« Certains acquièrent le monde futur en une seule heure, et d’autres s’y attellent durant de nombreuses années ! »

Le pouvoir de la techouva est sans limite, une tragique et magnifique histoire, comme le raconte l’histoire d’un « Rabbi » qui avait connu toutes les prostituées du monde dans le traité du Talmud Avoda Zara (17a).

On disait de « Rabbi » Elazar ben Dourdaya qu’il n’y avait pas une prostituée au monde avec laquelle il n’avait eu de relations.

Un jour, il apprit qu’il en existait une dans un port lointain, qui prenait pour salaire toute une bourse de dinars.

Il prit une bourse de dinars et traversa sept fleuves pour arriver jusqu’à elle.

Comme il discutaient ‘l’affaire’, elle dit : « De même que le vent ne revient jamais d’où il est sorti, le repentir d’Elazar ben Dourdaya ne sera jamais accepté ».

Il s’assit entre deux montagnes et deux collines et déclara: « montagnes et collines, intercédez (priez la miséricorde – rakhamim) en ma faveur » . Elles lui dirent: Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde , ainsi qu’il est écrit : «Car les montagnes peuvent partir et les collines être enlevées» ( Isaïe 54, 10 ). Il déclara: « montagnes et collines, intercédez en ma faveur » . Elles lui dirent: Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde , ainsi qu’il est écrit : « Car les cieux disparaîtront comme de la fumée, et la terre deviendra vieille comme un vêtement » ( Isaïe 51, 6 ).

Il continua : « Soleil et lune, intercédez pour moi » . Ils lui répondirent: Avant de prier pour ta miséricorde, nous devons prier pour notre miséricorde , car il est écrit: «Alors la lune sera confondue et le soleil honteux» ( Isaïe 24, 23 ).

Il dit: « Étoiles et constellations, priez pour moi » . Elles répondirent: « Avant de prier pour ta miséricorde , nous devons prier pour notre miséricorde » , comme il est dit: «Et toutes les armées du ciel seront couvertes de moisissures» ( Isaïe 34, 4 ).

Alors il conclut : « La chose ne dépend que de moi seul ».

Il plaça sa tête entre ses genoux et éclata en sanglots si violents qu’il rendit l’âme.

Une voix céleste annonça : « Rabbi Elazar ben Dourdaya est destiné à la vie du monde à venir ». Lorsque’il entendit cette histoire Rabbi [Yehuda Ha Nassi] pleura en disant : « Certains acquièrent leur monde futur en une seule heure, et d’autres s’y attellent durant de nombreuses années ! ».

Et Rabbi [Yehuda Ha Nassi] ajouta : « Non seulement les pécheurs repentants sont bien accueillis, mais on va même jusqu’à leur donner le titre de Rabbi ! ».

NB : La Guemara explique la difficulté présentée par cette histoire: Et ici, Elazar ben Durdayya était coupable du péché de relations sexuelles interdites, et pourtant il mourut après s’être repenti. La Guemara répond: Là aussi, puisqu’il était si attaché au péché, dans une mesure qui transcendait la tentation physique qu’il ressentait, c’est semblable à l’hérésie, car c’était devenu comme une forme de culte idolâtrique pour lui.

et la Guemara continue :

 » Rabbi Tanina et Rabbi Yonatan marchaient long de la route lorsqu’ils se trouvèrent à un croisement de chemins : l’ un se dirigeait vers l’entrée d’ un lieu du culte des idoles, et l’autre vers l’entrée d’une maison close. L’un a dit à l’autre: « Allons par le chemin qui mène à l’entrée du lieu de culte des idoles » . Mais comme l’inclination au culte des idoles avait été détruite en eux, l’autre répondit : « Allons par le sentier qui mène à l’entrée de la maison close et maîtrisons notre inclination pour recevoir une récompense » . Quand ils arrivèrent là-bas, ils virent que les prostituées rentraient dans le bâtiment par respect pour les Sages.

