176 : le chiffre du bonheur dans la Torah


Qu’est-ce qu’une vie réussie ? C’est ce que nous le raconte la paracha de Nasso

La Paracha de Nasso est la plus longue avec 176 verset s ont remarqués nos Sages. Et ils ont aussi remarqué que le plus long des Tehilim, le Psaume 119, possède lui aussi 176 versets. D’autre part, nos Hakhamim ont remarqué que le traité le plus long du Talmud Baba Batra (la « dernière porte »), qui s’intéresse aux questions liées à la responsabilité individuelle et aux droits des détenteurs de propriétés possédait lui aussi 176 dapim (pages). Alors les Hakhamim (les Sages d’Israël) se sont posé la question.  Pourquoi 176 et pas 175 ou 177 ?

Vous pouvez compter, le psaume alphabétique (ou acrostiche) 119 comporte les 22 lettres de l’alphabet hébraïque multipliées par 8 versets soit 176 versets. Le chiffre 8 représentant la perfection, celle de la circoncision au 8ème jour et du monde qui vient.

Ce psaume qui chante les louanges de la Torah commence par la lettre Aleph comme si celui qui obéissait était un enfant qui épelle les lettres de l’alphabet de l’existence devant Dieu :

Achrei témimei derekh aolékhim betorath adonaï

Heureux ceux dont la voie est intègre, qui suivent la Loi de l’Eternel !

Heureux ceux qui respectent ses statuts, le recherchent de tout leur cœur,

qui, se gardant bien de commettre aucune injustice, marchent dans ses voies (derekh)!

Tu as promulgué tes ordonnances (tsiouta – mitsvah), pour qu’on les observe (lichmor) strictement.

Ah! puissent mes pas être fermes, pour que j’observe (lichmor) tes préceptes!

Alors, je ne serai point déçu, en portant mes regards sur tous tes commandements (mitsvoteikha).

Je te rendrai grâce en toute droiture de cœur, en m’instruisant des règles de ta justice.

Tes statuts, je les observerai (eshmor): ne m’abandonne en aucun temps. »

Ce psaume commence par le mot Achrei, un mot crochet qui dans la Bible renvoie au joug de la Torah. C’est d’ailleurs le premier mot du premier verset des Théhilim, le Psaume 1, qui résume le « joug de la Torah » (le psaume 2 résumant le joug des Cieux et la venue du Machiah[1])

Achrei haish. Acher lo halaKh. Ba’atzat rechaim ouvdérékh ‘hataïm lo amad ouvmochav létsim lo iachav

Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs,

Ki im betorah adonaï efétso ouvtorato yégé iomam valayla

mais qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel, et médite cette Loi jour et nuit! »

Le Psaume 112, 1 nous confirme ce lien entre la plénitude du bonheur et le plaisir pris au respect des commandements :

« Alléluia ! Heureux l’homme qui craint l’Eternel, qui prend grand plaisir à ses commandements !

Puissante sera sa postérité sur la terre : la race des justes est bénie! » (Ps 112, 1-2)

8 fois 22 c’est donc un peu une plénitude de louanges. La méditation de la Torah permanente qui devient un chemin de vie, un derekh (chemin) ou l’on marche (halakh, marcher)… selon la Halakha justement, procure un bonheur serein et durable. Le psaume 84 reprend cette idée d’un bonheur familial et en chemin à la fois.

« Heureux ceux qui habitent dans ta maison, et sans cesse récitent tes louanges! Sélah!

Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes! » (Ps 84, 1-2)

Le chemin du tsadik est donc un chemin de plénitude et de joie.

« Heureux le peuple connaissant les chants de victoire (terouah’ : la sonnerie du chofar), cheminant, Eternel, à la lumière de ta face ! »

Sans cesse ils sont en joie à cause de ton nom, et s’élèvent par ta justice. (Ps 119, 16)

Nous disons la prière du Achrei, un psaume alphabétique acrostiche (Ps 145) et des versets des psaumes ci-dessus cités trois fois par jour : deux fois à Chaarit, le matin, et une fois à Min’ha, l’après-midi. Cette halakha est tirée de l’enseignement de Eleazar ben Avina dans le Talmud qui rapporte :

« Rabbi Eléazar a rapporté cette affirmation de Avina [son père] : ‘‘ Quiconque dit : ‘Psaume de David…’ (Ps 145) trois fois par jour est assuré du monde futur’’ ; Quelle en est la raison ? Si nous disons ‘parce qu’il suit l’ordre alphabétique’ -on devrait dire: ‘Heureux ceux dont la voie est intègre…’(Ps 119) qui se présente avec de huit façons. Mais parcequ’il y a ‘Tu ouvres tes mains’ (v. 16) on devrait dire le grand Hallel où il est écrit ‘Il donne du pain à toute chair’ (Ps 136, 25) » (TB Berakhot 4b)

