Chana Tova 5778 !


Chana Tova

Un repas en forme de jeux de mots

Le soir pour le Seder (« ordre » : repas rituel) nous allons manger divers mets : dattes, haricots blancs, poireau, betterave, courge, pomme au miel…

Le Talmud, (Kreitot 6a), rapporte au nom de Abayé : « on consommera, le jour de Roch Hachana, Kra VéRoubia, Karti, Silka, Vétmaré ». De nombreuses traductions ont été données à ces différents aliments ; entre autres, respectivement : citrouille ou courge, haricots ou trèfles, poireau, betteraves ou épinards, et dattes.

Il s’agit comme dit le livre d’Ezéchiel  :

« Et il me dit:  »Fils de l’homme, mange ce que tu trouves là, mange ce rouleau et va parler à la maison d’Israël. » J’ouvris la bouche, et il me fit manger ce rouleau. Et il me dit:  »Fils de l’homme, tu nourriras ton ventre’ et rempliras tes entrailles de ce rouleau que je te donne » ; je le mangeai et il devint dans ma bouche aussi doux que du miel. »… Et l’esprit m’emporta et j’entendis derrière moi le bruit d’un grand tumulte:  »Bénie soit la gloire de l’éternel en son lieu! » » (Ez 3, 1-3)

Dans Manger le livre: Rites alimentaires et fonction paternelle, mon ami Gérard Haddad raconte ce que signifie cet étrange rite :

« Au cours de ce repas, on consomme symboliquement une série de mets. C’est le déchiffrage de ce « repas totémique » qui va me mettre en présence d’un phénomène inattendu : à savoir qu’il y a une opération psychique, à peu près jamais vue, à savoir que l’homme mange de l’écriture. Tous ces fragments d’épinards, d’ail, de datte, etc., n’ont pour rôle que d’apporter les phonèmes de leur nom. »

Nous allons donc manger des mets et des mots :

Les « dattes », (תמרים), liées au mot תם : « terminer » on dit donc la malédiction : qu’il y ait une fin à nos ennemis, ceux qui nous haïssent et tous ceux qui nous veulent du mal. (dans la pensée juive les « ennemis » sont autant les malfaisants qui nous guettent que nos mauvaises pulsions)

Les petits haricots blancs (רוביאלוביא), liés aux mots רב : « nombreux » et לב : «cœur»… pour que nos mérites se multiplient et que Tu nous prennes à cœur.

Le « poireau » (כרתי), lié au mot כרת : « couper », « abattre (un arbre) »… pour que soient abattus nos ennemis.

Le mot « Betteraves »(סלקא) est lié au mot סלק  qui signifie « partir », « disparaître » … pour que disparaissent nos ennemis.

La « courge » (קרא) liée au mot קרע : « déchirer » et aussi קרא : « annoncer », « énoncer »… pour que le mal de notre verdict soit déchiré, et que nos mérites soient énoncés devant Toi..

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La « grenade » aux supposés 613 grains (autant que de préceptes-misvoth de la Torah)… pour que nous soyons remplis de mitsvot comme la grenade [est remplie de grains].

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La « pomme et le miel » (תפוח בדבש) …pour  une année bonne et douce comme le miel. 

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Et enfin l’étonnante tête de poisson ou de bélier… un jeu de mot à elle toute seule en cette tête (rosh) de l’année (ha Shana) alors qu’on dit : « Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que nous soyons à la tête et non à la queue. » … cf. les premiers seront les derniers etc…

Étrange midrash alimentaire, étrange rite paternel du judaïsme qui nous renvoie à la voix originaire.

‘Lorsque les Israélites se saisissent de leur chofar, le Saint béni soit-Il, change de trône: il quitte celui du jugement pour occuper celui de la miséricorde’

La Mitsva est d’écouter le Chofar à a synagogue le jour de Roch Achana. Le chofar est cette corne de berger (corne de bélier) qui permet, comme en Corse, d’appeler le troupeau pour le rassembler. Il s’agit de retourner (techouva) vers D-ieu au sens physique et spirituel.

Yom Terua’h (le jour de la sonnerie) ainsi que l’appelle le Torah, Roch Achana, marque le premier des 10 jours redoutables entre Roch Achana et Kippour, le 1er des 10 jours de repentance. Le Chofar appelle à la repentance, la techouva.

