Marrakech : El Badi le royaume des cigognes

En hébreu la cigogne se dit ‘hassida, comme חסיד- ‘hassid, ce qui signifie « pieux » car celui qui est pieux revient avec fidélité à la prière, vers Dieu. Mais aussi « généreux ». Le Hessed c’est la « générosité », la « bonté », la « grâce » la »bienveillance ».

Les cigognes que l’on voit à Marrakech viennent majoritairement d’Europe : d’Espagne, de France, d’Allemagne, et d’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie…). Elles migrent vers l’Afrique du Nord pour l’hiver, car les températures y sont plus douces et la nourriture plus abondante. Elle reviennent chaque année d’aout à octobre et repartent entre février et avril. Elles trouvent des endroits favorables pour nicher sur les remparts de la ville ou les ruines palais El Badi, littéralement le « palais de l’incomparable », édifié par le sultan saadien Ahmed al-Mansur ad-Dhahbî pour célébrer la victoire sur l’armée portugaise, en 1578, dans la bataille des Trois Rois.

Il n’en reste presque plus rien du palais que son enceinte de murailles, car vers 1692   le sultan alaouite Moulay Ismaïl ordonna sa démolition qui dura une dizaine d’années pour construire le palais de sa nouvelle capitale, Meknès… Ainsi le palais El Badi est devenu le royaume des cigognes.

Les jeunes cigognes sont entièrement dépendantes de leurs parents pendant les premières semaines de leur vie, notamment pour la nourriture. Elles utilisent les courants d’air chaud ascendants pour planer et économiser leur énergie pendant de longs trajets qui peuvent aller jusqu’à jusqu’à 10 000 km. On peut en tirer une leçon de vie…

On demanda un jour au Rabbi Its’hak Méïr de Gour (Pologne, 1798-1866) : « Pourquoi la cigogne qui est appelée en hébreu ‘hassida , c’est-à-dire ‘la généreuse’ ? – Car elle aime et nourrit les siens . – Alors pourquoi fait-elle partie des animaux impurs interdits à la consommation ? – Justement, répondit le rabbi, c’est parce qu’elle ne donne son amour qu’aux siens !

La cigogne nous apprend à aimer notre prochain comme nous-même, mais ce n’est pas suffisant, la Torah nous enseigne d’aimer aussi notre lointain…

SIDE BY SIDE, Yartzeit du Rav Sacks : « De l’optimisme à l’espoir », par Didier Long

Je voudrais commencer cette causerie en saluant la mémoire de Yaakov Zvi ben David Arieh (zal) plus connu sous le Nom de Rabbi Lord Jonathan Sacks (1948-2020), Mathématicien, éminent posseq halakha, grand rabbin des Congrégations hébraïques unies du Commonwealth pendant 22 ans, attaché à vie à la Chambre des lords avec le titre de baron Sacks d’Oldgeight. Le rabbin Sacks se voyait comme un philosophe engagé dans la vie des plus humbles comme des dirigeants du monde. un inclassable qui avait appris de Maimonide la combinaison de la foi et de la science.

Je vais m’intéresser ici à sa conception du dialogue interreligieux dont, dans une conférence d’octobre 2027, il qualifie la posture juste de « Side by side » et non « face to face ». Pour Sacks le dialogue interreligieux est plus une amitié interreligieuse où nous marchons tous ensemble cote à cote en nous tenant par l’épaule qu’un face à face.

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ELEGIE POUR EVE MENK BERTRAND par Didier Meïr Long

Eve (Ahva) Menk-Bertrand, Jérusalem.

Rav Haïm Amsellem Arié Tolédano

Il y a 5 ans, dans ton testament, mon amie Eve, tu nous as désignés Arié Tolédano ainsi que moi-même pour dire les élégies de ta levaya. Cet honneur est pour nous la mistvah la plus haute, elle nous oblige.

