Le cédrat de Souccot, les multiples avis des Sages

« Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre aboth et des saules de rivière; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre D.ieu, pendant sept jours. » 

Lv 23, 40

La tradition commente largement cela dans les pages 30-36b du Traité Soucca :

L’etz hadar, le fruit de l’arbre magnifique a été compris comme le cédrat par la tradition juive.

« le fruit de l’arbre hadar », fait référence à Israël : de même que l’Etrog (cédrat) a un goût et un parfum, le peuple d’Israël compte des personnes qui possèdent la Torah et des bonnes actions.

«des branches de palmier », fait référence à Israël : de même que la date a un goût mais est dépourvue de parfum, le peuple d’Israël compte des personnes qui possèdent la Torah mais non pas des bonnes actions.

« des rameaux de l’arbre aboth », fait référence à Israël : de même que le myrte a un parfum mais est dépourvu de goût, le peuple d’Israël compte des personnes qui ne possèdent pas la Torah mais ont des bonnes actions.

«et des saules de rivière », fait référence à Israël : de même que le saule n’a ni goût ni parfum, le peuple d’Israël compte des personnes qui ne possèdent ni Torah ni bonnes actions.

Que leur fait Hachem ? Les annihiler, cela n’est pas possible ! Hachem dit : Que tous s’attachent dans un seul bouquet et les uns feront expiations pour les autres. Si vous faites ainsi, au moment (de ce lien), Je monte ; c’est pourquoi il est dit (Amos, 9 :6) : « Il a bâti dans les cimes sa demeure sublime (Ma’aLotav) » – quand monte-t-Il ? quand ils forment un seul bouquet, ainsi que le verset poursuit : « et appuyé sa voûte (Agoudato, litt. Son bouquet) sur la terre ».
Aussi, Moshé enjoint le peuple d’Israël : «Vous prendrez, le premier jour ».

Vayikra Rabba, 30, 12

 » Si des imperfections semblables à une ébullition sont apparues sur la majorité de l’ etrog ; si sa protubérance en forme de pilon sur la partie supérieure, l’extrémité de la fleur a été enlevée; si l’ etrog a été pelé, fendu ou percé et qu’il en manque une quantité, il est inapte. Cependant, si des imperfections semblables à une ébullition n’apparaissaient que sur mois de la moitié de la surface; si sa tige, qui le relie à l’arbre, a été enlevée; ou qu’il a été percé mais ne manquer pas de matière, il est conforme. Un etrog Cushite , qui est noir comme un Cushite, est impropre. Et en ce qui concerne un etrog c’est-à-dire vert poireau, le rabbin Meir le juge convenable et le rabbin Yehuda le juge inapte. Quelle est la mesure minimale d’un petit etrog ? Le rabbin Meir dit: Il ne peut pas plus petit qu’une noix en vrac. Le rabbin Yehuda dit: Il ne peut-être pas être plus petit qu’un œuf en vrac. Et pour un grand etrog , la mesure maximale est qu’on puisse en tenir deux dans sa main; selon rabbi Yehuda. Le rabbin Yosei dit: Il est conforme même s’il est si grand qu’il ne peut en tenir qu’un dans ses deux mains.« 

TB Soucca 34b

 » Rabbi Yehuda HaNasi dit: Ne lisez pas le verset tel qu’il est écrit, hadar , signifiant beau, mais lisez-le plutôt hadir , c’est-à-dire la bergerie. Et cela signifie que, tout comme dans cet enclos, il y a des grands et des petits moutons, des moutons sans tache et tachetés , de même que cet arbre a des fruits grands et petits, des fruits impeccables et tachetés . La Gemara s’interroge: Est-ce à dire que parmi les autres fruits il n’y a pas de grands et petits fruits, sans défaut et tachetés ? Comment cette description identifie- t-elle spécifiquement l’ etrog ? C’est plutôt ce que dit le rabbin Yehuda HaNasi : Tout comme dans un enclos, il y a à la fois des grands et petits moutons ensemble, de même, sur un arbre etrog , lorsque les petits apparaissent , les grands existent toujours sur l’arbre; ce qui n’est pas le cas des autres arbres fruitiers. »

