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Archive for the ‘Capitalisme’ Category

De la démocratie en Amérique… Une crise spirituelle.

9 novembre 2016 4 commentaires

One Dollar note

En réalité l’avènement d’un populiste sans scrupule sur le thème « America is back » proposant de construire des tunnels, des ponts (premier discours de Donald) tout en baissant les impôts (mais alors comment payer les tunnels et les ponts ?) dans la même phrase; l’idée de se replier sur la vieille Amérique arrivée d’Europe sur le Mayflowers, terrorisée par les basanés –( les latinos étaient 3 % de la population des États-Unis il y a 50 ans, 17 % aujourd’hui) … un soi disant capitaliste milliardaire deux fois en faillite personnelle qui a planté ses banquiers et leur disant qu’ils auraient dû mieux surveiller les business qu’il coulait; un type qui nie le réchauffement climatique… évidement tout cela fait beaucoup…Mais si finalement Trump n’était pas la maladie mais le symptôme forcément spectaculaire, d’une crise spirituelle bien plus profonde ?

D’autre part, la « révolte des petits blancs » n’est pas une nouvelle pour les Clinton… Robert Reich le premier secrétaire d’Etat d’emploi de Bill Clinton de 1993 à 1997, l’un des mentors politique le plus proche d’Hillary avait analysé dés 2008, dans Supercapitalisme[1], bien avant la crise actuelle, les causes de ce qui se passe aujourd’hui. la financiarisation de l’économie sous Reagan et Thatcher dopée aux théories de Milton Friedman, et la fin de la classe moyenne, vrai pilier de la création de richesse. La colère légitime de l’homme blanc, père de famille protestant, travaillant à la ferme où à l’usine, bref, la classe moyenne américaine, laminée par la désindustrialisation et la digitalisation du monde, bercée aux sirènes de la globalisation et du free market vient de s’exprimer dans les urnes. Essayons de comprendre pourquoi la classe moyenne a voté contre les supposés « démocrates » et pour ce symptôme de son désespoir.

En préalable je voudrais lever un malentendu, la personne qui s’exprime ici n’est pas « de gauche » je suis un pur capitaliste, consultant en stratégie et organisation digitale, formé par les idées de James McKinsey et de Marvin Bower. Marvin était le responsable d’une secte protestante descendent des pilgrims du Mayflower. A la fin de sa vie il distribua ses actions à ses partners au prix nominal d’entrée car ils n’avaient plus les moyens de les acheter, l’entreprise ayant immensément grandi sous sa direction. Marvin Bower qui inventa le conseil en organisation rapporte ce passage de la Bible (Exode 18, 14-28) où Jethro, le beau-père de Moïse lui conseille d’améliorer son organisation en créant un organigramme (Source : Diriger, c’est vouloir, p. 102.)

Je crois à ces valeurs de la Torah et à cette Civilisation du capitalisme et à la Globalisation dont l’âge digital n’est qu’une nouvelle forme, une civilisation qui a émergé au Moyen Age en mariant l’économie de marché et la création de richesse au bénéfice du plus grand nombre en interaction avec la démocratie et des sociétés ouvertes ce qui ne veut pas dire free boundaryless… et je ne vois pas d' »autre modèle » alternatif (voir ici : La « Civilisation du Capitalisme » (Schumpeter) : des Market places médiévales à Amazon Web Services (AWS)). Contrairement à ce qui est répété en boucle Trump n’a rien à voir avec le capitalisme, il a à voir avec l’avidité, ces golden boys greedy qui ont décidé de s’emparer du capitalisme à partir des années 80 en se moquant de toute création de valeur, toujours border line, la loi sans l’éthique. Un pompier pyromane qui a alimenté ce qui est justement en train de nous exploser à la figure, l’hyper capitalisme.

