Quand la rue juive se réveille en plein Paris

C’est une manifestation étonnante qui s’est déroulée aujourd’hui place Victor Hugo.

2000 à 3000 personnes (Préfecture) sont venues  pour un «rassemblement républicain» dans le but de soutenir «Israël et les Français juifs dans leur droit à vivre en paix».

Aucun élu sur scène mais juste les responsables de 18 associations et collectifs inconnus hier : The Truth, Women United for Peace, le bracelet jaune, Tous 7 Octobre…mais très présents sur les réseaux sociaux venus crier leur rage.

Pas les paroles pondérées et pleines d’onction des happy few parisiens concentrés dans le carré VIP avec des sourires crispés et des élus choisis avec leur rond de serviette qui cherchent les caméras. Là aucune TV en continu, mais juste des juifs qui ne veulent pas crever. Haïm Israël Hai en hébreu.

Le père de Tamir sans nouvelles de sont fils parle en premier, secoué par l’émotion : «Tamir, 19 ans kidnappé sans ses lunettes ni ses chaussures, le 7 octobre à 7h12 du matin avec deux de ses amis qui ont été depuis retrouvés morts dans un tunnel de Gaza.».

Fini le viril name dropping intracommunautaire qui s’autocongratule, des illustres inconnues sur scène prennent la parole l’une après l’autre :

« J’accuse tous ces influenceurs qui ont leurs yeux sur Rafah mai spas à Courbevoie, qui se soucie de Gaza mais pas de nos futurs Mérah  » « Je vous accuse vous derrière vos téléphone » crie Samanta, avec cette colère que personne n’entend plus. La foule crie « bravoooo ! »

Fini la langue de bois. L’interdiction de société israéliennes à Eurosatory ? « Ce n’est pas lié à une opération de l’armée israélienne à Gaza mais à un coup d’ego d’Emmanuel Macron qui n’a pas apprécié l’interview de Benyamin Nétanyahou sur LCI», lance la responsable de Tous 7 octobre.

C’était vivant joyeux, pas du tout le boring habituel qui a fini par démobiliser toutes les énergies, alors que les juifs de la rue ne font plus partie de la photo de famille et des selfies de leurs dirigeants avec des VIP. Mais un collectif vivant, organique, sans centre réel, énergique, déterminé. Le peuple juif réuni.

Exit les Crif, Fsju, UEJF avec les habituels amis de 40 ans habillés comme à la bar Mitzvah du petit. Leurs représentants n’étaient tout simplement pas là. Là, comme en politique les élites semblent dépassées par la rue.

Le peuple juif était là lui. En djinn, thee shirt. Tous ces braves gens qui se font insulter et menacer tous les jours, dont les enfants se font frapper ou violer, étaient sortis pour dire que la rue n’appartient pas qu’à LFI et à toute cette gauche qui vient de planter un couteau dans le dos des institutions juives qui avaient cru en elles contre un plat de lentilles.

Beaucoup de ces associations sont nées après le 07 octobre. Elles existent sur Insta ou X et ça suffit. Changement de monde.

On a chantée l’Hatikvah et la Marseillaise.

Quelques drapeaux… iraniens, d’une association de femmes iraniennes présentes pour rappeler leur combat pour les droits des femmes.

Et c’était très bien.

Pas comprise par les élites juives la rage de la rue juive sort du tube. Brute de décoffrage. Elle n’y rentrera plus. Après le 7 octobre un changement d’époque et de générations.

A suivre… la lutte continue.

4 commentaires sur « Quand la rue juive se réveille en plein Paris »

  1. Tout cela est très triste; Le témoignage de Serge Klarfeld et de sa famille nous donne du baume au coeur.

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