Emor, « Parle… et dis leur », vivre et mourir pour D.

Procès d’Inquisition. Photo Olivier Long, Casa de sefarad, Judéria de Cordoue. http://www.casadesefarad.es/
Autodafé. Casa de sefarad, Judéria de Cordoue. Photo Olivier Long, http://www.casadesefarad.es/

Le commentaire de la parasha Emor du Rav Haïm Harboun ce Shabbat enrichie de pièces d’époque.

Du Kiddoush Hashem et du ‘Hilloul Hashem

La mort de Rabbi Akiba en 135 est le prototype du Kiddoush Hashem pour le judaïsme, Le midrash des dix martyrs (Asseret Harouguei Malkhout ) se fait l’écho de la mort de dix rabbins aprés la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70, mis à mort de manière cruelle et spectaculaire, brulé vif  dans des rouleaux de Torah comme Rabbi Hanina ben Teradion ou écorché vif comme Rabbi Akiba :

« Quand on fit sortir Rabbi Akiva pour le mettre à mort, c’était l’heure de lire le Shema. On lui déchirait la chair avec des peignes de fer et lui, il recevait le joug du Royaume des Cieux. Ses disciples lui dirent : ‘Ô notre Maître ! Jusqu’à ce point !’ Il leur dit : ‘Tous les jours de ma vie j’ai été préoccupé par ce verset : ‘de toute mon âme’ qui signifie ‘même s’il te prend ton âme’. Je me disais : ‘quand parviendrai-je à l’accomplir(’aqayyemennu)[1] ? Et maintenant que cela m’est donné, je ne l’accomplirais pas !’ Il prolongea le mot ‘Un’ jusqu’à ce qu’il rendit l’âme. Une voix céleste se fit entendre et dit : ‘Heureux es-tu Akiva, dont l’âme est sortie en disant : Un (ehad) » (TB Berakhot 61b)

La Parasha de ce Shabbat nous parle du Kiddoush Hashem et du ‘Hilloul Hashem qui est le témoignage rendu à  la souveraineté de D. en ce monde. Son contraire, le ‘Hilloul Hashem compromet la conscience positive de D. dans ce monde. Dans chacun de ces cas, nous le verrons, il s’agit d’exemplarité publique d’Israël par rapport au peuple ou par rapport aux Nations. A commencer par les Cohanim qui représentent la sainteté à l’intérieur du peuple Saint, c’est-à-dire « particularisé », symbolique, comme nous l’avons vu la semaine dernière.

Ainsi les cohanim « doivent rester saints pour leur Dieu, et ne pas profaner le nom de leur Dieu » (Lv 21, 6). Du prêtre, la Torah dit : « Tiens-le pour saint, car c’est lui qui offre le pain de ton Dieu; qu’il soit saint pour toi, parce que je suis saint, moi l’Éternel, qui vous sanctifie. » (Lv 21, 8) ; « Il ne quittera point le sanctuaire, pour ne pas ravaler le sanctuaire de son Dieu, car il porte le sacre de l’huile d’onction de son Dieu: je suis l’Éternel. » (Lv 21, 12) ; D. prévient : « Aaron et ses fils d’être circonspects à l’égard des saintetés des enfants d’Israël, pour ne pas profaner mon saint nom en profanant ce que ceux-ci me consacrent: je suis l’Éternel.» (Lv 22, 2) ; « Qu’ils respectent mon observance et ne s’exposent pas, à cause d’elle, à un péché, car ils mourraient pour l’avoir violée: je suis l’Éternel qui les sanctifie. » (Lv 22, 9) ; « Gardez mes commandements et pratiquez-les: je suis l’Éternel. 32 Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d’Israël, moi, l’Éternel, qui vous sanctifie, 33 qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour devenir votre Dieu: je suis l’Éternel. » » (Lv 22, 31). Cette interdiction du ‘Hilloul Hashem vaut aussi pour le peuple comme l’épisode du malheureux fils de Shelomit (la prostituée qui se dissout en suivant tous ceux qui passent, celle qui dit « shalom ! » – bonjour, à tout le monde !) à la fin de la Parasha nous le rappelle : « Parle aussi aux enfants d’Israël en ces termes: quiconque outrage son Dieu portera la peine de son crime. Pour celui qui blasphème nominativement l’Éternel, il doit être mis à mort, toute la communauté devra le lapider; étranger comme indigène, s’il a blasphémé nominativement, il sera puni de mort. » (Lv 24, 15-16). Une sanction qui ne doit pas être lue comme à postériori mais à priori : celui qui pratique le ‘Hilloul Hashem est en réalité déjà mort. Sa personnalité se dissout, n’existe plus. Renonçant à sa particularisation il se dissout parmi les nations et n’existe plus comme juif. Il disparaît de la place publique.

Lorsque quelqu’un préfère mourir plutôt que de violer les trois commandements qui ne peuvent en aucun cas être transgressés : ne pas profaner le Nom, ne pas tuer, ne pas commettre l’adultère, il réalise le Kiddoush Hashem, littéralement la « sanctification du Nom », proclamant ainsi la gloire de D.

 

al Kiddoush Hashem 

En quel cas doit-on pratiquer le Kiddoush Hashem ?

Johanan dit au nom de R. Simeon b. Jéhotsadak: Par un vote à la majorité, il a été résolu dans la chambre haute de la maison de Nitza à lod – concernant toutes les interdictions de la Torah si une personne dit : « Transgresse telle et telle interdiction et tu ne seras pas tué (mais si tu refuses, tu seras tué) », il peut transgresser et ne pas souffrir la mort, à l’exception de l’idolâtrie, de l’inceste, [qui comprend l’adultère] et du meurtre.
Maintenant est-ce que l’idolâtrie ne doit-elle ne pas être pratiquée [dans de telles circonstances]? Il a été enseigné : R. Ismaël dit : où savons-nous que si on ordonne à un homme : « pratique l’idolâtrie et sauve ta vie », qu’il devrait faire ainsi, et ne pas être tué ? De ce verset : « Vous observerez donc mes lois et mes statuts, parce que l’homme qui les pratique obtient, par eux, la vie: je suis l’Éternel.» (Lv 18, 5). Il doit donc vivre par eux et ne pas mourir par eux. Je pourrais penser que cela peut être pratiqué ouvertement, mais l’Ecriture enseigne, « Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d’Israël, moi, l’Éternel, qui vous sanctifie » (Lv 22, 32) (Nde : Le principe de sanctification du Nom qui rentre en concurrence avec celui de la préservation de la vie –piqqouah nèfesh le surpasse)

