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Les juifs n’ont pas « tué Jésus » : Pour en finir avec l’antisémitisme chrétien.

Jésus n’a pas été condamné à mort par le Sanhedrin, tribunal juif de Jérusalem, comme le racontent les évangiles. C’est ce que j’ai dit ce soir sur France 3 dans l’émission : L’ombre d’un doute, sur « les derniers jours de Jésus » France 3, de Franck Ferrand. Voici pourquoi.

Le jugement du Sanhédrin

sanhedrin A l’époque de Jésus, le Sanhédrin, est une assemblée qui se réunit avec un délai d’au moins un jour, à l’intérieur de l’enceinte du Temple. C’est une institution à mi-chemin entre une assemblée législative et un tribunal suprême. Ce Sanhédrin central possède des relais locaux (beth din ou « maison du jugement »). La peine capitale requiert un nombre de 71 juges (70 plus le Grand-prêtre) et d’au moins trois témoins. Ce chiffre de 71 personnes, une assemblée plénière que soulignent les évangiles[1], s’appuie sur Nombres 11, 16 : « Assemble-moi soixante-dix hommes entre les anciens d’Israël, que tu connaisses pour être des anciens du peuple et ses magistrats; tu les amèneras devant la tente d’assignation, et là ils se rangeront près de toi. ». Ce chiffre  est confirmé par Josèphe (Guerre des juifs II, XX, 5). Dans le cas de Jésus, il est impossible qu’un jugement ait eu lieu à « huis clos » ou avec quelques juges car la procédure est une procédure contradictoire avec des témoins à décharge convoqués par l’accusé (Jésus est seul dans les évangiles). D’autre part on juge « face au peuple » ; selon le droit pénal juif, il y a publicité du jugement. Enfin, si un tribunal est unanime sa condamnation n’est pas valide. Toutes ces conditions rendent fortement improbable un jugement juif pour de simples raisons de délais de convocation (1 nuit) des témoins et de 71 juges et de formalisme juridique, incompatibles avec les circonstances de précipitation et d’opportunisme des derniers jours de Jésus que décrivent les évangiles. Mais surtout le jugement décrit par les évangiles se situe en dehors du droit pénal juif de l’époque. Que l’on suive l’horaire de Jean (jugement de Pilate vers midi) ou celui de Marc (Jésus en croix à 9 heures du matin) ne sont pas compatibles avec les délais. La version de l’évangile de Jean : Jésus est mené devant Anne, le beau-père de Caïphe et ancien grand prêtre puis devant Caïphe est hautement improbable. Le Grand Sanhédrin jugeait dans une salle prévue à cet effet dans l’enceinte du Temple et non dans le palais de Caïphe. D’autre part le jugement juif décrit par les évangiles n’est pas compatible avec le droit hébraïque de l’époque tel que nous pouvons le reconstituer.

Qui dirigeait le Sanhédrin à l’époque de la mort de Jésus?

Il faut d’abord comprendre que dans l’Antiquité un Temple n’est pas seulement un lieu religieux mais un lieu lié au pouvoir civique donc au droit de la cité, on y prend des décisions politiques, on y organise des rassemblements populaires, on y pratique des rites religieux comme celui des « eaux amères » en cas de soupçon d’adultère, etc…. Le Temple n’est pas donc pas seulement le lieu religieux des sacrifices (tamid) et du Saint des saints, mais aussi un tribunal avec le Sanhédrin, et une banque avec son trésor : En -535, le peuple offre ses biens afin de remplir le trésor sacré déjà sous Esdras (Esdras 2).  Ce Temple était l’une des merveilles de l’Antiquité que décrit Flavius Josèphe dans sa Guerre des juifs au chapitre V, 6 :

A la façade extérieure il ne manquait rien de ce qui pouvait frapper l’esprit ou les yeux. Partout revêtu de plaques d’or massif, le Temple brillait, aux premiers rayons du jour, d’un éclat si vif que les spectateurs devaient en détourner leurs regards comme des rayons du soleil. Pour les étrangers qui arrivaient à Jérusalem il ressemblait de loin à une montagne couverte de neige, car là où il n’était pas doré, il apparaissait de la plus pure blancheur.

Le Temple à l’époque de Jésus est tenu officiellement pas les sadducéens proches des romains et qui leur obéissent, mais en réalité ce sont les pharisiens qui décident au Sanhédrin tout simplement parce que ce sont les seuls compétents en terme de halakha c’est-à-dire de jurisprudence hébraïque. Josèphe le souligne :

La doctrine des Sadducéens fait mourir les âmes en même temps que les corps, et leur souci consiste à n’observer rien d’autre que les lois. Disputer contre les maîtres de la sagesse qu’ils suivent passe à leurs yeux pour une vertu. Leur doctrine n’est adoptée que par un petit nombre, mais qui sont les premiers en dignité. Ils n’ont pour ainsi dire aucune action ; car lorsqu’ils arrivent aux magistratures, contre leur gré et par nécessité, ils se conforment aux propositions des Pharisiens parce qu’autrement le peuple ne les supporterait pas. (Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XVIII, 16, 4)

