Sur la piste des bergers corses dans le Niolu et en Castagniccia : témoignages de la mémoire marrane


אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים–    מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי. Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.
יְהוָה שֹׁמְרֶךָ;    יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ. C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.
  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה;    וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה. De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.

Psaume 121

« C’est le Niolo, la patrie de la liberté corse, la citadelle inaccessible d’où jamais les envahisseurs n’ont pu chasser les montagnards … Quand on lève les yeux vers les crêtes, on s’arrête ébloui et stupéfait … Le ciel au-dessus semble violet, lilas, décoloré par le voisinage de ces étranges montagnes. »

Guy de Maupassant, Un bandit corse – 1882

Témoignages de croyances marranes dans le Niolu et en Castagniccia

niolu

Voici ce que m’ont confié deux bergers du Niolu : Antoine et Manuel qui se reconnaîtront. Les photos sont de l’un d’eux. Je les remercie avec une immense gratitude.

Peu à peu les pièces du puzzle de la mémoire juive profonde de Corse s’assemblent… avec le Niolu on est au cœur de la mémoire et de l’âme Corse, fragments de mémoire.

Carte

Casamalccioli, les maguen David de la Santa di Niolu

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Casamalcioli, Niolu

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1492 : LES NAUFRAGES DU NOUVEAU MONDE


Tisha Be Av 5777/ Ludareddu, 31 Juillet 2017

Celui qui ne connait de la Corse que les plages de sable fin et la grande bleue turquoise comme aux Antilles ne peut comprendre ce qui s’est passé ici. Il y a cinq siècles des pirates turcs dont le célèbre Dragut mouillaient dans ce golfe. Des bateaux de Constantinople faisaient escale remontant jusqu’à Zonza emmenant des autochtones vers la barbarie, les marchés d’esclaves et de galériens d’Alger. Les juifs en bout de course arrivaient ici avec juste un billet aller…

Ainsi, en Novembre de l’année 1579, 150 familles marranes venues de la cote ligure et de Vintimille, qui firent naufrage en route, tentèrent de Fonder La Nouvelle Vintimille : Vintimillia la nuova, autrement dit Porto Vecchio (voir ici leur histoire : https://memoriaebraica.com/sefarades-de-1492/)

Ludareddu

Le 31 juillet au soir, veillée de la ticha beAv juive cette année (le jour juif commence au coucher du soleil) a lieu une étrange cérémonie à Porto-Vecchio (Portivecjhu, Corse du Sud). Un bonhomme de paille et de liège est sommairement jugé, puis on le promène dans les rues de la ville sur une carriole sous les lamentos éplorés de la foule, enfin il est brûlé sur un bûcher devant l’église ou aux Salines. Cette fête s’appelle Ludareddu, « petit juillet ».

LUDAREDDU 2

Fait étrange, personne n’a jamais été brûle en Corse par l’Inquisition à la Renaissance, et pourquoi un 31 juillet ?

Comme je l’explique dans Mémoires juives de Corse, Il s’agit d’un de ces milliers de souvenirs marranes laissés en Corse comme autant de traces de mémoire par les familles des juifs chassés d’Espagne et du Portugal qui se sont intégrés à la population d’île au XVIè siècle  à la faveur de la colonisation de peuplement génoise. La Corse comme la Crimée (famille juive de Ghisolfi[1]) est gérée par la banque Saint Georges, ce sont des verrous stratégiques pour Gênes.

Les tours génoises qui entourent la Corse et la protégeaient des pirates turcs construites au XVIe siècle.

Il se trouve que ce soir c’est aussi la fête juive de Ticha Be Av et que ce 31 aout est aussi la date de l’édit d’expulsion des juifs d’Espagne en 1492. Signalons au passage que 10 de ces familles de la Riviera ligure ont été envoyées à Ajaccio en 1992 pour fonder la ville.

Que s’est-il donc passé ?

1492

Le 31 juillet 1492 l’édit d’expulsion des juifs d’Espagne décidé par le Roi Ferdinand de Castille et la Reine Isabelle d’Aragon, conseillés par Torquemada l’Inquisiteur de Séville et leur confesseur depuis 1482, arrive à expiration. Le plus grand nettoyage ethnique d’Europe vient de commencer.

Les juifs sont en Espagne depuis que le roi Salomon a installé des comptoirs à Séfarade (Espagne) un millénaire avant l’ère commune. Malgré le baptême forcé des juifs par les Wisigoth, des chrétiens ariens germaniques, au VIIème siècle ; un demi-million de juifs, soit la moitié des juifs d’Europe, habitent l’Espagne en 1391 à la veille des massacres de Séville (7 juin 1391). 4 000 hommes, femmes, vieillards et enfants y sont alors massacrés par la foule au cri de « Le baptême ou la mort ! »… 100 000 choisissent une conversion au christianisme, souvent de façade.

