Dans la revue HAYOM (Suisse)

Dans la revue suisse HAYOM pg 26-27

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Souccot arrive… la fête des etroguim

L’an prochain à… Bastia !

Hag Sameah !

Hayom sept

Hayom

Gmar ‘hatima tova

Kapparot – Kippour, Freud n’a rien inventé !

Freud n’a rien inventé !!!

kapparot

Le rituel des Kapparot vient de la racine hébraïque KPR qui a donné le verbe Lekapper qui signifie « remplacer » (tout comme Kippour) est un phénomène de transfertpsychanalytique.

Le rite des kapparot est un  rituel d’expiation, qui est apparu avec la disparition du rite du bouc émissaire de Yom Kippour. Le bouc émissaire était envoyé au désert chargé des fautes du peuple.

On agite un poulet au dessus de la tête d’une personne qui est ensuite abattu conformément aux règles halakhique (chohet). La valeur du poulet ou de la viande est alors donnée aux sans-abri ou aux pauvres comme un acte de charité – tsedaka.

On peut aussi remplacer ce rite par un don d’argent pour chaque personne de sa famille (Choul’han ‘Aroukh 605). Le coût symbolique de chaque Kappara est de 18€, la valeur numérique du mot « Vie », car une vie humaine ne peut pas être comptée car elle est un monde en soi et équivaut à toutes le vies.

Ce rite qui peut sembler à première vue d’un autre âge pratiqué la veille de Kippour, tout comme le « bouc émissaire », est en réalité d’une grande profondeur psychologique. Il s’agit d’un processus de transfert au sens psychanalytique du terme. Le transfert, moteur de la cure est un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne. Là le transfert se fait sur l’animal.

En effet, chacun est invité à scruter son âme pendant les dix jours redoutables qui séparent Roch Achana et Kippour. Le but est que chacun aille demander pardon pour ses fautes de l’année à son prochain qu’il a offensé, ou blessé, ou lésé. Cette techouva, ce « retour » vise à réparer, pas les fautes envers D-ieu comme on le croit parfois mais envers le prochain. La culpabilité collective est ainsi liquidée par ces rites  qui sont des processus d’abréaction.

En psychanalyse, on appelle abréaction  la réaction différée ou tardive, qui fait revivre l’événement traumatisant accompagné des affects pénibles avec lesquels il avait été vécu. Par exemple quand une personne revit un viol en le verbalisant et ainsi le neutralise en terme de culpabilité inconsciente. (Oui je sais c’est un juif qui a inventé la psychanalyse)

Il s’agit via la bête donc de REMPLACER (lekapper) la culpabilité pour éviter qu’elle ne soit refoulée dans l’inconscient et réapparaisse sous forme fantôme comme une addiction par exemple.

De même fonctionne le rite d’annulation des voeux avant Kippour (Kol Nidré), moment de grande émotion, est un rite de liquidation de la culpabilité collective :

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple
.

NB : je dois un certain nombre de ces réflexions à Jacob Ouanounou ce chabbat.

Les juifs de San Nicandro

Dans les années 30 à San Nicandro dans la région des Pouilles, une petite communauté italienne agricole s’est convertie au judaïsme.
Le plus extraordinaire c’est que ces hommes se sont convertis et qu’une partie est partie en erets Israël sans avoir jamais rencontré de Juifs de leur vie.
Après avoir lu la Bible que lui a donné un protestant sur son lit d’hôpital , Donato Manduzio, un paysan découvre que Dieu a créé le monde et établi le Chabbat le samedi.
Il décide alors que le salut « consiste à suivre la loi du Dieu d’Israël telle qu’elle avait été révélée à Moïse sur le Mont Sinaï » et de pratiquer le Chabbat.
Il pense que les Juifs ayant tous péri lors du Déluge, qu’il n’en reste plus dans ce bas monde, et que lui Donato Manduzio est appelé par le Tout-Puissant à ranimer une foi disparue depuis longtemps de la surface de la terre.
Très vite Donato convainc la moitié du village.
Ayant appris l’existence d’une communauté juive à Rome en 1931 Donato écrit au Grand Rabbin Angelo Sacerdoti : une demande de conversion sur carte postale! le Grand Rabbin de Rome croit à une blague.
En 1946, une circoncision collective permet à plusieurs d’entre eux d’être officiellement juifs.
En novembre 1949, ils font leur alya.
https://www.youtube.com/watch?v=HAws187yW2M&app=desktop
https://www.youtube.com/watch?v=HAws187yW2M

L’expulsion des 39 derniers juifs de Catalogne

Port vendres
Le 3 septembre 1493, Charles VIII restitue le Roussillon et la Cerdagne à l’Espagne. Le 13 du même mois, les Rois Catholiques pénètrent dans Perpignan.

