RADIO JUDAIK PARK : COVID, Nouvelles du Front

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Les Français parlent aux Français. « Les carottes sont cuites », je répète « les carottes sont cuites ».

Message personnel : « Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA » je répète «  Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA  »

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus qui n’avaient jamais été observés auparavant. VIH, Ebola en Afrique de l’Ouest, Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale.

La plus grande partie de leurs microbes vivent avec eux depuis des siècles il s’y sont habitué. Le problème vient de la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, qui ont permis à des microbes d’arriver aux implantation humaines et jusqu’au corps humain.

Ça ne ressemble en rien à une grippe, symptômes très violents. 4 cas du front :

N.

N. est malade depuis jeudi dernier. Courbatures comme si on l’avait frappé. La fièvre est à 39 depuis, bon signe. Aucun problème cardiaque ou respiratoire

Y.

Dans un même appartement :

« Son frère 36 ans en à J+9 : Mieux ce jour après détresse respiratoire hier assez sévère.

Sa Maman 75 ans, à J+8 : aggravation ce matin assez sévère avec apparition de multiples nouveaux symptômes mais état stabilisé depuis 2/3 heures.

Up and Down violent inherent au COVID. 

Y 40 ans, elle parle avec une voix complètement brisée qui l’a surprise au détour d’une phrase

Y est malade depuis mercredi dernier 17h, aucun signe de fièvre, problème respiratoire

Hier… journée de merde… Gigantesque défaillance respiratoire.

Visite médecin des Urgences médicales de Paris (nb : 30, les meilleurs) arrive habillé avec des gants une combinaison et des protèges chaussures. A l’entrée il se recouvre d’une autre combinaison qu’il jettera à la sortie ; on n’est pas dans la série Techernobyl sur Netflix.

Le médecin fait ouvrir les fenêtre et évacuer l’air de la pièce.

Il ausculte Y avec des gants et précautions.

Poumons en surinfections en plus du COVID donc Pénicilline.

Electrocardiogramme qui détecte 2 anomalies… Bilan sanguin phase 1 : Infarctus du Myocarde semble écarté. Le reste semble normal.

Bilan sanguin sera connu demain.

Hospitalisée ? Non… pas encore assez grave.

Le cœur tient.

Plus de place à l’hopital, le médecins ne se déplacent plus. Les vieux urgentistes pleurent en réa’

Si le résultat de demain est ok pour le coeur on pourra donc dire que le souci à l’électrocardiogramme est une conséquence du COVID et de l’infection pulmonaire et non un problème cardiaque (elle n’en a jamais eu). Y est diagnostiqué COVID mais les seuls diagnostiqués sont les gens dans les hôpitaux. Donc les chiffres sont faux. Les gens crèveront à la maison.

Les labo d’analyses sont quasiment tous fermés à Paris.

Les labo qui se déplacent habituellement ne le font plus.
Pour Infos et si nécessaire un labo ouvert au 17 Avenue d’Eylau dans le 16ème, métro Tocadéro.

Le danger même si état stable survient entre J+8 et J+12

On considère qu’il faut être en J+10/J+12 pour être sorti d’affaire

Prions

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« Ô Éternel, D. vrai, qui ne sommeille ni ne dort, qui réveille ceux qui dorment et ranime ceux qui somnolent, qui ressuscite les morts et guérit les malades… »

A toi Yaël J., à ton frère à ta Maman guéris Baroukh Achem ! Cette Tefilah (prière) adressée à tous les vivants et ceux qui peinent dans la douleur du Coronavirus.
Au Rav Hamou.
A Néda.
Que le Chomer- Gardien d’Israel vous donne la couronne de la Refoua Chelema.
Que le Chomer veille sur les vaillants soldats des corps qui risquent leur vie jour et nuit et veillent au péril de leur vie.
Que soit béni le Grand Rabbin Haïm Korsia qui court d’un malade à l’autre sans relâche avec son téléphone et qui m’a réconforté en mon confinement dans une autre peine en ce jour.


 » Vois il ne dort ni ne veille, le Chomer (gardien) d’Israël. »

Ps 121, 4

Si tu doutes de ce que je te dis crois en au moins nos Sages, je n’invente rien qu’ils n’aient dit, regarde en note [1]).

« Nichmat Kol ‘Haï » : Que l`âme de tout vivant

Le « Nichmat Kol ‘Haï » composé à l’époque des Tannaïm est chanté dans la prière du matin de Chabbat, des fêtes, et aussi le soir du Séder de Pessa’h (traité Pessa’him 118).

D’Autres attribuent la paternité de ce chant à Chimon Ben Chatah le frère de la Reine d’Israël Salomée Alexandra qui régna en 75-67 avant notre ère.
Ce « Bircat Achir » (la bénédiction du chant) est aussi mentionné dans le Talmud qui dit qu’il était chanté après le Cantique du passage de la mer (on en retrouve des expressions). Il date donc au moins de l’époque talmudique.

La coutume est de réciter « Nichmat Kol ‘Haï » après avoir été délivré d’une souffrance après s’en être sorti sain et sauf; et en public lorsqu’on doit traverser une période dangereuse. C’est seulement à l’époque des guéonim (8e-11e siècle) qu’on ne l’a plus prononcé principalement qu’à Chabbat.

La 3ème partie se compose de quatre versets courts qui enchâssent les noms d’Isaac et Rivka. Ce Quidouchine (fiançailles, mariage, de quadosh, « Saint » = « choisir, particulariser » en hébreu et non pas « être un petit saint », un petit dieu… ce uies t de l’idolâtrie) d’Issac et Rebecca a la signification de l’amour dans notre Tradition. Isaac symbolise la prière de l’après midi, celle de Minha.

« Parmi les saints d’Israël (nous !) » et pour tous nos frères et soeurs humains « que l’Éternel soit loué ». « Aux gens intègres et aux tsadikim convient la louange ».

L' »efficacité »de la prière ?

Pourquoi Issac et Rebecca sont-ils évoqués à la fin du Nichma Kol ‘Haï ? Allez au bout de ce post et vous découvrirez ce secret.
Voici explication une hypothèse de moi et qui ne vaut pas plus : dans ‘Hayé Sarah nous lisons que lorsqu’Abraham envoya son serviteur Eliézer, chercher une épouse pour Issac celui-ci pria pour que sa mission soit couronnée de succès et… fut immédiatement exaucé.

« Il n’avait pas encore fini de parler lorsque Rébecca apparut… »

Gn 24, 15

Le Midrach dit :

« Il y eut trois personnes dont la prière fut immédiatement exaucée : Eliézer le serviteur d’Abraham, Moïse et Salomon. « 

Béréchit Rabba 9:4

La prière n’a pas pour fonction de provoquer une événement surnaturel qui irait contre les lois de la nature ou l’ordre du monde. C’est l’ordre du monde qui est lui-même surnaturel tout comme la guérison. D.ieu n’est pas un super ministre de la santé ou des finances qui nous comblerait de ce qui nous manque. Il ne peut être instrumentalisé, ce qui en ferait une idole, une chose de ce monde. Or D. est Un et un jour son Nom sera Un pour tous les être humains comme le dit la bénédiction à la fin de toute tefilah (Adonaï E’had Ouchmo E’had).

En réalité, celui qui prie est déjà exaucé nous a enseigné le Professeur Yechayahou Leibowitz via son disciple et traducteur Gérard Haddad; Celui qui ne sait pas cela n’a jamais prié véritablement.

« La prière n’est pas une tentative pour provoquer l’intervention du Créateur dans l’ordre de sa Création, tel qu’il l’a fixé. Le monde de D.ieu suit son cours selon les lois imprimées en lui par son Créateur. La signification de la prière n’est pas une demande pour que Dieu modifie le cours de son monde pour le bien de celui qui prie, mais elle est l’acte d’attachement à Dieu par le fait de Le servir, sans lien aucun avec ce qui se produit dans la réalité naturelle. Celui qui ne sait pas cela n’a, de sa vie, jamais accompli une prière croyante en D.ieu. (…)

« Pourquoi la prière des justes, des droits et des purs n’est-elle pas exaucée ? » la réponse est la suivante : Il n’est pas de prière qui ne soit exaucée ! Du fait que la prière n’est que l’expression, par celui qui prie de l’intention de servir D.ieu, il s’ensuit que cette prière  en elle-même constitue le succès de cette intention (…) De quoi s’agit-il alors ? De prier avec intention, c’est-à-dire avec l’intention religieuse de servir Dieu : ‘D.ieu est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent en vérité‘. (…) Voilà le grand principe de l’éducation religieuse, et cela suffit à celui qui le comprend. »

Dans : Les fondements du judaïsme, causeries sur le Pirqé Avot (Aphorismes des Pères) et sur Maïmonide. Traduction de Gérard Haddad. Cerf, 2007, pg. 69-70.

