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La Sidra de TSAV, « prescris », 12 Nissan 5773

Torah

Un commentaire de la paracha du dernier Shabbat (à lire ici) par le Rav Haïm Harboun.

La Sidra de Tsav tombe cette année juste avant Pessah. Le chabbath qui précède la fête de Pessah est appelé Chabbath Hagadol, « le  Grand Chabbath » ; Pourquoi ?  Si c’était le chabbath lui-même qui est grand on aurait dû dire Chabbath Haguédola au féminin puisque le mot « chabbath » est du genre féminin. Mais en fait, Chabbath Hagadol est la contraction de « Chabbath Ness Hagadol », le « chabbath du grand miracle ». Ce qui est grand en vérité, c’est donc le miracle qui s’est produit le chabbath avant Pessah. Après plus d’un siècle d’esclavage en Egypte, dans un pays alors animiste où on adorait des animaux, les Hébreux ont eu le courage d’immoler dans chaque famille un agneau et de badigeonner les linteaux de leurs maisons avec son sang. Or l’agneau était un des dieux égyptiens. Cet acte était une véritable provocation, une révolte d’esclaves dont l’issue ne pouvait que se solder par un massacre exemplaire dans l’antiquité. Ceci prouve que l’esclavage, n’a pas modelé la mentalité des Hébreux, Ces derniers ont trouvé en eux le ressort pour réagir. Ils ont provoqué la fureur des Egyptiens… qui sont restés complètement passifs. Voilà le vrai « grand miracle ».

La sidra précédente, celle de Vayikra, traitait des sacrifices à l’attention des cohanim, par contre la Sidra de Tsav traite du même sujet mais à l’intention du peuple d’Israël. Tout ce qui traite des sacrifices, surtout dans notre civilisation actuelle, donne le sentiment qu’il s’agit d’une véritable boucherie. Quelle différence y a –t-il entre le temple et un abattoir ? En vérité, il y a une grande différence, car tout  dépend de l’intention de la personne qui offre le sacrifice et  du regard qu’on porte à une action. Tout dans ce bas monde est profane. Le judaïsme précise que le but du Juif est de faire passer le profane au stade du sacré. Ainsi, on peut manger comme un animal parce qu’on a faim. Mais pour le Judaïsme, manger est un acte sacré. La table sur laquelle on mange a la même fonction que l’autel sur lequel on procède aux sacrifices. La doctrine juive fait d’un repas un véritable acte spirituel. Par conséquent tout dépend de la finalité d’un acte. Celui-ci doit prendre une signification noble. C’est l’objet de la sidra de Tsav quand elle parle du grand prêtre, des habits des cohanim ou de l’Holocauste (‘Ola).

Le grand-prêtre, homme de parole et le « sacrifice des lèvres »
Un homme ayant des problèmes d’ordre psychologique peut mettre en danger, par son comportement, l’équilibre de la société. C’est pourquoi toute personne culpabilisée par une action fautive avait la possibilité de venir au Temple avec un sacrifice et faire état de tout ce qui est la cause de son désarroi. Le Cohen l’écoute attentivement, prend le sacrifice et apporte le calme et la sérénité à cet homme en état de mal être. Le temple, ou plus précisément son sanctuaire, était donc un lieu qui permettait à l’homme troublé de revenir directement à la spiritualité et au calme psychique. Comment cela se passait-il ?

La paracha de Tsav est la seconde partie de celle de Vayikra. Nous avions alors remarqué qu’il était étrange que « Celui que les cieux ne peuvent contenir » se tienne sur un petit michkane si restreint. Mais mieux encore nous avions remarqué que la voix de D., cette voix dont le psaume 29 que nous chantons après avoir proclamé et commenté la Torah, alors que nous rapportons le rouleau de la Loi dans l’arche, cette voix qui « retentit sur les eaux, le Dieu de gloire tonne »… qui « brise les cèdres, c’est l’Eternel qui met en pièces les cèdres du Liban », « qui  fait trembler le désert de Kadêch » et même « enfanter les biches »…, Et bien cette voix puissante que Moïse entendait n’était pas audible en dehors de la tente pour le peuple… Rachi s’en étonne : « Depuis la tente d’assignation, cela nous apprend que la voix s’arrêtait et qu’elle ne se manifestait pas hors de la tente. J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « “la” voix » (Nombres 7, 89). De quelle voix s’agit-il ? De celle dont il est question dans le livre des psaumes: « “La voix” de Hachem éclate dans la force, “la voix” de Hachem éclate avec majesté, “la voix” de Hachem brise les cèdres » (Tehilim 29, 4). Dans ce cas, pourquoi est-il précisé : « depuis la tente d’assignation ?»  Pour nous apprendre que la voix s’arrêtait. Il en est de même dans : « Et le bruit des ailes des chérubins s’entend jusqu’à la cour extérieure » (Ye‘hezqèl 10, 5). J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « Comme la voix de Qél Chaddaï quand Il parle » (ibid.). Dans ce cas, pourquoi est-il précisé : « jusqu’à la cour extérieure » ? Parce que, dès qu’elle y parvenait, elle s’arrêtait. »