Le premier demanda : D’où savais-tu que les prostituées se retireraient devant nous avec embarras? Il lui dit : Il est écrit:  » Puisse la réflexion [ mezimma ] être ta sauvegarde et la raison ta protection! Ainsi tu seras préservé … » ( Proverbes 2, 11 ), (c’est-à-dire que la Torah servira de protection contre l’impudicité). « 

Est omis le verset 16 de Pv 2 qui continue : « Leatsilékha mehisah zara : Tu seras sauvé de la femme étrangère (isha zara comme avoda zara : culte étranger), minakhéria amaréyia ekhélikha du genre aux paroles mielleuses »

La guemara continue :

Les Sages ont dit à Rava: Quelle est la signification de mezimma ? Si nous disons que cela fait référence à la Torah qui vous gardera, comme il est écrit: « Zimma » ( Lévitique 18, 17 ), et nous traduisons ce terme par: Le conseil de [ Atzat ] les pécheurs, démontrant que zimma fait référence au conseil ou à la sagesse, et le terme etza est également écrit à propos de la Torah: «Cela vient aussi du Seigneur des armées: Son conseil est merveilleux [ etza] et sa sagesse est grande » ( Isaïe 28, 29 ), cela est difficile.

La Guemara explique la difficulté: Dans ce cas, le verset aurait dit: Zimma , et non mezimma .

Voici plutôt ce que dit le verset : «De la matière obscène [ midevar zimma ], il veillera sur vous, la Torah vous gardera , c’est-à- dire que le terme discernement est une référence à la Torah.

Chana Tova !

Le ‘Rabbinou’ de Chirac

Quelques pages de mon Livre Des Noces éternelles, un moine à la synagogue paru il y a quelques années. Que la mémoire de cette homme qui a tant fait pour les Juifs soit une bénédiction.

Je débarquais un jour de février 2012, avec mon chapeau ! chez le Grand Rabbin Haïm Korsia en plein Shabbat, il n’était pas encore Grand Rabbin de France. En effet, un de mes amis artiste peintre, Olivier qui habitait Reims m’avait proposé de rencontrer l’ancien rabbin de la ville avec qui il avait sympathisé, le rabbin Korsia qui avait été le collaborateur le plus proche de Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France. Il nous accueillit un jour de Shabbat dans son petit appartement des boulevards maréchaux.

Un énorme bouquet de fleur apparut dans l’entrebâillement de la porte. Marie-Pierre s’exclama :

« Oh le beau bouquet !

Chirac apparut hilare derrière les fleurs. Il chantonnait :

– C’est Shabbat, c’est Shabbat ! et déclara affectueusement

– Comment va mon rabbinou ?

L’ancien président même s’il avait perdu certains de ses moyens restait alerte.

– Très bien ! asseyez-vous Monsieur le président.

Chirac salua un des fils de Haïm dont il était le parrain et s’écroula dans le canapé en skaï dans ce salon de 15 mètres carré où une bibliothèque peinait à supporter tous les talmuds estampés de lettres d’or sur leur dos. Nous étions trois hommes sur deux canapés, face à face, les femmes entamaient une discussion passionnée de leur côté.

Je n’avais jamais vu Chirac, il avait exactement les mêmes mimiques qu’aux Guignols de l’info. Il me désigna en parlant à Haïm :

– Lui aussi il est juif !

– On peut le dire comme ça si vous voulez (je ne l’étais pas alors)… répondit Haïm

– Bon, où sont mes bières ?

Stéphanie, l’épouse du Grand Rabbin Korsia, précédait tous ses désirs, elle lui glissa une première bouteille de Corona.

– Ah parfait… Alors c’est Shabbat ? (Comme s’il ne le savait pas !)

Au loin les femmes riaient et parlaient fort.Ah mais c’est un monde ! Elles ne savent pas se taire !

– On ne se tait pas à Shabbat ? demanda Chirac.

– Non on invite plutôt ses amis, répondit Haïm.

– Ah bon ? Alors, taisez-vous mesdames ! Il y a une autre bouteille ?

La bouteille arriva comme par enchantement sur le rebord du canapé.… et… une petite Pizza, peut-être ?

– Oui mais froide, c’est… Shabbat.

–  Ça ira mon rabbinou.

Le vieux président semblait savourer sa bière quand il se réveilla subitement :

– Mais ça pue ! Haïm, tu ne peux pas remettre tes chaussures, non ?