L’Eternel « trône au milieu des louanges d’Israël » et c’est pourquoi nous continuons de chanter dans l’épreuve :

ד  וְאַתָּה קָדוֹשׁ–    יוֹשֵׁב, תְּהִלּוֹת יִשְׂרָאֵל.4 Tu es Saint, trônant (yoshev s’asseoir- comme chabbat) au milieu des louanges (tehilot) d’Israël.
ה  בְּךָ, בָּטְחוּ אֲבֹתֵינוּ;    בָּטְחוּ, וַתְּפַלְּטֵמוֹ.5 En toi nos pères (avoténou) ont espéré, ils ont eu confiance, et tu les as sauvés.
ו  אֵלֶיךָ זָעֲקוּ וְנִמְלָטוּ;    בְּךָ בָטְחוּ וְלֹא-בוֹשׁוּ.6 Ils ont crié vers toi et ont été délivrés; ils ont espéré en toi et n’ont pas été déçus. (Ps 22)

Seules les larmes brisent les portes d’airain des Cieux fermées depuis la destruction de notre Temple. Que viennent Machiah’ en notre génération.

Bircat Achir

« Que l`âme de tout vivant bénisse ton nom ; Éternel notre D.,
et que l’esprit de toute chair glorifie et magnifie ton souvenir, o notre roi,
constamment d’éternité en éternité tu es D.
Hormis toi, nous n’avons pas de roi qui délivre et sauve, qui rachète et libère, qui répond et a pitié dans chaque moment de malheur et d’oppression.
Nous n’avons pas de roi qui secoure soutient si ce n’est Toi,

D. des origines et de la fin, D. de toutes les créatures, seigneur de tous les événements, célébré par toutes les louanges, qui dirige son univers avec amour et ses créatures avec miséricorde ;
ô Eternel, D. vrai, qui ne sommeille ni ne dort, qui réveille ceux qui dorment et ranime ceux qui somnolent, qui ressuscite les morts et guérit les malades, qui dessille les yeux des aveugles et redresse ceux qui sont courbés, qui fait parler les muets et dévoile les secrets, c’est à toi seul que nous rendons hommage.


Et quand bien même notre bouche serait pleine de cantiques comme la mer ; notre langue, de chants, comme la multitude de ses vagues, et nos lèvres, de louanges, comme les espaces du firmament ; quand bien même nos yeux seraient lumineux comme le soleil et la lune, et nos mains déployées comme les aigles des cieux, et nos pieds rapides comme les biches
nous ne pourrions épuiser l’hommage qui t’est dû, ô
Eternel, notre D., bénir ton nom, ô notre roi,
ne serait-ce que pour un seul des milliers de milliers, des myriades de myriades de bonté que tu as accomplis pour nos ancêtres.

Avant, déjà, tu nous avait délivré d’Egypte, o Etrenl notre D. rachetés de la maison d’esclavage; nourris pendant la famine, sustentés avec abondance, délivres du glaive, tirés de la peste, sortis de maladies graves et nombreuses.

Jusqu’à présent, ta miséricorde nous a secourus et ton amour ne nous a pas abandonnés.
C’est pourquoi, les membres que tu as répartis en nous, l’esprit et l’âme que tu as insufflés dans nos narines et la langue que tu as placée dans notre bouche, te rendent hommage, bénissent, louent, glorifient et chantent ton nom, ô notre roi !


Oui, toute bouche doit te rendre hommage ; toute langue doit te louer ; tout œil doit espérer en toi, tout genou doit plier devant toi, tout être dressé doit se prosterner devant toi, les cœurs te craindre, les entrailles et les reins chanter ton nom, ainsi qu’il est dit :
« Que tous mes os clament, ô Éternel : « qui est comme toi qui délivre le pauvre d’un plus fort que lui, l’indigent et le malheureux de leur voleur ». (Ps 35, 10)

Tu entends la plainte des pauvres, tu es attentif au cri du faible et tu sauves ! Il est écrit « Chantez Justes l’Eternel ! Aux intègres convient la louange » [à D.] (Ps 33, 1)


Par la bouche des gens intègres, sois magnifié !

Par les lèvres des justes, sois béni !

Par la langue des pieux, sois sanctifié !

Parmi les saints, sois loué !

Nichmat


(Les noms de Isaac- Itsrak et de Rebecca-Rivka, son épouse, apparaissent en acrostiche dans chacune des colonnes)

[1] L’Éternel, Chomer Israël :

Danny Trom, Persévérance du fait juif – Une théorie politique de la survie. Éd. de l’Ehess/Gallimard/Éd. du Seuil, 2018.

Psaume 30 : « Avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse »

Cigognes à Marrakech, la ville de mon maître le Rav Haïm Harboun :
« Le fidèle se dit Hassid en hébreu, comme hassida la cigogne car le cigogne revient toujours, fidèlement, techouv (reviens) mon fils »

Hier après Chabbat un ami rabbin m’a dit que les portes des cieux étaient fermées depuis que notre Temple a été détruit. Seules les larmes brisent désormais ces portes de fer du Ciel.

Je dédie donc cette traduction du Tehilim 30 à celles et ceux d’entre vous qui ont beaucoup pleuré.

Les mots des psaumes d’Israël, ce résumé de la Torah en cinq livres, disent toujours la vérité.

Tout le Psaume 30 joue sur une opposition :

– de la descente : à la tombe, dans la poussière, du sang qui coule vers le sol…

– et de la montée, du relèvement, de l’exaltation : qui est en fait la résurrection des morts.

D. relève littéralement celui qui tombe.

Le hassid (fidèle) en deuil s’habille de la ceinture (Sac/ cilice) de deuil et D. la remplace par une ceinture de joie.

Car « Sa colère ne dure qu’un instant » Et le Talmud demande :

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément ? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

J’explique mes choix et commentaires en seconde partie :

א  מִזְמוֹר:  שִׁיר-חֲנֻכַּת הַבַּיִת לְדָוִד. 1 Psaume. Chant de la dédicace du temple; de David.
ב  אֲרוֹמִמְךָ יְהוָה, כִּי דִלִּיתָנִי;    וְלֹא-שִׂמַּחְתָּ אֹיְבַי לִי. 2 « Je t’exalterai Éternel : car tu m’as relevé, tu n’as pas donné la joie à mes ennemis.
ג  יְהוָה אֱלֹהָי–    שִׁוַּעְתִּי אֵלֶיךָ, וַתִּרְפָּאֵנִי. 3 Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri
ד  יְהוָה–הֶעֱלִיתָ מִן-שְׁאוֹל נַפְשִׁי;    חִיִּיתַנִי, מיורדי- (מִיָּרְדִי-) בוֹר. 4  Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol, tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.
ה  זַמְּרוּ לַיהוָה חֲסִידָיו;    וְהוֹדוּ, לְזֵכֶר קָדְשׁוֹ. 5 Chantez l’ Éternel, vous qui lui êtes fidèles, souvenez-vous de sa Sainteté
ו  כִּי רֶגַע, בְּאַפּוֹ–    חַיִּים בִּרְצוֹנוֹ:
בָּעֶרֶב, יָלִין בֶּכִי;    וְלַבֹּקֶר רִנָּה.
6 Sa colère ne dure qu’un instant, la vie Sa volonté; avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse.
ז  וַאֲנִי, אָמַרְתִּי בְשַׁלְוִי–    בַּל-אֶמּוֹט לְעוֹלָם. 7 J’avais dit dans ma paix: « Jamais je ne chancellerai »
ח  יְהוָה–    בִּרְצוֹנְךָ, הֶעֱמַדְתָּה לְהַרְרִי-עֹז:
הִסְתַּרְתָּ פָנֶיךָ;    הָיִיתִי נִבְהָל.
8 Dans ta volonté, Éternel , tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté
ט  אֵלֶיךָ יְהוָה אֶקְרָא;    וְאֶל-אֲדֹנָי, אֶתְחַנָּן. 9 C’est vers Toi que je crie, c’est vers Mon-seigneur que je supplie
י  מַה-בֶּצַע בְּדָמִי,    בְּרִדְתִּי אֶל-שָׁחַת:
הֲיוֹדְךָ עָפָר;    הֲיַגִּיד אֲמִתֶּךָ.
10 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? Raconte-t-elle ta fidélité ?
יא  שְׁמַע-יְהוָה וְחָנֵּנִי;    יְהוָה, הֱיֵה-עֹזֵר לִי. 11 « Écoute, Éternel , pitié pour moi ! Éternel , viens à mon aide ! »
יב  הָפַכְתָּ מִסְפְּדִי, לְמָחוֹל לִי:    פִּתַּחְתָּ שַׂקִּי; וַתְּאַזְּרֵנִי שִׂמְחָה. 12 Tu as changé mes lamentations en allégresse  Tu as délié mon sac et tu m’as ceint de joie
יג  לְמַעַן, יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד–    וְלֹא יִדֹּם:
יְהוָה אֱלֹהַי,    לְעוֹלָם אוֹדֶךָּ.
13 Ainsi mon âme chantera Ta gloire. Je ne serai pas muet.
Éternel , mon D.ieu ! je Te louerai toujours. »

Choix de traduction

Chant de la dédicace de la maison ( bayit : le temple); de David.

Je t’exalterai (aroumiméra : comme arôme) Éternel : car tu m’as relevé (au sens de « relever » d’entre les morts, résurrection), tu n’as pas donné la joie (sim’ha) à mes ennemis.

Éternel , mon Dieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri (refaeyini, « refoua » la santé, comme refoua chelema, la pleine santé)

Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol [séjour des morts, vallée prés de yéroushalaim], tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.

