Chekels miraculeux (suite!)

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Le plus ancien de notre synagogue Rabbi Raphaël (92 ans), né à Marrakech m’a écrit ce soir  :

Cher Ami,

Vous avez trouvé un schekel hadasch, (Note de DL : Nouveau Chekel israélien)
Moi, plus vieux que vous, des « LIRES » et des 1/2 LIRES, qui ont précédé le nouveau et l’ancien.
La lire à sa première frappe, équivalait à la £ anglaise.
Qui dit mieux !

En attendant de les photographier, je les ai photocopiées, donc le résultat est sombre. (Note de DL : photo ci-dessus)
Cavod et amitié
Rapha

Je n’ai pas résisté à ne pas partager cette poétique magique avec vous ! Comme vous le voyez on ne s’ennuie jamais dans notre communauté…

Autre histoire :

Il m’avait offert ce poème acrostiche (il en compose pleins pour chacun de nous!) avec un courriel pour ses 92 ans le 20 février, 5 Adar 5778 :

Cher et respectable  עה אדון מאיר הי ו
Rien que des Louanges et de la reconnaissance
à Celui qui nous donne la Vie et qui nous la Maintient.
Avec les respects de celui qui refuse de vieillir,
Raphaël

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Moi je trouve rassurant qu’il reste des hommes comme lui. Longue vie au Rabbi Raphaël qui nous enchante !

Raphaël

« Celui qui sauve une vie sauve le monde entier »… et ça ne coûte (presque) rien  !

 

Chekel - face

Il m’est arrivé un « miracle » ce matin. Au moment où ma femme est entrée dans la cuisine et a fouillé dans une de ses poches… cette pièce est tombée : 1 Chekel israélien (photo) ! Il est interdit de manier des espèces à Chabbat… on vide donc nos poches avant, comment bigre ce Chekel était arrivé là ?

Dans la synagogue ensuite on a écouté la Torah et la Sidra de Ki Tissa qui commence ainsi :

« L’Éternel parla à Moïse en ces termes : « Quand tu feras le recensement des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-Chekel, selon le poids du sanctuaire; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l’offrande réservée au Seigneur. Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du Chekel, pour acquitter l’impôt de l’Éternel, à l’effet de racheter vos personnes. » (Ex 30, 11-15)

Je retrouvais mon Chekel ! Et ma moitié !

« Quand Tu feras le recensement » ou plutôt comme dit exactement le texte :

Ki Tissa et Rosh beneï Israël : « Quand tu élèveras la tête des enfants d’Israël » (Ex 30, 12)

ce que le traité du Talmud Baba Bathra (10b) interprète comme une élévation spirituelle : Celui qui donne réalise une élévation spirituelle.

Chacun de nous est un Univers créé par D-ieu

Un être humain est un monde nous a dit notre ami Jacob Ouanounou faisant référence à son professeur Emmanuel Lévinas (né à Kaunas en Lituanie le 30 décembre 1905). On n’a donc pas le droit de compter les gens, comme en mathématiques on ne peut pas additionner ou soustraire les infinis. Le Talmud explique :

« C’est pour cela que l’homme a été créé seul, pour t’apprendre que celui qui ôte la vie à un fils d’Israël, détruit un monde entier ; et celui qui sauve la vie d’un fils d’Israël, sauve un monde entier.» (Talmud de Babylone, Sanhedrin 5, 5)

Chacun de nous est donc un Univers clos qui ne communique pas avec les autres comme si la parole était neutre et sans distorsion ou parasite mais avec des aléas, ce qui nous rend si seul et demande que nous parlions à l’infini. Chacun de nous comprends à sa façon la Torah… Dieu parle à chaque homme, à l’arbre, à la pierre, au ruisseau… dans le secret avec des mots que lui seul peut comprendre. Par Amour comme dit la prière. Parfois avec des signes : un Shekel ou une dispute. Dans le couple les quiproquos sont multiples et engendrent parfois, D. nous en garde, disputes et malentendus ! Et parfois ces quiproquos d’amoureux blessés ou d’amis sont des manières de se retrouver. Qui n’en a fait l’expérience ?

Le Talumd dit :

« Un seul être fut créé à l’origine pour le bien de la paix entre les hommes, de telle façon que nul ne puisse dire à son prochain : Mon père est plus grand que ton père ! Et aussi pour proclamer la grandeur du Saint, béni soit-il. L’homme peut tirer plusieurs pièces de monnaie de la même matrice, et elles se ressembleront toutes. Mais le Roi des Rois a fait chaque être humain avec la matrice du premier d’entre eux ; et pourtant, aucun n’est identique à l’autre. En conséquence, chaque individu doit dire : C’est pour moi que le monde fut créé ! » (TB, Sanhedrin, Mishna, 4, 5)

La Responsabilité du chef

La « Responsabilité pour autrui » de Levinas, reçue de son maître talmudiste lituanien, doit être comprise selon lui comme « une mistva pour autrui ».

