Le messianisme juif dans la pensée de Moïse Maïmonide


Le prophète Elie annonce l’arrivée du Messie, Haggadah de Venise, 1609

Contrairement au christianisme, la foi messianique n’est pas centrale dans le judaïsme. Voici quelques textes du maître andalou Moïse Maïmonide qui a longuement réfléchi à ce sujet.

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« Nous ne désirons pas et n’espérons pas les jours du Machia’h pour les nombreux avantages et la richesse, pas pour chevaucher des chevaux, pas pour boire du vin avec toutes sortes de chants, comme l’imaginent les esprits dérangés, mais les prophètes et les hommes pieux ont aspiré aux jours du Machia’h et leur désir ardent s’est développé en eux parce qu’il y aura un rassemblement de justes, une direction bonne et sage, la justice du roi et toute sa droiture, le débordement de sa sagesse et sa proximité de Dieu comme il est dit : ‘‘L’Eternel m’a dit :Tu es mon fils, c’est moi qui, aujourd’hui, t’ai engendré ! ’’ (Ps 2,7) et l’application de tous les commandements de la Torah de Moïse, notre maître, que la paix soit sur lui, du fait qu’il n’y aura plus de négligence, ni de paresse, ni de violence… »

(Maïmonide, Commentaires de la Michna, Introduction au Chapitre ‘Héleq)

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« Le Roi Machia’h se lèvera un jour pour rétablir la royauté de David en son état, comme lors de son institution, et il reconstruira le Sanctuaire, et il rassemblera les exilés d’Israël.

Tous les jugements seront rendus comme autrefois : on offrira des sacrifices, on observera les années sabbatiques et les jubilés, selon toutes les prescriptions établies par la Torah.

Quiconque n’y croit pas, et n’attend pas sa venue ce n’est pas les Prophètes ultérieurs qu’il conteste, mais la Torah elle-même et Moïse notre Maître, car la Torah elle-même témoigne sur lui, ainsi qu’il est écrit « et D.ieu ramènera ta résidence et te prendra en pitié, et il reviendra te rassembler (…), et même si ton exil est au bout du ciel (…) D.ieu te ramènera ». Ces paroles énoncées par la Torah contiennent en elles toutes les promesses dites par tous les Prophètes. »

(Maïmonide, Michné Torah, Lois des Rois, Chapitre 11, 1)

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« Qu’il ne te vienne pas à l’esprit que le Roi Machia’h devra opérer miracles et merveilles, changer quelque chose au monde ou ressusciter les morts, ou opérer des choses semblables. Il n’en est rien, et nous le voyons de Rabbi Akiba, qui était un grand Sage parmi les Sages de la Michnah, qui soutenait le Roi Ben Kouziba, et disait de lui qu’il était le Roi Machia’h, et croyait, lui et tous les Sages de sa génération qu’il était le Roi Machia’h, jusqu’à sa fin malheureuse. Puisqu’il fut tué, ils comprirent qu’il ne l’était pas. Jamais pourtant les Sages ne lui avaient demandé de signes ou de miracles. Le point fondamental est ainsi : cette Loi, ses dogmes et ses ordonnances sont valables à tout jamais, et on n’y ajoutera rien, on n’en retranchera rien. »

(Maïmonide, Michné Torah, Lois des Rois, Chapitre 11, 3)

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« Qu’il ne te vienne pas à l’esprit qu’à l’époque de Machia’h sera annulée quelque chose dans la marche du monde, ou que sera changée la nature de la création : le monde suivra son cours, et ce qui est dit par Isaïe « le loup habitera avec le mouton et la panthère paîtra avec l’agneau » (Is 11, 6) est une parabole et une allégorie, dont le sens est qu’Israël résidera en paix parmi les méchants du monde, comparés au loup et à la panthère, ainsi qu’il est dit « le loup des steppes les pillera, la panthère guette leur ville » (Jr 5, 6)

Alors tous retourneront à la Loi de Vérité et cesseront de voler et de détruire. Ils vivront paisiblement des choses permises, avec Israël, ainsi qu’il est dit « le lion comme le bétail mangera de l’herbe ». De même toutes les paroles de ce genre à propos de Machia’h sont des paraboles, et à l’époque de Machia’h tous connaîtront le sujet de ces paraboles et leur signification.

