Tachlikh, « Tu jetteras »

L’après midi de Roch Achana après Minha on jette un caillou dans l’eau avec nos péchés… mais on peut jusqu’à la fin de Souccot !

Ce rite s’appelle « Tachlikh », (littéralement « tu jetteras »), en référence au verset biblique :

« Et tu jetteras tous tes péchés dans les profondeurs de la mer. »

Michée 7, 19

Pour moi il faut un grand cours d’eau !

Nous avons la capacité de changer et de nous délester de nos fautes. C’est le message de Tachlikh.

Chana Tova !

La religion sans folie, le message de Kippour

Kippour arrive. En ce jour étrange un petit club se réunit et complote toute la journée à huis clos juste pour raconter à nouveau un rite pratiqué dans le Temple de Jérusalem qui n’existe plus depuis 2 millénaires ! Ce rite méconnu, pratiqué par une minorité d’irréductibles perdants, semble pourtant un bon symbole d’une religion sans déraison.

Tous psychotiques

La psychose semble en train de devenir le mode d’être habituel de Sapiens à l’heure d’Internet en ce siècle supposé être spirituel ou ne pas être, et les religions suivent.

Comme me l’a un jour dit un jour le psychanalyste Gérard Haddad :

« Tout être humain se bat avec la folie. Le psychotique c’est celui qui a renoncé et a baissé les bras »

Les psychoses sont des maladies mentales où domine la perte de sens de la réalité souvent jointe avec une surestimation ou une sous-estimation de soi-même (délire de grandeur ou/et sentiment d’inutilité et d’anéantissement), accompagnée parfois de crises thymiques (maniaco-dépression / bipolarité) ou des clivage parfois délirants (schizophrénie) dans lesquelles le sujet est parfois inconscient ou dans le déni de sa propre pathologie.

La paranoïa est une forme de psychose. Une maladie psychique à bas bruit dont la construction imaginaire infantile peut se manifester par des décompensations brutales à l’âge adulte. La recherche d’un ennemi imaginaire (le voisin de bureau, le juif, …) permet à un self insécurisé de se consolider dans le déni d’autrui comme sujet. Ce mode d’être au monde, à travers les complotisme de tous poils, semble malheureusement en train de devenir la norme.

Les magazines féminins, nouveaux avatars de psychanalyse sauvage sont pleins de ces PN (pervers narcissiques) où chacune reconnait son chef de bureau ou son conjoint malintentionné… sans jamais se remettre en cause un seul instant. L’époque est à l’auto-fiction une confession sous forme d’auto-absolution, et à metoo qui accuse, pas à la reconnaissance de ses propres fautes ou de son ambivalence.

En réalité personne n’échappe à la psychose collective qui s’est emparée de l’humanité au temps des grands médias technologiques que sont la télévision puis l’Internet. La carte a remplacé le territoire selon la prophétie de Borgès.

Car les médias contemporains et autres « sachant pour autrui » que sont les élites post-modernes écrivent une sorte de carte du réel qui tend à se superposer à ce réel lui-même selon la nouvelle de Borgès : La carte et le territoire, reprise par Baudrillard dans Simulacre et simulation. Il n’est de vérité que le récit projeté sur le réel et non la réalité elle-même. Ecoutons Borgès :

« En cet empire, l’Art de la Cartographie fut poussé à une telle Perfection que la Carte d’une seule Province occupait toute une Ville et la Carte de l’Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes Démesurées cessèrent de donner satisfaction et les Collèges de Cartographes levèrent une Carte de l’Empire, qui avait le Format de l’Empire et qui coïncidait avec lui, point par point. Moins passionnées pour l’Étude de la Cartographie, les Générations Suivantes réfléchirent que cette Carte Dilatée était inutile et, non sans impiété, elles l’abandonnèrent à l’Inclémence du Soleil et des Hivers. Dans les Déserts de l’Ouest, subsistent des Ruines très abîmées de la Carte. Des Animaux et des Mendiants les habitent. Dans tout le Pays, il n’y a plus d’autre trace des Disciplines Géographiques. »[1]