Si Moïse demande à Dieu d’être effacé de son livre puisqu’Israël a fabriqué le Veau d’or, et de pardonner Israël (dans la même section où les femmes amènent leur or pour construire le Michkane- la tente de la rencontre ce qui est l’exacte inverse du veau d’or), c’est parce que Maoïse se donne à son peuple, si celui-ci doit mourir il meurt avec lui, si celui-ci n’entrera pas en Terre promise… lui non plus et c’est ce qui arrivera. Il est complètement solidaire de son peuple.

Un manager, un dirigeant ce n’est pas quelqu’un qui a la pouvoir et ses attributs ou de la richesse mais quelqu’un qui donne sa vie. En latin Ministre, vient de minister qui veut dire « Serviteur ». Combien l’ont oublié ?

Moïse demande à Dieu : « Découvre-moi donc ta Gloire. » (Ex 33, 18)… Et Lui, lui répond en lui découvrant son amour.

 « C’est ma bonté tout entière que je veux dérouler à ta vue, et, toi présent, je nommerai de son vrai nom l’Éternel; alors je ferai grâce à qui je devrai faire grâce et je serai miséricordieux pour qui je devrai l’être. » (Ex 33, 19)

Et il lui dit les attributs de la miséricorde que nous disons à Kippour cette fête non pas des expiations mais du rachat, du remplacement (Kapper) :

Il lui dit :

« Tu ne saurais voir ma face; car nul homme ne peut me voir et vivre. » (Ex 33, 20)

Et le Talmud nous dit que D-ieu lui a montré le nœud de la nuque de ses tefilines qui montrent son attachement à Israël.

«   »Et je retirerai ma paume et tu verras mes traces » – Rav ‘Hana bar Bizna dit, Rabbi Chim’on le Pieux a dit : Cela nous enseigne que le Saint béni soit-Il a montré à Moïse le nœud des tefillin » (TB Berakhot 7a).

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Que gagne celui qui se donne ? D-ieu lui révèle sa bonté. Il révèle à Moïse les 13 attributs de Sa miséricorde :

« ADONAÏ est l’Être éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité. il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais il ne les absout point : il poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième descendance. »» (Ex 34, 6)

Ce que le Rabbi Hama bar Hanina traduit :

 » De la même façon que la Torah nous dit de D-ieu qu’Il a donné des vêtements à des hommes qui n’en avaient pas (Gn 3), nous devons donner des vêtements à ceux qui n’ont pas les moyens de s’habiller ; de la même façon que la Torah nous dit de D-ieu qu’Il a rendu visite à quelqu’un qui souffrait (Gn 18, 1), nous devons rendre visite aux malades; de la même façon que la Bible nous dit de Dieu qu’Il a procédé à une inhumation (Dt 36, 6), nous devons rendre les derniers devoirs aux défunts » (TB, Sota 14a)

Il n’y a rien de plus à chercher dans ce monde.

« La charité (le don) sauve de la mort » : tsedaka tatsil mimavet 

 « Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins ». Un riche ne vaut pas plus qu’un pauvre nous dit le Paracha. Forcément, Dieu ne demande pas seulement à l’homme ses biens mais ce qu’il a et dont il n’est que le gérant provisoire. Lui-même. Et la richesse n’y est pour rien.

Donner donc.

Le Livre des Proverbes (10, 2) nous dit tsedaka tatsil mimavet : la charité (qui est aussi la justice en hébreu) sauve de la mort. « Mais quoi donc, demandait notre ami Jacob, celui qui est riche non seulement il est riche mais en plus il va être sauvé de la mort ou vivre plus longtemps ? et le pauvre non ? »

Un très intéressante étude américaine mené par Harvard sur 75 ans ce qui est extrêmement rare a montré cela, on ne meurt pas plus tôt parce qu’on est riche ou pauvre. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? Si vous pensez que c’est la célébrité et l’argent, vous n’êtes pas les seuls – mais, d’après le psychiatre Robert Waldinger, vous vous trompez. Directeur d’une étude d’une durée 75 ans sur le développement adulte, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. Et voilà ce qu’il dit :

 « Nous avons appris trois grandes leçons sur les relations. La première est que les connexions sociales sont très bonnes pour nous et que la solitude tue. Il s’avère que les personnes qui sont plus connectées socialement à leur famille, leurs amis, leur communauté, sont plus heureux, sont physiquement en meilleure santé, et vivent plus longtemps que ceux qui sont moins bien connectés. Et expérimenter la solitude apparaît être toxique. Les gens qui sont plus isolés des autres que ce qu’ils souhaiteraient s’avèrent être moins heureux, leur santé décline plus tôt en milieu de vie, les capacités de leur cerveau déclinent plus vite, et ils ont des vies plus courtes que les gens qui ne sont pas seuls. Et le plus triste est qu’à tout moment, plus d’un Américain sur cinq déclare se sentir seul. »

(traduit ici (en français) : https://fr.tiny.ted.com/talks/robert_waldinger_what_makes_a_good_life_lessons_from_the_longest_study_on_happiness)

Les (bonnes) relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé plus longtemps. Et pas l’argent ou la célébrité comme tout le monde le croit. C’est tout.