Chantez (zamerou) l’ Éternel , vous ses fidèles (hassid, hassidim au pluriel, « les pieux » comme hassida la cigogne car elle revient chaque année sur les rempart de marrakech), souvenez-vous de sa sainteté (lezerekh comme zakhor, le souvenir/ itzkor– prière des disparu de la shoah, quasho, comme quadosh);

Sa colère ne dure qu’un instant, la vie sa volonté (ratsono) ; avec le soir (erev), viennent les larmes, mais au matin l’allégresse.

J’avais dit en ma paix (chalom, la pais la complétude): « Jamais je ne chancellerai. » (Bal emot leolam, litt. : « sans soutien pour toujours »)

Dans ta volonté (retsonera, de ratson, volonté), Eternel, tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté (nival, paniqué).

C’est vers Toi que je crie, c’est à Mon-seigneur que je supplie (et’hana, comme Oshia ha na ! Hosana, Hoshianot au pluriel, supplications de la fête de Souccot)

 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau?

La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? (Ayodékha Afar

Raconte-t-elle ta fidélité?

 « Écoute (Chema ! comme la prière), Éternel , pitié pour moi (venanéni) ! Eternel, viens à mon aide ! »

Tu as changé mes lamentations en allégresse  (lamakhol li),  Tu as délie/ ouvert mon sac  [La toile grossière, portée sous la forme d’une ceinture autour des reins  est mentionnée dans la Torah comme symbole de deuil et de pénitence, cela a donnée le Cilice, une ceinture rugueuse ; Cf (Gn 37, 34 : « Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice (chak) sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils », 2 Samuel 3, 31, Esther 4,1)] et tu m’as fait une ceint de joie (jeu de mot avec le cilice-ceinture remplacé par la joie –simha)

Ainsi mon âme chantera ta gloire (Kavod). Je ne serai pas muet (velo yidom) Éternel , mon D.ieu! je te louerai toujours.

Sonia Delaunay, une amnésie juive

« Ne succombez jamais au désespoir, il ne tient pas ses promesses »

Proverbe Yiddish
En centre : Robert Delaunay-autoportrait, derrière : tableaux de Sonia Delaunay

Le peintre Robert Delaunay est assez connu mais sa femme Sonia qui fut en réalité une artiste majeure, (et peut-être plus importante que Robert) est une figure oubliée. Il suffit de se rendre au Centre Pompidou pour voir les emprunts multiples de l’un à l’une. Mais quelles furent leurs vraies relations ? Que s’est-il passé avec Picasso, Apollinaire ou Chagall ? Pourquoi le coup de foudre  entre elle la jeune juive ukrainienne et Blaise Cendrars, quels lien avec Apollinaire, l’inventeur du cubisme et de la modernité ?

Comment la mémoire juive a-t-elle voyagé à la naissance de l’art moderne au début du 20ème siècle en ce Montparnasse où l’on croise Picasso, Aragon, Elsa Triolet… ?

tableaux (inversés) de Sonia Delaunay- Sonia Delaunay- Prismes électriques, 1914 / Robert Delaunay– Manège de cochons 1922

Résoudre un conflit intérieur

Depuis que je suis enfant ma mère nous a emmené en pèlerinage, de l’exposition Picasso à Vallauris, au Musée Matisse à Nice. Il n’y avait pas une journée sans art, peinture, architecture, etc…, autant vous dire que pour nous, les jumeaux Long, ce fut parfois l’overdose.

Eric Besnier, Jumeaux Long

Mais nous avons gardé l’amour de l’art qui nous conduit parfois à Céret (Pyrénées Orientales) sur les traces des peintres juifs comme Chaim Soutine.

Mon frère, Olivier avant d’être recalé au noviciat jésuites parce qu’il était peu doué pour le célibat, a quant à lui, choisi la peinture, les beaux Arts, il est sorti major de l’école des Arts décoratifs de Paris et à passé une thèse et une agrégation d’arts plastiques, il est aussi Maitre de conférences en arts plastiques à la Sorbonne. Mais c’est surtout un peintre. Nous suivons tous deux un chemin intérieur. De mon coté j’ai eu une carrière artistique brève et fulgurante de dilettante inspiré et j’ai continué a bricoler mes bidons spirituels le dimanche (un bidonneur du dimanche !) quand mon frère jumeau a passé beaucoup de temps en atelier.

Ma mère citait toujours le peintre Pierre Bonnard :

« Un peintre en bâtiment m’a dit : la première couche c’est toujours facile, mais Monsieur, je vous attends à la deuxième ».

Pierre Bonnard

Je n’ai jamais atteint la seconde couche, Olivier en est à la dixième. Ainsi je suis devenu sculpteur d’art brut, cet art des fous et des gens indemnes de toute culture artistique.

Olivier et Didier Long

La vie est ainsi faite que rien ne se perd tout se transforme. Aujourd’hui mon judaïsme recroise la sculpture (www.atcan.biz) à la manière d’une œuvre anti-idolâtrique (le judaïsme nous interdit la représentation ou l’adoration des sculptures de main humaine). « Tout homme qui rejette l’idolâtrie est ‘Juif’ » (Talmud Méguila 13 a). Et comme je voulais comprendre des souvenirs d’enfance qui reviennent aujourd’hui de manière intense, j’ai été à Beaubourg pour voir les artistes juifs : Sonia Delaunay et aussi Marc Chagall (artiste sur lequel je ferai un prochain post). De mon point de vue, ils ouvrent des voies qu’ont occulté le triomphe de Picasso, Léger et autres gloires de l’époque. Olivier avec qui je m’entends comme s’entendent deux frères jumeaux m’a raconté quelques impressions que j’essaie de vous retranscrire ici.

Voici le site des peintures d’Olivier : http://www.olivierlong.com/

Et voici son atelier :

Sonia Delaunay, une enfance juive au Shtetl

Sonia Delaunay, Prismes électriques, 1914

Sonia Delaunay nait Sarah Stern en 1885 dans une modeste famille juive ukrainienne, dans le shtetl de Gradizhsk au sud-est de Kiev. Un milieu très pauvre d’artisans besogneux mais cultivés par le Talmud, on parle le Yiddish à la maison. Elia Stern son père, ouvrier puis patron d’une fabrique de clous, est un juif observant [1], il a épousé Hanna Terk la mère de Sarah (qui parle russe) et ils ont fui en 1884 les pogroms d’Odessa de 1881 et 1884 par les chrétiens orthodoxes (qui se répèteront et 1921). Odessa était alors l’une des plus grandes villes juives du monde avec Vilna et Salonique. Gradizhsk sera brûlée avec ses archives et ses habitants pendant la Shoah. Sonia grandit dans une famille juive traditionnelle. On pratique Shabbat et fêtes en famille, on dit les bénédictions, on mange cacher… mais le fils ainé Guenrikh se fait vite appeler Henri et se convertit à l’orthodoxie chrétienne pour accélérer sa carrière d’avocat.

On lira à ce propos l’excellent livre de Sophie Chauveau, Sonia Delaunay, la vie magnifique publié chezTallandier en 2019 d’où je tire ces détails.

Et c’est à ce moment que la jeune Sarah va être arrachée de ses racines familiales, de sa mère « qui ne cessait de geindre » et de son père chéri : « Je détestais ma mère autant que j’aimais mon père » dira t-elle. Elle parle adulte de souvenir de l’âge de 5 ans…

On peut se demander à bon droit si cette haine de sa mère et ce père idéalisé ne sont pas tout simplement, plus que des souvenirs peu probables de cet âge, l’empreinte mentale de ce qu’elle a vécu comme un abandon qu’elle a attribué toute sa vie à sa mère. Cette passion des hommes idéalisés ne l’abandonnera plus.

Saint Petersbourg… priez pour nous

L’Oncle Terk, frère de Hanna la mère de Sarah-Sonia, débarque de Saint Pétersbourg à Gradizhsk en 1890. Il appartient à un milieu beaucoup plus aisé qui propose à la famille de la etite Sarah, de faire son éducation à Saint Pétersbourg, capitale des arts de la Russie de l’époque. Comment refuser une offre pareil dans la misères du Shtetel. Et ainsi sa femme la stérile Anna Zak aura un enfant de la sœur d’oncle Terk !

La jeune ukrainienne traverse la Russie du sud au nord, passe de sa mère Hanna détestée à sa nouvelle mère, tante Anna… et reçoit une éducation russe classique (Miss anglaise et demoiselle française ainsi qu’une bonne allemande qu’elle adore) d’une famille juive sans intérêt pour sa religion. On l’appelle Sonia. On chante des lieds romantiques à la maison, villégiature d’été en Finlande et mère décide de tout. Enfant solitaire et renfermée Sonia se passionne pour la couleur, l’art des musées européens, qu’elle visite dès son plus jeune âge. Son riche oncle l’envoie faire des études d’art à Munich, les meilleures de l’époque. Max Liebermann que son oncle collectionne lui offre sa première boite de peinture. Elle s’éprend de la peinture de Gauguin et des cerces symbolistes de la ville. Imperceptiblement Sarah Elevna Stern est devenue Sofia, puis Sophie, puis Sonia, une personnalité malléable avec un nom « Terk » qui ne sonne pas l’infamie juive.