Nos Sages ont enseigné : « la seule différence entre notre époque et les temps messianiques est la fin de notre assujettissement aux peuples ». (TB Berakhot 34, 2)

Il apparaît à la lecture des paroles des Prophètes qu’au début de l’époque messianique aura lieu la guerre de Gog et de Magog6 et qu’avant cette guerre s’élèvera un Prophète pour remettre Israël dans le droit chemin et stimuler leur coeur, comme il est annoncé « voici je vous envoie Elie etc… ».(Malachie 3, 23 sv.)

Il ne viendra pas pour déclarer impur le pur, ni pur l’impur, ou invalider des personnes respectées, ou habiliter des personnes non acceptées, mais pour instaurer des rapports pacifiques dans le monde10, ainsi qu’il est dit « il ramènera le coeur des pères vers les fils etc… ».

Il y en a parmi les Sages qui pensent que c’est avant Machia’h que viendra Elie.

Et toutes ces choses, nul ne sait comment elles se dérouleront jusqu’à ce qu’elles aient lieu, car ces paroles des Prophètes sont énigmatiques. Les Sages eux-mêmes n’ont rien reçu par tradition à ce sujet, si ce n’est ce qu’en disent les textes, et c’est pourquoi ils sont partagés sur ces sujets. Dans tous les cas, la façon dont ces choses auront lieu en détail n’est pas un sujet fondamental de la foi. C’est pourquoi un homme ne devrait pas s’occuper des récits ni s’attarder sur les contes énoncés sur ces sujets, ni en faire un problème fondamental car ces préoccupations ne l’amènent pas à plus de crainte et plus d’amour de D.ieu De même on ne devrait pas chercher à connaître la date de la venue de Machia’h. Nos Sages ont dit « que se vide l’esprit de ceux qui calculent la fin des temps » (TB Sanhédrin 97, 2) . Mais il faut attendre et croire au principe de la venue de Machia’h, comme nous l’avons expliqué. »

(Maïmonide, Michné Torah, Lois des Rois, Chapitre 12, 1-3)

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« Il n’y a pas de temps pour la venue du Machia’h dont on puisse faire dépendre ses actions en disant de lui : il est proche ou il est éloigné. […] Et l’obligation résultant des commandements ne dépend pas de la venue du Machia’h. En revanche, nous devons nous occuper de la Torah et des commandements et nous efforcer de parfaire leur accomplissement. Après que nous aurons fait ce que nous devons faire, si Dieu nous accorde à nous, à nos enfants ou nos petits-enfants de voir le messie, cela sera encore mieux. Si non, nous ne perdrons rien, mais nous profiterons des actions que nous avons dû faire. »

(Maïmonide, Epitre aux juifs du Yémen)

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Et s’il s’élève un Roi de la lignée de David, érudit dans la Loi, adonné aux commandements comme David son aïeul, selon les préceptes de la Loi écrite et de la Loi orale, qui amène tout Israël à en suivre les chemins et à en fortifier les positions, et qui mène les guerres de D.ieu, on présume qu’il est le Machia’h.

S’il agit ainsi et réussit, et qu’il reconstruit le Sanctuaire à son emplacement et rassemble les exilés d’Israël, c’est le Machia’h  avec certitude. Il corrigera le monde entier pour servir D.ieu ensemble, ainsi qu’il est dit « alors je donnerai aux peuples un langage clair pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Eternel et l’dorent d’un cœur unianime (e’had) »  (Sophonie 3,9).

(Maïmonide, Michné Torah, Lois des Rois, Chapitre 11, 4)

לִקְרֹא כֻלָּם בְּשֵׁם יְהוָה, לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד

Bronislaw Huberman, le violoniste de génie qui sauva 1000 musiciens juifs en 1936 et fonda l’Orchestre d’Israël


Partout où il y a des juifs il y a de la culture. Lors du colloque organisé par Patricia Trojman et Régine Bessis ce jeudi à Nice j’ai rencontré Josh Aronson, interviewé par le compositeur Hélios Azoulay (qui travaille sur la musique des camps). Ce documentariste américain a réalisé « L’Orchestre des exilés » un documentaire qui raconte l’incroyable histoire de Bronislaw Huberman.


Didier Long, Hélios Azoulay, Josh Aronson

Pour les nazis la musique était un outil de propagande à la gloire du Reich. La guerre se joua donc aussi par orchestre interposé.