Nous les juifs, nous le savons depuis 4 000 ans.

La Torah nous a ordonné de donner le Mahatsit hashekel dans l’enceinte du Beth Hamikdach à partir de Roch ‘Hodech Adar jusqu’à Roch ‘Hodech Nissan.

Ashékel maatist ashékel : « un demi Chekel ».

Parce que dans les lettres de « Ashékel maatist ashékel » il y a TSEDAKA (le don, la justice) entouré par EMET (la vérité) et MAVET (la mort). Disons que nous avons résumé tout cela.

Celui qui ne donne pas, qui ne se donne pas, qui ne va pas vers les autres, est déjà mort. Voilà le snes de tsedaka tatsil mimavet.

D-ieu, lui sait ce que la femme ou l’homme donne

Une jolie histoire pour finir, une baraïta (‘au dehors’ ou ‘ceux qui sont resté dehors’ (lors de la discussion), en araméen : désigne les discussions du Talmud non retenue par les Sages mais conservées) :

« On enseigne dans une baraïta : on raconte sur Benjamin le juste qui était préposé à la caisse de la charité.

Une femme se présenta un jour devant lui et lui dit « Mon maître, nourris-moi ! Il lui répondit : Il n’y a rien dans la caisse. Rabbi, lui dit-elle, si tu ne me donnes rien, sept enfants et moi-même allons mourir de faim ». Il lui donna alors de son propre argent.

Plus tard, il tomba malade et était à l’agonie. Les archanges dirent devant le Saint béni doit-Il : « Maître du monde. Tu as dit que « celui qui sauve la vie d’un fils d’Israël, sauve un monde entier » et Benjamin le juste qui a nourrit une femme et ses enfants va mourir dans un temps de vie si court…de suite son décret fut déchiré. » (TB Baba Bathra 11a)

En fait, les miracles ne prouvent rien. Le vrai miracle est que Dieu nous compte parmi les siens. C’est déjà beaucoup.

Chekel - dos

 

 

L’Etude, ou l’art de ne pas savoir

Rabbanim-amsterdam

Selihot – Schilderij Voerman, 1884, Musée  d’histoire juive d’Amsterdam, Photo DL

« Je ne sais pas »

« Accoutume ta langue à dire : Je ne sais pas. » (TB Berakhot 4a)

L’Etude comme la compréhension du monde est ein sof sans fin, quand on croit avoir ‘tout compris’ une faille du texte apparait, un autre point de vue, une aspérité sur la paroi qu’on n’avait pas vu alors qu’on était passé là 200 fois. On ne peut donc pas être tranquille avec la Torah ou le Talmud, avec la vie finalement. C’est normal, l’esprit de l’homme pourrait-il contenir la sagesse du Créateur ?

Entendons nous bien cet art du non savoir n’est pas celui de l’imbécile heureux ou de l’idiot du village (encore que!) mais de celui qui admet son impuissance et convoque toutes ses facultés cognitives à sa mesure pour les orienter vers l’Incommensurable.

« Ici il n’y a pas de pourquoi »

Une histoire racontée par Primo Lévi dans Si c’est un homme raconte l’opposition irréconciliable entre le limoud (l’étude) et le totalitarisme qui « sait tout ».

Primo Levi est dans un wagon où les gens meurent de soif. Les nazis ont pris soin de mettre de la chaux au sol de ces wagons à bestiaux pour ce dernier voyage. Au cas où une personne urine, celle-ci se transforme en chaux vive.

« Et justement, poussé par la soif, j’avise un beau glaçon sur l’appui extérieur d’une fenêtre. J’ouvre, et je n’ai pas plus tôt détaché le glaçon, qu’un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l’arrache brutalement.

– “Warum ?” (pourquoi) dis-je dans mon allemand hésitant

– “Hier ist kein warum” (ici il n’y pas de pourquoi), me répond-il en me repoussant rudement à l’intérieur. » (Primo Levi, Si c’est un homme (1947), Paris, Julliard, 1987.)

Homme lisant la Bible -Joseph Israël

« Homme lisant la Bible »,  Jozef Israëls, Amsterdam (1824 – 1911) vers 1885.

