Genèse : d’où viennent la parole et le Nom ?

Dans la Sidra Bereshit, on découvre un D-ieu très étrange qui crée l’Univers en 10 paroles comme en écho aux dix paroles/ commandements du Sinaï. Ce que D-ieu dit jailli immédiatement dans l’être. Ensuite, l’Eternel crée l’homme a son image… ce qui de prime abord pourrait sembler une projection idolâtrique dans le divin de la finitude humaine et de nos frustrations. Paradoxe étrange. Car si D-ieu était absolument incompréhensible à l’homme ou définissable uniquement parce qu’il n’est pas (apophatie) nous ne pourrions rien en dire et pas même le prier (en quel langage ?). Pourtant, et c’est un paradoxe, dans la Torah D-ieu est décrit dans des termes humains. Trop humains ? 

Je voudrais par ces quelques notes de recherche interroger la tradition juive sur ce rapport complexe de la créature avec son Créateur et la manière dont Celui-ci se révèle à l’homme. Des notes en bas de page de la Sidra Berechit.

Le noeud des tefilins

«  »Et je retirerai ma paume et tu verras mes traces » – Rav ‘Hana bar Bizna dit, Rabbi Chim’on le Pieux a dit : Cela nous enseigne que le Saint béni soit-Il a montré à Moïse le nœud des tefillin» (TB Berakhot 7a, v.15).

Dans ce célèbre passage, le Talmud avec une sorte de naïveté seconde s’interroge sur le fait que Moïse ait demandé à D. de voir sa face, que l’Éternel ait laissé passer sa gloire (kavod) et l’ai protégé de sa main caché au creux du rocher : « Tu ne saurais voir ma face; car nul homme ne peut me voir et vivre […] Alors je retirerai ma main et tu me verras par derrière; mais ma face ne peut être vue »(Ex 33, 20-23)…

Le Talmud imagine l’Éternel en train de prier avec ses téfilin ! dont Moïse n’aurait vu que le nœud derrière la tête et pas son visage [1].

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Le noeud la tefila sur la nuque (photo DL)

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Le chin dela tefila de la tête (photo DL)

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Le Chin de la mezouza. (photo DL)
Pour le Midrach, Chaddaï est l’acrostiche de CHomer Dlatot Israel (Celui qui garde les Portes d’Israël). 

Pourquoi ? Parce que l’homme ne peut voir D. dans sa puissance : Chaddaï (le D. Tout Puissant). La lettre Chin marquée sur la tefila du front et sur la nuque -sous la forme d’un Dalet à l’envers, mais aussi sur les mezouzot à l’entrée des maisons, symbolise le D. qui dit Daï (« ça suffit! »), la limite de l’homme en ce monde. Selon le Talmud  (Haguiga, 14b), Chaddaï signifie « qui dit à Son monde assez! » (sheamar le’olamo daï).Cette limite qui fait que nous ne sommes qu’un parmi d’autres rend possible l’éthique, la fraternité des humains.

El Chaddaï est un des noms de D., mais il y en a beaucoup d’autres : El Elyon (le Très-Haut), El Olam (l’Eternel), El Gibbor (Le Puissant). Et bien sur les 13 attributs divin de ses Noms que D. déroule devant Moïse : Rahoum (Celui qui prend en pitié, cf Rakhem !), Hannoun (Celui qui fait « Grâce »), Tsaddiq (le Juste), Dayan (le Juge) Ces mots sont comme le doigt qui désigne la lune, ils  signifient ce que nous ressentons et désignent de loin mais ne peuvent être confondus avec le signifiant ultime. On remarque bien que dans la Sidra Bereshit D. parle à l’homme mais il parle aussi aux cieux et à la terre, aux animaux ou aux pierres les maintenant dans l’existence limitée liée au langage telle que nous la comprenons, et dans une langue qu’eux seuls connaissent…

Dans les Pirqé de Rabbi Eléiézer un très ancien Midrash, au chapitre 3 il dit :

« Avant la Création de l’Univers il n’existait que le Saint béni soit-Il et son Nom seul »

Ce que dit la Torah à l’homme c’est donc que l’Eternel se révèle dans le langage, au fond de son inconscient, pas parce que le langage serait sacré mais parce que celui-ci est le lieu d’émergence et la condition de possibilité pour que D. appelle l’homme de son néant, son Tohu.

