Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme


20181118_143123Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris il y a une Soucca du XIXème siècle d’Autriche ou d’Allemagne du sud, composée de 37 panneaux numérotés (pour la remonter chaque année ! ). On y voit une représentation de Jérusalem avec ses murailles, le Kotel et la mosquée Al Aqsa ; au centre un paysage de la région du lac de Constance et à droite un écu avec les premiers mots du décalogue et un décor floral qui rappelle le sens de la fête. C’est très émouvant.

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J’ai enregistré là-bas pour un film sur les gestes dans le judaïsme, en l’occurrence le cédrat pour moi, le cédrat c’est le coeur intelligent, Lev Khorkhma, l’amour intelligent, désintéressé… on est tombé sur cette Soucca, les réalisateurs ont décidé de filmer là.

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Il y a aussi là l’expo sur Freud. A voir absolument.

Cédrat mystique


Etrog

Le cédrat (étrog) « Péri Ets Adar », est le « fruit de l’arbre splendide » pour la Torah. Adar, la Splendeur.

La guémara Soucca (35a) qualifie l’étrog de « עץ שטעם עצו ופריו שוה », « un fruit dont le goût est semblable à celui de son arbre », un arbre magnifique. Celui qui le réchauffe dans sa main respire un parfum sacré et se dit sans savoir pourquoi : « c’est beau ». Par le cédrat la splendeur se fait émotion. Car l’odorat est le sens le plus sacré.

Notre perception des odeurs est liée à nos émotions. De tous nos sens, l’odorat est le plus viscéral, lié à notre respiration et aux couches les plus profondes de notre cerveau, touché par l’influx nerveux sans passer par la partie analytique du cortex.

Le bulbe olfactif actif à chaque respiration possède aussi un pouvoir de rémanence des odeurs, plus important que les autres sens. L’odeur est donc liée à la mémoire. L’odeur d’un plat de sa mère signifie l’amour. Il me suffit de sentir un cédrat pour penser à ma grand-mère qui m’en envoyait à chaque automne, de sentir les merrizane (aubergines farcies à la mie de pain et au brocciu mijotées longuement dans une sauce à la tomate au basilic) pour ressentir sa tendresse alors qu’elle se levait le matin pour les faire et que l’odeur me réveillait à la montagne en Corse du Sud.

C’est probablement ce que signifie la guemara quand Rabbi Abahou dit :

« le fruit qui réside [lit : Ha Dar] sur son arbre d’une année à l’autre, et c’est : le Etrog » (Souka 35a)

Le Rambam dans son introduction à la Michna explique que le que Rabbi Abahou a juste trouvé dans le verset un appui à une tradition étant déjà en vigueur, pour expliquer que bien que le fruit en question ne soit pas déterminé explicitement l’allusion suffit pour prouver que le fruit dont se servaient Josué, les prophètes, et tous les bné-Israël était le étrog ! Persistence de la mémoire olfactive la Torah de nos pères et de nos mères transmise comme un parfum spirituel depuis le Sinaï !

Le cédrat comme la cabane permettent de nous reconnecter avec cette expérience de liberté toute neuve que nos ancêtres ont du éprouver quand ils sont sortis d’Egypte.  Cette identification symbolique par le parfum est quasi magique.

L’arbre splendide est celui du Gan Eden. Celui qui respire l’odeur du cédrat a un avant gout du Olam Aba. L’Etrog fait signe dans le monde matériel du monde spirituel. Comme une mémoire de la création du monde qui advient dans l’être à chaque instant. En réalité la lumière de D-ieu la Or ein sof , sa Splendeur est toujours là mais nous ne voyons pas, L’Omniprésent s’est comme « contracté » dit la Cabbale pour que notre monde puisse exister (ce sont évidement des images!). Heureusement pour nous car cette Lumière crue, cette vérité insupportable, nous ferait désespérer de nous même. C’est ce que D. explique à Moïse par les 13 attribut divins alors qu’il voulait le voir… ce qui est impossible sans mourir. Les Noms, eux, sont de ce monde. Ils disent la splendeur de D.ieu en désignant le comportement requis de l’homme. Si le mot Emet (Vérité) n’était pas entouré de deux hessed (bonté) nous serions pulvérisés sur place. L’homéostasie de nos systèmes circulatoire (nerveux, endocrinien, lymphatique…) comme une sorte de Torah naturelle permet d’équilibrer à chaque instant notre température, la quantité d’eau dans notre sang, notre pression artérielle, nos battements de coeur, notre respiration… 5°C de plus ou de moins et un vin est imbuvable. Le coeur de l’amoureux bat à tout rompre mais cette situation n’est pas durable. Nul ne peut tenir un instant dans l’Autre monde trop extrême pour l’homme.