Back to 1835…

De la démocratie en Amérique

Le noble normand Tocqueville, un incroyant fervent partisan d’une stricte séparation de la religion et de l’Etat, parcourt l’Amérique en 1835. Dans La Démocratie en Amérique il constate la « passion pour l’égalité des américains » est la marque des peuples démocratiques. Elle permet aux individus de poursuivre un goût naturel qui n’avait pu être satisfait auparavant : le goût du bien-être (ibid., p. 182).

« Les avantages de l’égalité se font sentir dès à présent, et chaque jour on les voit découler de leur source… L’égalité fournit chaque jour une multitude de petites jouissances à chaque homme. Les charmes de l’égalité se sentent à tous moments, et ils sont à la portée de tous ; […] La passion que l’égalité fait naître doit donc être à la fois énergique et générale. »

L’interaction entre la liberté, l’égalité et goût du bien-être matériel fait de la société démocratique une société industrielle capable de produire des richesses au service de tous de manière égalitaire. Chacun a sa chance et une génération cultive l’espoir d’être plus aisée que la précédente.

Il ajoute aussi que la composante religieuse est fondamentale dans cette croyance commune :

 « Des hommes semblables et égaux conçoivent aisément la notion d’un Dieu unique, imposant à chacun d’eux les mêmes règles et leur accordant le bonheur futur au même prix. L’idée de l’unité du genre humain les ramène sans cesse à l’idée de l’unité du Créateur tandis qu’au contraire des hommes très séparés les uns des autres et fort dissemblables en arrivent volontiers à faire autant de divinités qu’il y a de peuples, de castes, de classes et de familles et à tracer mille chemins particuliers pour aller au ciel. »

Tocqueville constate que les philosophes des Lumières « expliquaient d’une façon toute simple l’affaiblissement graduel des croyances ; le zèle religieux, disaient-ils, doit s’éteindre à mesure que la liberté et les lumières augmentent. Il est fâcheux que les faits ne s’accordent point avec cette théorie. ».
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Catégories :Capitalisme, spiritualité

Didier Long au Printemps de entrepreneurs, MEDEF Lyon

16 avril 2013 3 commentaires

Je suis intervenu à la 2ème édition du Printemps des entrepreneurs organisée par le Medef Rhin-Rhône à Lyon ce 9 avril 2013 qui a vu passer 2000 participants. Le sujet était « Les maîtres du temps ». J’ai donc parlé « en vrac » :  du temps de travail et de celui du repos, du shabbat, de l’acédie, de la manière dont le judéo-christianisme a structuré le temps en Occident, de la globalisation et de la révolution numérique engendrée par Internet.

Les participants étaient : Nathalie Decoster -sculpteur, Thibaut de Grandry– PDG de Descours et Cabaud, Christine Vernay – exploitante viticole du « Coteau de Vernon » et « Les Chaillées de l’Enfer », Ronan Lucas– navigateur arrivé second au Vendée-Globe 2012-2013 (entre autres).
 MEDEF LYON

DidierLongMedef

Pour voir la vidéo du débat aller :  ici :

Je parle à partir de 22′ 38 » et suivantes

Catégories :Capitalisme, spiritualité

Pourquoi notre rapport au travail est-il marqué par la souffrance ?


GerardHaddadL’interview de Gérard Haddad par Philippe Vallet sur France Info

Pourquoi notre rapport au travail est-il marqué par la souffrance, comme en témoigne l’étymologie du mot « tripalium », terme latin désignant un instrument de torture ? Et pourquoi certains peuples refusent-ils le progrès technique, s’enfermant dans le sous-développement ? Telles sont les questions que se pose Gérard Haddad, agronome en Casamance, au Sénégal, dans les années 1960.
Il a alors l’intuition de subdiviser les opérations de travail agricole en unités minimales. Apparaissent ainsi trois, et seulement trois, structures élémentaires du travail. Puis il découvre que ces trois structures ressemblent étrangement à celles définies par Freud dans le travail du rêve. Ce qui établit un pont entre activités corporelles et activités psychiques.
Le problème s’éclaire d’une lumière nouvelle : en rejetant le progrès, les Africains casamançais refusaient d’abandonner leur mode de travail, sacré à leurs yeux, car il les liait à la terre de leurs aïeux. À la fois structurelle et psychanalytique, cette analyse nous livre une clé majeure, inexplorée, pour comprendre la souffrance que l’homme moderne ressent devant les tâches toujours plus technicisées qui sont les siennes…