Car quel est le contraire du langage ?  Le silence ? La Torah dit que ce néant est désigné par le « Tohu Bohu » en Gn 1,2 : « La terre n’était que « solitude et chaos » (Tohu vavoou, ). Ce terme Tohu n’existe que deux fois dans la Torah. On le retrouve en Dt 32, 10 :  « Il le rencontre dans une région déserte, dans les solitudes (tohu) aux hurlements sauvages; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle de son œil. » Le tohu c’est ce cauchemar de l’homme où le langage ne signifie plus rien, devient insignifiant, quand on en peut plus se parler, le début de la haine . Nous serions donctirés de notre chaos mental et spirituel par la Parole de D-ieu, Son souffle (ruah’) qui nous appelle par notre nom que lui seul connait, tirés de la terre où nous retourneront inévitablement comme dit Bereshit à propos de la création d’Adam. La femme, elle-aussi sort de la torpeur, du sommeil d’Adam, comme dit Bereshit à propos de la création de la femme. Et c’est seulement à partir de ce moment qu’ils sont ish et isha (féminin et masculin), des mots en miroir, en rapport, formant dans le couple humain un seul être parlant (ehad) à l’image du D. UNqui leur a parlé le premier dans son infinie générosité, par amour.

Comme si le langage humain, proféré par le souffle de l’Eternel puis en interactions entre l’homme et la femme appelait l’être humain et chacun de nous à notre vocation spirituelle d’être enfin un peu humain, détachait l’homme de la terre pour l’inscrire dans la position verticale de la Amida, debout entre ciel et terre, avec ses tefilins.

On sait à quel point en psychologie moderne la nomination est importante dans la construction psychologique de l’enfant. Le nom inscrit l’enfant dans le champs du langage et établit un rapport entre le signifiant et le signifié fondateur de toute parole et du rapport à la vérité ou au mensonge. Le nom comme le souligne le Talmud Berakhot semble contenir un héritage de mérites ou de mauvaises actions. Le Talmud Berakhot 7b le souligne.

D’où savons nous que le nom est déterminant ? Rabbi Eliézer dit : « Car  le verset a dit :« Allez, regardez les oeuvres de l’Eternel qui a mis des ruines sur la terre » (Ps 46, 9), ne lis pas « ruines » (chamot) mais des « noms » (chémot) ». Et  Rabbi Yo’hanan dit au Nom de Rabbi Chim’on ben Yo’haï : « La mauvaise éducation dans sa maison est plus dure pour un homme que la guerre de Gog et Magog »

Mais le Talmud souligne aussi que l’héritage psychique ne conditionne que partiellement le destin d’un enfant et des générations. Opposant le : « Il sanctionne la faute des pères sur les enfants » (Ex 34, 7) à « Les enfants ne mourront pas à cause des pères » (Dt 26,6)  et résolvant cette contradiction en disant que « le second verset [promet la vie sauve] à ceux qui abandonnent les voies tortueuses de leurs pères ». (TB Berakhot 7a)

« Faisons l’homme à notre image »

Maïmonide au Moyen-Age explique ce mystère du fait que le langage humain est utilisé par la Thora pour décrire l’Eternel de manière apparemment naïve, dans sa discussion sur les  attributs divins dés le début de son Guide des égarés (écrit en arabe avec des lettres hébraïques). Il est bien sûr en discussion, à partir des concepts Aristote avec les philosophes arabes et chrétiens. Relisant le Naassé Adam Betsléémnou, « Faisons l’homme à notre image » (Berechit 1,26), il évite d’emblée la vision naïve, créationniste qui projette la réalité humaine dans le Divin.

