« Ecoute, mon fils, les remontrances de ton père, ne délaisse pas les instructions de ta mère » (Livre des proverbes 1,8)

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Image tirée du film Brooklyn Yiddish (en VOD depuis mardi!)

J’adore ce genre de raisonnement tiré du Ach Tov Va Hessed – Une compilation de décisions halakhiques c’est à dire un guide de la jurisprudence de lois journalières d’après le Maran Harav HaGaon Ovadia Yossef, zal (grand guide des séfardim) et du Rishon Létsion HaRav Itshak Yossef Chlita… rapportées par le rav Avraham Cohen Chlita :

« Dit-on Chalom Alekhem quand Pessah tombe un vendredi soir ? Certains décisionnaires disent que l’on ne récite pas Chalom Alekhem quand Pessah tombe un vendredi soir, comme cette année ; car on doit se hâter de faire kidouch. Cependant chacun fera selon sa coutume (miniagh). »

En bref : voilà la Loi et on discute à perte de vue… mais fait ce que ton père et tes ancêtres t’on dit ! car que t’as dit ton père est Torah lemoché mi sinaï, Loi donnée par D-ieu à Moïse sur le mont Sinaï ; c’est beau non ?

Chabbat Chalom !

D’où vient le Sceau de Salomon en Corse et ailleurs ?

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U segnu di Salomone, sceau de Salomon / Maguen David 19 siècle, Corse
Kabbale à Gérone

Amulette magique de Cabbale, XVIIème siècle, au centre le sceau de Salomon/ Maguen David
Musée de Gérone, Espagne, photo Didier Long

D’où vient le sceau de Salomon (U segnu di Salomone) sur les outils des bergers corses du Niolu et d’ailleurs ? on le trouve souvent dans les lieux de pèlerinage et surtout sur les fontaines (voir ci-dessous) sous forme d’étoile de David (étoile à 6 branches ou hexagramme) ou d’étoile à 5 branches (ou pentagramme). La question est que celui-ci est spécifiquement désigné en Corse comme « Sceau de Salomon » (U segnu di Salomone) qu’il soit à cinq ou six branches. Le sceau de Salomon apparaît dans les traditions chrétiennes et musulmanes. Mais il est d’origine juive : l’exemplaire le plus ancien du sceau de Salomon se trouve sur un sceau datant du VIIe siècle avant l’ère commune, découvert à Sidon et appartenant à un certain Josuhua ben Assayahu. Son origine est donc juive comme le montre le récit du Talmud qui effectivement met en scène une fontaine.

Sceau de Salomon

Le Sceau de Salomon dans le Talmud

Le « sceau de Salomon » vient du traité du Talmud de Baylone traité Guittin page 68a dont la guemara (interprétation en araméen des mishna en hébreu du 1er siècle et avant) a été compilée au VIème siècle en Babylonie. Cet ensemble appelé Talmud (de limoud étudier) reflète les discussions des académies perses des 5 premiers siècles de notre ère. Dans l’un de celles-ci des sages essaient de comprendre dans un contexte babylonien ce qu’on leur a transmis, dont il ne savent plus le sens qu’ils cherchent à retrouver par la discussion académique :

TB Gittin 68a

« Je me procurai Shearim et sharoth, (des chanteurs et des chanteuses, de Chir « le chant ») et les délices des fils des hommes, ‘Shearim et Sharoth’, signifie divers types de musique; «Les plaisirs des fils des hommes» sont des bassins ornementaux et des bains. «Shidah et shidoth»: ici [en Babylonie] ce sont des démons masculins et féminins. En Occident [Palestine], ils disent [cela signifie] des chariots. Johanan a déclaré : Il y avait trois cents sortes de démons à Shihin [ville du Liban], mais ce qu’est une Shidah [la mère des démons]… je ne sais pas.

Le Maître a déclaré : Ici, ils traduisent « démons masculins et féminins ». Pourquoi Salomon en avait-il besoin ? – Comme indiqué dans le verset, « On n’employa à la construction du temple que des pierres intactes de la carrière; ni marteau, ni hache, ni autre instrument de fer ne fut entendu dans le temple durant sa construction ».( 1Rois 6, 7) ; Il a dit aux rabbins: Comment puis-je faire [sans outils en fer]? – Ils ont répondu : Il y a le shamir que Moïse a apporté pour les pierres de l’éphod.

