Réflexions sur le  » Tu aimeras ton prochain »

« Véahavta Léréakha Kamokha » est écrit avec le suffixe (« lé » et non « èt ») comme dans le Chéma : « Véahavta èt Hachem Elokékha »
Ibn Ezra explique cela de la façon suivante : « Tu aimeras ton prochain parcequ’il est comme toi même » en clair tu aimeras le bien pour ton prochain comme pour toi.

Il ne s’agit donc pas d’une extension du domaine du narcissisme personnel. « Je m’aime tellement que je finis par t’aimer ». Ni de « tendre un miroir à son prochain » pour qu’il analyse ses fautes, selon le même mouvement qui va de soi à soi… mais de considérer le droit d’autrui.
Une injonction d’auto-responsabilisation face au droit à vivre, respirer, aimer de celle où celui qui est devant moi.

Le judaïsme n’est pas un idéalisme, une forme d’amour platonique ou courtois, surplombant autrui du Ciel en donnant des leçons de morale. Qui garderait les mains propres parcequ’il n’en a pas. Une éthique émotionnelle minaudant pour mieux anéantir autrui de son mépris céleste. « La Torah n’est plus au ciel » résume l’adage talmudique.

Non, il s’agit d’une horizontalité où chacun est sommé de répondre ici et maintenant du droit rationnel de son prochain. D’où l’étude. D’où le fait que l’éducation juive commence par les prescriptions concrètes du livre du Levitique ou le traité des préjudices (baba batra)… et non pas par un « Traité de l’amour de Dieu » sur le mode augustinien de Bernard de Clairvaux.

Dans la paracha de ce jour (Aharemot Kedochim) le « kedochim tiyou » (« vous serez saints comme Moi je suis saint) ne consiste pas à laver « plus blanc que blanc » (c’est transparent ! disait Coluche) mais énonce immédiatement de multiples obligations envers le pauvre et l’étranger à qui on doit laisser le coin du champs (peah), le salarié qui doit être payé avant le soir, le parent (le senior) qui doit être honoré comme le Chabbat… etc.

Les juifs ne sont pas une idée mais un peuple. Leur République n’est pas céleste mais le temple de Jérusalem qui est un lieu de culte mais aussi un tribunal (beth Din) et un abbatoir, mon rabbin harboun ajoute : un hopital psychiatrique ! (le sacrifice purge la culpabilité).

Les juifs ont une vraie terre, Israel. Ils se fient à une « marche à suivre » (halakha), « la torah ne condamne que la haine » dit le Choulhan Aroukh.

Dans ce cadre le droit international, celui de la guerre, etc… sont des sujets religieux.

Oui un État a le droit et le devoir d’envoyer ses enfants au combat quand son ennemi a programmé dans sa charte de naissance fondatrice et ses actes de guerre récents l’anéantissement de son propre peuple.

Oui le droit international de la guerre condamne celui qui envoie ses soldats entourés d’un bouclier d’enfants ou de malades et non celui qui les abbat pour s’en défendre.

Oui la guerre est inévitable quand un proto état zombie de l’iran refuse toutes les propositions de paix légales et à programmé son suicide collectif.

Le Véahavta fait droit à l’existence de tout peuple à exister, peuple juif compris. Et à partir de là toutes les discussions sont possibles sur la manière de mener son couplé, ses amitiés, la politique ou la guerre.

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