Colloque « LE RETOUR À L’ORIGINE », « Le processus psychique marrane ou la mémoire transgénérationnelle », Centre Universitaire Méditerranéen (CUM), Nice,


Voici ma contribution :


… au Colloque


Gilles Hanus, Didier Long, Hélios Azoulay,
Josh Aronson, -, Régine Bessis et Patricia Trojman

« LE RETOUR À L’ORIGINE »

En hommage au philosophe Clément Rosset, présenté par Patricia Trojman, docteur en philosophie, et Avraham Vanwetter, chercheur en sciences politiques et professeur d’histoire, modérateurs du colloque Avec la participation des JECPJ de Nice présidées par Régine Bessis

Il sera question de ce qui se joue dans cette recherche tant sur le plan de l’histoire de la philosophie que dans l’inconscient ethnocentrique des cultures et des religions.

« L’axiomatique du berger », Danny Trom

Chargé de recherches au CNRS (EHESS), sociologue (La Promesse et l’Obstacle, éditions du Cerf/ Collection Passages ; Persévérance du fait juif, éditions Gallimard/Seuil)

« Le processus psychique marrane ou la mémoire intergénérationnelle », Didier Long

Écrivain et théologien (Des noces éternelles : un moine à la synagogue ; Mémoires juives de Corse, Lemieux éditeur)

« Spinoza, penseur de l’origine », Gilles Hanus

Philosophe (L’Un et l’Universel. Lire Lévinas avec Benny Lévy ; Benny Lévy, l’éclat de la pensée ; L’Epreuve du collectif, éditions Verdier)

« En quoi la recherche sur l’origine fait question ? », Débat animé par les philosophes Raphaël Zagury-Orly et
René Lévy

RZO : (Heidegger. L’ennemi privilégié, éditions Grasset),
RL : docteur de l’Institut d’Etudes Lévinassiennes (La Divine insouciance, éditions Verdier ; Disgrâce du signe, L’Age d’Homme rue Ferou)

Cofondateurs des Rencontres philosophiques de Monaco présidé par Charlotte Casiraghi

« L’orchestre des exilés » Projection du film en présence du metteur en scène Josh Aronson, sur le retour des solistes d’Europe centrale persécutés par les nazis

« La mémoire reliée au passé pour rejoindre un futur »

Débat avec tous les intervenants animé par Hélios Azoulay, compositeur et l’Ensemble Musique incidentale (Scandales, scandales, éditions JC Lattès ; Tout est musique, éditions Vuibert)

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Entre deux infinis


Tout ce que nous voyons, tout ce que nous contemplons n’est qu’une émergence de l’Incommensurable. Il y a dans la plus petite goutte d’eau un infini de particules et d’intelligence vitale dont nous sommes incapables de faire le ‘reverse ingineering’… alors qui pourrait expliquer ou créer de rien la fleur, l’arbre, l’océan ou l’enfant ?… Toute vie qu’elle s’étende aux confins de l’univers ou dans une goutte d’eau est infinie, entre deux infinis comme disait Pascal mais pas au sens spatial, au sens spirituel. L’âme est comme posée dans Celui qui réside partout. C’est l’homme qui est dans l’âme et pas l’âme qui est dans l’homme comme on le croit communément.

Lire la suite de « Entre deux infinis »

Judaïsme, christianisme, mémoire marrane


Café Philo Meïr

 « Judaïsme, christianisme, mémoire marrane » au Café du Pont-Neuf.
– Qu’est ce que la mémoire ?
– Qu’est-ce que la mémoire transgénérationnelle ?
– Pourquoi la mémoire juive ?
– Mémoire et tradition
– Mémoire juive, mémoire chrétienne
– Mémoire et tradition, Destins marranes, identité.

Shelomo Selinger, Rami Selinger, Meïr Long, Patrick Knipper et Vladimir Mitz

Gam Gam


Pour nos amis chrétiens :
Remix de Gam Gam (années 70) par Marnik & SMACK

Gam gam Gam ki eleh 
Be beGey tsalmavet 
Lo lo lo Ira Ra 
Ki ata imadi 
Chivtekha oumichantekha
Ema inkhamouni

Incroyable, c’est le v.4 psaume 23 qu’on chante à Chabbat le vendredi soir :
גַּם כִּי-אֵלֵךְ בְּגֵיא צַלְמָוֶת, לֹא-אִירָא רָע– כִּי-אַתָּה עִמָּדִי
שִׁבְטְךָ וּמִשְׁעַנְתֶּךָ, הֵמָּה יְנַחֲמֻנִי

Même si je marchais dans la vallée sombre de la mort, 
je ne crains pas le mal, 
car tu es avec moi; 
ton soutien et ton appui sont ma consolation.