Ce sont aussi les pharisiens du fait de leur compétence halakhique qui réglaient le culte du Temple comme le rapporte Flavius Josèphe :

Les Pharisiens méprisent les commodités de la vie, sans rien accorder à la mollesse ; ce que leur raison a reconnu et transmis comme bon, ils s’imposent de s’y conformer et de lutter pour observer ce qu’elle a voulu leur dicter. Ils réservent les honneurs à ceux qui sont avancés en âge et n’osent pas contredire avec arrogance leurs avis. (…) C’est ce qui leur donne tant de crédit auprès du peuple que toutes les prières à Dieu et tous les sacrifices se règlent d’après leurs interprétations. (Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XVIII, 16, 4).

Nous connaissons par la Mishna le fonctionnement du Sanhédrin et de la procédure de peine capitale à l’époque de Jésus.

Le droit pénal du Sanhédrin

Traité Sanhedrin

Talmud de Babylone, traité Sanhédrin 4 a

La Mishna, un mot qui veut dire « répéter » car les mishnayot du talmud ont été écrites à partir d’éléments mémorisés et répétés par les disciples des Sages du premier et début du second siècle et compilées par écrit en 212 par Yehuda Ha Nassi (Judas le Prince) décrit avec précision le fonctionnement du second Temple et le droit du Sanhédrin à l’époque de Jésus. Ce droit prévoit deux types de jugements : ceux pour affaires pécuniaires et ceux pour les peines capitales.

« Pour les causes pécuniaires, le jugement a lieu pendant le jour et le verdict peut être rendu pendant la nuit ; dans les cas de peine de mort, le jugement a lieu pendant le jour et le verdict doit être aussi rendu pendant le jour. Pour les causes pécuniaires, le verdict d’acquittement ou de condamnation peut être rendu le même jour ; dans les cas de peine de mort, le verdict d’acquittement peut être rendu le même jour, mais un verdict de condamnation ne peut pas l’être avant le jour suivant. C’est pourquoi des jugements ne peuvent avoir lieu la veille d’un sabbat ou la veille d’un jour de fête » (Traité Sanhédrin 4, a).

Le procès juif de nuit comme l’affirment les synoptiques est donc impossible en droit hébraique mishnaïque pharisien. Le procès la veille d’une fête n’est pas compatible avec ce droit non plus. Nulle part dans la Bible  on ne trouve de jugement nocturne.

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L’hypothèse évoquée dans l’émission d’un calendrier du Temple essénien qui permettrait de déplacer le jugement quelques jours avant la Paques n’est pas solide.  Le Temple était dirigé selon un calendrier luni-solaire, celui des Pharisiens. Car le Sanhédrin avait aussi une fonctions vitale : la promulgation du calendrier des fêtes, des heures, de la lunaison du Rosh Hodesh (début du mois), de Rosh Hashana et Kippour, l’heure du shabbat… La vie juive est essentiellement une sanctification du temps qui dépend du calendrier. Les esséniens, retirés au désert même si certains vivaient dans les villes jugeaient, eux, que le Temple était corrompu. Pour les gens de Qumran le Temple à l’poque de Jésus est profané et ne sera utilisable qu’après une purification radicale. Ces gens se préparaient quand même dans la liturgie à la guerre sainte finale… Leur calendrier était uniquement lunaire. Il est donc peu probable que le comput essénien soit la référence du Temple à l’époque de Jésus et des évangiles. D’autre part cette hypothèse ne répond pas au fait qu’un jugement de nuit pour peine capitale est illégal. lune Jésus, prédicateur itinérant pharisien venu de Judée a pu être « donné » par certains juifs dans le cadre du conflit centenaire qui opposait les Sadducéens -des notables obtus proches du pouvoir romain soucieux de conserver leurs biens, et les pharisiens, – compétents en matière de Loi, tolérants et respectés par la population mais qui ont renoncé à exercer une influence auprès des romains à l’époque de Jésus. De doctrine pharisienne Jésus croit à la résurrection des mort, à l’autorité de la shébé al pé : la tradition orale de Maîtres qui interprète les Ecritures, utilise le TaNaKh (Loi, Prophète et Autres écrits) contre les sadducéens qui ne croient qu’à l’autorité du Pentateuque. Dans ce cadre Jésus représente les pharisiens.