 » II y a eu des gens, qui croyaient que tcélem, dans la langue hébraïque, désignait la figure d’une chose et ses linéaments, et ceci a conduit à la pure corporification (de D-ieu), parce qu’il est dit (dans les Ecritures) : « Faisons un homme à notre image (betçalmenou) selon notre ressemblance (Genèse 1, 26). Ils croyaient donc que D-ieu avait la forme d’un homme, c’est-à-dire sa figure et ses linéaments, et il en résultait pour eux la corporification pure qu’ils admettaient comme croyance, en pensant que, s’ils s’écartaient de cette croyance, ils nieraient le texte (de l’Ecriture) ou même qu’ils nieraient l’existence de D-ieu s’il n’était pas (pour eux) un corps ayant un visage et des mains semblables aux leurs en figure et en linéaments »

(Guide des égarés I, 1, « L’homonymie de Tcélem », traduction de l’arabe de Salomon Munk, pg. 29).

et il dit plus loin :

Quand nous disons de D-ieu qu’il est la forme dernière du monde, ce n’est pas comme la forme ayant matière est une forme pour cette matière, de sorte que D-ieu soit une forme pour un corps. Ce n’est pas ainsi qu’il faut l’entendre, mais de la manière que voici : de même que le forme est ce qui constitue le véritable être de tout ce qui a forme, de sorte que, la forme périssant, l’être périt également, de même D-ieu se trouve dans un rapport absolument semblable avec tous les principes de l’être les plus éloignés; car c’est par l’existence du Créateur que tout existe, et c’est lui qui en perpétue la durée par quelque chose qu’on nomme l' »épanchement » […]. Si donc la non-existence du Créateur était inadmissible, l’univers entier n’existerait plus, car ce qui constitue ses causes éloignées disparaîtrait, ainsi que les derniers effets de ce qui est intermédiaire; et, par conséquent, D-ieu est à l’univers ce qu’est la forme à la chose qui a forme et par là est ce qu’elle est, la forme constituant son véritable être. Tel est donc le rapport de D-ieu au monde, et c’est à ce point de vue qu’on a dit de lui qu’il est la forme dernière et la forme des formes; ce qui veut dire qu’il est celui sur lequel s’appuie ne dernier lieu l’existence et le maintien de toutes les formes dans monde, et c’est par lui qu’elles subsistent, de même que les choses douées de forme subsistent par leurs formes. Et c’est à cause de cela qu’il a été appelé dans noter langue, hay âolamim, ce qui signifie qu’il est « la vie du monde ».

(Guide des égarés I, 69, « La Cause première », traduction de l’arabe de Salomon Munk, pp. 167-168).

On le comprend pour Maïmonide, D. n’est pas le plus haut ou le plus puissant des étants mais la condition même de possibilité de ceux-ci. Et cet à-priori du monde phénoménal ou plutôt de la vie (hay âolamim), et là Maïmonide quitte le registre de l’ontologie (la science de l’Etre, avec des échos dans le אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה Eyé acher Eyé « Je suis qui je suis/ serai » car ces mots  indiquent une action inaccomplie, en devenir) aristotélicienne  pour parler en terme de vie.

Note [1]: on peut noter que quelques versets avant il est dit que « l’Éternel s’entretenait avec Moïse face à face (panim al panim), comme un homme s’entretient avec un autre » (Ex 33, 11)

Brit Milah (suite)

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Ce livre a 200 ans, il est relié avec des ficelles, le Rav Harboun y a lu la prière de la Brit Mila du Guer en présence de Claude Chiche et de mon frère jumeau Olivier.