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« Bienheureux le peuple qui connaît le Son du Chofar ! Ils marchent, ô Éternel, à la Lumière de Ta face ! » (Psaume 89, 16)

Le livre des Nombre 10, 9 dit que D-ieu se souvenait de son peuple Israël engagé dans le combat lorsqu’il percevait le son du chofar… Et le midrach (Lévitique rabba 29, Genèse rabba 56 et Rosh Achana 16a) commente:

“Juda bar Nahmani a commenté en ces termes, au nom de Resh Laqish:  Elohim monte en fanfare (teru’a), YHWH au son du cor (shofar) (Ps 47, 6). Lorsque le Saint béni soit-il monte pour prendre place sur le trône du jugement c’est pour rendre un verdict, ainsi qu’il est dit: Dieu monte en fanfare… Mais lorsque les Israélites se saisissent de leur chofar, le Saint béni soit-Il, change de trône: il quitte celui du jugement pour occuper celui de la miséricorde, ainsi qu’il est dit: D-ieu (monte) au son du cor. Son cœur est empli de miséricorde et il leur pardonne. Quand cela a-t-il lieu? Le premier jour du 7ème mois.”

Le soir de Roch Achana nous faisons Tachlikh : nous jetons un caillou dans un cours d’eau. Ce sont nos péchés.

“Elohim monte en fanfare (teru’a) Achem au son du cor (chofar)” (Ps 47, 6)

 

Chavouot, Le paradoxe du Sinaï


Sinaï

Nous Sortons de Chavouot. Cette très vieille fête, l’une des trois fêtes agraires de pèlerinage où l’on montait au Temple. On y commémore le don de la Loi au Sinaï.

Comment un solennité aussi centrale que le Don de la Torah a pu être laissée à l’appréciation des quelques personnes ?

L’association du don de la Torah associé à Chavouot n’est pas toraïque. Des rabbins proposaient qu’elle avait été donnée le 6 Sivan tandis que Rabbi Yossé penchait pour le 7 on suivit l’avis de Rabbi Yossé selon lequel la Torah a été donnée le Chabbath 7 Sivan :

Nos rabbins ont enseigné: le sixième jour du mois [Siwan] furent les Dix Commandements donnés à Israël. R. Jose a maintenu: le septième de celui-ci. Raba dit: Tous conviennent qu’ils sont arrivés dans le désert du Sinaï le premier du mois. Il est écrit, ce jour-là, ils sont entrés dans le désert du Sinaï (Ex 19, 1),  tandis qu’ailleurs, il est écrit: Ce mois-ci sera pour vous le début des mois:  tout comme le premier du mois (Ex 12, 2),  le premier du mois [est signifié]. Encore une fois, tous conviennent que la Torah a été donnée à Israël le Chabbat. Il est écrit: rappelez-vous le jour du chabbat, pour le sanctifier tandis qu’il est écrit ailleurs, et Moïse a dit au peuple: rappelez-vous ce jour-là alors là aussi c’était le même jour.
Ils ne sont pas d’accord sur la fixation de la Nouvelle Lune. R. Jose soutient que la Nouvelle Lune a été fixée le premier jour de la semaine [dimanche], et ce jour-là [Moïse] ne leur a rien dit à cause de leur épuisement de la journée. Lundi, il leur a dit, et vous serez à moi un royaume de prêtres [TB Chabbath 86a].

Comment un solennité aussi centrale que le Don de la Torah a pu être laissée à l’appréciation des quelques personnes et que l’Eternel n’ait pas donné son avis ? La Torah « n’est plus aux cieux » et que la tradition orale la fixe désormais, tout comme la Nouvelle Lune, par délibération. Ce qui est un paradoxe; Comment ce qui est transcendant peut-il advenir dans dans l’immanence d’une discussion ?

La Torah a été donnée au Sinaï et ce moment fondateur est hors de l’histoire,  et ne même temps chacun de nous est contemporain du Sinaï…  « elle n’est plus au cieux » dit l’adage talmudique. Bref son Eternité n’est plus accessible à l’homme en dehors de l’épaisseur de l’interprétation de l’histoire et du débat humain. C’est en ce sens que la Torah donnée au Sinaï (Torah lemoché mi Sinaï) est à la fois hors de l’histoire (CF le Maharal dans l’Eternité d’Israël) et au cœur de l’histoire et du phénomène humain. Etrange paradoxe oriental.