Il leur a demandé, où se trouve-t-il ? – Ils ont répondu : « Apportez un démon masculin et féminin et liez-les; Peut-être qu’ils savent et vous diront ». Il a donc amené un démon masculin et féminin et les a liés. Ils lui ont dit : « Nous ne le savons pas, mais peut-être Ashmedai, le prince des démons le sait-il ». Il leur a dit : « Où est-il ? » – Ils ont répondu: « Il est dans une telle et telle montagne. »

Il a creusé un puits là-bas, qu’il a remplit d’eau et couvre avec une pierre qu’il scelle ensuite avec son sceau. Chaque jour, il monte au ciel et étudie dans l’Académie des cieux, puis il descend sur la terre et étudie à l’Académie de la terre, puis il va, examine son sceau et ouvre la fosse et boit et ferme. Et le scelle à nouveau et disparaît.

Salomon envoya alors Benaiahu, fils de Joïada, lui donna une chaîne sur laquelle était gravé le Nom divin et un anneau sur lequel était gravé le Nom et des nappes de laine et des bouteilles de vin. Benaiahu est allé et a creusé un puits au bas de la colline et a laissé entrer l’eau [De la fosse d’Ashmedai au moyen d’un tunnel reliant les deux] et il a bouché la cavité avec des voiles de laine, Et il a creusé une fosse plus haut et a versé le vin et a ensuite rempli les puits. Il est allé et s’est assis sur un arbre.

Quand Ashmedai est venu, il a examiné le sceau, puis a ouvert la fosse et l’a trouvé pleine de vin. Il a dit, il est écrit : Moqueur est le vin, bruyante la boisson fermentée: qui s’en laisse troubler manque de sens.(Pv 20,1). Je ne vais pas l’acheter.

Mais de plus en plus assoiffé, il ne pouvait résister, et il but jusqu’à ce qu’il fût ivre et s’endormit. Benaiahu est descendu et a jeté la chaîne sur lui et l’a attaché. Quand il s’est réveillé, il a commencé à se débattre, après quoi [Benaiahu] a dit: Le Nom de votre Maître est sur vous, le Nom de votre Maître est sur vous.

[…]

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Le cédrat : un parfum spirituel, fragrances corses dans le monde juif

Conférence de Didier Meïr LONG à la WIZO (Women’s International Zionist Organization) sur la « Mémoire transgénérationnelle juive; et en Corse en particulier »- introduction, le 14 mai 2017.

Comment parler d’une odeur ? Celle trés particulière du cédrat ? J’ai fait sentir le parfum de fleur de cédrat aux gens de ma conférence de la WIZO.

Parfum copie

Chabbat Chekalim, pourquoi il est interdit de compter des êtres humains

La Chabbat Chekalim qui précède Roch Hodech Adar nous livre un enseignement important nous a dit le Rabbin Harboun hier. Il est formellement interdit de dénombrer des êtres humains comme on dénombre des moutons ou des choses. Alors comment procéder au recensement annuel dés lors que la Révélation a été donnée au Sinaï (Parasha Michpatim la semaine dernière). Comment savoir ceux qui sont restés juifs, ceux qui ont quitté ?

Le seul moyen est de compter non pas les gens mais les mistvoth. Si chacun donne un demi chekel (d’où vient chekalim, les shekels). Celui qui à l’époque du Temple, ne donnait pas se désolidarisait du pardon de D-ieu

L’Éternel parla à Moïse en ces termes: « Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l’offrande réservée au Seigneur.  Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l’impôt de l’Éternel, à l’effet de racheter vos personnes. (Ex 30, 11-15)

Nous devons absolument répéter cela sans cesse à nos enfants. Ce qui est vrai pour nos frères et sœurs juifs l’est à fortiori pour toute femme et pour tout homme.

« Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. » (Nb 1,2)

Dans le Torah D-ieu est en permanence en train de « compter » ses enfants en disant le nom de tribus, des descendants, des généalogies à n’en plus finir… Pourquoi les dénombre-t-il par leur nom à  l’arrivée au désert, demande Rachi ? et il répond :  » Comme un riche compte son trésor… parce qu’il les aime ».