NB : pour nos amis chrétiens, c’était aussi le chant de baptême (en fait une descente dans le mikvé pour les adultes -Cf Tertullien) des chrétiens aux premiers siècles de notre ère… sans le remix 🙂

Catégories Art

« Celui qui rêve d’une oie peut espérer acquérir la Sagesse » (Berakhot 57 a)


Un autre vol d’oies sauvages comme celles que j’avais vues le second jour de Hanouka sont passées à nouveau le dernier jour de Hanouka, ce dimanche, au dessus de ma maison.

En route vers l’Andalousie et Sefarad.

Oies sauvages

Le plus étranges est qu’il y avait les mêmes sur la Hanoukia qu’un couple d’amis nous a offert pour notre mariage. C’était étrange.

Hanoukia

J’ai cherché dans le Talmud ce que signifiait ce signe.

« Celui qui rêve d’une oie peut espérer acquérir la Sagesse (Hokhma), car il est écrit ‘‘La Sagesse crie dans la rue ’’ (Pv 1,20). Celui qui s’unie en rêve à elle sera Roch Yechiva. Rabbi Achi* l’atteste : ‘‘moi j’ai vu une oie dans mon rêve, et j’ai été promu à ce poste ’’ » (Berakhot 57 a).

Rav Saadia Gaon (Égypte, 882 ou 892– Babylonie, 942) dit que l’oie c’est la Sagesse. Car dit-il, l’oie,  aouaz a une valeur numérique de 14, et il est écrit : « La sagesse [Hakhomot = la sagesse au pluriel] a bâti sa maison, elle a taillé ses sept piliers » (Qo 9, 11) « les » sagesses ont donc 14 piliers selon ce décompte, la valeur numérique de l’oie.
Beezrat aChem !

* Rédacteur du Talmud né l’année du décès de Rava le plus grand des amoraim babyloniens de la 6ème génération (375-425) qui fut roch yéchiva de Mata-Me’hassya en Babylonie pendant 60 ans.

Le son du Flamenco emplit ma  mémoire.

Si je prends les ailes de l’aurore…


Ce matin, second jour de Hanouka, j’ai entendu un cri dans le ciel comme une basse-cour. Je me suis précipité en pensant  à des canards mais les volatiles étaient gros dans le ciel d’hiver. C’était des oies qui criaient comme si elles se disputaient en voyageant !

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Ces oies cendrées venues de Suède ou du Danemark font leur grande migration de plusieurs milliers de kilomètres vers le delta du Guadalquivir qui passe à Cordoue et Séville et pour certaines se dirigent vers l’Afrique du Nord…

Guadalquivir

Guadalquivir – Séville

« Si je prends les ailes de l’aurore, pour m’établir aux confins des mers, Même là ta main me guide, et ta droite me saisit. Si je dis: « Qu’au moins les ténèbres m’enveloppent, que la lumière du jour se change en nuit pour moi! ». Même les ténèbres ne sont pas ténèbres pour toi, et la nuit comme le jour est lumière, l’obscurité comme la clarté. » (Téhilim 139, 9-12)

La cigogne se dit hassida en hébreu comme hassid « le fidèle », celui qui revient.

גַּם-חֲסִידָה בַשָּׁמַיִם, יָדְעָה מוֹעֲדֶיהָ, וְתֹר וסוס וְעָגוּר, שָׁמְרוּ

אֶת-עֵת בֹּאָנָה; וְעַמִּי לֹא יָדְעוּ, אֵת מִשְׁפַּט יְהוָה

« Même la cigogne (hassida) dans les cieux connaît ses rendez-vous (moadim, comme les fêtes); la tourterelle, l’hirondelle et la grue observent l’époque de leurs migrations, mais mon peuple ne connaît point le décret (michpat) de l’Eternel! » (Jr 8, 7)

« Même le passereau (tsipor) trouve une maison, l’hirondelle un nid où elle dépose ses petits. [Moi, je rêvais] de tes autels, Eternel-Cebaot, mon roi et mon Dieu. Heureux ceux qui habitent dans ta maison, et sans cesse récitent tes louanges! Sélah! Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes! En traversant la vallée des larmes, ils en font un pays de sources, qu’en outre une pluie précoce couvre de bénédictions.» (Téhilim 84, 4-7)

L’oiseau connait la lune et les étoiles et il sanctifie le temps et les moadim.