Montparnasse, centre du monde artistique

Elle en rêvait : elle part dans la Pension pour jeunes filles étrangères à Paris pour un an en octobre 1906 à 20 ans… elle y restera pour toujours.

Elle quitte la pension un an plus tard et s’installe chez sa tante au 123 boulevard du Montparnasse. Profession : Artiste Peintre. Elle est à l’épicentre du tremblement de terre qui va faire naître l’art moderne. L’année suivante Picasso peindra le manifeste du cubisme, Les demoiselles d’Avignon dans son atelier de Montmartre. En 1911 il s’installera dans un atelier situé au 242 boulevard Raspail, dans le quartier de Montparnasse, qui devient alors le cœur de la vie artistique et intellectuelle parisienne.. Entre 1908 et 1914 Paris déborde de russes. C’est l’époque où Aragon s’installe avec Elsa Triolet sa compagne russe. Les femmes nues sont modèles d’artistes et elles entrent dans les cafés comme les hommes ! la Rotonde le Select ou le Dôme. Sonia s’y attable avec ses amies en mode parisienne et grands chapeaux. Une vie libre. Saint Saint-Pétersbourg est loin. L’affaire Dreyfus est encore dans toutes les mémoires. Elle est juste Terk.

Robert

Robert Delaunay – Manège de cochons 1922 / Sonia Delaunay – Prismes électriques, 1914

Mais Sonia va échapper à la famille Terk qui veut la voir revenir à Saint-Pétersbourg en contractant un mariage blanc avec Wilhelm Uhde un galeriste allemand renommé qui expose Braque, Picasso et le Douanier Rousseau, et aussi sa femme de ménage – au style forcément naïf.

Le mariage avec Uhde rate lamentablement, homosexuel, il la rend riche mais elle reste vierge. Mariée déçue, c’est une séductrice de 24 ans tombe follement amoureuse de Robert Delaunay. Robert est l’ennemi (en peinture) de Picasso, un macho riche qui satisfait toutes ses envies… de puissance et de peinture. Elle l’épouse en 1910 après plusieurs années de vie clandestine. A nouveau elle s’évade donc, fuyant son passé russe pour Paris. Et bien sur change de nom. Elle est désormais madame Delaunay.

Robert Delaunay

Robert est le roi de la fête.

Les fêtes de Robert Delaunay

Véritable pilier du couple, en véritable femme d’affaire, Sonia l’éclectique vole de la décoration à la peinture en passant par la mode. Elle abolit la distinction entre arts mineurs et majeurs, et s’exprime dans de multiples domaines.

Habillée en tailleur Chanel, elle peint chaque matin des gouaches très subtiles, pendant que Robert, moins raffiné, opère de nombreux emprunts à son travail ! Elle est juive (cachée), Robert n’a rien d’un philosémite.  Au Bal Bullier, haut lieu des nuits parisiennes avant la première guerre mondiale, Robert est le roi de la piste avec ses costumes bariolés. Le roi de la piste fait de la boxe. Colérique il n’hésite pas à faire le coup de poing… Sonia cherche un père, elle se damne pour lui. Le couple danse mais c’est lui l’homme fort de la maison. Comme « L’oncle Terk » ce machiste nerveux et intempestif qui l’a sauvé du Shtetl et des pogroms.

Chez Robert au centre du tourbillon de couleur on trouve toujours les bas des filles au centre du Manège de cochons (1922) , et Robert qui a copié le tableau de Sonia de 1914 est toujours le roi de la fête foraine des années folles…

Sonia Delaunay, la véritable inventeur de l’abstraction moderne avant Kandinsky et Klee

Robert est le théoricien des recherches de Sonia, plus intuitive, plus artiste que lui finalement. Sa théorie de la peinture assigne des vitesses aux couleurs, il croise cela avec la course folle du transibérien, l’aviation naissante, sa fascination plus prosaïque pour la vitesse et les grosses voitures, la théorie des contrastes simultanés de Chevreul et la grande roue qui tourne au pied de la tour Eiffel… et voilà qu’une théorie de l’abstraction naît : le simultanéisme. Théorie bancale bien sûr… peu importe, les œuvres se multiplient.

La presse du Transibérien et de la petite Jehane de France,
Blaise Cendrars et Sonia Delaunay

La vision de la couleur de Sonia s’enracine dans des émotions d’enfance de la broderie ukrainienne. Sonia repère l’art africain à Paris et se passionne pour les étoffes traditionnelles de ce continent. Loin de la Waxmania contemporaine, ces étoffes disent une cosmologie, un rapport au monde. Leurs couleurs raffinées fascinent Sonia. Comme tous les gens pauvres d’Ukraine, elle confectionne des patchworks avec des restes d’étoffe. Elle va coudre une couverture pour la naissance de son fils. Celle-ci sera exposée à Munich. Elle marquera Paul Klee dont le vocabulaire en damier est inspiré de cet ouvrage de dame. Sonia, sans rien en dire, vient d’inventer l’abstraction : un art sans représentation, l’Orphisme naît.

‘Couverture de berceau’ de Sonia Delaunay
Sonia Delaunay- Coffre pour enfant… un manifeste d’art abstrait

Suite à cela, Kandinsky, aura beau jeu d’antidater la « première aquarelle abstraite » pour s’autoproclamer fondateur de l’abstraction avant Sonia. Klee, quant à lui, aura l’honnêteté de reconnaître l’influence de Sonia.

C’est une serial innovatrice : les affiches publicitaires en papier découpé de Sonia Delaunay du tout début du vingtième siècle préfigurent les papiers découpés du Matisse des années 50.

En réalité Sonia est volage.

Le coup de foudre pour Cendrars

Elle est à Paris, ce qu’elle voulait de tout son être, mais, à nouveau la mémoire de l’étape précédente réémerge. Sous forme de coup de foudre cette fois-ci en 1912.

C’est chez Guillaume Apollinaire que Blaise rencontre Robert et Sonia qui dira:

« C’est un coup de foudre. »

C’est ainsi que se fait jour l’idée esthétique de simultanéité qui consiste à introduire des contrastes simultané de couleurs dans sa peinture (Cf, Prismes électriques, 1914) des couleurs complémentaires qui semblent vibrer à leur lisière l’une renforçant la puissance de l’autre, l’une inspirant l’autre. Sonia et Robert ? ou Sonia et Blaise ?

La Prose du Transsibérien de Cendrars évoque le voyage d’un jeune homme dans le transsibérien allant de Moscou à Kharbin en compagnie de Jehanne, « Jeanne Jeannette Ninette « , qui se révèle être une prostituée. Un poème-tableau en accordéon de deux mètres de long où texte et image sont étroitement imbriqués. Les voyages de Cendras à Moscou croisent la vie de Sonia.

Blaise Cendras-Sonia Delaunay « La prose du transibérien et de la petite Jehanne de France » 1913

Bizarrement elle colle ces noms au coeur des Prismes électriques en 1914 . « Jeanne de France », « Blaise Cendrars », « Terk », « Mr Delaunay », mais aussi « Syndrome », « peinture » « représentation », « texte »; Prose et bien sur « transibérien »… le train qui l’a amené en France… une sorte de rébus de sa mémoire personnelle et transgénérationnelle au coeur d’un tableau parfaitement abstrait. Une sorte de surréalisme avant l’heure.

Désormais elle est juive assimilée, incognito. Tout est enfin oublié. Qui est « la Petite Jeanne de France » ? Sonia ?

Robert pouvait-il rêver d’une femme plus soumise ?

Elle répète «Il n’y a que Robert qui apporte quelque chose de nouveau et de réel. Mes “petites choses”, je ne les renie pas, mais c’est une autre sensibilité, elles n’ont que l’importance d’études de couleurs »

A moins que Robert ne soit l’avatar de Sonia ?

Mais les choses se gâtent avec l’arrivée de la seconde guerre mondiale et l’occupation. Robert meurt d’un Cancer de l’anus, soigné par le docteur Piolet.

Par une drôle de coïncidence c’est ce chirurgien qui a soigné le bras de mon frère jumeau à la clinique Saint-Amable à Royat dans les années 70’.

A la mort de Robert en 1941, Sonia lui attribuera la paternité de l’abstraction. Sonia écrit dans son journal: «Ma raison d’être désormais sera de mettre en valeur l’œuvre de Robert, qui n’a pas été appréciée comme elle le méritait pendant sa vie.» 

Ses tours Eiffel font le tour du monde.

Robert Delaunay Tour Eiffel

Elle est une ambassadrice hors pair qui va faire vivre la mémoire du Maître pour la transformer en mythe. En 1955, grâce à elle il est reconnu comme un des maîtres de son époque. Le Musée Solomon R. Guggenheim lui consacre une grande exposition puis une autre à à l’Institute of contemporary art de Boston.

Chez Sonia une nouvelle étape chasse la précédente tout en exprimant le passé en lapsus, c’est ainsi qu’elle finit par faire baptiser son fils dans le christianisme orthodoxe. C’est prudent à l’époque. Rappelons-nous que Cendrars dont elle tombera amoureuse était antisémite, un antisémitisme d’époque, que ses parents ont fui les progroms et que son Shtetl sera rasé par la Shoah pas balles.