C’est exactement le contraire de ce qu’on fait les nazis, que leur nom soit effacé, dans leur programme païen d’effacement systématique des préceptes de la Torah et des racines juives de l’humanité : ils ont effacé les noms des juifs pour les réduire en numéros. Tout cela est possible et nous pouvons encore lire ces numéros sur les bras de nos anciens, et toutes les dénégations des antisémites n’y changeront absolument rien. Ne l’oublions pas et répétons le à nos enfants!

Elie Misrahi

 Elie Mizsrahi, père d’une amie de jeunesse de ma femme,
a été Libéré d’Auschwitz le 29 avril 1945, à 17 heures du camps de Dachau par les forces américaines.
La main est celle de ma fille. Photo MPS.

 

Le sens du Talit

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La Torah évoque deux fois le châle de prière (talit) :

« Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras de se faire des tsitsit aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et ils mettront sur le coin de chaque tsitsit un fil de tehelet » (Nb 15, 38)

« Tu mettras des franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvriras. » (Dt 22, 12)

La mitsvah du talit est donc importante. En se couvrant de ce châle de laine avec la bénédiction, le juif accepte le joug des commandements (hol hamitsvot) que signifient les tsitsits aux 4 coins du talit. Littéralement il s’enveloppe des mistvot.

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Baroukh ata Ado-nay  élo-hénou mélekh haolam acher kiddéchanou bémitsvotav vétsivanou léhithatef betsitsith.

Bénis sois-Tu Seigneur notre D-ieu, Roi de l’Univers, qui nous a béni et sanctifié par Ses commandements et nous a ordonné de nous envelopper des tsitsits.

Lire la suite de « Le sens du Talit »

Jérusalem batie comme une ville ou tout ensemble fait UN

Yérouchalaïm bâtie comme une ville où tout ensemble fait UN c’est là que montent les tribus, les tribus de l’Eternel pour célébrer le Nom de l’Eternel. (Téhilim)

Sur tes murs J’ai posté des veilleurs, ni de jour ni de nuit ils ne doivent sa taire (Téhilim)

Si le Seigneur ne garde la vile c’est en vain que veillent les gardes, si l’Eternel ne construit la maison les bâtisseurs travaillent en vain. (Téhilim)

Sion disait l’Eternel m’a abandonnée l’Eternel m’a oublié… une mère pourrait-elle oublier son enfant?… Et même si une mère oubliait moi je ne t’oublierai pas. Regarde, j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains (Isaïe).

Si je t’oublie Yérouchalaïm que ma main droite m’oublie , Que ma langue colle a mon palais si je perds ton souvenir, si je ne place Jérusalem au sommet de ma joie.(Téhilim)

Le mot Sion au petit matin, puis Jérusalem (Kotel ) la galerie avec la source dans les fouilles au pied du Kotel. Une femme en train sous les fondations au Kotel. Je n’ai jamais vu une telle foi.

 

Havdalah

Havdala

A la fin du Shabbat on célèbre la Havadalah, la clôture. Elle sépare le temps sacré du temps profane, le kodesh (saint) du ‘hol (ordinaire). Elle se célèbre assise (on accueille la fiancée Shabbat debout).

  • On remplit la coupe et elle déborde dans une assiette. On bénit la coupe qu’on ne boit pas dans un premier temps (seulement l’homme par comme au début du Shabbat).
  • On  prononce ensuite la bénédiction sur les parfums (les arbres odorants, épices) « Baroukh atta Hachem, élokénou mélèkh haolam, boré atsé bésamim » et on respire les épices. Si possible on respire de la myrte (au féminin en langue corse ! )
  • On dit ensuite la bénédiction sur le feu : « Baroukh atta Hachem, élokénou mélèkh haolam, boré méoré haèch » et on regarde la lueur du feu sur les ongles de ses mains.
  • Enfin on dit la bénédiction de la havdalah qui « sépare »: Tu es béni, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui distingues le sacré du profane, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours ouvrables, béni Tu es, Hachem, qui distingues le sacré du profane.