Saadia Gaon, mémoire de nos pères

A Chavouot chez les Sefardim on récite le commentaire sur les Dix Commandements de Saadia Gaon (voir ci-dessous), traditionnellement en arabe la langue de ce texte, et traduit en français.

Né en Egypte en 882 (ou 92) et mort en Babylonie en 942, sous le califat abasside, le Rav Saadia Gaon, a été un des premiers à s’intéresser aux sciences profanes (bien que toute la guemara discute évidement son époque). Il sera le premier à écrire une œuvre immense en arabe. Défenseur du judaïsme rabbinique face au karaïsme il va tenter de présenter le judaïsme, ouvrant par la voie à la grande tradition séfarade qui va traduire les concepts de la philosophie grecque dans la culture de son époque.

C’est de cette confrontation du monde de la Torah et des sciences les plus avancées de leur temps (philosophie, astronomie, médecine, histoire…) que naîtront des systèmes de réflexion juives prodigieux et originaux qui vont éclairer leurs contemporains et nous qui les écoutons. Cet enseignement est Torah. Qu’on pense à Maïmonide au Moyen Age puis au Maharal de Prague à la Renaissance, à Emmanuel Levinas en notre temps. On peut dire que la puissance du judaïsme a été d’intégrer les cultures environnantes tout en montrant leur paganisme pour y retourner de manière plus humaine. En distanciant ce qui en est humain de l’inhumain. Bref en faisant un travail de sortie de idolâtrie.

Des « étrangers » sortis de l’esclavage d’Egypte sous la houlette de Moïse – appelés alors les guérim – vont devenir, en recevant le don de la Torah un « peuple saint » –goy kaddoch. Le prototype du juif, Ruth la moabite, dont on lit la Meguilah à Chavouot, est justement celle qui se défait de son étrangeté de goya. Et c’est de cette païenne que va naître Oved, père d’Ichaï, père de David d’où naîtra le Machiah.

C’est là le sens de ce commentaire du Keli Yakar (« Récipient précieux ») de Salomon Ephraim de Luntschitz (1550-Prague 1619) sur le 1er Commandement :

 » Pourquoi, demande-t-il, est-il écrit ‘‘Je suis l’Eternel, ton D.ieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte «  et non pas… ‘‘qui ai créé les cieux et la terre’’. C’est que le Créateur voulait souligner qu’Il ne s’est pas borné à créer le monde, mais que par la suite, Il continue éternellement à diriger l’histoire de l’humanité « .

Dieu dans l’histoire… alors qu’il est l’Eternel, donc préalable à tout temporalité. Ce paradoxe d’une pensée orientale qui sort de la logique rationnelle n’est résolvable en réalité que dans l’expérience qui est ob-éissance au commandement. Obéir c’est-à-dire « Ob-ouïr », écouter de… D-ieu est à accessible à l’oreille humaine mais « à perte de vue » disait un de mes maîtres.

Comme le montre le dans le Kouzari (I, 11-25), les meilleures preuves de la valeur éternelle de la Torah sont des preuves d’ordre historique car nous croyons à une histoire providentielle.

Comme dit le Deutéronome :

De fait, interroge donc les premiers âges, qui ont précédé le tien, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre, et d’un bout du ciel jusqu’à l’autre, demande si rien d’aussi grand est encore arrivé, ou si l’on a ouï chose pareille ! (Dt 13, 32)

Le juif est donc celui qui scrute l’histoire du monde et sa propre vie pour y déceler l’Evènement du Sinaï qui transcende l’histoire et à la fois l’habite. Etrange paradoxe.

Lire la suite de « Chavouot, Le paradoxe du Sinaï »

Le cédrat : un parfum spirituel, fragrances corses dans le monde juif


Conférence de Didier Meïr LONG à la WIZO (Women’s International Zionist Organization) sur la « Mémoire transgénérationnelle juive; et en Corse en particulier »- introduction, le 14 mai 2017.

Comment parler d’une odeur ? Celle trés particulière du cédrat ? J’ai fait sentir le parfum de fleur de cédrat aux gens de ma conférence de la WIZO.

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Quelques étincelles tirées de la nuit de Pessah


De Corse et d’ailleurs

Les familles de Guy et Benny Sabbagh (dont je porte le nom du grand-père le rabbi Meïr Tolédano-zal, rabbin de Bastia de 1920 à 1970) étaient avec nous.