Bronislaw Huberman, célèbre violoniste célébré avant-guerre en Allemagne fuit l’Allemagne nazie en 1936 et sauva 1000 musiciens juifs en fondant l’Orchestre philharmonique de Palestine (aujourd’hui d’Israël)… Toscanini LE Maestro passé au rang de mythe, qui a quitté Bayreuth puis Salzbourg pour protester contre les discriminations raciales des nazis, maître colérique et exigeant va aider Huberman à fonder son orchestre à Jaffa, encore un désert ! en réponse. Huberman et ses musiciens vont transmettre à de plus jeunes dont certains deviendront des grands de leur époque.

L’enfant prodige

Né à Częstochowa en Pologne en 1882, l’enfant est à 10 ans à Berlin. Enfant prodige à la remarquable mémoire (il lui suffit de lire une partition pour la retenir) il impressionne son professeur Joseph Joachim, collaborateur de Brahms, l’un des plus grands violonistes d’Allemagne et de son siècle, par son interprétation d’Henri Vieuxtemps ou Chopin.

En 1893 il débute une brillante carrière européenne et émeut Brahms aux larmes en jouant son Concerto qui lui offrit, dit-on, sa photo dédicacée.

En 1902, il joue à Gênes sur le violon de Paganini. (Hélios Azoulay a noté le parallèle entre ce fait et mon travail sur les juifs de Gênes à la Renaissance).

Il a été dit de son jeu que : « Bronisław Huberman fut sans doute l’un des virtuoses les plus inclassables et les plus contestés de l’histoire du violon du XXe siècle. La liberté extrême de son jeu, la farouche originalité de son style et sa nervosité légendaire donnaient à chacune de ses interprétations une fulgurance aussi inimitable qu’imprévisible. Doué d’une technique éblouissante, dont la maîtrise était cependant inégale, il fut l’un de ces rares interprètes à savoir galvaniser son auditoire. Il ne laissait jamais indifférent, séparant ses auditeurs en admirateurs inconditionnels et farouches détracteurs. » (Jean-Michel Molkhou, Les grands violonistes du 20ème siècle, Buchet Chastel 2011, tome II, p. 51)

L’âme juive comme un violon

Facile à transporter, outil de promotion social dans une Russie et une Mittel-Europa où les métiers des juifs sont encadrés, permettant d’exprimer les sentiments profonds de l’âme, parfois le dernier talisman d’une identité juive assimilée. Le violon est l’instrument parfait pour les juifs de l’est (voir ici ) :

Avant-guerre de la musique classique au Klezmer, quelle famille juive ashkénaze n’a pas un violon et un violoniste ? On connait le nombre d’hommes dans une maison juive au nombre de violons accrochés aux murs. I.L. Peretz raconte (en yiddish !) :

« Le vieux grand-père joue des airs du Sinaï ou des morceaux tirés du répertoire synagogal […]. Le père, Hassid comme il se doit, donne naturellement dans les airs hassidiques. Mais le fils, lui, cherche déjà sa musique dans les notes. Il joue des airs d’opéra. Telle génération, telle musique » (Métamorphose d’une mélodie et autres contes et récits)

Sholem Aleikhem (1859-1916) l’un des premiers écrivains yiddish écrit alors :

« Vois-tu, me dit-il [Naftoli Bezborodko], le violon est le plus ancien des instruments. Le premier violoniste fut Toubal-Caïn, ou bien Mathusalem, je ne me souviens plus exactement, tu étudies à l’école et tu dois savoir tout cela mieux que moi. Le deuxième violoniste fut le roi David. Le troisième fut Paganini, oui c’est ainsi qu’il s’appelait, il était juif lui aussi. Tous les meilleurs violonistes au monde sont juifs » (« Na skripke » – Le violon)[1] 

Voici le premier enregistrement de Bronislaw Huberman jouant Chopin en 1899.

Le voici à 40 ans en train de jouer une ballade et une polonaise d’Henri Vieuxtemps (Qu’on me permette ici de saluer mon ami Jérôme Vieuxtemps !)

Malheureusement son violon un Stradivarius du nom de « Gibson » l’un de ses premiers propriétaires, le violoniste anglais George Alfred Gibson, datant de 1713 va lui être volé à New York en 1919. Trois jours plus tard la police le retrouve !

Hélas en 1936 on lui vole définitivement dans sa loge à Carnegie Hall. Cela revient pour Huberman a perdre son âme !

En octobre 2001 le violon est retrouvé et le violoniste américain Joshua Bell l’achète pour un peu moins de 4 000 000 USD. L’instrument est renomé « Gibson-Huberman. »


Stradivarius ‘Gibson, Hubermann’ 1713.

L’orchestre de Palestine

En 1929, Huberman se rend en Palestine et projette de créer un orchestre en Terre promise. Jaffa la future Tel Aviv est une bourgade en plein désert.