Rachi : le Maître de Troyes qui voulait seulement établir le premier sens de l’Ecriture, après avoir, un jour entendu un père donner une mauvaise traduction à son fils, alors qu’il entrait dans la synagogue ; Rachi, toujours soucieux de précision n’en reste pas là et il commente :

« Il appela Mochè. La voix se propageait et atteignait ses oreilles, et nul en Israël ne l’entendait. ». Rachi en tire la conclusion  « J’aurais pu penser qu’il y eût eu un appel également pour signaler les interruptions dans le discours. Aussi est-il écrit : « lui parla », ce qui veut dire qu’il y a eu un « appel » lors de la prise de parole, et non pour les interruptions. Et à quoi les interruptions ont-elles servi ? À donner à Mochè le temps de réfléchir entre un paragraphe et le suivant et entre un sujet et l’autre. À plus forte raison un simple être humain en a-t-il besoin lorsqu’il étudie auprès d’un de ses semblables».

Mais surtout Rachi précise ce qui se passait pour Aaron au même moment. Il poursuit :

« Lui parla À l’exclusion de Aharon. Rabbi Yéhouda a enseigné : «  La Torah contient treize « paroles » (diberoth) transmises à Mochè et à Aharon, au regard desquelles figurent treize cas où Aharon est exclu. Cela t’apprend qu’elles n’ont pas été dites à Aharon, mais à Mochè pour qu’il les dise à Aharon. Et voici ces treize exclusions : « pour parler avec Lui » (Bamidbar 7, 89), « lui parlant » (ibid.), « il lui parlait » (ibid.), « je te rencontrerai » (Chemoth 25, 22). Elles sont toutes énumérées dans Torath kohanim. J’aurais pu penser qu’ils eussent tous entendu la voix de l’appel. Aussi le mot « voix », dans ces versets, est-il suivi de « à lui » ou de « vers lui ». C’est Mochè qui a entendu, et nul autre en Israël.

C’est donc Moïse qui transmet la parole à Aaron qui réalise le sacrifice. Cette parole qui est le sens du sacrifice. Et comme je vous le disais, il faut bien se rappeler qu’à l’époque il n’y a pas de psychanalyste, de psychiatre, de pédo-psychiatre… comme aujourd’hui. Alors on va voir le grand prêtre quand on a un problème et on lui parle. On lui raconte les transgressions qu’on ne veut pas entendre discutées sur la place publique. Le cohen offre alors un sacrifice qui rédime le péché. Le verbe shalem, « payer » est proche de shalom, « la paix ». Le rachat par le sacrifice pacifie celui qui vient de l’offrir. Celui-ci en ressort unifié. Nous avons des personnalités multiples nous sommes émiettés, le but du judaïsme est rendre UN la personne, de la recueillir. « Unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom » dit le psaume (86, 11). Par la reconnaissance de la transgression et le sacrifice, l’homme en miettes s’unifie, se complète (« compléter » se dit lehashlim  en hébreu), s’unifie. La Parole qui parle au cœur de la tente d’assignation donne son sens aux sacrifices du sanctuaire qui guérissent.

La parole est puissante, elle guérit toute nos blessures. Le sacrifice des lèvres, la Tefillah, vise cette unité intérieure par la parole. Nous devrions ressortir de cette synagogue unifiés, pacifiés.

L’habit fait l’homme
Dans la Sidra il y a un passage qui nous apprend que le peuple est rassemblé pour voir Moïse laver les vêtements des Cohanim. Et on se dit « Mais, bigre ! Pourquoi Moïse devrait-il laver les vêtements des Cohanim ? ». Ce passage de la Sidra est d’une importance capitale car il nous rappelle que le vêtement n’est pas une notion anodine.

