CHAVOUOT : Ruth la convertie, Rabbi Meïr, Elicha Ben Abouya… et le monde qui vient


La fiancée juive

Rembrandt, La fiancée juive, Amsterdam, 1665
(Certains interprètes y ont vu Ruth et Boaz ou Isaac et Rebecca,
à qui des contemporains juifs de Rembrandt ont prêté leurs traits)

Quelques étincelles jaillies du Sinaï qui m’ont illuminé en cette fête de Chavouot où nous lisons les dix commandements et la Meguila (rouleau) de Ruth, une princesse moabite qui se convertie au judaïsme et épouse Boaz. J’ai fait entrer en résonance deux lectures midrachiques celle du midrach de Ruth et celle du midrach Piha que nous a été expliqué notre ami Jacob.

Avertissement sur le Midrach : Le Midrach, (de darach, chercher) fonctionne comme un rêve éveillé, une ivresse poétique, il rapproche des passages de l’écriture, des événements semblables ou dissonants, des personnages antithétiques pour expliquer le texte écrit et faire vivre sa profondeur de transmission orale que l’écrit ne fait que fixer pour mieux ensuite renvoyer à la Torah orale. Le midrach comme le processus de rêve fonctionne par condensation et déplacement, métaphore et métonymie. Il a donc une immense valeur poétique mais lui attribuer une visée historique reviendrait à une lecture littéraliste qui ne correspond pas à l’intention de ses auteurs qui font se croiser Ruth et Elicha Ben Abouya, Adam et Job afin de dégager des significations spirituelles et non pour faire œuvre d’historien ou de ‘reporter’.

 

Ruth, la convertie

Le Zohar de Ruth nous livre la clé du livre de Ruth  :

« Ce rouleau fait allusion à la Torah écrite, à la Torah orale et au monde à venir »

Une « rédemption »

Résumons l’histoire :

A l’époque des Juges d’Israël (10ème siècle avant notre ère) Élimélec et sa famille fuient la famine qui sévit en Israël et quittent la ville de Bethléem vers le royaume voisin de Moab. Après la mort de son époux et de ses deux filles en Moab, Noémi (Naomi : « la beauté » en hébreu) propose à ses deux filles de rester en Moab. Mais sa belle-fille lui répond :

« Partout où tu iras, j’irai; où tu demeureras, je veux demeurer; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu; là où tu mourras, je veux mourir aussi et y être enterrée. Que l’Eternel m’en fasse autant et plus, si jamais je me sépare de toi autrement que par la mort! » » (Ruth 1, 16-17)

Ruth revient donc avec sa belle-mère Noémi à Bethléem au sud de Jérusalem en Juda. C’est la période de la moisson des orges (Comme la fête des tentes, Souccot, est la fête de la joie de l’engrangement de la récolte à l’automne, Chavouot est la fête agraire des moissons). Ruth glane dans les champs de Boaz un de ses lointains et généreux parents. Noémi dit alors à Ruth de se rendre à l’aire de vannage et de se coucher aux pieds de Boaz quand il dort. Celui-ci se réveille en sursaut et lui demande de décliner son identité. Elle lui dit qu’elle est sa parente.

Il va lui proposer d’épouser un parent plus proche d’elle, mais ce dernier, cupide et qui ne voit pas la ‘valeur’ de Noémie veut bien des biens mais pas d’elle ! et il va refuser de la « racheter » : « Je ne puis faire ce rachat à mon profit, sous peine de ruiner mon patrimoine à moi. »(Ruth 4, 6). Boaz, homme de coeur, va donc exercer son droit de « rachat » et Ruth et Boaz vont se marier. Lire la suite de « CHAVOUOT : Ruth la convertie, Rabbi Meïr, Elicha Ben Abouya… et le monde qui vient »

Kiddouchine ! Mariage de Rachel et Meïr, le 13 mai 2018


וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי לְעוֹלָם וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי בְּצֶדֶק וּבְמִשְׁפָּט וּבְחֶסֶד וּבְרַחֲמִים

וְאֵרַשְׂתִּיךְ לִי בֶּאֱמוּנָה; וְיָדַעַתְּ אֶת-יְה

 » Alors, je te fiancerai à moi pour l’éternité;
tu seras ma fiancée par la droiture et la justice,
par la tendresse et la bienveillance;
Ma fiancée dans la foi, et alors tu connaîtras l’Eternel. » (Os 2, 22)

Kiddouchine, (le mariage juif) : signifie, « sanctification » en hébreu, « sanctifier » c’est-à-dire particulariser, séparer, choisir. Le Hattan (fiancé) choisit la Kalla (fiancée) en lui passant l’anneau à l’index droit après un kiddouch sur le vin; comme D-ieu « choisit » c’est à dire particularise Israël au service de toute l’humanité. En cette veille de Chabbat et de la fête de Chavouot (Pentecôte) nous vous souhaitons la paix en vous et feu de la Torah dans vos coeurs.

