« La Synagogue », Guillaume Apollinaire

Guillaume_Apollinaire_-_Calligramme_-_Poème_du_9_février_1915_-_Reconnais-toi

Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Was de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, né sujet polonais de l’Empire russe en 1880 de mère polonaise et de père inconnu et mort pour la France en 1918, portait en lui l’amour d’Israël au point d’en étudier l’hébreu et d’aimer une femme juive, « elle avait des yeux israélites » écrit-il. Apollinaire connaissait bien les Juifs. Il fut séduit par leur étrangeté : Julien Weil demeura le fidèle compagnon de la mère du poète. Il s’occupa de Guillaume et de son frère. Puis il rencontra, l’érudit Molina da Silva, le père de Linda, une amour de jeunesse qui l’initia à l’hébreu et à la pensée juive. Ensuite, Apollinaire étudia la préface que Moïse Schwab fit pour la traduction française du Talmud de Jérusalem. Il s’intéressa à la Kabbale comme son ami, le poète juif Max Jacob. Dans « Le Passant de Prague », paru dans La Revue Blanche, en 1902 on lit : « J’aime les juifs car tous les juifs souffrent partout ». Voici son poème « LA SYNAGOGUE » :

Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ils se disputent et crient des choses qu’on ose à peine traduire
Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père
Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère

Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer
Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés
Et parce qu’Ottomar et Abraham aiment tous deux
Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu

Pourtant tout à l’heure dans la synagogue l’un après l’autre
Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau
Parmi les feuillards de la fête des cabanes
Ottomar en chantant sourira à Abraham

Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes
Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d’automne
Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim
Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim

Guillaume Apollinaire

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Menorah

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