Le vol de la Joconde

Après le vol de la Joconde par un italien le 21 août 1911; qui la cache, durant deux ans, dans sa chambre près du canal Saint-Martin, la France moisie s’en prend aux étrangers. Quand la Joconde est volée les juifs, ces « voleurs nés » y sont forcément pour quelque chose. Et c’est là qu’apparait Apollinaire le fils d’une cocotte qui va d’Italie à Nice.

Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Was de Kostrowitsky  dit Guillaume Apollinaire a été amoureux du judaïsme (voir ici) au point d’étudier l’hébreu et d’aimer une femme juive “elle avait des yeux israélites”. On pourra relire son poème “La synagogue”.

Il est un ami de Paul Klee le fameux peintre de l’ange de l’histoire qui inspirera à Walter Benjamin sa théorie messianique d’une histoire des vaincus.

Apollinaire, Poème à Lou
Je porte au cœur une blessure ardente elle me vient de toi ma Lou LOU M’A PERCÉ le cœur J’ai le cœur percé c’est Lou J’aime Lou

Picasso qui n’a jamais eu d’empathie que pour lui-même lâche le pauvre juif Apollinaire quand il est exposé à la vindicte publique suite à un vol de statuettes au Louvre. Il n’a pas commis ce vol, esseulé, miné par cette affaire, Sonia le recueille. Robert c’est le lourdaud qui peint des Tour Eiffel et dont on dit qu’il a inventé le Pop art (WahouEffect assuré). Apollinaire c’est une vision cosmique du monde et de la tourmente qui le porte aux quatre coins de l’Europe.

Amnésies et anamnèses

Chaque étape de la vie de Sonia efface la précédente en même temps que celle-ci réapparait en retour du refoulé sous la forme comme le coup de foudre pour Cendrars.

On peut s’interroger comme le fait Sophie Chauveau dans Sonia Delaunay, la vie magnifique :

 » Passé ses trente ans elle affirmera qu’à cinq ans voire dès trois ans elle détestait sa mère, pis, la méprisait » … « qui peut la croire ? »

L’abandon vécu par la petite Sarah qui lui a peut-être tout simplement de survivre au pogroms et à la Shoah, sa haine « proclamée et sans cesse réitérée tard dans sa vie de sa mère – en mode mineur- pour sa tante, puis pour sa belle-mère et sa bru , comme pour toute femme devenue mere » posent question; la déification d’un père quasi inconnu qui l’accompagna toute sa vie puis de son mari Robert; les changements de noms : Sarah, Sofia, Sophie, Sonia, Stern, Terk, Uhde, Delaunay, une vie volage dont témoigne sa correspondance… sont probablement la clé de ces mutations successives, d’une fuite éperdue à la recherche d’un lien d’amour originaire trop tôt perdu.

L’épigénétique, meme si elle est contestée, montre aujourdhui que les générations nées de la Shoa portent l’angoisse et la peur en héritage (voir ici). Où que nous nous tournions, la mémoire juive transgenerationnelle est celle des traumas.

L’effacement du signifiant juif Sarah en devenant Jeahnne de France ou Sonia, le jeu avec les phonème et les nom de son existence dans le cartouche des Prismes électriques est qualifié par elle-même de « syndrome »

De manière étrange, Sonia Delaunay qui a passé sa vie à effacer l’étape précédente en même temps qu’elle changeait de nom comme d’identité.

Sonia Delaunay, Contrastes simultanés, 1912

C’est pourtant de ce shtetls qu’elle a effacé méthodiquement de sa mémoire que vont naître les couleurs de sa peinture. Elle se rappelle alors qu’elle avait 2 ans :

des maisons blanches, longues et basses incrustées comme des champignons […] Aprés l’hiver éclate un soleil joyeux sur l’horizon à infini… poussent des pastèques, des melons, des tomates ceinturant la ferme de rouge, de grandes fleurs de soleils jaunes aux cœurs noirs éclatant dans le ciel bleu, léger, très haut.

Dans ses souvenirs qui feront sa peinture on entend la Torah du le peuple hébreu au désert : « Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. » (Nb 11, 5). Chassez l’enfance et la Torah par la porte, elles reviennent par la fenêtre en gros flocons.

Sonia Delaunay, Rythmes, 1938
Tableaux de Sonia Delaunay

Je voulais rendre hommage à cette femme. Elle fait partie de ces gens moins connus de l’histoire de l’art (on pense Léger,  Picasso, Matisse…) sans qui l’histoire du regard en Occident n’aurait pas pris le même chemin.

La preuve par Rothko

Rothko fait un chemin semblable à celui de Sonia. Né en 1903 à (Daugavpils -Lettonie, alors Dvinsk en Russie de l’époque),  il quitte sa Léthonie natale ) à l’âge de 10 ans avec sa soeur et sa mère pour rejoindre son père à Portland (Oregon) en tenue de rabbin, il est entré à 3 ans au Heder comme tous les enfants du Ghetto. Il emporte avec lui sa mémoire talmudique et le souvenir des pogroms et débarque dans un ghetto de juifs russes au milieu de juifs allemands mieux intégrés.

Le 1er mai 1942, le ghetto de Dvinsk, 16000 personnes au moment du Judenrat est liquidé. les Russes achèveront le travail d’effacement de la mémoire juive. Les autorités ont fait élever un mémorial pour les victimes nazies. Il ne fait aucune mention des victimes juives.

Découvrant à Yale un nouveau monde, Wasp et antisémité, Marcus Rothkowit troque le judaïsme contre l’art moderne. Cependant son oeuvre fait explicitement référence au judaïsme pour qui en est un peu familier. Ainsi ses formes verticales renvoient à la Amida : on doit les regarder « debout ». La couleur débarrassée de l’objet et devient l’unique objet de son oeuvre. Comme Barnett Newman avec ses Onement (« Unitude » : ‘ehad en hébreu) et inversement à Sonia Delanay qui pousse l’assimilation à l’extrème la référence juive est permanente et explicite chez Rothko comme chez Barnett Newman.

Comme Sonia Delaunay, il change de nom. En 1940 dexu ans aprés avoir adopté la nationalité américaine Marcus Rothkowitz devient mark Rothko.

A trente ans Rothko fait sa première exposition individuelle, il est célébré au MoMA. Las cette renommée va le laisser de marbre. Il prend conscience que ses commanditaires des toiles de l’Empire State Building ne font pas une expérience spirituelle face à ses oeuvres ce sont des « porcs ». Et il refuse de leur vendre ses toiles pour le restaurant. La peinture moderne américaine et sa recherche spirituelle (pour lui la peinture est une mitsvah qui répare le monde Tikkoun Olam) ont atteint une impasse. Rothko est désespéré. Sa peinture devient de plus en plus noire et il finit par se suicider.

Alors que de son coté Sonia Delaunay, toute à la promotion de Robert Delaunay, acquiert de son vivant une reconnaissance sociale en France ayant peu d’équivalent pour les femmes artistes de son époque.

Acte de naissance de Mark Rothko

Il oeuvre à la chapelle Rothko à Houston en 1971 qui devient une sorte de lieu de pèlerinage oecuménique de rassemblement des adeptes de la non-violence.

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Tou Bichvat, le judaïsme est une écologie

Tou Bichvat : Je vous souhaite le bonheur d’être un arbre vivant et enraciné et que pleins d’ami(e)s s’assoient à votre ombre en chantant.

Tou Bichvat signifie que nous fêtons ce soir est le «15 (du mois) de Chevat », il est qualifié de “Nouvel An des arbres » et correspond au moment de la montée de la sève dans l’arbre, avant le printemps.

Il est de coutume qu’un père plante un arbre avec son fils. Pourquoi ?

En différents endroits, la Torah compare l’homme à un arbre :

  •  Un homme est comme un arbre des champs… (Deut. 20, 19)
  • Comme les jours des arbres seront les jours de mon peuple… (Isaïe 65, 22)
  • Il sera tel un arbre planté au bord de l’eau… (Jérémie 17, 8)
  • « Le juste est comme un arbre planté près d’un cours d’eau qui donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt ». (Ps 1, 3)
  •  » La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s’en rendent maîtres : s’y attacher, c’est s’assurer la félicité… » (Proverbes 3, 18).

et le Talmud explique :

« Une personne dont la sagesse dépasse ses bonnes actions est comparée à un arbre dont les branches sont nombreuses, mais les racines clairsemées. Le vent souffle, le déracine et le retourne.   Mais une personne dont les bonnes actions dépassent sa sagesse est comparée à un arbre dont les branches sont peu nombreuses, mais dont les racines sont nombreuses. Même si tous les vents du monde venaient à souffler, ils ne seraient pas en mesure de le faire chuter. » (Avot 3, 22).

Voici ce que nous en dit le Grand Rabbin Haïm Rabbin Harboun :

 » Le Judaïsme est l’unique doctrine qui a instauré une journée commémorative de la protection de la nature. La qualité de la vie dépend de  la relation de l’homme avec la nature. Dès le début de la Torah l’Eternel  plaça l’homme et la femme dans un  jardin  qui aura le caractère de paradis, à la condition que les humains le  maintiennent et ne le polluent  pas.