On a retenu l’avis de R. Eliezer. Car il a été enseigné, Rabbi Eliézer dit: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et de toute ta force » (Dt 6, 5) Si on commence par « de toute ton âme », pourquoi « de toute ta force » suit-il ? Ou si il est écrit «de toute ta force » pourquoi est-il écrit aussi : « de toute ton âme » ? Pour l’homme à qui la vie est plus précieuse que la richesse, il est écrit « de toute ton âme » alors que celui pour qui la richesse est plus précieuse que la vie est convié à aimer, « de toute ta force ». Inceste et assassinat ne peuvent pas être pratiqués pour sauver sa vie. (TB Sanhédrin 74 a)

Le martyre n’est pas recherché dans le judaïsme car selon l’adage talmudique : On doit vivre par la Torah et non mourir par elle. Cependant comme le montre un commentaire de Maïmonide, si le Kiddouch Hachem  est au-dessus de toutes les mitsvot c’est parce que c’est un témoignage public :

« Celui qui doit donner sa vie plutôt que de transgresser, et qui ne transgresse pas [et choisit de donner sa vie] – il a sanctifié le Nom de D. Et si cela eut lieu devant dix Juifs, il aura sanctifié le nom de D. en public comme… Rabbi Akiva et les autres. Ces hommes sont des martyres d’une grandeur inégalée. » (Rambam, Hilkhot Yésodé HaTorah 5, 4)

Rambam soutient que l’on doit donner sa vie plutôt que d’enfreindre l’une des mitsvot de la Torah en présence de dix Juifs. Là encore,  il y a là une idée d’exemplarité du témoignage pour ou contre D., un juif ne peut témoigner contre D. sans cesser de l’être.

De plus le Kiddoush Hashem tient compte de la volonté consciente de transgresser, de son exemplarité directe ou indirecte :

Rava dit : « Un idolâtre qui dit à un Juif le Shabbat : ‘Coupe de l’herbe [et en cela il profane le Shabbat] et donne la aux animaux, ou je te tuerai’, il doit couper [l’herbe] plutôt que d’être tué. S’il dit : ‘Coupe l’herbe et jette la dans la rivière’, il doit se laisser tuer plutôt que de [la] couper. Pourquoi en est-il ainsi ? Car son intention est de faire transgresser le Juif. » (TB, Sanhedrin 74a).

Il y a là encore une idée d’exemplarité. Le persécuteur instrumentalise le juif qui doit refuser de transgresser pour abaisser D.

De grandes figures exemplaires de la Torah résument par leur comportement cette sanctification du Nom :

Rabbi Chim’one ‘Hassida enseignait : « Yossef (Joseph), qui sanctifia le nom de D. en privé [lorsqu’il résista aux avances de la femme de Potifar – Rachi, Sotah 36b], fut récompensé par l’ajout d’une lettre du nom de D. à son nom. [On le retrouve dans Téhilim/Les psaumes 81 : 6, où le nom de Yossef apparaît avec un héh supplémentaire] ».

« Yéhouda (Juda), qui sanctifia le nom de D. en public [lorsqu’il sauva Tamar et ses deux enfants en admettant son rôle], fut récompensé en étant appelé totalement par le nom de D. [Les lettres du nom Yéhouda comportent les quatre lettres du Saint Nom] ». (TB, Sotah 10b)

Cette mistva a donc valeur d’exemplarité liée à l’existence même du juif comme juif c’est à dire comme signifiant de l’alliance de D. avec l’humanité en ce monde: séparé des nations, particularisé, symbole de comportement éthique visible par tous :

« L’essence de cette mitsva est qu’il nous est commandé de publier cette foi véridique dans le monde, et que nous ne devons pas craindre que quiconque nous fasse du mal. Et même si quelqu’un vient nous forcer à renier D., nous ne l’écouterons pas, mais nous sacrifierons nos vies plutôt que de le laisser croire qu’il nous a fait abandonner notre foi, même si nous croyions toujours en D. en nos cœurs. C’est la mitsva de Kiddoush Hashem à laquelle tout le Klal Israël est contraint : donner sa vie par amour pour Lui et fidélité à son Unicité… » (Rambam, Sefer Hamitzvot, Mitsva 9)

Le psalmiste exprime en une sentence ramassée ce qu’il en coûte d’être juif :

 « Mais pour toi nous subissons chaque jour la mort; on nous considère comme des brebis destinées à l’abattoir » (Ps 44, 23)

Le Kiddoush Ashem dans l’histoire

Si de nombreux juifs insignifiants remplissent les bottins mondains, et ce, depuis Rome -assimilés au culte de la force de la culture ambiante gréco-romaine ou chrétienne ; de nombreux héros de l’ordinaire, le plus souvent de parfaits inconnus dont l’histoire a oublié le nom sont pour nous de puissants symboles de résistance à l’assimilation dans la vacuité ambiante du « on » qui va à ses idoles en méprisant la singularité de la parole Sinaï. Qui sont : « Ces hommes sont des martyres d’une grandeur inégalée » dont nous parle le Rambam (Maïmonide, Hilkhot Yésodé HaTorah 5, 4) et dont Rabbi Akiba écorché vif proclamant le Shema alors que les peignes de fer de Rome lui arrachaient la peau est le chef de file et le prototype ?

On ne saurait ici évoquer tous les Kiddoush Ashem de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes que notre peuple a subis. Que leur souvenir soit une bénédiction.

Assassinat de juifs dans la région d’Ivangorod-Estonie (1942)
Assassinat de juifs dans la région d’Ivangorod-Estonie (1942)

Un exemple récent est celui de cette femme qui a peine accouché est emmenée en train vers les camps de la mort. « Sélectionnée » à la sortie des wagons à bestiaux où ces misérables nazis mais aussi de nombreux fonctionnaires français ont volontairement et symboliquement emportés les juifs comme de bêtes vers l’abattoir (c’est dans cette volonté symbolique exemplaire que réside de le ‘Hilloul Hashem). Avant d’entre dans le four cette femme s’est saisie d’un couteau et elle a circoncis son fils :
« Ce fils que tu m’as donné, Eternel ! Moi je te le rends,  Juif ! »
Faisant cela elle sanctifiait le Nom devant les officiers allemands, leurs kapos et leurs chiens.

Rabbin Moshe Hagerman, ZAL, le Rabbi et dayan de Olkusz en Pologne. Il a été amené sur la place centrale de la ville pour y être exécuté. Avant d’être tué , il a demandé qu’on le laisse réciter le Kadish pour ses frères assassinés. Les soldats allemands ont ri en le laissant faire et l’ont tué.
Rabbin Moshe Hagerman, ZAL, le Rabbi et dayan (juge rabbinique) de Olkusz en Pologne. Il a été amené le 31 juin 1940 sur la place centrale de la ville pour y être exécuté. Avant d’être tué , il a demandé qu’on le laisse réciter le Kadish pour ses frères assassinés. Les soldats allemands ont ri en le laissant faire et l’ont tué. Des 4097 juifs d’Olkuz listés par les nazis on pense que 250 ont survécu.

