Que l`âme de tout vivant bénisse ton nom ; Éternel notre D.,
et que l’esprit de toute chair glorifie et magnifie ton souvenir, o notre roi,
constamment d’éternité en éternité tu es D.
Hormis toi, nous n’avons pas de roi qui délivre et sauve, qui rachète et libère, qui répond et a pitié dans chaque moment de malheur et d’oppression.
Nous n’avons pas de roi qui secoure soutient si ce n’est Toi, D. des origines et de la fin, D. de toutes les créatures, seigneur de tous les événements, célébré par toutes les louanges, qui dirige son univers avec amour et ses créatures avec miséricorde ;
ô Eternel, D. vrai, qui ne sommeille ni ne dort, qui réveille ceux qui dorment et ranime ceux qui somnolent, qui ressuscite les morts et guérit les malades, qui dessille les yeux des aveugles et redresse ceux qui sont courbés, qui fait parler les muets et dévoile les secrets, c’est à toi seul que nous rendons hommage.
Et quand bien même notre bouche serait pleine de cantiques comme la mer ; notre langue, de chants, comme la multitude de ses vagues, et nos lèvres, de louanges, comme les espaces du firmament ;
quand bien même nos yeux seraient lumineux comme le soleil et la lune, et nos mains déployées comme les aigles des cieux, et nos pieds rapides comme les biches
nous ne pourrions épuiser l’hommage qui t’est dû, ô Eternel, notre D., bénir ton nom, ô notre roi,
ne serait-ce que pour un seul des milliers de milliers, des myriades de myriades de bonté que tu as accomplis pour nos ancêtres.
Jusqu’à présent, ta miséricorde nous a secourus et ton amour ne nous a pas abandonnés.
C’est pourquoi, les membres que tu as répartis en nous, l’esprit et l’âme que tu as insufflés dans nos narines et la langue que tu as placée dans notre bouche, te rendent hommage, bénissent, louent, glorifient et chantent ton nom, ô notre roi !
Oui, toute bouche doit te rendre hommage ; toute langue doit te louer ; tout œil doit espérer en toi, tout genou doit plier devant toi, tout être dressé doit se prosterner devant toi, les cœurs te craindre, les entrailles et les reins chanter ton nom, ainsi qu’il est dit :
« Que tous mes os clament, ô Eternel : « qui est comme toi qui délivre le pauvre d’un plus fort que lui, l’indigent et le malheureux de leur voleur ». [Ps 35, 10]
Tu entends la plainte des pauvres, tu es attentif au cri du faible et tu sauves !
Quelques passages du Talmud et de la Tradition sur le couple à l’occasion du mariage de Clara et Sharon. Mazel Tov à eux deux.
Le terme Kidouchin : « des consécrations en mariage » vient du verbe Kideich : « consacrer, marier » ; le Talmud Kidouchin explique « quand un homme prend sa femme » (Dt 22, 13). Par le mariage la femme est consacrée, sanctifiée/ particularisée pour son mari, elle est rendue interdite à tout autre, à la manière d’un bien voué au temple.
Dans le Talmud
« Le Saint béni soit-Il, fit dix dais nuptiaux pour le mariage du premier homme du jardin d’Eden, tous parés de pierres précieuses, de perles et d’or […]
Le Saint béni soit-Il dit aux anges de service : « Venez, allons combler de générosité le premier homme et sa compagne, car le monde tient sur la dimension de la bonté, plus que les sacrifices et les holocaustes qu’Israël M’offrira sur l’autel. J’aime la générosité prodigue, ainsi qu’il est dit : « Je désire la bonté du cœur et non les sacrifices » (Osée 6,6) Les anges de service allaient et venaient devant le premier homme, comme des garçons d’honneur veillant sur les dais nuptiaux […]
Le Saint béni soit- Il, était semblable au premier chantre. Et que fait habituellement un premier chantre ? Il se tient sous le dais nuptial et il bénit la mariée. De la même façon, le Saint, béni soit-Il, bénissait Adam et sa compagne, comme il est dit « D. les bénit » (Gn 1, 28) »[1]
« Si ta femme est petite, penche-toi pour lui parler et écoute son conseil. »[2]
L’idée est que l’homme doit grandir sa femme.