La nature du conflit 

Car la nature du conflit entre Jésus, le baptiste du Jourdain, les pharisiens ou les esséniens d’un coté… et l’aristocratie du Temple de l’autre est un vieux conflit entre des partis qui refusent l’assimilation et les descendants de l’aristocratie hasmonéenne. dont les sadducéens sont les « représentants légaux » en même temps que la vitrine officielle du judaïsme. On ne comprend pas les évangiles sans comprendre cet arrière fond politico-religieux entre des mouvements assimilationistes à la culture gréco-romaine (sadducéens) et des mouvements nationalistes juifs ou séparatistes (baptistes, esséniens). Les peroushim (pharisiens) le, dont Jésus est un sympathisant au moins du point de vue de sa doctrine, se sont séparés de l’aristocratie sadducéenne Temple au milieu du second siècle avant notre ère. Les esséniens issus aussi de hassidim de cette époque ont eux condamné aussi le culte du Temple souillé selon eux par l’occupant. Ce n’est pas « parceque les juifs font du business dans le temple » que Jésus en chasse les marchands (qu’ils voyait chaque année au moins depuis son enfance !)… mais parcequ’il veut le purifier de la présence idolâtrique des pièces à l’effigie de l’Empereur dans la parvis de païens. Il est un pur nationaliste juif religieux assez violent.

Si l’on ne parle pas de Sépphoris, « le joyau de da Galilée »ville grecque sise à 5 km de Nazareth et capitale d’Hérode Antipas, à partir de 4 av. notre ère qui vraisemblablement y construit un théâtre. Sepphoris qui, lors de la Première Révolte Juive en 66 soutient Vespasien et dont les habitants en se rendant aux romains sauvent ainsi la ville de la destruction (Guerre des juifs III.2.4), faisant frapper des pièces de monnaie à son effigie de Vespasien, l’honorant du titre de « faiseur de paix. »; Si le Baptiste et Jésus sont des ennemis mortels d’Antipas au point que l’assassinat préventif du Baptiste par Antipas préfigure celui de Jésus…. c’est tout simplement que Jésus comme le Baptiste sont fermement opposés à l’assimilation à la culture gréco-romaine.

Sur le modèle des « villes grecques » d’Alexandre, les Romains utilisaient l’aristocratie juive, dont faisaient partie les prêtres afin de gérer l’administration des affaires courantes de la Judée. Ce « deal » permettait de contrôler les rentrées fiscales de la province avec des troupes limitées. Cette caste aristocratique ne subsistant que si elle défendait les intérêts de l’occupant. On imagine bien ce qu’en pensaient les juifs pieux de Galilée, les esséniens sécessionnistes par rapport au Temple retirés au désert, les baptiseurs qui pardonnaient les péchés retirés au désert (se substituant ainsi aux sacrifices du Temple!) loin de Jérusalem dans le vallée du Jourdain, sans parler des nationalistes galiléens de l’époque. Rien n’est absolument clair sur les sadducéens malgré les description de Josèphe ou les récits qui les opposent à Jésus dans les évangiles pour des raisons de doctrine.

Caïphe , que Pilate confirme immédiatement dans sa charge dés sa nomination en 26 et qui reste grand-prêtre jusqu’à l’ éviction de Pilate en 36, a bien sûr un « deal » avec Pilate. L’habitude des romains est de faire faire le sale boulot par des élites corrompues pour minimiser l’utilisation de force militaires. C’est le principe même des villes grecques. Il y a donc bien une convergence d’intérêt assimilationite entre les deux hommes. Mais le pouvoir reste coté Pilate.

Que certains de ses proches aient trahi Jésus au mobile d’un conflit interne entre mouvements juifs reste donc possible, mais ces inimitiés juives ne valident pas la crédibilité d’un « procés juif » de Jésus tel que le racontent les évangiles synoptiques.

La décision de condamnation à mort en dehors du fait de son invraisemblance et de son illégalité juive et romaine n’a pas pu faire l’objet d’un jugement pénal juif (halakhique) dans le cadre du Sanhédrin du Temple comme le racontent les évangiles piloté par les pharisiens. Ce procès est tout simplement une impossibilité historique.

D’ailleurs Paul en 50-55 plus proche des événement si (les évangiles sont mis par écrit entre 65 et 95), ignore tout de ce procès juif et parle « des autorités de ce temps ». (1 Co 2, 8) Je ne suis pas le seul à défendre ce point de vue. Marie-Françoise Baslez dans Bible et histoire, Gallimard, Folio Histoire,  chapitre 5, pg. 211-213 « Le procès juif une impossibilité », spécialiste du monde gréco-romain défend la même thèse avec d’autres arguments. Elle montre que le Sanhédrin avait besoin de l’autorisation du gouverneur (Pilate) pour se réunir (Cf. AJ XX, 9, 1), que la séance de nuit est irréaliste, que surtout le Sanhédrin n’avait pas ce pouvoir juridique de condamner : la seule condamnation d’Etienne qui fut lapidé (un supplice juif, ce que n’est pas la croix) par un Sanhédrin, il s’agit en fait plus d’un lynchage, en profitant de la vacance du gouverneur et jugée illégale et dénoncée au nouveau procurateur par les juifs. Le procès juif est donc irréaliste selon elle. Ce procès est pourtant devenu dans l’imaginaire d’un certain antisémite chrétien, le procès des juifs eux-mêmes. Ce qui est une projection anachronique de la séparation postérieure entre chrétiens et juifs au IIIe-IVe siècle sur le premier siècle, Jésus s’opposant « aux juifs »… dont il ne ferait plus partie.