Rabbi Moshe Isaac Hegerman

Rabbi Moshe ben Yitshak Hagerman (photo Yad Vashem)

On se rappelle que les nazis disaient aux juifs en arrivant à Auschwitz : « D’ici on ne sort que par la cheminée ». Le feu des cheminées allemandes eut une répétition générale : le feu des autodafés d’Espagne en 1492 (du portugais « auto da fé » — « acte de foi »). J’ai raconté toute cette histoire en traduisant des documents de l’époque dans mon livre Au temps des buchers.

Au temps de buchers-Harboun

A l’époque de l’Inquisition, des chrétiens, au nom de leur foi ont donc été brûlés des juifs pour des raisons politiques (il fallait purifier l’Espagne de ses minorités), économiques (il s’agissait de ne pas payer les créanciers  de la guerre, au premier rang desquels tous les préteurs juifs à qui l’Eglise n’avait donné de droit d’exercer que ce métier pour vivre, les rabbins Abraham Senior ou Isaac Abravanel, avaient pourtant fait beaucoup pour la Reconquista en récoltant de l’argent pour la couronne d’Espagne), de sécurité d’Etat (Les juifs étaient soit-disant les amis du Grand Turc chef de l’islam qui s’opposait à la Chrétienté d’alors… qui les accueillait à bras ouverts), des raisons religieuses enfin (Pour les chrétiens, les juifs avaient tué D., « tué le Christ », la purification de l’Espagne préparait le soit-disant « deuxième avènement du christ »). En Espagne mais aussi en Italie, des juifs ont donc pratiqué le Kiddoush Hashem. Le spectacle était public et organisé comme une cérémonie religieuse.

Procés d'Inquistion-Cordoue-grand Procession d'Inquistion-Cordoue

Procès d’Inquisition. Photo Olivier Long, Casa de sefarad, Judéria de Cordoue. http://www.casadesefarad.es/

Après des années passées dans des geôles, où le présumé coupable était régulièrement torturé pour lui arracher des aveux, sans qu’on annonce au prévenu les charges portées contre lui commençait le procès d’Inquisition. Un procès uniquement à charge qui visait l’aveu de la pratique du judaïsme en secret. On possède de multiples documents de l’époque qui ont enregistré cela.

Ainsi, à Cordoue, la ville de Maïmonide, où l’inquisiteur Diego Rodriguez Lucero accumule des fausses preuves, arrache des témoignages sous la torture, emprisonne des centaines de personnes et condamne à mort, entre 1504 et 1505, 134 conversos. Il fait passer sur le bûcher une femme qui refuse ses faveurs. Dés 1495, l’inquisiteur Pedro Guiral son prédécesseur impose, de plus, des taxes exorbitantes aux condamnés. Plus de 4 000 personnes périssent à Séville où sévit un moine fanatique, Martinez de Ecija.
Tout cela est parfaitement documenté :

Actes d’accusation , condamnation et pièces juridiques. Photo Olivier Long, Casa de sefarad, Cordoue. 

Les condamnés étaient donc menés dans les rues de la ville, pieds-nus, vêtus du sanbénito une sorte de pagne stipulant leur nom et leur condamnation. Ils portaient un chapeau pointu et tenaient un grand cierge à la main. La foule était au spectacle.

San bénito, Casa de Sefarad, Cordoba, photo Olivier Long
San bénito, Casa de Sefarad, Cordoba, photo Olivier Long

Au mieux le condamné était condamné à porter pendant des années  le sanbénito, cet habit qui stigmatisait les crypto-juifs (conversos) et les désignait à la vindicte populaire ; au pire ils étaient livrés au bras séculier qui les brûlait sur un bûcher . Ceux qui abjuraient avant le bûcher étaient étranglés avec un lacet puis étaient brûlés avec les autres, qui eux étaient brûlés vifs (ils portaient alors le sanbénito avec des flammes, photo). On entendait le Shema sortir des flammes. Tout cela est parfaitement documenté. Voilà ce qu’est le Kiddoush Hashem.

San Bénito
Femme et homme juifs condamnés à mort par l’Inquisition portant le sanbenito

On rapporte (Roth) l’histoire des moines zélés qui se promenait dans la foule sur le port de Gênes « parmi les squelettes ambulants » et proposaient des miches de pain contre le baptême aux parents et aux enfants affamés. Un chroniqueur de l’époque, je l’ai traduit dans Au temps des buchers, raconte comment les juifs arrivaient dans le port de Gênes après avoir été rançonnés par les passeurs, jetés à l’eau, survivants d’une longue traversée en mer où beaucoup étaient morts, émaciés comme des cadavres vivants, les femmes portant au sein des enfants morts. Le chroniqueur raconte comment certaines se jetaient  à l’eau avec leurs enfants de désespoir et comment la peste se déclencha sur la peau des juifs parqués sur le port et ne s’arrêta plus, contaminant toute la ville. Lisez ce livre !

Tous ces antisémites présentaient les juifs comme des personnes congénitalement fourbes et perverses pour mieux projeter sur ces innocents leur cruauté sans limite excitée par ces familles démunies. Comme les nazis, ils se méfiaient de « l’ennemi de l’intérieur ». La très catholique Isabelle de Castille et le Roi Ferdinand d’Aragon étaient le bras armé de l’Eglise et de ces massacres publics organisés au nom de D. Voilà ce qu’est le ‘Hilloul Hashem !

Le Rabbi Rabbi Joseph HaCohen (5256-5337 ; 1496-1577)  écrit à l’époque dans son « Emek Habakhah », « la Vallée des Pleurs » :

« Mon D., nous ne t’avons pas oublié, ni trahi ton alliance. Mais à présent, hâte-toi de nous secourir, car c’est pour toi qu’on nous égorge tous les jours et qu’on nous considère comme des brebis destinées à la boucherie. Accours à notre aide, Dieu de notre salut, soutiens notre cause et sauve-nous pour l’amour de ton nom ! »

P1190119

Cordoue, Rue des juifs, photo OL

Dans son testament poignant rapporté dans Au temps de buchers Anton de Montoro, juif converti et poète qui habitait le quartier juif de Cordoue et a réchappé au pogrom de Cordoue raconte :

« Ils ne reculèrent pas devant les massacres, les vols et l’exil… Parceque notre destruction par le vol, le sang et le feu… Et malgré nos pertes et nos cruelles tribulations, nos injures et bannissements, nous aurions été contents si l’on nous avait pardonné. Car nous voulons payer des impôts, être esclaves et servir, pauvres, malheureux et vifs, mais vivre au moins… Moi le malheureux j’ai été la première victime du forgeron : moi le bon , le sage,  je reste mourant de faim, nu, pauvre, malheureux et infirme »

Dans son testament il s’adresse à Isabelle la Catholique :

« J’ai dit le credo, j’ai adoré des marmites pleines de gros lard, j’ai entendu des messes, j’ai prié, j’ai fait le signe de croix et pourtnat je n’ai jamais pu tuer ce visage de juif converti… J’ai compté avec grande dévotion et j’ai prié le chapelet de la Passion… en pensant effacer ma faute, mais je n’ai jamais pu perdre le nom de vieux, de vil, de juif… »

De nombreux juifs ont vécu le Kiddoush Hashem par amour du Nom dans l’histoire et grâce à leur courage sans faille, nous sommes toujours là.