Jorge Luis Borges

La popularité des Michel Onfray avec sa nouvelle revue « Le front populaire ou d’Eric Zemmour sur Cnews, quand il ne s’agit pas de Marion Maréchal – dont l’occultation du nom Le Pen signale probablement une psychose de troisième génération, l’appel à la vérité du « pays réel » pour ne pas dire « français de souche » semblent constituer une forme de protestation contre un réel fake dicté par le dernier des grands récits idéologiques du siècle dernier après la chute du communisme : la globalisation et le boundaryless, c’est-à-dire le local sans les murs, seraient orchestrés en pure fake par des élites politico-journalistique supposées avoir trahi le peuple, Emmanuel Macron après Nicolas Sarkozy représentant la quintessence de cette déconfiture (gageons que le élites se contrefichent du peuple au moins depuis Charlemagne !). Le complot de la richesse et des grands banquiers occultes du groupe de Bilderberg aurait donc remplacé celui des Jésuites (le pape François favorable aux migrants serait l’apôtre du sans-frontiérisme…), des Sages de Sion ou des judéo-maçons … mais la syntaxe conspirationniste reste à peu de choses près la même.

La subjectivité moderne est emplie de croyances proclamées comme des évidences par les sciences, les médias de masse qui soutiennent notre action quotidienne , en même temps que la croyance religieuse est disqualifiée comme folie délirante. Hors la psychose ne relève pas la croyance mais de la certitude.

L’impression d’être l’acteur du Truman Show, Truman, cet homme vrai (true man) comédien d’une imposture où il n’est de vérité que récit spectaculaire à haute densité émotionnelle est probablement la condition de l’homme moderne. Une psychose sociale.

Lire la suite de « La religion sans folie, le message de Kippour »

Haïm Harboun nommé « Grand Rabbin »

Ce soir à Aix en Provence le Rav Haïm Harboun a été nommé Grand Rabbin !

On ne s’y attendait pas. Lui non plus. 60 ans de rabbinat. MAZAL TOV !

Le Grand Rabbin Daniel Dahan a lu la lettre du Grand Rabbin Haïm Korsia à la fin de notre conférence ! Immense émotion.

Première bénédiction du Grand Rabbin Haïm Harboun
Grand Rabbin Haim Harboun et Grand Rabbin Daniel Dahan d’Aix en Provence qui a lu la lettre de nomination du Grand Rabbin Haim Korsia
Minha (il ne sait pas encore qu’il va être nommé)
Grand Rabbin Harboun et Grand Rabbin Dahan d’Aix en Provence
Synagogue d’Aix en Provence. Merci au Grand Rabbin Daniel Dahan qui a organisé tout cela et à la communauté d’Aix en Provence !
Grand Rabbin Haïm Harboun
Grand Rabbin Haïm Korsia

Bar Mitsvah – Ya Rayah

Ya Rayah, « celui qui part », à une bar Mitsvah, j’aime cette chanson. Ici chantée par le regretté Rachid Taha :

Mikvéh מִקְוָה, un bain d’espoir et d’éternité

La racine kvh’ (kaf, vav, hé) est une racine primitive araméenne qui signifie « lier ensemble » (parfois par torsion), « rassembler »; de manière figurée: « attendre », « espérer ». 

L’eau apparaît dés de le début de l’histoire de la création: veRuakh al peneï amaïm « L’esprit de Dieu sur le visage des eaux» (Gn 1, 2). Dés le commencement, l’eau est liée au divin, au spirituel. La pureté juive n’est pas une question de ‘propreté’ ; est « impur » (tamé) tout ce qui est marqué par la mort et sépare du culte du Temple. Il s’agit d’une impureté rituelle .

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל-מָקוֹם אֶחָד, וְתֵרָאֶה, הַיַּבָּשָׁה; וַיְהִי-כֵן

« L’éternel dit: « Que les eaux répandues sous le ciel se réunissent (ikavou) sur un seul lieu (makom e’had), et que le sol apparaisse. » Cela s’accomplit. »

וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אֶרֶץ, וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב.

« L’éternel nomma le sol la Terre, et l’agglomération des eaux (miqvéh amaïm) , il la nomma les Mers. Et Dieu considéra que c’était bien. » (Gn 1, 9-10)

Le retour à notre source nous réunit et nous réunifie quand nous sommes ‘morts’, en vrac, incapables de nous recueillir.

Le second sens de la racine kvh’ est « l’espoir » (ha Tikvah) d’Israël.

Le prophète Jérémie en parle :

מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל יְהוָה, כָּל-עֹזְבֶיךָ יֵבֹשׁוּ; יסורי (וְסוּרַי) בָּאָרֶץ יִכָּתֵבוּ, כִּי עָזְבוּ מְקוֹר מַיִם-חַיִּים אֶת-יְהוָה.