L’assassinat de Jésus par le pouvoir romain

En réalité, le Sanhédrin n’avait pas à cette époque le pouvoir d’appliquer la peine capitale et probablement pas de la décider pour déférer au pouvoir romain. Les Grands prêtres, nommés par les romains à l’époque de Jésus,  étaient juste une « courroie de transmission » qui permettait d’habiller le pouvoir romain d’un semblant de pureté rituelle juive. Cette coutume d’établir et déposer des grands prêtres à la main du pouvoir date d’Hérode le Grand. Ce sont bien les romains qui ont exécuté Jésus selon un supplice romain, celui de la croix, d’origine perse réservé aux esclaves fugitifs et aux révoltés. On frappait de verges un homme libre, à coups de bâton les militaires, à coup de  fouet de lanières de cuir incrustées de bout d’os les esclaves. Il s’agissait d’une boucherie qui mettait à nu les os de la colonne vertébrale, avant le crucifixion mort ou vif.

Paul de Tarse vers 55 en cache moins la cruauté que les évangiles, il s’agit d’un « scandale ». Un supplice romain exemplaire et théâtral qui montrait au peuple ce qui arrivait quand on désobéissait à Rome (et pas aux lois juives!).

La peine capitale est de la compétence du préfet romain de Judée représentant de l’Imperium et dépendant du légat de Syrie où sont basées le gros des forces armées. Pilate dispose de troupes et fait régner l’ordre romain à Jérusalem. Ce qui ne veut pas dire qu’il a les pleins pouvoirs. Puisqu’il sera révoqué par Rome après dix ans de service pour avoir outrepassé ses droits. La Galilée est calme à l’époque de Jésus sous le règne du roitelet juif Hérode Antipas, dont le long règne –de  37 ans ! jusqu’en 39 montre la normalisation de la province. Un monarque obséquieux qui fait construire Tibériade du nom de l’Empereur. Par contre, la Judée, au sud, avec Jérusalem comme capitale, est directement sous administration romaine. C’est une poudrière au moment des fêtes où montent à Jérusalem des juifs de tout l’Empire qui font exploser la population de la ville. La tension est alors à son maximum. Le préfet romain Pilate monte donc de Césarée à Jérusalem pour les fêtes, pour y assurer l’ordre. Les romains, comme en Cyrénaique sous Auguste laissaient parfois les populations locales exercer leur propre jugement. Il est peu probable que cela fut le cas dans une Judée en état de soulèvement latent permanent et de plus lors des fêtes où la population passe de 100 000 à un million de personnes. Pilate est comme la plupart des dirigeants romains une bête politique. Il ne comprend rien au sentiment religieux juif, et de ce fait les émeutes à Jérusalem sont fréquentes ; il fait porter à Jérusalem des drapeaux avec les images de l’empereur, et provoque une émeute. Il s’avise de consacrer à Tibère des boucliers d’or dans le palais d’Hérode avec le nom de l’empereur, nouvelle émeute. L’image d’une ‘divinité païenne’ , qui plus est dans le Temple, profane le premier commandement [2]. Il construit un aqueduc pour apaiser la révolte… mais avec les fonds du Temple, provoquant une violente émeute où plusieurs agitateurs sont tués…[3] Dans la dixième année de règne, en 36, il réprime dans le sang un rassemblement Samaritain. Rappelé à Rome il y est jugé pour cruauté et oppression, et en particulier pour avoir fait exécuter des hommes sans véritable procès, puis destitué. Pilate est un homme rusé, prudent, manipulateur. Philon d’Alexandrie décrit : « ses corruptions, ses actes d’insolence, sa rapine, son habitude d’insulter son interlocuteur, sa cruauté, ses assassinats de personnes non-jugées et non condamnées, et son inhumanité continuelle, gratuite et outrageuse » (Philon, Legatio ad Galium 38). Se maintenir en cours face au pouvoir central c’est à dire garder son poste suppose d’être intransigeant avec la population. Il est donc hors de question de se « laver les mains » d’une affaire qui ne le concernerait pas. Quant à la discussion philsophico-théologique dans un prétoire (« Qu’est-ce que la vérité ? ») avec un séditieux juif venu de cette Galilée de paysans qu’on reconnait à leur accent et qui produit des révoltés à la chaîne, et qui plus est avec un homme qui n’est pas citoyen romain… il s’agit bien évidement d’une reconstitution. Le dialogue entre Jésus et Pilate lors du procès romain est hautement improbable non seulement pour des raisons d’étanchéité sociale mais aussi plus simplement pour un problème de langue : Jésus parle araméen et hébreu et Pilate le latin de la troupe ou le grec de l’administration romaine. Pilate exerçait le jus gladis c’est-à-dire le droit de mort sur quiconque enfreignait le droit sous son autorité sur son territoire. La mort de jésus ne peut être attribuée qu’au seul pouvoir romain. C’est un banal assassinat préventif de real politik romaine sans contenu spirituel ni théologique aux yeux de ceux-ci. Même si on ne peut exclure une manipulation sadducéenne, il est probable que l’esclandre dans le Temple probablement au début de la prédication de Jésus vers 29 lors de la fête des tentes, selon le comput johannique, ait servi de détonateur. Un acte violent de purification religieuse de l’esplanade du Temple car la monnaie des changeurs porte des effigies romaines (Toujours le 1er commandement). La violence du personnage n’a pas probablement pas échappé à la troupe sise dans la forteresse Antonia, qui a probablement préféré un assassinat préventif dans le cadre d’une normalisation banale à l’époque de Jésus lors d’une fête de pèlerinage suivante.

