JOB : création, décréation, récréation, rédemption

“De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.” (Zacharie 8,4)
« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 5)

De la destruction…

Le livre de Job est le 2ème des Ketouvim (Hagiographes ou Autres écrits) entre les psaumes et les proverbes (selon Baba Batra 14b). Il parle de la souffrance et de la destruction humaine. Le Livre de la Genèse nous parle de la Création, celui de Job nous parle de la dé-création. C’est pourquoi c’est le seul que nous étudions avec les Lamentations qui racontent la destruction du Temple en ce jour de Ticha Be Av.

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« Du monastère à la synagogue », témoignage de Didier Long (מֵאִיר)et du R. Haim Harboun à Aix-en-Provence

Témoignage de Didier Long (מֵאִיר) et de R. Haïm Harboun à la communauté juive d’Aix-en-Provence le 03 juillet 2019.
Annonce de la nomination de Haïm Harboun au titre de Grand Rabbin par le Grand Rabbin Daniel Dahan et la communauté juive d’Aix-en-Provence

Un poème envoyé par Raphaël Ohayon le doyen de notre synagogue (90 ans !) !

Rav Haïm Harboun, une enfance au Mellah de Marrakech

Mon ami le Rav Haïm Harboun a vécu tellement de vies que lorsque je rencontre un vieux monsieur il me dit : « Oui c’est lui qui m’a circoncis,… qui m’a appris à lire,… qui m’a emmené pour la première fois en colonie de vacances,… … qui nous a mariés ». Voici le Premier chapitre de son livre « Le rabbin aux milles vies « , (Lemieux Editeur, 2017) qui raconte son enfance dans les années 30 dans le Mellah de Marrakech.

Marrakech – Mellah – Hamsa (Main contre le haïn hara – mauvais oeil)
Cigognes à Marrakech
Marrakech, Mellah vers 1930

Les Lamentations de ma naissance

Lorsque je suis né, tout le monde pleurait.  C’était un jour de tristesse, de lamentations, de larmes, de souffrance, une journée historique du calendrier hébraïque.

Pyoutim : Eliahou Hanavi

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

Pyoutim : Libi Ouvssari

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

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L’enseignement du Grand Rabbin Haïm Harboun : L’unité de la Torah et du psychisme humain

Comme Maïmonide ou le Maharal de Prague étaient des scientifiques de leur époque en même temps que des talmudistes, des érudits qui parlaient à la fois la langue de la Torah et celle de leur culture l’enseignement de Haïm Harboum (devenu grand Rabbin cette semaine à Aix en Provence) est au croisement de plusieurs influences, celles du Talmud de tradition séfarade et de la psychiatrie moderne d’Henri Baruk, un des fondateurs de l’ethnopsychiatrie moderne . De Maïmonide et du Maharal de Prague. Nous publierons sous peu un « Commentaire psychologique de la Torah » en cinq tomes qui illustre ce propos. On trouvera dans le post ci-après une interprétation de la paracha de Kora’h inspiré par son enseignement. Et ici l’introduction du Commentaire psychologique de la Torah en hommage à notre maître.


Cet ouvrage a pour but de rendre accessible l’enseignement oral vivant de mon maître, le rabbin Haïm Harboun[1].

Rabbi Yehouda Hanassi, le compilateur de la Michna (vers l’an 212) disait : « Si je suis plus brillant que mes collègues, c’est parce que j’ai vu le dos de Rabbi Meïr » (TB, Erouvin 13b). Celui que je considère comme mon maître m’a nommé Meïr le jour de ma circoncision mais la seule chose qui puisse « briller » en ces lignes est d’avoir aperçu son dos.

J’ai rencontré le rabbin Harboun à l’âge de 45 ans. J’avais été moine bénédictin de l’âge de 20 ans à l’âge de 30 ans et un long chemin marrane m’avait ramené au judaïsme que mes ancêtres de Corse avaient oublié.[2]

Le rav Haïm Harboun que je rencontrai alors dans la synagogue au bout de ma rue était né en 1930 dans le Mellah de Marrakech. Fils du Mellah et du ‘heder, petit-fils du rav Haïm Corcos, dayan[3] de Marrakech, engendré par une longue lignée de rabbins, il avait appris le français à l’ombre d’un réverbère à l’âge de dix-sept ans, avant d’émigrer en France et de devenir docteur en histoire et en psychologie clinique à l’école du professeur Henri Baruk (1897-1999).

Les lignes qui suivent sont celles d’un simple étudiant. J’ai essayé d’écouter et de retenir ce que le rabbin Harboun disait à notre petite communauté de Vaucresson le Chabbat puis de le traduire dans mes mots et d’en développer les réflexions. La communauté qui a reçu cet enseignement est comme une petite famille d’une douzaine de chefs de famille dont le rabbin Harboun est le père spirituel.