L’Eternel n’a pas permis que je sois là, à côté de toi en ce jour de soleil à Jérusalem, la veille de Nissan, le mois du renouveau, alors je confie à Arié ces mots d’admiration et de tendresse pour toi Eve, Hava bat Sarah, zikhrona liverarkha, que ton souvenir soit une bénédiction.

Autant te dire qu’à cette heure de confier ton corps à la terre notre cœur est serré. Eternel, viens à notre secours !

Je voudrais évoquer 4 mots qui rappellent ton âme. Et tout d’abord Ratson, la « volonté »

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LA MEDITATION POUR MIEUX VIVRE ? Didier Long

Une émission d’Antoine Spire
J’interviens à partir de 59′ 37 »

La méditation, pour mieux vivre ? c’est le thème de cette édition de Tambour Battant animée par Antoine Spire avec Hélène Mat. Les trois temps forts de l’émission sont :

1) L’ Entretien avec Sylvie GERMAIN, romancière, auteure de « Brèves de solitude », de « Le vent reprend ses tours » (éditions Albin Michel) et de « Les échos du silence » (Éd. Desclée de Brower)

2) Le Gril, un débat entre Bernard MINVIELLE, historien et théologien, auteur de « Pourquoi la méditation ne suffit pas » (Éd. du cerf), avec Dr Marine COLOMBEL, psychiatre, spécialiste de thérapie cognitive, enseignante à l’université Paris Sud.

3) Et pour terminer la séquence Grands témoins avec Carine BOKOBZA , psychanalyste jungienne et Didier LONG, théologien et écrivain, auteur de « Des noces éternelles, un moine à la synagogue » (Éd. Lemieux) et de « Défense à Dieu d’entrer » (Éd. Denoêl).

« L’universel à l’épreuve des identités » Français juif, Français comme les autres ?

Intervention de Didier Long au CRIF le 14 novembre 2021

David Revault d’Allones – journaliste
Haïm Nisenbaum – rabbin, porte-parole du Bet Loubavitch en France
Didier Meïr Long – écrivain et essayiste
Richard Orlinski – artiste et sculpteur

Nous soulevons aujourd’hui une redoutable question : « Français juif, Français comme les autres ? » ; ça fait 3000 ans que nous nous demandons ce que signifie être juif et ça fait 3000 ans que nous savons que nous ne sommes pas et ne serons jamais comme les autres. Alors Français juif ?

Avec Francis Kalifat, président du CRIF
Avec Robert Ejnes, directeur exécutif du Crif

Je voudrais d’abord interroger ce que signifie être français. Je dirai ensuite ce que je pense que nous autres juifs pouvons apporter à l’identité française.

Être français, la vision souverainiste

Deux voix diamétralement opposées s’opposent aujourd’hui.

La première est souverainiste, elle nous dit à la suite de Samuel Huttington que nous sommes les fils d’une culture européenne dont le cœur est le christianisme. La France, fille ainée de l’église, pour laquelle Clovis s’est fait baptiser devrait redevenir ce qu’elle a toujours été : française, catholique, latine, souveraine, blanche. Make France great again. Tout cela au risque d’un supposé ‘grand remplacement’ par un islam mondialisé qui serait déjà là, massivement, comme une troisième colonne prête à prendre le pouvoir par sa simple démographie (une conclusion qui n’a rien de statistique ou de rationnel).

Il est absolument vrai que le mot « Europe », le nom d’une déesse grecque, a été réinventé en 1683 par le pape en étendard de ralliement de la Chrétienté contre les envahisseurs ottomans aux portes de Vienne. Une prise de conscience d’une identité commune face à un envahisseur turc donc.