A l’opposé du Kiddoush Hashem se tient le ‘Hilloul Hashem, la profanation du Nom de D.

Le ‘Hilloul Hachem 

Le ‘Hilloul Hachem signifie « la profanation du Nom de D.ieu » et recouvre tout ce qui amène, ‘Has véchalom,  le mépris du Nom de D. Par exemple, celui qui ment au nom de D. pratique le Hilloul haShem. Le Hilloul Hashem comme le Kiddoush Hashem est exemplaire. L’immoral qui le pratique ne commet pas seulement une faute, il la présente comme un exemple à suivre. Non seulement il bafoue par sa vie l’amour de D. et du prochain mais il nie la possibilité même de la spiritualité. Pas de retour possible donc.

Pour nos Sages, comme la faute de Amalekh qui massacre des femmes et des enfants fuyant l’Egypte laissant leur corps morts sous le soleil comme l’ont fait les misérables nazis, le  Hilloul Hashem est inexpiable en cette vie : il faudra faire Téchouva, vivre le jour de Kippour, vivre des souffrances et passer par la mort… Maïmonide le souligne :

Concernant quoi cela [l’ordre d’expiation] est-il dit ? Concernant celui qui n’a pas profané le nom de D. en fautant. Mais une personne qui profane effectivement le Nom de D., même s’il s’est repenti, que Yom Kippour est passé et qu’il est fort de son repentir, et qu’il a subit des souffrances – [néanmoins,] il n’obtient pas d’expiation complète jusqu’à ce qu’il décède. (Maïmonide, Hilkhot Téchouva « Les lois du repentir » 1, 4)

Il reprend en cela la tradition talmudique. Faute Inexpiable donc sauf par son seul antidote : le Kidoush hashem. En diffusant la gloire du Nom on annule sa profanation c’est à dire le mépris de D. :

Rabbénou Ba’hya dit : Le ‘Hilloul Hachem est pire que l’idolâtrie. Cependant, il peut être corrigé en accomplissant un Kiddouch Hachem dans la même situation où un ‘Hilloul Hashem avait été autrefois accompli. « Ne profanez pas Mon saint Nom, afin que Je sois sanctifié au milieu des Enfants d’Israël. » [Vayikra 22,  32] – Le ‘Hilloul Hashem est une transgression très grave. [Par exemple] D. pardonna la faute de servir les idoles, mais pas celle de profaner Son nom, comme le dit le prophète : « Pour vous, Maison d’Israël, que chacun aille donc adorer ses idoles, et vous ne profanerez plus Mon saint Nom » (Yé’hezkel/ Ezékiel 20, 39) … Cependant, nous avons trouvé un moyen de réparer la transgression de ‘Hilloul Hashem en sanctifiant Son nom dans les mêmes circonstances dans lesquelles on l’avait autrefois profané. Et c’est pourquoi les mots « afin que Je sois sanctifié » sont juxtaposés [aux mots « Ne profanez pas Mon saint Nom »]. (TB Vayikra 22, 32)

Le Hilloul Hashem est encore plus fort symboliquement quand il est accompli par une femme ou un homme qui prétend mener les autres souligne le Rambam :

Il y a d’autres choses inclues dans la transgression de ‘Hilloul Hachem lorsqu’il est commis par quelqu’un de grand en Torah et connu pour sa piété, dont les autres parleront négativement. Bien qu’elles ne soient pas des transgressions, il a cependant profané le Nom de D. Voici quelques exemples de cette forme de ‘Hilloul Hachem : celui qui achète quelque chose et ne paye pas immédiatement, bien qu’il ait l’argent, et attend que le vendeur le lui réclame ; ou celui qui se laisse aller à la frivolité ou à manger et boire avec des personnes manquant de raffinement ; ou celui qui parle de manière désagréable aux gens et ne les salue pas de manière plaisante, mais qui est au contraire une personne querelleuse et coléreuse ; etc. Selon sa stature, une personne se doit d’être très exigeante d’elle-même et aller au-delà de la stricte lettre de la loi. (Rambam, Hilkhot Yésodé HaTorah « Lois des fondements de la Torah », 5,  11)

 

« La Haine de soi et le refus d’être juif » sur le chemin du ‘Hilloul Hashem

La haine de soi ou la honte d’être juif est la porte ouverte au ‘Hilloul Hashem. Celui qui se méprise comme juif et enseigne le mépris de ce que signifie le judaïsme, c’est-à-dire d’être le signe de l’alliance de D. avec Israël au bénéfice de toute  l’humanité, le signe de la Gloire divine, est en bonne voie vers le Hilloul haShem.

Il faut relire La Haine de soi : le refus d’être juif (Der jüdische Selbsthaß), de Théodor Lessing écrit en 1930, trois ans avant l’accession d’Hitler au pouvoir et trois  ans avant l’assassinat de Lessing  le 31 août 1933 à Marienbad par des Allemands des Sudètes, par des sympathisants nazis.

Pour Lessing qui écrit à la veille de la Shoah, l’âme juive a cédé son identité contre le plat de lentilles de la culture européenne. Les juifs ont refusé la mission de Jonas pour devenir banquiers, artistes, metteurs en scène, hommes de théâtre…dans le but de se faire accepter d’une Cité qui ne voulait de toute manière pas d’eux. Dans cette assimilation a péri l’âme juive comme signifiant de la présence de D. en ce monde. Theodor lessing écrit :

« On fait généralement grand cas des bienfaits  mutuels pour l’Europe et pour le juif lorsque ce dernier s’est inséré dans la culture du continent. Mais on ne voit pas ou en tout cas on ne dit que très bas le prix qu’il fallut payer pour l’obtention de cette citoyenneté : il fallut trahir les espoirs de nos visionnaires, sacrifier leurs rêves éternels. Aujourd’hui ce ne sont plus nos pieux Sages, mais des juristes et de grands avocats qui dirigent notre peuple. (…) Il eut mieux valu avoir honte de ceux qui ont ainsi dilapidé la richesse de notre peuple. Car ils ne furent peut-être que l’éclat phosphorescent d’un organe en proie au déclin… Ils furent un bref laps de temps au soleil de l’Europe ou notre noblesse s’est brûlée. »

Gustav Mahler, juif assimilé, n’écrivait-il pas à son épouse Alma en découvrant la misère et la crasse des pauvres juifs de l’est (Ostjuden) : « Quand je pense que je suis en famille avec ces gens ! ». La haine de soi est banale. Les juifs assimilés de l’époque de Freud à Vienne, une période violemment antisémite, après mille efforts d’assimilation  n’avaient aucune envie d’être assimilés aux misérables à caftans qui débarquaient dans les rues de Vienne, venus de Galicie ou de Russie chassés par les pogroms avaient pratiqué le Kiddoush Hashem.