Certains enseignements, et je le signale, ont été aussi reçus d’érudits qui s’expriment dans notre toute petite communauté comme Jacob Ouanounou, élève d’Emmanuel Levinas né dans le Mellah de Meknès qui y commentent la Torah, sans compter les questions de Gaston notre président et de ses fils Fabrice, Cédric, d’Alexis Madar, de Serge Hosana, de la famille Hardy et bien sûr de Sam et Alexis Cohen, nos cohanim ; sans compter les enseignements pleins de sollicitude de Samuel Amar et de notre doyen Raphaël Ohayon (92 ans) originaire de Marrakech… je ne peux pas tous les citer, mais tous comptent pour moi comme des étincelles du feu de la Torah vivante leMoshé miSinaï (enseignement actualisé de celui donné par D-ieu à Moïse au mont Sinaï) et autant de paroles du D-ieu vivant du miniane de notre petite Jérusalem de l’ouest parisien ! Cet Ohel Avraham (la tente d’Abraham) ouvert aux quatre horizons m’a accueilli avec bonté sous sa tente généreuse alors que j’étais égaré dans le désert de ce monde. C’est ainsi que je suis revenu à Israël avec toute ma famille dans cette petite famille dont il est le père de tous.

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« Sur le chemin de la Charité se trouve la Vie et son sentier aboutit à l’immortalité » (Proverbes 12, 28)

Du désir de richesse

Photo de Sebastiao Salgado

Quand l’homme sans spiritualité a une maison il en veut une plus grande encore ; Une fortune ? Il n’en a jamais assez ; Une belle femme ? il en veut une encore plus belle ou plus jeune encore, la « femme idéale »… et ainsi se passe la vie de l’homme sans D-ieu (nous tous par moment !) qui ne voit pas la profondeur de l’existence et passe son temps à vouloir transformer les ronds en carrés jusqu’à ce que la mort le surprenne. On peut donc vivre comme un mort vivant et « traverser sa vie comme une mouche » selon l’expression de notre Rav Haïm Harboun instruit de cela par le Hédèr (chambre- salle de classe) du Mellah de Marrakech !

Un jour, homme riche qui a construit des supermarchés pour nourrir des millions de personnes, Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, disait ceci : « Je ne vais quand-même pas manger 7 fois par jour ! ». Sage constatation.

Notre désir est infini et on est toujours le pauvre de quelqu’un.

La plupart des gens autour de nous ont un toit, de quoi manger, dormir, se vêtir, des chaussures. Les récents conflits des gilets jaunes nous renvoient à cette question éternelle, que signifie « être pauvre » ? Comment rétablir l’équilibre social ? partager un peu de la fête fraternelle en ce monde où nous ne faisons que passer ? Ce qui est quand même beaucoup plus marrant que de grignoter son gâteau tout seul dans un coin de la cour de récréation…

Essayons de comprendre cela du point de vue de la Torah :

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« Je vous ai portés sur l’aile des aigles »

EXODE 19, 4 : « Je vous ai portés sur l’aile des aigles »

Capu Rossu, Golfe de Porto, Corse

latitude: N 42°14’25 » – longitude: E 8°35’12 ».

Vendredi 18 Sivan 5779,

quelques heures avant la sortie des étoiles

MARE D’ARGENTU

Mare d’argentu, veni à ballà cù lu ventu

e porta cullà e centu rime di lu vaghjime.

Mare d’argentu, tra e to sciume cum’è lu pientu

sbocca lu fiume falla furiosu è diviziosu

Mare d’argentu, l’ai capita, ch’ogni mumentu

di la to vita sbuccia l’albore, è cresce l’amore.

Mare d’argentu, sta riturnella, ùn hè lamentu,

mancu paghjella, solu una prova di vita nova.