D-ieu se fait donc discret indicible, comme le parfum, le « souffle ténu d’un brise légère » pour Elie à l’Horeb, sa théophanie se montre en se voilant. Pourquoi ? D’abord parce que nous en sommes incapables et aussi pour que nous le cherchions, par amour behaava….

Cependant l’émotion de la beauté olfactive, quand nous sentons une rose ou un cédrat par exemple nous revoit à la Beauté, une idée que nous ne pouvons qu’éprouver (personne n’a jamais vu la Beauté!). Nous vivons dans un monde fragmenté, multiple, voire de duplicité,  chez nous l’intention n’est jamais contemporaine de l’action comme dans le Yehi Or Vayehi Or…alors que D-ieu Lui, est UN. C’est donc l’homme qui est en D-ieu et non D-ieu dans l’homme, l’homme qui est dans l’âme et non l’âme dans l’homme comme sa plus haute partie.

Le parfum du cédrat comme celui d’une femme ou du sein d’une mère pour le bébé nous permet de comprendre la « beauté » sans fin, il nous informe du spirituel « visage contre visage » « panim al panim » avec ce monde. Sans l’humilité de Moïse, sa contraction diraient les quabbalistes, la Torah ne pourrait être dévoilée comme Lumière pour les hommes. Le tsadik cherche ce contact permanent avec l’Invisible, il est comme enamouré de la splendeur de D.ieu (vehaavta !). Celui accepte sa finitude, l’anaw, l’humble peut commencer à espérer cette splendeur perçue dans l’étude et la mitsva. Israël est Nér Mitzva, la flamme de la Mitsva comme dit le Maharal de Prague.

La tache du juif est juste de s’éveiller en allumant la lumière, de « pratiquer la Justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son D-ieu » (Michée 6, 8)

Le Rabbi de Kotzk dit :  » Dans ce monde obscur D.ieu a laissé un petit coin de lumière ».

L’Etrog possède le gout, il est bon à manger et à une odeur, c’est à dire comme nous le dit la guémara, il symbolise celui qui étudie et en tire des massim tovim (actes de bonté), qui allie la raison et la sensibilité. Le cédrat représente le coeur.

Qui est comme Toi, ô Eternel, Toi qui recherche les humbles ?

 

Kapparot – Kippour, Freud n’a rien inventé !


Freud n’a rien inventé !!!

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Le rituel des Kapparot vient de la racine hébraïque KPR qui a donné le verbe Lekapper qui signifie « remplacer » (tout comme Kippour) est un phénomène de transfertpsychanalytique.

Le rite des kapparot est un  rituel d’expiation, qui est apparu avec la disparition du rite du bouc émissaire de Yom Kippour. Le bouc émissaire était envoyé au désert chargé des fautes du peuple.

On agite un poulet au dessus de la tête d’une personne qui est ensuite abattu conformément aux règles halakhique (chohet). La valeur du poulet ou de la viande est alors donnée aux sans-abri ou aux pauvres comme un acte de charité – tsedaka.

On peut aussi remplacer ce rite par un don d’argent pour chaque personne de sa famille (Choul’han ‘Aroukh 605). Le coût symbolique de chaque Kappara est de 18€, la valeur numérique du mot « Vie », car une vie humaine ne peut pas être comptée car elle est un monde en soi et équivaut à toutes le vies.

Ce rite qui peut sembler à première vue d’un autre âge pratiqué la veille de Kippour, tout comme le « bouc émissaire », est en réalité d’une grande profondeur psychologique. Il s’agit d’un processus de transfert au sens psychanalytique du terme. Le transfert, moteur de la cure est un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne. Là le transfert se fait sur l’animal.

En effet, chacun est invité à scruter son âme pendant les dix jours redoutables qui séparent Roch Achana et Kippour. Le but est que chacun aille demander pardon pour ses fautes de l’année à son prochain qu’il a offensé, ou blessé, ou lésé. Cette techouva, ce « retour » vise à réparer, pas les fautes envers D-ieu comme on le croit parfois mais envers le prochain. La culpabilité collective est ainsi liquidée par ces rites  qui sont des processus d’abréaction.