Lire les évangiles comme des midrashim

Alors les évangiles sont-ils des faux ? Cette conception reviendrait à poser sur des textes du premier siècle notre conception de l’histoire. Les évangiles ne sont pas des reportages télévisés qui cherchent à dire ce qui s’est réellement passé. Les gens de l’époque n’ont pas ce souci scientifique. Les évangiles sont avant tout des textes théologiques, c’est-à-dire des textes qui ont une finalité idéologique. Quand César écrit sa Guerre des Gaules ce n’est évidemment pas dans le but de devenir la référence des professeurs de quatrième… mais de prendre le pouvoir au Sénat. Tout est en partie « vrai » sauf que l’histoire est singulièrement réécrite dans ce but en en effaçant les ombres. Les évangiles, les écrits juifs de l’époque, s’appuient sur des faits et des personnages réels mais ils essaient de comprendre le sens de ce qui leur est arrivé à partir de ce que les juifs de l’époque connaissent : la Torah et l’enseignement de leurs maîtres. Rien ne sert donc de chercher à la manière des fondamentalistes le squelette de l’âne sur lequel jésus serait rentré dans Jérusalem… ou le lieu de naissance de Jésus à Bethléem… ou les oliviers du jardin de Gethsémani, ni même le sépulcre ou le Golgotah… pas seulement parce que Jérusalem a été rasé deux fois en 70 et en 135 mais parce que les évangiles appartiennent au genre midrashique (de darash chercher) qui cherche dans la Torah le sens de ce qui est arrivé avec convocation de l’âne de Zacharie, de Bethléem ville de Jessé père de David – la lignée d’où doit venir le messie, ou de « Jésus Barabbas »- un illustre bandit inconnu dont le nom ne signifie rien d’autre que « Jésus le fils du père » en Araméen,  selon un jeu de mots midrashique classique, etc… On est dans la poétique, la parabole et pas dans l’histoire, avec des scènes d’investiture sémitiques stéréotypées. Pourquoi certains juifs, les sadducéens proches des romains et de l’aristocratie hasmonéenne,  disparus au moment de la rédaction des évangiles (entre 65 et 90) sont-ils accusés par d’autres juifs qui les rédigent de la mort de Jésus ? Parce qu’il était impossible d’accuser le pouvoir romain quand on écrivait sous ses fenêtres à partir de 64. L’historien latin Tacite (55-120) raconte (Annales, XV, 38) le sort que Néron réservait aux messianisants juifs, des « chrétiens », c’est-à-dire des messanistes séditieux et peut-être pas des disciples de Jésus dans la langue de l’administration romaine, accusés d’avoir provoqué l’incendie de Rome en 64 :

«Néron se trouva des coupables et il infligea des châtiments raffinés à des gens que leurs scandales rendaient odieux et que la masse appelait Chrétiens. [Ce nom leur vient de Christ que le procureur Pontius Pilatus avait fait supplicier sous le règne de Tibère. Cette partie est peut-être un ajout postérieur d’une main chrétienne NDA] Contenue pour un temps, cette superstition pernicieuse perçait à nouveau, non seulement en Judée, où ce mal avait pris naissance, mais à Rome même où tout ce qu’il y a partout d’affreux et de honteux afflue et trouve des gens pour l’accueillir. Donc on prit d’abord à partie les gens qui se manifestaient ; ensuite, sur leurs indications, une foule immense fut trouvée coupable moins du crime d’incendie que de haine contre le genre humain. Et tandis qu’on les faisait périr, on se fit un jeu de les couvrir de peaux de bêtes et de les faire mordre à mort par des chiens ou bien de les mettre en croix et à la tombée du jour de les brûler en les faisant servir de torches. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle et il donnait des jeux de cirque, se mêlant au peuple en habit de cocher ou debout sur son char. Dès lors, bien que ces gens fussent coupables et dignes des dernières rigueurs, on les prenait en pitié car on se disait que ce n’était pas en raison de l’intérêt public, mais pour la cruauté d’un homme qu’ils étaient massacrés. »