  • Leur père David, président de la communauté de Bastia, chaque veille de Pessah passait une annonce dans Corse Matin pour inviter tout juif de Corse à faire le Seder avec eux.
  • Un jour il a demandé à tous les fabricants de Matsots du continent d’envoyer des échantillons. Puis il a convoqué ses fils pour les tester. Seules celles de Rosinski (les carrées craquantes ashkénazes) ont passé le Blind test. Alors après il vidait son magasin à l’approche de la fête et le remplissait de matsot et faisait la tournée de Bastia avec ses fils pour les distribuer aux juifs.
  • Une femme d’origine corse petite fille de Rabbin d’Alsace et venue avec son mari et sa fille. Parfois la Nechama des Zera Israël parle de loin.

De Tunisie

Gérard Haddad a célébré tout le Seder et il a eu bien du mal avec tous car nous sommes indisciplinés. On a fini à 2 heures du matin…

Il a écrit un nouveau livre : « Monsieur Jean » (hémisphères Zellige), un roman. Il s’agit de l’histoire (vraie) d’un cambrioleur surpris en pleine action par celui qu’il vole… et qui l’invite à prendre le thé… il n’est autre que Jean Rostand. C’est beau non ?

De Riga, d’Israël et d’Ukraine

La cinéaste – poétesse Nurith Aviv est venue de Tel Aviv. J’adore sa manière de parler hébreu. Pas du tout comme Gérard pur tunisien.

Je lui ai lu en arrivant une phrase qu’elle a écrit et qui me hante :

« La mère de ma mère est née à Prague. Sa mère également. Elle parlait allemand comme bien des juifs de Prague. Ma grand-mère a quitté Theresienstadt dans un train à destination de Riga. Le lieu de sa mort est inconnu. Ma mère est morte en Israël. Son dernier mot elle l’a prononcé en allemand. Elle a dit : ‘‘ Aussteigen’’, ‘‘terminus, je veux descendre’’. »

Elle m’a offert un livre que vous devez lire absolument : Trente pages d’Avot Yeshurun (Editions de l’éclat).

Avot Yeshurun (1904-1992) est un poète israélien, né en Ukraine et qui a émigré en Palestine en 1925. Toute sa famille, restée en Ukraine et qui était opposée à son départ, a été assassinée au camp de Maidanek.

Un jour il retrouve par hasard dans un tiroir les lettres de sa famille restées sans réponse. Il écrit trente poèmes comme les trente jours du deuil des lettres des siens. L’édition est bilingue hébreu français. En les lisant, ton âme est convoquée :

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Parfois il arrive que les rêves deviennent réalité

On a reparlé du rêve d’Eliezer Ben Yehouda, qui comme on le sait est un refondateur de la langue hébraïque comme langue de la rue. On a lu « le rêve traversé » traduit par Gérard Haddad où Ben-Yehouda dit :

« J’entendis une étrange voix intérieure m’appeler :

“Résurrection d’Israël et de sa langue sur la terre des Pères.”

Tel fut mon rêve. Sur le coup en effet, ce phénomène m’apparut comme un rêve, une vision nocturne. Mais très vite je ressentis qu’il ne s’agissait pas d’un rêve, et si c’en était un, qu’il ne m’abandonnerait plus. Sentiment et idées contradictoires d’affrontaient en moi : le grand peuple russe d’une part et les idées sublimes de lutte pour sa libération, mais de l’autre une vision qui emplissait mon âme d’une joie sans bornes, Israël renaissant sur sa terre sainte. Mais à un autre moment cette dernière vision se trouvait repoussé et surgissait devant moi l’image d’un petit peuple abbatu et souffrant. […] En mon esprit luttaient deux peuples le russe et le juif qui étaient tous deux en moi se livraient un terrible combat.

Et le juif triompha. Mon sort était scellé. Ma vie et mes forces seraient consacrés à cette tâche de la résurrection d’Israël et de sa langue sur la terre des Pères.»

“Résurrection d’Israël et de sa langue sur la terre des Pères.”, c’est ainsi que commence Langue sacrée langue parlée de Nurith.

Parfois il arrive que les rêves deviennent réalité. Le Talmud dit :

« Il y avait vingt-quatre interprètes de rêves à Jérusalem.

Un jour j’ai fait un rêve

Et je suis allé auprès de tous.

L’interprétation de l’un n’était pas l’interprétation de l’autre.