Ces juifs pouilleux des ghettos, Lessing les avait rencontrés lors de sa visite des communautés juives de Pologne, de Galicie et de Russie. Il s’en fera finalement solidaire jusque dans le Kiddoush Hashem, constatant que la religion universelle de la raison des Lumières censée réunir tous les peuples avait certes fait tomber les murs du ghetto et amélioré le sort des Juifs mais qu’elle avait, dans le même temps, anéanti le judaïsme : « le droit talmudique n’intéressa plus que les érudits et les petits-fils de Moïse Mendelssohn n’étaient plus juifs. » constate-t-il.

Le juif qui, porté par des générations de shomer mitsvot courageux renonce à sa particularité signifiante,  perd l’estime de lui-même.  Il tente alors de devenir le plus insignifiant possible mais accumule une culpabilité qui va se retourner contre lui et parfois contre tout Israël. Combien les changements de nom dans l’histoire juive, par peur ; Et ce n’est pas facile de s’appeler Lévy dans la cour de récréation ! ont-il produit de psychotiques en seconde ou troisième génération ? ou tout simplement de juifs qui haïssent Israël ? Comment voulez-vous qu’un enfant arrive à vivre si vous ne lui transmettez pas votre nom qui résume toute une identité, une histoire, un patrimoine d’amour ? Mais vaut-il mieux être montré du doigt ou amputé de son patrimoine psychique vital ? Pour les nations, un bon juif c’est un juif qui rase les murs, pas pour celui qui pratique le Kiddoush Hashem.

Emor, « Parle… et dis leur » commence notre Parasha. Rashi commente : « Dis […] tu leur diras » : pour que les adultes en avertissent les enfants (Yevamoth 114a). ». Nous devons prévenir nos enfants.

La culpabilité, la haine de soi-même et le refus d’être juif sont une forme banale sur le chemin du Hilloul Hashem.

« Quiconque donne au pauvre est considéré comme s’il avait construit le Temple »

Notre parasha se termine par les convocations saintes, c’est à dire les fêtes et solennités du judaïsme, Pessah, Chavouot , Soukkot, Kippour… tout ce qui définit l’identité juive comme une sanctification du temps, une signification de la souveraineté de HaKaddosh Barouk Hou, le Saint béni soit-Il, sur ce monde.

« L’Éternel parla ainsi à Moïse: « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur les solennités de l’Éternel, que vous devez célébrer comme convocations saintes. Les voici, mes solennités :… Voici les solennités de l’Éternel, convocations saintes, que vous célébrerez en leur saison…. Le premier jour, il y aura pour vous convocation sainte: vous ne ferez aucune œuvre servile. » (Lv 23, 1. 4)

Une curieuse mitsva est introduite au milieu de la discussion sur les fêtes. En effet, celles-ci sont comprises à partir de la moisson, du grain et du pain : les pains azymes de Pessah (Lv 23, 6), les prémices de la moisson offerts (Lv 23, 10), les pains de balancement  (Lv 23, 17. 20), les pains de proposition du Temple (Lv 24, 9)… Cette mitsva est la suivante :

« Et quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras la tienne inachevée au bout de ton champ, et tu ne ramasseras point les glanes de ta moisson. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger: je suis l’Éternel votre Dieu. » » (Lv 23, 22).

Que fait-elle là ?

C’est Rachi qui nous en donne la clé :

« Et quand vous moissonnez Cette prescription est répétée ici une seconde fois (après supra 19, 9) pour faire de sa transgression une double infraction. Rabi Avdimi fils de Rabi Yossef a enseigné : Pour quelle raison le texte l’a-t-il insérée au milieu des fêtes, Pessa‘h et Chavou‘oth d’un côté, Roch hachana, Yom Kippour et Soukoth de l’autre ? Pour t’apprendre que quiconque donne au pauvre, comme il convient, lèqet, chikh‘ha et péa est considéré comme s’il avait construit le Temple et comme s’il y avait présenté des offrandes ».

On le voit la sainteté dont il est question ici, le Kiddoush ou le ‘Hilloul n’est pas de l’ordre du sacré païen et de ses fastes et processions qui éblouissent le chaland mais un comportement éthique qui trahit la contagieuse disposition intime de l’âme. Rien ne sert de célébrer les fêtes si cela ne correspond pas à un comportement, un travail d’éthique et de justice sociale, dont les mitsvot sont le sens profond.

« Quiconque donne au pauvre est considéré comme s’il avait construit le Temple. », al kiddoush Hachem.

[1] Dans l’exégèse des Hakhamim le mot « Accomplir », a plusieurs profondeurs de sens :

– « Accomplir » c’est d’abord découvrir par le midrash des Sages l’interprétation autorisée des Ecritures ;

–  « Accomplir », c’est aussi agir conformément au sens des Ecritures découvert par le midrash des Sages ;

– « Accomplir », c’est enfin réaliser les promesses de la Torah et des Prophètes. La Tradition rabbinique n’envisage ce troisième niveau d’accomplissement que sur la base des deux autres, celui de l’exégèse et celui de l’action.

Lag Baomer : le Psaume 150, décalogue de la louange

Lag BaomerPour Lag Baomer écoutez Le psaume 150, cette version est magnifique :

Les Psaumes qui constituent l’essentiel de la prière juive (et la prière des heures chrétienne !) sont le résumé de la Torah.

Le premier et le second psaume, introduction et résumé du psautier correspondent respectivement au :

  • joug de la Torah :

« Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel, et médite cette Loi jour et nuit! » (Ps 1, 2) ;

  • … et au joug du Royaume :

« Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l’Eternel et son machiah’… maintenant, ô rois, sachez comprendre, tenez-vous pour avertis, juges de la terre! Adorez l’Eternel avec crainte, et réjouissez-vous [en Dieu] avec tremblement. » (Ps 2, 2. 10-11)

Celui qui accepte le joug de la Torah et celui du Royaume est juif. Ces deux psaumes résument le psautier, la Torah et toute l’existence juive. Comme dit le Talmud.

A la question : Pourquoi Ecoute, Israël précède-t-il : Et il arrivera que si tu écoutes ? R. Yehoshoua b. Qorha répond : « Afin que l’homme accepte d’abord le joug du Royaume des cieux et ensuite le joug des commandements ».