Mes ancêtres Branca venaient de Benciugnu, ce qui signifie en langue corse « nous sommes arrivés au bon endroit » probablement du Portugal via l’Italie. J’y ai acheté cette coupe il y a 7 ans à une brocante sur la plage de St Cyprien, j’ai ensuite découvert grâce au rabbin Harboun que c’était un kiddouch juif. A ma brit Mila il a fait le Kiddouch. On a alors respiré les clous de girofle. et m’a donné mon nom : Méir. Le nom est lié à la Neshama (l’âme insuflée) comme pour Adam dans le Sidra Berechit ce matin .
L’odorat est le sens spirituel le plus élevé dans le judaïsme. on n’oublie jamais une odeur associée à une émotion puissante.

La mémoire et la Neshama juive sont éternelles.

 

Chabbat Chalom Berechit !

berechitBerechit (« dans la tête ») est le premier mot de la Genèse, Nous commençons ce Chabbat le sefer Berechit que. La Torah commence par la lettre Bet l’Alef étant en D.

Quand D-ieu parle pour la première fois dans la Genèse il est dit : Yei Or Vayehi Or, « que la Lumière soit et la lumière fut », une sorte de phrase en miroir sur Or, la Lumière. En lui la parole et la chose (davar, c’est le même mot en hébreu) coïncident. Sa parole coïncide avec l’acte de création.

Le guer (étranger) qui s’approche d’Ashem s’approche mystérieusement d’une sorte de béance, de trou noir mystérieux, je n’ai pas d’autre mot pour cela que le Nom. Pleins nons pas de souvenirs mais d’émotions d’enfance reviennent au cours des mois qui précèdent. C’est très étrange et impressionnant. La brit Mila ets un passage, un choc psychique brutal. Puis on rencontre alors l’Éternel sous la forme de sa Puissance, Chaddaï, qui d’une certaine manière barre l’accès à notre propre puissance et nous libère. le Ol Ashamaïm (l’acceptation du joug des Cieux) est aussi Ol hamitzvot (joug des commandements).

Le Chin (lettre ch) de Shaddaï gravé sur les téfilines de la tête et sur la mézouza protège l’entrée des maisons et de l’esprit. Ce Chin compose les premières lettres de Chabbat et du Chalom comme un gardien du temps et du Temple.

Excusez moi ces mots bien approximatifs. Tout cela reste malgré tout bien mystérieux aux hommes que nous sommes. J’ai reçu le nom de Méïr, min Or l’éclaireur. Je l’ai reçu du rabbin Haïm Harboun, du rabbi Méir qui fut rabbin de Bastia de 1920 à 1970 et bien sûr de Rabbi Meïr le docteur de la Michna du second siècle.

R. Yéhouda Hanassi qui a compilé la Michna (en 212)  משנה, « répétition » en hébreu, était le disciple de Rabbi Maéir et il a dit un jour que s’il avait plus de perspicacité que ses compagnons d’étude c’est parce qu’il avait eu la chance de voir R. Méïr de dos (lorsqu’il donnait ses leçons) (Erouvin 13, b) et qu’il aurait été plus « aiguisé » s’il avait vu Rabbi Méir de face. On ne peut voir D. en face. Le soleil comme la mort ne se peuvent se regarder en face.

Le converti est comme un enfant qui renaît et épelle les lettres de l’alphabet de l’existence et du réel. Sensation étrange.

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Synagogue Beit Meïr, Bastia.

Berechit: l’alphabet secret

Haïm Harboun
extrait du livre de commentaires « Soldats de la Parole » , édité par l’AIA

