Noms corses et patronymes juifs d’Italie

Carte de Corse du XVIè s

Carte de Corse par Egnazio Danti , Galerie des cartes musée du Vatican – 1580.
La vue est celle d’un génois arrivant en bateau découvrant le Cap corse.Carte de Corse XVIes détailCarte de Corse par Egnazio Danti , Galerie des cartes musée du Vatican – 1580 détail du sud.

Pietro massa

Offre de Petro Massa et Giacobo Parmero de Vintimille du 14 novembre 1577 adressée au Bureau de la Corse de l’Ufficio di San Giorgio de Gênes (banque publique), proposant d’amener 150 familles de la riviera du Ponant (cote Ligure) pour  reconstruire Porto-Vecchio et la nommer Ventimiglia la Nuova – la Nouvelle Vintimille. (A.S.G., Corsica, n.g. 7)

« La seule science dont s’occupent les Corses est celle des généalogies », écrivait Gabriel Feydel dans Mœurs et coutumes des Corses  en 1799 dans un rapport adressé aux membres du Directoire. Ils partagent cette passion généalogique avec les juifs.

Les Juifs qui vivent en Italie au XVIe siècle sont là depuis toujours pour certains, d’autres sont des Juifs ashkénazes qui, surtout au XIVe siècle, ont quitté l’Allemagne pour l’Italie, des Juifs français qui durent abandonner la France, et à la fin du XVe siècle et au cours du XVIe, et enfin ceux arrivés avec l’émigration sépharade d’Espagne à Gênes après 1492 puis Livourne au XVIIè siècle. Ils vont se fixer en Italie, chassés de ville en ville ou fuit vers l’empire Ottoman puis plus tard pour certains vers la Tunisie (granas) Des contacts avec l’Orient ont toujours existé, particulièrement à Venise et en Italie du Sud. On trouvait souvent trois synagogues dans une même ville — la scola italiana, la scola tedesca (allemande), la scola spagnola. A Gênes au XVIè siècle les juifs parlent l’espagnol dans une ville où l’on parle le toscan.

La fragmentation du judaïsme italien à la Renaissance, Rome n’est pas l’Ombrie, Milan ou Gênes, Sienne ou de Volterra, les ghettos à partir de celui de Venise en 1516 et Gênes en 1660 rendent les généalogies complexes.

Tandis que sur le continent les noms de famille sont déjà fixés ils ne se généralisent que bien plus tardivement en Corse. à partir de 1769 sauf pour les immigrés et les notables. Pour cent noms de famille corses, parmi les plus fréquents, on trouvera soixante-dix huit prénoms (Arrighi = Enrico, Taddei = Thaddée, Mattei,= Matthieu, Matinetti = Martinu, Martin, Sabiani = Sabin, Bartoli = Bartholomée, Ceccaldi = Hypocoristique de Francesco, Nicolai...), seize noms de lieux, cinq surnoms et seulement un nom de métier. 80 % des noms de famille corses se retrouvent en Italie. Les actes de baptême, de mariage et de sépulture étaient rédigés en latin et sont très peu nombreux.  La généralisation des noms de famille commence avec le recensement de 1769 réalisé par l’administration royale de Louis XV. Les noms ont été alors toscanisés… on a ajouté des trémas inconnus : Nicolaï. Un « Jacques » latin « Jacobo » Giacomo en italien, a pu devenir « Jacobi », ou Giacobbi. Diffiicile à savoir.

Des nombreux patronymes parfois très anciens en Corse apparaissaient parmi les noms juifs répertoriés en Italie du Nord : les Angelini, Bianchi, Bianchini (Biancarelli en langue corse), Colombo (Devenu Colombini, Colombani en Corse), Colonna, Falco, Falcone, (devenu Forconi en Corse du sud), Gentili, Guglielmi, Leoni, Marchetti, Mariani, Marini, Massa, Morelli, Olivetti, Padovani, Paoli, Poggio/Pogioli (« petite montagne » noms trés répandu en Ligurie et en Lombardie), Polacci (polonais), Quercioli, Raffaelli, Rocca, Romano/ Romani, Rosselli, Rossi, Sanguinetti, Serra, Susini (Susani, Susin en italie), Torre, Ventura, Vitale, Vitali, Zanotti… sont bien connus en Corse. Massa (comme Petro Massa) le reconstucteur de Porto-Vecchio en 1569, est un patronyme porté en Corse et par des familles juives en Italie du nord. Il apparaît sous la forme Mazza en Calabre. Des patronymes juifs liés à des villes comme Pisa, Parma, Parmero, comme celui de son compère Giacobo Parmero sont courants en Italie.

