Le rire de Rabbi Akiba au milieu des pleurs de Ticha BeAv


Nous vivons les 3 semaines qui séparent le 17 Tamouz de Ticha BeAv (samedi repoussé à dimanche) et les 9 jours avant Ticha Be Av (jour de jeune anniversaire de la destruction des deux temples). Jours de deuil et d’affliction. « Qui ne pleure pas la destruction du Temple n’aura pas la joie du monde qui vient » dit le Talmud. Faut-il rire ou pleurer ? Un souvenir de deuil du Temple qui est évoqué paradoxalement un jour de Sim’ha, celui où nous brisons le verre du kiddouchine (mariage). Comme si notre joie juive était toujours mêlée de pleurs et notre tristesse d’espoir.

Mariage

C’est un grand mystère que celui de la Sim’ha et les maîtres hassidiques nous l’ont montré. Rabbi Nahman de Bratslav en faisait le plus haut commandement : « Mitzvah Gedolah Le’hiyot Besim’ha Tamid »

Tsahal

« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 4)

Le Talmud au traité Makkot page 24b (verso), se termine par une histoire paradoxale :

« Il arriva encore une fois que Rabban Gamaliel, Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi Josué et Rabbi Akiva se rendirent à Jérusalem. Quand ils atteignirent le mont Scopus, ils déchirèrent leurs vêtements. Quand ils arrivèrent au Mont du Temple, ils virent un renard qui sortait du lieu du Saint des Saints. Les autres se mirent à pleurer ; Rabbi Akiva rit.

Ils lui dirent : « Pourquoi ris-tu ? »

Il leur répondit : « Pourquoi pleurez-vous ? »

Ils lui dirent : « Un lieu [tellement saint] qu’il en est dit : “L’étranger qui l’approche mourra” (Nb 1,51) sur lequel s’est maintenant accompli : “Pour le mont Sion en ruines, traversé par les renards”, (Lamentations 5, 18) nous ne devrions pas pleurer ? »

Il leur dit : « C’est pour cela que je ris. Car il est écrit : “Je ferai témoigner en ma faveur des témoins fidèles, Urie le prêtre et de Zacharie, fils de Yebarékhyahou.”(Is 8, 2)

Quel est le lien entre Urie Et Zacharie ? Urie vécut à l’époque Premier Temple, et Zacharie à l’époque du Second Temple ! La Torah fait cependant dépendre la prophétie de Zacharie de celle d’Urie. Avec Urie, il est écrit : “C’est pourquoi, à cause de vous Sion sera labourée comme un champ ; [Le temple détruit Jérusalem redevient une terre inculte.] (Michée 3, 12). Avec Zacharie, il est écrit : “De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.”. (Za 8,4). Tant que la prophétie d’Urie ne s’était pas accomplie, je craignais que la prophétie de Zacharie s’accomplisse pas non plus. Mais maintenant que la prophétie d’Urie s’est accomplie, il est certain que la prophétie de Zacharie s’accomplira elle aussi. »

Sur ces mots, ils lui répondirent : « Akiva, tu nous as consolés ! Akiva, tu nous as consolés ! »

Jérusalem (2)

« De nouveau des vieux et des vieilles seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main à cause de leur grand âge » (Za 8,4)

L’attitude de Rabbi Akiba est paradoxale. N’est-ce pas le même Akiba qui dans le Pirké Avot 3, 13 est cité comme un « triste sire » mutique et qui là rit alors qu’un renard sort des ruines fumantes du Temple cœur du judaïsme  :

Rabbi Akiba dit : « La plaisanterie et la frivolité accoutument l’homme à la licence. La transmission [de la Loi orale] préserve la Torah ; les dîmes préservent la richesse ; les vœux préservent l’abstinence ; la préservation de la sagesse, c’est le silence. » (Pirké Avot 3, 13)

Comment comprendre cette histoire qui clôt le traité Makkot dans le style ramassé qui est celui du Talmud ?

Isaac Abravanel au XVIème siècle, lui qui a cru que l’expulsion des juifs un jour de Ticha beAv 1492 de la péninsule ibérique était les Hevlei Hamachia’h, les douleurs d’enfantement du Messie et l’aube de la Rédemption note toutes les incohérences de cette pages du Talmud [1].

