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Amsterdam la juive : La Grande synagogue portuguaise, Esnoga

Je reviens d’Amsterdam et  voudrais partager avec vous dans cette suite de quelques post la vie juive que j’y ai découverte. Je parlerai dans ce post de la communauté sépharade d’origine portugaise.
Puis, dans de prochains posts je parlerai de la vie juive à Amsterdam et de contemporains du siècle d’or d’Amsterdam ( XVIIe siècle) : Rembrandt, Menassé Ben Israël et Spinoza. Enfin je parlerai de la visite de la maison d’Anne Franck.

J’ai été donc prier à shabbat avec la communauté sépharade orthodoxe portugaise. Nous étions dans l’annexe d’hiver de la synagogue Esnoga qui vient d’être restaurée. Vingt-cinq personnes qui m’ont accueilli avec plein de délicatesse pour la prière. Des mélodies proches des nôtres en plus rapide avec cette chaleur humaine et cette joie de vivre pleine d’entrain si sépharades. C’était magnifique. La torah a été commentée lors du Qiddouch, célébré avec du porto (!) dans de minuscules verres. Une communauté très liante et ouverte.

Voici le lieu  photographié hors shabbat :

Des sépharades qui n’ont pas connu l’orient ou l’Afrique du nord donc. Ceci dit l’un d’eux, un hazan venait du mellah de Meknès, un autre de Tanger parlait fièrement français, espagnol, hébreux, arabe… La communauté utilise une antique tradition de porter d’impressionnants chapeaux hauts de forme. Seuls le rabbin et le chef de la communauté en portaient ce shabbat mais tous le font au moment des grandes fêtes dans la Grande synagogue.

Mais cette annexe si intime est rattachée à un lieu mythique: la grande synagogue portugaise bâtie en 1675 qui vient d’être restaurée entièrement.

La Grande synagogue jeudi dernier

Comment cela arriva-t-il ?


En 1571, les provinces hollandaises sont libérées du joug de la couronne d’Espagne. La liberté de culte qui règne aux Pays-Bas attire tous ceux qui sont opprimées pour leurs croyances. Cette liberté de culte jointe à la liberté d’opinion et à celle d’entreprendre vont entrainer le siècle d’or néerlandais. Écrivains et érudits s’y établirent pour enseigner et publier en toute liberté.  Les calvinistes, les juifs, les marchands affluent vers le Nouvel Eldorado bien plus tolérant. Le commerce maritime, le négoce joints à l’accumulation de capitaux font d’Amsterdam la Venise du Nord et le nouveau centre économique d’une Europe maintenant tournée vers l’Atlantique, le Nouveau Monde et l’Asie (Compagnie des épices en rivalité avec le Portugal) et non plus seulement  vers la méditerranée.

Dés 1590, de nombreux marranes d’Espagne et du Portugal affluent vers Amsterdam. Ils se constituèrent en communauté, d’abord secrète. L’arrivée des juifs d’Espagne fuyant l’inquisition en 1602 amène les marranes à se déclarer Juifs au grand jour. Ces réfugiés de la péninsule ibérique se nomment eux-même « les portugais »

Ces marranes et ces sépharades d’Espagne bâtissent en 1675 la synagogue portugaise appelée l’Esnoga, une des plus grandes du monde.

Inneres der Portugiesischen, Synagogue d’Amsterdam. Tableau d’Emmanuel de Witte (v. 1680). Synagogue des communautés espagnole et portugaise d’Amsterdam.
(photographié dans le Musée du judaïsme en face de la grande synagogue.)

Jeudi soir :

 

L’Esnoga n’est éclairée qu’à la bougie:

L’inauguration par la reine Béatrice :

Quelques figures des rabbanim de la communauté au cours des âges :

Un musée abrite quelques pièces d’histoire :

 

A partir de 1620, des Juifs ashkénazes commencèrent à arriver à Amsterdam. Nous en reparlerons.

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