Dans la revue HAYOM (Suisse)


Dans la revue suisse HAYOM pg 26-27

https://www.gil.ch/wp-content/uploads/2018/09/Hayom69_Tout_web.pdf

Souccot arrive… la fête des etroguim

L’an prochain à… Bastia !

Hag Sameah !

Hayom sept

Hayom

Gmar ‘hatima tova


Kapparot – Kippour, Freud n’a rien inventé !


Freud n’a rien inventé !!!

kapparot

Le rituel des Kapparot vient de la racine hébraïque KPR qui a donné le verbe Lekapper qui signifie « remplacer » (tout comme Kippour) est un phénomène de transfertpsychanalytique.

Le rite des kapparot est un  rituel d’expiation, qui est apparu avec la disparition du rite du bouc émissaire de Yom Kippour. Le bouc émissaire était envoyé au désert chargé des fautes du peuple.

On agite un poulet au dessus de la tête d’une personne qui est ensuite abattu conformément aux règles halakhique (chohet). La valeur du poulet ou de la viande est alors donnée aux sans-abri ou aux pauvres comme un acte de charité – tsedaka.

On peut aussi remplacer ce rite par un don d’argent pour chaque personne de sa famille (Choul’han ‘Aroukh 605). Le coût symbolique de chaque Kappara est de 18€, la valeur numérique du mot « Vie », car une vie humaine ne peut pas être comptée car elle est un monde en soi et équivaut à toutes le vies.

Ce rite qui peut sembler à première vue d’un autre âge pratiqué la veille de Kippour, tout comme le « bouc émissaire », est en réalité d’une grande profondeur psychologique. Il s’agit d’un processus de transfert au sens psychanalytique du terme. Le transfert, moteur de la cure est un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne. Là le transfert se fait sur l’animal.

En effet, chacun est invité à scruter son âme pendant les dix jours redoutables qui séparent Roch Achana et Kippour. Le but est que chacun aille demander pardon pour ses fautes de l’année à son prochain qu’il a offensé, ou blessé, ou lésé. Cette techouva, ce « retour » vise à réparer, pas les fautes envers D-ieu comme on le croit parfois mais envers le prochain. La culpabilité collective est ainsi liquidée par ces rites  qui sont des processus d’abréaction.

En psychanalyse, on appelle abréaction  la réaction différée ou tardive, qui fait revivre l’événement traumatisant accompagné des affects pénibles avec lesquels il avait été vécu. Par exemple quand une personne revit un viol en le verbalisant et ainsi le neutralise en terme de culpabilité inconsciente. (Oui je sais c’est un juif qui a inventé la psychanalyse)

Il s’agit via la bête donc de REMPLACER (lekapper) la culpabilité pour éviter qu’elle ne soit refoulée dans l’inconscient et réapparaisse sous forme fantôme comme une addiction par exemple.

De même fonctionne le rite d’annulation des voeux avant Kippour (Kol Nidré), moment de grande émotion, est un rite de liquidation de la culpabilité collective :

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple
.

NB : je dois un certain nombre de ces réflexions à Jacob Ouanounou ce chabbat.

Avinou Malkénou !


à la Une

Dans l’atelier de Shelomo Selinger avant Kippour


20180916_194345

Ruthy, Shelomo, Didier

Une impression étrange m’a saisi en entrant dans l’atelier de Shelomo Selinger. Celle d’être en face d’une foule de gens avec qui je suis lié par une solidarité invisible, celle du Am Israël. A 13 ans et demi Shelomo a été retrouvé sur un tas de cadavres à Terezin par un officier soviétique juif qui l’a emmené à l’hôpital militaire. En sortant il a été amnésique pendant 7 ans. Il est sorti de l’amnésie par l’art en sculptant ces étranges visages comme quelqu’un qui tente de ressusciter ceux qui sont partis.

Shelomo m’a dit :

« Je ne crois pas en D-ieu mais c’est mon Kaddish, c’est étrange non ? un juif non religieux qui dit le Kaddish ».

J’ai failli lui dire que l’Eternel était au delà de tout mais je me suis repris. Il n’y a pas de réponse au camp. Gérard Haddad me l’a dit.