Un nom de note île comme Ventura ou Venturi, dérivé en Venturini, était donné aux orphelin pour leur souhaiter la « Bona Ventura », bonne chance. Mais il faut savoir que pleins de Venturi aujourd’hui sont juifs dans le monde séfarade. Bonne chance se dit Mazel Tov en hébreu…

En Corse comme dans beaucoup d’endroit des marranes adoptent des noms de ville. Ainsi du nom Rogliano. Il est fort probable que des juifs de Calabre aient pris le nom de la ville de Rogliano où il y a une forte communauté juive depuis le 10ème siècle, ce qui était un classique (voir ci joint « Storia degli ebrei italiani – volume primo » de Riccardo Calimani). On trouve la trace des juifs dés le Xème siècle à Naples, Salerne et en Calabre : à Rossano, Cosenza, Paterno, Celico, Rogliano, Scigliano, Carpanzano et Stilo. Rien d’exceptionnel à ce que ceux ci débarquent en Corse comme dans toutes les grandes îles de la Méditerranée. Même si vers 1160 ne vivent à Gênes « que deux juifs » selon le voyageur juif Benjamin de Tudèle. Ils arriveront « par milliers » si l’on en croit l’Inquisiteur antisémite Bernardino da Feltre qui gonfle sans doute les chiffres en chaire pour mieux prédire la peste à Noël 1492 ( épidémie qui arrivera au Printemps !… le juifs femmes, vieillards et enfants étant alors parqués sur les docks en plein hiver) .

Les Rogliano de Corse sont probablement arrivés de là au XVIIè siècle. Je sais bien qu’un village en Corse se nomme Rogliano… et assez curieusement des juifs on trouve une mention de ce village Rogliano dans les archives de Gênes sous la plume d’ un notaire génois Abraham Rivanegra. (Source : The Jews in Genoa: 507-1681 de Rossana Urbani,Guido Nathan Zazzu, pg. 208)
Le 20 août 1592 un certain Samuel dit aussi Simon Aschekénazi (Simon l’allemand : des ashkénazes arrivent à Gênes au cours de la seconde moitié du XVIe siècle) promet de donner à Scipione Luvico de Rogliano, 210 doublons d’or sous 8 jours pour un voyage qu’il entreprend à Tabarca, une île de la Méditerranée située à environ vingt kilomètres au large de la ville d’Alicante (Espagne).

Rogliano

Ces marins au long court de Rogliano dans le cap commerçaient avec les juifs de Gênes et d’Espagne. Il est probable que toutes ces villes  d’Italie, d’Espagne et de Corse étaient liées par le commerce des réseaux juifs de marchands-banquiers juifs et corses et probablement les deux à la fois…

Nous avons déjà parlé du patronyme Massa une ville d’Italie ou se trouvaient de nombreux juifs qui donnera son nom au Massa qui fonda Porto-Vecchio, Vintimillia la  Nova avec ses 150 compères de toute l’Italie. Les juifs de Massa et Carraca ont du porter le « badge jaune » en 1648 et étaient châtiés s’ils n’obtempéraient pas. Le premier a imposer le port de ce badge aux juifs des provinces d’Italie fut le Pape Innocent III (1198-1216).

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Les Leoni, Leonelli… sont probablement moins des lions corses que des orginiaires de la ville de León. Les Pinhel (nom dérivé de la Peniel biblique) (Source) de la ville éponyme au Portugal où vivaient des marranes deviendront des Pinelli.

Les Foa (qui signifie « foi » ou « Foy ») , Foata, les Figari bien connus en Corse apparaissent dans les archives de Gênes:

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Les Padovani, Padovano apparaissent bien parmi les noms juifs italiens. Ils peuvent venir de Padoue ou… d’Antoine de Padoue.

Sanguinetti est le nom d’une puissante famille de banquiers du XVIIIème siècle dont une rue du Ghetto de Modène porte encore le nom. Abraham et Aaron Sanguinetti sont membres de la corporation des filatures de soie de Modène en 1750. Moisè Sanguinetti est un des chefs de la communauté à l’époque.