A la question pourquoi le récit de la Création commence par la lettre « Bét », les Sages répondent : « De même que le “Bét” est fermé dans tous les sens sauf devant, de même il n’est pas permis de se livrer à des investigations relatives à ce qui est soit dessus, soit dessous, soit derrière, mais il doit s’occuper uniquement du temps présent de la Création » (’Haguiga, 17a).
On trouve dans le livre de Ben Sira (Ecclésiastique III, 2) : « Ce qui est trop difficile pour toi, n’en fais pas l’objet de tes recherches ; ce qui t’est caché, ne le sonde pas ; songe à ce qui est à ta portée et ne t’occupe pas des choses secrètes ».
Nos Sages ont insisté sur l’étude de la Thora dans sa globalité, autrement dit, la Loi orale et la Loi écrite. Ils trouvent dans le mot « béréchit » une allusion à ce principe. En effet, la première lettre de la Loi écrite est « bét » et celle par laquelle commence la Loi orale (traité Bérakhot), dont le premier mot Méémataye est « mém ». Ces deux lettres forment le mot « bam » pronom personnel qui désigne, dans le passage du « Chéma » les paroles divines (« Védibarta bam », « tu en parleras »). Chaque Juif étant tenu d’étudier la Thora orale et écrite, en toutes circonstances et de l’inculquer à ses enfants.
Les lettres finales des trois premiers mots de notre paracha forment le mot « emét » qui signifie « vérité », et qui qualifie la Thora dans sa totalité : « Torat émét natane lanou », « il nous a donné une Loi de vérité ».
D’après la tradition, l’Homme a été créé grâce à la Thora, ce qu’annonce la Bible dans le premier verset. Nos Sages fondent cette idée sur les versets 10 et 11 du psaume LXXXV « La bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées, la vérité germera de la terre ». Le Midrash raconte que l’Eternel en décidant de créer l’Homme, provoqua chez les anges la division en quatre groupes. Le premier groupe représentant la bonté donna son accord et plaida avec conviction pour la création de l’Homme : l’Homme sera naturellement bon, il aidera les malheureux, il se dévouera pour porter secours aux malades. Le deuxième groupe représentant la vérité était, lui, contre la création de l’Homme, il estimait que l’Homme ne pourrait jamais percevoir la vérité et qu’il était inutile dans ces conditions de le créer. Le troisième groupe représentant la justice se prononça pour la création de l’Homme, convaincu qu’il saurait défendre la justice et qu’il agirait avec équité. Enfin le dernier groupe représentant la paix s’opposa farouchement à la création de l’Homme affirmant que ce dernier ne serait jamais fidèle à la paix et qu’il passerait son existence à faire la guerre.
Ainsi l’Eternel se trouva face à deux groupes en faveur de la création, et deux s’y opposant. C’est alors qu’il décida de donner la Thora, et de faire germer la « vérité » de la terre. En promulguant la Thora, il a fait descendre le « emet » sur terre. Il n’y avait plus qu’un seul groupe, celui de la paix, qui était contre, et l’Eternel créa l’Homme.
L’Eternel créa le monde par la lettre « bét » (première lettre du mot béréchit) et négligea le « aléph » (première lettre de l’alphabet) parce qu’il est l’initiale de « aréra » qui signifie malédiction (du verbe « aror »). L’Eternel s’est dit, raconte le Midrash : « Je crée le monde par la bénédiction pour que l’on ne dise pas que dès sa création il était maudit, et que par conséquent les hommes ne portent aucune responsabilité dans sa dégradation ».
Par ailleurs, la Thora écrite commence par « bét » et le nom du premier traité de la Loi orale (Bérakhot) commence aussi par « bét » pour nous signifier qu’il ne faut pas séparer la loi écrite de la loi orale comme l’ont fait les Karaïtes. La loi écrite commence par « bét » et se termine par la lettre « laméd » (L) du mot Israël, ces deux lettres formant le mot « lév » qui signifie « coeur ».

On en déduit en conclusion que la Thora ne peut habiter que chez un Homme qui a du coeur.

Brit Milah : Call me Meïr !

This morning I became Meïr after my brit milah, the Covenant of circumcision.The physical symbol of the relationship between G‑d and the Jewish people

During 7 years I advanced step by step like a blind in the darkness. I’d like to thank all my friends who accompanied me in this so strange story.