L’enfance de l’apprentissage spirituel et les lettres du bonheur

Le psaume 145, l’Achrei a le double mérite d’être alphabétique, il renvoie à l’enfance de l’apprentissage spirituel qui épèle les lettres du bonheur, et de rendre grâce à Celui qui accorde la subsistance. Le Talmud rapproche les versets du Achrei et du Grand Hallel qui remercient pour les nourritures terrestres « Tu ouvres ta main et rassasie tout être avec bienveillance » (Ps 145, 16) // « Il donne du pain à toute chair, sa bienveillance est éternelle » (Ps 136, 25) pour nous enseigner que la prise de conscience du lien entre la nourriture et la crainte de Dieu est une des clés du monde futur. Ce verset 16 est le verset final de la Birkat amazone, de nos fins de repas.

176

On retiendra que le chiffre des176 versets de cette paracha ou du psaume 119 multiplie les 22 lettres de l’Alphabet hébraïque par la plénitude du monde à venir (chiffre 8), comme si l’attitude de l’enfant qui étudie était une des clés du monde futur, comme si la vraie attitude spirituelle du tsadik était celle de celui qui ne sait pas et qui chaque matin dit : « aujourd’hui je commence ». Achrei le premier mot des tehilim et du monde qui vient.

Certains commentateurs ont remarqué que ce huitième jour du monde qui est aussi celui de la brit mila est celui du premier commandement de Dieu à Abraham lors de sa circoncision à l’âge de 99 ans : « Je suis le Dieu tout-puissant (Chaddaï); marche (ithalekh) devant ma face, sois irréprochable (tamim)» (Gn 17, 1). L’enlèvement de la Orla qui sépare l’homme de Dieu rend l’homme parfait, tamim, – un mot qui signifie « sans défaut » comme la bête offerte en sacrifice au Temple ; non pas irréprochable mais « sans obstacle » dans son alliance, sa relation, avec le Saint, Beni soit-il.

Achrei, Le Bonheur, le premier mot du premier monothéiste. C’est tout ce que nous souhaitons à la fille de Clara qui vient de naître.

[1] « Les grands de la terre se liguent entre eux contre l’Eternel et son Messie… celui qui règne dans les cieux s’en amuse et les tourne en dérision » (Ps 2)

« Aime ton prochain comme toi-même »: une erreur de traduction et de point de vue ?


aimer« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cette phrase du Lévitique que nous avons lue à Chabbat dans la paracha Kedochim, largement reprise partout, vient évidemment, et c’est assez peu connu du cœur du judaïsme.

Cependant sa postérité repose sur une sorte de malentendu dû une erreur de traduction. La traduction la plus proche de Vehaavvta Lekhakha et Kamora, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18) n’est pas la bonne il faudrait plutôt traduire :

« Tu aimeras ton prochain, car il est comme toi ».

Cette erreur de traduction de Lv 19, 18b et 34 ou plutôt ce glissement de sens  a des conséquences très importantes. Ce n’est pas une erreur « chrétienne » mais juive. Car la traduction par le grec « agapêseis ton plêsion sou hôs seauton » « comme toi-même » provient de la traduction de ce passage par la communauté juive hellénistique dans la Septante vers 270 avant notre ère. On en trouve la trace dans le Talmud :

 « On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptolémée, et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement » (Talmud Babylone Soferim 1, 7).

Bref « Traduire c’est trahir », cette phrase est choquante mais je vais montrer que nos Sages avaient raison.

Le malentendu de l’amour

Le problème avec l’amour c’est qu’il y a souvent malentendu, c’est parfois une sorte de « je vous ai compris » qui repose sur une illusion, un contentement narcissique, une jouissance de soi qui se heurtera forcément au mur du réel de l’altérité d’autrui dès le lendemain. C’est ainsi que naissent les haines et les guerres, les trauma familiaux des « divorces qui ne s’arrêtent jamais », de blessures inconsolables, d’amours déçus.

Le veaavta n’est donc pas une extension du domaine de l’amour, un narcissisme étendu à autrui ; mais prend pour point de départ autrui en disant « Regarde il est comme toi, il veut juste vivre ! » pour revenir à soi-même et fort de cette émotion qui voit autrui dans sa faiblesse lui porte secours. Une empathie réciproque qui s’abstient d’un jugement ‘premier’. Il ne s’agit donc pas d’une espèce de commandement d’amour illimité et héroïque -qui en fait revient à se mettre à la place de l’Eternel- mais un appel à regarder autrui avec ses propres yeux et à essayer de se mettre à sa place, adopter son point de vue… et non pas un amour illimité de soi qui s’étend aux autres et ne reste qu’un narcissisme, une charité bien ordonnée qui commence par soi-même.