On nous dit aussi : « Le pontife revêtira son habit de lin, après avoir couvert sa chair du caleçon de lin »… Pourquoi ces détails ?

Le talmud (Yoma 23b) commente : « Sur sa chair : [cela signifie que] rien ne doit s’interposer entre eux ». Rien ne doit s’interposer entre l’homme et le Saint. On retrouve la même attitude dans la paracha avec le geste de poser ses mains directement sur la tête de la bête sacrifiée. Une indication précieuse car elle nous montre que l’habillement doit être compris à un niveau plus profond.

 En effet, la façon  de s’habiller n’est pas anodine, elle parle de l’histoire de l’individu de ses désirs conscients ou inconscients. On peut provoquer, en mettre plein la vue, être over-dressed (trop habillé pour le contexte) comme disent les anglo-saxons ou bien encore porter l’invisible costume gris du comptable qui rase les murs. L’extérieur, l’habit reflète l’intérieur –comme pour l’arche de Noé enduite à l’intérieur et à l’extérieur ou l’arche d’alliance dont l’intérieur (penim) était semblable à l’extérieur. L’habillement extérieur reflète les dispositions de l’âme.

Le vêtement traduit aussi les réminiscences des sentiments. Dans son apparente futilité, l’habillement porte la marque d’enjeux psychologiques.  On exprime par la manière de s’habiller l’image de soi, le rapport  qu’on entretient avec la société,  ses émotions et toute sa propre affectivité.

L’habit constitue la frontière entre la vie intime et la vie en société. De ce fait, pas plus que la mezouza à l’entrée de  la maison, il ne pouvait être ignoré par nos Maîtres.

 La halakha, dans ce domaine, est fondée essentiellement sur l’aspect psychologique de la manière de s’habiller. L’habillement porte en lui un message à soi et aux autres. C’est ce message que la Halakha, en exigeant  une tenue pudique, a voulu décoder. Si le judaïsme se préoccupe du comportement vestimentaire, c’est parce que, celui-ci,  révèle la personnalité de l’individu. Toute personne,  conformant  sa conduite à la pratique des mitsvoth, adopte une pratique rigoureuse quant à la manière de s’habiller.

 L’habit est l’expression de nos origines et de notre construction psychique plus ou moins équilibrée. Si Adam et Eve étaient nus, il n’en est pas de même pour nous. Des bras nous ont accueillis en ce monde, notre maman nous a langé puis nous a appris à nous habiller. La façon de s’habiller raconte ce premier rapport mère-enfant fondateur de tous les autres qui façonne les comportements  vestimentaires… La peur d’avoir froid ou chaud, les émois, la pudeur, toute cette sollicitude qu’on nous a porté (ou pas !) a profondément imprégné notre manière d’habiter notre corps nos vêtements et de vivre en société.

Par conséquent la manière de s’habiller traduit le passé et l’héritage affectif de la personne. Le comportement vestimentaire reprend de l’importance, ensuite, à la période de l’adolescence. L’adolescent se cherche une identité, celle-ci passe par le vêtement, il se cherche. La psychologie moderne a bien étudié ce problème et arrive à la conclusion qu’une personne «  boulimique de vêtements » a  probablement été privée d’amour maternel. Autant dire que le comportement vestimentaire dévoile une grande partie de l’enfance. Or l’enfance est absolument déterminante pour l’équilibre de l’individu. Quand nos Maîtres insistent sur  la tenue vestimentaire  pour le choix d’un futur conjoint, par exemple,  ils savent que l’équilibre du couple est déterminé par la qualité de l’enfance.

 Nos vêtements influent également sur notre humeur. Comme si le vêtement donnait une autre identité ou bien, comme s’il y avait une perméabilité entre l’intérieur et l’extérieur. Or la Torah prône une identité vraie, réelle. Une conformité du visage ou du vêtement et de l’intérieur. Acheter un vêtement ne doit pas devenir une façon de s’approprier une autre image. Ce qui revient à s’approprier une image qui n’est pas à soi.