Marie-Pierre parla avec Chirac qui se souvenait très bien de son père député des Yvelines et maintenant décédé, ami de rugby et du Conseil Général de Franck Borotra (Il siégeait à coté de Christine Boutin !). Une lueur s’alluma sur le visage du vieil homme qui avait dirigé la France et demandé pardon pour le Vel d’Hiv : « Ah oui, je me souviens… ». Marie-Pierre s’en souvenait, elle aussi. Elle avait couvert l’évènement. Yvan Levaï l’avait désignée pour cela alors qu’elle était journaliste à France Inter. Elle avait toujours vu dans cette tâche mémorielle une sorte de signe. 

Elkabbach qui avait embauché Marie-Pierre à France 2… Un jour, alors que nous croisions Elkabbach avec Nicole Avril son épouse (dans un restaurant à huitre à Montparnasse !), il m’avait dit : « C’est un peu grâce à moi qu’elle est venu vous voir dans votre monastère ! ». Je lui « devais » ma femme ! Lui, le juif laïc d’Algérie comme Haïm Korsia. Laïc comme Marie-Pierre. Les juifs de la république.

Le vieux président qui avait perdu sa mémoire courte avec l’âge, se souvenait du Vel d’Hiv’, et les juifs, eux, ne l’oublieront jamais. Même si Dieu oubliait, le peuple juif, lui, n’oublie pas.

JOB : création, décréation, récréation, rédemption

“De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.” (Zacharie 8,4)
« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 5)

De la destruction…

Le livre de Job est le 2ème des Ketouvim (Hagiographes ou Autres écrits) entre les psaumes et les proverbes (selon Baba Batra 14b). Il parle de la souffrance et de la destruction humaine. Le Livre de la Genèse nous parle de la Création, celui de Job nous parle de la dé-création. C’est pourquoi c’est le seul que nous étudions avec les Lamentations qui racontent la destruction du Temple en ce jour de Ticha Be Av.

Lire la suite de « JOB : création, décréation, récréation, rédemption »

« Du monastère à la synagogue », témoignage de Didier Long (מֵאִיר)et du R. Haim Harboun à Aix-en-Provence

Témoignage de Didier Long (מֵאִיר) et de R. Haïm Harboun à la communauté juive d’Aix-en-Provence le 03 juillet 2019.
Annonce de la nomination de Haïm Harboun au titre de Grand Rabbin par le Grand Rabbin Daniel Dahan et la communauté juive d’Aix-en-Provence

Un poème envoyé par Raphaël Ohayon le doyen de notre synagogue (90 ans !) !

Rav Haïm Harboun, une enfance au Mellah de Marrakech

Mon ami le Rav Haïm Harboun a vécu tellement de vies que lorsque je rencontre un vieux monsieur il me dit : « Oui c’est lui qui m’a circoncis,… qui m’a appris à lire,… qui m’a emmené pour la première fois en colonie de vacances,… … qui nous a mariés ». Voici le Premier chapitre de son livre « Le rabbin aux milles vies « , (Lemieux Editeur, 2017) qui raconte son enfance dans les années 30 dans le Mellah de Marrakech.

Marrakech – Mellah – Hamsa (Main contre le haïn hara – mauvais oeil)
Cigognes à Marrakech
Marrakech, Mellah vers 1930

Les Lamentations de ma naissance

Lorsque je suis né, tout le monde pleurait.  C’était un jour de tristesse, de lamentations, de larmes, de souffrance, une journée historique du calendrier hébraïque.

Pyoutim : Eliahou Hanavi

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

Pyoutim : Libi Ouvssari

J’avais eu la bonne idée de sortir mon nez en ce monde un neuf Av au matin, Jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, tout le monde juif pleurait. Comme tous les hommes du Mellah, mon père était à la synagogue pour prier, lire des élégies et déverser des flots de larmes. Il ne versa donc pas de larmes de joie en voyant son dernier fils et quatrième enfant que ma mère lui avaitdonnés. Il était trop préoccupé à chanter ces élégies élaborées à travers les siècles, à la suite des pogroms, et des persécutions qui ont décimé le peuple juif. Chaque fois qu’une communauté juive était victime de massacres. Les Sages d’Israël consignaient sous forme d’élégies les traces de ce massacre. C’est notamment ce qui s’est passé lorsque les croisés avaient traversé l’Allemagne en 1097, et avaient rasé la ville de Mayence, détruisant du même coup, la population juive de la ville. Les élégies sont des poèmes qui retracent, avec émotion, des événements tragiques de l’histoire du peuple juif. Ces élégies ne peuvent pas laisser insensible un être humain, tellement elles véhiculent sa souffrance et ses blessures. Lorsqu’on lisait ces poèmes, on se mettait, par empathie avec ceux qui étaient brûlés dans leurs maisons ou égorgés, et cela nous faisait monter les larmes aux yeux. Certains fidèles dans la synagogue pleuraient à chaudes larmes.