Baroukh Ata Hachem élo-hénou mélèkh aholam hamavdil bein kodech lé’hol, ou bein Or Léhochekh oubein Israel Ia’amim ou bein yom hachévii léchéchèt yemei hamaasé. Baroukh ata Hachem hamavdil bein kodech léhol.

On éteint la bougie dans le vin qui a débordé de la coupe. On prend une goutte de vin et on la met sur ses ses paupières et sur sa nuque.

On chante le Eliahou Hanavi (Le prophète Elie) en appelant la avenue du Roi Messie (on entend ici le Rav Harboun !).

R. Abba marchait le long de la route avec R. Isaac . Au cours de leur voyage, ils virent des roses . R. Abba en prit une et repris la marche .
R Yose vint à eux et dit: « Certes, le Shekhina est ici ! Je peux voir de la rose dans la main de R. Abba que l’on peut apprendre beaucoup de sagesse de cela. Je sais que R. Abba a choisi le rose pour nous enseigner quelque chose.  »
R. Abba dit:  » Asseyez-vous , mes enfants  » Ils se sont assis . R. Abba sentait la rose et dit: « Certes, le monde n’est soutenu que par la fragrance des odeurs… Car j’en venu à comprendre que l’âme est seulement soutenue par l’odorat ; ainsi, on sent la myrte à la fin du Shabbat »

Chavoua tov

Nourritures spirituelles (saison 3 !) : Le seder de Roch Hachana, avec Gérard Haddad, « Continuer de goûter le monde »

Gérard Haddad

 Ecouter l’émission 

A l’occasion de la fête de Roch Hachana, Marc-Alain Ouaknin reçoit Gérard Haddad dans l’émission TALMUDIQUES sur France Culture pour une réflexion sur le rituel  de cette fête qui consiste en un « étrange repas » où l’on mange des mets et des mots.

Avec le psychanalyste Gérard Haddad, ce rituel abordé sur un plan symbolique, nous fait découvrir l’un des aspects insoupçonnés des rapports de l’homme au langage, au livre et à la nourriture.

Manger le livre« Dans son entreprise de fondation de la psychanalyse, Freud a voilé les liens qui l’unissaient à la religion juive. Pourtant certaines de ses intuitions ne sont compréhensibles qu’à la lumière des textes hébraïques. Tel est le point de départ de Gérard Haddad qui l’entraînera, au-delà de Freud, à émettre une hypothèse très neuve, déchiffrée dans les rites alimentaires juifs : l’acte originel qui détermine l’intégration de l’individu dans le groupe est un acte de dévoration très particulier puisqu’il s’agit de manger des mots organisés en Livre. Manger le Livre, voilà l’acte fondamental.
De surprenantes passerelles apparaissent entre l’eucharistie et les mythes culinaires bororos ou la dyslexie et les techniques publicitaires. Mais Gérard Haddad nous permet aussi de comprendre pourquoi et comment l’alcool intervient dans la création littéraire. Ibsen, Lowry et tant d’autres, nous révèlent le secret connu et masqué depuis qu’il y a des hommes : nous sommes tous des mangeurs de Livre. »

Gérard Haddad est médecin, psychiatre et psychanalyste. Auteur d’une oeuvre importante, il propose une lecture de la psychanalyse enracinée dans l’oeuvre de Lacan et dans les textes de la tradition juive en particulier le Talmud, le Midrach et la pensée de Maïmonide. Il est l’un des principaux disciples de Yeshahou Leibowitz en France dont il est aussi le traducteur.

Chana Tova !

grenade

‘Hallot, Le pain de l’âme : Shabbat Shalom !

