« SORTIR DE L’ERE DU RIEN », Sophie Peters, La Tribune

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Grand rabbin Korsia : « Didier Long devrait être membre d’honneur des Enfants d’Abraham »

sur le site des ‘Enfants d’Abraham’ sur Direct 8

Didier Long devrait être membre d’honneur des Enfants d’Abraham. En effet, il est un ancien moine bénédictin qui s’est passionné pour l’art et la philosophie avant de tomber amoureux de la journaliste qui était venue le rencontrer et de l’épouser. Fidèle à ses racines corses et chrétiennes, il cherche et trouve…le judaïsme. Il en fait des livres profonds, vrais et émouvants car il arrive à dire avec des mots simples et forts de belles idées qui éclairent nos jours et nos nuits. Et de plus, il a une très bonne connaissance du soufisme musulman. Bref, il est un compagnon de route de toutes les religions qui donne à penser une humanité rayonnante.

Son dernier ouvrage s’intitule « L’invention du christianisme » et avec sa même méthode de rencontre des textes chrétiens et juifs, il démontre comment l’Eglise est née dans un milieu totalement juif. N’oublions pas qu’il a fallu deux millénaires pour que Rome reconnaisse cette évidence. Didier Long travaille afin que le monde chrétien ne se contente plus juste de reconnaitre mais revendique cette filiation. En fait, il manquait une histoire des tensions au cœur du christianisme naissant pour adopter telle ou telle croyance.

Lorsque l’empereur Constantin se convertit en 312, il impose de facto une histoire triomphante de cette nouvelle religion qui interdit toute possibilité de réfléchir sur les prodromes de cette foi et sur son lien si fort avec la religion mère et concurrente.

Ce livre est une réhabilitation de la libre recherche et de l’honnêteté intellectuelle comme spirituelle. Il y a bien eu, et comment le nier, une véritable écriture d’une forme de mythologie chrétienne, avec comme le montre Didier Long, la présentation de Paul comme le nouvel Ulysse, alors qu’il ne prêchait pratiquement…que dans les synagogues.

Pour résumer très approximativement la thèse de l’auteur, le christianisme n’est pas une nouvelle religion, mais l’un des courants du judaïsme de l’époque.

Mais si depuis 2000 ans nous avons divergé, il n’est que temps de se retrouver pour, au moins, se connaitre. Le livre de Didier Long y aide très fortement.

Une éthique de l’égarement

 « La splendeur des cimes est incomparable »

Un commentaire intéressant que nous envoie l’alpiniste Jérôme Vieuxtemps sur le Petit Guide des égarés. Au delà de ce que j’ai pu écrire, il poursuit la réflexion avec des idées intéressantes. (sur son blog)

Une éthique péripatéticienne !
Didier Long poursuit son chemin : de Paris à New-York en passant par Genève et Jérusalem, il exhume en pédagogue né notre passé judéo-chrétien. Il construit sous nos yeux et en marchant

Une éthique pour les égarés que nous sommes.
Avec ce refus obstiné de reconnaître nos racines ou en les évitant  à tous égards nous travaillons à notre propre perte.
Aussi dans ce petit « guide des égarés » il revisite  pour nous la théologie, la philosophie  (Nietzsche, Heidegger, Lacan …) et l’Histoire, tout ceci pour « Les nuls », c’est à dire  pour nous même contemporains sans mémoire vive ! Cette Histoire est d’autant plus fascinante qu’il la mêle avec sa propre aventure de l’esprit. Nous apprenons notamment à quel point notre culture  est marrane, c’est à dire double : judéo-chrétienne !