L’essentiel est invisible

Les gens cherchent des réponses, le « sens de l’existence » comme ils disent. Mais il n’y a pas d’autre sens à l’existence de l’homme que de sortir de son animalité primitive et spontanée pour essayer de devenir un humain digne de ce nom. Ce qui serait déjà un exploit !

La réalité de tous les jours n’est pas la réussite, la célébrité et tout ce que le monde nous fait miroiter… mais l’injustice, le fait d’être accusé à tort, dénoncé pour rien, exclus des conventions sociales des bien-pensants qui dans le « on » ont cru trouver un empire à leur mesure. C’est à dire mortel. « Ne te conforme pas au monde »

La vraie réalité qui est Dieu est spirituelle, invisible, elle échappe aux fictions sociales, à l’histoire glorieuse des Empires, aux biens-portants. Elle n’est visible que pour le cœur et parfois sous les traits de l’échec et de la dévastation. Nos yeux ne voient pas mais nous pouvons comprendre.

Selihot

Selihot – Schilderij Voerman, 1884, Musée  d’histoire juive d’Amsterdam.

La Torah nous a prévenu. La vraie réalité est invisible elle se donne au pauvre, à la stérile et au cadet privé d’héritage par le « on » des us et coutumes. C’est Joseph « tué » par ses frères qui les sauve et non l’inverse. En Dieu le paradoxe d’Esaw et Iaacov ne fait qu’un et il entraîne l’histoire dans sa tension créatrice nous dit le Maharal de Prague.

Alors que ses frères Joseph complotent pour l’éliminer, Joseph marche dans le désert.

« Un homme le rencontra errant dans la campagne ; cet homme lui demanda:

– Que cherches-tu?

– Je cherche mon frère » (Gn 37, 15-16)

Je cherche mon frère. C’est le sens de l’étude. Rien n’est jamais perdu. Nous pouvons donc étudier dans la Simha (la joie) parce que c’est D-ieu qui est le maître de l’Etude et non pas nous, simples étudiants qui déchiffrons l’alphabet de notre existence.

En réalité où que nous en soyons nous sommes tous à la même distance de D-ieu. Nous n’avons donc pas le droit de désespérer. La Torah nous y exhorte :

Tu seras seulement joyeux (Dt 16, 15).

Servez Dieu dans la joie, présentez-vous devant lui  avec des chants d’allégresse (Ps 100, 2)

Cette joie n’est pas une joie naïve mais une joie seconde, celle de celui qui sait que D-ieu est au delà de tous les désespoirs. Cette joie de la Torah, celle des humbles qui posent la question, brise la porte d’acier des cieux.

L’Etude, la prière ne demandent rien car celui qui étudie, celui qui prie, a déjà reçu la réponse.

 

Les juifs, le peuple du « Pourquoi ? »

C’est toute la vie qui est un immense point d’interrogation.

La psychanalyse a été inventée par un juif, pourquoi ? Parce que sous nos paroles, nos énoncés se cachent des lapsus, des glissements de mots et de significations (condensation et déplacement du travail de rêve réinterprétés comme métaphore et métonymie par Lacan à la lumière du structuralisme de Jacobson et Saussure) qui expriment notre inconscient, ce que nous ne voulons ou savons pas dire et qui parle en nous et aux autres à notre insu. Est psychanalyste celui qui ne sait pas. « Le non dupe erre » disait Lacan. La psychanalyse, un non-savoir hérité du judaisme.

194 prix Nobel, sur un total de 871 en 2017, ont été attribués à des lauréats d’origine juive, sachant que les Juifs ne comptent que 0,2 % de la population mondiale. A moins de croire qu’un beit Din (tribunal rabbinique) de rabbins à péot est caché sous la salle du jury qui attribue le prix Nobel et manipule tout, la seule réponse à cela est que les juifs ont cultivé l’art de laisser ouverte la question… et c’est la seule réponse à apporter aux certitudes en béton des empires et des antisémites.

Femme lisant la Bible - Jospeh Israël

« Femme lisant la Bible » – Jospeh Israël, Amsterdam

Semences d’Etude

« Dieu a regardé dans la Torah et a créé le monde, l’homme regarde dans la Torah et le maintient : ainsi création et subsistance de l’univers ne dépendent que de la Torah. » (Zohar II 161a)

 

« Hillel disait : Ne dis pas :  » Quand j’en aurai le loisir, j’étudierai. » Peut-être que tu n’en auras tu plus le loisir. » (Pirké Avot 2, 5)

 

« Quiconque parvient à la conclusion qu’il doit s’investir dans l’étude sans travailler, et tirer sa subsistance de la charité, profane le nom de Dieu, déshonore la Tora, éteint la lumière de la foi, s’attire le mal et renonce à la vie du monde futur, car il est interdit dans le monde, de tirer profit des paroles de la Torah » (Maïmonide, Michné Torah, 310)

