur ces mots, ils lui répondirent : « Akiva, tu nous as consolés ! Akiva, tu nous as consolés ! »

Jérusalem (2)

« De nouveau des vieux et des vieilles seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main à cause de leur grand âge » (Za 8,4)

L’attitude de Rabbi Akiba est paradoxale. N’est-ce pas le même Akiba qui dans le Pirké Avot 3, 13 est cité comme un « triste sire » mutique et qui là rit alors qu’un renard sort des ruines fumantes du Temple cœur du judaïsme  :

Rabbi Akiba dit : « La plaisanterie et la frivolité accoutument l’homme à la licence. La transmission [de la Loi orale] préserve la Torah ; les dîmes préservent la richesse ; les vœux préservent l’abstinence ; la préservation de la sagesse, c’est le silence. » (Pirké Avot 3, 13)

Comment comprendre cette histoire qui clôt le traité Makkot dans le style ramassé qui est celui du Talmud ?

Isaac Abravanel au XVIème siècle, lui qui a cru que l’expulsion des juifs un jour de Ticha beAv 1492 de la péninsule ibérique était les Hevlei Hamachia’h, les douleurs d’enfantement du Messie et l’aube de la Rédemption note toutes les incohérences de cette pages du Talmud [1].

  1. Urie le prêtre, contemporain d’Achaz, avait construit à Damas une réplique de l’autel [CF 2 R 16, 11 : Ourla, le pontife, construisit un autel semblable et l’exécuta tout à fait selon le modèle que le roi Achaz lui avait expédié de Damas, avant même le retour d’Achaz de cette ville]. Ce n’était donc pas un « témoin fidèle » mais un pécheur qui suivait un roi.
  2. Le prophète Zacharie a prophétisé à propos du Deuxième Temple (plus de deux siècles plus tard) et non sur les tribus exilées par les Assyriens. Comment pourrait-il être un « témoin ». Quant à l’autre Zacharie, B ; Yehoyada, il est mort cent un ans avant Isaïe.
  3. Comment pourraient-ils être les des « témoins » (‘edim) d’un moment d’isolement des époux (puisque c’est de la conception de l’enfant qu’il va être aussitôt question) ? [Se réfère à Is 8, 4 : « Car l’enfant ne saura pas encore dire : Mon père, ma mère, que déjà on emportera devant le roi d’Assyrie les richesses de Damas et les dépouilles de Samarie »]
  4. Que dire de faits qui se produiraient avant que l’enfant sache nommer ses parents (puisque la ruine de Samarie eut lieu la sixième année du règne d’Ezéchias, l’enfant né au début de celui d’Achaz aurait donc eu dix-sept ou dix-huit ans) ?
  5. Il est difficile qu‘Urie prophétise contre Achaz, roi de Juda, en annonçant la ruine non de Juda mais de la Samarie, en quoi alors témoigne-t-il sur lsaïe ? De plus, des témoins, selon la Loi, doivent se trouver ensemble présents sur le lieu du fait, or cela supposerait qu’Urie ait vécu cent cinquante-trois ans et Zacharie deux cents ans ; Urie (de Jérusalem) a prophétisé sur Jérusalem, on parle ici de la Samarie ; Zacharie a parlé du Second Temple, on parle ici du royaume d’Israël ; comment peuvent-ils témoigner à propos d’lsaïe et de son isolement avec sa femme ? Et, s’il s’agit d’homonymes inconnus, alors à quoi bon donner leurs noms ?

Il faut donc penser qu’il s’agit de témoigner au sujet de Dieu et que l‘espace vide dans le parchemin est destiné à recueillir les trois témoignages des prophètes : Isaïe, qui témoignera de la destruction de Samarie et de Damas par les Assyriens ; Urie, qui allait prophétiser la destruction de Juda et de Jérusalem par Nabuchodonosor ; Zacharie, qui allait annoncer la reconstruction du Temple : une destruction est donc bien suivie d’une consolation.

Voilà ce que dit Abravanel. Lui qui courut l’Espagne et leva autant d’argent qu’il a pu pour soudoyer Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, les suppliant de ne pas expulser des femmes, des enfants et des vieillards promis à une mort certaine.

Ce qui unifie les « témoignages » d’Urie et d’Isaïe c’est qu’une destruction est toujours suivie d’une consolation. Si la première prophétie qui concerne le premier temple s’est accomplie comment la seconde concernant le Second Temple ne s’accomplirait-elle pas ?