 S’habiller d’une manière provocante témoigne d’une identité vacillante et d’un  complexe narcissique. Une volonté de sécuriser une insécurité fondamentale par le regard admiratif des autres. S’il me regarde c’est « parce que je le vaux bien » comme dit une publicité de cosmétiques dans une ambiguïté voulue entre la valeur intérieure et la valeur mercantile. Le maquillage étant un prolongement de l’habillement.

Il ne faut donc pas s’étonner, considérant l’importance psychologique du comportement vestimentaire que nos Maîtres se soient emparés  de ce sujet et l’aient réglementé. Tout cela revient à dire que la tsniouth est une preuve d’une maturité sociale et individuelle. Admirable pertinence et profondeur de leur connaissance dans le domaine de la psychologie humaine ! Les Pirqé avoth dit, à juste titre, que  dans la Torah, on trouve la somme de toutes les  connaissances. Encore faut-il se donner la peine de l’étudier !

L’Holocauste ou le sacrifice perpétuel
Le sacrifice connu sous le nom de «  OLA » est perpétuel. Il est consumé totalement par le feu et il est interdit de le consommer contrairement aux autres sacrifices. Ceci nous apprend que toute action qui se répète finit par poser un problème à celui qui l’accomplit. Le grand risque est de réaliser une action mécaniquement comme si on n’en faisait pas partie, de ne plus l’habiter.

Or la conduite juive est répétitive. Chaque jour on doit prier, chaque  vendredi on doit allumer les lumières du Chabbath, etc. La répétition se retrouve dans toutes les mitsvoth. Il faut donc une intention profonde, une volonté déterminée et concentrée pour habituer le geste, en faire un geste sacré, l’investir de sens ; dit autrement : vivre devant Dieu, prendre le joug du Royaume.

 La Torah, en mettant en exergue le sacrifice OLA a voulu nous montrer que le mérite dans l’accomplissement de la mitsva figure dans sa répétition. L’observance des Mitsvoth nécessite une volonté solide. Par conséquent  elle est structurante de la personnalité de l’individu.

 Les sacrifices  dans le Judaïsme ne s’inscrivent pas dans la peur de dieux imaginaires à qui, il faut offrir des sacrifices pour apaiser une soi-disant colère qui n’a d’égale que la culpabilité des hommes…. Dans le judaïsme, le grand-prêtre est un maître de l’action symbolique, il guérit en acte le blessé. Le sens de cet acte est donné dans la parole proférée à Moïse dans la Tente. Ce que vise le sacrifice c’est l’intérieur de l’homme, sa décision d’adhérer à D. en observant sa Torah et ses Mitsvoth.

 On ne célèbre pas dans le feu le fait d’appartenir à une même tribu, un clan qui durerait éternellement, une forme de racisme ethnique comme dans le sacrifice païen. Le cœur du sacrifice juif consiste dans le fait que l’homme change sa conduite, qu’il fasse advenir la justice dans sa vie et dans la société. Seul celui qui écoute la voix de D. et réalise sa justice en acte dans la société comprend le sens de ce type de sacrifice.

En dehors, tout sacrifice est païen. Il ne sert à rien. C’est tout le sens des paroles terribles et paradoxales de Jérémie dans la haftarah de ce jour :

« Ainsi parle l’Eternel-Cebaot, Dieu d’Israël: « Joignez vos holocaustes à vos autres sacrifices et mangez-en la chair. Car je n’ai rien dit, rien ordonné à vos ancêtres, le jour où je les ai fait sortir du pays d’Egypte, en fait d’holocauste ni de sacrifice. Mais voici l’ordre que je leur ai adressé, savoir: « Ecoutez ma voix, et je serai votre Dieu et vous serez mon peuple; suivez de tout point la voie que je vous prescris, afin d’être heureux. » Or, ils n’ont point obéi, point prêté l’oreille; ils ont suivi leurs inspirations, tes instincts de leur cœur vicieux, ils ont rétrogradé au lieu d’avancer ».

 Le sacrifice n’est donc pas une ‘histoire sans parole’, le sens de l’holocauste c’est d’écouter la voix de D. Via la nourriture sacrifiée (viande, fleur de farine…) il s’agit bien d’une histoire de parole et non d’un mode opératoire automatique, païen. Moïse transmet la parole de D. qu’il entend dans la tente à Aaron qui à son tour guérit par la parole et le geste. A travers le sacrifice, le don, D. ne demande rien d’autre que le cœur. 