Cette conversion souvent de façade au christianisme leur ouvre les portes du pouvoir dont ils vont rapidement gravir toutes les marches. On les trouve à la cour, trésoriers du roi comme Luis Santangel… En réalité beaucoup font Kippour et judaïsent en secret. Ils ont rejoint la clandestinité pour protéger leurs frères. On se méfie des Conversos ou anousim en hébreu (ceux qui ont été « forcés », le même mot que « violé »). On les traite de marranos, « porcs-maudits » en castillan. Démasqués ils meurent sur les buchers de l’Inquisition par milliers.

Mais entre 1391 et 1492 en un siècle, la psychose grandit en Espagne contre les juifs de cour et ces faux chrétiens. La haine religieuse et raciale se cristallise. La chasse aux sorcières s’intensifie. Des lois de pureté du sang (limpieza de sangre) sont décrétées contre ces Nuovo christianos : tous ceux qui n’ont pas 3 générations de parents chrétiens sont exclus des postes de pouvoir.

Tomás de Torquemada

En 18 ans Tomas de Torquémada a condamné personnellement 9 000 juifs à être brulés vifs et 7 000 à être exhumés pour qu’on brûle leurs cendres. Il ne sort qu’accompagné de 200 gardes armés et 50 cavaliers pour de gigantesques répétition générale du jugement dernier par le feu dont il est le dieu, les autodafés (actes de foi) sur le Quemadero de Séville.

Le 02 aout c’est Tisha beAv de l’an 5252, la commémoration de la destruction des deux temples. Le 31 juillet 1492 date limite du décret royal, 150 000 juifs quittent l’Espagne par la mer. Certains fuient vers les Mellahs du Maroc. D’autres vers Bordeaux ou Amsterdam. Les autres veulent rejoindre le Levant ottoman via les ports d’Italie. Les sardes et les siciliens sous couronne d’Aragon sont expulsés. Certains finissent en Corse directement ou via Gênes qui durant un siècle avant que Livourne ne devienne un port franc à la fin du XVIème siècle, est le « hub trafic » de la méditerranée.

Mais beaucoup périssent en mer, sont tués et violés par les marins et passeurs génois, des enfants dépérissent sur l’ile aux serpents comme le raconte Samuel Usque, des femmes sautent à l’eau avec leur nourrisson, beaucoup finissent aux galères d’où l’on ne revient pas ou sur les marchés d’esclaves en Barbarie… c’est l’épreuve la plus terrible pour Israël avant la Shoah.

Luis de Santangel

Luis de Santangel, conseiller financier des rois d’Espagne, juif clandestin et de cours, dont les cousins ont été dévorés par les flammes à Saragosse sort accablé de son entretien avec le couple royal en ce début 1492. Il sait désormais que le sort d’un demi-million de juifs d’Espagne en est jeté. Il met tout en œuvre pour convaincre les monarques de l’importance de l’expédition de Colomb. En réalité son plan consiste à exfiltrer les juifs et marranes vers la Jamaïque.

Des milliers de juifs arrivent à Gênes. Ils errent en Italie. On organise des ghettos pour qu’ils ne se mêlent pas aux « nouveaux chrétiens » pour les ramener à la foi juive. C’est un flot interrompu qui durera… jusqu’au XVIII ème siècle. Alors qu’en Espagne d’immense processions de marranes portant le San bénito finissent au bucher. Brulés vifs ou après strangulation en cas d’aveux. Ils crient le Chema et se fient au Nom au-dessus de tout nom.

Procès d’Inquisition. Photo Olivier Long, Casa de sefarad, Judéria de Cordoue. http://www.casadesefarad.es/

Le bon vent du large du Nouveau Monde

Mais certains en baissèrent pas la tête. L’ancien monde meurt? qu’importent ils se jettent vers le Nouveau Monde promis par le messianisme apocalyptique.

Le 02 aout Christophe Colomb met mes voiles sur le Nouveau Monde. Ecrivant en espagnol, et non pas en toscan alors qu’il est né génois, ce fils de marranes qui a une maîtresse à Cordoue, conseillé par le géographe juif Abraham Zacuto, est le dernier espoir des juifs. Ils vont arriver au Brésil avec les hollandais, au Pérou, à la Jamaïque par milliers. A Lima, au Pérou l’Inquisition rapporte que « toute la cité ploie sous les Juifs, des brocards aux tissus, des diamants aux graines de cumin en passant par les pierres les plus précieuses ». A Potosie en Bolivie un représentant du Saint-Office écrit que le commerce est « tenu par des crypto juifs ». A port Royal en Jamaïque ils sont pirates, flibustiers et boucaniers et tiennent le pays.[2] Beaucoup, bien informés des trajets des galions, règlent leur comptes avec l’Espagne.