Ruthy porte en elle toute la noblesse des juifs russes, elle est une sorte de mystique hassid, elle a toujours ces yeux bleus qui brillent qui reviennent de très loin comme s’il avait plu sur son âme. Elle m’a dit :

« A ta Houpa on voyait la sainteté dans cette Shul, je n’ai jamais vu un mariage comme cela de ma vie, les gens qui ont parlé étaient au delà de tout, j’ai croisé le regard du rabbin Harboun, c’était quelque chose d’extraordinaire, inouï » Lire la suite de « Dans l’atelier de Shelomo Selinger avant Kippour »

Chacun de nous peut se dire : « C’est pour moi que le monde fut créé « , Chana Tova !


chana-tova

Du point de vue du judaïsme, chaque vie humaine a une valeur infinie :

« Adam a été créé unique, pour t’apprendre que tout celui qui détruit la vie d’une seule personne, l’Ecriture considère qu’il a anéanti un monde entier et tout celui qui rétablit la vie d’une seule personne, l’Ecriture considère qu’il rétablit un monde entier ;(…)

Et pour raconter la grandeur du Saint, béni soit-Il : car lorsqu’un homme frappe des pièces de monnaie avec un moule, c’est toujours la même pièce qui apparaît ; en revanche, lorsque le Saint, béni soit-Il, façonne les hommes avec le moule d’Adam, chaque créature est différente de l’autre.

C’est pour cela que chacun a le devoir de se dire  » C’est pour moi que le monde fut créé ». »

« La Michna cite une autre raison pour laquelle Adam le premier homme a été créé seul : à savoir l’importance de maintenir la paix entre les peuples, de sorte que personne ne dit à un autre: « Mon père est plus grand que ton père ».»

(Talmud de Babylone, traité Sanhédrin 37a)

Nous savons que la techouva a été créé avant l’homme pour que l’homme renaisse par la techouva :

« La Gemara raconte: Il y avait des voyous [ biryonei ] qui vivaient dans le quartier de Rabbi Zeira. Il les a rapprochés et les a traités avec amitié, afin de les amener à se repentir de leurs péchés, mais les autres Sages ont désapprouvé ses actions.

À la mort de Rabbi Zeira, ces voyous ont dit: « Jusqu’à présent, il y avait le petit homme avec une jambe brulée, à savoir Rabbi Zeira, qui priait pour nous avec compassion. Qui va prier avec compassion pour nous maintenant? »

Ils ont pensé à cela dans leurs cœurs et se sont repentis. En fin de compte, les actions de Rabbi Zeira ont été prouvées comme elles se sont repenties.»

(Talmud de Babylone, traité Sanhédrin 37a)

 

 

Comment se « repentir » ?


Jerusalem-DidierLong-6

Jérusalem, Kotel, femme qui prie, photo DL

Aucun homme n’a commis aucune faute constatent nos Sages… mais il y a plus grand que le juste parfait : celui qui fait techouva.

Abahou, enseigne : « Là où se tiennent les repentis (baal techouva)  les justes parfaits ne peuvent se tenir » (Talmud de Babylone, Bérechit Rabba, 34b)

La techouva en hébreu ne signifie pas la « repentance » mais le « retour » ou la « réponse » (La « repentance » se dit en hébreu ‘haratah et non techouvah). La repentance est de l’ordre de la culpabilité, d’un processus passif qui accumule une énergie négative qui resurgira sans crier gare en addiction par exemple. La techouva, elle est active. Car dans la « techouva », du verbe chouv, « revenir » il y à l’idée de retour c’est dire de chemin : vers soi-même pour se retrouver, vers ceux qu’on a blessés, vers la communauté, vers la Torah, vers D-ieu,  vers la terre où l’exil prendra fin.

Maimonide commente :

« Que le repenti ne pense pas qu’il est loin du niveau atteint par le juste, du fait des fautes et des transgressions qu’il a commises. Il n’en est pas ainsi ; [en fait], il est aimé et chéri du Créateur comme s’il n’avait jamais fauté. Plus encore, grande est sa récompense, car ayant goûté à la faute, il y a renoncé, et a refréné son penchant. (7,2)

Aurions-nous transgressé toute la Torah et toute morale, D.ieu n’oublie pas sa création, Il reste toujours son image gravée en nous. Il reste toujours en nous une étincelle qui va permettre de rallumer la lumière. Mais pour cela il faut un peu d’amour. Maimonide nous dit :

« Quel est cet amour convenable ? Il s’agit d’aimer D.ieu d’un amour immense et ardent, au point que son âme soit unie avec l’amour de D.ieu, et soit continuellement ravie par celui-ci, comme un homme qui se languit d’amour [pour une femme], et n’a pas l’esprit tranquille du fait de cet amour pour cette femme, et y pense continuellement, à se lever, à son coucher, en mangeant et en buvant. »

A Kippour nous revêtons des vêtements tout blancs et notre talith de mariage tout blanc, comme un habit de lumière : « L’homme juste ou l’homme repenti quitte son vêtement terrestre (matière) pour se revêtir de son vêtement céleste (lumière) et il est accompagné par les anges jusqu’à sa demeure au Gan E’den » nous dit la Kabbale.

Voici quelques citations des « lois du repentir (Techouva) » de Moïse Maïmonide dans le Michné Torah qui sont parmi les les plus humaines et les plus belles écrites par un Sage. Lire la suite de « Comment se « repentir » ? »