« O espérance (Miqvéh) d’Israël, Éternel, tous ceux qui te délaissent seront confondus! Oui, ceux qui se tiennent éloignés de moi seront inscrits sur la poussière, car ils ont abandonné la source d’eaux vives (maïm ‘haïm) : l’Eternel » (Yirmiyahu / Jérémie 17, 13)

L’immersion n’a rien à voir avec la propreté physique. Celui qui passe au Mikvé choisit de passer de la « mort » à la « vie »; c’est un acte spirituel avec intention. 

Maïmonide termine sa codification des lois du mikveh en disant:

« Il est évident que les lois sur l’immersion en tant que moyen de s’affranchir de la souillure sont des décrets établis par les Écritures et non des sujets sur lesquels l’intelligence humaine est capable de former un jugement ; car voici, elles sont incluses parmi les statuts divins. Maintenant, la «malpropreté» n’est pas de la boue ou de la crasse que l’eau peut éliminer, mais une question de décret scripturaire et dépend de l’intention du cœur. Par conséquent, les Sages ont dit: « Si un homme se plonge, mais sans intention particulière, c’est comme s’il ne s’était pas plongé du tout. » Tosefta (Ḥaguiga 3, 2 )

Celle, Celui qui plonge dans le bain rituel du mikvéh – sans aucune barrière entre lui et l’eau, – entièrement entourée d’eau, fait le choix de revenir à sa source spirituelle. Il ressemble au fœtus dans le ventre de la mère. L’immersion dans le mikvéh est un retour à la source, un recommencement à zéro.

D. est toujours proche c’est seulement nous qui nous sommes éloignés de Lui. Voilà ce que j’ai appris à Carghjese.

Que D. bénisse la Corse et son peuple.

NB : La Michna (Mikvaoth 1, 1–8) indique qu’il existe au moins six grades de mikva’ot , classés du pire au meilleur: les étangs; les étangs pendant la saison des pluies; les piscines d’immersion contenant plus de 40 se’ah d’eau; les puits d’eaux souterraines naturelles;  l’eau salée de la mer et des sources chaudes; et les aux naturelles « vivantes » des sources et des rivières. 

Mékoudéchet !

En cet anniversaire de notre Kiddouchine quelques photos de celles et ceux qui nous ont accompagnés jusqu’à cet instant du 13 mai, veille de l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Que soient bénis les Rabbanim Harboun et Korsia, tous deux Haïm !

Jérusalem : « Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment ! »

Chabbat Chalom de Jérusalem ! Bar Mitsvah de Benjamin Lévi.


 » Maintenant nos pas s’arrêtent devant tes portails, ô Jérusalem,

Jérusalem bâtie comme une ville ou tout ne fait qu’UN !

C’est là que montent les tribus, les tribus de l’Eternel, selon la charte d’Israël, pour célébrer le Nom de l’Omniprésent.

Car c’est là que sont établis les sièges de la justice, les sièges pour la famille de David.

Appelez la paix sur Jérusalem: « Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment! »

Que la paix règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais!

Pour mes frères et mes amis, je te souhaite tous mes vœux de bonheur. »

(Tehillim 122)

Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme

20181118_143123Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris il y a une Soucca du XIXème siècle d’Autriche ou d’Allemagne du sud, composée de 37 panneaux numérotés (pour la remonter chaque année ! ). On y voit une représentation de Jérusalem avec ses murailles, le Kotel et la mosquée Al Aqsa ; au centre un paysage de la région du lac de Constance et à droite un écu avec les premiers mots du décalogue et un décor floral qui rappelle le sens de la fête. C’est très émouvant.

20181118_130439

20181118_124904

J’ai enregistré là-bas pour un film sur les gestes dans le judaïsme, en l’occurrence le cédrat pour moi, le cédrat c’est le coeur intelligent, Lev Khorkhma, l’amour intelligent, désintéressé… on est tombé sur cette Soucca, les réalisateurs ont décidé de filmer là.

20181118_124814

20181118_124821

20181118_134442

20181118_124834

 

20181118_130308

20181118_124958

Il y a aussi là l’expo sur Freud. A voir absolument.

Cédrat mystique

Etrog

Le cédrat (étrog) « Péri Ets Adar », est le « fruit de l’arbre splendide » pour la Torah. Adar, la Splendeur.