Samuel Pallache

Samuel Palache, élevé dans le Mellah de Fez et héritier de six siècles de lignée rabbinique il devient le président de la communauté Neveh Chalom à Amsterdam ouverte en 1612 où il accueille les conversos. Poursuivi par l’Inquisition on le retrouve rabbin-corsaire en 1609 et 1611 il détourne et attaque les flottes de Philippe II d’Espagne. A 70 ans il monte à l’abordage de galions espagnols en barbarie. Capturé par les anglais il revient en héros aux Pays-Bas en 1615 et le 6 février 1616 six magnifiques chevaux vêtus de noir l’accompagnent à sa dernière demeure suivie des 12 000 juifs d’Amsterdam en pleurs.

Voilà ce qui arriva en des mois de juillet et août 1492.

En Corse les objets des bergers du Niolu gardent la trace et la mémoire des croyances marranes, u segnu di Salomone.

Joug du 19 ème siècle, Niolu, Corse. Segnu di Salomone. (Crédit Manuel Cester Coradini)

Segnu di Salomone

Eglise de Corsica, Niolu

[1] La Crimée, avec Soldaïa et Caffa dans la péninsule de Taman, qui contrôle l’accès à la mer Noire et à la Russie, est  conquise par Gênes en 1270-1275. Elle est gérée au xve siècle et jusqu’en 1483 par la famille juive de Ghisolfi. À la tête de cette famille se trouve le génois Siméon de Ghisolfi dès 1419, puis Zaccharias de Ghisolfi, prince de la péninsule à partir de 1480. On trouve par ailleurs de très nombreux Corses à Caffa : Vivaldo de Bonaparte, Pietro di Capo Corse…

[2] Voir Edward Kriztler, Les pirates juifs des caraïbes, ed. l’Eclat, pg. 21.

 

Rav Haïm Amsalem : « C’est notre devoir de juifs de ramener les zera Israël (semences d’Israël) à la maison »


Grâce au Rav Haïm Harboun, j’ai reçu ce matin à la maison et à déjeuner le Rav Haïm Amsalem de passage de Jérusalem.

Didier Long Rav Amsalem

Rav Haïm Amsalem, érudit et homme politique

.Ancien membre de la Knesset et du parti Shas. élu à la Knesset en 2006 pui 2009, il a rompu avec le Shas et a fondé son propre parti : Am Shalem.

D’un point de vue religieux, diplômé du «Kisseh Rahamim» Yeshiva il a été ordonné rabbin en 1980 et a été Rosh Yeshiva pendant 7 ans. Il a le plus haut diplôme reconnu de Dayan par la Rabbanoute.

En 1990, il a obtenu la certification en tant que représentant juridique rabbinique (« to’en rabbani »), et en 1993, il a été ordonné Rabbi de la ville par le Rabbin en chef d’Israël Rabbi Ovadia Yosef.  Rabbin du Sharsheret Moshav pendant sept ans. Il a également servi comme rabbin de quartier à Netivot, et roch Yeshiva de « Ohalei Yaakov ve Tifereth Israël » et en tant que chef du kollel « Baba Sali » dans la ville. Ensuite il a établit le «Shirei David» Kollel au nom de son père dans le quartier Har Nof à Jérusalem puis été nommé rabbin de la communauté juive sépharade, « Heichal Haness » à Genève , en Suisse.

Père de 8 enfants et de 16 petits enfants le Rav Haïm Amselem a désormais fait des zera Israël le combat de sa vie. Il s’est fait leur avocat.

Zera Israël

Sur 985 000 juifs russes émigrés en Israël, environ un tiers, 300 000, ne sont pas halakhiquement juifs (11,2% sont de père juif, 5,5% ont un grand-père juif, 8,7% sont des couples dans lequel un des partenaires n’est pas juif et 2,6% sont des enfants de couples ou l’un des partenaires n’est pas juif), ils ne sont donc pas reconnus comme tel même s’ils font l’armée, jeûnent pour Yom Kippour, mangent des azymes à Pessah, récitent la prière du Quiddouch, allument les bougies à Chabbat, et risquent leur vie pour protéger la terre d’Israël… ces gens génèrent chaque année 4 à 5000 enfants aussi considérés comme non-juifs d’après la «halakha »

Avec courage, le Rav Haïm Amsalem s’est fait leur avocat. Il utilise pour cela un concept juif sur lequel il a travaillé pendant plusieurs années (il a écrit de nombreux livres en hébreu), celui de Zera Israël (semence d’Israël).

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Selon nos sages médiévaux cette désignation signifie que, bien que ces personnes ne soient pas juives, elles incarnent « la sainteté d’Israël ». Maître de la Halakha, le Rav Haïm Amsalem démontre ce concept dans notre tradition.