« Honore ta femme ; en agissant ainsi tu t’enrichiras. Un homme doit prendre toujours soin de l’honneur dû à sa femme ; ce n’est qu’alors que la bénédiction se manifeste dans sa maison » [3]
« Rabbi Lévi commence son discours sur le verset « Car Dieu est juge » comme ceci : une matrone romaine demanda un jour à Rabbi José ben Halafta : « En combien de jours Dieu a-t-Il créé son monde ? » Il répondit : « En six jours » Elle demanda ensuite « Depuis ce temps, comment Dieu occupe son temps » Il répondit : « Il forme des couples, en disant : la fille de cette personne devra être l’épouse de cette personne ». La matrone dit : « C’est tout ? moi aussi je peux faire de même ; J’ai beaucoup de serviteurs et de servantes, et je peux en faire des couples en moins d’une heure ». Rabbi José lui fit cette remarque : « Tu penses peut-être que c’est facile, mais Dieu trouve cela aussi difficile que de séparer la Mer Rouge », et sur ce, il prit congé.
Que fit la matrone ? Elle fit venir ses mille serviteurs et ses mille servantes, les aligna sur deux rangées et les réunit en couples pour la nuit. Le matin venu, ils allèrent à elle, un avec le crâne défoncé, un avec les yeux sortis de leurs orbites, un troisième avec un coude cassé. Ils dirent tous : « Je ne veux pas de cette femme pour épouse ». Elle fit venir Rabbi José et lui dit : « Rabbi, ta Torah est vraie, tout ce que tu as dit est juste » Le Rabbi répondit : « Le couple heureux chante, le couple malheureux pleure ; cependant Dieu forme les couples sans égard à leurs préférences. »[4]
« Un homme doit dépenser moins que ses moyens le lui permettent pour son alimentation personnelle, suivant ses moyens pour son habillement, et au-delà de ses moyens pour honorer sa femme et ses enfants, parce que ceux-ci dépendent de lui, tandis que lui-même dépend de Celui qui parla, et l’univers fut créé. »[5]
« Quiconque aime sa femme comme lui-même, l’honore plus que lui-même, dirige ses fils et ses filles dans le droit chemin, les marie de bonne heure quand ils sont aptes ; c’est à un tel homme que s’applique cette parole[6] : « tu sauras alors que ta tente est en paix » »[7]
Dans le Zohar
« De nos jours , quand tout le monde est concerné par le fait de gagner sa vie, un homme doit préparer sa maison et ses revenus en premier et seulement par la suite il pourra servir son Créateur et s’occuper à l’étude de la Torah, en accord avec ce qu’ont dit les Sages : « S’il n’y a de blé, il n’y a pas de Torah »(Avoth 3, 17) … On peut déduire de ceci l’exemple du Saint Béni soit-Il ; Il a en premier lieu préparé une maison [le monde] et toutes les sources de subsistance pour l’humanité et seulement ensuite a-t-Il créé l’homme et la femme et les a fait engendrer des enfants dans le monde »[8]
« Chaque âme et esprit, avant son entrée en ce monde, consiste en un mâle et une femelle unis en un seul être. Quand il descend sur la terre, les deux parties se séparent et animent deux corps différents. Au moment de la rencontre, le Saint béni soit-Il, qui connaît toutes les âmes et tous les esprits, les réunit à nouveau comme ils étaient au début, et ils constituent à nouveau un corps et une âme, formant les parties droite et gauche d’un individu ; donc, « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » […] Cette union, cependant, est influencée par les actions de l’homme et par la façon dont il chemine. Si l’homme est pur et que sa conduite plaît aux yeux de D., il sera uni à la partie femelle de l’âme dont il était une composante avant sa naissance »[9]
Midrash : « Bethsabée était promise à David depuis le Maassé Berechit »
Le Talmud dit de manière mystérieuse : « Bethsabée était promise à David depuis les six jours de la création »[10]. Cet apologue provient d’un midrash ancien. Ainsi, selon certains récits de la tradition rabbinique les couples ont été constitués par Dieu avant qu’ils ne se forment ici-bas. Cette idée est un développement de la réflexion biblique qui affirme la bipolarité sexuelle qui habite Adam a Richon au jardin d’Eden.
Rabbi Joseph Gikatila (1248-1325) un Kabbaliste espagnol du Moyen-âge commente ce Midrash très ancien en disant que loin d’être le fruit du hasard, de rencontres occasionnelles ou de passions aléatoires, le mariage idéal est le fait des retrouvailles face à face des deux moitiés d’une âme unique et androgyne primitive, qui fut scindée lors de sa venue en ce monde. Si ces retrouvailles sont immédiates pour l’homme juste, pour l’homme moyen elles passent par un premier conjoint et un couple mal assorti et disharmonieux, comme ce fut le cas pour Bethsabée et Urie le Hittite avant que David ne l’épousa.