Or toutes ses sont accomplies pour moi.

Comme il est dit :

« Les rêves suivent la bouche »

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Et le Saint, béni soit-Il, nous sauve de leur main !

Après les deux premiers jours de la fête, hier soir, j’ai reçu des images de Ruthy Selinger. Shelomo Selinger 88 ans-son mari, continue de sculpter dans un granit monumental le futur mémorial aux juifs déportés de Luxembourg :

Dans la Haggadh de Pessah on a chanté :

Vehi Che’amda laavoteinou velanou,
chelo e’had bilvad ‘amad aleinou lekhaloténou,
ela chébekhol dor vador omdim aleinou lekhaloténou,
veHakadoche Baroukh Hou matsilénou miyadam.

Voici ce qui a soutenu nos pères et nous !
Car ce n’est pas qu’un seul qui s’est levé contre nous pour nous détruire,
mais, dans chaque génération, ils se lèvent contre nous pour nous détruire ;
et le Saint, béni soit-Il, nous sauve de leur main !

Et le Saint, béni soit-Il, nous sauve.

Pessah, le grand nettoyage (du ‘hamets) de Printemps


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Nettoyer toute la maison de fond en comble; faire disparaître ce qui ressemble de prés ou de loin (aliment ou boisson, ex whisky) à du blé, de l’orge, du seigle, de l’avoine, de l’épeautre et tous leurs dérivés ayant FERMENTE.  Cachériser toute la vaisselle par le feu (four sur pyrolyse, aciers à la flamme…), ou à l’eau bouillante (éviers inox ou résine, micro onde…). acheter à manger cacher lePessah pour tous ses amis : trop! nous on est excessifs !  Mettre ce qui reste de ‘hamets dans une armoire fermée à clé ou par adhésif, en vendre le contenu par contrat dimanche avant 21h14. Faire un don aux pauvres, il y a pleins de gens qui n’ont pas de quoi faire le repas ! A Bnei brak j’ai vu des soupes populaires. Un dernier check-up : chercher la nuit avec une bougie dans toute la maison ce qui pourrait rester, la petite avait planqué un paquet de gâteaux ! Le mettre dans un sac en papier. Arrêter de manger du ‘hametz avant 11h30. Brûler le sac de ‘hamets avant 12h30.

Faire disparaître le ‘hamets qui est en nous, ce qui fermente et pourrit. Oui y a un coté obsessionnel, cathartique. C’est fou la fermentation qui est en nous et comme c’est difficile de s’en débarrasser. Mais après cela on est prêt pour la première lune de Printemps cette nuit du 14 Nisan. C’est la Pâques, la nuit de notre délivrance. Pendant sept jours nous ne mangerons plus que du pain non levé. Ce soir nous sortons d’Egypte, de l’esclavage vers la liberté. Que D. vous bénisse. Hag Pessah Sameah !

Contrat de Hametz

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Si quelqu’un a la possibilité de réserver une vaisselle spéciale pour Pessah (qui n’a jamais touché de ‘hamets), qu’il soit béni !

Les cédrats sont éternels


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Ce matin j’ai trouvé devant ma porte un cédrat confit avec ce mot :

Cher Ami, Bonjour, Ce matin je suis allé vous remettre le petit échantillon d’ « etrog » confis, que j’ai déposé. Je vous souhaite de le déguster, vous et les vôtres en pensant, comme l’a fait mon épouse, à votre vénérée grand-mère. באהבה ובלב טוב (avec amitié et bon cœur). Lucie et Raphaël

Raphaël a 90 ans, il est le doyen de ma synagogue, né dans le Mellah de Marakech. Chaque automne pendant mon enfance ma grand-mère Corse, m’envoyait un cédrat confit, qui m’a remis sur le chemin de ma judéité.

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Coïncidence, à cet instant même, mon ami Benny qui s’appelle Méir (du nom de son grand-père) comme moi, m’a téléphoné de Corse.

Les cédrats de Corse

A l’origine le cédratrier est un arbre des vallées méridionales de l’Himalaya. Il est acclimaté en Perse (Médie) durant la première moitié du premier millénaire avant notre ère (-1500, -500 avant notre ère). Il est probable que les Cédrats sont arrivés en Israël de Perse en contact permanent avec l’Inde via les caravanes à cette époque.