Rabbi Salomon ben Simon Duran (1400-1467) Dayan d’Alger a déclaré que « c’est une grande Mitsvah que de ramener ces personnes à notre peuple »

Rabbi Tzadok Hacohen Rabinowitz de Lublin au XIXe siècle en Pologne, explique qu’Isaïe a parlé des zera Yisrael quand il a décrit les «personnes perdues» qui rejoindraient le peuple juif lors de la techouva à notre retour dans notre patrie.

kalisher_largeDans un responsa le Rav Tsvi Kalisher dit que les zerah Israël sont zerah kadosh. Il dit que l’enfant né de père juif et de mère non juive qui manifeste le désir sincère de se convertir doit être encouragé à le faire. Il dit bien sûr qu’une telle conversion n’est que louable si elle est sincère et sans intérêt (ex mariage avec un juif). Et il va jusqu’à considérer cet encouragement comme une mitzva de la Torah inspirée du Sefer Ezra  :

ב כִּי-נָשְׂאוּ מִבְּנֹתֵיהֶם, לָהֶם וְלִבְנֵיהֶם, וְהִתְעָרְבוּ זֶרַע הַקֹּדֶשׁ, בְּעַמֵּי הָאֲרָצוֹת; וְיַד הַשָּׂרִים וְהַסְּגָנִים, הָיְתָה בַּמַּעַל הַזֶּה–רִאשׁוֹנָה.  {ס}  car ils ont pris parmi leurs filles des femmes pour eux-mêmes et pour leurs fils, et ainsi ceux de la race sainte se sont mélangés avec les peuplades de ces pays; les seigneurs et les chefs ont été les premiers à prêter la main à cette félonie. » (Esdras 9, 2)

benzionuzielEnfin le Halakhiste le plus audacieux pour appliquer ce concept était l’Ancien Rabbi en chef des sépharades de l’État d’Israël Rav Ben Zion Meir Hai Uziel (שו »ת משפטי עוזיאל, כרך ב יו »ד סי ‘נב) zal.(1880-1953)

Le Rav Uziel était profondément préoccupé par le sort des enfants nés d’un père juif et d’une mère non-juive- qui, bien qu’ils soient des Zera Yisrael, ne sont en fait pas halakhiquement juifs. Les enfants élevés dans de tels mariages risquent d’être perdus pour le peuple juif. Ainsi, il est obligatoire pour les rabbins de convertir la mère selon lui afin de garder les enfants dans le peuple juif. Le rabbin Uziel a noté:

«Et je crains que si nous les éloignons complètement en n’acceptant pas leurs parents pour la conversion, nous serons amenés au jugement et ils nous diront:  » Vous n’avez pas ramené ceux qui ont été conduits loin, et ceux qui étaient perdus, tu ne les as pas cherché ». (Ez 34, 4). »

Le Rav Amsalem cite ce passouq en appui de son action.

 » Les brebis infirmes, vous ne les souteniez pas; vous n’avez point soigné la malade ni pansé celle qui avait une fracture; celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée. C’est avec violence que vous les régentiez et avec dureté.«  (Ez 34, 4)

אֶת-הַנַּחְלוֹת לֹא חִזַּקְתֶּם וְאֶת-הַחוֹלָה לֹא-רִפֵּאתֶם, וְלַנִּשְׁבֶּרֶת לֹא חֲבַשְׁתֶּם, וְאֶת-הַנִּדַּחַת לֹא הֲשֵׁבֹתֶם, וְאֶת-הָאֹבֶדֶת לֹא בִקַּשְׁתֶּם; וּבְחָזְקָה רְדִיתֶם אֹתָם, וּבְפָרֶךְ

 

« celle qui s’écartait, vous ne l’avez pas ramenée, celle qui s’égarait, vous ne l’avez pas cherchée » ? En pareilles circonstances, ne pourrait-on pas reprocher à l’intransigeant de n’avoir pas tenté de ramener l’éloigné vers la possibilité de se sanctifier ? Et surtout par sa dureté de rejeter d’Israël des zerah kadosh.

Qui sont ces anoussim qui reviennent. Ces millions de Conversos d’Espagne et du Portugal ? Ce sont ces ossements désséchés d’Ezechiel 37 que D-ieu peut faire revivre dit le Rav Amsalem :

« Il me dit  »fais appel à l’esprit, fais appel, fils de l’homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu’ils revivent’. Et je prophétisai, comme il me l’avait ordonné; et l’esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! ». Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël. » (Ez 37, 9-13)

Cette position est orthodoxe et n’a rien de « libéral »… faut-il le préciser… ? (voir exemple de responsa sur ce sujet dans le monde séfarade ci-après).

Des millions de nechamot (âmes juives) endormies dans le monde entier ?

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La Rav Amsalem aide des communautés de marranes qui reviennent à la Torah en Espagne, au Brésil, en Italie dans les grandes îles de la Méditerranée comme Majorque et j’espère bientôt en Corse.