Mais cette histoire de la Chrétienté européenne est finie. Sur 2,5 milliards de chrétiens dans le monde on en compte seulement 25% en Europe, contre 37% en Amérique latine, 24% en Afrique, et 13 % en Asie-Pacifique[1]. La chrétienté c’est-à-dire l’Empire gréco romain ressuscité de ses cendres par Constantin au IVème siècle, un modèle qui a tenu plus d’un millénaire et demi jusqu’à la seconde guerre mondiale dans une France majoritairement rurale et catholique n’est plus. Ce modèle chrétien s’effondre en Europe, tout simplement parce que les Français n’y croient plus. Ce qui n’est absolument pas vrai en Afrique ou en Amérique. Refonder l’identité française sur une supposée identité chrétienne commune est donc illusoire.

En 60 ans, la France est passée de la deuxième à la neuvième place dans le classement de l’économie mondiale[2]. Cette frustration économique se double aujourd’hui d’une insécurité culturelle et identitaire à force de ne pas avoir fait la vérité sur notre passé colonial des deux côtés de la méditerranée. Et tout le monde ne pourra pas devenir demain un juif kabyle gérant son mal être d’une autre identité.

Pour refonder l’identité de la France et restaurer l’identité perdue on convoque De Gaulle et on le met à la même table que Pétain.

Ces tentatives de refondation illusoires ne fonctionnent pas.

L’identité de la France s’est constituée depuis 30 ans dans la globalisation.

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Abigaïl Marsh: ‘ Altruistes et psychopathes, leur cerveau est-il différent du nôtre ? ‘


Qu’on me permette d’abord un souvenir personnel. Je me rappelle d’une homélie du Dalaï Lama à Lavaur prés de Toulouse en 1993. Il disait à la sangha (l’assemblée de 2000 moines et moniales venus le rencontrer) à laquelle j’assistais dans une délégation de moine chrétiens :

« Si vous y réfléchissez bien, et même si vous n’avez pas le sentiment d’avoir été aimé, rappelez-vous que des bras vous ont accueilli en ce monde, des seins vous ont nourri, une voix vous a parlé, vous avez marché sur des chemins que vous n’avez pas creusés.

Faites monter en vous ce sentiment par la méditation.

Très vite va monter en vous la gratitude et la compassion pour les autres, cette émotion qui est au fond de vous que vous avez reçue, vous verrez, continuez, tout prend sens autour de vous »

J’ai alors pris cette photo où l’on voit mon frère Maximilien médecin suédois qui avait servi chez mère Thérésa en Inde puis en Afrique et à droite Matthieu Ricard alors son traducteur du tibétain.

C’est de cette émotion que parle Abigail Marsh, neurologue et psychologue professeure au département de psychologie et de neurosciences interdisciplinaires de l’université de Georgetown, spécialiste des psychopathes. Elle nous parle de l’altruisme envers des personnes sans lien de parenté ou de coopération, non fondé sur l’espoir que son bénéficiaire retournera un jour le service rendu ou une quelconque gratification.

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Figures du mal

Serpent de la Genèse, Béatus mozarabe, Escorial IXè s.

C’est une discussion un peu inactuelle que je vous propose ici : parler du mal, de ce Satan biblique, diable grec, antique serpent de la Genèse qui nous semble aujourd’hui si désuet. A tort.

Pourtant le mal existe. Vertigineux. N’importe quel personne qui a un peu écouté les âmes et d’abord la sienne croise cette réalité. On peut même dire que le sens de ce monde est un affrontement de la Lumière et des ténèbres et un dévoilement du mensonge, un accomplissement de la vérité finalement. Et la vie spirituelle un combat sur un champ de bataille : Ki tetésé dit la paracha… « quand tu partiras en guerre »… contre toi-même dit la Tradition.

Aucun fascinatus à cela. Le mal n’est pas un dieu, il se présente plutôt comme une fêlure à l’intérieur du libre arbitre de l’homme qui ouvre un abysse.