Rachel et Meir LONG 05

Bénédiction du Taleth

Rachel et Meir LONG 03

Discours du Grand Rabbin de France Haïm Korsia

Rachel et Meir LONG 04Rachel et Meir LONG 06 (1)

AnneauRachel et Meir LONG 06

Chant de la Ketouba et discours par le Rav Haïm HarbounRachel et Meir LONG 07

Rachel et Meir LONG 08

Chant de la Ketouba en araméen

La ‘Houpa (le dais) sous les étoiles, est un signe de la bénédiction de D.ieu au patriarche Abraham, le père de tous les croyants, en lui promettant que sa descendance sera aussi nombreuse que “les étoiles du ciel”. La ‘Houpa , symbolise le foyer que le couple construit. Un espace ouvert aux quatre horizons, de la même façon que l’était la tente d’Abraham et de Sarah, afin de pouvoir offrir l’hospitalité aux amis et aux membres de la famille sans aucune restriction.

Houppa

 

Discours de Jacob Ouanounou sur l’Amour (Hahava = 13 = e’ahd/ 13 mai !)Rachel et Meir LONG 09Rachel et Meir LONG 10

Le Rav Harboun et notre président Gaston MadarRachel et Meir LONG 11

Yom Yérouchalaim (le 13 mai), 50 ans de la réunification de la ville de Jérusalem
70 ème anniversaire civile de la Naissance de l’Etat d’Israël le 14 mai.

La communauté qui nous a accueillis il y a 8 ans s’appelle Ohel Abraham (la tente d’Abraham), un symbole d’accueil entre la terre et le Ciel ouvert aux 4 horizons , alors pour l’occasion nous avons construit  une tente pour notre communauté et nos invités dans le jardin de la synagogue.

Tente

Rachel et Meir LONG 16Rachel et Meir LONG 18

Rachel et Meir LONG 17

 

 

Storytellings au Moyen-Orient


Une tribune de mon ami Frank Tapiro

Quelques photos que j’avais faites en 2010 dans un no mans land à Hébron prés du tombeau des patriarches, Ramallah, le check point de Kalandia, les 4 x 4 de l’Europe qui abreuvent Ramallah comme une manne (j’en ai toute une collection photo), les toits d’Hébron… Je suis passé à peu prés partout dans le West Bank. Sauf Gaza bien sûr, le « pavillon témoin ».

En plein Festival de Cannes, nous assistons depuis quelques jours à l’un des plus incroyables scénarios jamais écrit de l’histoire de la politique moderne.

La crise de l’accord iranien se déroule comme un épisode de 24 heures chrono. Sans déterminer qui interprète Jack Bauer, chaque protagoniste y joue un rôle précis, parfaitement maitrisé en fonction de son positionnement pour le bon déroulement du conflit et de l’objectif à atteindre : la renégociation du traité.

Tout commence par une visite de Macron chez Trump. Lire la suite de « Storytellings au Moyen-Orient »

Rabbi Chimon Bar Yohai, un spirituel en temps de persécution


 

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Pour comprendre les feux de Lag BoOmer, et son ambiance « messianique » en même temps que la désolation du massacre des 24 000 disciples de Rabbi Akiva il faut le restituer dans son contexte historique qui est central pour comprendre comment est né et s’est structuré le Talmud, une littérature en temps de guerre pour une époque d’une brutalité sans pitié.

Peu avant le seconde guerre Judéo romaine (115-135), Chimon ben Yohaï natif de Galilée est le disciple préféré de Rabbi Akiva avec qui il a étudié treize ans à Bene-Braḳ (Lv Rabba 21) après avoir étudié à Yavné sous Gamaliel II (TB Berakhot 28a). Rabbi Akiva l’appelait ” mon fils “. Il avait pour condisciple Rabbi Meïr lui aussi disciple de Rabbi Akiva. Akiva n’ordonna rabbin R. Chimon qu’après R. Meïr, ce qui le blessa (TJ Ter., 46b, TJ Sanhédrin, 19a).

On le célèbre à Lag Ba Omer, le 18 iyar, le 33ème jour du Omer – période située entre Pessah et Chavouot, de 7 x 7 = 49 jours (d’où penta-Kosté, le 50 ème jour en grec). On y allume de grands feux qui rappellent cette désolation.

Les années de persécution romaine

Les persécutions des Juifs sous le règne de l’empereur Hadrien qui culminera avec la seconde guerre judéo-romaine d’inspiration messianique (115-135) va mener au massacre de nombreux juifs.

L’Imperium règne en maître sur ses provinces taxées et fournisseurs du commerce international d’esclave, la première énergie de Rome. La Judée, est une de ces province « normalisée », marginale mais verrou stratégique vers l’empire Parthe (Babylone) un immense Empire d’Asie qui finira par déstabiliser la puissance romaine en 161 en conquérant le royaume Arménie.

Déjà, la première guerre judéo-romaine en 65-70 a abouti à la destruction du Temple et au massacre de 25% de la population de Judée.

Lire la suite de « Rabbi Chimon Bar Yohai, un spirituel en temps de persécution »

Le Sable et le Soldat, Gainsbourg


 

 » Oui, je défendrai le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

 

Je défendrai contre tout ennemi,

Le sable et la terre, qui m’étaient promis.