  1. Urie le prêtre, contemporain d’Achaz, avait construit à Damas une réplique de l’autel [CF 2 R 16, 11 : Ourla, le pontife, construisit un autel semblable et l’exécuta tout à fait selon le modèle que le roi Achaz lui avait expédié de Damas, avant même le retour d’Achaz de cette ville]. Ce n’était donc pas un « témoin fidèle » mais un pécheur qui suivait un roi.
  2. Le prophète Zacharie a prophétisé à propos du Deuxième Temple (plus de deux siècles plus tard) et non sur les tribus exilées par les Assyriens. Comment pourrait-il être un « témoin ». Quant à l’autre Zacharie, B ; Yehoyada, il est mort cent un ans avant Isaïe.
  3. Comment pourraient-ils être les des « témoins » (‘edim) d’un moment d’isolement des époux (puisque c’est de la conception de l’enfant qu’il va être aussitôt question) ? [Se réfère à Is 8, 4 : « Car l’enfant ne saura pas encore dire : Mon père, ma mère, que déjà on emportera devant le roi d’Assyrie les richesses de Damas et les dépouilles de Samarie »]
  4. Que dire de faits qui se produiraient avant que l’enfant sache nommer ses parents (puisque la ruine de Samarie eut lieu la sixième année du règne d’Ezéchias, l’enfant né au début de celui d’Achaz aurait donc eu dix-sept ou dix-huit ans) ?
  5. Il est difficile qu‘Urie prophétise contre Achaz, roi de Juda, en annonçant la ruine non de Juda mais de la Samarie, en quoi alors témoigne-t-il sur lsaïe ? De plus, des témoins, selon la Loi, doivent se trouver ensemble présents sur le lieu du fait, or cela supposerait qu’Urie ait vécu cent cinquante-trois ans et Zacharie deux cents ans ; Urie (de Jérusalem) a prophétisé sur Jérusalem, on parle ici de la Samarie ; Zacharie a parlé du Second Temple, on parle ici du royaume d’Israël ; comment peuvent-ils témoigner à propos d’lsaïe et de son isolement avec sa femme ? Et, s’il s’agit d’homonymes inconnus, alors à quoi bon donner leurs noms ?

Il faut donc penser qu’il s’agit de témoigner au sujet de Dieu et que l‘espace vide dans le parchemin est destiné à recueillir les trois témoignages des prophètes : Isaïe, qui témoignera de la destruction de Samarie et de Damas par les Assyriens ; Urie, qui allait prophétiser la destruction de Juda et de Jérusalem par Nabuchodonosor ; Zacharie, qui allait annoncer la reconstruction du Temple : une destruction est donc bien suivie d’une consolation.

Voilà ce que dit Abravanel. Lui qui courut l’Espagne et leva autant d’argent qu’il a pu pour soudoyer Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, les suppliant de ne pas expulser des femmes, des enfants et des vieillards promis à une mort certaine.

Ce qui unifie les « témoignages » d’Urie et d’Isaïe c’est qu’une destruction est toujours suivie d’une consolation. Si la première prophétie qui concerne le premier temple s’est accomplie comment la seconde concernant le Second Temple ne s’accomplirait-elle pas ?

La répétition deux fois deux fois de « tu nous a consolés » dit l’unité des deux prophéties.

Le rire d’Akiba est une manière de dire : même si un renard sort du saint des saints nous sommes toujours là, vivants !

Toute le tradition juive est remplie de ce paradoxe du rire et des pleurs.

  • Les Hevlei Hamachia’h, les douleurs d’enfantement du messie, annoncent la Rédemption
  • Les tsadikim meurent pour les impies. Leur mort rachète les rechaim.
  • Le mal selon la vision du Maharal et des kabbalistes se rejoint avec le bien, les jumeaux Esaw et Jacob sont les deux figurent antithétiques d’une même réalité dont la tension est créatrice et productive. C’est de leur tension que nait la création comme en gestation d’enfantement.

Dans son développement sur ce passage, R. Yaakov Ettinger, 1798-1871 (Allemagne) auteur du ‘Aroukh laNer présente la destruction du Temple non pas comme une calamité mais aussi une marque de bonté divine. Dieu a déversé Sa colère sur du bois et des pierres afin de préserver le peuple d’Israël. Paradoxe donc.

