Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme

20181118_143123Au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris il y a une Soucca du XIXème siècle d’Autriche ou d’Allemagne du sud, composée de 37 panneaux numérotés (pour la remonter chaque année ! ). On y voit une représentation de Jérusalem avec ses murailles, le Kotel et la mosquée Al Aqsa ; au centre un paysage de la région du lac de Constance et à droite un écu avec les premiers mots du décalogue et un décor floral qui rappelle le sens de la fête. C’est très émouvant.

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J’ai enregistré là-bas pour un film sur les gestes dans le judaïsme, en l’occurrence le cédrat pour moi, le cédrat c’est le coeur intelligent, Lev Khorkhma, l’amour intelligent, désintéressé… on est tombé sur cette Soucca, les réalisateurs ont décidé de filmer là.

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Il y a aussi là l’expo sur Freud. A voir absolument.

L’île des Justes

« Mon fils que cherches-tu ? » « Tu as posé une question importante »

Blessing

Il n’y a pas de question idiote. Chacun de nous devrait vivre cet instant sur terre comme le dernier et la simple question d’autrui comme un miracle. Celui qui pose une question à un autre manifeste leur humanité commune. Est père celui qui est engendré par la question de son fils. Est maître celui qui est capable de s’enrichir de la question de n’importe quel passant.

« Ben Zoma disait : Qui est sage ? C’est celui qui apprend de chaque homme » nous dit le Pirké Avot (4,1)… est Sage (Hakham) et non pas le savant ou celui qui a la tête bien remplie comme on pourrait le croire et dispenserait généreusement son savoir… mais celui qui s’enrichit des questions des autres.

Une anecdote talmudique rapportée au traité Chabbat 30b-31a raconte cette patience paternelle du Sage Hillel ou premier siècle que le Pirqé Avot caractérise par une de ses citations : ‘‘Aime les créatures et amène-les à la Torah” (1,12) :

« On raconte que deux hommes avaient fait un pari. Ils dirent : « celui-qui réussira à mettre Hillel en colère aura gagné quatre cents zouz » (le salaire mensuel d’un ouvrier). Lire la suite de « « Mon fils que cherches-tu ? » « Tu as posé une question importante » »

Hag Souccot Sameah !!!

Dans la revue HAYOM (Suisse)

Dans la revue suisse HAYOM pg 26-27

https://www.gil.ch/wp-content/uploads/2018/09/Hayom69_Tout_web.pdf

Souccot arrive… la fête des etroguim

L’an prochain à… Bastia !

Hag Sameah !

Hayom sept

Hayom

Gmar ‘hatima tova

Kapparot – Kippour, Freud n’a rien inventé !

Freud n’a rien inventé !!!

kapparot

Le rituel des Kapparot vient de la racine hébraïque KPR qui a donné le verbe Lekapper qui signifie « remplacer » (tout comme Kippour) est un phénomène de transfertpsychanalytique.

Le rite des kapparot est un  rituel d’expiation, qui est apparu avec la disparition du rite du bouc émissaire de Yom Kippour. Le bouc émissaire était envoyé au désert chargé des fautes du peuple.

On agite un poulet au dessus de la tête d’une personne qui est ensuite abattu conformément aux règles halakhique (chohet). La valeur du poulet ou de la viande est alors donnée aux sans-abri ou aux pauvres comme un acte de charité – tsedaka.

On peut aussi remplacer ce rite par un don d’argent pour chaque personne de sa famille (Choul’han ‘Aroukh 605). Le coût symbolique de chaque Kappara est de 18€, la valeur numérique du mot « Vie », car une vie humaine ne peut pas être comptée car elle est un monde en soi et équivaut à toutes le vies.

Ce rite qui peut sembler à première vue d’un autre âge pratiqué la veille de Kippour, tout comme le « bouc émissaire », est en réalité d’une grande profondeur psychologique. Il s’agit d’un processus de transfert au sens psychanalytique du terme. Le transfert, moteur de la cure est un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne. Là le transfert se fait sur l’animal.

En effet, chacun est invité à scruter son âme pendant les dix jours redoutables qui séparent Roch Achana et Kippour. Le but est que chacun aille demander pardon pour ses fautes de l’année à son prochain qu’il a offensé, ou blessé, ou lésé. Cette techouva, ce « retour » vise à réparer, pas les fautes envers D-ieu comme on le croit parfois mais envers le prochain. La culpabilité collective est ainsi liquidée par ces rites  qui sont des processus d’abréaction.

En psychanalyse, on appelle abréaction  la réaction différée ou tardive, qui fait revivre l’événement traumatisant accompagné des affects pénibles avec lesquels il avait été vécu. Par exemple quand une personne revit un viol en le verbalisant et ainsi le neutralise en terme de culpabilité inconsciente. (Oui je sais c’est un juif qui a inventé la psychanalyse)

Il s’agit via la bête donc de REMPLACER (lekapper) la culpabilité pour éviter qu’elle ne soit refoulée dans l’inconscient et réapparaisse sous forme fantôme comme une addiction par exemple.

De même fonctionne le rite d’annulation des voeux avant Kippour (Kol Nidré), moment de grande émotion, est un rite de liquidation de la culpabilité collective :

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple
.

NB : je dois un certain nombre de ces réflexions à Jacob Ouanounou ce chabbat.