Des personnes aiment voir d’autres se fracasser les unes contre les autres, l’organisent par procuration, prennent plaisir au viol ou à la gifle de l’innocent. Je ne parle pas là de l’ignorance ou d’états de fatigue qui peuvent conduire à des catastrophes, je parle de la passion pour la destruction, l’attirance sans frein pour ce qui est sale, vicieux, tordu et sombre. Certaines personnes éprouvent un vrai plaisir à détruire leur semblable et cela constitue parfois un vrai projet de toute une vie. Le diable n’existe pas. Le mal incarné par des personnalités désaxées oui.

La psychanalyse et la psychiatrie modernes semblaient nous avoir affranchis des bons vieux exorcistes, et autres chasseurs de mauvais œil. Elles nous ont prévenu des circonstances atténuantes qu’il faut attribuer aux « pervers narcissiques » et autres psychopathes qui  détruisent leur entourage de manière cachée, commettent des petits meurtres psychiques sur leur entourage. La schizophrénie parfaitement socialisée est plus banale qu’on ne le croit. Et « L’effort pour rendre l’autre fou » et le faire habiter dans deux parties de sa personnalité incompatibles (Double Bind) a été parfaitement expliqué par Harold Searles : « L’individu devient schizophrénique, en partie, à cause d’un effort continu –largement ou totalement inconscient – de la ou des personnes importantes de son entourage pour le rendre fou. »

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Pourquoi l’amour est sans condition

« Tout amour qui est gagé sur une condition, lorsque la condition n’est plus remplie, l’amour s’éteint ; et celui qui n’est gagé sur aucune condition dure pour l’éternité. »
כָּל אַהֲבָה שֶׁהִיא תְלוּיָה בְדָבָר, בָּטֵל דָּבָר בְּטֵלָה אַהֲבָה, וְשֶׁאֵינָהּ תְּלוּיָה בְדָבָר, אֵינָהּ בְּטֵלָה לְעוֹלָם

Pirkei Avot 5, 16. 2ème siècle
Rembrandt, La fiancée juive, Rijksmuseum , Amsterdam, Photo Didier Long


« L’homme commence par s’aimer lui-même, parce qu’il est chair et qu’il ne peut avoir de goût que pour ce qui se rapporte à lui; puis, quand il voit qu’il ne peut subsister par lui-même, il se met à rechercher par la foi, et à aimer D.ieu, comme un être qui lui est nécessaire. Ce n’est donc qu’en second lieu qu’il aime D.ieu; et il ne l’aime encore que pour soi, non pour lui.

Mais lorsque, pressé par sa propre misère, il a commencé à servir D.ieu et à se rapprocher de lui, par la méditation et par la lecture, par la prière et par l’obéissance, il arrive peu à peu et s’habitue insensiblement à connaître D.ieu, et, par conséquent, à le trouver doux et bon

enfin, après avoir goûté combien il est aimable, il s’élève au troisième degré; alors, ce n’est plus pour soi, mais c’est pour D.ieu même qu’il aime D.ieu. Une fois arrivé là, il ne monte pas plus haut

et je ne sais si, dans cette vie, l’homme peut vraiment s’élever au quatrième degré, qui est de ne plus s’aimer soi-même que pour D.ieu. Ceux qui ont cru y être parvenus, affirment que ce n’est pas impossible; pour moi, je ne crois pas qu’on puisse jamais s’élever jusque-là, mais je ne doute point que cela n’arrive. »

Bernard de Clairvaux, Traité de l’amour de D.ieu, 12ème siècle

Dans un traité de droit talmudique écrit en Languedoc au XIIe siècle, les Maîtres de l’âme, Abraham Ben David de Posquières (l’actuelle Vauvert), pose la question du désir et du rapport amoureux . En fondant l’authenticité de ce rapport sur l’intention, il esquisse une philosophie du couple visant à préserver la personne dans l’être désiré, à éviter de l’instrumentaliser à des fins de jouissance égoïste.

Antonietta Haddad : Heureuse qui comme l’eau…

Baroukh Dayan Haemet.

Antonietta Haddad, zikhrona Livrakha, nous a quittés cette nuit suite à une très longue maladie.