La guémara Soucca (35a) qualifie l’étrog de « עץ שטעם עצו ופריו שוה », « un fruit dont le goût est semblable à celui de son arbre », un arbre magnifique. Celui qui le réchauffe dans sa main respire un parfum sacré et se dit sans savoir pourquoi : « c’est beau ». Par le cédrat la splendeur se fait émotion. Car l’odorat est le sens le plus sacré.

Notre perception des odeurs est liée à nos émotions. De tous nos sens, l’odorat est le plus viscéral, lié à notre respiration et aux couches les plus profondes de notre cerveau, touché par l’influx nerveux sans passer par la partie analytique du cortex.

Le bulbe olfactif actif à chaque respiration possède aussi un pouvoir de rémanence des odeurs, plus important que les autres sens. L’odeur est donc liée à la mémoire. L’odeur d’un plat de sa mère signifie l’amour. Il me suffit de sentir un cédrat pour penser à ma grand-mère qui m’en envoyait à chaque automne, de sentir les merrizane (aubergines farcies à la mie de pain et au brocciu mijotées longuement dans une sauce à la tomate au basilic) pour ressentir sa tendresse alors qu’elle se levait le matin pour les faire et que l’odeur me réveillait à la montagne en Corse du Sud.

C’est probablement ce que signifie la guemara quand Rabbi Abahou dit :

« le fruit qui réside [lit : Ha Dar] sur son arbre d’une année à l’autre, et c’est : le Etrog » (Souka 35a)

Le Rambam dans son introduction à la Michna explique que le que Rabbi Abahou a juste trouvé dans le verset un appui à une tradition étant déjà en vigueur, pour expliquer que bien que le fruit en question ne soit pas déterminé explicitement l’allusion suffit pour prouver que le fruit dont se servaient Josué, les prophètes, et tous les bné-Israël était le étrog ! Persistence de la mémoire olfactive la Torah de nos pères et de nos mères transmise comme un parfum spirituel depuis le Sinaï !

Le cédrat comme la cabane permettent de nous reconnecter avec cette expérience de liberté toute neuve que nos ancêtres ont du éprouver quand ils sont sortis d’Egypte.  Cette identification symbolique par le parfum est quasi magique.

L’arbre splendide est celui du Gan Eden. Celui qui respire l’odeur du cédrat a un avant gout du Olam Aba. L’Etrog fait signe dans le monde matériel du monde spirituel. Comme une mémoire de la création du monde qui advient dans l’être à chaque instant. En réalité la lumière de D-ieu la Or ein sof , sa Splendeur est toujours là mais nous ne voyons pas, L’Omniprésent s’est comme « contracté » dit la Cabbale pour que notre monde puisse exister (ce sont évidement des images!). Heureusement pour nous car cette Lumière crue, cette vérité insupportable, nous ferait désespérer de nous même. C’est ce que D. explique à Moïse par les 13 attribut divins alors qu’il voulait le voir… ce qui est impossible sans mourir. Les Noms, eux, sont de ce monde. Ils disent la splendeur de D.ieu en désignant le comportement requis de l’homme. Si le mot Emet (Vérité) n’était pas entouré de deux hessed (bonté) nous serions pulvérisés sur place. L’homéostasie de nos systèmes circulatoire (nerveux, endocrinien, lymphatique…) comme une sorte de Torah naturelle permet d’équilibrer à chaque instant notre température, la quantité d’eau dans notre sang, notre pression artérielle, nos battements de coeur, notre respiration… 5°C de plus ou de moins et un vin est imbuvable. Le coeur de l’amoureux bat à tout rompre mais cette situation n’est pas durable. Nul ne peut tenir un instant dans l’Autre monde trop extrême pour l’homme.

D-ieu se fait donc discret indicible, comme le parfum, le « souffle ténu d’un brise légère » pour Elie à l’Horeb, sa théophanie se montre en se voilant. Pourquoi ? D’abord parce que nous en sommes incapables et aussi pour que nous le cherchions, par amour behaava….

Cependant l’émotion de la beauté olfactive, quand nous sentons une rose ou un cédrat par exemple nous revoit à la Beauté, une idée que nous ne pouvons qu’éprouver (personne n’a jamais vu la Beauté!). Nous vivons dans un monde fragmenté, multiple, voire de duplicité,  chez nous l’intention n’est jamais contemporaine de l’action comme dans le Yehi Or Vayehi Or…alors que D-ieu Lui, est UN. C’est donc l’homme qui est en D-ieu et non D-ieu dans l’homme, l’homme qui est dans l’âme et non l’âme dans l’homme comme sa plus haute partie.