Il n’y a pas d’autre réponse à cela que le rire mêlé de larmes. Comme Rabbi Akiba nous devons savoir rire au milieu des ruines.

Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: « De nouveau des vieux et des vieilles seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main à cause de leur grand âge. Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. […] Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: « Oui, certes je vais, par mon secours, retirer mon peuple de l’Orient et du pays du soleil couchant. Et je les ramènerai pour qu’ils habitent dans Jérusalem; ils seront mon peuple, et moi, je serai leur Dieu en vérité et en justice. » (Za 8, 4-8)

De notre vivant nous avons vu la réalisation de la prophétie.

 

[1] Voir L’exégèse d’Isaïe 8, 1-8,p ar Maurice Ruben Ayoun, pg

La catastrophe écologique qui menace les océans est d’abord une cécité spirituelle


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Nous savons aujourd’hui que l’homme semble plus le passager de la vie que son sommet ou son accomplissement. Nous sommes le résultat de milliards d’années de symbiose, de fusion d’organismes.

Loin d’être une exception dans la nature, l’homme doit son existence aux microbes et aux bactéries, vecteurs primordiaux de la vie, qui gouvernent les mécanismes essentiels de la biochimie et ont présidé à l’apparition de la vie sur terre il y a 3,8 milliards d’années. Si on regarde aujourd’hui la longue histoire de l’évolution l’homme arrive seulement en dernière minute, au crépuscule. Les insectes sociaux ont 100 millions d’années et l’homme, seulement 50 000 ans.

Sans des milliards d’années d’une intelligence qui nous dépasse infiniment l’atmosphère terrestre n’aurait pas créé il y a 2,4 milliards d’années l’apparition de l’oxygène et il y a 600 million d’années une atmosphère de 10 kilomètres d’oxygène et d’azote produites par la photosynthèse des algues et des plantes, un bouleversement d’écosystème qui a permis l’apparition d’une couche d’ozone protectrice et l’apparition d’organismes complexes. Cette atmosphère où a surgi l’oxygène puis le vivant se maintient en température et en composition par des lois que nous ne connaissons pas, le composé biochimique humain peut y vivre et respirer. Sans cet écosystème arrivé à son équilibre nous vivrions dans une atmosphère saturée de gaz carbonique et d’azote comme celle qui régna sur terre avant l’apparition des animaux, des plantes et des hommes. Les anciens ont eu l’intuition du lien intime entre la vie profonde de l’homme et la respiration. La nechama, le souffle ou l’âme c’est ce qui respire en hébreu.

Aujourd’hui de nouvelles visions émergent soulignant la dépendance forte entre les formes de vie, mais les anciens, sans nos connaissances micro biologiques modernes, avaient déjà eu cette intuition de l’interdépendance du macrocosme et du microcosme. L’homme est porté par la vie biochimique dont il vient et à laquelle il retourne, une loi mystérieuse en permet la persistance dans l’être, l’homéostasie.

Pour la Torah l’homme vient de la terre symbole de cette biochimie organique qui porte la vie et y retourne ; de cette « terre » fabriquée par les bactéries qui vivent dans le sol et rend possible la vie végétale.

« jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré: car poussière tu fus, et poussière tu redeviendras! » (Gn 3, 19)

Notre planète est donc devenue « la Terre » dans le langage commun. Les mots « humble », « humain » viennent de humus, la terre. Nous sommes donc hébergés par cette vie qui nous dépasse, par cet écosystème naturel dont la terre est le parfait symbole.

Pour la Torah l’homme est le gardien de cet écosystème hydro végétal. L’éthique biblique n’est autre qu’un choix de survie humaine et écologique. Le second paragraphe du Chema souligne cette interaction et cette continuité entre l’éthique humaine et l’écosystème terrestre du vivant.