Le mot « chrétien » pour Rome désigne donc les juifs candidats à la révolte à partir de 65 comme les  disciples de Simon Ben Kosiba qui conduiront au massacre de Bétar en 136 lors de la seconde guerre judéo-romaine proprement messianique celle-là. D’autre part, parce que la littérature juive de l’époque est une littérature de camouflage. La Haggadah de Pessah juive comporte des allusions aux romains en hébreu avec des jeux de mots incompréhensibles pour une oreille non avertie. Si les Sages sont dans une grotte à étudier en son début et que leurs disciples viennent leur annoncer l’heure du Shema c’est précisément parce que cette activité est interdite. Le procès juif est donc probablement un procédé littéraire banal en une époque où se proclamer juif et de plus le partisan d’un « messie » c’est-à-dire un libérateur politique séditieux (il ne pouvait en être autrement pour ces bêtes politiques qu’étaient les romains) présentait un risque mortel. Il était impossible d’accuser le pouvoir romain de ce meurtre dans les années 60-90, alors que les évangiles sont rédigés et proclamés publiquement, sous les fenêtres du pouvoir romain omnipotent en Judée comme en diaspora, alors que la révolte juive gronde. On ne peut pas lire les évangiles ni les écrits de l’époque sans ce contexte d’oppression et de camouflage dont les auditeurs de l’époque n’étaient bien sûr pas dupes. La figure noire de Pilate chez les historiens juifs qui l’on connu comme Philon ou Flavius Josèphe, prototype du mauvais gouverneur corrompu mêlant torture et exécutions sommaires sera adoucie par les évangiles pour ensuite en faire le prototype du converti chrétien par Justin (Apologie pour les chrétiens, I,, 35, 9), Tertullien (Apologétique I, 21, 24); ou Eusèbe de Césarée (HE II, 2, 1-3). Il s’agit donc bien d’un glissement de la réalité à la fiction justifié par un contexte et un auditoire en monde romain. Il n’y a donc pas de lecture fondamentaliste possible. Ces textes sont des récits de foi. Et de celle-ci, l’histoire n’a que peu à dire. [1] Mc 14, 5.3, 55 ; 15, 1 ; Mt 26, 59. [2] Antiquités Juives  18.3.1 ; Guerre des Juifs 2.9.2-3 [3]  Guerre des Juifs 2.9.4.

  1. hemmelel
    6 avril 2015 à 22:04

    Bravo pour ce passage
    les évangiles appartiennent au genre midrashique (de darash chercher) qui cherche dans la Torah le sens de ce qui est arrivé avec convocation de l’âne de Zacharie, de Bethléem ville de Jessé père de David – la lignée d’où doit venir le messie, ou de Barabbas- un illustre bandit inconnu qui n’est autre que le « fils du père en Araméen » selon un jeu de mot midrashique classique, etc…

    Voir
    http://www.lechampdumidrash.net/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=85&Itemid=485

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    • 7 avril 2015 à 20:02

      Bonjour, je ne connaissais pas votre blog lechampdumidrash.net, il est excellent ! Je le conseille. Bien à vous. DL

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  2. Hauteclaire
    7 avril 2015 à 11:16