Puisse cet article apporter le réconfort à son mari Gérard et à toute sa famille.

Antonietta c’est celle qui agissait. Celle qu’on ne voyait pas. C’est elle qui nous a préparé le Msouki à chaque Seder de Pessah depuis nos premiers pas dans le judaïsme il y a 10 ans. Celle qui nous a accueillis à chaque Seder de Roch Achana dans cet étrange repas de mots décrit par son mari psychanalyste Gérard dans Manger le livre.

Gérard parle (et écrit) et Antonietta cuisine, c’est l’image qui s’est gravée dans ma mémoire.

Antonietta, sert de l’eau aux convives et elle dit doucement : « Tu en veux Didier ? », un puits de bonté.

Elle avait écrit : Freud en Italie : psychanalyse du voyage, avec Gérard.

Originaire de Venise, elle venait de la ville bâtie sur l’eau , convertie par le Rav Raphaël Yaakov Israël de Sarcelle. L’eau c’est la Torah pour nos sages.

Une de ces juives du fond de l’âme qu’on ne voit pas. Généreuse. Aimante. Patiente. Miséricordieuse.

Elle est partie là-bas. Là-haut. Là d’où vient la pluie de Souccot et où s’évaporent les larmes.

Son souvenir nous élève.

Elle nous a quittés à Hocha’ana Raba, dernier jour de Souccot, jour du « jugement sur l’eau », la fête des femmes par excellence. [1] Jour étrange que ce septième jour de Souccot où la joie doit culminer, fête de l’eau qui précède Sim’ha Torah, le joie de la Torah.

A l’époque du second Temple, c’était la liesse dans la cour des femmes du Temple pour cette fête de l’eau.

Le Talmud dit :

« Celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beth Hachoéva (littéralement : « la joie de puiser de l’eau ») n’a pas vu de joie de sa vie. »

TB Soucca 5,1

Etrange Sim’ha, comme si en ce monde la joie c’était aussi les larmes.

Moi je pleure.

Baroukh Dayan Haemet


[1] Mishna Roch Hachana 1,2, cf. ;  Zacharie 14, 16-19.

Coronavirus, retrouver l’Unité psychique et la santé de l’âme et du corps à Pessah

Cette méditation est adressée à Maurice B. en salle de réanimation du Coronavirus et à un autre de mes amis qui se reconnaîtra.

Le psalmodie des Thehilim – psaumes

La prière qui souhaite la pleine guérison se dit Refoua Chelema en hébreu. On souhaite à la personne de retrouver le Chalom (Chelema). Ce Chalom ne désigne pas seulement la paix mais l’état profond de l’Unité intérieure. le Chalom c’est la complétude; C’est pourquoi on dit en hébreu : « Ma Chlomer ? « – Comment vas-tu ? Comment est ton chalom ? es-tu unifié ce matin (ou en vrac) ?

La maladie, les trauma, la mort nous laissent en vrac, incapables de nous accueillir et surtout recueillir.

Le psaume raconte ce cri primitif du vivant :

« Unifie (iha’ed comme e’had) mon cœur pour qu’il craigne ton Nom »

יַחֵד לְבָבִי,    לְיִרְאָה שְׁמֶךָ

Ps 86,11

Le « Nom » dans la Torah, imprononçable, est celui de D.ieu, révélé à Moïse. Il renvoie à tous les noms et à tous les mots du monde et des rêves et à toute parole qui pourrait être prononcée. D. sait donc bien de quoi nous avons besoin avant même que s’ouvrent nos lèvres. Il n’a nul besoin de nos prières. Alors pourquoi prions nous ? Parce que celui qui prie accomplit la crainte du Nom, il fait révérence à D. et ainsi accomplit sa vocation d’être humain en se remplissant de l’amour de D. et surtout du prochain sans lequel toute prière est vaine. Il s’unifie comme D. est Un.