TB Soucca 35a

 » La mishna continue: si des imperfections en forme d’ébullition sont apparues sur la majorité de l’ etrog , il est inapte. Rav Ḥisda a dit: Cette déclaration a été déclarée par notre grand rabbin, Rav, et que l’Omniprésent lui vienne en aide. Les Sages ont enseigné cette halakha seulement dans un cas où les imperfections sont concentrées en un seul endroit; cependant, si elles sont distribués à deux ou trois endroits dans l’ etrog , il convient. Rava dit au Rav Ḥisda: Si les imperfections sont réparties en deux ou trois endroits, c’est comme si le etrog était moucheté de différentes couleurs à différents endroits; il manque de beauté et est certainement inapte.« 

TB Soucca 35b

« La mishna continue: si son pitam a été enlevé, il est inapte. Le rabbin Yitzhak ben Elazar a enseigné une baraïta : cela signifie que si sa protubérance semblable à un pilon à son extrémité supérieure a été supprimée.« 

TB Soucca 35b

Chabbat Chouva Chalom !

Plateau iranien, 18e siècle.

Un passage énigmatique tiré du Talmud de Jérusalem (Makot 11 a) nous éclaire sur la Techouva :

« On demanda à la Hokhmah, la Sagesse : Qu’adviendra-t-il d’une âme qui a fauté ? La hohkmah répondit : « Le fauteur ; le mal le poursuivra ».
On posa la même question à la prophétie. Elle répondit : « Le fauteur devra mourir ! »
On posa la même question à la Torah qui répondit : « Qu’il apporte un sacrifice et le pardon lui sera accordé. »
Enfin, on demanda à D.ieu ! D.ieu répondit : « Qu’il fasse Téchouva, qu’il retourne à D.ieu et il sera pardonné. »

Tout cela est bien étrange. Pourquoi la sagesse, la Prophétie, la Torah et D.ieu auraient quatre avis différents ? Les quatre réponses apportées par la sagesse, la prophétie, la Torah et D.ieu sont les quatre étapes indispensables au pardon. Elles ne s’opposent pas mais se suivent. On ne peut pas pardonner comme ça de but en blanc, d’un pardon à bon marché qui ne coute rien mais qui finalement ne vaut rien ! C’est un chemin en quatre étapes. Pour « faire Téchouva », pour opérer un retour sincère à D.ieu. il faut d’abord parcourir une première étape que nous suggère la sagesse, la Hokhmah quand nous prenons un peu de recul. « Le fauteur ; le mal le poursuivra ! »

Nous prenons d’abord conscience de la gravité de notre faute. Nous avons blessé inutilement, nous avons trompé, volé, blessé, peut-être tué en disant du mal à distance. Le lachion hara peut faire tant de mal à distance ! Tant que nous ne sommes pas hantés par notre faute en y pensant chaque fois que nous nous arrêtons, rien ne peut arriver, cette faute détruit notre entourage, mais surtout notre culpabilité détruit. Nous devons être rongés par la faute pour que nos mauvaises actions ne continuent pas leur œuvre de mort en nous, dans notre couple, dans notre famille, dans la communauté, dans la société.

Une fois que nous avons pris conscience du mal que nous avons fait, arrive le message de la prophétie : « Qu’il meurt ! ». Nous sommes écrasés de remords. Nous prenons alors conscience que D.ieu nous a donné un cœur, un corps, une intelligence, la santé et que nous les avons utilisé pour faire souffrir notre prochain. Celui qui est fermement repentant arrive à la conclusion qu’il a gaspillé le don de D.ieu. Nous avons réalisé l’opposé de qui est dit par la Torah qui veut nous faire vivre. Notre vie en ce monde ne vaut donc plus rien : « Qu’il meurt ! » dit la Prophétie.

La Torah rentre alors en piste, c’est le dernier espoir : « Qu’il apporte un sacrifice et le pardon lui sera accordé. ». Mais pourquoi un sacrifice ? D.ieu aurait-il besoin qu’on tue des bêtes pour le satisfaire ? Le sacrifice, le korban d’une bête au Temple, provoque un électrochoc dans l’esprit de celui qui est sincèrement traversé par un remord déchirant. Grâce à ce choc émotionnel, je vois mon plus beau bien, ma plus belle bête sans défaut (temim), mourir. Je prends alors conscience que c’est moi qui aurait dû me trouver sur l’autel à la place de cet animal.