Le parfum du cédrat comme celui d’une femme ou du sein d’une mère pour le bébé nous permet de comprendre la « beauté » sans fin, il nous informe du spirituel « visage contre visage » « panim al panim » avec ce monde. Sans l’humilité de Moïse, sa contraction diraient les quabbalistes, la Torah ne pourrait être dévoilée comme Lumière pour les hommes. Le tsadik cherche ce contact permanent avec l’Invisible, il est comme enamouré de la splendeur de D.ieu (vehaavta !). Celui accepte sa finitude, l’anaw, l’humble peut commencer à espérer cette splendeur perçue dans l’étude et la mitsva. Israël est Nér Mitzva, la flamme de la Mitsva comme dit le Maharal de Prague.

La tache du juif est juste de s’éveiller en allumant la lumière, de « pratiquer la Justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son D-ieu » (Michée 6, 8)

Le Rabbi de Kotzk dit :  » Dans ce monde obscur D.ieu a laissé un petit coin de lumière ».

L’Etrog possède le gout, il est bon à manger et à une odeur, c’est à dire comme nous le dit la guémara, il symbolise celui qui étudie et en tire des massim tovim (actes de bonté), qui allie la raison et la sensibilité. Le cédrat représente le coeur.

Qui est comme Toi, ô Eternel, Toi qui recherche les humbles ?

 

Kapparot – Kippour, Freud n’a rien inventé !

Freud n’a rien inventé !!!

kapparot

Le rituel des Kapparot vient de la racine hébraïque KPR qui a donné le verbe Lekapper qui signifie « remplacer » (tout comme Kippour) est un phénomène de transfertpsychanalytique.

Le rite des kapparot est un  rituel d’expiation, qui est apparu avec la disparition du rite du bouc émissaire de Yom Kippour. Le bouc émissaire était envoyé au désert chargé des fautes du peuple.

On agite un poulet au dessus de la tête d’une personne qui est ensuite abattu conformément aux règles halakhique (chohet). La valeur du poulet ou de la viande est alors donnée aux sans-abri ou aux pauvres comme un acte de charité – tsedaka.

On peut aussi remplacer ce rite par un don d’argent pour chaque personne de sa famille (Choul’han ‘Aroukh 605). Le coût symbolique de chaque Kappara est de 18€, la valeur numérique du mot « Vie », car une vie humaine ne peut pas être comptée car elle est un monde en soi et équivaut à toutes le vies.

Ce rite qui peut sembler à première vue d’un autre âge pratiqué la veille de Kippour, tout comme le « bouc émissaire », est en réalité d’une grande profondeur psychologique. Il s’agit d’un processus de transfert au sens psychanalytique du terme. Le transfert, moteur de la cure est un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne. Là le transfert se fait sur l’animal.

En effet, chacun est invité à scruter son âme pendant les dix jours redoutables qui séparent Roch Achana et Kippour. Le but est que chacun aille demander pardon pour ses fautes de l’année à son prochain qu’il a offensé, ou blessé, ou lésé. Cette techouva, ce « retour » vise à réparer, pas les fautes envers D-ieu comme on le croit parfois mais envers le prochain. La culpabilité collective est ainsi liquidée par ces rites  qui sont des processus d’abréaction.

En psychanalyse, on appelle abréaction  la réaction différée ou tardive, qui fait revivre l’événement traumatisant accompagné des affects pénibles avec lesquels il avait été vécu. Par exemple quand une personne revit un viol en le verbalisant et ainsi le neutralise en terme de culpabilité inconsciente. (Oui je sais c’est un juif qui a inventé la psychanalyse)

Il s’agit via la bête donc de REMPLACER (lekapper) la culpabilité pour éviter qu’elle ne soit refoulée dans l’inconscient et réapparaisse sous forme fantôme comme une addiction par exemple.

De même fonctionne le rite d’annulation des voeux avant Kippour (Kol Nidré), moment de grande émotion, est un rite de liquidation de la culpabilité collective :

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple
.

NB : je dois un certain nombre de ces réflexions à Jacob Ouanounou ce chabbat.