Le Cédrat de Corse est une variété très particulière (voir ici ), il est le seul à avoir une fleur blanche alors que celle des autres cédrats est violette. Il a été cultivé de manière intensive en Corse au XIXème siècle sous l’impulsion des rabbins ashkénazes de Lituanie comme je l’ai montré dans mes mémoires juives de Corse.

Le père de mes amis Guy et Benny Sabbagh et leur grand-père le rabbin Méir Toldéano zal liés à la famille Mattéi via Salomon Hassan allaient chaque année pour Souccot chercher les meilleurs fruits, gros, avec queue et pas bosselés dans l’exploitation des Mattéi grands distilleurs à Bastia.

Le cédrat symbolise la descendance du tsadik, du juste qui est lui-même un arbre.

« Le Juste est comme un arbre planté près d’un ruisseau qui donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt » (Psaume 1)…

La Torah (Lévitique 23, 40) évoque le Cédrat pour la fête de Souccot comme פְּרִי עֵץ הָדָר « le fruit de l’arbre/ du bois de Hadar » hadar un mot qui veut dire (« éclat, splendeur » en hébreu). Le « fruit » c’est la descendance de l’arbre, c’est-à-dire les descendants des tsadikim (les « justes »), qui sont les bonnes actions et sont comme des arbres.

Pourquoi le cédratier, le « bel arbre » est-il « planté prés d’un cours d’eau » (Cf Psaume 1) car dit le Talmud Soucca 35a :

Ben ‘Azaï dit : Ne lis pas hadar (« beau »), mais hudör [qui en grec désigne l’eau, hudör a donné hydr- ou hydro-]. Et quelle espèce a besoin d’irrigation artificielle [et pas seulement d’eau de pluie] ? Dis c’ets le cédrat » (TB Soucca 35a)

La fête de Souccot est éternelle comme le symbolise le chiffre sept, celui de la plénitude : « Vous la fêterez, cette fête du Seigneur, sept jours chaque année, règle immuable pour vos générations;  c’est au septième mois que vous la solenniserez » (Lévitique 23, 41).

Les véritables « générations » laissées par les justes sont constituées par leurs bonnes œuvres (Beréchith raba 30, 6).

Le cédrat symbolise donc le fruit du Tsadik, juste non pas « de sa génération » comme Noah que nous avons écouté hier dans la Paracha de Noah : « Ceci est l’histoire de Noé. Noé fut un homme juste, irréprochable, entre ses contemporains; il se conduisit selon Dieu » – Gn 6, 9 ). Mais un juste pour toutes les générations de toute l’humanité comme Abraham. Un juste pour l’Eternité, qu’on ne voit pas et qui lui-même ne le sait pas.

 « Ce sont les générations de Noé » : Noé était un homme juste et parfait dans ses générations.  R. Johanan dit: « Dans ses générations », mais pas dans d’ autres générations ! (Tb Sanhédrin 108 a).

En clair, si Noé avait appartenu à la génération suivante, celle d’Abraham juste il n’aurait compté pour rien (Beréchith raba 30, 9). En effet Abraham est qualifié de tsadik par la Torah alors qu’il tente de sauver les justes de Sodome et Gomorrhe, ce qui n’est pas sauvable ! Sodome et Gomorrhe ! (Genèse 18,25). Un raisonnement à fortiori : Celui qui sauve ce qui est complètement perdu sauve forcément toute l’humanité et pour toujours.

Un de ces 36 justes qui sont générés par l’Éternel à chaque génération pour être les colonnes de l’humanité. Les Tsadikim Nistarim (צדיקים נסתרים), les « Justes cachés », ou encore les Lamed Vav Tsadikim (לו צדיקים). Lamed, vav = 36 de chaque génération, que rien ne distingue des auters hommes et qui eux-mêmes ne le savent pas et sans qui le monde serait détruit.

Le cédrat est le fruit de l’arbre, un fils des tsadikim.

« Selon Rabbi Méir un cédrat prélevé au titre de la seconde dîme ne ne saurait êter utilisé pour s’acquitter de l’obligation [de tenir en main les quatre espèces] le jour de la fête » (TB Soucca 35a).

Pourquoi cette obligation de posséder le cédrat ? à cause du « vous prendrez pour vous du fruit du bel arbre » (Lv. 23, 40). La seconde dîme selon Rabbi Méir est un bien sacré dont le propriétaire ne peut disposer à sa guise. L’idée est que la mitsva ne fonctionne que si elle est entièrement généreuse.