A ce moment, c’est la quatrième étape. Ne peut y arriver que le repentant sincère ! L’Eternel dit simplement : « Qu’il fasse Téchouva, qu’il retourne à D.ieu et il sera pardonné. » D.ieu attend de nous que nous nous améliorions, que nous modifiions notre comportement, et que nous changions nos habitudes. Et à cette seule condition d’avoir franchi ces quatre étapes, nous dit le Talmud, la culpabilité est effacée.

Chana Tova !

Ticha BeAv: Pleurer (et rire) sur Jérusalem

« Et les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’ébattront sur ses places. » (Za 8, 4)

“De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.”. (Za 8,4).

Le Talmud au traité Makkot page 24b (verso), se termine par une histoire paradoxale :

« Il arriva encore une fois que Rabban Gamaliel, Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi Josué et Rabbi Akiva se rendirent à Jérusalem. Quand ils atteignirent le mont Scopus, ils déchirèrent leurs vêtements. Quand ils arrivèrent au Mont du Temple, ils virent un renard qui sortait du lieu du Saint des Saints. Les autres se mirent à pleurer ; Rabbi Akiva rit.

Ils lui dirent : « Pourquoi ris-tu ? »

Il leur répondit : « Pourquoi pleurez-vous ? »

Ils lui dirent : « Un lieu [tellement saint] qu’il en est dit : “L’étranger qui l’approche mourra” (Nb 1,51) sur lequel s’est maintenant accompli : “Pour le mont Sion en ruines, traversé par les renards”, (Lamentations 5, 18) nous ne devrions pas pleurer ? »

Il leur dit : « C’est pour cela que je ris. Car il est écrit : “Je ferai témoigner en ma faveur des témoins fidèles, Urie le prêtre et de Zacharie, fils de Yebarékhyahou.”(Is 8, 2)

Quel est le lien entre Urie Et Zacharie ? Urie vécut à l’époque Premier Temple, et Zacharie à l’époque du Second Temple ! La Torah fait cependant dépendre la prophétie de Zacharie de celle d’Urie. Avec Urie, il est écrit : “C’est pourquoi, à cause de vous Sion sera labourée comme un champ ; [Le temple détruit Jérusalem redevient une terre inculte.] (Michée 3, 12). Avec Zacharie, il est écrit : “De vieux hommes et de vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem.”. (Za 8,4). Tant que la prophétie d’Urie ne s’était pas accomplie, je craignais que la prophétie de Zacharie s’accomplisse pas non plus. Mais maintenant que la prophétie d’Urie s’est accomplie, il est certain que la prophétie de Zacharie s’accomplira elle aussi. »

Sur ces mots, ils lui répondirent : « Akiva, tu nous as consolés ! Akiva, tu nous as consolés ! »

BLACK LIVES MATTER FOR JEWS !

« C’est pour cela que l’homme a été créé seul, pour t’apprendre que celui qui ôte une vie, détruit un monde entier ; et celui qui sauve une vie, sauve un monde entier.»

Talmud de Babylone, traité Sanhedrin 5, 5

Cette après midi à 18h00, à l’instant où George Floyd a été porté en terre aux US nous nous sommes réunis place de la République en sa mémoire pour huit minutes et 46 secondes de silence. Que la mémoire de ce père de deux enfants soit une bénédiction.

Pour nous les Juifs, les vies noires comptent.

On ne naît pas noir ou blanc ou juif ou musulman ou chrétien… on nait dans l’humanité.

MIMOUNA : Terbeh !!! Que tu réussisses

Il est de tradition juive marocaine, depuis trois siècles, de préparer à la sortie de Pessah la mufleta – une fine crêpe faite d’eau, de farine et d’ huile consommée chaude, tartinée de beurre, de miel, de sirop ou de  confiture… Au même moment dans certaines villes du royaume des familles musulmanes préparaient le nécessaire pour les crêpes, galettes, petit pain … qu’ils emmenaient ce soir chez leurs voisins ou amis juifs. On met sur la table  une assiette avec des pièces anciennes, des fèves. Le mot « Mimouna » viendrait d’Emouna, la foi en hébreu, la croyance en la venue du Messie. La Mimouna vient aussi de « Mimoun », la chance en arabe.
On mange aussi du couscous sucré.
L’explication de mon Rav Harboun sur l’oeuf dans la farine :