La Haftarah est explicite sur ce point :

« Oui, les enfants de Juda ont fait ce que je réprouve, dit l’Eternel, ils ont placé leurs idoles immondes dans la maison qui porte mon nom, pour la profaner. Ils ont bâti les hauts-lieux du Tofèt, dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler leurs fils et leurs filles par le feu, chose que je n’ai point commandée et qui est loin de ma pensée. »

Le judaïsme n’a rien inventé de « nouveau » sa nouveauté réside dans le refus de l’idolâtrie des sacrifices de Nations. Là encore, avec l’holocauste il s’agit de faire d’un acte profane, le feu primitif, un feu sacré, d’en déplacer complètement la signification. C’est la décision intérieure qui est visée, le choix social pour la justice et non plus la célébration d’un ethnocentrisme gréco-romain des ancêtres divinisés et craints qui exigent leur ration.

Isaïe, de manière tout aussi radicale fait écho à Jérémie dans des paroles qui devaient glacer d’effroi la bourgeoisie bien-pensante de Jérusalem alors que le Temple tournait à plein régime:

 « Que m’importe la multitude de vos sacrifices? Dit le Seigneur. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos victimes; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n’en veux point. Vous qui venez vous présenter devant moi, qui vous a demandé de fouler mes parvis ? Cessez d’y apporter l’oblation hypocrite, […] Lavez-vous, purifiez-vous, écartez de mes yeux l’iniquité de vos actes, cessez de mal faire. Apprenez à bien agir, recherchez la justice; rendez le bonheur à l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez  la cause de la veuve. Oh! Venez, réconcilions-nous, dit l’Eternel! » (Is 1, 11-13 ; 16).

 Réconciliation de l’intérieur et de l’extérieur, de D. et de l’homme, unification spirituelle, conversion personnelle, justice sociale. Voilà le sens du sacrifice qui s’éteint si l’action d’Aaron n’est pas rapportée au commandement éthique.

En cette veille de Pessah nous allons  chercher partout dans la maison le levain qui pourrait y rester, le hamets. La destruction du hamets  par le feu la veille de Pessah est semblable au sacrifice de l’holocauste « le sacrifice qui se consume sur le brasier de l’autel, toute la nuit jusqu’au matin ». Il s’agit de chercher le hamets, qui symbolise le mal, et la tentation  dans notre maison intérieure par un examen de conscience pour le brûler. C’est une action consciente, volontaire, pour mettre notre vie en conformité avec l’obligation éthique qui parlait dans la tente de la rencontre. Un appel à la liberté et à la justice que rappelle inlassablement le cri de colère des prophètes.

  1. 5 avril 2013 à 15:47

    Je reprends les propos du Rav, avec tout le respect qui lui est dû :

    « Après plus d’un siècle d’esclavage en Egypte, dans un pays alors ANIMISTE OU ON ADORAIT LES ANIMAUX, les Hébreux ont eu le courage d’immoler dans chaque famille un agneau et de badigeonner les linteaux de leurs maisons avec son sang. Or l’AGNEAU ETAIT UN DIEUX DES EGYPTIENS ».

    Non, Didier, je ne peux pas laisser dire ça, lorsque cela à des accents de vérité historique (pour le mythe, c’est autre chose !) : cette affirmation est historiquement et égyptologiquement fausse !

    Au nom du dogme, nous n’avons pas le droit de mentir sur l’Histoire ; ou alors, on remet tout en cause : la Terre est plate et placée au centre de notre Univers, les dinosaures n’ont jamais existé, etc…

    Au nom de la Vérité – d’ailleurs ne la doit-on pas à notre Créateur ? – je vous remercie de conseiller au Rav Haïm Harboun, la lecture des ouvrages des égyptologues (et non égyptomaniaques !) François-Xavier Héry ou de l’illustre Christiane Desroches-Noblecourt.

    En quelques lignes…

    La grande majorité des Pharaons n’étaient pas des tyrans ; il est scientifiquement prouvé qu’il n’y avait pas d’esclaves sur les chantiers des pyramides, par exemple ! Seules les périodes dites intermédiaires (souvent décadentes) ont vu trôner des petits roitelets incompétents et autoritaires (souvent d’origine étrangère à l’Égypte = Hyksos, par exemple).