Les juifs de San Nicandro

Dans les années 30 à San Nicandro dans la région des Pouilles, une petite communauté italienne agricole s’est convertie au judaïsme.
Le plus extraordinaire c’est que ces hommes se sont convertis et qu’une partie est partie en erets Israël sans avoir jamais rencontré de Juifs de leur vie.
Après avoir lu la Bible que lui a donné un protestant sur son lit d’hôpital , Donato Manduzio, un paysan découvre que Dieu a créé le monde et établi le Chabbat le samedi.
Il décide alors que le salut « consiste à suivre la loi du Dieu d’Israël telle qu’elle avait été révélée à Moïse sur le Mont Sinaï » et de pratiquer le Chabbat.
Il pense que les Juifs ayant tous péri lors du Déluge, qu’il n’en reste plus dans ce bas monde, et que lui Donato Manduzio est appelé par le Tout-Puissant à ranimer une foi disparue depuis longtemps de la surface de la terre.
Très vite Donato convainc la moitié du village.
Ayant appris l’existence d’une communauté juive à Rome en 1931 Donato écrit au Grand Rabbin Angelo Sacerdoti : une demande de conversion sur carte postale! le Grand Rabbin de Rome croit à une blague.
En 1946, une circoncision collective permet à plusieurs d’entre eux d’être officiellement juifs.
En novembre 1949, ils font leur alya.

Que signifient les pains de Chabbat (‘hallot)

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בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹ-ה אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם. הַמּוצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ

Bénis sois-tu, Éternel, notre D-ieu, Souverain du monde, qui fais sortir le pain de la terre.

Les ‘hallot (deux pains du Chabbat) représentent les deux portions de manne que les Hébreux recevaient le vendredi pendant la traversée du désert (ils avaient une double portion le vendredi car ils ne pouvaient pas en ramasser le samedi en raison du Chabbat).

Nos Sages ont lu le texte du livre de l’Exode interdisant d’effectuer un travail à chabbat (sous peine de mort!) (Ex 31, 14-17), en l’éclairant par le passage qui le suit immédiatement.

Ce dernier commente la construction du Tabernacle (le michkane d’un verbe qui signifie « demeurer », ou « tente de la rencontre »- ohel moed) au désert, indiquant les différentes mélekhet mahachevet (œuvres conscientes) utiles à sa construction et au fonctionnement du culte qu’on y rendait. on consacre le pain car il présente cette oeuvre de la semaine, du temps profane.

Lire la suite de « Que signifient les pains de Chabbat (‘hallot) »

Yedid Nefesh, « Amant de l’âme »

Alta Rocca

Yedid Nefesh, « Amant de l’âme » est un poème liturgique que l’on chante à Chabbat. Il a été composé au XVIè siècle par Rabbi Elazar ben Moshe Azikri (1533 – 1600), auteur du Sefer haredim. Il exprime l’amour intense que l’on doit ressentir pour D-ieu.

Chacun des quatre versets a pour première lettre l’une des quatre lettres du Tétragramme, le Nom ineffable. ( YHWH )

Youd
« Bien-Aimé de l’âme, Père miséricordieux, incite Ton serviteur à réaliser Ton désir. Il accourra alors comme un cerf, pour se prosterner devant Ta grandeur !
Douce est pour lui Ton affection, plus suave que le miel le plus pur »


« Source rayonnante de ce monde, mon âme languit, dolente de Ton amour. Je T’implore, mon Dieu, guéris-la donc, en lui dévoilant la splendeur de Ton éclat !
Elle se ranimera et la santé elle recouvrera, pour Te servir à jamais »

Vav
« Ô Vénérable, que s’éveille Ton émoi, prends en pitié Ton fils qui Te chérit tant. Car au plus profond de lui, à contempler la magnificence de Ta puissance il aspire !
Je T’en prie, mon Dieu, désir de mon âme, ne tarde pas, ne Te dérobe pas »


« Révèle-Toi, Ami intime, sur moi déploie Ton pavillon de paix. Éveille la Terre à Ta gloire, et nous exulterons, ferons éclater notre joie !
Hâte-Toi, Bien-aimé, il me tarde de te rencontrer. Accorde-moi, je Te prie, Ta tendresse comme au temps passé »

יְדִיד נֶפֶשׁ, אָב הָרַחְמָן
מְשךְ עַבְדָךְ אֶל רְצונָךְ
יָרוּץ עַבְדָךְ כְמו אַיָל
יִשְתַחֲוֶה מוּל הֲדָרָךְ
כִי יֶעְרַב לו יְדִידוּתָךְ
מִנּפֶת צוּף וְכָל טָעַם

הָדוּר, נָאֶה, זִיו הָעולָם
נַפְשִי חולַת אַהֲבָתָךְ
אָנָא אֵל נָא, רְפָא נָא לָהּ
בְהַרְאות לָהּ נעַם זִיוָךְ
אָז תִתְחֵזֵק וְתִתְרַפֵא
וְהָיְתָה לָךְ שִפְחַת עולָם

וָתִיק, יֶהְמוּ רַחֲמֶיךָ
וְחוּס נָא עַל בֵן אוהֲבָךְ
כִי זֶה כַמֶה נִכְסף נִכְסַף
לִרְאות בְתִפְאֶרֶת עֻזָךְ
אָנָא אֵלִי, מַחְמָד לִבִי
חוּשָה נָא, וְאַל תִתְעַלָם

הִגָלֵה נָא וּפְרשׂ, חָבִיב
עָלַי אֶת סֻכַת שְלומֶךְ
תָאִיר אֶרֶץ מִכְבודָךְ
נָגִילָה וְנִשְׂמְחָה בָךְ
מַהֵר, אָהוּב, כִי בָא מועֵד
וְחָנֵנִי כִימֵי עולָם