« Le dernier jour de Pessah s’appelle en araméen « Yoma dimchi’ha » en Hébreu « yom hamachiah » nous lisons le chapitre 11 du livre d’Isaïe qui traite du Messie.  Mais le problème est que le jour du Messie est précédé par  » Hévlé Machiah » qui signifie les souffrances à la suite de la venue du Messie. Pour échapper à ces souffrances les Juifs du Maroc ont institué la  ‘Mimouna’  mot arabe qui signifie la chance, au Maroc les juifs étaient particulièrement superstitieux et la peur de la souffrance les pétrifiaient. On a donc réservé le dernier jour de Pessah pour se persuader qu’on a de la chance et qu’on échappera à la souffrance du Machia’h. Pour donner corps à cette croyance il fallait la matérialiser par des symboles. L’oeuf symbolise une vie en puissance. Chaque oeuf peut devenir un poussin. La farine symbolise la vie :  un oeuf dans la farine cela veut dire que la chance ne reste pas en puissance mais qu’elle se manifeste dans la vie l’oeuf = vie en puissance;  la farine= vie manifeste. »


On fait cela en Corse aussi avec les campaniles : un œuf enserré dans le pâté qui n’est autre que le gâteau de Pourim au Maroc.

Brûler le ‘hamets qui est en nous

 » Que tout ‘Hamets, qui se trouve en ma possession, que j’ai vu ou que je n’ai pas vu, que j’ai aperçu ou n’ai pas aperçu, que j’ai détruit ou que je n’ai pas détruit, dont je n’ai pas connaissance, soit considéré comme inexistant et sans valeur, comme la poussière de la terre. »

JEWISH TROUVETOU : fabriquer un Keli

Trucs et Astuces en temps de Coronavirus

Vous êtes coincé car vous n’avez pas de kéli pour faire Netilat Yadayim ?

Comment en fabriquer un avec un cintre, une bouteille de Shampoing et un élastique ?

Sobre, design, fonctionnel, efficace, less is more… Mies van der Rohe quoi…

RADIO JUDAIK PARK : COVID, Nouvelles du Front

CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS | CONFINEZ VOUS
Les Français parlent aux Français. « Les carottes sont cuites », je répète « les carottes sont cuites ».

Message personnel : « Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA » je répète «  Le dress code du bal costumé est combinaison EBOLA  »

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus qui n’avaient jamais été observés auparavant. VIH, Ebola en Afrique de l’Ouest, Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale.

La plus grande partie de leurs microbes vivent avec eux depuis des siècles il s’y sont habitué. Le problème vient de la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, qui ont permis à des microbes d’arriver aux implantation humaines et jusqu’au corps humain.

Ça ne ressemble en rien à une grippe, symptômes très violents. 4 cas du front :

N.

N. est malade depuis jeudi dernier. Courbatures comme si on l’avait frappé. La fièvre est à 39 depuis, bon signe. Aucun problème cardiaque ou respiratoire

Y.

Dans un même appartement :

« Son frère 36 ans en à J+9 : Mieux ce jour après détresse respiratoire hier assez sévère.

Sa Maman 75 ans, à J+8 : aggravation ce matin assez sévère avec apparition de multiples nouveaux symptômes mais état stabilisé depuis 2/3 heures.

Up and Down violent inherent au COVID. 

Y 40 ans, elle parle avec une voix complètement brisée qui l’a surprise au détour d’une phrase

Y est malade depuis mercredi dernier 17h, aucun signe de fièvre, problème respiratoire

Hier… journée de merde… Gigantesque défaillance respiratoire.

Visite médecin des Urgences médicales de Paris (nb : 30, les meilleurs) arrive habillé avec des gants une combinaison et des protèges chaussures. A l’entrée il se recouvre d’une autre combinaison qu’il jettera à la sortie ; on n’est pas dans la série Techernobyl sur Netflix.

Le médecin fait ouvrir les fenêtre et évacuer l’air de la pièce.

Il ausculte Y avec des gants et précautions.

Poumons en surinfections en plus du COVID donc Pénicilline.

Electrocardiogramme qui détecte 2 anomalies… Bilan sanguin phase 1 : Infarctus du Myocarde semble écarté. Le reste semble normal.

Bilan sanguin sera connu demain.

Hospitalisée ? Non… pas encore assez grave.

Le cœur tient.