Cette relation horizontale avec celui qui devient mon frère, celle qui devient ma soeur et dont le constat des droits m’oblige, se conjugue avec une verticalité. Car le vehaavta, « Tu aimeras » du Chema, « De tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force » vise l’Eternel qui par définition est absent de ce monde. « L’amour Eternel » vient de D. et l’homme est invité à cette réciprocité, mais cet élan se heurte immédiatement à l’obligation de chercher la Justice. « La justice, la justice tu la chercheras » (Choftim).

Cette empathie provoque un oubli de soi qui revient à soi-même. Je me vois dans les yeux d’autrui ramené à ma simple valeur, un parmi d’autres, et à ce moment je peux faire communauté, accepter autrui comme un autre moi et non plus comme l’extension de moi-même. Ce qui revient à un travail d’analyse et de reconnaissance de ma propre violence prédatrice qui asservit les autres pour les dominer ou les séduit… pour les dominer encore. Le frère n’est pas un objet sous la main dans un rapport narcissique idolâtrique. Voilà ce que dit la Torah et nos Sages, très loin du monde grec donc. Lire la suite de « « Aime ton prochain comme toi-même »: une erreur de traduction et de point de vue ? »

Chabbat Chekalim, pourquoi il est interdit de compter des êtres humains


La Chabbat Chekalim qui précède Roch Hodech Adar nous livre un enseignement important nous a dit le Rabbin Harboun hier. Il est formellement interdit de dénombrer des êtres humains comme on dénombre des moutons ou des choses. Alors comment procéder au recensement annuel dés lors que la Révélation a été donnée au Sinaï (Parasha Michpatim la semaine dernière). Comment savoir ceux qui sont restés juifs, ceux qui ont quitté ?

Le seul moyen est de compter non pas les gens mais les mistvoth. Si chacun donne un demi chekel (d’où vient chekalim, les shekels). Celui qui à l’époque du Temple, ne donnait pas se désolidarisait du pardon de D-ieu

L’Éternel parla à Moïse en ces termes: « Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l’offrande réservée au Seigneur.  Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l’impôt de l’Éternel, à l’effet de racheter vos personnes. (Ex 30, 11-15)

Nous devons absolument répéter cela sans cesse à nos enfants. Ce qui est vrai pour nos frères et sœurs juifs l’est à fortiori pour toute femme et pour tout homme.

« Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. » (Nb 1,2)

Dans le Torah D-ieu est en permanence en train de « compter » ses enfants en disant le nom de tribus, des descendants, des généalogies à n’en plus finir… Pourquoi les dénombre-t-il par leur nom à  l’arrivée au désert, demande Rachi ? et il répond :  » Comme un riche compte son trésor… parce qu’il les aime ».

C’est exactement le contraire de ce qu’on fait les nazis, que leur nom soit effacé, dans leur programme païen d’effacement systématique des préceptes de la Torah et des racines juives de l’humanité : ils ont effacé les noms des juifs pour les réduire en numéros. Tout cela est possible et nous pouvons encore lire ces numéros sur les bras de nos anciens, et toutes les dénégations des antisémites n’y changeront absolument rien. Ne l’oublions pas et répétons le à nos enfants!

Elie Misrahi

 Elie Mizsrahi, père d’une amie de jeunesse de ma femme,
a été Libéré d’Auschwitz le 29 avril 1945, à 17 heures du camps de Dachau par les forces américaines.
La main est celle de ma fille. Photo MPS.

 

Qu’a « entendu » Yitro ?


Je mêle ici des éléments de la deracha du rabbin Harboun hier à la synagogue (nous n’étions que miniane !) à mon étude, à ce qu’il m’a enseigné hier après-midi et dans nos multiples discussions, qu’il en soit remercié. Béni soit l’Eternel qui nous a donné la joie d’élever nos âmes par la connaissance !

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Qu’a « entendu » Yitro ?

La paracha de Yitro est une paracha étrange. Elle est l’une des plus importantes puisqu’on y lit les dix commandements donnés au Sinaï. Les commentateurs se sont longuement étonnés que cette paracha qui résume le cœur de l’éthique d’Israël, les dix-commandements donnés au Sinaï, cette Lumière des nations, qui leur donné un jour chômé par semaine (« Souviens-toi du 7ème jour pour le sanctifier » Dt 20, 7 dit notre paracha)… Les commentateurs ont été frappés que cette paracha porte le nom d’un païen, d’un guer, un converti… en effet Yitro le beau-père de Moïse est le premier converti.

Pourquoi Yitro est-il placé juste avant la révélation par le don de la Torah comme un exemple à suivre ? Qu’a-t-il compris que nous aurions à apprendre ?