La répétition deux fois deux fois de « tu nous a consolés » dit l’unité des deux prophéties.

Le rire d’Akiba est une manière de dire : même si un renard sort du saint des saints nous sommes toujours là, vivants !

Toute le tradition juive est remplie de ce paradoxe du rire et des pleurs.

  • Les Hevlei Hamachia’h, les douleurs d’enfantement du messie, annoncent la Rédemption
  • Les tsadikim meurent pour les impies. Leur mort rachète les rechaim.
  • Le mal selon la vision du Maharal et des kabbalistes se rejoint avec le bien, les jumeaux Esaw et Jacob sont les deux figurent antithétiques d’une même réalité dont la tension est créatrice et productive. C’est de leur tension que nait la création comme en gestation d’enfantement.

Dans son développement sur ce passage, R. Yaakov Ettinger, 1798-1871 (Allemagne) auteur du ‘Aroukh laNer présente la destruction du Temple non pas comme une calamité mais aussi une marque de bonté divine. Dieu a déversé Sa colère sur du bois et des pierres afin de préserver le peuple d’Israël. Paradoxe donc.

Il n’y a pas d’autre réponse à cela que le rire mêlé de larmes. Comme Rabbi Akiba nous devons savoir rire au milieu des ruines.

Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: « De nouveau des vieux et des vieilles seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main à cause de leur grand âge. Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. […] Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: « Oui, certes je vais, par mon secours, retirer mon peuple de l’Orient et du pays du soleil couchant. Et je les ramènerai pour qu’ils habitent dans Jérusalem; ils seront mon peuple, et moi, je serai leur Dieu en vérité et en justice. » (Za 8, 4-8)

De notre vivant nous avons vu la réalisation de la prophétie.

 

[1] Voir L’exégèse d’Isaïe 8, 1-8,p ar Maurice Ruben Ayoun, pg

La catastrophe écologique qui menace les océans est d’abord une cécité spirituelle


dechets-plage

Nous savons aujourd’hui que l’homme semble plus le passager de la vie que son sommet ou son accomplissement. Nous sommes le résultat de milliards d’années de symbiose, de fusion d’organismes.

Loin d’être une exception dans la nature, l’homme doit son existence aux microbes et aux bactéries, vecteurs primordiaux de la vie, qui gouvernent les mécanismes essentiels de la biochimie et ont présidé à l’apparition de la vie sur terre il y a 3,8 milliards d’années. Si on regarde aujourd’hui la longue histoire de l’évolution l’homme arrive seulement en dernière minute, au crépuscule. Les insectes sociaux ont 100 millions d’années et l’homme, seulement 50 000 ans.

Sans des milliards d’années d’une intelligence qui nous dépasse infiniment l’atmosphère terrestre n’aurait pas créé il y a 2,4 milliards d’années l’apparition de l’oxygène et il y a 600 million d’années une atmosphère de 10 kilomètres d’oxygène et d’azote produites par la photosynthèse des algues et des plantes, un bouleversement d’écosystème qui a permis l’apparition d’une couche d’ozone protectrice et l’apparition d’organismes complexes. Cette atmosphère où a surgi l’oxygène puis le vivant se maintient en température et en composition par des lois que nous ne connaissons pas, le composé biochimique humain peut y vivre et respirer. Sans cet écosystème arrivé à son équilibre nous vivrions dans une atmosphère saturée de gaz carbonique et d’azote comme celle qui régna sur terre avant l’apparition des animaux, des plantes et des hommes. Les anciens ont eu l’intuition du lien intime entre la vie profonde de l’homme et la respiration. La nechama, le souffle ou l’âme c’est ce qui respire en hébreu.

Aujourd’hui de nouvelles visions émergent soulignant la dépendance forte entre les formes de vie, mais les anciens, sans nos connaissances micro biologiques modernes, avaient déjà eu cette intuition de l’interdépendance du macrocosme et du microcosme. L’homme est porté par la vie biochimique dont il vient et à laquelle il retourne, une loi mystérieuse en permet la persistance dans l’être, l’homéostasie.

Pour la Torah l’homme vient de la terre symbole de cette biochimie organique qui porte la vie et y retourne ; de cette « terre » fabriquée par les bactéries qui vivent dans le sol et rend possible la vie végétale.

« jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré: car poussière tu fus, et poussière tu redeviendras! » (Gn 3, 19)

Notre planète est donc devenue « la Terre » dans le langage commun. Les mots « humble », « humain » viennent de humus, la terre. Nous sommes donc hébergés par cette vie qui nous dépasse, par cet écosystème naturel dont la terre est le parfait symbole.

Pour la Torah l’homme est le gardien de cet écosystème hydro végétal. L’éthique biblique n’est autre qu’un choix de survie humaine et écologique. Le second paragraphe du Chema souligne cette interaction et cette continuité entre l’éthique humaine et l’écosystème terrestre du vivant.

« Et ce sera, si vous écoutez bien Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre Dieu et le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié. Gardez-vous de laisser séduire votre coeur, de vous écarter et de séduire d’autres dieux, de vous prosterner devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous. Il fermerait les cieux, il n ‘ y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que Dieu vous donne. Mettez ces paroles que Je vous énonce, dans votre coeur et dans votre âme, attachez-les comme signe à votre main et qu’elles soient en fronteau entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils, pour vous en entretenir assis dans votre maison, en marchant sur le chemin, en se couchant et en se levant. Tu l’écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes afin que se multiplient vos jours et ceux de vos enfants sur la terre que Dieu à juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux sur la terre » (  Deutéronome 11, 13-21)

L’homme n’est donc pas le souverain de la création mais son gardien. Il peut décoder l’ADN, comprendre les mécanisme micro moléculaires de la vie, maitriser le cycle de l’eau, dominer, l’agriculture, reconstruire des intelligences artificielles semblables aux algorithmes naturels qui gagnent leur propre autonomie, il reste dépendant du substrat biochimique qui le compose, de la chimie qui permet ses émotions, ses sentiments, l’homéostasie de son corps et de ses systèmes nerveux, endocriniens, circulatoires… sans lesquels il ne survivrait pas une minute. Les bactéries ont non seulement toujours vécu avec les hommes mais elles font partie de nous. Notre corps possède 30 mille milliards de cellules, nous sommes donc composés de 39 mille milliards de bactéries.

L’homme dépend de la biochimie dont la terre est le symbole. Composé à 80% d’eau où vivent des cellules et bactéries il garde en lui la mémoire de l’océan primitif ou les premières formes de vie sont apparues il y a 3,8 milliards d’années sans que nous sachions comment. Nous savons aujourd’hui que l’homme est capable de détruire l’écosystème des océans où est née la vie, où pendant deux milliards d’années des cellules ont constamment transformé la surface et l’atmosphère terrestre.

corail-animaux

L’océan joue un rôle déterminant dans l’écosystème de notre planète. En 55 ans, l’Homme a effacé 90 % des plus grands prédateurs des océans, en 40 ans près de la moitié des espèces marines a disparu. Les massifs coralliens menacés par le réchauffement climatique recèlent 25% des espèces vivante sous marines. Les plastiques que nous rejetons changent définitivement la composition de leurs gouttes d’eau et créent des continents sans vie. La destruction de l’écosystème des océans est non seulement une catastrophe écologique mais aussi une catastrophe spirituelle. Elle signe l’inconscience de chacun de nous face à ce que nous avons reçu en héritage de milliards d’années.

C’est cette réalité apparue à la dernière minute de la création ou au sixième jour du temps que la Torah nomme Adam, celui qui est tiré d’adama, la terre. L’étrange loi qui gouverne à l’apparition et au maintien dans l’être du cosmos et du microcosme qu’elle traverse nous est inconnue.

Les hommes de la Torah ont renoncé à désigner avec des mots de ce monde, ce qui signifierait saisir, ce « lieu » originel du monde. A maqom.

Durant les 3 semaines qui vont du 17 Tamouz a Ticha be Av nous autres juifs prenons le deuil du Temple détruit, ce temple qui était au coeur de notre vie sociale et spirituelle a été détruit à cause de la cécité spirituelle d’Israël ont dit nos Sages. L’humanité devrait prendre conscience de sa cécité spirituelle et du fait qu’elle détruit le « temple » de sa vie.