Plus de place à l’hopital, le médecins ne se déplacent plus. Les vieux urgentistes pleurent en réa’

Si le résultat de demain est ok pour le coeur on pourra donc dire que le souci à l’électrocardiogramme est une conséquence du COVID et de l’infection pulmonaire et non un problème cardiaque (elle n’en a jamais eu). Y est diagnostiqué COVID mais les seuls diagnostiqués sont les gens dans les hôpitaux. Donc les chiffres sont faux. Les gens crèveront à la maison.

Les labo d’analyses sont quasiment tous fermés à Paris.

Les labo qui se déplacent habituellement ne le font plus.
Pour Infos et si nécessaire un labo ouvert au 17 Avenue d’Eylau dans le 16ème, métro Tocadéro.

Le danger même si état stable survient entre J+8 et J+12

On considère qu’il faut être en J+10/J+12 pour être sorti d’affaire

Prions

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Psaume 30 : « Avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse »

Cigognes à Marrakech, la ville de mon maître le Rav Haïm Harboun :
« Le fidèle se dit Hassid en hébreu, comme hassida la cigogne car le cigogne revient toujours, fidèlement, techouv (reviens) mon fils »

Hier après Chabbat un ami rabbin m’a dit que les portes des cieux étaient fermées depuis que notre Temple a été détruit. Seules les larmes brisent désormais ces portes de fer du Ciel.

Je dédie donc cette traduction du Tehilim 30 à celles et ceux d’entre vous qui ont beaucoup pleuré.

Les mots des psaumes d’Israël, ce résumé de la Torah en cinq livres, disent toujours la vérité.

Tout le Psaume 30 joue sur une opposition :

– de la descente : à la tombe, dans la poussière, du sang qui coule vers le sol…

– et de la montée, du relèvement, de l’exaltation : qui est en fait la résurrection des morts.

D. relève littéralement celui qui tombe.

Le hassid (fidèle) en deuil s’habille de la ceinture (Sac/ cilice) de deuil et D. la remplace par une ceinture de joie.

Car « Sa colère ne dure qu’un instant » Et le Talmud demande :

Et si l’on demande : Le Saint béni soit-il se laisserait-il aller à sa colère ? C’est bien le cas car une baraïta rapporte « Dieu fulmine chaque jour » (Ps 7,12). Quelle est la durée de la colère divines ? – Un instant [CF Ps 30, 6 : « Car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance est pour la vie; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse »]. Et plus précisément ? Un cinquante-huit millième et huit cent quatre-vingt-huitième d’heure. (TB Berakhot 7a)

J’explique mes choix et commentaires en seconde partie :

א  מִזְמוֹר:  שִׁיר-חֲנֻכַּת הַבַּיִת לְדָוִד. 1 Psaume. Chant de la dédicace du temple; de David.
ב  אֲרוֹמִמְךָ יְהוָה, כִּי דִלִּיתָנִי;    וְלֹא-שִׂמַּחְתָּ אֹיְבַי לִי. 2 « Je t’exalterai Éternel : car tu m’as relevé, tu n’as pas donné la joie à mes ennemis.
ג  יְהוָה אֱלֹהָי–    שִׁוַּעְתִּי אֵלֶיךָ, וַתִּרְפָּאֵנִי. 3 Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri
ד  יְהוָה–הֶעֱלִיתָ מִן-שְׁאוֹל נַפְשִׁי;    חִיִּיתַנִי, מיורדי- (מִיָּרְדִי-) בוֹר. 4  Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol, tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.
ה  זַמְּרוּ לַיהוָה חֲסִידָיו;    וְהוֹדוּ, לְזֵכֶר קָדְשׁוֹ. 5 Chantez l’ Éternel, vous qui lui êtes fidèles, souvenez-vous de sa Sainteté
ו  כִּי רֶגַע, בְּאַפּוֹ–    חַיִּים בִּרְצוֹנוֹ:
בָּעֶרֶב, יָלִין בֶּכִי;    וְלַבֹּקֶר רִנָּה.
6 Sa colère ne dure qu’un instant, la vie Sa volonté; avec le soir viennent les larmes mais au matin l’allégresse.
ז  וַאֲנִי, אָמַרְתִּי בְשַׁלְוִי–    בַּל-אֶמּוֹט לְעוֹלָם. 7 J’avais dit dans ma paix: « Jamais je ne chancellerai »
ח  יְהוָה–    בִּרְצוֹנְךָ, הֶעֱמַדְתָּה לְהַרְרִי-עֹז:
הִסְתַּרְתָּ פָנֶיךָ;    הָיִיתִי נִבְהָל.
8 Dans ta volonté, Éternel , tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté
ט  אֵלֶיךָ יְהוָה אֶקְרָא;    וְאֶל-אֲדֹנָי, אֶתְחַנָּן. 9 C’est vers Toi que je crie, c’est vers Mon-seigneur que je supplie
י  מַה-בֶּצַע בְּדָמִי,    בְּרִדְתִּי אֶל-שָׁחַת:
הֲיוֹדְךָ עָפָר;    הֲיַגִּיד אֲמִתֶּךָ.
10 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? Raconte-t-elle ta fidélité ?
יא  שְׁמַע-יְהוָה וְחָנֵּנִי;    יְהוָה, הֱיֵה-עֹזֵר לִי. 11 « Écoute, Éternel , pitié pour moi ! Éternel , viens à mon aide ! »
יב  הָפַכְתָּ מִסְפְּדִי, לְמָחוֹל לִי:    פִּתַּחְתָּ שַׂקִּי; וַתְּאַזְּרֵנִי שִׂמְחָה. 12 Tu as changé mes lamentations en allégresse  Tu as délié mon sac et tu m’as ceint de joie
יג  לְמַעַן, יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד–    וְלֹא יִדֹּם:
יְהוָה אֱלֹהַי,    לְעוֹלָם אוֹדֶךָּ.
13 Ainsi mon âme chantera Ta gloire. Je ne serai pas muet.
Éternel , mon D.ieu ! je Te louerai toujours. »