RECETTE DE LA HALA
Ingrédients :

– 500 g de farine
– 2 sachets de levure boulangère
– 1 oeuf + 1 jaune pour dorure (à la fin)
– 1 pincée de sel
– 3 cuillères à soupe de sucre
– eau jusqu’à obtention d’une pâte facile à travailler
– graines de sésame ou de pavot

Réalisation

  1. Mélanger farine, oeuf, sucre, sel, levure et eau petit à petit.
  2. Pétrir la pâte pendant 10 minutes jusqu’à ce qu’elle devienne lisse (ne pas hésiter à rajouter de l’eau ou de la farine si besoin).
  3. Laisser reposer 10 à 15 minutes.
  4. Faire 3 boules. Les travailler une à une et les faire rouler sous les mains en forme de baguette.Les assembler ensuite et former une tresse.
  5. Lorsque la tresse est faite, faire la dorure (jaune d’oeuf + un peu d’eau). Pour finir, étaler la dorure sur le pain à l’aide d’un pinceau à pâtisserie. Rajouter ensuite sur la dorure les graines de sésame ou de pavot.
  6. Enfourner à 180°C (thermostat 6) pendant 20 minutes.Piquer à l’aide d’un couteau pour savoir si c’est cuit.

Sens

En nous arrêtant de travailler et en sanctifiant le pain du Shabbat nous rapportons à D. toute la récolte c’est-à-dire tout le travail de notre semaine, notre gagne-pain. D. a créé la semence mais nous sommes capables de récolter et faire de la farine puis de pétrir et cuire du pain, aliment premier de notre subsistance. Ce pain est pour nous la nourriture de l’âme : Shabbat vayinafash, le septième il s’arrêta ou plutôt il nous rend notre âme (néfésh), nous sommes enfin nous-mêmes, libres ! Shabbat Shalom !

Maïmonide commente :

Quel est ce « délice (oneg) de Shabbat » ? Cela fait référence à l’affirmation de nos Sages disant qu’une personne devra spécialement cuisiner des mets délicieux et des boissons spécifiques pour Shabbat, selon ses moyens. Plus une personne dépense de l’argent pour Shabbat et cuisine de bons plats en son honneur, plus elle est digne d’éloges.

Un homme a l’obligation de manger trois repas le Shabbat, un le soir, un le matin et un l’après-midi [à partir de midi]. Il faudra s’assurer de ne pas manger moins de trois repas. Même un pauvre nourrit par la charité devra manger trois repas. Moïse Maïmonide, Hil’hot Shabbat 30, 7.9

Les trois repas de Chabbat comportent tous du pain sur lequel on récite la bénédiction.

ברוך אתה ה’ א‑לוהינו מלך העולם המוציא לחם מן הארץ‏

Baroukh ata Adonaï, Elohènou, melekh ha‑olam, hamotzi lèkhem min ha-aretz
« Béni sois-Tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l’univers,
Qui fais sortir le pain de la terre. »

Ce pain s’appelle « ‘halla », on en dispose deux tresses à chaque repas. Les ‘hallot représentent la manne qui nourrissait miraculeusement le peuple juif dans le désert du Sinaï pendant quarante ans. En semaine, chaque personne recevait seulement une portion de manne, mais le vendredi, la mesure était doublée : une mesure pour le jour-même et une autre pour Shabbat. (Ex 16, 22-23, 25-26). On protège les ‘hallot dans un tissu qui symbolise la rosée entourant la manne.

la ‘halla est la partie du pain que l’on ne mange pas, la dîme prélevée de la pâte que l’on donnait aux Cohanim (prêtres) comme offrande réservée pour eux à l’époque du Temple. En l’absence du Temple à Jérusalem, nous ne donnons pas la ‘halla à un Cohen, mais nous la brûlons sur le gaz ou dans le four.

D.ieu parla à Moïse en disant : « Lorsque vous arriverez dans le pays où je vous conduis et que vous mangerez du pain du pays, vous en prélèverez une part pour D.ieu. Des prémices de votre pate, vous prélèverez un morceau comme une offrande. Vous prélèverez de la même manière que pour le tribut de la grange. Des prémices de votre pate vous donnerez un tribut à D.ieu dans toutes vos générations. » (Nb 15, 17-21)

Moïse dit: « Voici ce qu’a ordonné le Seigneur: ‘Qu’un ômer plein de cette manne reste en dépôt pour vos générations, afin qu’elles connaissent le pain dont je vous ai nourris dans le désert, lorsque je vous ai fait sortir du pays d’Égypte.’  » (Ex 16, 32)

Rachi commente :

A l’époque de Yirmeya (Jérémie = « celui que l’éternel a désigné « ), lorsque celui-ci adressait aux gens des reproches en leurs disant : « Pourquoi n’étudiez-vous par la Torah ? », ils lui répondaient : « Devrions-nous cesser de travailler pour étudier la Torah ? De quoi vivrions-nous ? ». Il leur exhibait alors le flacon de manne et leur disait : « O génération ! Voyez la parole de Hachem ! » (Jr 2, 31). Il ne disait pas : « Ecoutez ! », mais : « Voyez ! » Voici ce dont se sont nourris vos ancêtres ! Hachem dispose de nombreux messagers pour préparer la nourriture de ceux qui Le craignent (Mekhilta).