MER D’ARGENT

Mer d’argent, viens danser avec le vent

et porter là-bas les cents rimes de printemps

Mer d’argent, entre tes écumes comme des pleurs

aboutit le fleuve, il chute furieux et divisé

Mer d’argent, tu l’as compris que chaque moment

de ta vie éclate l’aube et crois l’amour

Mer d’argent, cette ritournelle n’est pas une complainte

ni une polyphonie, mais une preuve de vie nouvelle…

Paroles des Prophètes, en Corse

 רָנּוּ שָׁמַיִם וְגִילִי אָרֶץ, יפצחו (וּפִצְחוּ) הָרִים רִנָּה:  כִּי-נִחַם יְהוָה עַמּוֹ, וַעֲנִיָּיו יְרַחֵם.  {ס}13 Cieux, jubilez, terre, sois dans l’allégresse, et vous, montagnes, entonnez des chants joyeux! Car Dieu console son peuple, il prend en pitié ses humbles. [veaniyaiv irakhem : les ‘courbés’ D. ressent pour eux le déchirement des entrailles d’une mère -Meïr]
יד וַתֹּאמֶר צִיּוֹן, עֲזָבַנִי יְהוָה; וַאדֹנָי, שְׁכֵחָנִי. 14 Sion avait dit: « L’Eternel m’a délaissée, l’Eternel m’a oubliée. » (Je suis parti de l’Eternel, l’Eternel m’a oublié – Meïr)
טו הֲתִשְׁכַּח אִשָּׁה עוּלָהּ, מֵרַחֵם בֶּן-בִּטְנָהּ; גַּם-אֵלֶּה תִשְׁכַּחְנָה, וְאָנֹכִי לֹא אֶשְׁכָּחֵךְ. 15 Est-ce qu’une femme peut oublier son nourrisson, ne plus aimer [mérakhem : ne pas ‘matricer’ -Meïr] le fruit de ses entrailles? Fût-elle capable d’oublier, moi je ne t’oublie point!
טז הֵן עַל-כַּפַּיִם, חַקֹּתִיךְ; חוֹמֹתַיִךְ נֶגְדִּי, תָּמִיד. 16 Oui, j’ai gravé ton nom sur la paume de mes mains, tes remparts sont constamment devant mes yeux. (Is 49, 13-16)
 כִּי-כֹה אָמַר יְהוָה, רָנּוּ לְיַעֲקֹב שִׂמְחָה, וְצַהֲלוּ, בְּרֹאשׁ הַגּוֹיִם; הַשְׁמִיעוּ הַלְלוּ, וְאִמְרוּ, הוֹשַׁע יְהוָה אֶת-עַמְּךָ, אֵת שְׁאֵרִית יִשְׂרָאֵל. 6 En vérité, ainsi parle l’Eternel: « Eclatez en chants joyeux au sujet de Jacob, en cris d’allégresse au sujet de la première des nations; publiez à voix haute des louanges et dites: Assure, ô Eternel, le salut de ton peuple, des derniers restes d’Israël! [Le « reste d’Israël » est un thème biblique qui prends toute sa force avec les prophètes pour Sophonie (3, 2) il reste « un peuple humble (anaw, « humble » comme Moïse,d’un racine qui signifie « courbé ») et modeste » – Meïr]
ז הִנְנִי מֵבִיא אוֹתָם מֵאֶרֶץ צָפוֹן, וְקִבַּצְתִּים מִיַּרְכְּתֵי-אָרֶץ–בָּם עִוֵּר וּפִסֵּחַ, הָרָה וְיֹלֶדֶת יַחְדָּו:  קָהָל גָּדוֹל, יָשׁוּבוּ הֵנָּה. 7 Oui, je veux les ramener du septentrion, les rassembler des extrémités de la terre; l’aveugle même et le boiteux, la femme enceinte et l’accouchée se joindront à eux: en grande foule, ils reviendront ici.
ח בִּבְכִי יָבֹאוּ, וּבְתַחֲנוּנִים אוֹבִילֵם–אוֹלִיכֵם אֶל-נַחֲלֵי מַיִם, בְּדֶרֶךְ יָשָׁר לֹא יִכָּשְׁלוּ בָּהּ:  כִּי-הָיִיתִי לְיִשְׂרָאֵל לְאָב, וְאֶפְרַיִם בְּכֹרִי הוּא.  {ס}8 En pleurs ils reviendront dans les supplications, je les transporterai.
Je les ferai aller vers les torrents d’eaux, sur la route droite où ils ne trébucheront pas , par une route unie, où ils ne trébucheront pas; car je suis un père pour Israël , et Ephraïm est mon premier-né. »
[les lévites ont pris la place des premiers nés vus comme plus sanctifiés au départ, aprés le faute du veau d’or nous dit le Maharal de Prague – Meïr]
ט שִׁמְעוּ דְבַר-יְהוָה גּוֹיִם, וְהַגִּידוּ בָאִיִּים מִמֶּרְחָק; וְאִמְרוּ, מְזָרֵה יִשְׂרָאֵל יְקַבְּצֶנּוּ, וּשְׁמָרוֹ, כְּרֹעֶה עֶדְרוֹ. 9 Ecoutez la parole de l’Eternel, ô nations! Annoncez-la sur les plages lointaines, dites: « Celui qui disperse Israël saura le rallier, et il veille sur lui comme le berger sur son troupeau. » (Jr 31, 6-9)

Mikvéh מִקְוָה, un bain d’espoir et d’éternité

La racine kvh’ (kaf, vav, hé) est une racine primitive araméenne qui signifie « lier ensemble » (parfois par torsion), « rassembler »; de manière figurée: « attendre », « espérer ». 