En 1933, Huberman décline l’invitation de Wilhelm Furtwängler à prêcher une « paix musicale », mais adresse une lettre ouverte à des intellectuels allemands pour leur rappeler leurs valeurs essentielles.

Huberman se met en quête des « meilleurs » musiciens de l’Europe nazie. Il les écoute de dos car il les connait tous et a pressenti avant beaucoup qu’un refus de sa part vaut billet aller pour les camps.

Les tracasseries se succèdent : aprés les émeutes arabes de 1936 les anglais qui dirigent la Palestine mandataire refusent des visas autres que temporaires aux musiciens ? Huberman intervient auprès de
Chaim Weizmann président de l’Organisation sioniste mondiale…. les visas se débouclent ; Huberman n’a pas assez d’argent ? Alors il se lance dans une tournée de concerts haletante aux Etats Unis pour payer ses musiciens ; il lui manque 80 000 dollars ? Il appelle Albert Einstein pour un gala de fund raising à New York et boucle son budget ; Enfin un de ses musiciens parti achever sa thèse en Allemagne est arrêté et déporté par les nazis comme beaucoup le seront bientôt qui n’ont pu fuit le joug nazi.

Einstein et Huberman

Le premier concert de l’ « Orchestre de Palestine » a finalement lieu le 26 décembre 1936, dirigé par Arturo Toscanini qui a renoncé à tout cachet, comme un pied de nez aux nazis.


Toscanini et Huberman, Tel Aviv, 1936
Le Violiniste Bronislaw Huberman, Moshe Chelouche et le chef d’orchestre Arturo Toscanini Tel Aviv, Eretz Israel, 1936

Ainsi il sauve des dizaines de musiciens et leurs familles, environ 1000 personnes.

En octobre 1937, Huberman survit miraculeusement à un accident d’avion à Sumatra de retour d’Australie.

Il se réfugie aux Etats-Unis pendant la guerre et meurt en Suisse le 15 juin 1947.

Après guerre, le même Wagner que les nazis avaient utilisé comme arme de guerre fut joué pour célébrer la paix.


[1] dans Evrejskie deti (Les enfants juifs),

Colloque « LE RETOUR À L’ORIGINE », « Le processus psychique marrane ou la mémoire transgénérationnelle », Centre Universitaire Méditerranéen (CUM), Nice,


Voici ma contribution :


… au Colloque


Gilles Hanus, Didier Long, Hélios Azoulay,
Josh Aronson, -, Régine Bessis et Patricia Trojman

« LE RETOUR À L’ORIGINE »

En hommage au philosophe Clément Rosset, présenté par Patricia Trojman, docteur en philosophie, et Avraham Vanwetter, chercheur en sciences politiques et professeur d’histoire, modérateurs du colloque Avec la participation des JECPJ de Nice présidées par Régine Bessis

Il sera question de ce qui se joue dans cette recherche tant sur le plan de l’histoire de la philosophie que dans l’inconscient ethnocentrique des cultures et des religions.

« L’axiomatique du berger », Danny Trom

Chargé de recherches au CNRS (EHESS), sociologue (La Promesse et l’Obstacle, éditions du Cerf/ Collection Passages ; Persévérance du fait juif, éditions Gallimard/Seuil)

« Le processus psychique marrane ou la mémoire intergénérationnelle », Didier Long

Écrivain et théologien (Des noces éternelles : un moine à la synagogue ; Mémoires juives de Corse, Lemieux éditeur)

« Spinoza, penseur de l’origine », Gilles Hanus

Philosophe (L’Un et l’Universel. Lire Lévinas avec Benny Lévy ; Benny Lévy, l’éclat de la pensée ; L’Epreuve du collectif, éditions Verdier)

« En quoi la recherche sur l’origine fait question ? », Débat animé par les philosophes Raphaël Zagury-Orly et
René Lévy

RZO : (Heidegger. L’ennemi privilégié, éditions Grasset),
RL : docteur de l’Institut d’Etudes Lévinassiennes (La Divine insouciance, éditions Verdier ; Disgrâce du signe, L’Age d’Homme rue Ferou)

Cofondateurs des Rencontres philosophiques de Monaco présidé par Charlotte Casiraghi

« L’orchestre des exilés » Projection du film en présence du metteur en scène Josh Aronson, sur le retour des solistes d’Europe centrale persécutés par les nazis

« La mémoire reliée au passé pour rejoindre un futur »