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L’enseignement du Grand Rabbin Haïm Harboun : L’unité de la Torah et du psychisme humain

Comme Maïmonide ou le Maharal de Prague étaient des scientifiques de leur époque en même temps que des talmudistes, des érudits qui parlaient à la fois la langue de la Torah et celle de leur culture l’enseignement de Haïm Harboum (devenu grand Rabbin cette semaine à Aix en Provence) est au croisement de plusieurs influences, celles du Talmud de tradition séfarade et de la psychiatrie moderne d’Henri Baruk, un des fondateurs de l’ethnopsychiatrie moderne . De Maïmonide et du Maharal de Prague. Nous publierons sous peu un « Commentaire psychologique de la Torah » en cinq tomes qui illustre ce propos. On trouvera dans le post ci-après une interprétation de la paracha de Kora’h inspiré par son enseignement. Et ici l’introduction du Commentaire psychologique de la Torah en hommage à notre maître.


Cet ouvrage a pour but de rendre accessible l’enseignement oral vivant de mon maître, le rabbin Haïm Harboun[1].

Rabbi Yehouda Hanassi, le compilateur de la Michna (vers l’an 212) disait : « Si je suis plus brillant que mes collègues, c’est parce que j’ai vu le dos de Rabbi Meïr » (TB, Erouvin 13b). Celui que je considère comme mon maître m’a nommé Meïr le jour de ma circoncision mais la seule chose qui puisse « briller » en ces lignes est d’avoir aperçu son dos.

J’ai rencontré le rabbin Harboun à l’âge de 45 ans. J’avais été moine bénédictin de l’âge de 20 ans à l’âge de 30 ans et un long chemin marrane m’avait ramené au judaïsme que mes ancêtres de Corse avaient oublié.[2]

Le rav Haïm Harboun que je rencontrai alors dans la synagogue au bout de ma rue était né en 1930 dans le Mellah de Marrakech. Fils du Mellah et du ‘heder, petit-fils du rav Haïm Corcos, dayan[3] de Marrakech, engendré par une longue lignée de rabbins, il avait appris le français à l’ombre d’un réverbère à l’âge de dix-sept ans, avant d’émigrer en France et de devenir docteur en histoire et en psychologie clinique à l’école du professeur Henri Baruk (1897-1999).

Les lignes qui suivent sont celles d’un simple étudiant. J’ai essayé d’écouter et de retenir ce que le rabbin Harboun disait à notre petite communauté de Vaucresson le Chabbat puis de le traduire dans mes mots et d’en développer les réflexions. La communauté qui a reçu cet enseignement est comme une petite famille d’une douzaine de chefs de famille dont le rabbin Harboun est le père spirituel.

Certains enseignements, et je le signale, ont été aussi reçus d’érudits qui s’expriment dans notre toute petite communauté comme Jacob Ouanounou, élève d’Emmanuel Levinas né dans le Mellah de Meknès qui y commentent la Torah, sans compter les questions de Gaston notre président et de ses fils Fabrice, Cédric, d’Alexis Madar, de Serge Hosana, de la famille Hardy et bien sûr de Sam et Alexis Cohen, nos cohanim ; sans compter les enseignements pleins de sollicitude de Samuel Amar et de notre doyen Raphaël Ohayon (92 ans) originaire de Marrakech… je ne peux pas tous les citer, mais tous comptent pour moi comme des étincelles du feu de la Torah vivante leMoshé miSinaï (enseignement actualisé de celui donné par D-ieu à Moïse au mont Sinaï) et autant de paroles du D-ieu vivant du miniane de notre petite Jérusalem de l’ouest parisien ! Cet Ohel Avraham (la tente d’Abraham) ouvert aux quatre horizons m’a accueilli avec bonté sous sa tente généreuse alors que j’étais égaré dans le désert de ce monde. C’est ainsi que je suis revenu à Israël avec toute ma famille dans cette petite famille dont il est le père de tous.