 

« Ne fais pas de la Torah une couronne pour t’ennoblir, ni une pioche pour creuser »   [NB il y a un jeu de mot sur pioche : « un  travail » ou « creuser sa tombe »] (Pírqé Avot, chap. 4, michna 5)

 

« Celui qui dit : ‘‘Je n’ai besoin de rien d’autre que la Torah’’ ne possède pas la Torah non plus. » (TB Yébamot 109b)

 

« Ben Azaï étudiait la Torah, un feu l’entourait. Rabbi Akiva lui demanda :  » Tu étudies le Char Céleste [les secrets mystiques de la Création du monde] pour mériter ce feu ? ». Ben Azaï lui répondit : »Non, j’étudie la Torah écrite et je passe des cinq Livres aux Prophètes, des Prophètes aux Hagiographes, et des Hagiographes aux cinq Livres, comme au jour où la Torah a été donnée » (Midrach Chir Hachirim 1, 52)

 

« La Torah révèle une pensée car un instant l’habille tout de suite d’un autre vêtement, elle s’y dissimule et ne se montre pas. Les sages, que la sagesse emplit d’yeux traversent le vêtement jusqu’à la véritable essence du mot qu’il dissimule. Quand le mot est momentanément révélé au premier instant, ceux dont les yeux sont sages peuvent le voir, bien qu’il se cache aussitôt » (Zohar II, 98b)

 

« Que la fin de l’étude ne soit pour toi que la seule Connaissance de Dieu, et de même que la fin de la vérité n’est que d’être connue comme vraie, puisque les commandements sont vrais, leur fin n’est que d’être accomplis.
Et il est interdit à un homme probe de se dire : Si j’ai accompli ces bienfaits et si me suis retenu de mal agir comme Dieu le commande quelle sera ma récompense ? Car c’est comme lorsqu’un enfant demande : Que me donneras-tu si j’étudie ? Et on lui répond qu’on lui donnera telle ou telle chose, car on sait que son manque de maturité l’empêche de considérer la valeur de la chose qu’il réalise et lui fait rechercher une fin à ce qui est déjà en soi une fin. On lui répond donc en fonction de l’étendue de sa stupidité, ‘‘Réponds au sot selon sa sottise’’ (Prov 26,  5). Et nos Sages nous ont déjà avertis de ne pas poser comme fin et but de notre service et de notre accomplissement des commandements une autre chose qu’eux, quelle qu’elle soit, et c’est le sens du propos de cet homme parfaitement intègre, qui parvint au vrai,  Antigone de Sokho : ‘‘Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître à condition de recevoir une gratification, mais soyez comme des serviteurs qui servent le maître à condition de ne pas recevoir de gratification’’ (Pirqé Avot, chap. 1, michna 3). Ce qui signifie qu’il faut croire en la vérité pour ce qu’elle a de vrai et c’est cela que l’on appelle “ servir par amour ”.
Et les sages ont dit qu’il est écrit : ‘‘Heureux l’homme qui craint l’Éternel et qui désire ardemment ses commandements’’ (Ps. 111, 1) – ‘‘Rabbi Elazar dit : Ses commandements et non le salaire des commandements (TB Avoda Zara 19a)’’. N’est-ce pas la meilleure et la plus claire des preuves de tout ce que nous avons avancé ? » (Maimonides, Commentaire du Pirké Avot).

 

« On étudie pour faire. On n’étudie pas pour ne pas faire. Quelqu’un qui étudie sans faire, il aurait été préférable pour lui de ne pas naître. » (Sifra 110c)

BO : LA NAISSANCE D’ISRAËL COMME PEUPLE

Le Lekh (« Va !») que Dieu adresse deux fois à Abraham, deux appels entre lesquels s’inscrivent ses actes de foi envers l’Eternel au début de sa vie nomade et au Mont Moryia, est une manière de parler moins respectueuse que le Bo (« viens ») adressé à Moïse. Lekh ! c’est « File ! », Bo ! c’est « Viens ! ». Cette formulation montre le respect de l’Eternel pour Moïse et la grandeur qu’il accorde à cet anaw, cet humble, d’une racine qui veut dire « courbé » souligne Rachi.

Chagall : la sortie d’Egypte (détail du tableau du buisson ardent)

Chagall : le don de la Torah au Sinaï (détail du tableau du buisson ardent)

La libération de l’idolâtrie d’Egypte, naissance du am Israël et le commencement du temps

La délivrance d’Egypte relevait de la volonté du peuple hébreu qui décide de sortir. La volonté divine ne fait que confirmer ce désir. Une fois que la volonté du peuple hébreu de quitter l’Egypte est manifestement exprimée, l’Eternel leur dit :

« Au dixième jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle, un agneau par maison… Vous le tiendrez en réserve jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; alors toute la communauté d’Israël l’immolera… on prendra de son sang et on en teindra les deux poteaux et le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera »  (Ex. 12, 1- 7)

Pourquoi immoler un agneau avant de partir ?