Le jour que la  Torah nous a  prescrit est le Tou Bichvath (Le 15 Chevath) Apparemment ce jour dans la Michna, est le Jour de l’An des arbres. Il a une fonction juridique  qui consiste à distinguer les fruits récoltés avant le 15 chevath et ceux  récoltés après cette date. Cette dernière constitue l’ultime délai  pour s’acquitter  de la dîme. Passée cette date une année nouvelle commence   Cependant, nos Maîtres  ont vu dans ce jour, le point zéro dans le cycle de la vie des arbres. Ils ont par conséquent  institué ce jour  pour susciter une réflexion sur les rapports de l’homme avec son cadre de vie. L’homme, nous dit la Torah a, l’obligation  de protéger la nature et le compare lui-même à un arbre. Celui-ci a ses racines bien enfoncées dans le sol et ses branches s’étendent vers le ciel. Ainsi l’homme est un composé de matières matérielle et spirituelle. L’homme doit avoir pour objectif dans sa vie sur terre, de tendre constamment vers le spirituel, à l’instar des branches d’un arbre. Pour cette fin, il doit maintenir en permanence un équilibre  dans la nature.

Ce n’est pas une chose simple parce que  la civilisation dominante actuellement, est entièrement déterminée par le progrès de la technologie. Pour que l’homme puisse se pencher sur les problèmes qui l’assaillent, il faut qu’il  mette fin à sa soumission à la technologie. Plus la technique progresse et plus l’homme est dans le désarroi car  il se trouve face au temps qu’il n’arrive pas à dominer. […]

Tout ce qui peut porter atteinte à l’écologie est interdit par le Judaïsme : La chasse, la culture en même temps de deux espèces  de graines différentes, le tissage d’un vêtement  de fil provenant d’un animal et d’un végétal etc. L’homme est considéré comme un partenaire  dans la création. Celle-ci ne lui appartient pas pour qu’il puisse y agir à sa guise. L’associé  principal n’est rien d’autre que D. lui-même. c’est pourquoi, toute action de l’homme ne doit pas détruire la part de D. »

source : article Judaïsme et écologie par Haïm Harboun

Paracha Bechalah’ : saurons nous quitter l’Egypte et nos peurs par l’amour de la liberté ?

L’esclavage psychique conduit à des échecs répétés. La personne est tellement prisonnière de ses échecs passés, de ses fantômes familiaux ou psychiques que en position de répétition rassurante (l’échec est rassurant !) elle confond sa solitude avec la liberté, la morne routine avec l’indépendance. Autrui est alors un danger. Toute prise de risque aimante une terreur. Un mode de vie banal à l’âge moderne des réseaux dits ‘sociaux’. Voilà de quoi nous parle le récit de la sortie d’Egypte : de la sortie de l’esclavage suite à une parole d’amour. Evidemment les hébreux ignoraient tout de la suite.

Ce récit fondateur ne nous raconte pas quelques belles phrases de paix sur la liberté mais un violent processus d’abréaction psychique. Le passage de la mer est une reprise en main des rênes de leur existence par des esclaves hébreux. Au moment même où les égyptiens, figure du totalitarisme divinisé en la personne du Pharaon de l’époque ; lançaient leurs chevaux vers l’âbime.

Marc Chagall, le passage de la mer rouge, cavaliers égyptiens

Quitter nos peurs et faire confiance

La Sidra de ce jour est celle de la sortie d’Egypte. Cette sortie d’Egypte est le commandement central de toute la Torah nous dit le Maharal de Prague au XVIème siècle.

« Il faut se rendre compte que la Torah a fait de la sortie d’Egypte le sujet central de toute la Torah, la base de toutes les bases et la racine de tout. Il y a une multitude de mitsvot (commandements d’amour) dans le Torah qui sont venues pour nous faire éprouver le message de la libération. Pourquoi ce même sujet revient dans différentes mitsvot ? Pourquoi la fête de Souccot ? Pour nous rappeler que le Saint béni soit-Il a fait résider les enfants d’Israël dans le désert » (Maharal de Prague, Guévourot Achem 3)

Toute la vie du juif à chaque instant et à chaque génération est donc un « souvenir de la sortie d’Egypte ». On la rappelle lors du Chema au lever et au coucher, à Chabbat et bien sur lors du seder de Pessah.

On rappelle la sortie d’Egypte par cette bénédiction à Chabbat lors du Quidouch du vendredi soir après avoir allumé les bougies (et dans toute la liturgie de Chaarit, l’office du matin).

« Tu es source de bénédiction, Éternel notre D.ieu, Souverain du monde, qui nous as sanctifiés par Tes commandements, et nous as désirés. Son Chabbat saint, Il nous l’a légué avec amour : commémoration de l’acte créateur, première des Solennités, souvenir de la sortie d’Égypte. »

Ce n’est pas Israël qui est sorti d’Egypte un jour mais chacun de nous à chaque instant.

 « A chaque génération, l’Homme doit se voir lui-même comme s’il était sorti d’Egypte » (TB Pessa’him chapitre 10 michna 5)

Une libération qui vise donc le temps de ce monde, cet instant mais permet surtout en cet instant même d’expérimenter la liberté de l’Eternité.

« On rappelle la sortie d’Egypte la nuit. Rabbi Elazar ben Azaria a dit : j’ai l’air d’avoir 70 ans, et je n’ai pas mérité que soit mentionnée la sortie d’Egypte la nuit, jusqu’à ce que Ben Zoma interprète le verset : pour que tu te rappelles le jour de ta sortie d’Egypte tous les jours de ta vie, l’expression « les jours de ta vie » désigne le jour, « tous les jours de ta vie » désigne la nuit. Les Sages disent : « les jours de ta vie » désigne ce monde ci, « tous les jours de ta vie » pour amener les jours du Messie » (Berakhot ch.1, michna 5)

Cet événement fonde l’identité de celui qui passe du temps imposé parle maître: l’esclave en Egypte, au temps choisi, celui de la liberté. Celui, celle qui sort de l’hébétude du temps fixé par le garde chiourme égyptien à fabriquer des briques , de l’abrutissement du temps subi de la to do list moderne… rencontre le visage de son prochain. Il suffit de se relever et de lever la tête pour rencontrer le sourire d’autrui. Mais encore faut-il le vouloir !

Pour le judaïsme la sortie d’Egypte est le fondement psychique de l’individu libre, une sortie du pays idolâtre, de la dispersion de soi dans les objets de ce monde. Comme l’homme, la femme, ont peur, ils « tuent le temps », s’enferment dans des to do lists interminables pour ne pas laisser d’espace à leur liberté puis ils évoquent ces contraintes pour mieux justifier leur incapacité à prendre soin des autres. Pour fuir leur responsabilité d’amour envers autrui car ils ont peur de s’abimer (c’est à dire d’être englouti par l’abîme). On peut traverser toute sa vie comme cela, abruti par l’esclavage d’Egypte sans prendre conscience de ses émotions et en méprisant celles d’autrui. L’empathie a un prix, se relever et saisir la main tendue. Sortir de la peur et du carcan qu’on s’est soi-même imposé. C’est juste une question de choix.

Comme le dit le Rabbin Haïm Harboun :

« Vous savez on peut traverser toute sa vie comme une mouche »

Sortir d’une vie amère

Le propre de l’esclave est de ne plus rien éprouver pas même sa liberté, il est devenu un objet sous la main de son maître et se considère comme tel. Son absence d’empathie ne l’effraie pas mais elle terrorise les autres. Un « coeur de pierre » dit la Bible. Il en vient à expliquer son esclavage pour de fausses raisons qui donnent raison à ses bourreaux ou à « la faute à pas de chance ». Son emploi du temps n’a plus de place pour autre chose que sa peur. Il n’a aucune chance de se libérer si une autre parole que la sienne ne l’appelle pas pour le libérer de son handicap. Une parole étrange et inconnue de lui qui le dé-route au sens propre. « D.ieu fit donc dévier le peuple du côté du désert «  (Ex 13, 10) une parole d’amour. Encore faut-il l’entendre.

Israël ne croit pas aux grandes idées sur la liberté comme il en traîne tant dans les livres sur le bonheur dans les gares, qui n’ont jamais changé ni le monde ni libéré le psychisme des individus, et encore moins fait avancer personne d’un pas. Dans l’antiquité, chez Socrate, le stoïcien Marc Aurèle ou la Bible il n’est de spiritualité que de pratique (Cf les recherches de Pierre Hadot). Le processus de libération n’est pas une « idée » née au fond d’un chambre studieuse mais un acte thérapeutique accompagné d’émotions angoissantes: « remplis d’effroi, les Israélites jetèrent des cris vers l’Éternel » (Ex 40, 10), une pratique. Elle touche le corps. Là ou il n’y a pas de corps, de voix, de peau, d’odeur… il n’y a qu’illusion (CF la virtualité des relations sur les réseaux sociaux).

Les hébreux sont donc « angoissés »-Et pour cause, ils ont tué le dieu de l’Egypte, l’agneau et ont badigeonné son sang les linteaux de leur maison, on est loin de la Phénoménologie de l’Esprit. On est en plein processus corporel d’abréaction. L’esclavage n’est pas une plaisanterie, au bout de 200 ans il structure les psychés de manière durable et celui qui veut s’en sortir seul retombera dans les mêmes erreurs de son narcissisme ou de son handicap à aimer. Son incapacité à se laisser aimer et être le paralyse tout simplement.