Regardez ce groupe au Brésil, c’est très impressionnant. Eh bien seulement huit de ces personnes de cette grande communauté ont passé le stade de la brit et du mikvé. Ils connaissent tout par coeur de la tefilah au Chema :

Grâce à Internet « Rabbi Google » comme il dit, des millions d’anousim se reconnectent avec leur neshama. Ce sont les zerah Israël (de la semence d’Israël); Il est du devoir de tout juif de les accueillir et les aider dans leur retour (techouva). C’est une mitsva importante connue de la Halakha des sefardim.

Grand honneur à son action !

Mon message aux bnei annoussim qui lisent ces lignes est simple : ne perdez pas courage votre délivrance approche. Mon affection. Meïr.

Le processus de conversion selon la Halakha juive 

Le Rav Amsellem m’a commenté de mémoire puis le texte du Traité Yébamoth 47b à propos des conversions. Il a commenté ces points centraux pour le Judaïsme depuis 5 millénaires  :

La pleine conscience de ce à quoi la personne s’engage librement et de manière désintéressée:

Le candidat au Guyour ne doit pas être convaincu, ou dissuadé trop fermement. R. Eleazar a déclaré: Quelle est la preuve scripturaire? – Il est écrit, Et quand elle vit qu’elle était fermement décidée à aller avec elle, elle ne lui parlait pas (Ruth 1, 18)« Actuellement, elle a vu qu’elle était fermement consciente, etc. (Ruth) « Il nous est interdit », elle [Noémie] lui a dit, [à Ruth]  « de se déplacer le jour du chabbat au – delà des frontières du chabbat »! [2000 coudées en ville]   – « Où tu iras » [l’autre a répondu] « J’irai ». (Ruth 1, 16)  »

«Nous sommes interdits de rencontre privée entre homme et femme»!  :  ‘Où tu iras j’irai »
On nous a commandé six cent treize commandements! – «Ton peuple sera mon peuple».
«Nous sommes interdits d’idolâtries»! – ‘Et ton dieu, sera mon Dieu’.
«Quatre modes de peine de mort ont été confiées à Beth Din!  : « Où dites-vous, je vais mourir ».
«Deux cimetières  ont été mis à la disposition du Beth din ‘! : « Et je serai enterré ».   Alors, elle a compris qu’elle était fermement consciente, etc.

(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction de retarder une circoncision après l’engagement oral de la personne suite au dialogue avec le Beit Din.

«S’il l’a accepté, il est circoncis immédiatement ». Quelle est la raison? – L’exécution d’un commandement ne doit en aucun cas être retardée.(TB Yebamoth 47b)

L’interdiction formelle de ne pas envoyer un criconcis au Mikvé après la brit :

«Dès qu’il est guéri [cicatrisé], des arrangements sont faits pour son ablution immédiate [mikvé]».(TB Yebamoth 47b)

La présence de 3 témoins

«Quand deux savants doivent rester à côté de lui». R. R. Hiyya n’a-t-il pas, au nom de R. Johanan, que la ércéption d’un prosélyte exige la présence de trois? – Mais certainement. R. Johanan a déclaré au tanna: « Lis trois » (TB Yebamoth 47b)

L’irréversibilité de la conversion :

«Quand il revient après son ablution, il est réputé être un Israélite à tous égards». Et s’il ne pratique pas ?  Dans le cas où il se rétractait et se fiancerait avec la fille d’un Israélite, il serait considéré comme un Israélite non respectueux de la Torah mais ses fiançailles sont valides.(TB Yebamoth 47b)

Il m’a expliqué l’interdiction pour un beit Din  de casser la décision d’un autre beit Din ou de la déclarer non valide.

En réalité le guer que la Torah commande d’aimer est très protégé par la Halakha et les humiliations gratuites ne sont pas autorisée.

Une décision du Rav Yossef Messas (zal)

Voici un document qui prouve ce que dis le Rav Amsellem dans le monde séfarade. La traduction est de Shifra Cervioni adaptée par moi-même.

Yossef MessasCe texte est du Rav Yossef Messas (zal), (1891-1974) un grand parmi parmi les plus grands décisionnaires. D’une grande lignée de Meknès, il est rabbin à Tlemcen en Algérie en 1924 jusqu’en 1940, et revient alors à Mekhnès comme dayan (juge rabbinique) de la ville. En 1964, il est choisi comme Grand Rabbin séfarade de la ville de Haïfa, jusqu’à sa mort en 1974. Auteur de nombreux ouvrages de Halakha, d’un commentaire de la Haggadah de Pessah, de recueils de poésies et de récits sur la vie juive au Mellah. Il écrit ceci :

גישתם וחכמתם של רבני צפון אפריקה

חֶרֶב בָּאָה לָעוֹלָם עַל עִנּוּי הַדִּין, וְעַל עִוּוּת הַדִּין, וְעַל הַמּוֹרִים בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא כַהֲלָכָה. מסכת אבות פרק ה משנה ח

דברים מאלפים מהגאון רבינו יוסף משאש זצ »ל (מגדולי הפוסקים, רבה הראשי של חיפה לפני כארבעה עשורים, ומלפנים רב הערים תלמסאן שבאלג’יר ומקנס שבמרוקו) בסוגיית הגיור:

