Présence des marranes en calabre

Selon une légende, qui atteste de l’ancienne fréquentation orientale en Calabre, Reggio a été fondée par Aschenez, arrière-petit-fils de Noé.
La synagogue du IVe siècle, riche en mosaïques, de Bova Marina, est la plus ancienne d’Occident après celle d’Ostia Antica ; à Reggio fut imprimé le premier ouvrage en hébreu avec indication de la date, le commentaire de Rashi sur la Torah ; Chayim Vital haQalavrezì, le Calabrais, était un grand érudit de la kabbale, également connu sous l’acronyme Rachu.
Au Moyen Âge, de nombreux Juifs se sont installés en Calabre, jusqu’à leur expulsion au début du XVIe siècle; ils reviennent quelques années, rappelés par les habitants opprimés par les banquiers chrétiens, mais en sont définitivement chassés en 1541, événement qui n’est pas sans rapport avec le déclin économique de la Calabre, notamment dans le secteur lié à la transformation de la soie.
Ajourd’hui il n’y a que des présences isolées, mais en été la Riviera dei Cedri est remplie de rabbins qui viennent récolter les cédrats pour la célébration de Souccot (la fête des huttes).
Il y aurait 200 000 marranes en Calabre.

Vivre et mourir en juif à Venise à l’arrivée de Bonaparte

Le Ghetto de Venise

Au 16 ème siècle les juifs sont partout en Italie. Ils vivent dans les villes d’où ils sont régulièrement expulsés. C’est l’Inquisition qui va lancer les ghettos. Il faut absolument éviter que les juifs qui affluent d’Espagne suite à l’expulsion de 1492 ne se mêlent pas à la population des baptisés. Les badges jaunes qui les marquent et les chapeaux pointus ne suffisent plus.

Canalside houses, The Ghetto, Venice, Veneto, Italy, Europe

Mais les juifs sont de bons médecins et surtout des commerçants internationaux puisque leurs familles ont été expulsées vers les port du Levant, du Maghreb ou de Turquie… les notables des villes d’Italie ne veulent donc pas les expulser. Donc après un débat houleux, le 25 janvier 1516, le Sénat de Venise proclame que l’ancienne forge surnommé ghetto (ghet(t)are, « jeter » , car on « jetait » les barbes des fonderies des canons en cuivre) sera le quartier fermé des juifs. Le couvre-feu est proclamé : « afin qu’ils ne circulent pas toute la nuit, nous décrétons la fermeture à minuit des deux portes de ce quartier, par des gardiens appointés par les juifs. » Lire la suite de « Vivre et mourir en juif à Venise à l’arrivée de Bonaparte »

Histoire des Marranes, martyrs sous l’Inquisition

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Autodafé sur la Plaza Mayor de Madrid, Francisco Rizi (1683)

Comme nous le rappelle Cécil Roth dont je ne peux que conseiller un livre de référence, l’Histoire des Marranes  :

Les victimes de l’Inquisition se recrutaient à tous les échelons de la vie sociale, du plus humble au plus élevé. Elles comprenaient prêtres et nobles, poètes et hommes d’Etat, moines et religieuses, collecteurs d’impôts, mendiants, marchands,… enfants à peine sortis de l’école, vieillards avec un pied dans la tombe.

Les procès d’Inquisition consignent avec une dureté et une précision chirurgicale ces histoires à peine croyables de personnes à qui il ne restait souvent au bout de plusieurs générations que quelques éléments fragmentaires d’un judaïsme caché, et forcément appauvri, auquel ils crurent jusqu’au bout. Je voudrais ici en rappeler quelques unes.

Fra Diogo da Assunção

Le frère Diogo da Assunção (1571 – 1603) était un jeune moine capucin rentré à 21 ans au couvent, presque limpieza de sangre mais avec un grand père « Nouveau chrétien ». Au couvent, âgé de 29 ans, il fut attiré par le judaïsme à cause de la férocité avec laquelle ses adeptes étaient traités. Il perdit la foi dans la religion catholique et revient à l’Ancien Testament et aux Psaumes. Sa connaissance du judaïsme n’était fondée que sur les Ecritures. Il fut amené devant l’Inquisiteur et convaincu de judaïser se proclama fier d’être un adepte de la loi de Moïse « dans laquelle il avait vécu, désirait mourir et dont il espérait le salut ». Arrêté en tentant de fuir en Angleterre, emprisonné et soumis à des tentatives constantes pour le forcer à renoncer au judaïsme il tint tête aux théologiens qui lui furent dépêchés.

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