Nos Sages ont répondu à cela. Ils ont relevé que la Paracha commence par vayishma « Et Yitro fut celui qui a entendu (vayishma) (Dt 18, 1) ? » Et ils se sont demandés : « mais qu’a-t-il entendu ? ». Le passage de la mer des Joncs et la guerre de Amaleq répond Rachi par allusion au Talmud (TB Zevahim 116a). Lire la suite de « Qu’a « entendu » Yitro ? »

Les cédrats sont éternels


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Ce matin j’ai trouvé devant ma porte un cédrat confit avec ce mot :

Cher Ami, Bonjour, Ce matin je suis allé vous remettre le petit échantillon d’ « etrog » confis, que j’ai déposé. Je vous souhaite de le déguster, vous et les vôtres en pensant, comme l’a fait mon épouse, à votre vénérée grand-mère. באהבה ובלב טוב (avec amitié et bon cœur). Lucie et Raphaël

Raphaël a 90 ans, il est le doyen de ma synagogue, né dans le Mellah de Marakech. Chaque automne pendant mon enfance ma grand-mère Corse, m’envoyait un cédrat confit, qui m’a remis sur le chemin de ma judéité.

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Coïncidence, à cet instant même, mon ami Benny qui s’appelle Méir (du nom de son grand-père) comme moi, m’a téléphoné de Corse.

Les cédrats de Corse

A l’origine le cédratrier est un arbre des vallées méridionales de l’Himalaya. Il est acclimaté en Perse (Médie) durant la première moitié du premier millénaire avant notre ère (-1500, -500 avant notre ère). Il est probable que les Cédrats sont arrivés en Israël de Perse en contact permanent avec l’Inde via les caravanes à cette époque.

Le Cédrat de Corse est une variété très particulière (voir ici ), il est le seul à avoir une fleur blanche alors que celle des autres cédrats est violette. Il a été cultivé de manière intensive en Corse au XIXème siècle sous l’impulsion des rabbins ashkénazes de Lituanie comme je l’ai montré dans mes mémoires juives de Corse.

Le père de mes amis Guy et Benny Sabbagh et leur grand-père le rabbin Méir Toldéano zal liés à la famille Mattéi via Salomon Hassan allaient chaque année pour Souccot chercher les meilleurs fruits, gros, avec queue et pas bosselés dans l’exploitation des Mattéi grands distilleurs à Bastia.

Le cédrat symbolise la descendance du tsadik, du juste qui est lui-même un arbre.

« Le Juste est comme un arbre planté près d’un ruisseau qui donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt » (Psaume 1)…

La Torah (Lévitique 23, 40) évoque le Cédrat pour la fête de Souccot comme פְּרִי עֵץ הָדָר « le fruit de l’arbre/ du bois de Hadar » hadar un mot qui veut dire (« éclat, splendeur » en hébreu). Le « fruit » c’est la descendance de l’arbre, c’est-à-dire les descendants des tsadikim (les « justes »), qui sont les bonnes actions et sont comme des arbres.

Pourquoi le cédratier, le « bel arbre » est-il « planté prés d’un cours d’eau » (Cf Psaume 1) car dit le Talmud Soucca 35a :

Ben ‘Azaï dit : Ne lis pas hadar (« beau »), mais hudör [qui en grec désigne l’eau, hudör a donné hydr- ou hydro-]. Et quelle espèce a besoin d’irrigation artificielle [et pas seulement d’eau de pluie] ? Dis c’ets le cédrat » (TB Soucca 35a)

La fête de Souccot est éternelle comme le symbolise le chiffre sept, celui de la plénitude : « Vous la fêterez, cette fête du Seigneur, sept jours chaque année, règle immuable pour vos générations;  c’est au septième mois que vous la solenniserez » (Lévitique 23, 41).

Les véritables « générations » laissées par les justes sont constituées par leurs bonnes œuvres (Beréchith raba 30, 6).

Le cédrat symbolise donc le fruit du Tsadik, juste non pas « de sa génération » comme Noah que nous avons écouté hier dans la Paracha de Noah : « Ceci est l’histoire de Noé. Noé fut un homme juste, irréprochable, entre ses contemporains; il se conduisit selon Dieu » – Gn 6, 9 ). Mais un juste pour toutes les générations de toute l’humanité comme Abraham. Un juste pour l’Eternité, qu’on ne voit pas et qui lui-même ne le sait pas.

 « Ce sont les générations de Noé » : Noé était un homme juste et parfait dans ses générations.  R. Johanan dit: « Dans ses générations », mais pas dans d’ autres générations ! (Tb Sanhédrin 108 a).