Israel hi habait cheli (Israël, ma maison)


 אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכל

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout te donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

יש לי ארץ, החלב נוגע בדבש
והישן נושן, עטוף הוא בחדש
והיא יפה קדושה, רבים הרוצים בה
ומי ידע דרכה, מנהיגים רבים לה

J’ai une terre, le lait et miel sont réunis,
et l’antique est revêtu de neuf
Et elle est belle et sacrée, beaucoup la désirent,
Mais qui connaît son destin, celui de ses nombreux dirigeants

Yech li erets, ha’halav noguéa bidvach 
véhayachan nochan atouf hou bé’hadach
véhi yafa kedocha, rabim harotsim ba
oumi yda darka manhiguim rabim la 

 

בית ועוד בית, מקיבוץ עד למושב
ועיר אחת גדולה, עשויה כולה זהב

Une maison et une autre maison, du Kiboutz jusqu’au Mochav
Et une ville grande faite entièrement d’or 

bayt véod bayt, mikibouts ad lamochav
vé ir a’hat gdola, assouia coula zahav

ישראל היא הבית שלי
ישראל החלום שאיתי
ישראל… כאן ועכשיו
ישראל, ישראל

Israël  ma maison,
Israël le rêve qui m’accompagne,
Israël ici et maintenant,
Israël, Israël, 

Israel hi habayt cheli
Israel ha’halom che iti
Israel kan vé archav
Israel Israel

ים יפה כחול, והיא יבשה ממים
ומדבר ירוק,מטל שבשמיים
דור שקבע,דגל כחול לבן
ודור חדש שבא,לנצח את הזמן

Une belle mer bleue, mais la terre est assoiffée d’eau
Et un désert qui verdit de la rosée des cieux
Une génération s’est enracinée, un drapeau bleu et blanc,
Et une génération nouvelle qui vient, victoire sur le temps

אנחנו כאן לעד, לטעת ולבנות
מחלום לתקווה, את ארץ האבות

 Nous sommes ici pour toujours, pour planter et construire,
depuis le rêve jusqu’à l’espoir, la terre de nos ancêtres

אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכ

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

 כחול לבן עולה עולה, כחול לבן עולה עולה,
הלב שלנו מתמלא, ישראל עולה עולה

 Bleu et blanc, olé olé, bleu et blanc, olé olé, ca’hol lavan, olé olé
Notre cœur se remplit, Israël 
olé olé, halev chelanou mitmalé

ca’hol lavan olé olé, ca’hol lavan, olé olé
halev chelanou mitmalé, israel olé olé

 

 

Kiddouchine Rachel et Meïr


HaTikva !


Hatikva (l’espoir) a été composée par Naftali Herz Imber (1856, Zolochiv, Galicie austro-hongroise – 1909, New York City) à partir d’une mélodie populaire roumaine.
En 1877 Naftali Herz Imber arrive à Iași en Moldavie roumaine, un an après la naissance dans cette ville du premier théâtre Yiddish. Accueilli chez l’érudit homme d’affaires Moché Waldberg, il entame l’écriture, en hébreu, d’un poème intitulé Tikvatenou (notre espoir):

Notre espoir

Tant qu’au fond du cœur
l’âme juive vibre,
et dirigé vers les confins de l’Orient
un œil sur Sion observe.

Notre espoir n’est pas encore perdu,
cet espoir vieux de deux mille ans
être un peuple libre sur notre terre,
terre de Sion et de Jérusalem.

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Le poème va être transmis, reçu et transformé jusqu’à sa dernière version effectuée en 1905 par Dr. Metmann-Cohen, alors professeur à l’école de Rishon LeZion.

Kiddouchine ! Mariage de Rachel et Meïr, le 13 mai 2018


וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי לְעוֹלָם וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי בְּצֶדֶק וּבְמִשְׁפָּט וּבְחֶסֶד וּבְרַחֲמִים

וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי בֶּאֱמוּנָה; וְיָדַעַתְּ אֶת-יְה

 » Alors, je te fiancerai à moi pour l’éternité;
tu seras ma fiancée par la droiture et la justice,
par la tendresse et la bienveillance;
Ma fiancée dans la foi, et alors tu connaîtras l’Eternel. » (Os 2, 22)

Kiddouchine, (le mariage juif) : signifie, « sanctification » en hébreu, « sanctifier » c’est-à-dire particulariser, séparer, choisir. Le Hattan (fiancé) choisit la Kalla (fiancée) en lui passant l’anneau à l’index droit après un kiddouch sur le vin; comme D-ieu « choisit » c’est à dire particularise Israël au service de toute l’humanité. En cette veille de Chabbat et de la fête de Chavouot (Pentecôte) nous vous souhaitons la paix en vous et feu de la Torah dans vos coeurs.