First Rabbi Haïm Harboun (photo) who came from the Mellah of Marrakech in Marrocco where he was born… to my street where I met him 6 years agod. His name signify « life » and life is a plural in hebrew. He came with us at the hospital and celebrate the Kiddouch, with Olivier my twin brother and a jewish friend of him.

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Soon, end november, a book Haïm Harboun le rabbin aux milles vies will be published at Lemieux publisher.

Thanks to the Great Rabbi Haïm Korsia who accompanied and answered all my questions, This « Great » is an Humble and he enlightened my road. He is also à Haïm multiple « life » in front of the Holy One, Blessed is He. Thanks to the Rabbi Elfassi and the France’s Consistoire guyour office who accompanied me and sent me to the Brit Mila in july.

Thanks to Marie-Pierre my wife and my family who will come back jewish with me after Beit din decision and Mikveh.

Thanks to Gérard and Antonietta Haddad from Tunis and Venice, Freddy and Evelyne Chiche from Miami, Diane and Jean-Michel from London, Jeremie from Bnei Brak, Olivier and Tsipora in Jeusalem, Salomon Buzaglo of the Center for anousim and Sefardic Studies of Natanya, Micha and Schibboleth, Antoine…Gaston, Fabrice, Cedric, Alexis, Sam, Alexis and his brother, Jacob, Serge, Stéphane and his brother, Samuel, Claude, Maurice, Laurent, Michel, AdiEl, Rony, Raphael, Nathanaël ZAL, … Dany and her parents, Rebecca,  Sylvie, Corinne, Clara, Diane, Myriam and her children, Deborah & Gabrielle and her Deaf Adults Association, … Mendy, Pierre-Jean, Yossef… but also Neil, Nancy, Jean-Paul, Thibault, Greg, Claire, Michel, Jérôme, frère Matthieu de la Pierre-Qui-Vire… thanks to Corsican Jews : Guy and Benny Sabbagh, Halewa familiy, the Castoriano from Turkey, the community of Bastia, all anoussim from Corsica, so important for me in my pilgrimage. Thanks. Apologize for oversights.

Thanks to my grandma who sent me every year during my childhood an Etrog. Its smell  gave me the first sign of our jewish roots from Corsica. We have just finished Souccot and this kind of lemon is the symbolic fruit of Souccot Festival.(photo)

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Beit Knesset Meïr in Castagnio street in Corsica where lived my Grand Mather. There takes place the unique Synagog of Corisca where Rav Meïr Toledano zal  buried in Bastia Jewish Cimetery officed as Rabbi From 1920 to 1970.

Thanks to my friend Jean-Louis Rambaud zal. Hebew language came back to my lips when I said the psalm for him seven years ago. He was dead in an avalanche on January 2010 th 1st.  This was for me, the former benedictine monk, the first sign of coming back from amnesia. Lucas his son my spiritual son. Now I know that memory can be either wholly or partially lost due to the extent of damage that was caused several centuries ago (anousim, marrane, means also raped in hebrew).

I can understand that my road can sounds you so strange. It’s  only the testimony that Israël still alive, Am Israël Haï leolam, in Humanity’s service. We can live together in the G-od’s Shalom, in peace on the visage al panim of this earth that G-od created for all his sons. Panim (face, again a plural in hebrew !) and penim  (interiority) is the same word in hebrew.

I am just Meïr min Or, « from the Light », an enlightener, a pilgrim, following Torah light at the service of our shared humanity.

This the begining of the 5777, 24 Tichri,  on Chabbat we will read BERECHIT Sidra, the begining and the first word of the Bible.

We are Oct 26 and as Rabbi Haïm said me this morning after the Shema  » 26 is the Name of the Holy One, Blessed is He, Hakadoch Barouch Hou« : « הקדוש ברוך הוא. ASHEM, the Name, The beginning and the end of the story; the Aleph-A of the life that begins with a Beth-B like the Bible. Hakadoch, Blessed is He, hearing our prayer.