Les Téhilim (louanges) se terminent par les psaumes 146 à 150 qui sont considérés comme une suite du Hallel (Ps 113 à 118 ). « Hallel », une expression qui signifie « qu’Il soit loué ». Hallellu- Ya « que D. soit Loué ». 10 Hallelu appellent à la louange, répétés 10 fois comme les dix paroles de création de Béréshit ou les 10 paroles du Sinaï qui appellent à la lounage « tout ce qui respire » c’est à dire « tout être vivant ». Car D. ne parle pas seulement aux hommes mais à chaque être de la Création par son ,nom dans une langue que lui seul comprend et cela est un grand mystère pour celui qui y réfléchit.

La louange n’est pas une louange béate du naïf mais une sorte de naïveté seconde de l’homme « Ashrei aish » (Heureux l’homme) du début psaume 1 qui a traversé le psautier, rencontré la maladie, la solitude, l’infamie, la trahison de ses amis, la misère et la mort. Seul celui qui a supplié son Créateur peut le louer.

Aujourd’hui, Lag Baomer est un jour de Simkha, de  joie relisons et chantons ce dernier psaume qui se termine sur cette mélodie magnifique dans sa langue, le Psaume 150 c’est « l’Hymne à la joie » du judaïsme:

kol haneshama tehalel yah allélou-yah

« Que tout ce qui respire, (que toute âme) loue le Seigneur! Alléluia! »

1 Alléluia ! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament, siège de sa force.

2 Louez-le pour sa puissance, louez-le pour son immense grandeur.

3 Louez-le aux sons stridents du Chofar, louez-le avec le luth et la harpe.

4 Louez-le avec le tambourin et les instruments de danse, louez-le avec les instruments à cordes et la flûte.

5 Louez-le avec les cymbales sonores, louez-le avec les cymbales retentissantes.

6 Que tout ce qui respire loue le Seigneur ! Alléluia !

Théhilim150

Psaume 150Après le psaume 150 on reprend la Psaume 1 car la louange est infinie. Lire ne commentaire ce que je dis sur le « jou ‘ol

Lag Ba’homer

Ce soir nous allons compter le 33e jour du ‘omer, la période qui se déroule entre Pessah et Chavouaot  (samedi 23, dimanche 24, lundi 25 mai) appelé Lag ba’omer « trente-trois jours dans l’omer » en hébreu. C’est un jour de réjouissance en l’honneur de la hilloula (célébration du jour du décès) de Rabbi Chim’on bar Yo’hai. Bar Yo’hai par le Rav Harboun :

Lag bahomer

Hilloula de Rabbi Méir, que tous vos bons voeux se réalisent !

Meir-baal-haness

La tombe de Rabbi Méir au dessus du lac de Tibériade

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10958480066_e3696ef5fb_oTibériade et le lac

Tibériade

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Au bord du lac de Tibériade (2011)

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Aujourd’hui c’est la Hilloula de RABBI MEÏR BAAL HANESS (le faiseur de miracle)

Rabbi AKIBA avait 24000 élèves, tous plus érudits en Thora les uns que les autres. Mais tous périrent au cours des 33 premiers jours du Omer, « parce qu’ils ne se témoignaient pas de respect mutuel » dit le Talmud.

Rabbi AKIBA restaura l’Etude avec 5 nouveaux Talmidé-Hakhamim : Rabbi CHIMON BAR YOHAÏ ; Rabbi MEÏR ; Rabbi YOSSI ; Rabbi NEHEMIA et Rabbi YEHOUDA. Ces rabbins sont les rabbins de la Michna. (Yébamot – 63a).

La guemara raconte :

L’empereur romain avait dépêché Néron pour détruire JERUSALEM. Lorsqu’il arriva à proximité de la ville, il voulut interroger le sort pour savoir si cela lui serait possible. Que fit-il ? Il lança une flèche du côté de l’est, elle tomba sur Jerusalem ; de même pour les 4 points cardinaux : toutes tombèrent sur Jerusalem. Il comprit ainsi qu’il réussirait dans son entreprise.

 » Le Saint béni Soit-Il désire détruire son sanctuaire, mais Il me punira ensuite pour cela…  »

Il prit la fuite et se convertit au Judaïsme ; Rabbi Meïr fut l’un de ses descendants. (Guittin,138)

Rabbi MEIR continua d’étudier auprès de AHER (Elisha ben Abouya qui allait en âne à Shabbat et avait abjuré la Torah)  ; en Eretz Israel on disait : Rabbi MEIR a mangé la datte et rejeté le noyau.  AHER (« l’autre » c’ets ainsi que le Talmud appelle Ben Abouya), tomba malade et dut s’aliter . Rabbi MEIR alla lui rendre visite et le trouva très malade ;

–  » Si je me repens à présent que je suis très malade mon repentir sera-t-il accepté ?  » demanda Elisha

–  » Même lorsque l’ame d’un homme est vacillante, son repentir est encore accepté.  » répondit R. Meir

A ce moment Elisha se mit à pleurer et rendit son âme.

L’un de ses plus grands disciples fut Rabbi Yehouda Ha Nassi -Juda le Prince, qui a compilé la Mishna en 212 disait :  » Si je suis plus brillant que mes collègues, c’est parce que j’ai vu le dos de Rabbi MEIR « .

Premier « miracle » de ce jour; En revenant de ma syna ce matin,  je vois un type passer avec un âne : « Ou vas-tu à Yéroushalaïm ? – Non dans les Pyrénées… – Dommage ! » Je ne sais pas si le Machiah va venir aujourd’hui… mais on a déjà son âne. :))))

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Kedoshim :  « Aime ton prochain comme toi-même »

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Une anecdote bien connue du début du premier siècle résume toute la Torah et ce que nous ordonne la Sidra Kedochim en détail sur la manière d’aimer notre prochain.

Une autre fois, un païen se présenta devant Shammaï et lui dit: « Je suis prêt à me convertir au judaïsme, à condition que tu m’enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied. » Shammaï le renvoya en le frappant à l’aide d’un règle d’arpenteur qu’il tenait dans ses mains.

Ce païen s’en vint adresser la même demande à Hillel, qui lui répondit : « Ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas à autrui. C’est là toute la Torah, le reste n’est que commentaire. Maintenant, va et étudie. »

Talmud de Babylone, Shabbat 31a

Nous lisons aujourd’hui deux paracha A’harei mot et Kedoshim. Ces deux Sidroth constituent le fondement de toute la morale juive. La Sidra de Kedoshim commence ainsi résumant toute l’éthique juive

« L’Éternel parla à Moïse en ces termes: « Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel, votre Dieu. » (Lv 19, 1-2)

Sanctifiez-vous et soyez saints, car je suis l’Éternel votre Dieu. Observez mes lois et les exécutez: je suis l’Éternel qui vous sanctifie. (Lv 20, 7-8)

 Le qédoshim tiyou « Vous serez saints » résume tous les préceptes. Que signifie cette sainteté juive ?

