
Lors de la liturgie de Kippour on prononce en leitmotiv une phrase qui commente les treize attributs de Dieu. Ce texte est répété en choeur alors que le peuple qui confesse ses fautes s’agenouille (ce qui est unique dans la prière juive, d’habitude dite debout-c’est le sens du mot ‘Amida’). Il s’agit d’un texte de l’Exode au chapitre 36, versets 5-8 : « L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui et proclama nominativement l’Éternel. La Divinité passa devant lui et proclama : « ADONAÏ! ADONAï! est l’Etre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité… ». et le texte se termine par : « Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna »
Les 13 noms d’Ashem (Le Nom)
En ce jour le Grand Prêtre entrait seul dans le saint des saints du Temple et prononçait le tétragramme imprononçable par nulle autre que lui en ce jour et dont la prononciation est perdue. Il reste de cela cette énonciations des noms de Dieu ou plutôt de ses attributs au nombre de 13.
Que signifient ces 13 attributs? En dehors du fait que ce chiffre a la valeur numérique du mot EHAD (UN), dés les premières lignes du Guide des égarés de Maïmonide (1135-1204) en discute évoquant alors ce qui constitueras le coeur de sa conception de Dieu. Thomas d’Aquin, lui auusi se penchera longuement sur cette théorie des « Noms » divins. Car Thomas d’Aquin comme Maimonide dépendent dans leurs questions sur les attributs de Dieu d ‘Aristote qui est alors redécouvert en Occident via les philosophes arabes (question débattue…. car les arabes ont reçu ce dépot des chrétiens syriaques). Tous deux veulent faire le pont entre la foi naïve des fidèles et les nouvelles connaissances rationnelles qui s’offrent à eux, Maîmonide en expliquant le judaïsme aux « égarés » ou plutot aux « perplexe »s cultivés de son époque. Pour le Rambam le Maasé Bereschit (l’oeuvre du commencement, la création) équivaut à la « physique » du Philosophe, et le Maasé MerKaba (la « vision du char » d’Ezéchiel 1 qui en période d’Exil rêve la liturgie Temple dans les Cieux) à la science métaphysique. Les deux maasé sont au coeur de la liturgie de Kippour.
Mais, revenons aux noms de Dieu selon le Rambam :
« II y a eu des gens, qui croyaient que célem dans la langue hébraïque désignait la figure d’une chose et ses linéaments, et ceci a conduit à la pure corporification (de Dieu) parce qu’il est dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance (Genèse, 1, 26). Ils croyaient donc que Dieu avait la forme d’un homme, c’est-à-dire sa figure et ses linéaments et il en résultait pour eux la corporification pure qu’ils admettaient comme croyance, en pensant que, s’ils s’écartaient de cette croyance, ils nieraient le texte ou même qu’ils nieraient l’existence de Dieu s’il n’était pas un corps ayant un visage et des mains semblables aux leurs en figure et en linéaments ; seulement ils admettaient qu’il était plus grand et plus resplendissant et que sa matière aussi n’était pas sang et chair et c’est là tout ce qu’ils pouvaient concevoir de plus sublime à l’égard de Dieu. Quant à ce qui doit être dit pour écarter la corporéité et pour établir l’unité véritable — qui n’a de réalité que par l’exclusion de la corporéité — tu sauras le démonstration de tout cela dans le présent traité »
En clair: Dieu ne fait pas partie de ce monde et n’a pas de corps. Les attributs de Dieu sont des attributs humains et ne sauraient qu’imparfaitement décrire l’Eternel au delà du temps, l’Etre au delà de tout ce que nous pourrions même imaginer de l’être. A la même époque un autre commentateur précise ces attributs de l’Eternel. Lire la suite de « Kippour et les noms de Dieu »