Une abréaction consiste en la réduction de la tension émotive lorsque l’affect et la verbalisation du souvenir font irruption en même temps à la conscience. Des gestes et des paroles expliquent l’expérience qui a donné naissance à cette tension. Ce phénomène se produit au moment où sont levées les résistances contre des affects qui n’ont pas été ressentis comme ils auraient dû l’être dans le passé.

Il s’agit de créer un processus de décharges émotionnelles qui, en libérant l’affect lié aux souvenirs d’un traumatisme jusqu’alors refoulé, en annule les effets pathogènes. Les hébreux tuent donc le dieu de l’Egypte et badigeonnent son sang, un acte d’une rare violence qui annule l’emprise du dieu de l’Egypte : Pharaon qui se rêve al ayor « sur le fleuve» (Gn 41, 1) . Al, c’est-à-dire « au-dessus » et non pas « sur la rive » comme traduisent la plupart des Bibles. Pharaon s’imagine comme le maître du principe nourricier de l’Egypte donc, le maître de la vie, un petit dieu qui commande aux cycles de la nature et des cataractes.

Ainsi en est-il du récit de la sortie d’Egypte, une abréaction répétée à l’infini par Israël et que les autres religions ont essayé en vain de s’approprier en le transformant en ce qu’il n’est pas : une abstraction. Un récit performatif donc.

Evidemment les hébreux attribuent tout de suite à leur Libérateur et à l’humble Moïse la puissance maléfique de Pharaon; un grand classique du « père castrateur » en psychanalyse. L’esclave porte ses valises dans sa tête et trouve sa situation antérieure de soumis plaisante : « N’est-ce pas ainsi que nous te parlions en Égypte, disant: ‘Laisse-nous servir les Égyptiens? » (Ex 14, 12) mais surtout il confond la vie et la mort, : « Est-ce faute de trouver des sépulcres en Égypte que tu nous as conduits mourir dans le désert? » (Ex 14, 10); Au hébreux qui ratiocinent Moïse répond : « Soyez sans crainte! vous, tenez-vous tranquilles! «  (Ex 14, 13-14)

La réaffectation es phonème originaires

Toute la difficulté d’une personne qui a des affections du lien social ou des addictions tient au fait qu’elle se fait des fausses images de la réalité. Une substance ou un rapport faussé à autrui remplit sa vie comme une amertume de l’existence. Comment le réparer (Tikkoun) ?

Dans le chapitre 3 du Guévourot Achem le Maharal de Prague nous explique avec son génie habituel que non seulement chaque juif doit célébrer la sortie d’Egypte à chaque instant mais que le soir de Pessah en lisant à la Haggadah à ses enfants qui raconte cette libération il doit l’annoncer au monde entier :

« Le soir de Pessah on n’a pas seulement l’obligation de se rappeler de la sortie d’Egypte mais on a une obligation supplémentaire celle de raconter et de diffuser l’évènement de sortie d’Egypte pour annoncer le Nom de Dieu au monde entier (baeolam) » (Maharal de Prague, Guévourot Achem 3)

Pourquoi ? parce que la libération psychique d’un individu, sa sortie d’Egypte n’est pas un évènement juif mais un évènement universel, ontologique qui concerne le cosmos et toute la création.

Le processus de guérison inventé par la tradition d’Israël procède par symboles et aveux.

Le korban Pessah

Pour la Torah, Pessah est la fête de l’Un. En effet, selon la tradition des Sages d’Israël et l’enseignement du rav Harboun, les os de l’agneau du sacrifice pascal, le korban Pessah[1], ne devaient pas être brisés, cassés en deux, ils devaient être un. La bête ne devait pas être bouillie c’est-à-dire à demi cuite mais entièrement grillée[2]. Lors de la grillade, la bête devait rester entière et ne pas être découpée auparavant en morceaux. L’agneau devait être : ben chana, (fils de l’année, il a un an), tamim, entier, e’had, un, sans défaut. Tout se passait le mois un de l’année, se déroulait en un jour car le korban Pessah ne devait pas être consommé le lendemain[3] ; « On se procure un agneau par maison » (Ex 12, 3), la famille devait rester unie[4], rester dans un seul lieu jusqu’au matin[5] ; le pauvre est invité à la table dès le début de la Haggadah, l’étranger, le serviteur, la servante, l’orphelin, la veuve… tous sont un comme le peuple doit être un, e’had.

Le soir de Pessah tout juif enseigne à ses enfants comment ordonner sa vie en homme et en femme libre. Il s’agit d’ordonner et de structurer sa propre existence personnelle comme être de liberté en profondeur.

Il s’agit d’un processus psychologique abréactif (qui vise à provoquer un choc émotionnel) réalisé dans le Seder de Pessah par la consommation de l’agneau (korban Pessah) dans une liturgie sociale incompréhensible pour qui ne l’a pas vécue et ne peut en saisir la violence psychique. Je me souviens d’un Seder de Pessah avec mon ami Gérard Haddad où j’ai fini plié en deux sur un lit avec de violentes coliques néfrétiques (calculs dans les reins)

La réparation de l’inconscient par le langage, avouer son amertume

Un autre processus de réparation psychologique est à l’oeuvre : La nomination.

Nomination de la matsa (pain non levé), du Maror herbes amères… la Haggadah dit :

« Rabbane Gamaliel disait. Celui qui ne mentionne pas à Pessah ces trois choses n’a pas rempli son devoir, ce sont l’agneau pascal, le pain azyme et les herbes amères. PESSAH, MATZA, MAROR.»

Il s’agit donc de convoquer la mémoire émotionnelle liée au gout et aux odeurs, qui est totalement intuitive car elle ne passe pas par la raison et de nommer ces émotions. Celui qui est incapable de nommer cette amertume qui lui empoisonne la vie ne l’a tout simplement pas identifiée.

Si l’on en croit les neurologues, les goûts et les odeurs sont plus évocateurs que les autres systèmes sensoriels comme la vue, l’ouïe, l’odorat et le toucher. L’émotion gustative ou olfactive touche directement la mémoire sans passer par l’intelligence rationnelle te l’analyse cognitive. Le goût est directement connecté sur une région qui sert de capteur émotionnel au cerveau : l’amygdale. L’émotion gustative provoque donc une émotion sans passer par le néo-cortex, siège de la conceptualisation de la rationalité et du langage. C’est ce qui fait qu’une odeur ou un goût peut réveiller tout un mode de souvenirs d’enfance, comme la madeleine de Proust ou un plat cuisiné par votre maman que vous aviez oublié sans que celui qui le ressent n’arrive à conceptualiser comment ce souvenir l’envahit en une puissante émotion et parfois des larmes. L’hippocampe et l’amygdale, deux régions impliquées dans la mémoire sont donc convoquées à ce seder qui est un mémorial, un rappel de la libération de la sortie d’Egypte que chacun doit actualiser de manière personnelle pour se projeter dans un futur, celui de la libération finale de la Géoula.

« Ces herbes amères pourquoi les mangeons nous ? C’est parce que les Egyptiens firent une vie amère à nos pères en Egypte ainsi qu’il est écrit : ‘‘ Il leur rendit la vie amère par une dure servitude en les employant à faire du mortier, des briques et des corvées dans les champs, toutes sortes de travaux imposés avec rigueur » dit la Haggadah.

On peut transposer à Pessah ces lignes d’Antonio Damasio appliquées au cerveau et au vivant :

Lorsque les sentiments, qui décrivent l’état interne du vivant à un moment précis sont « placés », voir « situés » au sein de la perspective actuelle de l’organisme dans son ensemble, alors la subjectivité émerge. Et à partir de ce moment les événements qui nous entourent et auxquels nous participons (et les souvenirs que nous remémorons) sont investis d’une nouvelle capacité : ils peuvent importer à nos yeux, influencer le cours de notre vie. Les événements nous importent ; ils sont automatiquement qualifiés de bénéfiques ou non. Sans cela les inventions culturelles de l’humanité ne pourraient exister.

Toute la question est donc celle de savoir si nous voulons rester au milieu de nos esclavages et d’une vie d’échec ou si nous voulons répondre à l’amour et à la liberté qui vient à nous et quitter l’Egypte. Sachant que notre libérateur sera forcément vu comme un esclavagiste, qui veut limiter notre liberté… l’esclavage finalement semble si doux à celui qui vit sous le joug; Comme diront les hébreux au désert :

« Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. » (Nb 11, 5)

Sortie d’Egypte naît une personne qui va à son tour libérer l’humanité : le Juif.

Les autres ? comme dit un psaume : «  Tel est le destin des insensés et l’avenir de qui aime les entendre , troupeau parqué pour les enfers que la mort mène paître… » (Ps 49, 13-14) bienvenue en enfer.

Voilà ce qui apparaît à celle ou celui qui veut bien prendre le temps de la réflexion et ose une parole.

Après, D.ieu, l’amour, appellent, et c’est à la personne de choisir. Mais l’Egypte est tellement séduisante…

Pourquoi D.ieu a tué les chevaux des égyptiens ?

PS : Dernier point : J’ai demandé à notre Rabbin pourquoi D.ieu avait tué les chevaux des Egyptiens qui n’avaient rien fait et alors que nous devons avoir un respect absolu des animaux dans le judaïsme qui est une écologie intégrale (on doit nourrir son animal avant soi-même).