En clair, si Noé avait appartenu à la génération suivante, celle d’Abraham juste il n’aurait compté pour rien (Beréchith raba 30, 9). En effet Abraham est qualifié de tsadik par la Torah alors qu’il tente de sauver les justes de Sodome et Gomorrhe, ce qui n’est pas sauvable ! Sodome et Gomorrhe ! (Genèse 18,25). Un raisonnement à fortiori : Celui qui sauve ce qui est complètement perdu sauve forcément toute l’humanité et pour toujours.

Un de ces 36 justes qui sont générés par l’Éternel à chaque génération pour être les colonnes de l’humanité. Les Tsadikim Nistarim (צדיקים נסתרים), les « Justes cachés », ou encore les Lamed Vav Tsadikim (לו צדיקים). Lamed, vav = 36 de chaque génération, que rien ne distingue des auters hommes et qui eux-mêmes ne le savent pas et sans qui le monde serait détruit.

Le cédrat est le fruit de l’arbre, un fils des tsadikim.

« Selon Rabbi Méir un cédrat prélevé au titre de la seconde dîme ne ne saurait êter utilisé pour s’acquitter de l’obligation [de tenir en main les quatre espèces] le jour de la fête » (TB Soucca 35a).

Pourquoi cette obligation de posséder le cédrat ? à cause du « vous prendrez pour vous du fruit du bel arbre » (Lv. 23, 40). La seconde dîme selon Rabbi Méir est un bien sacré dont le propriétaire ne peut disposer à sa guise. L’idée est que la mitsva ne fonctionne que si elle est entièrement généreuse.

Genèse : d’où viennent la parole et le Nom ?


Dans la Sidra Bereshit, on découvre un D-ieu très étrange qui crée l’Univers en 10 paroles comme en écho aux dix paroles/ commandements du Sinaï. Ce que D-ieu dit jailli immédiatement dans l’être. Ensuite, l’Eternel crée l’homme a son image… ce qui de prime abord pourrait sembler une projection idolâtrique dans le divin de la finitude humaine et de nos frustrations. Paradoxe étrange. Car si D-ieu était absolument incompréhensible à l’homme ou définissable uniquement parce qu’il n’est pas (apophatie) nous ne pourrions rien en dire et pas même le prier (en quel langage ?). Pourtant, et c’est un paradoxe, dans la Torah D-ieu est décrit dans des termes humains. Trop humains ? 

Je voudrais par ces quelques notes de recherche interroger la tradition juive sur ce rapport complexe de la créature avec son Créateur et la manière dont Celui-ci se révèle à l’homme. Des notes en bas de page de la Sidra Berechit.

Le noeud des tefilins

«  »Et je retirerai ma paume et tu verras mes traces » – Rav ‘Hana bar Bizna dit, Rabbi Chim’on le Pieux a dit : Cela nous enseigne que le Saint béni soit-Il a montré à Moïse le nœud des tefillin» (TB Berakhot 7a, v.15).

Dans ce célèbre passage, le Talmud avec une sorte de naïveté seconde s’interroge sur le fait que Moïse ait demandé à D. de voir sa face, que l’Éternel ait laissé passer sa gloire (kavod) et l’ai protégé de sa main caché au creux du rocher : « Tu ne saurais voir ma face; car nul homme ne peut me voir et vivre […] Alors je retirerai ma main et tu me verras par derrière; mais ma face ne peut être vue »(Ex 33, 20-23)…

Le Talmud imagine l’Éternel en train de prier avec ses téfilin ! dont Moïse n’aurait vu que le nœud derrière la tête et pas son visage [1].

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Le noeud la tefila sur la nuque (photo DL)

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Le chin dela tefila de la tête (photo DL)

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Le Chin de la mezouza. (photo DL)
Pour le Midrach, Chaddaï est l’acrostiche de CHomer Dlatot Israel (Celui qui garde les Portes d’Israël). 

Pourquoi ? Parce que l’homme ne peut voir D. dans sa puissance : Chaddaï (le D. Tout Puissant). La lettre Chin marquée sur la tefila du front et sur la nuque -sous la forme d’un Dalet à l’envers, mais aussi sur les mezouzot à l’entrée des maisons, symbolise le D. qui dit Daï (« ça suffit! »), la limite de l’homme en ce monde. Selon le Talmud  (Haguiga, 14b), Chaddaï signifie « qui dit à Son monde assez! » (sheamar le’olamo daï).Cette limite qui fait que nous ne sommes qu’un parmi d’autres rend possible l’éthique, la fraternité des humains.