Lever le secret de famille
Dans ce dernier ouvrage il lève avec perspicacité et dans le prolongement de ses derniers livres, ce secret de famille civilisationnel : nos ancêtres sont aussi marranes! C’est à dire entre autre chose capables d’ironie, d’intelligence démocratique ….W. Jankelevitch se serait réjoui pour moins que cela !
Cette révélation serait pour nous européens, la condition nécessaire pour nous comprendre comme co-créateurs !
Ne pas avoir accepté notre filiation, ou notre gémellité s »est avérée suicidaire (Shoah et totalitarismes du XXe siècle).
Ce dernier livre de Didier Long poursuit donc cette quête de signifiant originaire sans lequel , il n’y a pas de parole possible, donc de confiance, de croissance de l’être ensemble. Lire la suite de « Une éthique de l’égarement »

Petit guide des égarés en période de crise

Le « Petit guide des égarés en Période de crise » vient de paraître !

L’acédie, maladie de l’égo qui vide l’âme, hante notre modernité parvenue à son zénith : le monde de l’entreprise, le couple, la vie familiale, les amitiés. Le vide politique, les paroles creuses, les promesses sans lendemains, les vaniteux comme modèles, la dictature du « on », la finance qui dépasse la démocratie, les pervers narcissiques aux commandes… La course au toujours plus et au toujours-plus-vite a engendré le Rien. L’acédie définie par les Pères du désert au IVe s. comme la plus terrible des maladies de l’âme.

« Dans l’acédie, continue de tresser tes paniers. Pose des actes d’amour même si tu as perdu foi en l’amour ! » Ainsi parlaient les Pères du désert. La perte de soi, l’insensibilité à autrui, le temps qui suspend son vol dans un ennui mortel sont en réalité une rupture avec la profondeur de l’existence. Seuls le rite et la régularité permettent de rompre l’acédie. Sans la sanctuarisation d’espaces désintéressés d’amitié et de paix, la fraternité s’épuise ; en réalité, la bénédiction généreuse de la vie la fertilise. Ainsi, la crise peut ouvrir la porte d’un autre monde. Alors, notre existence jaillit en plénitude, du présent surgit l’éternité, nos errances d’égarés font chemin, ensemble, vers la liberté.

Lire un extrait : Petit guide des égarés en période de crise – Chapitre1

Leçon de Talmud :)

Après des mois de négociation avec les autorités locales soviétiques, un sage et érudit juif talmudiste d’Odessa, reçoit finalement l’autorisation de visiter Moscou.
Il monte dans le train et trouve une place vide. A l’arrêt suivant, un jeune homme s’installe dans le compartiment et s’assoit juste à ses côtés.
Le juif érudit observe le jeune homme et se met à penser :
« Ce gars-là n’a pas l’air d’un paysan, donc s’il n’est pas un paysan, il doit probablement habiter ce district. Et, si il vient de ce district, il est sûrement juif car, après tout, c’est un district juif. Mais, d’autre part, comme il est juif, où peut-il aller ? Je suis le seul juif de ce district ayant la permission d’aller à Moscou.
Ah, attention ! Dans la proche banlieue de Moscou, il y a un petit village qui s’appelle Samvet, seul village où les juifs n’ont pas besoin de laisser-passer. Mais pourquoi voyagerait-il jusqu’à Samvet? Sans doute pour visiter une des familles juives là-bas. Mais combien de familles juives habitent Samvet ? Ah, seulement deux. Les Bernstein et les Steinberg.
Mais comme les Bernstein sont très antipathiques, ce charmant jeune homme doit sûrement visiter les Steinberg.
Mais pourquoi va t’il visiter les Steinberg à Samvet ? Les Steinberg n’ont que des filles, deux, donc peut-être qu’il est l’un de leurs gendres.
Mais alors, laquelle des deux filles a-t-il épousé ? On sait que Sarah Steinberg a épousé un jeune avocat de Budapest, et Esther s’est mariée avec un businessman veuf ukrainien de Jitomir, donc il doit être l’époux de Sarah. Ce qui veut dire qu’il s’appelle Alexandre Cohen, si je ne me trompe pas.
Mais s’il vient de Budapest, avec tout cet antisémitisme là-bas, il a du changer de nom. Quel est l’équivalent de Cohen ? C’est Kovacs. Mais, puisqu’ils ont accepté qu’il change de nom, il doit avoir un statut spécial pour pouvoir le faire. Qu’est-ce que cela pourrait être ? Ah, il doit avoir un doctorat de l’Université. Rien d’autre ne serait possible. »

 A ce moment là, l’érudit talmudiste se tourne vers le jeune homme et lui dit :

– Excusez moi. Cela vous dérangerait-il si je baisse la vitre, Docteur Kovacs ?