    Je suis tout à fait d’accord avec votre commentaire.
    J’ai vu l’émission hier soir mais je trouve qu’ils n’ont pas été assez loin dans le contexte historique.
    L’intervention de Jean-Christian Petitfils m’a un peu dérangé tout comme son livre. C’est avant tout l’avis d’un croyant plus que celui d’un historien. Je suis pourtant catholique mais si on dit qu’on aborde la personne de Jésus comme personnage historique, c’est ainsi qu’il faut le faire.
    C’est dommage car c’est un excellent historien pour le Grand Siècle de Louis XIV;
    Ce sont vos interventions que j’ai trouvé les plus pertinentes et vous êtes le seul à avoir dit que Ponce Pilate était cruel.
    Dans l’émission, ils auraient pu parler de la personne de Ponce Pilate, qui dès son arrivée à Jérusalem, a voulu introduire des images de l’empereur romain dans le Temple, qui a fait plusieurs provocations envers la religion juive.
    Il aurait fallu dire que les juifs, sous le joug des romains, considéraient que les romains étaient impurs et que les romains le savaient ce qui ne leur faisait pas plaisir.
    Non, les grands prêtres n’étaient pas de mèche avec Ponce Pilate, ils étaient soucieux de préserver leur peuple. Ils savaient que la popularité de Jésus pouvait porter tort aux juifs car les romains pouvaient croire qu’il pouvait prendre la tête d’une insurrection qui serait durement mâtée par les romains et ce sont les conditions de vie pour le peuple juif qui se seraient trouvées endurcies par la suite.
    Ponce Pilate avait ses « espions » pour savoir la popularité de Jésus et son arrivée acclamée par la foule a Jérusalem était sue de lui. C’est encore lui qui gouvernait cette région et non les « grands prêtres ».
    Dans un des évangiles, on dit que Ponce Pilate s’est lavé les mains or cela était une coutume juive et non une coutume romaine et, pour que le lavement des mains soit efficace, il aurait fallu qu’il se lave les mains après l’exécution et non avant.
    Dommage qu’ils ne l’aient pas dit dans l’émission.
    L’évangéliste l’a écrit en sachant que son public non juif n’en saurait rien et, pour dédouaner de la culpabilité de l’exécution de Jésus la puissance romaine, car c’était très risqué pour tous les chrétiens d’écrire sur un condamné au supplice de la justice romaine et de le présenter comme un dieu. Donc, le bouc émissaire, c’était l’autre peuple juif, les juifs qui ne se sont pas convertis.
    Personne n’a osé relevé l’invraisemblance d’une foule la veille acclamant Jésus et, le lendemain, l’accusant. D’où sortait-elle cette foule haineuse?
    Dans la réalité de l’époque, pour le peuple juif (sous occupation et hostiles aux romains) comment imaginer qu’en voyant l’un des leurs, un juif flagellé, humilié, faible et démuni face aux romains, ils auraient dit non seulement « crucifiez-le » mais encore « que son sang retombe sur nous et nos enfants »!
    C’est hélas un arrangement des évangélistes pour ne pas avoir l’air d’accuser Rome d’avoir tué son dieu mais les juifs d’où l’interminable accusation de déicide et l’origine même de l’antisémitisme qui malheureusement est chrétien.
    Dommage que cela aussi n’est pas été évoqué dans l’émission.
    Si on fait une lecture des évangiles objective, déconnecté de la « foi », (on en perd pas la foi d’ailleurs) on observe un Ponce Pilate improbable, allant du condamné à la foule, indécis, demandant son avis à la foule comme si le préfet romain avait besoin de l’avis de la populace d’un peuple qu’il méprisait et dont il se savait méprisé.
    C’est une construction pour protéger les chrétiens sous occupation romaine.
    Les juifs étaient le seul peuple conquis par Rome qui avait obtenu le privilège de ne pas vénérer l’empereur et de ne pas avoir sa divinité vénérée par les romains. C’est une faveur que leur avait fait les romains.
    Ils étaient perçus comme un peuple qui considérait les autres (dont les romains) comme impurs, qui ne travaillaient pas un jour par semaine, qui avaient une mer où on ne coule pas, un dieu, un seul, qui était dans un temple mais qu’on ne voyait pas.
    Ils étaient considérés comme des excentriques agaçants à surveiller de près car faisant beaucoup de résistance (c’est toute l’histoire du peuple juif cette résistance à l’oppresseur) et voilà qu’une « secte » juive « pousse le bouchon » encore plus loin :
    Leur messie (dont les romains savaient qu’ils attendaient l’avènement), est maintenant un dieu mais c’est un ancien condamné de droit commun par le supplice romain.
    De cela, les évangélistes ont du tenir compte en écrivant leur évangile.
    Les arrangements des juifs avec les romains ne concernaient que les rois « fantoches » et très romanisés comme l’Hérode qui avait condamné Jean-Baptiste et qui était dans une autre région d’Israël gouvernant par la grâce des romains, comme Hérode le Grand, dans le passé, avant Ponce Pilate, qui était d’une famille juive fraîchement convertie et qui n’était pas bien considéré par le peuple juif et encore moins quand il a fait construire Césarée, une ville à la gloire de l’empire romain.
    Il n’y a pas eu de procès du Sanhédrin c’est à dire qu’on n’a pas respecté la tenue d’un procès le matin car le Sanhédrin ne jugeait pas le soir (or cette tenue du Sanhédrin était impossible puisque le matin Jésus était déjà chez Ponce Pilate).
    Que s’est-il passé au Sanhédrin, cette assemblée de prêtres, pharisiens et sadducéens qui se serait réunie de façon informelle, s’il s’est passé vraiment quelque chose?
    Je recommande la lecture de Haim Cohn « the trial and death of Jesus » (hélas non traduite, un vrai travail d’historien par un juriste) qui démonte toutes les incohérences des évangiles, présentes dans ces livres, seulement pour protéger le nouveau peuple chrétien sous occupation romaine.
    Pour résumer, Haim Cohn estime qu’au Sanhédrin, l’assemblée « informelle » aurait tenté, en vain, de convaincre Jésus de nier devant Ponce Pilate s’être proclamé le fils de Dieu à cause du risque de concurrencer l’empereur romain.
    Et, dans tous les cas, Jésus, pour comparaître devant Ponce Pilate, devait être arrêté par des gardes romains et non par des gardes du temple!
    S’il a été vu la veille, par des membres du Sanhédrin, c’était nécessairement avec l’autorisation de Ponce Pilate.
    Pour ma part, je crois, qu’il n’a vu personne du sanhédrin et qu’il a été directement emmené au palais de Ponce Pilate.
    Autre chose dans les évangiles, Judas donne un baiser à Jésus pour le trahir.
    Or Jésus avait l’habitude d’aller au mont des oliviers et il était connu des juifs et des romains comme le loup blanc. Personne n’avait besoin de quelqu’un pour seulement le désigner.
    C’est encore une façon de détourner la faute sur un juif et non sur Ponce Pilate.
    Il aurait fallu que, dans l’émission, ils insistent sur le rôle missionnaire des évangiles et non historique et démonter ces constructions à la lumière du contexte historique du temps de Jésus et du temps où les évangiles ont été écris.
    Ils n’ont pas dit qu’actuellement, même parmi les autorités catholiques, le lieu désigné comme celui du Saint Sépulcre n’était plus cru dur comme du fer. Au lieu de nous parler des tombes, de Marie Joseph, Jésus et Judas, ils auraient pu parler et nous montrer le jardin de la tombe qui se visite de plus en plus aujourd’hui et montre qu’il est impossible de localiser le tombeau du Christ.