En psychanalyse, on appelle abréaction  la réaction différée ou tardive, qui fait revivre l’événement traumatisant accompagné des affects pénibles avec lesquels il avait été vécu. Par exemple quand une personne revit un viol en le verbalisant et ainsi le neutralise en terme de culpabilité inconsciente. (Oui je sais c’est un juif qui a inventé la psychanalyse)

Il s’agit via la bête donc de REMPLACER (lekapper) la culpabilité pour éviter qu’elle ne soit refoulée dans l’inconscient et réapparaisse sous forme fantôme comme une addiction par exemple.

De même fonctionne le rite d’annulation des voeux avant Kippour (Kol Nidré), moment de grande émotion, est un rite de liquidation de la culpabilité collective :

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple
.

NB : je dois un certain nombre de ces réflexions à Jacob Ouanounou ce chabbat.

Israel hi habait cheli (Israël, ma maison)


 אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכל

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout te donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

יש לי ארץ, החלב נוגע בדבש
והישן נושן, עטוף הוא בחדש
והיא יפה קדושה, רבים הרוצים בה
ומי ידע דרכה, מנהיגים רבים לה

J’ai une terre, le lait et miel sont réunis,
et l’antique est revêtu de neuf
Et elle est belle et sacrée, beaucoup la désirent,
Mais qui connaît son destin, celui de ses nombreux dirigeants

Yech li erets, ha’halav noguéa bidvach 
véhayachan nochan atouf hou bé’hadach
véhi yafa kedocha, rabim harotsim ba
oumi yda darka manhiguim rabim la 

 

בית ועוד בית, מקיבוץ עד למושב
ועיר אחת גדולה, עשויה כולה זהב

Une maison et une autre maison, du Kiboutz jusqu’au Mochav
Et une ville grande faite entièrement d’or 

bayt véod bayt, mikibouts ad lamochav
vé ir a’hat gdola, assouia coula zahav

ישראל היא הבית שלי
ישראל החלום שאיתי
ישראל… כאן ועכשיו
ישראל, ישראל

Israël  ma maison,
Israël le rêve qui m’accompagne,
Israël ici et maintenant,
Israël, Israël, 

Israel hi habayt cheli
Israel ha’halom che iti
Israel kan vé archav
Israel Israel

ים יפה כחול, והיא יבשה ממים
ומדבר ירוק,מטל שבשמיים
דור שקבע,דגל כחול לבן
ודור חדש שבא,לנצח את הזמן

Une belle mer bleue, mais la terre est assoiffée d’eau
Et un désert qui verdit de la rosée des cieux
Une génération s’est enracinée, un drapeau bleu et blanc,
Et une génération nouvelle qui vient, victoire sur le temps

אנחנו כאן לעד, לטעת ולבנות
מחלום לתקווה, את ארץ האבות

 Nous sommes ici pour toujours, pour planter et construire,
depuis le rêve jusqu’à l’espoir, la terre de nos ancêtres

אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכ

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

 כחול לבן עולה עולה, כחול לבן עולה עולה,
הלב שלנו מתמלא, ישראל עולה עולה

 Bleu et blanc, olé olé, bleu et blanc, olé olé, ca’hol lavan, olé olé
Notre cœur se remplit, Israël 
olé olé, halev chelanou mitmalé

ca’hol lavan olé olé, ca’hol lavan, olé olé
halev chelanou mitmalé, israel olé olé

 

 

Kiddouchine Rachel et Meïr


La parole de nos pères et de nos mères est Torah


Un grand merci à ceux qui nous ont accompagnés :

Le Rav Haïm Harboun

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Le Grand Rabbin Haïm Korsia

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Gaston Madar et Jacob Ouanounou

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Gérard Haddad

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Rabbi Raphaël Ohayon

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Toute notre communauté et nos très proches

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Nos ‘matriarches’

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Ruth Selinger (et Shelomo, Rami…)

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J’ai trouvé cette coupe dans une brocante sur la plage de Saint Cyprien, en Corse. Je l’ai fait réargenter avant de m’apercevoir que c’était un quiddouch juif. Mes ancêtres sont arrivés sur cette plage et ont nommé cet endroit Benciugnu, « On est arrivé au bon endroit ». Y régnaient la malaria et les corsaires turcs. Nous sommes revenus à Israël. La boucle est bouclée.

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L’Éternel, ton Dieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels il t’aura dispersé. Tes proscrits, fussent-ils à l’extrémité des cieux, l’Éternel, ton Dieu, te rappellerait de là, et là même il irait te reprendre. Et il te ramènera, l’Éternel, ton Dieu […] Et l’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme (Dt 30, 4-6)