 

Je défendrai le sable d’Israël,

Les villes d’Israël, le pays d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

Les villes d’Israël, le pays d’Israël;

 

Tous les Goliaths venus des pyramides,

Reculeront devant l’étoile de David.

 

Je défendrai le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

 

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël. »

Yom Azikaron-Yom Haatsmaout : « Jérusalem si je t’oublie… »


Hier c’était Yom Hazikaron, le jour du souvenir, et aujourd’hui Yom Haatsmaout, le jour anniversaire de l’Indépendance de l’Etat d’Israël qui a tout juste 70 ans.

Cette liberté d’Israël sur sa terre est pour nous le signe du début de la Délivrance.

Si c'était Jérusalem Couv

Je suis particulièrement fier de recevoir aujourd’hui le livre publié sous la direction de Michel Gad Wolkowicz et Michaël Bar Tsvi, Si c’était Jérusalem en hommage à Raphaël Draï, zal, et Benjamin Gross, zal. Ce sont les 1000 pages d’un congrès de 90 intellectuels auquel j’ai participé : Georges Bensoussan, Philippe Val, Frédéric Encel, Marc-Alain Ouaknin, Cyril Aslanov, Daniel Sibony, Simon Epstein, Dina Porat, Eliette Abécassis, Shmuel Trigano, Jean-Jacques Moscovitz, Richard Prasquier, Rivon Krygier, Jacques Tarnéro… organisé par l’Association Schibboleth actualité de Freud.

Je suis térs fier d’avoir apporté ma pierre à cet édifice.

Je porte toujours une bague qui me répète le verset d’un psaume :

אִם-אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם תִּשְׁכַּח יְמִינִי

« Jérusalem si je t’oublie que ma main droite m’oublie » (Ps 137, 5)

Si c'etait Jérusalem

Ce livre sur Jérusalem pose des questions essentielles : Comment se constituent un peuple et une identité intérieure ? Comment s’élaborent un récit et une vérité historique ? Comment se construisent le sujet politique et un certain rapport à la Loi ? Souvent détruite mais néanmoins vivante, souvent conquise mais toujours souveraine, cette capitale de la survie possède deux visages, à en croire les légendes anciennes : Jérusalem terrestre, Jérusalem céleste. L’une, visible, évoque deuil et lamentation. L’autre, insaisissable, apporte paix et éternité.

On trouvera ci-après ma conférence qui est dans le livre avec les références :

Je suis heureux que Micha aie publié ce gros livre qui montre à quel point le symbole Jérusalem est inscrit dans notre mémoire dans notre culture. Lisez le c’est un bel éclairage polyphonique sur Jérusalem (acheter ici)

Une présentation de Micha et Jacques Tarnéro.

Le Huitième jour


 

Le discours du plus ancien de ma communauté (90 ans !) pour ma bar Mitzvah :

בס ד

Pour le Cher Bar Mitswah Hatane  אדון Meïr  הי ו      

Nous sommes tous  honorés et heureux  de nous  réunir,

Pour manifester sa bienvenue dans nos rangs et le Bénir 

Afin qu’il soit Protégé par L’Eternel pour tout son avenir

 

Grâce à Dieu tu arrives à célébrer  ton obligation religieuse,

A partir de laquelle tu entreprendras une existence courageuse,

Pour réintégrer cette antique communauté tellement porteuse,

De lutte, espoir et ténacité qui lui furent tellement coûteuses,

Pour maintenir ta droiture, endurance pour une vie heureuse.

 

Rendons grâce au Créateur d’avoir aidé tes parents

Pour te prodiguer tant de soins et d’encouragements,

Pour atteindre et réussir avec succès cet événement

Dont tu conserveras  ligne et conduite à tout moment.

 

Au dessus de tout et envers tout, seul compte l’amour,

Celui que  tes  parents t’ont prodigué, pour toujours,

Que tu maintiendras pour eux et  tes enfants à ton tour.

 

Réussite en tout, joie bonheur et multiples bénédictions

Tout le long de votre vie et pour d’heureuses occasions

Pour tout cela, notre Créateur, vivement nous implorons

C’est ce que souhaite pour vous tous, la famille Ohayon.

 

Pour la lumière révélée, dont s’est inspirée ta Chère grand’mère,

La joie de tous tes proches, lesquelles de toi sont tellement fiers,

De l’âme qui repose en paix de tes ascendants qui ont tant souffert

Ces nobles sentiments t’accompagneront durant ta vie entière.

    תודה לבורא יתברך שהגיעך לבר מצותך ביום שבת 29 ניסן     5778  

     כן יזכך לרב חגים  ושמחות בבריאות גוף ואריכות ימים עד מאה ועשרים

בחייךx ובחיי כל משפחתך

Avec respect, amitié et bon cœur                                      א  כ  י  ר

בכבוד באהבה ובלב טוב

Le14 Avril 2018 

       de la part de Lucie et Raphaël O. et leur Famille