Rachel et Meir LONG 05

Bénédiction du Taleth

Rachel et Meir LONG 03

Discours du Grand Rabbin de France Haïm Korsia

Rachel et Meir LONG 04Rachel et Meir LONG 06 (1)

AnneauRachel et Meir LONG 06

Chant de la Ketouba et discours par le Rav Haïm HarbounRachel et Meir LONG 07

Rachel et Meir LONG 08

Chant de la Ketouba en araméen

La ‘Houpa (le dais) sous les étoiles, est un signe de la bénédiction de D.ieu au patriarche Abraham, le père de tous les croyants, en lui promettant que sa descendance sera aussi nombreuse que “les étoiles du ciel”. La ‘Houpa , symbolise le foyer que le couple construit. Un espace ouvert aux quatre horizons, de la même façon que l’était la tente d’Abraham et de Sarah, afin de pouvoir offrir l’hospitalité aux amis et aux membres de la famille sans aucune restriction.

Houppa

 

Discours de Jacob Ouanounou sur l’Amour (Hahava = 13 = e’ahd/ 13 mai !)Rachel et Meir LONG 09Rachel et Meir LONG 10

Le Rav Harboun et notre président Gaston MadarRachel et Meir LONG 11

Yom Yérouchalaim (le 13 mai), 50 ans de la réunification de la ville de Jérusalem
70 ème anniversaire civile de la Naissance de l’Etat d’Israël le 14 mai.

 

La communauté qui nous a accueillis il y a 8 ans s’appelle Ohel Abraham (la tente d’Abraham), un symbole d’accueil entre la terre et le Ciel ouvert aux 4 horizons , alors pour l’occasion nous avons construit  une tente pour notre communauté et nos invités dans le jardin de la synagogue.

Tente

Rachel et Meir LONG 16

On a chanté Israel hi habayt cheli – « Israël est ma maison »

 

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Rachel et Meir LONG 17

 

 

Rabbi Chimon Bar Yohai, un spirituel en temps de persécution


 

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Pour comprendre les feux de Lag BoOmer, et son ambiance « messianique » en même temps que la désolation du massacre des 24 000 disciples de Rabbi Akiva il faut le restituer dans son contexte historique qui est central pour comprendre comment est né et s’est structuré le Talmud, une littérature en temps de guerre pour une époque d’une brutalité sans pitié.

Peu avant le seconde guerre Judéo romaine (115-135), Chimon ben Yohaï natif de Galilée est le disciple préféré de Rabbi Akiva avec qui il a étudié treize ans à Bene-Braḳ (Lv Rabba 21) après avoir étudié à Yavné sous Gamaliel II (TB Berakhot 28a). Rabbi Akiva l’appelait ” mon fils “. Il avait pour condisciple Rabbi Meïr lui aussi disciple de Rabbi Akiva. Akiva n’ordonna rabbin R. Chimon qu’après R. Meïr, ce qui le blessa (TJ Ter., 46b, TJ Sanhédrin, 19a).

On le célèbre à Lag Ba Omer, le 18 iyar, le 33ème jour du Omer – période située entre Pessah et Chavouot, de 7 x 7 = 49 jours (d’où penta-Kosté, le 50 ème jour en grec). On y allume de grands feux qui rappellent cette désolation.

Les années de persécution romaine

Les persécutions des Juifs sous le règne de l’empereur Hadrien qui culminera avec la seconde guerre judéo-romaine d’inspiration messianique (115-135) va mener au massacre de nombreux juifs.

L’Imperium règne en maître sur ses provinces taxées et fournisseurs du commerce international d’esclave, la première énergie de Rome. La Judée, est une de ces province « normalisée », marginale mais verrou stratégique vers l’empire Parthe (Babylone) un immense Empire d’Asie qui finira par déstabiliser la puissance romaine en 161 en conquérant le royaume Arménie.

Déjà, la première guerre judéo-romaine en 65-70 a abouti à la destruction du Temple et au massacre de 25% de la population de Judée.

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