Débat avec tous les intervenants animé par Hélios Azoulay, compositeur et l’Ensemble Musique incidentale (Scandales, scandales, éditions JC Lattès ; Tout est musique, éditions Vuibert)

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Entre deux infinis


Tout ce que nous voyons, tout ce que nous contemplons n’est qu’une émergence de l’Incommensurable. Il y a dans la plus petite goutte d’eau un infini de particules et d’intelligence vitale dont nous sommes incapables de faire le ‘reverse ingineering’… alors qui pourrait expliquer ou créer de rien la fleur, l’arbre, l’océan ou l’enfant ?… Toute vie qu’elle s’étende aux confins de l’univers ou dans une goutte d’eau est infinie, entre deux infinis comme disait Pascal mais pas au sens spatial, au sens spirituel. L’âme est comme posée dans Celui qui réside partout. C’est l’homme qui est dans l’âme et pas l’âme qui est dans l’homme comme on le croit communément.

Lire la suite de « Entre deux infinis »

Judaïsme, christianisme, mémoire marrane


Café Philo Meïr

 « Judaïsme, christianisme, mémoire marrane » au Café du Pont-Neuf.
– Qu’est ce que la mémoire ?
– Qu’est-ce que la mémoire transgénérationnelle ?
– Pourquoi la mémoire juive ?
– Mémoire et tradition
– Mémoire juive, mémoire chrétienne
– Mémoire et tradition, Destins marranes, identité.

Shelomo Selinger, Rami Selinger, Meïr Long, Patrick Knipper et Vladimir Mitz

Gam Gam


Pour nos amis chrétiens :
Remix de Gam Gam (années 70) par Marnik & SMACK

Gam gam Gam ki eleh 
Be beGey tsalmavet 
Lo lo lo Ira Ra 
Ki ata imadi 
Chivtekha oumichantekha
Ema inkhamouni

Incroyable, c’est le v.4 psaume 23 qu’on chante à Chabbat le vendredi soir :
גַּם כִּי-אֵלֵךְ בְּגֵיא צַלְמָוֶת, לֹא-אִירָא רָע– כִּי-אַתָּה עִמָּדִי
שִׁבְטְךָ וּמִשְׁעַנְתֶּךָ, הֵמָּה יְנַחֲמֻנִי

Même si je marchais dans la vallée sombre de la mort, 
je ne crains pas le mal, 
car tu es avec moi; 
ton soutien et ton appui sont ma consolation.

NB : pour nos amis chrétiens, c’était aussi le chant de baptême (en fait une descente dans le mikvé pour les adultes -Cf Tertullien) des chrétiens aux premiers siècles de notre ère… sans le remix 🙂

Catégories Art

« Celui qui rêve d’une oie peut espérer acquérir la Sagesse » (Berakhot 57 a)


Un autre vol d’oies sauvages comme celles que j’avais vues le second jour de Hanouka sont passées à nouveau le dernier jour de Hanouka, ce dimanche, au dessus de ma maison.

En route vers l’Andalousie et Sefarad.

Oies sauvages

Le plus étranges est qu’il y avait les mêmes sur la Hanoukia qu’un couple d’amis nous a offert pour notre mariage. C’était étrange.

Hanoukia

J’ai cherché dans le Talmud ce que signifiait ce signe.

« Celui qui rêve d’une oie peut espérer acquérir la Sagesse (Hokhma), car il est écrit ‘‘La Sagesse crie dans la rue ’’ (Pv 1,20). Celui qui s’unie en rêve à elle sera Roch Yechiva. Rabbi Achi* l’atteste : ‘‘moi j’ai vu une oie dans mon rêve, et j’ai été promu à ce poste ’’ » (Berakhot 57 a).

Rav Saadia Gaon (Égypte, 882 ou 892– Babylonie, 942) dit que l’oie c’est la Sagesse. Car dit-il, l’oie,  aouaz a une valeur numérique de 14, et il est écrit : « La sagesse [Hakhomot = la sagesse au pluriel] a bâti sa maison, elle a taillé ses sept piliers » (Qo 9, 11) « les » sagesses ont donc 14 piliers selon ce décompte, la valeur numérique de l’oie.
Beezrat aChem !

* Rédacteur du Talmud né l’année du décès de Rava le plus grand des amoraim babyloniens de la 6ème génération (375-425) qui fut roch yéchiva de Mata-Me’hassya en Babylonie pendant 60 ans.

Le son du Flamenco emplit ma  mémoire.