El Chaddaï est un des noms de D., mais il y en a beaucoup d’autres : El Elyon (le Très-Haut), El Olam (l’Eternel), El Gibbor (Le Puissant). Et bien sur les 13 attributs divin de ses Noms que D. déroule devant Moïse : Rahoum (Celui qui prend en pitié, cf Rakhem !), Hannoun (Celui qui fait « Grâce »), Tsaddiq (le Juste), Dayan (le Juge) Ces mots sont comme le doigt qui désigne la lune, ils  signifient ce que nous ressentons et désignent de loin mais ne peuvent être confondus avec le signifiant ultime. On remarque bien que dans la Sidra Bereshit D. parle à l’homme mais il parle aussi aux cieux et à la terre, aux animaux ou aux pierres les maintenant dans l’existence limitée liée au langage telle que nous la comprenons, et dans une langue qu’eux seuls connaissent…

Dans les Pirqé de Rabbi Eléiézer un très ancien Midrash, au chapitre 3 il dit :

« Avant la Création de l’Univers il n’existait que le Saint béni soit-Il et son Nom seul »

Ce que dit la Torah à l’homme c’est donc que l’Eternel se révèle dans le langage, au fond de son inconscient, pas parce que le langage serait sacré mais parce que celui-ci est le lieu d’émergence et la condition de possibilité pour que D. appelle l’homme de son néant, son Tohu.

Car quel est le contraire du langage ?  Le silence ? La Torah dit que ce néant est désigné par le « Tohu Bohu » en Gn 1,2 : « La terre n’était que « solitude et chaos » (Tohu vavoou, ). Ce terme Tohu n’existe que deux fois dans la Torah. On le retrouve en Dt 32, 10 :  « Il le rencontre dans une région déserte, dans les solitudes (tohu) aux hurlements sauvages; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle de son œil. » Le tohu c’est ce cauchemar de l’homme où le langage ne signifie plus rien, devient insignifiant, quand on en peut plus se parler, le début de la haine . Nous serions donctirés de notre chaos mental et spirituel par la Parole de D-ieu, Son souffle (ruah’) qui nous appelle par notre nom que lui seul connait, tirés de la terre où nous retourneront inévitablement comme dit Bereshit à propos de la création d’Adam. La femme, elle-aussi sort de la torpeur, du sommeil d’Adam, comme dit Bereshit à propos de la création de la femme. Et c’est seulement à partir de ce moment qu’ils sont ish et isha (féminin et masculin), des mots en miroir, en rapport, formant dans le couple humain un seul être parlant (ehad) à l’image du D. UNqui leur a parlé le premier dans son infinie générosité, par amour.

Comme si le langage humain, proféré par le souffle de l’Eternel puis en interactions entre l’homme et la femme appelait l’être humain et chacun de nous à notre vocation spirituelle d’être enfin un peu humain, détachait l’homme de la terre pour l’inscrire dans la position verticale de la Amida, debout entre ciel et terre, avec ses tefilins.

On sait à quel point en psychologie moderne la nomination est importante dans la construction psychologique de l’enfant. Le nom inscrit l’enfant dans le champs du langage et établit un rapport entre le signifiant et le signifié fondateur de toute parole et du rapport à la vérité ou au mensonge. Le nom comme le souligne le Talmud Berakhot semble contenir un héritage de mérites ou de mauvaises actions. Le Talmud Berakhot 7b le souligne.

D’où savons nous que le nom est déterminant ? Rabbi Eliézer dit : « Car  le verset a dit :« Allez, regardez les oeuvres de l’Eternel qui a mis des ruines sur la terre » (Ps 46, 9), ne lis pas « ruines » (chamot) mais des « noms » (chémot) ». Et  Rabbi Yo’hanan dit au Nom de Rabbi Chim’on ben Yo’haï : « La mauvaise éducation dans sa maison est plus dure pour un homme que la guerre de Gog et Magog »

Mais le Talmud souligne aussi que l’héritage psychique ne conditionne que partiellement le destin d’un enfant et des générations. Opposant le : « Il sanctionne la faute des pères sur les enfants » (Ex 34, 7) à « Les enfants ne mourront pas à cause des pères » (Dt 26,6)  et résolvant cette contradiction en disant que « le second verset [promet la vie sauve] à ceux qui abandonnent les voies tortueuses de leurs pères ». (TB Berakhot 7a)

« Faisons l’homme à notre image »

Maïmonide au Moyen-Age explique ce mystère du fait que le langage humain est utilisé par la Thora pour décrire l’Eternel de manière apparemment naïve, dans sa discussion sur les  attributs divins dés le début de son Guide des égarés (écrit en arabe avec des lettres hébraïques). Il est bien sûr en discussion, à partir des concepts Aristote avec les philosophes arabes et chrétiens. Relisant le Naassé Adam Betsléémnou, « Faisons l’homme à notre image » (Berechit 1,26), il évite d’emblée la vision naïve, créationniste qui projette la réalité humaine dans le Divin.