Choix de traduction

Chant de la dédicace de la maison ( bayit : le temple); de David.

Je t’exalterai (aroumiméra : comme arôme) Éternel : car tu m’as relevé (au sens de « relever » d’entre les morts, résurrection), tu n’as pas donné la joie (sim’ha) à mes ennemis.

Éternel , mon Dieu, je t’ai invoqué, et tu m’as guéri (refaeyini, « refoua » la santé, comme refoua chelema, la pleine santé)

Éternel , tu as fait remonter mon âme du Cheol [séjour des morts, vallée prés de yéroushalaim], tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.

Chantez (zamerou) l’ Éternel , vous ses fidèles (hassid, hassidim au pluriel, « les pieux » comme hassida la cigogne car elle revient chaque année sur les rempart de marrakech), souvenez-vous de sa sainteté (lezerekh comme zakhor, le souvenir/ itzkor– prière des disparu de la shoah, quasho, comme quadosh);

Sa colère ne dure qu’un instant, la vie sa volonté (ratsono) ; avec le soir (erev), viennent les larmes, mais au matin l’allégresse.

J’avais dit en ma paix (chalom, la pais la complétude): « Jamais je ne chancellerai. » (Bal emot leolam, litt. : « sans soutien pour toujours »)

Dans ta volonté (retsonera, de ratson, volonté), Eternel, tu m’avais fortifié sur ma puissante montagne ; pourtant, tu m’as caché ta face et je fus épouvanté (nival, paniqué).

C’est vers Toi que je crie, c’est à Mon-seigneur que je supplie (et’hana, comme Oshia ha na ! Hosana, Hoshianot au pluriel, supplications de la fête de Souccot)

 « Que gagnes-tu à ce que mon sang coule ? A ce que je descende au tombeau?

La poussière a-t-elle pour toi des louanges ? (Ayodékha Afar

Raconte-t-elle ta fidélité?

 « Écoute (Chema ! comme la prière), Éternel , pitié pour moi (venanéni) ! Eternel, viens à mon aide ! »

Tu as changé mes lamentations en allégresse  (lamakhol li),  Tu as délie/ ouvert mon sac  [La toile grossière, portée sous la forme d’une ceinture autour des reins  est mentionnée dans la Torah comme symbole de deuil et de pénitence, cela a donnée le Cilice, une ceinture rugueuse ; Cf (Gn 37, 34 : « Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice (chak) sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils », 2 Samuel 3, 31, Esther 4,1)] et tu m’as fait une ceint de joie (jeu de mot avec le cilice-ceinture remplacé par la joie –simha)

Ainsi mon âme chantera ta gloire (Kavod). Je ne serai pas muet (velo yidom) Éternel , mon D.ieu! je te louerai toujours.