Un article paru dans la revue Golias : Article : « L’acédie, maladie de civilisation »
Mois : août 2012
» Ils se sont jetés dans l’inconnu » – Psychologies magazine
DOSSIER : PRENDRE SA VIE EN MAIN
Par Valérie Peronnet, Photo de Sandrine Expilly
dans Psychologie Magazine de septembre 2012. (cliquer sur l’article pour l’agrandir)
TOUT ME SEMBLE PLUS COHERENT
« Quand j’ai raconté mon histoire à Psychologies, en 2005, j’avais déjà eu trois vies : une jeunesse à hésiter entre ouvrier et voyou, dix ans à prier cloitré dans un monastère, puis dix ans d’amour avec Marie-Pierre, et nos trois enfants. Aujourd’hui nous en avons un de plus, et je suis entré dans une quatrième vie : le 1er janvier 2010, mon meilleur ami a été emporté par une avalanche. Pendant ses funérailles, les psaumes me sont venus en hébreu. Ça n’est pas un miracle, j’ai étudié l’hébreu quand j’étais moine. Mais ça m’a profondément bouleversé. Lire la suite de » » Ils se sont jetés dans l’inconnu » – Psychologies magazine »
Irène Némirovsky, « Le vin de solitude », roman

À l’automne 2004, alors que j’allais publier en janvier Défense à Dieu d’entrer chez Denoël, la maison d’édition envoya aux auteurs une invitation : contre toute attente, Irène Némirovsky venait de recevoir le prix Renaudot pour Suite française, son ultime livre, roman de la débâcle de 1940. Elle le reçut le prix à titre posthume puisqu’elle était morte à Auschwitz en 1942. C’est ainsi qu’on la redécouvrit.
Vendredi dernier, 17 aout 2012, je me suis retrouvé dans une toute petite librairie de Narbonne. Parcourant les livres un a un comme je le fais d’habitude, l’oreille quasi collée contre leurs dos, j’entendais comme les chuchotements de ces milliers d’histoires, qui, lorsque j’étais enfant m’aidaient à m’endormir et aujourd’hui… m’empêchent de dormir.
On était à quelques heures du shabbat. Je repensais à ce geste que j’ai souvent vu à la synagogue, lorsqu’un homme s’approche de l’arche où sont contenus les rouleaux de la Torah, et debout, pose ses mains et son oreille contre la porte comme pour écouter amoureusement, le cœur tourné vers Jérusalem.
Au hasard de cette pérégrination bibliophile, je suis tombé sur Le vin de solitude (1935), d’Irène Némirovsky. Par acquis de conscience, bien persuadé que je ne le lirai jamais… je l’ai acheté. Je l’ai ouvert le lendemain et ne l’ai plus lâché jusqu’à l’avoir lu entièrement au petit matin.
Ce roman qui raconte la vie d’Hélène Karol et de sa famille, largement inspirée de celle d’Irène Némirovsky commence en Russie, se poursuit à Saint Pétersbourg, puis en Finlande, enfin à Paris. Il raconte les rapports d’une petite fille qui murit peu à peu et devient une femme avec sa mère, égoïste, indifférente et volage qui ignore puis hait sa fille; alors que le père financier, « Millions, millions, millions », ne voit rien d’autre que l’argent et s’illusionne sur sa « famille », Hélène chérit sa gouvernante française. Le chassé-croisé entre mère et fille est magnifique de choix, de nostalgie, d’illusions perdues et d’observation.
Par un curieux hasard j’ai découvert en lisant ce livre qu’Irène Némirosky était morte à Auschwitz le 17 aout 1942. Il y avait exactement 70 ans jour pour jour ce 17 août. Parfois la vie est étrange.
Un livre à lire absolument.
Pourquoi le judaïsme est-il insoluble dans les autres monothéismes ?
Par Gérard Haddad
L’un des phénomènes les plus étonnants de l’Histoire est sans doute la persistance d’un groupe humain qu’on appelle le peuple juif, peuple éparpillé aux quatre coins du bassin méditerranéen et du Proche Orient, puis, à l’ère moderne, sur toute la planète, ceci malgré l’absence d’organisation centrale et de langue parlée commune.
Qu’est-ce qui fait tenir ces communautés ? Il leur aurait été si simple de se dissoudre dans l’Islam environnant, en définitive si semblable, ou dans le christianisme avec lequel il partage un ensemble de textes sacrés. De surcroit ce peuple a été soumis tout au long des siècles à des moments de persécution violente, telle celle exercée par l’Inquisition. Les juifs avaient le choix entre un peu d’eau bénite pour le baptême ou le bûcher. Beaucoup ont choisi le bûcher, ce qui fait d’eux les véritables héros du peuple juif. De nombreux individus, soumis à ces pressions du milieu ambiant ont accepté cette dissolution, mais le tronc principal a, lui, persisté. Pourquoi donc le judaïsme, à l’épreuve de l’histoire, s’est-il révélé insoluble dans les autres monothéismes ?
Ma réponse est la suivante. A l’insu même des juifs, le judaïsme renferme quelque chose que l’on ne retrouve pas dans les autres monothéismes, unreste différentiel. Quel est donc ce reste différentiel, ce sheerit, pour employer l’expression d’Isaïe ?
Est-il possible que ce reste différentiel soit la raison pour laquelle le judaïsme provoque chez les non-juifs un recul, une gêne, voire un effroi, recul, gêne qui peuvent se métamorphoser en antisémitisme. C’est donc aussi ce point que je voudrais éclairer, le mystère de l’antisémitisme.
Chacun y est allé de son explication. Lire la suite de « Pourquoi le judaïsme est-il insoluble dans les autres monothéismes ? »