Mochi

Certains noms sont des italianisations directes de l’hébreu comme les Mochi (« intelligent » en hébreu) qu’on trouve chez les juifs du Liban (voir au dessus et ici), les Guidici, Del Giudice, un nom de famille juive bien connu en Calabre. Les Giudici sont les Dayanim (juges), les Gentile sont les gentils, c’est à dire les non-juifs pour un juif.Le nom Cervi courant en Italie du nord et dans le village de Lévie en Alta Rocca désigne un cerf, ll est peut-être la traduction de l’hébreu Nephtali classique dans le judaïsme italien. Les Sansoni, Sansonetti, se réfèrent au Samson biblique tout comme les Giacobbi ou Simenoni. Les Pace ou Pacifici  (un nom juif d’Italie de Livourne) ou Pacini répandus dans le su de la Corse peuvent être la traduction de Shalom mais aussi les paceri (hommes de paix) institués par la Constitution de Paoli en 1755 qui faisaient la paix entre les famille lors des vendettas… Santelli, Santoni peuvent avoir une origine juive (qadosh, sanctifié), c’est  aussi le prénom Santo (saint) répandu dans le Lazio et en Calabre, mais le judaïsme hésite  à « sanctifier » autre chose que D… mais des annoussim s’appellent bien Kadouch et des juifs italiens s’appellent bien Evangelisti…Les Moro, Mori, Moretti ce sont les bruns mais aussi des patronymes juifs d’Italie bien connus.

Généalogies corses

Registres corses

Certains noms très répandus en Corse comme celui des Memmi qu’on retrouve à Tunis, probablement d’origine livournaise, proviennent directement d’Espagne : Le grand rabbin Shimon Meimi originaire de Ségovie fut torturé à mort à Lisbonne en 1497 avec toute sa famille car il refusa la conversion que lui proposait le roi Manuel, alors qu’il était enfermé avec 10 000 autres juifs sans nourriture et sans eau et que seuls 40 résistèrent. Samul Usque, en accord avec les sources chrétiennes, raconte que les juifs furent trainés par les cheveux et la barbe dans les églises pour être oints d’eau et baptisées de force. Certains se suicidèrent en se jetant par les fenêtres de l’édifice des Estaus ou en se jetant dans des puits. Memmi signifie « mon fils » en langue berbère.

Parfois le nom est un prénom comme Donat. Un nom de famille très répandu en Corse comme les Donati est aussi très répandu dans la communauté juive de Modène où l’on trouve un Donato Donati né à Bolzano en 1550, marchand et blanchisseur, fils de Samuel Donati et frère d’Abraham Donati de Vérone. La tombe de la famille se trouve au cimetière israélite de Modène.

Les patronymes issus de la nature communs chez les marranes portugais : Figueras, Oliva, Spinoza (l’épine), Aguilar (l’aigle)… deviennent en Corse des Figari, Olivetti, Spinozi, Forconi (les faucons)…

spinoza

L’équation nom de famille = religion doit cependant être maniée avec prudence et croisée avec d’autres sources. De nombreux Jacobi de la Renaissance n’ont rien de juif les juifs ne sont évidemment pas les seuls à avoir reçu comme on en trouve en corse des prénoms, des réalités de la nature (Branca, « la branche » nom de famille de ma grand-mère, ou toponymiques : Valli : « ceux de la vallée », Muratelli, « ceux du village aux petits murs »), de métiers (Forconi : « le fauconnier ») ou des noms de caractéristiques physiques (Biancarelli : les blonds).

Il n’en reste pas moins vrai que les familles Blanca – Blanca, Branco- Branca sont parfaitement connues parmi les exilés d’Espagne et que c’est peut-être l’origine de ce patronyme en Corse. Les Blanco (« Blanc », Laban en hébreu) viennent d’ Alburquerque (devenu un nom répandu en Turquie) et de Galice en Espagne, des régions à la frontière du Portugal. Les Blanco/ Blanca de la province de Salamanca sont devenus Branco/ Branca en fuyant vers le Portugal. 

L’origine d’un Christophe Colomb en Corse est peu probable, celui-ci était probablement un marin génois, par contre il semble maintenant assez clair que l’Amiral de la mer Océane parti découvrir la Nouvelle Espagne le lendemain de l’expulsion des juifs d’Espagne était d’origine conversos espagnole par sa famille. C’est ce qui explique son oeuvre en espagnol et pas en Toscan. Les Colombo de Corse se retrouvent aussi à Gênes d’où ces conversos viennent très probablement. Pour la petite histoire la famille de Colomb a exfiltré de nombreux juifs d’Espagne dont beaucoup partiront vers la Jamaïque. Certains deviendront des pirates dont les tombes (photo) dans le Nouveau Monde rappellent le combat contre la flotte de la puissance espagnole. (voir ici leur histoire)

Pirates

Ce n’est pas parce que le nom Rossi est fortement implanté dans la communauté juive d’Italie ( Azaria (Benaiuto) di Rossi, dit Azarya min HaAdoumim est un des plus grands intellectuels juifs de la Rennaisance) qu’on peut immédiatement en déduire que les centaines de milliers d’Italiens et de corses qui portent le nom de famille Rossi ou Rosso sont tous des juifs ou d’origine juive. Juifs et chrétiens ont suivi des chemins identiques dans la formation des patronymes à la fin du Moyen Age.