Rachi commente la dernière plaie : la mort des premiers nés qui toucha aussi bien les hommes libres ou esclaves que les bêtes (Ex 5, 5) :

« ‘‘Et tout premier-né d’animal’’ : Parce qu’ils les adoraient en tant que divinités. Lorsque le Saint béni soit-Il punit un peuple, Il punit aussi ses divinités (Mekhilta sur Chemoth 12, 29) ».

Et Midrach ajoute que Moïse prit la parole quand on lui ordonna d’immoler l’agneau :

« Maître de l’Univers ! Comment puis-je accomplir une telle chose ? Tu sais bien que l’agneau est un dieu égyptien. Comme il est dit : ‘‘Or, nous immolerions sous leurs yeux la terreur des Égyptiens et ils ne nous lapideraient point ! ’’ (Ex 8, 22). Dieu répliqua : ‘‘Aussi longtemps que tu vivras, Israël ne partira pas d’ici avant d’avoir tué les dieux égyptiens précisément sous leurs yeux, afin de leur montrer que leurs dieux ne sont vraiment rien.’’ » C’est effectivement ce qu’Il [D-ieu] fit, car cette nuit-là, Il tua les premiers-nés égyptiens et cette même nuit, les Juifs abattirent leurs agneaux et les mangèrent. Lorsque les Egyptiens virent leurs premiers-nés tués et leurs dieux abattus, ils ne purent rien faire, ainsi qu’il est dit : ‘‘Tandis que les Egyptiens enterraient ceux que l’Eternel avait châtiés parmi eux, même tous leurs premiers-nés ; parmi leurs dieux, l’Eternel exécuta aussi Son décret.’’ (Midrach Rabba Ex 16, 3)

Il s’agit donc de se séparer des dieux des Egyptiens, c’est à dire de l’idolâtrie d’Egypte. Les Hébreux ont été esclaves pendant deux siècles environ. Cette condition d’esclavage a façonné en eux une personnalité d’esclave. Ils sont conditionnés par l’idolâtrie. Il s’agit donc de créer en eux un processus d’abréaction, de tuer physiquement l’addiction intérieure qui leur colle à la peau pour changer de vie.

L’agneau était un objet d’adoration pour les Egyptiens.

L’agneau mâle c’est le futur bélier, la force en puissance vénérée par le chamanisme paléolithique qui attribuait aux animaux une âme que le chasseur s’appropriait. L’agneau c’est aussi le symbole du peuple nomade, de ce qui précède la sédentarité, l’Empire. En se constituant comme peuple Israël va recevoir sa terre la sortie d’Egypte et l’entrée en terre promise auraient dû être selon le plan de Dieu un même mouvement d’une seule génération comme le montre le Maharal. Pessah symbolise le passage du paléolithique au néolithique, de l’âge des nomades, comme les Patriarches « araméens errants » à la sédentarisation, via l’esclavage d’Egypte. Lire la suite de « BO : LA NAISSANCE D’ISRAËL COMME PEUPLE »

VAERA : PEUT-ON PERDRE TOUT JUGEMENT MORAL ?

Chagal obscurité sur l'Egypte

Marc Chagall, la neuvième plaie, l »obscurité sur l’Egypte

L’appel de Moïse qui initialise la paracha a été lu par beaucoup de commentateurs comme un reproche :

« Dieu adressa la parole à Moïse, en disant : « Je suis l’Éternel. 3 J’ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine ; ce n’est pas en ma qualité d’Etre immuable que je me suis manifesté à eux » (Ex 6, 2-3)

Rachi commente ce verset en disant :

Il a instruit son procès (voir 2 R 25, 6) pour s’être exprimé en termes durs lorsqu’il lui avait demandé : « Pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple ? »[1] […]  Beél Chaddaï. Je leur ai fait des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis beél Chaddaï ». Et de mon Nom Hachem je ne me suis pas fait connaître (lo noda’ti) à eux. Le texte ne dit pas : « je n’ai pas fait connaître » (lo hoda’ti), mais : « je ne me suis pas fait connaître » (lo noda’ti). Je n’ai pas été connu d’eux dans mon attribut de vérité, qui fait que je m’appelle Achem, digne de confiance pour tenir parole. Car je leur ai fait des promesses, mais je ne les ai pas encore exécutées.