Mais il est intéressant de constater que selon la Kabbale l’action théurgique de l’homme vertueux unit en haut les sefirot Yessod et Malkhout, les éléments féminins et masculins du plérome divin selon la conception de la Kabbala. En récompense, cet homme vertueux mérite de rencontrer sa partenaire féminine en ce monde et de reconstituer la forme parfaite de son âme. Et le rabbin médéival Joseph Gikatila explique que c’est la mauvais penchant de David qui l’empêcha d’épouser Bethsabée d’emblée. Il ne méritait pas de retrouver son âme. Le plus intéressant de la réflexion de Joseph Gikatila est qu’il présente le mariage de David et Bethsabée comme une anticipation prématurée de la Rédemption.
Dans la Torah
Le vendredi soir nous disons le cantique de la femme vertueuse echet hayil tiré du Livre des Proverbes :
« Heureux qui a rencontré une femme vertueuse ! Elle est infiniment plus précieuse que les perles. En elle le cœur de son époux a toute confiance ; aussi les ressources ne lui font-elles pas défaut. Tous les jours de sa vie, elle travaille à son bonheur : jamais elle ne lui cause de peine. […]
Ses fils se lèvent pour la proclamer heureuse, son époux pour faire son éloge : « Bien des femmes se sont montrées vaillantes tu leur es supérieure à toutes !»
Mensonge que la grâce ! Vanité que la beauté ! La femme qui craint l’Eternel est seule digne de louanges. »[11]
A Rouen, mon ami Jean-Christophe Batteria (corse du Cap marié à une Serraf) vous fait découvrir sur France 3 les plus anciens vestiges d’une université juive en France : « La Maison sublime », qui en 1150 était réputée jusqu’au Caire… elle est sous le palais de justice.
La « Maison Sublime » a été découverte à Rouen en 1976, sous la cour du Palais de justice. Construite vers 1100, juste après la 1ère Croisade, c’est le plus ancien monument juif de France. C’est aussi, selon certains, l’unique exemple d’école rabbinique (yeshiva) d’époque médiévale conservée au monde, d’autres défendant la thèse d’une résidence privée.
Dans cette université prestigieuse enseignaient des maîtres aussi réputés que Rashbam – le petit-fils du grand Rachi de Troyes – ou Menahem Vardimas, dont les gloses (tossafoth) sur la Bible et le Talmud faisaient autorité. Elle attirait aussi des grands savants étrangers, tel l’andalou Abraham Ibn Ezra, qui a largement contribué à diffuser la culture arabe en Occident.
C’est la première implantation juive en Normandie (Norman Golb) qui remonte à l’époque gallo-romaine alors que l’empire carolingien a créé un « royaume juif » de Rouen à côté de ceux de Narbonne et de Mayence. On sait aussi que Guillaume le Conquérant a emmené des Juifs de Rouen à Londres pour y créer une communauté sœur. Cette histoire est racontée dans le livre de Jacques-Sylvain Klein « La Maison Sublime ».
Une très bonne nouvelle, en septembre aura lieu à Bastia une exposition créée par le Centre Edmond Fleg à Marseille, et plus exactement par Martine Yana et ses équipes, sur les :
« Juifs réfugiés en Corse pendant la première guerre mondiale »
La Mairie de Bastia, en la personne de M. de Philippe PERETTI, adjoint au Maire, Délégué à la valorisation du Patrimoine , a donné son accord pour cette exposition, qui retrace une partie de l’histoire de l’île et de Bastia où la communauté juive est encore présente. La communauté israélite de Bastia et des juifs de la « diaspora » corse (Guy et Benny Sabbagh) participent à cette exposition. La Maison de la Corse à Marseille a donné un sérieux coup de main.
Cette exposition montre, s’il le fallait, les liens profonds entre les peuples Corse et Juif. Comment, en 1915, sont arrivée à Ajaccio 740 juifs syriens, vêtus à l’oriental, dont une partie a rejoint Bastia. Ces « syriens » juifs en fuite, chassés par les Turcs en Terre d’Israël à Tibériade, expulsés par les grecs de la Canée en Crète où ils avaient trouvé refuge au bout de 6 mois , ont été accueillis avec sollicitude par les Corse à Ajaccio puis à Bastia.