    Pour ce qui est de la religion des anciens égyptiens :

    je le répète pour la énième fois : sous un polythéisme apparent, les anciens égyptiens étaient profondément monothéistes : les différentes images employées n’exprimaient qu’une des multiples facettes du Un (Elohim est bien un nom pluriel, non ? pourtant il désigne l’Unique !).

    Les égyptiens détestaient la véritable idolâtrie (se prendre soi-même pour Dieu) ce qui explique qu’Akhénaton, pourtant iconoclaste, ait été renversé, un comble ! C’est qu’il était idolâtre de lui-même, en s’assimilant à Aton (le disque solaire = en quelque-sorte à la Lumière divine)… quand Ramsès (ou Ramose) ne signifie rien d’autre fils de la Lumière (Râ = Lumière, l’expression visible du Un Caché ; Mose = fils = Moshé (?)).

    Sûrement leurs descendants directs, vous n’êtes pas étrangers aux anciens égyptiens : les prêtres égyptiens pratiquaient la circoncision, avaient les mêmes interdits alimentaires que dans le Judaïsme, ils pratiquaient aussi leur Sabbath, célébraient déjà leur Pessa’h ou Passage avant même l’Exode (lire Le Pharaon Juif de Roger Sabbah), etc…

    Encore une ? : Howard Carter a découvert, sous le masque d’or de Tout-Ank-Amon, que le roitelet portait une kippa brodée des 10 noms de l’Unique ! Elle est exposée au musée du Caire.

    Champollion fût troublé, pour ne pas dire ébranlé, lorsqu’il a pris conscience des similitudes entre les paroles inscrites sur les temples égyptiens et les écrits du Livre (Torah ou bible). Lisez ses correspondances (éditées !). D’ailleurs, je me pose des questions sur sa mort : est-il vraiment bien mort d’une maladie dès son retour d’Egypte ? Ses révélations, qu’ils comptaient diffuser, n’auraient-elles pas effrayées les dogmatiques de tout bord – à commencer par l’Eglise ?

    Consultez donc les ouvrages de F-X Héry et autres égyptologues éclairés : en aucun cas, les égyptiens étaient animistes ; même si effectivement le peuple était assez adepte de talismans en tout genre… mais après tout n’est-ce pas le cas également dans la communauté juive où certains s’accrochent à des grigris de pseudos kabbalistes ?

    La Sagesse égyptienne – qui a fortement inspirée Les Proverbes et autres… – a souvent (encore aujourd’hui) été mal comprise : les anciens égyptiens étaient monothéistes, ils appelaient Dieu « Amon » (ou plus exactement « Amen » qui signifie Le Caché) voire parfois « Ré » (ou « Râ » qui signifique Lumière).

    Amon-Rê ou Râ-Amon signifie en quelquesorte « Lumière de l’Invisible ». Amen était entre autre symbolisé par le Bélier ; l’agneau n’est pas dans le « bestiaire égyptien » (d’ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur l’immolation de l’agneau, geste de défiance des Atoniens envers les Amoniens, notamment)…

    Autre clin d’oeil : les linteaux de portes des temples égyptiens (comme des tombeaux d’ailleurs) étaient peints en… rouges, symbolisant le Sang (donc la Vie), ce qui était un bon gage de protection divine !

    J’affirme ici que les soit-disant dieux égyptiens correspondent à la notion d’Elohim !

    J’affirme ici qu’il n’y a aucune preuve historique du mythe de l’Exode (qui était déjà enseigné par la « cabale égyptienne »), pour cela lire Roger Sabbah !

    J’affirme pourtant ici la réalité historique du Peuple Hébreux, digne héritier (inconscient) des Sages de l’Ancienne Egypte qui s’appelait Kémet ou Kémit (= La Noire, à cause de la couleur de limon du Nil)…

    « Je suis Noire mais belle » ; le Cantique des Cantiques est le chant d’un Salomon inspiré, envers cette sagesse égyptienne qui influença très fortement son règne.

    Enfin, je conclus mon propos sûrement trop long, par cette supplique : cher Didier (voire le Rav Haïm Harboun lui-même !) essayez donc de prendre contact avec Roger Sabbah qui a tant à apporter au peuple Juif par ses récentes découvertes !

    Le dogme n’est en rien menacé par la Vérité, au contraire !

    Personnellement, c’est à l’Egypte que je dois l’acceptation du Un et – non paradoxalement – mon noachisme.

    Bien à vous,

    Shalom à tous.

    Amen !

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