 » II y a eu des gens, qui croyaient que tcélem, dans la langue hébraïque, désignait la figure d’une chose et ses linéaments, et ceci a conduit à la pure corporification (de D-ieu), parce qu’il est dit (dans les Ecritures) : « Faisons un homme à notre image (betçalmenou) selon notre ressemblance (Genèse 1, 26). Ils croyaient donc que D-ieu avait la forme d’un homme, c’est-à-dire sa figure et ses linéaments, et il en résultait pour eux la corporification pure qu’ils admettaient comme croyance, en pensant que, s’ils s’écartaient de cette croyance, ils nieraient le texte (de l’Ecriture) ou même qu’ils nieraient l’existence de D-ieu s’il n’était pas (pour eux) un corps ayant un visage et des mains semblables aux leurs en figure et en linéaments »

(Guide des égarés I, 1, « L’homonymie de Tcélem », traduction de l’arabe de Salomon Munk, pg. 29).

et il dit plus loin :

Quand nous disons de D-ieu qu’il est la forme dernière du monde, ce n’est pas comme la forme ayant matière est une forme pour cette matière, de sorte que D-ieu soit une forme pour un corps. Ce n’est pas ainsi qu’il faut l’entendre, mais de la manière que voici : de même que le forme est ce qui constitue le véritable être de tout ce qui a forme, de sorte que, la forme périssant, l’être périt également, de même D-ieu se trouve dans un rapport absolument semblable avec tous les principes de l’être les plus éloignés; car c’est par l’existence du Créateur que tout existe, et c’est lui qui en perpétue la durée par quelque chose qu’on nomme l' »épanchement » […]. Si donc la non-existence du Créateur était inadmissible, l’univers entier n’existerait plus, car ce qui constitue ses causes éloignées disparaîtrait, ainsi que les derniers effets de ce qui est intermédiaire; et, par conséquent, D-ieu est à l’univers ce qu’est la forme à la chose qui a forme et par là est ce qu’elle est, la forme constituant son véritable être. Tel est donc le rapport de D-ieu au monde, et c’est à ce point de vue qu’on a dit de lui qu’il est la forme dernière et la forme des formes; ce qui veut dire qu’il est celui sur lequel s’appuie ne dernier lieu l’existence et le maintien de toutes les formes dans monde, et c’est par lui qu’elles subsistent, de même que les choses douées de forme subsistent par leurs formes. Et c’est à cause de cela qu’il a été appelé dans noter langue, hay âolamim, ce qui signifie qu’il est « la vie du monde ».

(Guide des égarés I, 69, « La Cause première », traduction de l’arabe de Salomon Munk, pp. 167-168).

On le comprend pour Maïmonide, D. n’est pas le plus haut ou le plus puissant des étants mais la condition même de possibilité de ceux-ci. Et cet à-priori du monde phénoménal ou plutôt de la vie (hay âolamim), et là Maïmonide quitte le registre de l’ontologie (la science de l’Etre, avec des échos dans le אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה Eyé acher Eyé « Je suis qui je suis/ serai » car ces mots  indiquent une action inaccomplie, en devenir) aristotélicienne  pour parler en terme de vie.

Note [1]: on peut noter que quelques versets avant il est dit que « l’Éternel s’entretenait avec Moïse face à face (panim al panim), comme un homme s’entretient avec un autre » (Ex 33, 11)

Chabbat Chouva Chalom !


Le Chabbat entre Roch Hachana et Kippour s’appelle Chabbat Chouva, le Chabbat de la Techouva.

Le mot Chouv signifie le « retour » ou la « réponse », il s’agit de répondre à une convocation, une question au fond de nous à un point du chemin auquel on se serait égaré. La techouva est aussi le retour de la diaspora, la « dispersion » en grec vers Jérusalem. un retour physique et spirituel d’Israël vers l’Eternel, son berger. C’est aussi un retour vers soi-même, vers qui nous sommes en vérité. « La techouva a été créé avant la création du monde » nous dit le Talmud. Comme si le lieu de notre re-création était ce pardon que nous nous devons les uns aux autres.

Le Traité Berakhot du Talmud dés le début quand il commente la première Michna : « Méémataï… » « Jusqu’à quand… [peut-on dire le Chema du soir] « … nous dit ensuite que la miséricorde de D-ieu dépasse toujours son jugement. C’est pour cela que la techouva est créé avant le temps de l’homme.

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

C’est le sens des 10 Jours redoutables (yamim noraïm) qui vont de Roch Hachana à Kippour, de la sonnerie du shofar du yom teroua (le jour de la sonnerie) à celle qui clos Kippour, mercredi prochain.

