Quand j’étais enfant je montais dans le grenier de ma grand-mère qui donnait sur les toits de Bastia. En bas il y avait l’unique synagogue de Corse la Beth Knesset Rabbi Meïr. Je lui demandais quelles maisons ouvraient ces clés et elle ne répondait pas.

Et un jour je suis allé à Istanbul et là j’ai compris que dans toute la diaspora séfarade nous avions tous les mêmes. C’était celles des maisons que nous avions quittées cinq siècles auparavant à Sefarad (Espagne).
Les clefs étaient une protection contre l’amnésie, pour ne pas oublier notre vraie ‘maison’.
Maintenant je m’appelle Meïr. A cause de la lumière argentée sur la mer et des clés qu’elle m’a transmises.
ברוך המזכיר את הנשכחות
Béni est celui qui remémore les « oublis »