« Et ce sera, si vous écoutez bien Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre Dieu et le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié. Gardez-vous de laisser séduire votre coeur, de vous écarter et de séduire d’autres dieux, de vous prosterner devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous. Il fermerait les cieux, il n ‘ y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que Dieu vous donne. Mettez ces paroles que Je vous énonce, dans votre coeur et dans votre âme, attachez-les comme signe à votre main et qu’elles soient en fronteau entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils, pour vous en entretenir assis dans votre maison, en marchant sur le chemin, en se couchant et en se levant. Tu l’écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes afin que se multiplient vos jours et ceux de vos enfants sur la terre que Dieu à juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux sur la terre » (  Deutéronome 11, 13-21)

L’homme n’est donc pas le souverain de la création mais son gardien. Il peut décoder l’ADN, comprendre les mécanisme micro moléculaires de la vie, maitriser le cycle de l’eau, dominer, l’agriculture, reconstruire des intelligences artificielles semblables aux algorithmes naturels qui gagnent leur propre autonomie, il reste dépendant du substrat biochimique qui le compose, de la chimie qui permet ses émotions, ses sentiments, l’homéostasie de son corps et de ses systèmes nerveux, endocriniens, circulatoires… sans lesquels il ne survivrait pas une minute. Les bactéries ont non seulement toujours vécu avec les hommes mais elles font partie de nous. Notre corps possède 30 mille milliards de cellules, nous sommes donc composés de 39 mille milliards de bactéries.

L’homme dépend de la biochimie dont la terre est le symbole. Composé à 80% d’eau où vivent des cellules et bactéries il garde en lui la mémoire de l’océan primitif ou les premières formes de vie sont apparues il y a 3,8 milliards d’années sans que nous sachions comment. Nous savons aujourd’hui que l’homme est capable de détruire l’écosystème des océans où est née la vie, où pendant deux milliards d’années des cellules ont constamment transformé la surface et l’atmosphère terrestre.

corail-animaux

L’océan joue un rôle déterminant dans l’écosystème de notre planète. En 55 ans, l’Homme a effacé 90 % des plus grands prédateurs des océans, en 40 ans près de la moitié des espèces marines a disparu. Les massifs coralliens menacés par le réchauffement climatique recèlent 25% des espèces vivante sous marines. Les plastiques que nous rejetons changent définitivement la composition de leurs gouttes d’eau et créent des continents sans vie. La destruction de l’écosystème des océans est non seulement une catastrophe écologique mais aussi une catastrophe spirituelle. Elle signe l’inconscience de chacun de nous face à ce que nous avons reçu en héritage de milliards d’années.

C’est cette réalité apparue à la dernière minute de la création ou au sixième jour du temps que la Torah nomme Adam, celui qui est tiré d’adama, la terre. L’étrange loi qui gouverne à l’apparition et au maintien dans l’être du cosmos et du microcosme qu’elle traverse nous est inconnue.

Les hommes de la Torah ont renoncé à désigner avec des mots de ce monde, ce qui signifierait saisir, ce « lieu » originel du monde. A maqom.

Durant les 3 semaines qui vont du 17 Tamouz a Ticha be Av nous autres juifs prenons le deuil du Temple détruit, ce temple qui était au coeur de notre vie sociale et spirituelle a été détruit à cause de la cécité spirituelle d’Israël ont dit nos Sages. L’humanité devrait prendre conscience de sa cécité spirituelle et du fait qu’elle détruit le « temple » de sa vie.

Shelomo Selinger


 

Shelomo

Photo Rami Selinger

A 13 ans et demi Shelomo a été retrouvé sur un tas de cadavre à Terezin par un officier soviétique juif qui l’a emmené à l’hôpital militaire. En sortant il a été amnésique pendant 7 ans. Il est sorti de l’amnésie par l’art.
La veille de ses 90 ans Shelomo Selinger vient d’achever de tailler la sculpture monumentale qui sera le mémorial de la Shoah à Luxembourg. Il a travaillé comme un forçat et voilà l’oeuvre est née.

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Comme une revanche contre la folie nazie.

Les nazis, que leur nom soit effacé, ont tué son père (zal) en lui faisant aspirer de l’eau sous pression avec un tuyau. Shelomo a dessiné tout cela.

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Shelomo Selinger

C’est toute  la famille de Shelomo, Ruthy sa femme, Rami son fils qui est un jazzman très sensible, sont selon moi un seul et même miracle de la vie. Avec leur sensibilité d’artistes et de chercheurs de mémoire ils ont été pour moi comme des signes de piste par rapport à ma propre amnésie marranne.

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Ruth Selinger

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Rami Selinger

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A mon mariage ma femme Rachel a demandé à Rami de jouer « Sometimes I Feel Like A Motherless Child  » de Louis Armstrong.

