Kippour et les noms de Dieu

Juifs priant dans une synagogue pour Yom Kippour, huile sur toile (1878) de Maurycy Gottlieb. Vienne (Autriche).

Lors de la liturgie de Kippour on prononce en leitmotiv une phrase qui commente les treize attributs de Dieu. Ce texte est répété en choeur alors que le peuple qui confesse ses fautes s’agenouille (ce qui est unique dans la prière juive, d’habitude dite debout-c’est le sens du mot ‘Amida’). Il s’agit d’un texte de l’Exode au chapitre 36, versets 5-8 : « L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui et proclama nominativement l’Éternel. La Divinité passa devant lui et proclama : « ADONAÏ! ADONAï! est l’Etre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité… ». et le texte se termine par : « Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna »

Les 13 noms d’Ashem (Le Nom)

En ce jour le Grand Prêtre entrait seul dans le saint des saints du Temple et prononçait le tétragramme imprononçable par nulle autre que lui en ce jour et dont la prononciation est perdue. Il reste de cela cette énonciations des noms de Dieu ou plutôt de ses attributs au nombre de 13.

Que signifient ces 13 attributs? En dehors du fait que ce chiffre a la valeur numérique du mot EHAD (UN), dés les premières lignes du Guide des égarés de Maïmonide (1135-1204) en discute évoquant alors ce qui constitueras le coeur de sa conception de Dieu.  Thomas d’Aquin, lui auusi se penchera longuement sur cette théorie des « Noms » divins. Car Thomas d’Aquin comme Maimonide dépendent dans leurs questions sur les attributs de Dieu d ‘Aristote qui est alors redécouvert en Occident via les philosophes arabes (question débattue…. car les arabes ont reçu ce dépot des chrétiens syriaques). Tous deux veulent faire le pont entre la foi naïve des fidèles et les nouvelles connaissances rationnelles qui s’offrent à eux, Maîmonide en expliquant le judaïsme aux « égarés » ou plutot aux « perplexe »s cultivés de son époque. Pour le Rambam le Maasé Bereschit (l’oeuvre du commencement, la création) équivaut à la « physique » du Philosophe, et le Maasé MerKaba (la « vision du char » d’Ezéchiel 1 qui en période d’Exil rêve la liturgie Temple dans les Cieux) à la science métaphysique. Les deux maasé sont au coeur de la liturgie de Kippour.

Mais, revenons aux noms de Dieu selon le Rambam  :

« II y a eu des gens, qui croyaient que célem dans la langue hébraïque  désignait la figure d’une chose et ses linéaments, et ceci a conduit à la pure corporification (de Dieu) parce qu’il est dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance (Genèse, 1, 26). Ils croyaient donc que Dieu avait la forme d’un homme, c’est-à-dire sa figure et ses linéaments et il en résultait pour eux la corporification pure qu’ils admettaient comme croyance, en pensant que, s’ils s’écartaient de cette croyance, ils nieraient le texte ou même qu’ils nieraient l’existence de Dieu s’il n’était pas un corps ayant un visage et des mains semblables aux leurs en figure et en linéaments ; seulement ils admettaient qu’il était plus grand et plus resplendissant et que sa matière aussi n’était pas sang et chair et c’est là tout ce qu’ils pouvaient concevoir de plus sublime à l’égard de Dieu. Quant à ce qui doit être dit pour écarter la corporéité et pour établir l’unité véritable — qui n’a de réalité que par l’exclusion de la corporéité — tu sauras le démonstration de tout cela dans le présent traité »

En clair: Dieu ne fait pas partie de ce monde et n’a pas de corps. Les attributs de Dieu sont des attributs humains et ne sauraient qu’imparfaitement décrire l’Eternel au delà du temps, l’Etre au delà de tout ce que nous pourrions même imaginer de l’être. A la même époque un autre commentateur précise ces attributs de l’Eternel. Lire la suite de « Kippour et les noms de Dieu »

Des mots de minuit

Didier Long à Des Mots de minuit sur France 2, une émission présentée par Philippe Lefait

Visionner sur le site de France 2 : http://desmotsdeminuit.france2.fr/?id-video=69573750&vdo=2

ou sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xtqvbk_des-mots-de-minuit-du-20-09-12_tv

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  • 00 : 01 : 44  Le programme de l’émission :  avec la phrase à méditer du rabbin Haïm Harboun  : « Vous savez on peut traverser toute sa vie comme une mouche ! »
  • 00 : 49 : 50  L’interview de votre serviteur et la suite de mes aventures
  • 01 : 25 : 00 Les questions autour de mots clés

Et aussi : STAFF BENDA BILILI, des polyos de la rue du Congo qui jouent de la musique,désormais mondialement connus,  vraiment à écouter… Eva DOUMBIA, metteur en scène et Léonora MIANO, écrivain pour les « Afropéennes », très sympa. Ambiance afro.

Izkor

La prière d’Izkor  (hébreu : יזכור « qu’Il se souvienne »), est lu dans les synagogues, le jour de kippour, pour évoquer la mémoire des personnes chères qui ne sont plus parmi nous. Il est bon de redire ces mots en ces « jours redoutables ». Nous ne vous oublions pas.


Souviens-toi

Le souvenir est chose douce.
Il apporte une fraîcheur à l’âme aride, il enveloppe le coeur d’une caresse qui berce et apaise, il couronne le front de sérénité.

Le souvenir est chose pieuse.
Il est un autel élevé dans le sanctuaire intime où la fidélité apporte sa quotidienne offrande. Il fait que quelque chose des chers absents s’associe à nos oeuvres, survit et continue d’agir. Il fait que nous sommes un peu ce qu’ils furent.

Le souvenir est chose bénie.
Il évoque, idéalisés, les chers visages qui nous suivent dans notre carrière d’ici-bas, qui nous sourient et nous rassurent par leur présence. Leur pensée veille en nous et nous est une sauvegarde ; elle pose une lumière sur notre chemin et une bienveillance dans nos coeurs. Leur exemple nous est une exhortation, il éclaircit et élève pour nous la notion du devoir.

Le souvenir est chose pure.
Il nous pénètre d’une grâce spirituelle, il met une pudeur dans nos pensées, un respect dans nos paroles, une gravité dans nos actes, il répand une majesté et un recueillement.

Le souvenir est chose généreuse.
Il nous fait nous détacher de nos préoccupations personnelles, il nous emporte par-delà les griefs, les impatiences et les étroitesses, et nous fait entrer dans la dignité de l’esprit. Lire la suite de « Izkor »

La crise est-elle spirituelle ?

Didier Long sur la radio « Fréquence Protestante », le 06 septembre 2012 avec Philippe Arondel (durée = 50 minutes)

L’invention du christianisme – recension dans Les Etudes

Une recension de l’éxégète Pierre Gibert   dans la revue « Etudes »:


« … L’ouvrage de Didier Long, spécialiste en la matière, nous rend à la complexité de ces origines, insistant sur ces racines d’une dispora juive qui profita au christianisme naissant, lui assurant ses premiers développements. Un livre important qui mérite à la fois attention et discussion »