« Magnified, sanctified, be thy holy Name ». Hineni.

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Hag Soukkot Sameah – Joyeuse fête de Souccot !

1942 : il joue sa vie aux échecs

Voilà ce que m’a raconté une amie proche, directeur de recherche aux CNRS spécialiste des transmissions dans le cerveau, dont la mère, madame Acher, est une des rescapées du Ghetto de Varsovie. Une histoire de famille.

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Enfants juifs en Pologne vers 1920

Avant-guerre Henryk Friedman était un Maître d’échecs très connu. Il mourra déporté en 1942. Son fils aussi fut arrêté par les nazis. A l’époque le prix d’un chou dans le ghetto vaut celui d’un diamant. Le chef des SS qui l’arrête l’insulte et s’apprête à l’envoyer au train. Il remarque son nom et lui demande s’il a un rapport avec le joueur d’échec Friedman.

« Je suis son fils ». Le ton du commandant SS change.
– Tu joues aux échecs ? – Oui » Il propose au jeune-homme de jouer sa vie aux échecs contre lui. Le jeune Friedman gagne.

Il va passer le reste de la guerre à jouer chaque midi une partie contre le commandant nazi à la Gestapo. Il survivra.

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Le joueur d’échec nazi Klaus Junge

PS : Les nazis vouaient un véritable culte pour les échecs censés représenter la supériorité de la race allemande. Ci dessous l’affiche du référendum de 1936. Les nazis sont représentés par la plus grande et la plus puissante pièce de l’échiquier

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Chabbat Chouva Chalom !

Le Chabbat entre Roch Hachana et Kippour s’appelle Chabbat Chouva, le Chabbat de la Techouva.

Le mot Chouv signifie le « retour » ou la « réponse », il s’agit de répondre à une convocation, une question au fond de nous à un point du chemin auquel on se serait égaré. La techouva est aussi le retour de la diaspora, la « dispersion » en grec vers Jérusalem. un retour physique et spirituel d’Israël vers l’Eternel, son berger. C’est aussi un retour vers soi-même, vers qui nous sommes en vérité. « La techouva a été créé avant la création du monde » nous dit le Talmud. Comme si le lieu de notre re-création était ce pardon que nous nous devons les uns aux autres.

Le Traité Berakhot du Talmud dés le début quand il commente la première Michna : « Méémataï… » « Jusqu’à quand… [peut-on dire le Chema du soir] « … nous dit ensuite que la miséricorde de D-ieu dépasse toujours son jugement. C’est pour cela que la techouva est créé avant le temps de l’homme.

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

C’est le sens des 10 Jours redoutables (yamim noraïm) qui vont de Roch Hachana à Kippour, de la sonnerie du shofar du yom teroua (le jour de la sonnerie) à celle qui clos Kippour, mercredi prochain.

Entre temps, le livre de vie est ouvert et D. est patient avec l’homme.

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Cette obligation de la Techouva nous vient de la Torah :

« Tu retourneras (וְשַׁבְתָּ) vers l’Eternel ton D-ieu et tu écouteras (וְשָׁמַעְתָּ) sa voix » (Deutéronome 30, 2)

La Haftarah de Chabbat Chouva (Osée 14) insiste sur la Techouva  :

ב שׁוּבָה, יִשְׂרָאֵל, עַד, יְהוָה אֱלֹהֶיךָ:  כִּי כָשַׁלְתָּ, בַּעֲו‍ֹנֶךָ. 2 Reviens (Chouva), Israël, jusqu’à l’Eternel, ton Dieu; car tu n’es tombé que par ton péché.
ג קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים, וְשׁוּבוּ אֶל-יְהוָה; אִמְרוּ אֵלָיו, כָּל-תִּשָּׂא עָו‍ֹן וְקַח-טוֹב, וּנְשַׁלְּמָה פָרִים, שְׂפָתֵינוּ. 3 Armez-vous de paroles [suppliantes] et revenez au Seigneur! Dites-lui: « Fais grâce entière à la faute, agrée la réparation nous voulons remplacer les taureaux par cette promesse de nos lèvres.

