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Chabbat Hagadol : le Grand Chabbat, 12 Nissan 5774

Sefer torah

La dracha du Rav Haïm Harboun pour Chabbat Hagadol.
12 Nissan 5774, 12 avril 2014

Le Chabbath précédant Pessah‘ s’appelle Chabbath Hagadol ‘‘le Grand Chabbath’’. En effet le 10 Nissan de l’année juive 2448, année de la Sortie d’Egypte, tomba un Chabbath. Ce jour là comme l’avait ordonné Moïse, sur l’ordre de D., les enfants d‘Israël prirent un agneau par famille qu’ils gardèrent attaché au pied de leur lit jusqu’au14 Nissan. Dans l’après midi de ce jour, ils sacrifièrent l’animal pour en griller la viande et la consommer le soir du 15 Nissan en conclusion (Afikomen) du premier soir du Séder de l’histoire d’Israël. Les ovins étaient considérés comme des animaux sacrés de l’Egypte et les tuer était un sacrilège. Cependant les Egyptiens ne réagirent pas et on peut considérer que pour la première fois, Israël s’affranchit du joug de l’Egypte.

Voilà un petit peuple qui durant 210 ans a subi la dure loi de l’Exil et de l’esclavage et qui se libère brusquement de ses chaînes. Etre esclave c’est être considéré comme un objet. L’objet d’un sujet qui est le maître de la volonté de la personne asservie. Le maître égyptien recule, et l’Hébreu, pour la première fois, affirme son identité d’être humain et d’homme libre. Jusqu’à présent, seule la pensée idolâtre des dieux de l’Egypte était celle qui dominait; désormais Israël propose une autre façon de voir la création. Il brise le tabou d’un univers sacré artificiel. Il tue le dieu égyptien façonné par les mains de l’homme pour proclamer l’existence de Celui qui est au-delà de la nature. Israël montre aussi que le destin des hommes peut échapper aux lois de la nature et aux différents déterminismes. L’esclave depuis plusieurs générations recouvre sa liberté.

L’agneau, TALE en hébreu, est le signe du zodiaque du mois de Nissan. Les anciens de l’Antiquité et beaucoup de nos contemporains très crédules croient en l’influence des astres sur notre comportement, voire sur les événements de notre avenir. Une telle pensée enferme l’homme dans un destin prédéterminé et lui ôte toute liberté.

D’autres personnes, très savantes, pensent pouvoir déterminer le comportement humain et ce que sera la vie d’un individu par l’application des lois biologiques, ethnologiques (comportementales), psychologiques, historiques ou sociologiques. Selon ce point de vue, quoi que vous fassiez, votre condition, vos gènes, votre histoire, votre culture, votre conditionnement, votre environnement, vous amèneront à prendre telle décision. L’homme est donc prisonnier d’un destin, d’un parcours, prédéterminé.

Et effectivement, le comportement d’un homme est souvent le fruit de son milieu, de son histoire son époque. Il faut donc une très grande force morale pour s’arracher au conditionnement social, à la mode, au ‘on’, aux manières de voir de penser qui sont le lot des Nations. Seul celui qui est fidèle à une vérité intérieure peut s’arracher au dictat des apparences pour devenir lui-même, un être libre.

Le peuple d’Israël refuse une telle théorie. Il prend le signal astral, le bélier, le sacrifie et le mange comme pour démontrer qu’Israël se joue de tous les déterminismes et entend conserver sa liberté et son authenticité.

L’histoire du peuple juif, tant ses souffrances que les miracles de ses résurrections, échappe aux lois sociologiques et historiques que les savants de tout ordre ont échafaudées. On a essayé tant de fois de nous asservir, de nous convertir et de nous détruire, mais nous sommes toujours là pour témoigner de la force de notre identité.

Toutefois, il faut bien comprendre que le processus de naissance du peuple d’Israël est tout à fait original. Beaucoup de nos coreligionnaires ont cru ou croient définir Israël par son histoire, sa culture, voire ses souffrances. C’est une erreur car ces éléments, si importants soient-ils, ne garantissent pas l’unité, et la communauté de destin. En effet, une fois l’histoire racontée, le passé étudié, la généalogie définie, chacun retourne vers ses préoccupations et veut satisfaire ses désirs égoïstes. L’histoire ou la généalogie ne peuvent assurer à eux seuls la pérennité d’Israël. Celle-ci est vivante dynamique.

Après tout, tous les peuples sont nés parce qu’ils constituaient le rassemblement d’êtres différents sur une même terre. Avec le temps, les nécessités de la vie en commun ont forgé une langue, des lois, une identité nationale. Pour Israël, c’est tout à fait différent. Même si la terre d’Israël est centrale dans notre foi, elle reste seulement un moyen de parvenir à notre authenticité de Juif. N’oublions pas qu’historiquement le peuple Juif est né en Exil !

Car ce qui va forger l’unité d’un peuple et créer son identité, au moment de ces jours précédant la sortie d’Egypte, c’est la conscience de l’existence d’un D. unique, notre Créateur et la volonté d’accomplir Ses commandements, Sa loi (notamment celle de l’agneau pascal et du premier Séder de l’histoire). Des hommes et des femmes juifs sont alors capables de s’unir autour d’un projet, la Thora, celui qui définit véritablement leur identité. Seules une pratique des Mitzwot et une étude approfondie de nos textes (Torah, Talmud), véritables miroirs de notre identité, sont les garants de la poursuite de notre Histoire multimillénaire !

 

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