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« Sur le chemin de la Charité se trouve la Vie et son sentier aboutit à l’immortalité » (Proverbes 12, 28)

Du désir de richesse

Photo de Sebastiao Salgado

Quand l’homme sans spiritualité a une maison il en veut une plus grande encore ; Une fortune ? Il n’en a jamais assez ; Une belle femme ? il en veut une encore plus belle ou plus jeune encore, la « femme idéale »… et ainsi se passe la vie de l’homme sans D-ieu (nous tous par moment !) qui ne voit pas la profondeur de l’existence et passe son temps à vouloir transformer les ronds en carrés jusqu’à ce que la mort le surprenne. On peut donc vivre comme un mort vivant et « traverser sa vie comme une mouche » selon l’expression de notre Rav Haïm Harboun instruit de cela par le Hédèr (chambre- salle de classe) du Mellah de Marrakech !

Un jour, homme riche qui a construit des supermarchés pour nourrir des millions de personnes, Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, disait ceci : « Je ne vais quand-même pas manger 7 fois par jour ! ». Sage constatation.

Notre désir est infini et on est toujours le pauvre de quelqu’un.

La plupart des gens autour de nous ont un toit, de quoi manger, dormir, se vêtir, des chaussures. Les récents conflits des gilets jaunes nous renvoient à cette question éternelle, que signifie « être pauvre » ? Comment rétablir l’équilibre social ? partager un peu de la fête fraternelle en ce monde où nous ne faisons que passer ? Ce qui est quand même beaucoup plus marrant que de grignoter son gâteau tout seul dans un coin de la cour de récréation…

Essayons de comprendre cela du point de vue de la Torah :

Lire la suite de « « Sur le chemin de la Charité se trouve la Vie et son sentier aboutit à l’immortalité » (Proverbes 12, 28) »

« Je vous ai portés sur l’aile des aigles »

EXODE 19, 4 : « Je vous ai portés sur l’aile des aigles »

Capu Rossu, Golfe de Porto, Corse

latitude: N 42°14’25 » – longitude: E 8°35’12 ».

Vendredi 18 Sivan 5779,

quelques heures avant la sortie des étoiles

MARE D’ARGENTU

Mare d’argentu, veni à ballà cù lu ventu

e porta cullà e centu rime di lu vaghjime.

Mare d’argentu, tra e to sciume cum’è lu pientu

sbocca lu fiume falla furiosu è diviziosu

Mare d’argentu, l’ai capita, ch’ogni mumentu

di la to vita sbuccia l’albore, è cresce l’amore.

Mare d’argentu, sta riturnella, ùn hè lamentu,

mancu paghjella, solu una prova di vita nova.