Ecoutez son interview par Philippe Vallet sur France Info :
http://www.franceinfo.fr/livre/le-livre-du-jour/le-livre-du-jour-haddad-938935-2013-04-03

Le premier Chapitre de Tripalium  à lire ici :
  Tripalium-Chapitre1

Tripalium. Pourquoi le travail est devenu une souffrance, de Gérard Haddad est publié aux éditions François Bourin (116 p., 15€)

Tripalium, une approche structurale du travail, par Gérard Haddad


haddadDans son nouveau livre Tripalium, pourquoi le travail est devenu une souffrance notre ami psychanalyste et psychiatre Gérard Haddad [1] revient aux premiers pas de son existence professionnelle comme ingénieur agronome en Casamance. Après avoir analysé dans Tu sanctifieras le jour du repos la manière dont le Shabbat structurait le temps et l’espace tout en libérant l’homme de la tâche de la semaine , dans Tripalium il poursuit cette réflexion en nous proposant une réflexion sur les structures élémentaires du travail. Il nous en présente ici le contenu et la méthode.

TripaliumLe grand mystère, disait Lacan, n’est pas l’apparition de l’homo sapiens, c’est celle de l’homo faber, le premier primate qui s’est mis à travailler. S’il y a une essence de l’homme, ne faut-il pas la chercher de ce côté-là, dans son rapport au travail ? Or l’homme d’aujourd’hui a mal à ce travail, mal dont la gravité mine les fondations de nos sociétés. Un mal à deux visages. Celui du chômeur emporté par une marée noire montante quand une énorme centrifugeuse, à la vitesse croissante, l’éjecte du processus productif. Mais aussi mal de l’homme au travail, éprouvant dans sa tâche une souffrance parfois si extrême qu’elle lui rend l’existence insupportable.

Les psychanalystes tentent de comprendre la douleur humaine dans l’espoir de l’apaiser. Longtemps ils ont vu dans les avatars de la sexualité, dans ses échecs, la racine principale de cette douleur. Freud avait bien pressenti l’existence d’une autre cause au mal de vivre dans le rapport du sujet à son labeur. Il s’intéressa ainsi aux travaux de Hans Sperber, qui dans son essai De l’influence des facteurs sexuels sur l’origine du langage, tenta, non sans maladresse, de trouver non seulement une origine sexuelle au langage mais aussi un lien entre sexualité et travail. De son labeur  l’homme tire les moyens de sa subsistance, mais aussi une satisfaction, une sublimation utile de ses pulsions sexuelles et agressives. C’est cette satisfaction que beaucoup de nos contemporains ont perdue. L’intuition de Sperber est restée dans les limbes de la doctrine freudienne.

Pourtant, Sociologues et psychologues ne cessent d’interroger ce mal en se fondant sur l’analyse concrète de situations actuelles. Je propose, en complément de  cette méthode phénoménologique, une approche « structurale ». Elle consiste, à la manière des chimistes, à saisir le travail humain au niveau « moléculaire » en essayant de définir ses structures élémentaires, constituées d’un sujet, de son outil et de l’objet qu’il traite. Ces structures sont au nombre de trois. Lire la suite…

Catégories :Capitalisme

La crise est-elle spirituelle ?

6 septembre 2012 1 commentaire

Didier Long sur la radio « Fréquence Protestante », le 06 septembre 2012 avec Philippe Arondel (durée = 50 minutes)

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Petit guide des égarés en période de crise


Le « Petit guide des égarés en Période de crise » vient de paraître !

