70 ans après la Shoah… N’oublie pas !

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de la libération il y a 70 ans du camps de Bergen-Belsen par l’armée britannique. En interrogeant les derniers témoins, Marie Pierre Samitier (mon épouse) dans : « Bourreaux et survivants, faut-il tout pardonner ? » a été à la rencontre des derniers témoins.

« A l’heure des bilans, mon enquête me conduit au plus près des victimes de l’Holocauste. Que pensent-ils exactement de leurs bourreaux et du passé ? »… « Quand on enquête sur les bourreaux on s’aperçoit avec vertige qu’ils continuent de penser qu’ils ont eu raison… »… « En réalité, en nous trompant sur le pardon, en le galvaudant, en utilisant cette notion à bon marché, n’avons-nous pas perdu le fil qui nous relie à la loi morale fondatrice de toute société humaine? »…

Un article dans le Huffington Post de Marie-Pierre Samitier

HISTOIRE- En apparence, tout va bien. Nos sociétés européennes s’apprêtent à commémorer une mémoire indispensable qui fait largement consensus et œuvre utile en ces périodes de populisme agité. La cérémonie en mémoire des enfants d’Izieu a eu lieu le 6 avril dernier, en présence du président de la République.D’autres commémorations se préparent, comme celle de la libération du camp de Bergen Belsen par les Britanniques, le 15 avril, puis celle de Dachau par l’armée américaine à la fin du mois. Tout va bien mais il reste l’inexplicable, c’est-à-dire ce qui échappe à la raison. Et une bien étrange situation: par quel cruel retournement l’Europe est-elle devenue tout à la fois un espace de commémoration du 70e anniversaire de la libération des camps de la mort et en même temps le théâtre d’une nouvelle judéophobie? suite sur le site du Huffington Post

Des témoignages bouleversants de survivants

Sarah Lichtsztejn-Montard
Sarah Montard raconte dans ce livre de comment après la rafle du Vel d’Hiv et l’excés de zèle d’un fonctionnaire de police français elle a été emprisonnée à Auschwitz puis été emmenée dans les marches de la mort de janvier 1945 où elle a retrouvé sa mère. Emprisonnée à Bergen Belsen elle y a rencontré Anne Frank et sa soeur Margot.

Anne et Margot Frank

Margot et Anne Frank

Régine Rénia Frydman

Régine Friedman, rescapée du Ghetto de Varsovie à l’âge de 7 ans et sa fille (photos MPS)

Régine était à 7 ans lorsqu’elle a été enfermée avec ses parents dans le Ghetto de Varsovie, rue Zajecza. Elle le quitte après l’insurrection du 19 avril 43 pour être déportée en train dans une ferme en Allemagne. Avec peu de vêtements et sans chaussures, la mère de Rénia avait confectionné des protections avec du papier journal et du carton pour entourer les pieds de la fillette et tenter de la préserver du gel de l’hiver 43-44.

Samuel Pintel

Samuel Pintel dans sa classe d’enfant à la Maison d’Izieu -Marie Pierre Samitier (photos MPS)

 « Je vous parlerai des autres enfants, ceux qui ont été déportés à Auschwitz. C’est pour eux que je témoigne.
– Oui, merci. Enfin… vous me parlerez aussi de vous, n’est-ce pas ? Ajouté-je, inquiète de tant d’effacement.
– Moi ? Cela a moins d’importance. C’est pour les autres qui ne sont pas revenus que je le ferai. »

Samuel Pintel est  l’un des rescapés de la rafle d’enfants organisée par la Gestapo à la colonie d’Izieu vers Auschwitz pour y être exterminés, le jeudi 6 avril 1944, premier jour des vacances de Pâques.

Elie Mizrahi

Elie Misrahi
Elie Mizsrahi – rescapé d’Auschwitz (et ma fille) (Photo MPS)

« Le pardon ? Pourquoi ? » . Elie Mizrahi, matricule A 15 790 d’Auschwitz a été Libéré le 29 avril 1945, à
17 heures du camps de Dachau par les forces américaines.

« On avait dit que ceux qui reviendraient d’Auschwitz seraient indestructibles. Hé bien voilà! Marie-Pierre, je suis indestructible, avec mon ami Simon Gutman ».

On retrouve dans le livres d’autres témoignages comme celui d’Henri Borlant, Renée Békier…

Une émission d’André Nahum sur Judaïque FM (22 minutes)

70 ans plus tard… pour que la 4ème génération n’oublie pas

On trouve une étrange histoire dans le talmud au traité Ta’anit (23a): Celle d’Honi le traceur de cercles (Honi HaMe’aguel)

Croisant un homme qui plantait ses caroubiers, Honi s’étonna de la futilité de sa tâche. Puisque, le caroubier mets 70 ans à pousser, le planteur n’en aurait jamais l’usufruit.

Alors qu’il arrivait près d’une grotte, Dieu fit tomber sur lui un sommeil de 70 ans.

A son réveil, Honi se trouva abandonné, personne ne voulant croire qu’il s’agissait de lui. Il plaignit son sort, pire encore que celui du planteur, car sa descendance évoquait son souvenir avec gratitude, alors que le propre petit-fils de Honi l’avait pris pour un mendiant et un affabulateur.

Il retourna à la grotte, s’endormit et mourut.

Il faut trois générations pour oublier un homme, 70 ans. Mais nous pouvons nous souvenir et faire mémoire.

Soixante-dix ans c’est la durée de la vie d’un homme :

« Mille ans à Tes yeux sont comme la journée d’hier quand elle est passée, comme une veille dans la nuit. » « Le nombre de nos années ? soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! et tout leur éclat n’est que peine et misère. Car bien vite le fil en est coupé, et nous nous envolons… Apprends-nous donc à compter nos jours, pour que nous acquérions un cœur ouvert à la sagesse.»…  nous rappelle le Psaume 90.

Voilà 70 ans que les alliés ont ouvert la porte des camps nazis. Peu à peu les derniers survivants qui racontaient l’horreur s’en vont. Demain c’est Yom HaShoah, Yom ha-zikaron, la journée du souvenir.

« Bourreaux et survivants, faut-il tout pardonner ? » a été écrit pour la 4ème génération et pour que vous n’oubliiez pas.

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