En l’entendant passer en grandes discussions quel cœur humain, même le plus dur, n’adresserait à D-ieu sa prière remplie de bénédictions ?

« Prodigieuses sont Tes œuvres (maassim*), toute mon âme le sait. » (Téhilim 139, 14)

נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ;    וְנַפְשִׁי, יֹדַעַת מְאֹד

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* comme maassé berechit / maassé merkaba, ou maasim tovim = les actes de bonté

Suite : « Celui qui rêve d’une oie peut espérer acquérir la sagesse » (Berakhot 57a)

Vivre et mourir en juif à Venise à l’arrivée de Bonaparte


Le Ghetto de Venise

Au 16 ème siècle les juifs sont partout en Italie. Ils vivent dans les villes d’où ils sont régulièrement expulsés. C’est l’Inquisition qui va lancer les ghettos. Il faut absolument éviter que les juifs qui affluent d’Espagne suite à l’expulsion de 1492 ne se mêlent pas à la population des baptisés. Les badges jaunes qui les marquent et les chapeaux pointus ne suffisent plus.

Canalside houses, The Ghetto, Venice, Veneto, Italy, Europe

Mais les juifs sont de bons médecins et surtout des commerçants internationaux puisque leurs familles ont été expulsées vers les port du Levant, du Maghreb ou de Turquie… les notables des villes d’Italie ne veulent donc pas les expulser. Donc après un débat houleux, le 25 janvier 1516, le Sénat de Venise proclame que l’ancienne forge surnommé ghetto (ghet(t)are, « jeter » , car on « jetait » les barbes des fonderies des canons en cuivre) sera le quartier fermé des juifs. Le couvre-feu est proclamé : « afin qu’ils ne circulent pas toute la nuit, nous décrétons la fermeture à minuit des deux portes de ce quartier, par des gardiens appointés par les juifs. »

Le Ghetto répond donc à une double contrainte : garder les juifs mais les séparer.

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Venise a toujours été une ville multiethnique entre l’Orient et l’Occident, les pays d’Europe et les Turcs de l’Empire ottoman. Toute la diaspora est donc là avec des synagogues pour chaque rite : La Scola Spagnola pour les Sépharades réfugiés d’Espagne et du Portugal, Scola Grande Tudesca pour le juifs venus d’Allemagne et d’Europe centrale, la Scola Canton pour les français, La Scola levantina pour les Levantins réfugiés de Constantinople… On y parlait de multiples langues et dialectes.

La seule liste des créations des ghettos raconte la pénétration des Juifs dans les villes et villages de la société italienne : Venise-1516, Rome-1555, Gênes-1560, Sienne-1571, Florence-1571, Mirandola-1602, Vérone-1602, Padoue-1603, Mantoue-1613, Ferrare-1624, Modène-1638, Urbino, Pesaro, Senigallia-1634, Este -1660, Feggio, Emilia-1670…. Paradoxalement, avec la création des ghettos qui les rejettent, les Juifs s’inscrivent dans la topographie des cités, partout.

Bonaparte à Venise

Le 9 février 1797 Bonaparte pénètre dans le ghetto d’Ancône. Il ordonne d’enlever aux juifs le bonnet jaune et le brassard et d’y substituer…  la cocarde tricolore.

Bonaparte avait dit : « Je serai un Attila pour Venise. », il tint promesse. Le 12 mai 1797 le jeune homme de 28 ans entre dans Venise : il décrète la fin de la République (697-1797), pile la Sérénissime, détruit de nombreux couvents, réaménage la cité en détruisant des églises, envoie au Louvre nombre d’œuvres historiques dont les fameux chevaux de la place Saint-Marc.

Capture

Napoléon Bonaparte avec des députés de Venise, 1797

Ce que Bonaparte a aboli… les anciens régimes vont le restaurer. Le Ghetto est rétabli par les Autrichiens en 1804. Il faudra attendre la libération de Venise et son rattachement au jeune royaume d’Italie en 1866 pour que le ghetto soit supprimé.

Voici quelques tableaux de la vie juive à Venise vers 1780 juste avant que Bonaparte, le petit général Corse ne débarque. Ils sont de Marco Marcuola (1740-1793) au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (Paris).

Circoncision

Circoncision à Venise, vers 1780, Marco Marcuola. (MAHJ)

mariage

Mariage juif à Venise, vers 1780, Marco Marcuola. (MAHJ)

Procession funéraire

Procession funéraire juive à Venise, vers 1780, Marco Marcuola. (MAHJ)

Funérailles

Funérailles juives à Venise, vers 1780, Marco Marcuola. (MAHJ)