Le message de la manne c’est que c’est D.ieu qui nous donne notre pain, nous sommes de simples gérants de passage. Shalom babayit !

Sur le Shabbat une émission de Gérard Haddad et Didier Long sur France Culture à propos de « Tu sanctifieras le jour du repos »

Voir aussi : Les pains de proposition du Temple et le Shabbat

Lag Baomer : le Psaume 150, décalogue de la louange

Lag BaomerPour Lag Baomer écoutez Le psaume 150, cette version est magnifique :

Les Psaumes qui constituent l’essentiel de la prière juive (et la prière des heures chrétienne !) sont le résumé de la Torah.

Le premier et le second psaume, introduction et résumé du psautier correspondent respectivement au :

  • joug de la Torah :

« Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel, et médite cette Loi jour et nuit! » (Ps 1, 2) ;

  • … et au joug du Royaume :

« Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l’Eternel et son machiah’… maintenant, ô rois, sachez comprendre, tenez-vous pour avertis, juges de la terre! Adorez l’Eternel avec crainte, et réjouissez-vous [en Dieu] avec tremblement. » (Ps 2, 2. 10-11)

Celui qui accepte le joug de la Torah et celui du Royaume est juif. Ces deux psaumes résument le psautier, la Torah et toute l’existence juive. Comme dit le Talmud.

A la question : Pourquoi Ecoute, Israël précède-t-il : Et il arrivera que si tu écoutes ? R. Yehoshoua b. Qorha répond : « Afin que l’homme accepte d’abord le joug du Royaume des cieux et ensuite le joug des commandements ».

Les Téhilim (louanges) se terminent par les psaumes 146 à 150 qui sont considérés comme une suite du Hallel (Ps 113 à 118 ). « Hallel », une expression qui signifie « qu’Il soit loué ». Hallellu- Ya « que D. soit Loué ». 10 Hallelu appellent à la louange, répétés 10 fois comme les dix paroles de création de Béréshit ou les 10 paroles du Sinaï qui appellent à la lounage « tout ce qui respire » c’est à dire « tout être vivant ». Car D. ne parle pas seulement aux hommes mais à chaque être de la Création par son ,nom dans une langue que lui seul comprend et cela est un grand mystère pour celui qui y réfléchit.

La louange n’est pas une louange béate du naïf mais une sorte de naïveté seconde de l’homme « Ashrei aish » (Heureux l’homme) du début psaume 1 qui a traversé le psautier, rencontré la maladie, la solitude, l’infamie, la trahison de ses amis, la misère et la mort. Seul celui qui a supplié son Créateur peut le louer.

Aujourd’hui, Lag Baomer est un jour de Simkha, de  joie relisons et chantons ce dernier psaume qui se termine sur cette mélodie magnifique dans sa langue, le Psaume 150 c’est « l’Hymne à la joie » du judaïsme:

kol haneshama tehalel yah allélou-yah

« Que tout ce qui respire, (que toute âme) loue le Seigneur! Alléluia! »

1 Alléluia ! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament, siège de sa force.

2 Louez-le pour sa puissance, louez-le pour son immense grandeur.

3 Louez-le aux sons stridents du Chofar, louez-le avec le luth et la harpe.

4 Louez-le avec le tambourin et les instruments de danse, louez-le avec les instruments à cordes et la flûte.

5 Louez-le avec les cymbales sonores, louez-le avec les cymbales retentissantes.

6 Que tout ce qui respire loue le Seigneur ! Alléluia !

Théhilim150

Psaume 150Après le psaume 150 on reprend la Psaume 1 car la louange est infinie. Lire ne commentaire ce que je dis sur le « jou ‘ol