L’acédie, maladie de l’égo qui vide l’âme, hante notre modernité parvenue à son zénith : le monde de l’entreprise, le couple, la vie familiale, les amitiés. Le vide politique, les paroles creuses, les promesses sans lendemains, les vaniteux comme modèles, la dictature du « on », la finance qui dépasse la démocratie, les pervers narcissiques aux commandes… La course au toujours plus et au toujours-plus-vite a engendré le Rien. L’acédie définie par les Pères du désert au IVe s. comme la plus terrible des maladies de l’âme.

« Dans l’acédie, continue de tresser tes paniers. Pose des actes d’amour même si tu as perdu foi en l’amour ! » Ainsi parlaient les Pères du désert. La perte de soi, l’insensibilité à autrui, le temps qui suspend son vol dans un ennui mortel sont en réalité une rupture avec la profondeur de l’existence. Seuls le rite et la régularité permettent de rompre l’acédie. Sans la sanctuarisation d’espaces désintéressés d’amitié et de paix, la fraternité s’épuise ; en réalité, la bénédiction généreuse de la vie la fertilise. Ainsi, la crise peut ouvrir la porte d’un autre monde. Alors, notre existence jaillit en plénitude, du présent surgit l’éternité, nos errances d’égarés font chemin, ensemble, vers la liberté.

Lire un extrait : Petit guide des égarés en période de crise – Chapitre1

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Crise de foi : managers et salariés frappés d’acédie


Dans le quotidien La Tribune  22/12/2011, un article de Sophie Péters

Pour Didier Long, moine bénédictin pendant dix ans à La Pierre qui Vire, puis consultant chez McKinsey et aujourd’hui dirigeant fondateur du cabinet de conseil en stratégie Internet Euclyd, l’acédie est le nouveau mal qui ronge les entreprises et l’économie

Sophie Péters

Le concept est ancien, très ancien : Au IVe siècle, des moines partis vivre dans le désert d’Égypte diagnostiquèrent l’acédie comme une maladie de l’âme. Une maladie extrêmement dangereuse qui détruit la volonté même d’exister et donc la communauté. Pour Didier Long, moine bénédictin pendant dix ans à La Pierre qui Vire, puis consultant chez McKinsey et aujourd’hui dirigeant fondateur du cabinet de conseil Euclyd, l’acédie est le nouveau mal qui ronge les entreprises et l’économie : « Beaucoup ont l’impression que poussés par les vagues des marchés financiers, des flux et reflux économiques mondiaux incontrôlables, les destins individuels et ceux des entreprises sont devenus les jouets de forces obscures imprévisibles. L’impuissance, l’impression de ne pas pouvoir s’approprier sa trajectoire, l’absence de visibilité long terme, les paroles creuses qu’il ne faut surtout pas croire si on ne veut pas devenir dindon de la farce, le sentiment d’être baladé, la perte de goût dans l’avenir en sont les symptômes ». Docteur, c’est donc grave ! Cette forme de dépression qui traverse notre civilisation et le capitalisme occidental ne se manifeste d’ailleurs pas seulement par un abattement teinté de tristesse. Evrage le Pontique le décrit au IVe siècle comme étant paradoxalement un état de suractivité, d’agitation, de fébrilité physique et mentale. Ambiguïté du tableau donc pleinement assumée qui ne fait que refléter selon Evrage les contradictions de l’acédie : entrelacement de dynamiques contraires, « où le premier étant furieux de ce qui est à sa disposition et le dernier languissant après ce qui ne l’est pas ».

Ici la personnalité abattue côtoie l’hyper-actif dans le même bateau. Le premier est irrémédiablement triste, inquiet et son esprit vagabonde vers des ruminations obsessionnelles. Il est indécis et incapable d’idées neuves. Le second est fébrile, agité par le besoin de donner du sens à sa vie et vagabonde, lui, de projet en projet, sans jamais concrétiser quoi que ce soit. Seul le mouvement lui est salutaire et lui donne le sentiment de progresser. Cette boulimie laborieuse qui permet de fuir la confrontation avec soi-même évite toute question existentielle et compense la mise en sommeil des idéaux par des combats à l’extérieur de soi-même. Lire la suite…

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