Les pierres sauvages

Le Thoronet

Un petit extrait pour donner envie de relire le magnifique ouvrage de Fernand Pouillon Les pierres Sauvages, (Seuil 1964), de circonstance en ce jours de frima.

 

 

 

 

 

 Dimanche de l’Oculi

La pluie a pénétré nos habits, le gel a durci le lourd tissu de nos coules, figé nos barbes, raidi nos membres. La boue a maculé nos mains, nos pieds et nos visages, le vent nous a recouverts de sable. Le mouvement de la marche ne balance plus les plis glacés sur nos corps décharnés. Emportés dans le crépuscule blafard d’un hiver de mistral, précédés de nos ombres démesurées, nous apparaissons tels trois saints de pierre. Nous marchons depuis des semaines. Par la vallée du Rhône nous atteignons Avignon, puis Notre-Dame-de-Florielle dans la diocèse de Fréjus, sur les terres de mon cousin Raymond Béranger, comte de Barcelone. En ce cinq mars onze cent soixante et un, trentième année de mon arrivée à Cîteaux,  je suis chargé de construire un monastère, j’en ai reçu l’ordre de notre abbé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s