C’est la chanson qu’écoutait ma mère quand elle a eu les eaux de ma naissance.

Shlomo, Ruth, Rami, c’est la victoire de la vie. Qu’ils soient bénis !

Am Israël Haï, le peuple d’Israël est tellement, éternellement, vivant.

Israel hi habait cheli (Israël, ma maison)


 אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכל

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout te donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

יש לי ארץ, החלב נוגע בדבש
והישן נושן, עטוף הוא בחדש
והיא יפה קדושה, רבים הרוצים בה
ומי ידע דרכה, מנהיגים רבים לה

J’ai une terre, le lait et miel sont réunis,
et l’antique est revêtu de neuf
Et elle est belle et sacrée, beaucoup la désirent,
Mais qui connaît son destin, celui de ses nombreux dirigeants

Yech li erets, ha’halav noguéa bidvach 
véhayachan nochan atouf hou bé’hadach
véhi yafa kedocha, rabim harotsim ba
oumi yda darka manhiguim rabim la 

 

בית ועוד בית, מקיבוץ עד למושב
ועיר אחת גדולה, עשויה כולה זהב

Une maison et une autre maison, du Kiboutz jusqu’au Mochav
Et une ville grande faite entièrement d’or 

bayt véod bayt, mikibouts ad lamochav
vé ir a’hat gdola, assouia coula zahav

ישראל היא הבית שלי
ישראל החלום שאיתי
ישראל… כאן ועכשיו
ישראל, ישראל

Israël  ma maison,
Israël le rêve qui m’accompagne,
Israël ici et maintenant,
Israël, Israël, 

Israel hi habayt cheli
Israel ha’halom che iti
Israel kan vé archav
Israel Israel

ים יפה כחול, והיא יבשה ממים
ומדבר ירוק,מטל שבשמיים
דור שקבע,דגל כחול לבן
ודור חדש שבא,לנצח את הזמן

Une belle mer bleue, mais la terre est assoiffée d’eau
Et un désert qui verdit de la rosée des cieux
Une génération s’est enracinée, un drapeau bleu et blanc,
Et une génération nouvelle qui vient, victoire sur le temps

אנחנו כאן לעד, לטעת ולבנות
מחלום לתקווה, את ארץ האבות

 Nous sommes ici pour toujours, pour planter et construire,
depuis le rêve jusqu’à l’espoir, la terre de nos ancêtres

אחרייך אני הולך, מוכן למות למענך,
חושב עלייך כל היום, לישראל אתן הכ

Je marche dans tes pas, je suis prêt à donner ma vie pour toi,
tout le jour je pense à toi, pour toi Israël, je suis prêt à tout donner 

a’haraykh ani olekh, moukhan lamout lémaanekh
‘hochev alayikh col hayom, léIsrael éten hacol

 כחול לבן עולה עולה, כחול לבן עולה עולה,
הלב שלנו מתמלא, ישראל עולה עולה

 Bleu et blanc, olé olé, bleu et blanc, olé olé, ca’hol lavan, olé olé
Notre cœur se remplit, Israël 
olé olé, halev chelanou mitmalé

ca’hol lavan olé olé, ca’hol lavan, olé olé
halev chelanou mitmalé, israel olé olé

 

 

Kiddouchine Rachel et Meïr


Beaaloteah’ : comment la « mauvaise langue » peut tuer


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« Moïse, l’homme le plus humble que la terre aie porté » (Nb 12, 13)

Socialisation et émergence de la conscience

La socialisation humaine se produit pas imitation. Pour le petit d’homme, les processus cognitifs se mettent en place par imitation d’une langue, de manières de manger, de vivre, de rêver… d’une morale que le groupe humain estime une manière de s’humaniser c’est-à-dire de survivre en groupe.

Ce processus reproductif a son envers, il produit du « on », de la bien-pensance, qui oublie pourquoi la morale, ce véritable art de vivre qui habite toutes les cultures est née. La loi est fait pour vivre, « Choisis la vie » nous répète la Torah (Dt 30, 19). L’art de vivre peut donc être transformé en prêt à penser, en normalisation mortifère, prête à brûler tout ce qui ne lui ressemble pas ou ce qu’elle avait adoré la veille.