On remarque d’émouvants témoignages de la solidarité et de l’hospitalité corse qui n’ont rien de « légendaires ». Comme ces fiches de paie des instituteurs d’Ajaccio qui ont pris sur leurs salaires pour vêtir des enfants, des femmes et des hommes. Ces femmes et ces hommes ont immédiatement créé une école pour les enfants (photo), appris la langue Corse en plus du judéo-arabe et de l’hébreu !… En un an ils s’étaient tous trouvé un travail, et se sont fondus dans la population. Juifs et Corses à la fois.
Tout cela n’était que la préfiguration du fait bien connu que la Corse, pendant la seconde guerre mondiale et c’est le seul département français à avoir agi ainsi, de concert avec le peuple, le préfet de l’époque et les autorités de l’île ont désobéi aux ordres venus de Vichy… et n’ont pas « donné » les juifs promis aux camps, aux nazis. Les « syriens » en vadrouille en méditerranée… étaient alors devenus des « touristes » munis de vrais faux-papiers !
La femme du préfet et les dames de la société ajaccienne offrant des habits aux réfugiés « syriens », à gauche un rabbin en habit oriental
article de journal de l’époque montrant la descente du bateau des « syriens »
Le départ en 1920 d’une partie des « syriens » vers la terre d’Israël
Les « syriens » à Ajaccio et quelques serbes
La liste des réfugiés, on y remarque Jacàb-Moïse Tolédano, futur ministre des affaires religieuses du gouvernement Ben Gourion
L’école des enfants « syriens » à Ajaccio
L’Exposition est prévue au Péristyle du Théâtre municipal. La Soirée d’inauguration aura lieu en septembre à Bastia -horaire à venir.
Voici le texte de ma conférence donnée au congrès Schibboleth ET SI C’ETAIT JERUSALEM, à Jérusalem ce matin au Menachem Begin Heritage Center, face au Mont Sion le 19 avril 2016 (Programme du Colloque et intervenants : If it was Jerusalem). Commentaire du Tehilim 122, remerciements au Rav Haïm Harboun.
En hommage à Raphaël Draï et à Benjamin Gross Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah Sous la direction académique de : Michel Gad Wolkowicz vice-direction de : Michaël Bar Zvi Mon texte ci dessous est plus long car je n’avais que peu de temps.
Je voudrais commenter avec vous quelques versets d’un Chir Amaalot, un de ces Chants des montées (psaumes 120 à 134) que chantaient les pèlerins qui justement montaient à Jérusalem pour les fêtes à l’époque du Temple.
Un de ces psaumes que j’ai dit pendant dix ans dans le silence d’un cloître bénédictin… et qui a commencé à s’éclairer lorsque j’ai rejoint le judaïsme de strict observance de la synagogue au bout de ma rue. La Tente de la communauté Ohel Abraham dont le miniane m’accompagne ici. Je suis alors revenu, il y a maintenant 6 ans, au judaïsme de mes ancêtres annoussim de Corse du sud. J’ai fait téchouva et me voici revenu à Yéroushalaïm. Baroukh Ata Hachem, hama’hazir chekhinato letsione. Béni soit l’Eternel qui fait revenir sa Chekhina à Sion, nous dit la 17 ème bénédiction.
Je veux remercier Mischa qui me donne l’occasion de marcher avec vous sur cette terre des vivants »[1] comme dit un autre Téhilim et dont Nahmanide nous a dit qu’elle n’est autre que celle de ceux qui sont vraiment vivants, les ressuscités. Des mots qui prennent tout leur sens ici et maintenant à Jérusalem en cette veille de Pessah.
Je veux dédier cette méditation à mon Maître, j’allais dire mon père, le Rav Haïm Harboun[2]. Par un drôle de hasard, je suis présenté à cette table ronde par un de ses élèves à Maïmonide et d’autre part… Cyril Aslanov qui enseigne la linguistique à l’Université Hébraïque de Jérusalem m’a confié avoir appris l’hébreu avec la méthode créée par Haïm Harboun pour apprendre l’hébreu à de nombreux enfants, Chevilim. Il n’est à peu près rien qui je vais dire ici que je n’ai vu de mes propres yeux sur les lèvres de mon ami, et ceci n’est pas une précaution oratoire mais la plus stricte vérité.
Je vais donc vous parler d’abord de l’Unité de cette ville et de son pouvoir de guérison des fractures. Dans un second temps j’essaierai de comprendre le Chalom qui règne dans ses palais. Enfin je voudrais dégager la signification religieuse du Temple de Jérusalem pour toute l’Humanité. Lire la suite de « Chaalou Chalom Yérouchalaïm, Didier Long au congrès Schibboleth, Jérusalem »→