« דבר זה, לגייר כל הבא להתגייר, פשוט הוא בכל מקום, בכל ערי המערב ובכל ערי אלג’יריאן וטוניס, מכמה טעמים והם:

…כמה פעמים אירע שהאישה לא נתגיירה מפני שדחה אותה רב העיר ולא רצה לגיירה, ונסעה לעיר אחרת היא ובעלה וקבעו שם דירתם בחזקת ששניהם יהודים, והולידו בנים ובנות, והבנות היו לאנשים יהודים והולידו גם הם בנים ובנות, ואחר כחמישים שנה נודעה החטאת שהסבתא לא נתגיירה, שאז כל צאצאיה נוכריות הנה, והיו מהומות רבות מזה… ויש מהם שהצאצאים נתגיירו אחר עמל רב ותלאה עצומה, ויש שלא רצו להתגייר ונסעו למרחקים ונטמעו. ומי אשם בכל זה? הרבנים המתחסדים, שאינם חכמים לראות את הנולד ואת תוצאות הזמן.

ובכן מאחר שדבר זה מביא בכנפיו סכנת נפשות, גם הרבה תועליות לקיום המצוות, ומניעת הרבה איסורים, ושלום ושקט לכמה משפחות ומניעת טמיעה לישראל באומות, ואין בדבר אלא איסור דרבנן ולכתחילה, וגם ראינו כמה וכמה גרים שלא לשמן, באו לשמן והיו גרי צדק באמת וישר, בכן מצווה רבה תחשב להקל בדבר, וכל גרות יעשה בדעת, וישקול בפלס מעשיו לראות את הנולד, ויעשה ויצליח בס »ד ».

L’attitude et la sagesse des rabbins en Afrique de Nord concernant la Conversion
par le Rav Yossef Messas, zatsal

Une épée est tombée dans le monde à cause de la procrastination (littéralement. « tortures » ) des jugements (dinim), et sur les entorses à la justice, et sur les décisionnaires de la Thora qui ne décident selon la Halakha. (Massekhet Avot, chapitre 5, mishna 8)

Paroles édifiantes du Gaon notre rabbin Yossef Messas (zal). :

 » Au sujet de conversion vers le judaïsme, cette affaire, convertir tous ceux qui veulent se convertir, et tout simplement partout, dans toutes les villes occidentales et dans toutes les villes d’Algérie et de Tunisie. Et ce pour plusieurs raisons : Combien de fois il est arrivé qu’une femme ne s’est pas convertie par ce qu’elle a été repoussée par le rabbin de la ville qui a refusé de la convertir. Elle est partie avec son mari vivre dans une autre ville. Ils se sont installés là-bas et ont vécu comme des juifs et ont eu des fils et des filles. Les filles se sont mariées et à leur tour ont eu des fils et des filles. 50 ans plus tard il s ‘est avéré que la grande mère n’était pas juive et ne s’était pas convertie au judaïsme. Donc, toutes ses descendantes (filles) ne sont pas juives. Le scandale a été énorme à cause de ça…. certains de ses descendants (es) se sont convertis (ies) après des efforts et tribulations considérables. Et d’autres n’ont pas voulu se convertir et sont partis très loin et se sont assimilés.

Qui est coupable de tout ça ?

Les rabbins qui jouent les charitables (feignent la piété, il y a ici un jeu des mots, pour dire qu’ils sont le contraire, des faux hassidim) qui ne sont pas assez intelligents pour prévoir l’avenir et les résultats  arriveront en leur temps . Et voilà que cela porte sur ses ailes un danger mortel [pour Israël].

Il faut penser à l’utilité de faire les mitzvot et éviter trop d’interdictions, pour qu’il y ait la paix et la sérénité dans les familles et éviter qu’Israël ne s’assimile aux autres nations.

Ceci n’est qu’une interdiction des rabbins.  Nous avons déjà vu plusieurs guerim (des convertis), qui se sont convertis pour des convenances, et par la suite sont devenus des vrais et honorables juifs, qu’on a appelés gerey tzedeq גרי צדק. La mitzva est de faciliter les conversions et chaque fois de le faire après mûres réflexions, et mesurer sur la balance (peles = niveau d’eau, outil pour voir si le mur est droit). Il faut envisager l’avenir.