– Pas du tout, répond le jeune passager très surpris. Mais, comment connaissez-vous mon nom ?

– Bof, répond le talmudiste, c’était si évident.

La musique liturgique chrétienne primitive et ses sources juives et orientales

Art Mozarabe : Beatus de San Miguel de Escalada, L’ange, le soleil et les quatre vents (Ap 7)

« Correspondances musicales » par Jérome Vieuxtemps
Une émission trés intéressante de musicologie qui évoque les liens entre la tradition musicale orientale et le répertoire musico-liturgie de l’église primitive. Ainsi, la forme du répons : dialogue entre le chanteur et l’assemblée aurait des origines araméenne. Il viendrait de l’Osroène (nord-ouest de la Mésopotamie) aux second-troisième siècles de notre ère  sous Agbar IX (179-214). Bardesane vécu à sa cour et son fils Harmonius serait l’inventeur du répons.
Il semble que le chant hébraïque ait muté en cantilènes chrétiennes à travers des enrichissements d’origine hellénistique, païenne et hétérodoxe. Ecoutez des  répertoire ambrosiens, le chant bénéventin, les mélodies mozarabes de l’espagne wisigothique influencées par la liturgie juive et  la musique séfarade, qui précèdent le chant grégorien… le diabolus in musica (la quarte) d’origine orientale, sera chassée par la mélodie grégorienne au Moyen-Age (vers 1080)…
Ces recherches montrent la pluralité du christainisme du premier millénaire au carrefour des civilisations et se rapprochent de notre travail.

 

 

>>> Télécharger (20 Mo, 45 minutes)

 

Guer Toshav

Vous voulez tout savoir sur les Guer Toshav! Consultez donc ce nouveau site en ce jour de célébration www.guertoshav.org : ici

Judéo-christianisme, la « bibliothèque idéale » : 40 livres pour commencer !

Je propose ici une ‘bibliothèque idéale’ de 40 livres  passionnants (en fançais) avec des critiques, pour ceux qui le désirent, sur le site Entrée-Livre !

On peut se réjouit qu’un consensus ait émergé sur le fait qu’ une analyse du « Jésus de l’histoire » rigoureuse passe par l’ histoire et l’exégèse  en même temps qu’une « histoire de la foi », c’est à dire des croyances, qui commence du vivant de l’homme Jésus. Mais la limite de cette méthode dans les ouvrages de vulgarisation actuels comme chez beaucoup d’exégètes, c’est qu’elle ne mêle pour le moment le plus souvent que la méthode  historico-critique et l’histoire de la dogmatique chrétienne. Cela abouti actuellement soit : à  intégrer  des éléments d’histoire dans une dogmatique chrétienne revue et corrigée, donc in fine à reformuler des croyances chrétiennes en cherchant à rassurer le fidèle.  Soit, d’un autre coté, à relire de manière anachronique la figure de Jésus et le déploiement de son mouvement à l’intérieur de conceptions grecques ou modernes qui sont étrangères au milieu juif où s’est déroulé cette histoire et aux règles de sa « mécanique interne » : genre littéraires talmudiques, émetteurs, interprètes, vérification, règles d’exégèse du texte… Ainsi, il faut, certes, se réjouir du compendium de savoir exégétique d’une somme  comme celle des quatre tomes de John Paul Meier: « A Marginal Jew,  Jésus »… mais on peut aussi légitimement s’inquiéter qu’il ignore à peu près totalement le contexte juif et même la judaïté religieuse de Jésus. Le résultat aboutit ainsi à une réduction insensée de la personne de Jésus et de son évangile.