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  3. Aurelie
    7 avril 2015 à 13:05

    J’ai beaucoup aimé l’émission d’hier, très instructive, merci de nous en avoir informé.Bonne journée à vous

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  4. Trabzon
    7 avril 2015 à 16:57

    Le défaut de l’émission, au départ sur la mort de l’homme Jésus, est d’avoir mêlé au coté historique et rationnel des passages ridicules. Ainsi dire systématiquement « évangile caché » au lieu d’apocryphe, donne le sens qu’une volonté à voulu cacher une vérité. Les séquences sur les reliques étaient totalement hors contexte et bêtifiantes. Le serpent de mer de la femme de Jésus et de ses frères et sœurs hors contexte aussi, juste pour remplir le temps de l’émission.
    Heureusement vos commentaires étaient clairs et rationnels, ainsi que ceux des autres intervenants, y compris JC Petitfils.
    Un essai de calendrier des événements aurait été utile, avec les écarts entre les synoptiques et l’évangile de Jean. Une explication des « trois jours » et ses références dans la Bible (Sinaï, Osée, Noé, etc.).
    Il a aussi manqué une analyse historique de la « mentalité de l’époque », de la « religion de l’époque ». C’est à dire aborder les midrashim, et targoumim.
    Cher Didier Long, je vous remercie pour vos commentaires réguliers. Continuez !

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  5. Zeitoun
    11 avril 2015 à 17:00

    Émission enrichissante en détail historique et biblique, qui j’espère ouvrira les esprits et les cœurs avec un regard différent sur les Juifs et le Judaïsme, en espérant qu’il ne faudra pas deux mille ans supplémentaires pour corriger cette Antisémitisme chronique!
    Merci pour vos détails sur la Mischna et pour votre passion presque charnel si j’ose dire! du Judaïsme, beaucoup devraient en prendre exemple!
    Kol touv
    Stephane Z

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  6. Arnaud M:.
    16 avril 2015 à 19:23

    Dans son dernier roman « Jésus dit Barabbas », Gérald Messadié s’emploie à démontrer qu’effectivement le pouvoir romain est le seul responsable de la condamnation de celui qu’ils appelaient Jésus. Belle émission que celle diffusée sur France 3 ! Belles interventions (trop courtes !) de votre part !

    http://www.amazon.fr/J%C3%A9sus-dit-Barabbas-Gerald-Messadi%C3%A9/dp/2709646609

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  7. 21 octobre 2015 à 19:09

    Bonjour, je suis arrivée sur votre blog parce que je recherche le fonctionnement du Sanhédrin durant l’antiquité romaine. Auriez-vous plus d’éléments sur le droit hébraïque de l’époque ? Les crimes punis de mort (même si la peine de mort ne pouvait plus s’appliquer puisqu’elle était dévolue au pouvoir romain).
    Merci par avance !

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    • 22 octobre 2015 à 18:03

      Tout est dans le traité Sanhédrin et chez Flavius Joseph en partie

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  8. André Sauge
    28 décembre 2015 à 18:24

    Je découvre votre blog un peu tard, semble-t-il.

    Vous oubliez un petit détail dans votre ardente défense de la légalité des jugements du Sanhédrin: Jésus peut très bien avoir été condamné à mort de manière inique lors d’une séance restreinte du sanhédrin – c’est ce que le récit dans l’évangile dit de « Luc » permet de déduire – ; il suffisait ensuite que le Conseil conduise Jésus à Pilate – alors présent dans la forteresse Antonia, pour lui demander d’exécuter la sentence…

    Je ne vous conseille pas de lire « Jésus de Nazareth contre Jésus-Christ – I – La condamnation à mort » (édition Publibook), mais si vous voulez comprendre ce qui s’est passé lors de la dernière semaine de Jésus à Jérusalem, vous le pouvez.

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    • 28 décembre 2015 à 20:55

      Oui hypothèse possible. Je vais vous lire. Merci à vous. DL

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    • GUTIERREZ
      28 décembre 2015 à 21:27

      Le Conseil aurait demandé à Ponce Pilate d’exécuter la sentence? C’est le Conseil qui obéissait à Ponce Pilate et non le contraire. Et quand on sait les provocations de Ponce Pilate envers les juifs, on a du mal à croire qu’il ait voulu leur faire plaisir.

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      • 2 janvier 2016 à 21:35

        Non l’épisode du Sanhédrin est une fiction

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