Faire et réussir, grâce à Dieu. « 

Mémoire transgénérationnelle et généalogie juive


C’est bon, vous pouvez couper la TV… et vous remettre à une activité spirituelle…

Didier Long

Ma conférence donnée hier soir à la loge Anne Frank du Bnei Brit, à lire  :

à Télécharger ici : Conférence Généalogie Bnai Brit 02 MAI 2017 (39 pages)

Introduction : Mémoire et mémoire juive. 3

  • La mémoire comme processus d’hominisation. 3
  • La mémoire juive. 6
  • La renaissance de l’hébreu/ Yom Haatsmaout 8
  • Mémoire transgénérationnelle, la piste scientifique. 9

« … Et ceux qui viennent de Sefarad » : une approche historique. 10

  • Généalogies en Corse. 12
  • Espagne 1391. 13
  • Espagne 1492. 15
  • Portugal 1497. 16
  • Italie 1492- XVIIème siècle. 18
  • La mémoire marrane. 20

« De qui sommes-nous le nom ? » : une approche psychologique. 22

  • La mémoire transgénérationnelle du nom, Pierre Beck. 23
  • La mémoire de la mitsvah. 24
  • La mémoire cachée. 28
  • Les images de nos disparus. 29
  • Nos tiroirs comme des tombeaux. 31
  • Notre petite histoire et la grande. 33
  • Les coïncidences. 35

Généalogies : une approche théologique. 37

  • Jusqu’à la millième génération. 37
  • Even, de père en fils  38

« La Mémoire juive de Corse » sur Fréquence Protestante


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Emission diffusée ce samedi 15 février 2017 à 20h00. (voir ici)

Avant Pessah, mon compatriote Corse Olivier Betti-Séréni de Lévie, m’a interviewé pour Fréquence Protestante sur les mémoires juives de Corse, l’exode des séfardim via Gênes vers notre île sous la pression de l’Inquisition, les juifs de Paoli, les cédrats judéo-corses, les armes de la Haganah livrées via l’aéroport d’Ajaccio à la fondation de l’Etat d’Israël en 1947… c’était un moment très émouvant. Ecoutez.

Meguila d’Esther : « Tout homme qui rejette l’idolâtrie est juif » (Talmud, Meguila 13a)


Un jour de la Hilloula de Rabbi Meïr, deux corses qui avaient lu mon livre Des noces éternelles, un moine à la synagogue m’ont écrit un SMS.

« J’ai lu votre livre. Mon nom est Guy Sabbagh, né à Bastia en 1947, Je suis le fils de David Sabbagh ancien président de la communauté juive de Corse et le petit-fils du rabbin Méier Tolédano qui a été le guide spirituel de cette communauté pendant toute sa vie…, votre contact m’a été donné par Laurianne B. J’espère à très bientôt »

Deux hommes corses sont venus me voir à mon bureau : Guy et Benny Sabbagh. Ils m’ont présenté la Meguila de leur grand-père (photo), venu du Maroc et à qui avait attiré à Bastia via Tibériade et La canée (Crète) en 1915, le Rav Meïr Tolédano (zal) rabbin de la seule synagogue de Corse au pied de chez ma grand-mère, rue du Castagno à Bastia qui y avait officié de 1920 à 1970 et est enterré au carré juif du cimetière de Bastia. La beit Knesset Meïr. Son nom était marqué en bas de la Méguila en argent.
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C’est comme ça que le 26 octobre 2016, jour de ma brit Mila, le Rav Harboun m’a donné le nom de Meïr, et pour moi c’est comme si la boucle était bouclée.

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Ce matin dans notre synagogue avec mes amis.

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Ma méguila achetée à un Sofer de Jérusalem de passage

Contraints de rendre un culte caché, les marranes s’identifiaient à Esther, la juive cachée d’un livre où n’est cité nulle part le nom de D-ieu. Leur rite majeur était Pourim. Leur idée était de rester fidèles dans le secret et de sauver le peuple. Ces représentations d’Esther en Reine des marranes sont courantes dans les images de la Nation juive Portuguaise à Amsterdam, Leide, Anvers ou au Brésil.(voir le livre : Représentations d’Esther entre écritures et imagesPar Elisabetta Limardo Daturi). 

Dans la Méguila d’Esther, Mardochée, un judéen de la tribu de Benjamin qui vit incognito à Suse (Iran actuelle), envoie au palais Esther, une cousine orpheline qu’il a adoptée. Elle vit anonymement au Harem du roi et il vient la visiter chaque jour suscitant la jalousie d’Aman chambélan du palais. La septième année de règne, Esther (« cachée » en hébreu) présentée au roi le séduit. Choisie comme reine elle va sauver le peuple juif de la jalousie d’Aman.
Esther et Mardochée, avec la figure biblique de Joseph bien sûr, sont les prototypes des juifs cachés auxquels s’identifieront les marranes.