MER D’ARGENT

Mer d’argent, viens danser avec le vent

et porter là-bas les cents rimes de printemps

Mer d’argent, entre tes écumes comme des pleurs

aboutit le fleuve, il chute furieux et divisé

Mer d’argent, tu l’as compris que chaque moment

de ta vie éclate l’aube et crois l’amour

Mer d’argent, cette ritournelle n’est pas une complainte

ni une polyphonie, mais une preuve de vie nouvelle…

Paroles des Prophètes, en Corse

 רָנּוּ שָׁמַיִם וְגִילִי אָרֶץ, יפצחו (וּפִצְחוּ) הָרִים רִנָּה:  כִּי-נִחַם יְהוָה עַמּוֹ, וַעֲנִיָּיו יְרַחֵם.  {ס}13 Cieux, jubilez, terre, sois dans l’allégresse, et vous, montagnes, entonnez des chants joyeux! Car Dieu console son peuple, il prend en pitié ses humbles. [veaniyaiv irakhem : les ‘courbés’ D. ressent pour eux le déchirement des entrailles d’une mère -Meïr]
יד וַתֹּאמֶר צִיּוֹן, עֲזָבַנִי יְהוָה; וַאדֹנָי, שְׁכֵחָנִי. 14 Sion avait dit: « L’Eternel m’a délaissée, l’Eternel m’a oubliée. » (Je suis parti de l’Eternel, l’Eternel m’a oublié – Meïr)
טו הֲתִשְׁכַּח אִשָּׁה עוּלָהּ, מֵרַחֵם בֶּן-בִּטְנָהּ; גַּם-אֵלֶּה תִשְׁכַּחְנָה, וְאָנֹכִי לֹא אֶשְׁכָּחֵךְ. 15 Est-ce qu’une femme peut oublier son nourrisson, ne plus aimer [mérakhem : ne pas ‘matricer’ -Meïr] le fruit de ses entrailles? Fût-elle capable d’oublier, moi je ne t’oublie point!
טז הֵן עַל-כַּפַּיִם, חַקֹּתִיךְ; חוֹמֹתַיִךְ נֶגְדִּי, תָּמִיד. 16 Oui, j’ai gravé ton nom sur la paume de mes mains, tes remparts sont constamment devant mes yeux. (Is 49, 13-16)
 כִּי-כֹה אָמַר יְהוָה, רָנּוּ לְיַעֲקֹב שִׂמְחָה, וְצַהֲלוּ, בְּרֹאשׁ הַגּוֹיִם; הַשְׁמִיעוּ הַלְלוּ, וְאִמְרוּ, הוֹשַׁע יְהוָה אֶת-עַמְּךָ, אֵת שְׁאֵרִית יִשְׂרָאֵל. 6 En vérité, ainsi parle l’Eternel: « Eclatez en chants joyeux au sujet de Jacob, en cris d’allégresse au sujet de la première des nations; publiez à voix haute des louanges et dites: Assure, ô Eternel, le salut de ton peuple, des derniers restes d’Israël! [Le « reste d’Israël » est un thème biblique qui prends toute sa force avec les prophètes pour Sophonie (3, 2) il reste « un peuple humble (anaw, « humble » comme Moïse,d’un racine qui signifie « courbé ») et modeste » – Meïr]
ז הִנְנִי מֵבִיא אוֹתָם מֵאֶרֶץ צָפוֹן, וְקִבַּצְתִּים מִיַּרְכְּתֵי-אָרֶץ–בָּם עִוֵּר וּפִסֵּחַ, הָרָה וְיֹלֶדֶת יַחְדָּו:  קָהָל גָּדוֹל, יָשׁוּבוּ הֵנָּה. 7 Oui, je veux les ramener du septentrion, les rassembler des extrémités de la terre; l’aveugle même et le boiteux, la femme enceinte et l’accouchée se joindront à eux: en grande foule, ils reviendront ici.
ח בִּבְכִי יָבֹאוּ, וּבְתַחֲנוּנִים אוֹבִילֵם–אוֹלִיכֵם אֶל-נַחֲלֵי מַיִם, בְּדֶרֶךְ יָשָׁר לֹא יִכָּשְׁלוּ בָּהּ:  כִּי-הָיִיתִי לְיִשְׂרָאֵל לְאָב, וְאֶפְרַיִם בְּכֹרִי הוּא.  {ס}8 En pleurs ils reviendront dans les supplications, je les transporterai.
Je les ferai aller vers les torrents d’eaux, sur la route droite où ils ne trébucheront pas , par une route unie, où ils ne trébucheront pas; car je suis un père pour Israël , et Ephraïm est mon premier-né. »
[les lévites ont pris la place des premiers nés vus comme plus sanctifiés au départ, aprés le faute du veau d’or nous dit le Maharal de Prague – Meïr]
ט שִׁמְעוּ דְבַר-יְהוָה גּוֹיִם, וְהַגִּידוּ בָאִיִּים מִמֶּרְחָק; וְאִמְרוּ, מְזָרֵה יִשְׂרָאֵל יְקַבְּצֶנּוּ, וּשְׁמָרוֹ, כְּרֹעֶה עֶדְרוֹ. 9 Ecoutez la parole de l’Eternel, ô nations! Annoncez-la sur les plages lointaines, dites: « Celui qui disperse Israël saura le rallier, et il veille sur lui comme le berger sur son troupeau. » (Jr 31, 6-9)