En clair : les Patriarches ont éprouvé l’Eternel comme Chaddaï, « celui qui limite » (dai : « ça suffit ») et n’ont pas eu besoin de miracle comme Moïse pour reconnaitre et adhérer à Dieu. Ils ont fait confiance à Dieu bien de manière nishma, désintéressée bien que les promesses qu’Il leur a faites et n’ont pas été encore exécutée, et ce jusqu’à leur mort. Moïse et le peuple ont, eux, besoin de signes, avancent toutes sortes de bonnes raisons avant d’obéir à Dieu : « Je suis bègue… que vont-ils me dire ? Quel est ton Nom ? etc… ». Ce qui peut être lu comme un manque de confiance en Dieu.

Après avoir répété les promesses faiets aux Patriarches, Dieu s’adresse à nouveau à Moïse pour lui fixer sa mission, dans la droite ligne du reproche initial, bien sûr, il renâcle :

« L’Éternel parla à Moïse en ces termes : « Va, dis à Pharaon, roi d’Égypte, qu’il laisse partir de son pays les enfants d’Israël. » 12 Mais Moïse s’exprima ainsi devant l’Éternel : « Quoi! les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté et Pharaon m’écouterait, moi qui ai la parole embarrassée! » » (Ex 6, 10-12)

Toute la suite de l’histoire répond à ce premier enfermement de Moïse qui aurait dû bondir de joie à l’annonce de la libération par Dieu de l’esclavage, avec un sourd en chef : Pharaon.

L’enfermement de Pharaon

Un conditionnement psychique ou social eut-il se stratifier à tel point que tout jugement moral disparaisse ? C’est la question lancinante que pose le livre de Chemot à propos de Pharaon, ce puissant sans autre nom que sa fonction. Lire la suite de « VAERA : PEUT-ON PERDRE TOUT JUGEMENT MORAL ? »

Chemot : « Dis moi ton Nom »

Moïse au buisson ardent

Marc Chagal, Moïse au buisson ardent

Chémot : le livre des Noms

Le Livre de Chemot (les noms) ou Livre de l’Exode raconte la croissance d’Israël, de sa vie de fœtus en Egypte, à sa naissance en sortant d’Egypte, à l’expérience de la Loi avec le don de la Torah au Sinaï puis à sa longue éducation au désert.

Le Maharal écrit :

« Ainsi le peuple juif en Egypte était comme un fœtus qui se développait dans le ventre de sa mère, suite à quoi il sortit lorsque son développement fut terminé. Ainsi les enfants d’Israël grandirent et se développèrent en Egypte jusqu’à atteindre leur perfection par le nombre de 600 000 personnes ; alors ils sortirent ».  (Maharal de Prague, Guévourot Achem 3)

Le livre raconte donc l’histoire de la libération psychique du peuple : libération physique de l’esclavage d’Egypte, libération spirituelle par le don de la Torah au Sinaï, et enfin rechute dans le veau d’or, et construction d’un culte libérateur grâce au michkane qui permit de vivre avec la présence divine. Lire la suite de « Chemot : « Dis moi ton Nom » »

Aaron Appelfeld (zal) est parti

Aaron Appelfeld

Aharon Appelfeld était l’écrivain de langue hébraïque le plus traduit au monde. La France l’a découvert par le prix Médicis Étranger en 2004. C’était un immense écrivain qui vivait à Jérusalem à Mevasseret Zion. Il disait :

« Je ne suis pas un écrivain de l’holocauste et je n’écris pas sur cela, j’écris sur les hommes juifs »

Comme Primo Lévi, Agnon, Celan il a écrit sur l’impensable des camps.

Il dit dans Histoire d’une vie :

« J’ai éprouvé le besoin de rassembler toutes les bribes de mon existence pour en avoir un aperçu. Histoire d’une vie, ce sont les mémoires d’un écrivain, non d’un historien ou d’un chroniqueur. Enfant, j’ai été très marqué par la disparition de mes parents. Mon existence d’alors comprend de nombreuses failles que j’ai tenté de combler. Il y a donc un peu de fiction dans ces mémoires intitulées « Histoire d’une vie »  et non «  Histoire de ma vie »  par souci d’exactitude ; il s’agissait de prendre un exemple, de dérouler le fil d’une destinée. L’imagination a pu suppléer aux insuffisances de la mémoire ; par ailleurs, il y a des événements sur lesquels je n’arrive pas encore à écrire, la façon dont ma mère a été tuée, les cruautés dont j’ai été témoin… »

« Ma mère a été assassinée dès le début de la guerre, lorsque les Roumains et les Allemands ont envahi notre région à la frontière roumano-ukrainienne. J’ai été renvoyé de chez nous avec mon père vers un lieu de regroupement et c’est là qu’a commencé une marche extrêmement longue de ces pauvres affamés. Nous avancions sans nourriture, l’hiver était rude, les gens tombaient, et une fois qu’ils étaient à terre, on les abattait. C’est ainsi que nous avons marché jusqu’à ce que nous soyons arrivés à un endroit clos, où l’on m’a séparé de mon père, suite à quoi, je ne l’ai plus jamais revu. Lorsque j’étais avec lui, c’était bien mieux. Mon père prenait soin de moi, me protégeait. Nous avons vendu nos habits, un manteau, un pull, tout ce que nous portions sur nous, malgré le froid intense, pour acheter de la nourriture. À l’âge de huit ans et demi, je me suis retrouvé seul, enfant juif isolé, pris entre les Allemands et les Ukrainiens, avec à l’horizon cinq années de guerre et le sentiment intuitif que je devais cacher mon judaïsme et mon identité. »