La Haftarah du  Chabbat qui précède Chouva nous redit l’amour de Sion et la Techouva :

א לְמַעַן צִיּוֹן לֹא אֶחֱשֶׁה, וּלְמַעַן יְרוּשָׁלִַם לֹא אֶשְׁקוֹט, עַד-יֵצֵא כַנֹּגַהּ צִדְקָהּ, וִישׁוּעָתָהּ כְּלַפִּיד יִבְעָר. 1 Pour l’amour de Sion, je ne garderai pas le silence, pour Jérusalem je n’aurai point de repos, que son salut n’ait éclaté comme un jet de lumière, et sa victoire comme une torche allumée
ו עַל-חוֹמֹתַיִךְ יְרוּשָׁלִַם, הִפְקַדְתִּי שֹׁמְרִים–כָּל-הַיּוֹם וְכָל-הַלַּיְלָה תָּמִיד, לֹא יֶחֱשׁוּ; הַמַּזְכִּרִים, אֶת-יְהוָה–אַל-דֳּמִי, לָכֶם. 6 Sur tes remparts,  Jérusalem, j’ai posté des guetteurs, ni de jour ni de nuit ils ne doivent se taire : « O vous qui invoquez souvenir de l’Eternel, ne prenez aucun répit!
יא הִנֵּה יְהוָה, הִשְׁמִיעַ אֶל-קְצֵה הָאָרֶץ, אִמְרוּ לְבַת-צִיּוֹן, הִנֵּה יִשְׁעֵךְ בָּא; הִנֵּה שְׂכָרוֹ אִתּוֹ, וּפְעֻלָּתוֹ לְפָנָיו. 11 Voilà que l’Eternel fait entendre son appel jusqu’aux confins de la terre: « Dites à la fille de Sion: Voici ton salut qui vient! Voici Il arrive, escorté de son salaire, devancé par sa rémunération! »
יב וְקָרְאוּ לָהֶם עַם-הַקֹּדֶשׁ, גְּאוּלֵי יְהוָה; וְלָךְ יִקָּרֵא דְרוּשָׁה, עִיר לֹא נֶעֱזָבָה.  {ס} 12 Et on les appellera le peuple saint, les affranchis de l’Eternel; et toi Jérusalem, tu auras nom la Recherchée, la Ville qui n’a pas été abandonnée.

« La techouva a été créé avant la création du monde » 

Une Baraïta* enseigne : Sept choses ont été créées avant que le monde fût créé , à savoir : la Torah, la techouva, le Jardin d’Eden, la Géhenne, le Trône de la Majesté Divine, le Temple, et le nom du Messie. Pour le nom du Messie il est écrit : son nom demeurera éternellement, tout comme son nom a fleuri avant le soleil (Ps 72,17) – TB Pessa’him 54a

Et le Midrach ajoute :

Rabbi Ahava fils de Rabbi Zeira dit : la Techouva (repentance) aussi [précède la Création], ainsi qu’il est dit « avant que les montagnes fussent nées, avant que fussent créés la terre et le monde, de toute éternité, tu étais le D-ieu puissant » (Ps 90, 2) et au même moment « tu réduis le faible mortel en poussière »(Ps 90, 3) – Midrach Bereshit Rabba 1,4

* Baraïta signifie « dehors » en araméen. Les baraitot consignent les enseignements des Hakhamim qui n’ont pas été retenus par le corps du Talmud mais qui ont été conservés « au cas ou ». « Dehors » car ce sont les enseignements des ceux qui sont restés « dehors » quand les académies talmudiques de Tibériade ou de Babylonie ont décidé.

Une année pleine de miel…

imageQuelques liens sur le sens du Seder sur ce blog  :