Brit Milah : Call me Meïr !


This morning I became Meïr after my brit milah, the Covenant of circumcision.The physical symbol of the relationship between G‑d and the Jewish people

During 7 years I advanced step by step like a blind in the darkness. I’d like to thank all my friends who accompanied me in this so strange story.

First Rabbi Haïm Harboun (photo) who came from the Mellah of Marrakech in Marrocco where he was born… to my street where I met him 6 years agod. His name signify « life » and life is a plural in hebrew. He came with us at the hospital and celebrate the Kiddouch, with Olivier my twin brother and a jewish friend of him.

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Soon, end november, a book Haïm Harboun le rabbin aux milles vies will be published at Lemieux publisher.

Thanks to the Great Rabbi Haïm Korsia who accompanied and answered all my questions, This « Great » is an Humble and he enlightened my road. He is also à Haïm multiple « life » in front of the Holy One, Blessed is He. Thanks to the Rabbi Elfassi and the France’s Consistoire guyour office who accompanied me and sent me to the Brit Mila in july.

Thanks to Marie-Pierre my wife and my family who will come back jewish with me after Beit din decision and Mikveh.

Thanks to Gérard and Antonietta Haddad from Tunis and Venice, Freddy and Evelyne Chiche from Miami, Diane and Jean-Michel from London, Jeremie from Bnei Brak, Olivier and Tsipora in Jeusalem, Salomon Buzaglo of the Center for anousim and Sefardic Studies of Natanya, Micha and Schibboleth, Antoine…Gaston, Fabrice, Cedric, Alexis, Sam, Alexis and his brother, Jacob, Serge, Stéphane and his brother, Samuel, Claude, Maurice, Laurent, Michel, AdiEl, Rony, Raphael, Nathanaël ZAL, … Dany and her parents, Rebecca,  Sylvie, Corinne, Clara, Diane, Myriam and her children, Deborah & Gabrielle and her Deaf Adults Association, … Mendy, Pierre-Jean, Yossef… but also Neil, Nancy, Jean-Paul, Thibault, Greg, Claire, Michel, Jérôme, frère Matthieu de la Pierre-Qui-Vire… thanks to Corsican Jews : Guy and Benny Sabbagh, Halewa familiy, the Castoriano from Turkey, the community of Bastia, all anoussim from Corsica, so important for me in my pilgrimage. Thanks. Apologize for oversights.

Thanks to my grandma who sent me every year during my childhood an Etrog. Its smell  gave me the first sign of our jewish roots from Corsica. We have just finished Souccot and this kind of lemon is the symbolic fruit of Souccot Festival.(photo)

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Beit Knesset Meïr in Castagnio street in Corsica where lived my Grand Mather. There takes place the unique Synagog of Corisca where Rav Meïr Toledano zal  buried in Bastia Jewish Cimetery officed as Rabbi From 1920 to 1970.

Thanks to my friend Jean-Louis Rambaud zal. Hebew language came back to my lips when I said the psalm for him seven years ago. He was dead in an avalanche on January 2010 th 1st.  This was for me, the former benedictine monk, the first sign of coming back from amnesia. Lucas his son my spiritual son. Now I know that memory can be either wholly or partially lost due to the extent of damage that was caused several centuries ago (anousim, marrane, means also raped in hebrew).

I can understand that my road can sounds you so strange. It’s  only the testimony that Israël still alive, Am Israël Haï leolam, in Humanity’s service. We can live together in the G-od’s Shalom, in peace on the visage al panim of this earth that G-od created for all his sons. Panim (face, again a plural in hebrew !) and penim  (interiority) is the same word in hebrew.

I am just Meïr min Or, « from the Light », an enlightener, a pilgrim, following Torah light at the service of our shared humanity.

This the begining of the 5777, 24 Tichri,  on Chabbat we will read BERECHIT Sidra, the begining and the first word of the Bible.

We are Oct 26 and as Rabbi Haïm said me this morning after the Shema  » 26 is the Name of the Holy One, Blessed is He, Hakadoch Barouch Hou« : « הקדוש ברוך הוא. ASHEM, the Name, The beginning and the end of the story; the Aleph-A of the life that begins with a Beth-B like the Bible. Hakadoch, Blessed is He, hearing our prayer.

« Magnified, sanctified, be thy holy Name ». Hineni.

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