Le businessman garde la foi

 Le businessman garde la foi  » , par Ghislain de Montalembert, Figaro Magazine, avril 2009.

Didier Long : le businessman garde la foi

G. M.
17/04/2009 | Mise à jour : 16:32

Cela se voit du premier coup d’œil : Didier Long est inspiré. En liaison directe avec le ciel. Dix ans à la Pierre-qui-Vire, cela laisse des traces divines ! Ancien moine, il est devenu businessman. Un pro des nouvelles technologies, du web. Il dirige un cabinet de conseil, à Paris. Quinze salariés. Trois enfants. Une maison dans l’ouest parisien. Quarante-trois ans, mais rien de classique dans cette existence hors du commun, marquée par des ruptures successives. Brutales. Radicales. Didier Long a découvert la foi à 17 ans. Trois ans plus tard, il quitte l’école technique Michelin de Clermont-Ferrand et le lotissement « upper middle class » de ses parents pour devenir moine dans le Morvan. «Didier! Didier! C’est moi! Sors de ton tombeau. Moi, je t’aime », lui avait dit la voix. «Quand j’ai compris que j’étais aimé par Dieu, cela m’a semblé la moindre des choses que de lui donner ma vie», confie Didier. La cloche, le cloître, la règle, l’office sept fois par jour… Dix ans plus tard, il part – un regard, une femme, sa femme – et, de fil en aiguille, passant de l’édition numérique (un CD-Rom sur la Bible) au web (le site Fnac.com, qu’il a créé), il se retrouve chez McKinsey – le saint des saints du management ! – avant de monter sa propre structure de conseil. Plusieurs vies en une, c’est donc possible ! Mais une seule ligne, comme un fil d’Ariane : la foi. «En se cherchant soi, on rencontre des gens. Et parfois, l’amour des autres vous façonne et vous apporte la paix, explique Didier. Ces visages, croisés au hasard de l’existence, sont comme un puzzle. Peu à peu l’image de Dieu se révèle et, un jour, on comprend: c’est l’humanité qui est le visage de Dieu!» Si, comme l’économiste Schumpeter, Didier Long estime que «la Bourse est un médiocre substitut pour le Saint-Graal», il pense néanmoins être aujourd’hui à la bonne place, «au cœur du réacteur» : le monde est devenu tout économique et «c’est là que ça chauffe, en ce moment». «Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas», dit l’Evangile. En attendant, Didier Long a écrit un livre au titre évocateur : Manuel de survie spirituelle dans la globalisation*.

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