Aman, s’apercevant que Mardochée ne s’agenouillait ni ne se prosternait devant [le roi], fut rempli d’une grande colère. Mais il jugea indigne de lui de s’en prendre au seul Mardochée, car on lui avait fait savoir de quelle nation il était. Aman résolut donc d’anéantir tous les juifs établis dans le royaume d’Assuérus, la nation entière de Mardochée. (Meguila d’Esther 3, 5)

le Talmud commente :

Rabbi Yo’hanan dit : Et pourquoi l’appelle t-on Yehoudi (juif)[1] ? Parcequ’il a renié l’idolâtrie, car tout homme qui renie l’idolâtrie est appelé Yéhoudi (juif). Comme il est écrit : Il y a des hommes qui refusent… (Dan 3, 12) [2](Talmud de Babylone Meguila 13a)

Selon un Midrach celui qui renie l’idolâtrie est appelé yéhoudi parcequ’il croit au D-ieu unique (yi’houdi) ;

D’après Maharcha[3] parceque le nom Yehouda contient toutes les lettres du tétragramme.

Enfin pour Meiri[4], rejeter l’idolâtrie revient à accepter tout la Torah, comme un juif à part entière.

un auteur dit: « si les tyrans sont grands c’est parceque nous sommes à genoux. » Aujourd’hui… relevons nous.

Hag Pourim Sameah !

Dona Gracia Nassi

Dona gracia Nassi, « l’ange des anoussim »et la boîte a tsedaka de ma fille

[1] Le Talmud demande pourquoi on appelle Mordékhaï « juif » ? et il répond en faisant référence au passage de 2 Sam 16, 5-7 : « Le roi David venait d’atteindre Bahourim lorsqu’il en vit sortir un homme de la famille de Saül, nommé Séméi, fils de Ghêra, qui, tout en s’avançant, l’accablait d’injures, lançait des pierres à David et à tous ses serviteurs, à toute la foule et à tous les guerriers qui l’entouraient à droite et à gauche. Et Séméi s’exprimait ainsi dans ses imprécations: « Va-t’en, va-t’en, homme de sang, homme indigne!». A son serviteur qui lui demande « Pourquoi laisse-t-on ce chien mort insulter le roi mon maître? Permets-moi d’avancer et de lui trancher la tête. »  Il y a là un jeu de mot sur le nom de Simei » le fils du Guer– de « l’étranger » – un converti de la tribu de Benjamin. Et le Talmud argumente : « Car David n’a pas tué Chim’i, duquel est né Mordéchaï dont Aman a été jaloux ». Mordéchaï est donc un descendant de guer de la tribu de Benjamin, un benjaminite qui est appelé  « juif ».

La guemara rapporte que les tribus de Benjamin et celle de Juda revendiquaient toutes deux la naissance de Mordékaï qui a refusé l’idolatrie dans le récit d’Esther

[2] Le Talmud cite en parallèle le livre de Daniel (Dan 3, 12) un passage qui se déroule lors de l’exil en Babylonie et durant dans lequel trois jeunes gens Chadrac, Mêchac et Abêd-Nego, des juifs qui vont être garrottés et envoyés dans une fournaise parce qu’ils refusent d’honorer la statue en or de Nabuchodonosor qu’il a érigée: « Or, il y a là des hommes, des Judéens (Yéhoudaïn), que tu as préposés à l’administration de la province de Babylone, Chadrac, Mêchac et Abêd-Nego; et ces hommes-là n’ont pas tenu compte de ton ordre, ô roi: ils n’honorent point ton Dieu et n’adorent pas la statue d’or que tu as érigée. »

[3] Rabbi Samuel Eliezer Eidels – le «Maharcha» (5315-5392 ; 1555-1631), est un grand talmudiste né à Posen en Galice vers le milieu du seizième siècle est un grand commentateur du Talmud, auteur d’un commentaire classique sur les portions législatives et narratives du Talmud de Babylone ainsi que leurs commentaires par Rachi et les Tossafistes.

[4] Menahem Hameïri (1249 – c. 1310) (Don Vidal Solomon de Perpignan) est un rabbin catalan des 13 et 14ème siècles, considéré comme l’un des commentateurs les plus brillants du Moyen Âge.

Doña Gracia Mendez (Nassi) (1510-1568), « L’ange des marranes »


En ces temps de Pourim où nous célébrons la reine Esther il est impossible de ne pas évoquer la mémoire de Dona Gracia Nassi, la reine des marranes, secours de son peuple et combattante impitoyable de ses ennemis à qui plusieurs milliers de Marranos et d’autres juifs persécutés ne donnaient pas d’autre nom que « Notre Ange ».

Agnolo Bronzino, Beatriz de Luna avec son unique fille Reyna, 1530-1540

La splendide fleur de l’Exil d’Israël

Dona Gracia (Nassi) nait à Lisbonne en 1530 dans une famille de marranes espagnols aragonais, nobles qui ont fui l’Inquisition. Sa vie ne fut qu’un long voyage.

Mariée à Francisco Mendes Benveniste de la famille des Nassi (« prince » en hébreu) au Portugal et fondateur d’une entreprise commerciale importante celui-ci mourut en 1535. Il laisse sa femme veuve a vingt-cinq ans… Mais une menace de plus en plus mortelle la guette : L’Inquisition. Lire la suite de « Doña Gracia Mendez (Nassi) (1510-1568), « L’ange des marranes » »