« Quand il voit que le monde est si coupable et qu’il mérite la destruction, l’Eternel se déplace Lui-même du trône de la Justice à celui de la Miséricorde » (Talmud)


Nous sommes entrés ce mardi soir dans le mois d’Elloul qui nous conduit à Roch Achana et aux 10 jours redoutables. C’est la période des Selihot (de sliha’, « pardon »), dites avant l’aube.

Au cœur de nos ténèbres

Un jour j’ai vu mon maître pleurer et ne pas arriver à finir de prononcer ces mots un jour de Kippour, les mots d’une prière qu’on appelle le Vidouy qui consiste à énumérer ses fautes. Il les disait pour nous tous en cet instant.

L’ambiance de ce moment où nous étions solidaires et anéantis autour de ce vieil homme est resté à jamais gravé dans mon esprit. Massé Avot… siman levanim.

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Une autre fois j’ai vu une femme russe se faufiler comme une ombre et prier contre le kotel, dans le fouilles (Photo DL).  Il y avait chez elle une intensité extrême. Elle faisait littéralement « exister D ». Personne ne sait prier et c’est toujours « la  première fois ». Lire la suite de « « Quand il voit que le monde est si coupable et qu’il mérite la destruction, l’Eternel se déplace Lui-même du trône de la Justice à celui de la Miséricorde » (Talmud) »

Slate : « Jusqu’où peut-on chercher l’amour ? »


Une interview émouvante, l’histoire de Didier, un épisode de Transfert d’Hélène Carbonnel (Podcast Slate) :

http://www.slate.fr/podcast/149673/jusquou-peut-chercher-lamour

Tou BeAv : Le couple, rencontre providentielle de deux « inconscients »


« Il y a trois choses qui me dépassent, quatre que je ne connais pas : le chemin que suit l’aigle dans le ciel, le chemin que suit le serpent sur le rocher, le chemin que suit le navire au cœur de la mer et le chemin que suit l’homme pour trouver une jeune fille » (Livre des Proverbes 30, 18-19).

Le quinzième jour du mois d’av (hébreu : ט״ו באב tou bèav) était selon le Talmud, l’un des jours les plus joyeux de l’année juive à Jérusalem à l’époque du second Temple. Tous les jeunes célibataires de Jérusalem sortaient danser dans les vignobles avec des habits blancs , les filles invitant les garçons à les prendre. De la vient la tradition de Chiddouh, les mariages « sur mesure » organisés dans le milieu orthodoxe. Mon rabbin Harboun est spécialiste de cela, docteur en psychologie clinique il s’est fait un questionnaire spécial à cocher pour dire aux couples s’ils sont compatibles… et vérifier « avant ».
Ce jour est l’occasion d’une petite réflexion sur le couple.
Je vous livre ici quelques pages du Commentaire psychologique de la Torah largement inspiré de sa pensée du Rav Harboun mon maître que je suis en train d’écrire.

Marc Chagall, fleurs et couple sur le divan rouge

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Le couple, rencontre providentielle de deux « inconscients »

La Torah s’intéresse longuement au couple et à sa formation :

Le dicton Zivoug Mine hachamayim : « La formation du couple est l’affaire du ciel » rappelle que la construction d’un couple ne relève pas du rationnel, mais de la providence.

Lire la suite de « Tou BeAv : Le couple, rencontre providentielle de deux « inconscients » »

Mazzérisme et Cabbale


asphodèleJe poursuis la mise en résonance des conceptions ésotériques corse et juive séfarade en parlant dans ce post de la conception de la mort dans le mazzérisme et la Cabbale .

U Mazzeru : voir la nuit

Le mazzérisme est une croyance spécifiquement Corse, qui, par certains aspects (le rôle des animaux, la métamorphose en animaux comme pour les totem scouts lors des mandraches, la chasse) ressemble aux cultes primitifs chamaniques. En Corse le mazzeru est un «Chasseur d’âmes » ou un «Messager de la Mort ». C’est un homme : mazzeru, ou une femme : mazzera. Lire la suite de « Mazzérisme et Cabbale »

Rapprochements entre les traditions et coutumes ésotériques juive et corse, le « mauvais œil »


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Amulette Corse contre le mauvais oeil (les juifs tunisiens portent le même corail)

Je voudrais ici mettre en résonance deux conceptions ésotériques corse et juive séfarades, qui, pour apparaître au premier abord comme des « superstitions » pour l’universitaire post moderne assuré d’avoir dépassé tout cela dans un vision d’hélicoptère hors sol… sont en réalité des conceptions et des pratiques de psychologie clinique étonnement modernes. Je veux parler de l’Ocjhu et du hain hara, le « mauvais œil » d’abord; et de la conception de la mort dans le mazzérisme et la Cabbale ensuite.

Je suis évidemment « situé » (Corse du sud et Alta Rocca) et pas un « expert » de ces coutumes multiformes en Corse comme dans le monde juif, mais des expériences spirituelles récentes m’ont permis d’y voir plus clair.

Le mauvais œil, regard destructeur

Le phénomène corse de signadori, les femmes qui enlèvent l’ochjiu, et pratiquent le rite de l’huile : on verse des gouttes dans un récipient d’eau posé sur la tête de la personne ou sur un linge intime, pour que se forment des « yeux », ; on répète l’opération et les prières jusqu’à ce que les yeux – ceux des jaloux qui ont mal parlé, disparaissent, … est courant et répandu en Corse.

On retrouve ce rite dans le monde juif séfarade sous le forme de ain hara : on verse du plomb fondu dans une casserole d’eau déposée sur la tête du patient en disant : « Que par ce plomb soit ôté toutes sortes de mauvais œil qui a vu, qui a observé, qui a parlé sur Untel fils de Untel ». Le plomb se solidifie, au contact de l’eau, et forme des boules ou yeux. On répète l’opération (plomb, prière, observation du pomb dans l’eau) jusqu’à ce que le plomb ne se solidifie plus de cette façon en formant des boules ou « yeux ».

Un processus d’abréaction psychique

Ces rites n’ont rien de « primitif », bien au contraire, ce sont des processus psychiques d’abréaction de la violence du groupe ; Le ain hara est en fait une visualisation du « lachion hara », la mauvaise langue destructrice qui mé-dit, qui envie et détruit une personne psychiquement et le groupe par contamination. Bien plus dangereuse qu’une rafale de balles puisqu’elle tue à très grande distance et pourrit tout (assimilé à la lèpre par un jeu de mot par le Talmud et nos Hakhamim). La personne se percevant diminuée elle va rabaisser autrui ou médire pour retrouver son intégrité et se hauteur. Ce qui contamine la société de manière virale comme une lèpre. Lire la suite de « Rapprochements entre les traditions et coutumes ésotériques juive et corse, le « mauvais œil » »

Les vies de Didier Long et Haïm Harboun sur bibliothèque Médicis


(Toute l’émission avec Maurice Olender, Historien, Professeur à l’EHESS, Sylvain Fort, Essayiste, conseiller et plume d’Emmanuel Macron )

Didier Long sur Bibliothèque Médicis vendredi soir (et en replay!)


Je passerai sur Bibliothèque Médicis (Public Sénat) ce vendredi soir 22h (et en replay !). On y parle de monastère, des marranes et juifs de Corse, de la vie du Rabbin Haïm Harboun, Le rabbin aux mille vies, et… de la Révolution numérique.

Autres invités avant : Sylvain Fort conseiller et plume d’Emmanuel Macron qui a écrit  Saint-Exupéry Paraclet, et Maurice Olender, éditeur et écrivain.

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