Il a répondu « Très bonne question ».

On en reparle donc la prochaine fois… ce Chabbat prochain qui sera aussi … la Saint Valentin !


[1] D’un mot qui signifie « s’approcher » car on s’approchait du Grand Prêtre au Temple.

[2] « N’en mangez rien qui soit à demi cuit, ni bouilli dans l’eau mais seulement rôti au feu, la tête avec les jarrets et les entrailles » (Ex 12, 9)

[3] « Et l’on en mangera la chair cette même nuit …Vous n’en laisserez rien pour le matin ; ce qui en serait resté jusqu’au matin, consumez-le par le feu. » (Ex 12, 8. 10)

[4] « Celui dont le ménage sera trop peu nombreux pour manger un agneau, s’associera avec son voisin, le plus proche de sa maison, selon le nombre des personnes ; chacun, selon sa consommation, réglera la répartition de l’agneau. » (Ex 12, 4)

[5] « Que pas un d’entre vous ne franchisse alors le seuil de sa demeure  jusqu’au matin. » (Ex 12, 22)

Kaddich pour Charles Brami – zal

Pour les 11 mois du départ du regretté Charles Brami (zal)

Jacob Ouanounou : « Comment toute terre peut devenir la terre d’Israël par le respect des parents et quand on prépare l’avenir de ses enfants »

Comment des Juifs de Corse sont arrivés en Provence en 1140

Juifs de Provence au temps du roi René

1140

La Provence médiévale comprenait une importante minorité juive dispersée dans l’ensemble du comté qui seront regroupée en 1348 dans les villes : Aix, Arles, Marseille, Tarascon… les Juifs comptaient pour 5 à 8 % de la population de ces villes. Cette Provence au delà du Rhône est séparée de la « Provence » telle qu’on la nomme dans la littérature juive médiévale, qui correspond au domaine français, de langue d’oc, des comtes de Toulouse et du roi de France.

En 1140 Al Andalus et ses lettrés et poètes juifs mais aussi commerçants ou conseillers politiques des rois, est à son zénith. La conquête musulmane a sauvé le judaïsme de Séfarad de la persécution exterminatrice des chrétiens Wisgoths. Mais c’est la fin. Car cette même année les Almohades , berbères musulmans partisans d’un islam austère et rigide venus de Fès , prennent le pouvoir il seront à Cordoue en 1148 et ne laisseront aux Chrétiens et aux Juifs qu’un choix : la conversion ou la mort.

La même année 1140 Juda Halevi le chantre de Sion meurt au Caire avant d’avoir pu s’embarquer pour la Terre d’Israël. L’immense Maïmonide… n’a que 2 ans. Benjamin de Tudèle le « rabbin routard » rêve de voyages mais il a encore le temps… il n’a que 10 ans.

Du coté de la Chrétienté, en 1140 le principal code juridique (droit canon) occidental, le code de Gratien interdit de s’en prendre aux personnes et aux biens des juifs ou de profaner leurs tombes. Cependant selon la théologie d’Augustin d’Hiponne, un bon Juif est un Juif qui subit, qui est humilié pour toute la durée de l’humanité, il doit expier son crime : son incrédulité face au « Christ ». Aussi entre le XIe et le XIIIe siècle les juifs d’Occident vont passer de la liberté à la servitude.

En 1140 la Corse entière est plongée dans l’anarchie : Les lois n’ont plus d’empires, la guerre civile désole les provinces et sépare les familles.

Des juifs de Corse se réfugient alors à Toulon.

Des juifs de Corse réfugiés à Toulon

Comment sait-on que des juifs vivaient en Corse dés le XIIème siècle ? Grace à l’historien français Georges-Bernard Depping né à Munster en 1784 et mort en 1853 qui consacre toute sa vie à des recherches historiques. Il écrit dans Les Juifs dans le Moyen-Age: essai historique sur leur état-civil, commercial et littéraire publié par l’imprimerie royale en 1834 :

Les juifs dans le Moyen Age pg. 332

D’autre part, on le sait par Emmanuel Eydoux[1] 

« les Juifs de Corse («Nous sommes de la tribu de Benjamin et de la tribu de Lévi» disent-ils) se réfugient à Toulon en 1140, mais ils sont égorgés peu après » 

Emmanuel Eydoux, « Sept litanies », 1968.

Cette attestation de juifs en Corse au XIIème siècle est la plus ancienne d’un point de vue documentaire à ma connaissance, même si les échanges avec des juifs de la péninsule ibérique largement reliée à la Corse par la mer est probable bien avant.

Source docmentaire : Guy Bescond

[1] De son vrai nom Roger Eisinger ,Emmanuel Eydoux est ne a Marseille en 1913. Poete et penseur ,il occupe une place considerable parmi les auteurs Juifs Français. Il reçoit la médaille de la ville de Marseille en 1991. Il a consacre 24 ans de sa vie à l’enseignement de la Civilisation Juive aux élèves de l’ ORT à Marseille.


Remember Jean-Louis Rambaud

Il y a dix ans, le 1er janvier 2010, mon ami Jean-Louis Rambaud (Apax Partners) disparaissait dans une avalanche aux Arcs (Combe des Lanchettes) avec ses deux compagnons.

Ces quelques vers de Leonard Cohen (Avalanche) en souvenir. Toute notre affection à Isabelle et à ses enfants. La vrai mort c’est l’oubli. Que sa mémoire soit une bénédiction (ZAL) :

Well I stepped into an avalanche,

It covered up my soul;

When I am not this hunchback that you see,

I sleep beneath the golden hill.

You who wish to conquer pain,

You must learn, learn to serve me well.

Avalanche, Leonard Cohen

En mémoire de Jean Andréani : la machine de mort industrielle nazie au KL de Dora.

Jean Andréani

Les Corses n’ont pas à rougir de ce qu’ils ont fait pendant la seconde guerre mondiale.

Je tombe ce jour ces documents sur le neveu de ma grand-mère maternelle : Jean Andreani. Fils d’Angèle sa cousine germaine d’Aix en Provence, né à Bougie (Algérie).

Etudiant en droit en 1940. Il habitait le 2 cours Gambetta à Aix-en-Provence et était étudiant en droit et… serrurier.
Pris le 3 mai 43 pour sabotage anti-allemand, il n’a pas de casier judiciaire, aucune organisation politique. Il passe par Compiègne (un des principaux camps de transit)
et est livré à Buchenwald le 27 juin 43 où on le tatoue du numéro : 14 366.

Dora, une usine de mort fabriquant des armes de mort

Dora est une annexe de Buchenwald , où les nazis fabriquaient les fusées V2 à partir d’août 43. Les milliers de déportés du camp étaient loués par la SS aux entreprises allemandes chargées de réaliser les fusées. Sous les hurlements des kapos, ils vivent dans un enfer souterrain, creusant le sol dans une étouffante poussière minérale. Il y a tous les jours des morts, victimes des mauvais traitements, de la faim, du typhus, du froid ou, simplement, tués pour l’exemple.

L’un de ses compagnons d’infortune dit de Dora :  » Il fallait pouvoir se relever. Une gifle vous envoyait par terre et puis, c’était les coups; et, si on ne pouvait pas se relever, les claques redoublaient; on était battus à mort.  »

Là, pas de four crématoire. A Dora, on mourait d’épuisement au travail. D’avril à Août 1944, Himmler, farouche partisan de l’élimination par le travail forcé l’avait emporté sur les industriels allemands partisans d’un régime plus léger (il fallait produire le missile qui devait pulvériser Londres).

Jean Andréani y est soigné de la cinquième molaire le 2 février 44.

Las, il meurt de tuberculose pulmonaire (typhus?) le 22 juin 1944 à 4h 30. En juin 44 les bâtiments de construction de Dora sont installés hors du tunnel-usine. Jean Andreani est Commando extérieur à Dora. Il meurt probablement dans la construction de l’usine des V2. Sa mort est constatée le 27 juin 1944 .

Le 9 sept 1944 on propose de renvoyer ses affaires contre facture. Pas de date, pas de signature du responsable des envois.

L' »oubli » de Dora

Pourquoi le KL de Dora a-t-il été ‘oublié’ ? Parce que les américains ont exfiltré (opération paperclip) en découvrant les milliers de cadavres de Dora en avril 1945 ont interpellé plusieurs savants et techniciens dans un petit hôtel du Tyrol.

Parmi eux, Werner von Braun, éminent ingénieur et père du V-2, le maître d’oeuvre invisible d’une usine bien particulière.

Loin d’être inquiété et jugé comme criminel de guerre, ce  » négrier distingué « , selon le mot d’un historien, est discrètement emmené aux Etats-Unis avec l’une de ses fusées. S’ensuit une brillante carrière dans la recherche spatiale, de la mise au point du premier missile balistique américain au lancement du satellite Explorer et à l’entrée à la NASA en 1960. Von Braun mourra en scientifique célèbre et couvert d’honneurs.

D’autres savants de son équipe participeront, côté soviétique, aux travaux qui mèneront au Spoutnik.

L’Amicale des déportés se bat pour raviver les mémoires.

Nous ne devons pas oublier ce qui s’est passé.

Que vive ta mémoire de Jean Andreani (zal). Soldat (presque) inconnu du peuple Corse.