Bien sûr, des erreurs de base relativement courantes persistent : conception linéaire du déploiement des croyances chrétiennes, anachronisme projetant l’église romaine de langue grecque sur le mouvement de Jésus en tous temps et en tous lieux (présupposé d’une orthodoxie chrétienne avant le 4ème siècle), méconnaissance des modes de religiosité en monde juif et dans le culte de la cité antique, etc… mais la principale et la plus courante reste la tentation d’affirmer que « Jésus était juif » tout en niant concrètement dans le même temps l’impact de ce préalable méthodologique initial.

Il me semble donc qu’il faut repartir du milieu et de l’histoire mais surtout de la tradition d’Israël, le Talmud, inaccessible en dehors des maîtres concrets du judaïsme vivant si l’on veut comprendre l’évangile comme une Torah orale vivante… Lire la suite de « Judéo-christianisme, la « bibliothèque idéale » : 40 livres pour commencer ! »

France Info, Le livre du jour de Philippe Vallet : « L’invention du christianisme »

sur le site de France Info >>> y accéder

Jusqu’au IIe siècle, le judaïsme a été multiple…

Ce n’est qu’ensuite que naîtront ce qu’on va appeler d’un côté le judéo-christiannisme et, de l’autre, le judaïsme rabbinique que nous connaissons aujourd’hui. Cela signifie, par exemple, que la plupart des croyances chrétiennes comme le Dieu Père, l’Esprit Saint, la Résurrection des morts ou l’Apocalypse, ne sont que des croyances juives nées bien avant le christianisme. C’est ce que rappelle Didier Long, historien du judéo-christianisme dans son nouveau livre, L’invention du christianisme publié aux Presses de la Renaissance.

Ma nishtana ?

Cette année les Paques juive et chrétienne coincident du point de vue du calendrier. Ce soir c’est Pessa’h.

L’enfant pose rituellement ces questions à son père qui lui répond :

Français
Translittération
Hébreu
En quoi cette nuit diffère-t-elle des autres nuits ?
Ma nishtana, halayla hazè, mikol haleylot
מה נשתנה, הלילה הזה מכל הלילות
Car toutes les nuits, nous mangeons du pain levé ou azyme
pourquoi ne mange-t-on cette nuit que des azymes ?
shèbèkhol haleylot, anou okhlin hametz oumatza,
halayla hazè, koulo matza ?
שבכל הלילות אנו אוכלין חמץ ומצה
הלילה הזה, כלו מצה
Car toutes les nuits, nous mangeons toutes sortes d’herbes
pourquoi mange-t-on cette nuit des herbes amères ?
shèbèkhol haleylot, anou okhlin shèar yeraqot,
halayla hazè, maror ?
שבכל הלילות אנו אוכלין שאר ירקות
הלילה הזה, מרור
Car toutes les nuits, nous ne trempons pas même une fois
pourquoi trempe-t-on cette nuit deux fois ?
shèbèkhol haleylot, ein anou matbilin afilou pa`am a’hat,
halayla hazè, shtei fa`amim ?
שבכל הלילות אין אנו מטבילין אפילו פעם אחת
הלילה הזה, שתי פעמים
Car toutes les nuits, nous mangeons assis ou accoudés
pourquoi, cette nuit, sommes-nous tous accoudés ?
shèbèkhol haleylot, anou okhlin bein yoshvin ouvein mèssoubin,
halayla hazè, koulanou messoubin ?
שבכל הלילות אנו אוכלין בין יושבין ובין מסובין
הלילה הזה, כולנו מסובי

Quelle est la différence entre cette nuit et toutes les autres nuits ? demande l’enfant . C’est la première de quatre questions qui évoquent :

  • La hâte de quitter l’Égypte (le pain non levé),
  • L’amertume de la vie des Hébreux avant l’Exode
  • Les herbes qu’on trempe deux fois signifient la liberté et l’exil, on trempe le fenouil dans l’eau salée qui est celle des larmes
  • La coutume de manger allongé accoudé comme les citoyens romains (comme des hommes libres)

… quatre  grands thèmes de la Haggadah de Pessa’h, le récit de la libération d’Egypte.

Hag Pessa’h Sameah !