Kadosh en hébreu se dit « saint » en français. Ce terme n’a rien avec une élévation ou une pureté quelconque. Kadosh veut dire « particulariser ». Quand je prends la coupe le vendredi soir et que je la bénis ( Kiddoush) , en disant : « Baroukh ata adonaï élohénou mélekh ha’olam boré péri haGuefen » « Bénis Seigneur notre Dieu, Roi de l’Univers pour l’Eternité qui a créé le fruit de la vigne » je particularise cette partie de la récolte. Je signifie la plénitudede l’ensemble de la récolte et je la rapporte à l’Eternité. Dans la mitsvah je particularise cet instant précis je rapporte cet intant de l’histoire des hommes à l’Eternel. Le Kiddoushin, (de kadosh) le mariage juif signifie que je choisis cette personne. Je particularise. Personne n’est saint dans le judaïsme que l’Eternel, a kadosh ou baroukh ou, le Saint, béni soit-Il, séparé de ce monde. Le Kadosh spécifie Israël comme un exemple moral pour les nations.

Je prendrai quelques exemples de ce chapitre 19 du Lévitique et son commentaire par Rachi qui sont autant de conseils de vie magnifique :

« Quand vous moissonnerez la récolte de votre pays, tu laisseras la moisson inachevée au bout de ton champ, et tu ne ramasseras point la glanure de ta moisson. Tu ne grappilleras point dans ta vigne, et tu ne recueilleras point les grains épars de ta vigne. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger: je suis l’Éternel votre Dieu. » (Lv 19, 9-10)

Je suis Hachem, votre Éloqim Le juge qui punira et qui ne réclamera de vous rien moins que vos âmes, comme il est écrit : « Ne dépouille pas le pauvre […] car Hachem combattra leur combat » (Michei 22, 22 et 23).

Vous ne commettrez point de vol, point de dénégation ni de fraude au préjudice de votre prochain. Vous ne jurerez point par mon nom à l’appui du mensonge, ce serait profaner le nom de ton Dieu: je suis l’Éternel. (Lv 19, 11-12)

Vous ne volerez pas, et vous ne nierez pas et vous ne mentirez pas, […] et vous ne jurerez pas par mon nom Si tu voles, un jour viendra où tu nieras, un jour viendra où tu mentiras, un jour viendra où tu jureras mensongèrement.

Ne commets point d’extorsion sur ton prochain, point de rapine; que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu’au lendemain. N’insulte pas un sourd, et ne place pas d’obstacle sur le chemin d’un aveugle: redoute ton Dieu! Je suis l’Éternel. (Lv 19, 13-14)

Jusqu’au matin Le texte parle ici du salarié de jour, de celui qui s’en va au coucher du soleil. C’est pourquoi le délai de paiement de son salaire dure toute la nuit. Tandis qu’il sera écrit plus loin : « En son jour, tu lui donneras son salaire, et le soleil ne se couchera pas sur lui… » (Devarim 24, 15). Il est question là-bas du salarié de nuit, de celui qui achève son travail au lever du soleil. C’est pourquoi le délai de paiement de son salaire dure toute la journée, la Tora ayant laissé à l’employeur un délai pour se procurer l’argent (Baba Metsi‘a 110b).

N’insulte pas un sourd, et ne place pas d’obstacle sur le chemin d’un aveugle: redoute ton Dieu! Je suis l’Éternel. (Lv 19, 14)

Tu ne maudiras pas un sourd Il n’est ici question que d’un sourd. D’où sait-on que l’interdiction comprend tous les hommes ? Des mots : « … et n’outrage pas un prince “dans ton peuple” » (Chemoth 22, 27). Dans ce cas, pourquoi est-il ici question d’un « sourd » ? Le sourd a ceci de spécifique qu’il est en vie [malgré son infirmité]. La règle concerne donc toute personne en vie, à l’exclusion d’un mort, lequel n’est plus en vie (Torath kohanim).

Et devant un aveugle tu ne donneras pas d’achoppement À celui qui est « aveugle » dans un domaine quelconque, ne donne pas un conseil qui ne lui soit pas approprié. Ne lui dis pas : « Vends ton champ et achète-toi un âne ! », pour aller ensuite l’abuser et le lui prendre (Torath kohanim).

Ne prévariquez point dans l’exercice de la justice; ne montre ni ménagement au faible, ni faveur au puissant: juge ton semblable avec impartialité. Ne va point colportant le mal parmi les tiens, ne sois pas indifférent au danger de ton prochain: je suis l’Éternel. (Lv 19, 15-16)

Tu n’élèveras pas la face de l’indigent Ne te dis pas : « Celui-ci est pauvre, et le riche est tenu de le nourrir ! Je vais donc lui donner raison, de sorte qu’il sera nourri dans la dignité » (Torath kohanim).

Et tu ne favoriseras pas la face du grand Ne te dis pas : « Celui-ci est riche ! » ou bien : « Ses parents sont des nobles ! Comment pourrais-je lui infliger une honte et assister à son humiliation ? Cela risque de me causer du tort. » Voilà pourquoi il est écrit : « Et tu ne porteras pas faveur au grand. »

Tu jugeras ton semblable avec justesse À prendre au sens littéral. Autre explication : Juge ton semblable en lui accordant un préjugé indulgent (Sanhèdrin 32a).

Ne va point colportant le mal parmi les tiens, ne sois pas indifférent au danger de ton prochain: je suis l’Éternel. (Lv 19, 16)

Tu n’iras pas colportant À mon avis, c’est parce que ceux qui sèment la discorde et qui profèrent des paroles de médisance se rendent tous dans les maisons des autres pour épier ce qu’ils y voient ou ce qu’ils entendent de mauvais pour aller ensuite le raconter dans la rue, que l’on dit d’eux qu’ils « vont colportant » ou qu’ils « vont espionnant » – en français médiéval : « espiement ». La preuve de ce que j’avance est que l’on ne trouve pas le terme de « colportage » sans qu’il soit associé au verbe « aller », comme dans : « tu n’“iras” pas colportant », ou : « ceux qui “vont” colportant comme le cuivre et le fer » (Yirmeya 6, 28). […] À mon avis, cette expression tient à ce qu’on avait coutume de prendre une collation dans la maison de celui qui accueillait ses paroles, en gage de sincérité et de vérité de ses propos, cette collation ayant pour nom : « manger le morceau », expression analogue au « clignement des yeux » (Michei 6, 13) du dépravé. Car les colporteurs ont tous l’habitude de cligner des yeux et de ne suggérer leurs calomnies que sous forme d’allusions afin que les tierces personnes qui écoutent ne comprennent pas.