Le 21 septembre 1493 un second édit dexpulsion est proclamé. Il est écrit en catalan et signé seulement par Ferdinand. Il accorde trente jours à tous les Juifs pour partir de ses terres. Il n’en restait que fort peu.

Rassemblés dans la baie de Port-Vendres dans lattente du départ prévu pour le 21 octobre, mais épuisés, malades, et devant des éléments naturels déchaînés, ils obtiennent lautorisation dattendre quelque temps avant de sembarquer à Collioure en direction de Naples sur le “Santa Maria i sant Cristofor” de Pierre Soler. Mais pour ce faire, il leur faut payer “un nolis de deux ducats en or, par tête, en exceptant les enfants à la mamelle et ceux que les femmes grosses portent dans leur sein”.


Totalement ruinés, ils sont obligés de demander au procureur royal de pourvoir à leur alimentation pendant la traversée.

Entassés sur cette embarcation, ces trente-neuf exilés, ces trente-neuf derniers Juifs catalans qui ont refuse la conversion voient avec tristesse s’éloigner cette terre que leurs ancêtres avaient tant aimée, et malgré tous les ressentiments qu’ils auraient pu éprouver, malgré tout ce qu’ils avaient pu endurer, ils lemportèrent avec eux dans leur cœur. Et durant des années, des décennies et même des siècles, ils continuèrent à vivre, à parler, à chanter, et même à cuisiner comme leurs lointains ancêtres.

Madame Francesca Caruha, auteur de cette œuvre artistique en a défini elle-même la symbolique : “En projetant leur ombre de soleil sur le socle en forme de Méditerranée, ces trous gravent la place des âmes ancrées en pays catalan”.

Qu’il nous soit permis de lire une dernière fois leurs noms :
Gracia Menahem Mossé, sa fille et son gendre.
Abraham Fuentes et sa femme.
Jucef Hasday et sa famille.
Na Stelina et son fils.

Bendit et sa mère.
Nissim et sa famille.

Jucef Léo Salomon et ses enfants.
Salomon de Larat et ses enfants.

Na Petrossa.
Ysaac de Piera et sa famille.

Nathan Mossé et sa famille.
La Lolita et un enfant.

Jacob et sa femme.

 

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Source : https://sites.google.com/site/lalettresepharade/home/la-revue-par-numero/numero-17/l-exil-des-derniers-juifs-catalans

Que signifient les pains de Chabbat (‘hallot)

halla

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹ-ה אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם. הַמּוצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ

Bénis sois-tu, Éternel, notre D-ieu, Souverain du monde, qui fais sortir le pain de la terre.

Les ‘hallot (deux pains du Chabbat) représentent les deux portions de manne que les Hébreux recevaient le vendredi pendant la traversée du désert (ils avaient une double portion le vendredi car ils ne pouvaient pas en ramasser le samedi en raison du Chabbat).

Nos Sages ont lu le texte du livre de l’Exode interdisant d’effectuer un travail à chabbat (sous peine de mort!) (Ex 31, 14-17), en l’éclairant par le passage qui le suit immédiatement.

Ce dernier commente la construction du Tabernacle (le michkane d’un verbe qui signifie « demeurer », ou « tente de la rencontre »- ohel moed) au désert, indiquant les différentes mélekhet mahachevet (œuvres conscientes) utiles à sa construction et au fonctionnement du culte qu’on y rendait. on consacre le pain car il présente cette oeuvre de la semaine, du temps profane.

Lire la suite de « Que signifient les pains de Chabbat (‘hallot) »

Yedid Nefesh, « Amant de l’âme »

Alta Rocca

Yedid Nefesh, « Amant de l’âme » est un poème liturgique que l’on chante à Chabbat. Il a été composé au XVIè siècle par Rabbi Elazar ben Moshe Azikri (1533 – 1600), auteur du Sefer haredim. Il exprime l’amour intense que l’on doit ressentir pour D-ieu.

Chacun des quatre versets a pour première lettre l’une des quatre lettres du Tétragramme, le Nom ineffable. ( YHWH )

Youd
« Bien-Aimé de l’âme, Père miséricordieux, incite Ton serviteur à réaliser Ton désir. Il accourra alors comme un cerf, pour se prosterner devant Ta grandeur !
Douce est pour lui Ton affection, plus suave que le miel le plus pur »


« Source rayonnante de ce monde, mon âme languit, dolente de Ton amour. Je T’implore, mon Dieu, guéris-la donc, en lui dévoilant la splendeur de Ton éclat !
Elle se ranimera et la santé elle recouvrera, pour Te servir à jamais »

Vav
« Ô Vénérable, que s’éveille Ton émoi, prends en pitié Ton fils qui Te chérit tant. Car au plus profond de lui, à contempler la magnificence de Ta puissance il aspire !
Je T’en prie, mon Dieu, désir de mon âme, ne tarde pas, ne Te dérobe pas »