Hanna Arendt a résumé cela en une phrase célèbre :

« A cet égard, l’effondrement moral total de la société respectable sous le régime de Hitler peut nous enseigner qu’en de telles circonstances ceux-qui chérissent les valeurs et tiennent fermement aux normes et aux standards moraux peuvent changer en une nuit… et qu’il ne restera plus que la simple habitude de tenir fermement à quelque chose. Bien plus fiables sont ceux qui doutent et sont sceptiques, non parce que le scepticisme est bon ou le doute salutaire mais parce qu’ils servent à examiner les choses et à se former un avis. Les meilleurs de tous sont ceux qui savent seulement une chose : que quoi qu’il se passe, tant que nous vivrons, nous aurons à vivre avec nous-mêmes. »

Hanna Arendt, Responsabilité personnelle et régime dictatorial , 1964.

La conscience humaine n’est donc pas le produit du groupe mais in fine d’une décision personnelle.

Le processus de bouc émissaire ou de harcèlement dans les groupes humains naît de la volonté d’exclure le différent, le non normé, ce qui ne ressemble pas à un produit de la culture ambiante.

Ce ‘autre’ de la culture dont le juif assume la place parmi les Nations, manifeste la violence normative qui habite toute culture pour se reproduire et subsister, son envers obscure, un non-dit escamoté.

C’est exactement ce qui arrive à Moïse dans la Paracha de ce Chabbat :

« Miryam et Aaron médirent de Moïse, à cause de la femme éthiopienne (kouchite) qu’il avait épousée, car il avait épousé une Ethiopienne » (Nb 12, 1)

En clair, la femme de Moïse Tsipora (Sephora) est noire. Elle ne se fond pas dans la masse.

La perte de l’estime de soi à la racine du lachon hara

Et très curieusement cette particularité renvoie directement Myriam la sœur de Moïse puis Aaron son beau-frère à une crise psychologique profonde… ils se sentent diminués, ils perdent l’estime d’eux-mêmes au point de se dire que eux-aussi sont grands, sont prophètes les égaux de Moïse.

« et ils dirent: « Est-ce que l’Éternel n’a parlé qu’à Moïse, uniquement? Ne nous a-t-il pas parlé, à nous aussi? » » (Nb 12, 2)

Or nous dit le texte en un jeu de mots :

« Véaich Moché anan méod, aadam  acher al penei aadama : Or, cet homme, Moïse, était fort humble, plus qu’aucun homme qui fût sur la terre. » (Nb 12, 3)

En clair Moïse est parmi tous les adam, les humains, celui dont le visage est le plus proche de l’adama, la terre… on ne peut pas être plus bas… donc forcément Aaron et Myriam devraient s’estimer au-dessus de lui. Mais ils veulent le rabaisser plus bas que terre.

D’où vient donc cette distorsion qui les fait se mésestimer , leur fait regarder la réalité en rase moquette et donc les pousse à s’élever en rabaissant Moïse ? Lire la suite de « Beaaloteah’ : comment la « mauvaise langue » peut tuer »

La parole de nos pères et de nos mères est Torah


Un grand merci à ceux qui nous ont accompagnés :

Le Rav Haïm Harboun

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0270

Le Grand Rabbin Haïm Korsia

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Gaston Madar et Jacob Ouanounou

0276

Gérard Haddad

0370

 

Rabbi Raphaël Ohayon

0106

Toute notre communauté et nos très proches

0316

Nos ‘matriarches’

0199

Ruth Selinger (et Shelomo, Rami…)

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J’ai trouvé cette coupe dans une brocante sur la plage de Saint Cyprien, en Corse. Je l’ai fait réargenter avant de m’apercevoir que c’était un quiddouch juif. Mes ancêtres sont arrivés sur cette plage et ont nommé cet endroit Benciugnu, « On est arrivé au bon endroit ». Y régnaient la malaria et les corsaires turcs. Nous sommes revenus à Israël. La boucle est bouclée.

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L’Éternel, ton Dieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels il t’aura dispersé. Tes proscrits, fussent-ils à l’extrémité des cieux, l’Éternel, ton Dieu, te rappellerait de là, et là même il irait te reprendre. Et il te ramènera, l’Éternel, ton Dieu […] Et l’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme (Dt 30, 4-6)