L’eau apparaît dés de le début de l’histoire de la création: veRuakh al peneï amaïm « L’esprit de Dieu sur le visage des eaux» (Gn 1, 2). Dés le commencement, l’eau est liée au divin, au spirituel. La pureté juive n’est pas une question de ‘propreté’ ; est « impur » (tamé) tout ce qui est marqué par la mort et sépare du culte du Temple. Il s’agit d’une impureté rituelle .

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל-מָקוֹם אֶחָד, וְתֵרָאֶה, הַיַּבָּשָׁה; וַיְהִי-כֵן

« L’éternel dit: « Que les eaux répandues sous le ciel se réunissent (ikavou) sur un seul lieu (makom e’had), et que le sol apparaisse. » Cela s’accomplit. »

וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אֶרֶץ, וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב.

« L’éternel nomma le sol la Terre, et l’agglomération des eaux (miqvéh amaïm) , il la nomma les Mers. Et Dieu considéra que c’était bien. » (Gn 1, 9-10)

Le retour à notre source nous réunit et nous réunifie quand nous sommes ‘morts’, en vrac, incapables de nous recueillir.

Le second sens de la racine kvh’ est « l’espoir » (ha Tikvah) d’Israël.

Le prophète Jérémie en parle :

מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל יְהוָה, כָּל-עֹזְבֶיךָ יֵבֹשׁוּ; יסורי (וְסוּרַי) בָּאָרֶץ יִכָּתֵבוּ, כִּי עָזְבוּ מְקוֹר מַיִם-חַיִּים אֶת-יְהוָה.

« O espérance (Miqvéh) d’Israël, Éternel, tous ceux qui te délaissent seront confondus! Oui, ceux qui se tiennent éloignés de moi seront inscrits sur la poussière, car ils ont abandonné la source d’eaux vives (maïm ‘haïm) : l’Eternel » (Yirmiyahu / Jérémie 17, 13)

L’immersion n’a rien à voir avec la propreté physique. Celui qui passe au Mikvé choisit de passer de la « mort » à la « vie »; c’est un acte spirituel avec intention. 

Maïmonide termine sa codification des lois du mikveh en disant:

« Il est évident que les lois sur l’immersion en tant que moyen de s’affranchir de la souillure sont des décrets établis par les Écritures et non des sujets sur lesquels l’intelligence humaine est capable de former un jugement ; car voici, elles sont incluses parmi les statuts divins. Maintenant, la «malpropreté» n’est pas de la boue ou de la crasse que l’eau peut éliminer, mais une question de décret scripturaire et dépend de l’intention du cœur. Par conséquent, les Sages ont dit: « Si un homme se plonge, mais sans intention particulière, c’est comme s’il ne s’était pas plongé du tout. » Tosefta (Ḥaguiga 3, 2 )

Celle, Celui qui plonge dans le bain rituel du mikvéh – sans aucune barrière entre lui et l’eau, – entièrement entourée d’eau, fait le choix de revenir à sa source spirituelle. Il ressemble au fœtus dans le ventre de la mère. L’immersion dans le mikvéh est un retour à la source, un recommencement à zéro.

D. est toujours proche c’est seulement nous qui nous sommes éloignés de Lui. Voilà ce que j’ai appris à Carghjese.

Que D. bénisse la Corse et son peuple.

NB : La Michna (Mikvaoth 1, 1–8) indique qu’il existe au moins six grades de mikva’ot , classés du pire au meilleur: les étangs; les étangs pendant la saison des pluies; les piscines d’immersion contenant plus de 40 se’ah d’eau; les puits d’eaux souterraines naturelles;  l’eau salée de la mer et des sources chaudes; et les aux naturelles « vivantes » des sources et des rivières. 

Mékoudéchet !

En cet anniversaire de notre Kiddouchine quelques photos de celles et ceux qui nous ont accompagnés jusqu’à cet instant du 13 mai, veille de l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Que soient bénis les Rabbanim Harboun et Korsia, tous deux Haïm !

Bamidbar, « dans le désert » : Reviens vers ta terre !

Cette méditation est dédiée à Benjamin de la tribu de Lévi nouveau Bar Mitsva d’Israël ; et à mon ami Antoine Leschi, berger en Corse dans le Niolu depuis 30 ans, fils du Peuple Corse et de celui d’Israël.


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