Entre temps, le livre de vie est ouvert et D. est patient avec l’homme.

didier-long-kotel

Cette obligation de la Techouva nous vient de la Torah :

« Tu retourneras (וְשַׁבְתָּ) vers l’Eternel ton D-ieu et tu écouteras (וְשָׁמַעְתָּ) sa voix » (Deutéronome 30, 2)

La Haftarah de Chabbat Chouva (Osée 14) insiste sur la Techouva  :

ב שׁוּבָה, יִשְׂרָאֵל, עַד, יְהוָה אֱלֹהֶיךָ:  כִּי כָשַׁלְתָּ, בַּעֲו‍ֹנֶךָ. 2 Reviens (Chouva), Israël, jusqu’à l’Eternel, ton Dieu; car tu n’es tombé que par ton péché.
ג קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים, וְשׁוּבוּ אֶל-יְהוָה; אִמְרוּ אֵלָיו, כָּל-תִּשָּׂא עָו‍ֹן וְקַח-טוֹב, וּנְשַׁלְּמָה פָרִים, שְׂפָתֵינוּ. 3 Armez-vous de paroles [suppliantes] et revenez au Seigneur! Dites-lui: « Fais grâce entière à la faute, agrée la réparation nous voulons remplacer les taureaux par cette promesse de nos lèvres.

La Haftarah du  Chabbat qui précède Chouva nous redit l’amour de Sion et la Techouva :

א לְמַעַן צִיּוֹן לֹא אֶחֱשֶׁה, וּלְמַעַן יְרוּשָׁלִַם לֹא אֶשְׁקוֹט, עַד-יֵצֵא כַנֹּגַהּ צִדְקָהּ, וִישׁוּעָתָהּ כְּלַפִּיד יִבְעָר. 1 Pour l’amour de Sion, je ne garderai pas le silence, pour Jérusalem je n’aurai point de repos, que son salut n’ait éclaté comme un jet de lumière, et sa victoire comme une torche allumée
ו עַל-חוֹמֹתַיִךְ יְרוּשָׁלִַם, הִפְקַדְתִּי שֹׁמְרִים–כָּל-הַיּוֹם וְכָל-הַלַּיְלָה תָּמִיד, לֹא יֶחֱשׁוּ; הַמַּזְכִּרִים, אֶת-יְהוָה–אַל-דֳּמִי, לָכֶם. 6 Sur tes remparts,  Jérusalem, j’ai posté des guetteurs, ni de jour ni de nuit ils ne doivent se taire : « O vous qui invoquez souvenir de l’Eternel, ne prenez aucun répit!
יא הִנֵּה יְהוָה, הִשְׁמִיעַ אֶל-קְצֵה הָאָרֶץ, אִמְרוּ לְבַת-צִיּוֹן, הִנֵּה יִשְׁעֵךְ בָּא; הִנֵּה שְׂכָרוֹ אִתּוֹ, וּפְעֻלָּתוֹ לְפָנָיו. 11 Voilà que l’Eternel fait entendre son appel jusqu’aux confins de la terre: « Dites à la fille de Sion: Voici ton salut qui vient! Voici Il arrive, escorté de son salaire, devancé par sa rémunération! »
יב וְקָרְאוּ לָהֶם עַם-הַקֹּדֶשׁ, גְּאוּלֵי יְהוָה; וְלָךְ יִקָּרֵא דְרוּשָׁה, עִיר לֹא נֶעֱזָבָה.  {ס} 12 Et on les appellera le peuple saint, les affranchis de l’Eternel; et toi Jérusalem, tu auras nom la Recherchée, la Ville qui n’a pas été abandonnée.

« La techouva a été créé avant la création du monde » 

Une Baraïta* enseigne : Sept choses ont été créées avant que le monde fût créé , à savoir : la Torah, la techouva, le Jardin d’Eden, la Géhenne, le Trône de la Majesté Divine, le Temple, et le nom du Messie. Pour le nom du Messie il est écrit : son nom demeurera éternellement, tout comme son nom a fleuri avant le soleil (Ps 72,17) – TB Pessa’him 54a

Et le Midrach ajoute :

Rabbi Ahava fils de Rabbi Zeira dit : la Techouva (repentance) aussi [précède la Création], ainsi qu’il est dit « avant que les montagnes fussent nées, avant que fussent créés la terre et le monde, de toute éternité, tu étais le D-ieu puissant » (Ps 90, 2) et au même moment « tu réduis le faible mortel en poussière »(Ps 90, 3) – Midrach Bereshit Rabba 1,4

* Baraïta signifie « dehors » en araméen. Les baraitot consignent les enseignements des Hakhamim qui n’ont pas été retenus par le corps du Talmud mais qui ont été conservés « au cas ou ». « Dehors » car ce sont les enseignements des ceux qui sont restés « dehors » quand les académies talmudiques de Tibériade ou de Babylonie ont décidé.