« Révèle-Toi, Ami intime, sur moi déploie Ton pavillon de paix. Éveille la Terre à Ta gloire, et nous exulterons, ferons éclater notre joie !
Hâte-Toi, Bien-aimé, il me tarde de te rencontrer. Accorde-moi, je Te prie, Ta tendresse comme au temps passé »

יְדִיד נֶפֶשׁ, אָב הָרַחְמָן
מְשךְ עַבְדָךְ אֶל רְצונָךְ
יָרוּץ עַבְדָךְ כְמו אַיָל
יִשְתַחֲוֶה מוּל הֲדָרָךְ
כִי יֶעְרַב לו יְדִידוּתָךְ
מִנּפֶת צוּף וְכָל טָעַם

הָדוּר, נָאֶה, זִיו הָעולָם
נַפְשִי חולַת אַהֲבָתָךְ
אָנָא אֵל נָא, רְפָא נָא לָהּ
בְהַרְאות לָהּ נעַם זִיוָךְ
אָז תִתְחֵזֵק וְתִתְרַפֵא
וְהָיְתָה לָךְ שִפְחַת עולָם

וָתִיק, יֶהְמוּ רַחֲמֶיךָ
וְחוּס נָא עַל בֵן אוהֲבָךְ
כִי זֶה כַמֶה נִכְסף נִכְסַף
לִרְאות בְתִפְאֶרֶת עֻזָךְ
אָנָא אֵלִי, מַחְמָד לִבִי
חוּשָה נָא, וְאַל תִתְעַלָם

הִגָלֵה נָא וּפְרשׂ, חָבִיב
עָלַי אֶת סֻכַת שְלומֶךְ
תָאִיר אֶרֶץ מִכְבודָךְ
נָגִילָה וְנִשְׂמְחָה בָךְ
מַהֵר, אָהוּב, כִי בָא מועֵד
וְחָנֵנִי כִימֵי עולָם

Memoria ebraica di u nostru Paese

אֵלִי אַתָּה וְאוֹדֶךָּ אֱלֹהַי אֲרוֹמְמֶךָּ

Eli Atta veodeyka Eloaï arromemeyka

Sì u mio D-iu è ti ludaraghju;
Mio D-iu ! t’esaltaraghju.

« Tu es mon D-ieu, je te rends grâce, mon D-ieu ! je t’exalte. »

(Ps 118, 28)

Tradition orale d’un paesanu du Niolu :

« En Corse il y a des hommes, des femmes et les maccabi ».

Ce terme ne désigne pas les mazzeri ou les âmes mais des corses spéciaux.

En hébreu Makabim est l’acronyme de : Mi kamocha Ba’elim Adonai : « Qui est comme toi parmi les dieux Seigneur? ».

מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְהוָה  מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ נוֹרָא תְהִלֹּת עֹשֵׂה פֶלֶא

Qui t’égale parmi les dieux, Éternel? Qui est, comme toi, paré de sainteté; inaccessible à la louange, fécond en merveilles? (Ex 15, 11)
Prière du matin

 

Storytellings au Moyen-Orient

Une tribune de mon ami Frank Tapiro

Quelques photos que j’avais faites en 2010 dans un no mans land à Hébron prés du tombeau des patriarches, Ramallah, le check point de Kalandia, les 4 x 4 de l’Europe qui abreuvent Ramallah comme une manne (j’en ai toute une collection photo), les toits d’Hébron… Je suis passé à peu prés partout dans le West Bank. Sauf Gaza bien sûr, le « pavillon témoin ».

En plein Festival de Cannes, nous assistons depuis quelques jours à l’un des plus incroyables scénarios jamais écrit de l’histoire de la politique moderne.

La crise de l’accord iranien se déroule comme un épisode de 24 heures chrono. Sans déterminer qui interprète Jack Bauer, chaque protagoniste y joue un rôle précis, parfaitement maitrisé en fonction de son positionnement pour le bon déroulement du conflit et de l’objectif à atteindre : la renégociation du traité.

Tout commence par une visite de Macron chez Trump. Lire la suite de « Storytellings au Moyen-Orient »

Le Sable et le Soldat, Gainsbourg

 

 » Oui, je défendrai le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

 

Je défendrai contre tout ennemi,

Le sable et la terre, qui m’étaient promis.

 

Je défendrai le sable d’Israël,

Les villes d’Israël, le pays d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

Les villes d’Israël, le pays d’Israël;

 

Tous les Goliaths venus des pyramides,

Reculeront devant l’étoile de David.

 

Je défendrai le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël;

 

Quitte à mourir pour le sable d’Israël,

La terre d’Israël, les enfants d’Israël. »