Tu ne te tiendras pas sur le sang de ton prochain En le regardant mourir, alors que tu peux le sauver, comme dans le cas d’un homme sur le point de se noyer dans une rivière ou qui est attaqué par des brigands.

Ne hais point ton frère en ton cœur: reprends ton prochain, et tu n’assumeras pas de péché à cause de lui. Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même: je suis l’Éternel. (Lv 19, 17-18)

Et tu ne porteras pas de péché sur lui Tu ne le feras pas pâlir de honte en public (‘Arkhin 16b).

Tu ne te vengeras pas On lui demande de lui prêter sa faucille, et il refuse. Le lendemain, l’auteur du refus lui demande de lui prêter sa hache. « Je ne te la prêterai pas, répond-il, tout comme toi-même m’as refusé un prêt ! » C’est là de la vengeance. Et qu’est-ce que la rancune ? On lui demande de lui prêter sa hache, et il refuse. Le lendemain, l’auteur du refus lui demande de lui prêter sa faucille. « La voici, répond-il. Je ne suis pas comme toi qui ne m’as pas prêté ! » C’est là de la rancune : on conserve de la haine dans son cœur nonobstant l’absence de vengeance (Yoma 23a).

Tu aimeras ton prochain comme toi-même Rabi ‘Aqiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Tora (Torath kohanim).

Lève-toi à l’aspect d’une tête blanche, et honore la personne du vieillard: crains ton Dieu! Je suis l’Éternel. (Lv 19, 32)

Tu respecteras la face du vieillard En quoi consiste ce « respect » ? À ne pas s’asseoir à sa place, et à ne pas le contredire. J’aurais pu penser que l’on eût le droit de détourner ses yeux comme si on ne le voyait pas. Aussi est-il écrit : « Tu auras la crainte de ton Éloqim ». Car la chose est laissée à la discrétion de celui qui la fait, et lui seul en connaît les motifs. Dans tous les cas où les motivations d’un acte sont du ressort exclusif du cœur de celui qui agit, il est écrit : « Tu auras la crainte de ton Éloqim ».

Si un étranger vient séjourner avec toi, dans votre pays, ne le molestez point. Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte je suis l’Éternel votre Dieu. (Lv 19, 33-35)

Vous ne le léserez pas Il s’agit de l’offense par des paroles. Ne lui dis pas : « Toi qui étais hier un païen, tu viens aujourd’hui apprendre la Tora qui a été donnée par la bouche du Tout-Puissant ! »

Car vous avez été étrangers Le défaut dont tu es affligé, n’en fais pas reproche à autrui (Baba Metsi‘a 59b).

Je suis Hachem, votre Éloqim Je suis ton Éloqim et le sien.

Ne commettez pas d’iniquité en fait de jugements, de poids et de mesures. Ayez des balances exactes, des poids exacts, une épha exacte, un men exact: Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte. (Lv 10, 35-36)

Vous ne ferez pas d’iniquité dans la justice S’il s’agit du domaine judiciaire, il a déjà été écrit : « Vous ne ferez pas d’iniquité dans la justice… » (verset 15). De quelle « justice » est-il question ici pour la seconde fois ? Celle dans la mesure, le poids et la capacité. Cela nous apprend que celui qui mesure est appelé un « juge », car frauder dans une mesure est comme frauder en justice. Le fraudeur est appelé « inique », « détestable », « exécrable », « proscrit » et « abominable », et il est la cause de cinq conséquences mentionnées à propos du juge : Il rend le pays impur, il profane le nom de Hachem, il éloigne la chekhina, il fait succomber Israël par l’épée et il le fait exiler de son pays.

Que signifie la série de mises à mort qui suivent «  tout homme qui aura maudit son père ou sa mère, doit être mis à mort » (Lv 20, 9)… mis à mort pour  l’adultère l’incestueux, celui qui couche avec un animal… ? Cela signifie simplement que celui qui commet cela est rongé par la culpabilité et alors sa personnalité est dissoute, détruite. Cette mort n’a rien d’une sentence capitale.

 Observez donc toutes mes lois et tous mes statuts, et vous les accomplirez, afin et elle ne vous vomira pas, la terre où je vous amène pour y résider. (Lv 20, 22)

Rachi souligne que la terre vomit comme un roi vomit un met avarié.

La récompense de l’accomplissement de la Torah par l’étude et le comportement est donc la terre. Celle-ci vomira Israël tout comme elle a vomi les cananéens qui offraient leurs enfants en sacrifices au dieu Molok si il ne s’y comporte pas bien et ne suit pas ce que nous venons de lire qui n’est rien d’autre que l’éthique juive.

Journée Nationale de la Déportation, les juifs de la République

Aujourd’hui c’est la « Journée  nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation ». Une date retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps.

Notre communauté s’est jointe à celle de la Celle-Saint-Cloud ce matin à 11 heures pour assister à cette commémoration organisée par la ville de la Celle Saint-Cloud.

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Michel Israël, Gaston Madar (Pdt), Serge Hosana, DL, Le Rav Haïm Harboun, La famille Brami (Pdt), Florence Napoly (Maire adjoint)

Cette année elle prend une importance particulière en raison du 70ème anniversaire de la libération des camps de la mort.Voici  ce qu’en dit la Loi française :

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »

165.000 déportés sont partis de France,

89.000 au titre de la répression de la lutte contre l’occupant (résistants ou opposants politiques, otages ou victimes de représailles) mais aussi comme droits communs, homosexuels. 60% sont revenus.

76.000 dont 11.000 enfants, l’ont été au titre des persécutions antisémites de mise en œuvre de la « solution finale de la question juive » en Europe. Seulement 3% sont revenus.

Comme la Radio-Télévision Suisse réalisait une émission sur mon parcours la journaliste s’est jointe à nous.

En partant je me suis aperçu, drôle de coïncidence, que j’étais garé… Avenue des Suisses.

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Chez nous à Shabbat c’est comme ça ! Shabbat Shalom !

Chers amis, A quelques heures du Shabbat, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous quelques minutes dans la synagogue de notre petite communauté à Shabbat. Je n’exagère rien c’est exactement comme ça. Shabbat Shalom à tous !

Le Chat du Rabbin intervient en plein office dans la synagogue de la Jérusalem d'Afrique
Le Chat du Rabbin intervient en plein office dans la synagogue de la Jérusalem d’Afrique

Cliquez ici pour obtenir l’extrait en PDF : Des noces éternelles-extrait

C’est dans « Des noces éternelles, un moine à la synagogue », Lemieux Editeur, 2015, si vous n’avez pas lu ce livre, précipitez vous chez votre libraire avant la nuit, parce qu’après, peut-être qu’il n’y en aura  plus !

Des Noces éternelles

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Marie-Pierre Samitier, le Grand Témoin sur Radio Notre-Dame : Pardon juif (Teshouva) et Pardon chrétien

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