« J’imaginais que ma mère m’attendait, qu’elle reviendrait me chercher, et je n’avais aucun doute à ce sujet, tant elle m‘aimait et était attachée à moi, qu’il était totalement hors de question qu’elle ne vienne pas à moi. Je savais qu’elle n’était plus de ce monde, mais j’ai conservé cette illusion qui m’a accompagné durant toute la guerre. »

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Christophe Colomb était-il un Juif secret ? par Barbara Penn

Source : Aish. fr  le 03/ 01 / 2018

Le 15 février 1493, Christophe Colombe envoya une lettre pour annoncer au monde européen qu’il venait de découvrir l’Amérique. Sa trouvaille fut le tout premier pas vers un nouveau monde, qui deviendrait symbole de liberté et de tolérance religieuse. La véritable identité de Christophe Colomb jette un nouvel éclairage sur le caractère poignant de cette période historique, en particulier pour les Juifs.

Christophe-Columb-par-Sebastiano-del-Piombo-vers-1520

Christophe Colomb par Sebastiano del Piombo -vers 1520

Un juif du Secret

Pour mieux comprendre l’héritage laissé par Colomb, il est important de mettre en relief le contexte historique de sa vie. Colomb vécut à l’époque de l’Inquisition, durant laquelle les Anoussim, les Juifs qui pratiquèrent leur foi en cachette, vivaient sous une menace constante d’arrestation et de tortures mortelles. Plusieurs dizaines de milliers de Juifs secrets furent torturés pendant l’inquisition espagnole, beaucoup mourant en martyrs. Lire la suite de « Christophe Colomb était-il un Juif secret ? par Barbara Penn »

Un « Sceau du gouverneur de la ville » en ancien hébreu, daté de 2700 ans, retrouvé à Jérusalem

Un sceau du gouverneur de la ville de Jérusalem d’il y a 2700 ans (7ème siècle avant notre ère) en Ancien hébreu a été découvert à Jérusalem dans un bâtiment sur l’esplanade du Kotel (mur sud-ouest des fondations du Temple). C’est la première fois qu’on trouve une attestation archéologique de ce gouverneur de la fin de l’époque du premier Temple mentionnée dans la Torah.

Sur la pièce figurent deux hommes vêtus de long habits se faisant face et se tendant la main, avec ce qui semble être une lune entre les deux mains tendues. En dessous de cette représentation, une inscription en ancien hébreu indique : « Au gouverneur de la ville ».

Le sceau ne mentionne pas le nom du dirigeant de Jérusalem mais Shlomit Weksler-Bdolah qui participe aux fouilles de l’autorité des Antiquités pense qu’il se réfère à la Vieille ville car il a été retrouvé dans le même bâtiment où d’autres artefacts avaient été mis au jour. Les examens scientifiques qui seront pratiqués prochainement devraient confirmer le lien avec Jérusalem, estime la scientifique.

Lors de fouilles archéologiques en Égypte, on avait retrouvé  la correspondance entre le pharaon Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.) et le gouverneur de Jérusalem, un certain ʿAbdi-Khéba. Lire la suite de « Un « Sceau du gouverneur de la ville » en ancien hébreu, daté de 2700 ans, retrouvé à Jérusalem »

VAYE’HI : au delà de nos morts

Jacob pleure Jospeh

Jacob pleure son fils Joseph, Marc Chagall

Jacob vécut

La dernière sidra de Berechit qui raconte la mort de Jacob est intitulée « Jacob vécut » tout comme la paracha qui racontait la mort de Sarah était intitulée ‘Hayé Sarah, « les vies de Sarah ».

Déjà dans la paracha précédente le Pharaon demandait au vieil Israël :

« « Quel est le nombre des années de ta vie ? » Et Jacob répondit à Pharaon : « Le nombre des années de mes pérégrinations, cent trente ans. II a été court et malheureux, le temps des années de ma vie et il ne vaut pas les années de la vie de mes pères, les jours de leurs pérégrinations. » » (Gn 47, 8-9)

Rachi commente cela en disant : « Les années de mon état d’étranger (guér). Toute ma vie, j’ai été étranger sur terre ». Jacob a vécu en étranger aux jeux de pouvoir de ce monde. Lire la suite de « VAYE’HI : au delà de nos morts »