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L’un des plus anciens Mazhor du monde, réalisé en 1490 en Toscane vers 1490.

Les noms judéo-espagnols terminés en ES et en EZ (Alvarez, Bales, Diaz, Dominguez, Fernandez, Gomez, Gonzalez, Hernandez, Lopes, Lopez, Rodriguez, Sanchez,  …) typiques des réfugiés de la péninsule ibérique et présents dans les communautés italiennes on été italianisés en Corse, les Balaix, Bales sont devenus Balesi.

D’autre part on trouve de trop nombreux noms du judaïsme italien pour ne pas soupçonner une immigration juive en Corse à la fin du Moyen-Age au moment de l’exil des sefardim d’Espagne via Gênes comme je l’ai déjà montré. Même s’il est clair que des  marchands juifs aragonais ou Catalan, parcourent la méditerranée où ils commercent, Corse comprise, de manière intense du IXème au XVème siècles.

Chaque fois que je me trouve dans une ville italienne, j’essaie d’imaginer si, et comment, les Juifs y ont vécu. Je connais très bien certaines de ces villes. J’ai passé de nombreux étés dans la paix de la belle ville de Spoleto, en Ombrie. En me promenant dans ses rues, je peux reconstruire sans difficulté l’histoire de Spoleto depuis l’époque de Hannibal. Mais quand je pénètre dans la petite rue médiévale qui aujourd’hui s’appelle Via San Gregorio alla Sinagoga, je suis déconcerté. À quel moment la synagogue qui s’y trouvait cessa-t-elle d’être une synagogue? Le nom de la rue indiquerait-il que l’église de San Gregorio a été construite sur la synagogue? Et où sont les descendants des célèbres docteurs juifs de la Renaissance à Spoleto, parmi lesquels il faut citer David de’ Pomis, l’auteur du dictionnaire hébreu-latin-italien Zemah David, «La descendance de David», dont je me servais quotidiennement dans mon enfance? Actuellement à Spoleto vit une seule famille juive, originaire de Rome. Je devrais peut-être ajouter qu’il y a deux ou trois ans, j’ai appris qu’un couple d’artistes juifs américains avait essayé de gagner leur vie en ouvrant un bar à sandwichs à Spoleto. J’espère que la chance leur a souri. (Arnaldo Momigliano)

On retrouve ces noms des juifs d’Italie dans le livre de Samuele Schaerf, I Cognomi degli Ebrei in Italia, Casa editrice « Israël », Firenze 1865-1925, 1925, voir quelques noms sur ces sites :

Voir aussi plus largement :

59 commentaires sur « Noms corses et patronymes juifs d’Italie »

  1. Monsieur Didier
    Pouvez vous me renseigner sur les Scialom du Sud de La France? Il se peut qu’il ait pris d’autres formes comme Salom, transformation en Chalom ou encore Chalon.
    Merci
    MM

  2. Mes grands parents sont originaires d’Italie près de Venise. GIORDANO veut dire le Jourdain.
    « Dis moi ton nom je te dirais d’où tu viens ». Comment savoir si j’ai des origines juives.Je suis très attirée par l’étude de la Torah. Je suis comme le saumon je cherche à remonter à la source. En faisant mes recherches j’ai trouvé trois familles du même nom qui sont juives. Merci pour votre aide. Cordialement. Giordano Mireille.

  3. nous avons tous un ancetre juif ou nous sommes juifs sans le savoir. Alors controns tous les antisemites de tous bords et defendons le seul etat qui les , nous, protege: israel !! amen!!

  4. Shalom. Je viens à l’ instant de découvrir ce site et d’ apprendre que le nom Santoni pourrait être d’ origine juive. J’ en serais honoré car mon grand père de corse s’ appelait justement Santoni. Toujours est-il que mon nom du côté paternel est Krack, or je n’ ai jamais rien appris sur lui. Je sais seulement qu’ il est né près de Hambourg, c’ est tout. J’ aimerais
    tant en savoir plus, si cela était possible. Que Dieu vous bénisse. Armand

    1. Armand, je ne sais pas pour Crack. Les Cristiano étaient juifs et certains Santoni de Corse sont probablement des Kadoch (saint, séparé, particularisé) a l’origine

  5. Ma grand mère paternelle possédait beaucoup de livres en hébreu. Son nom de jeune fille était SIMI, dans certains vieux papiers la signature est SEMI quelquefois SIMY. Est ce que quelqu´un peut me dire si ce nom est d´origine juive. Merci d´avance.

  6. Bonjour, mes grands parents paternels étaient italiens..BASSETTI pour l’un, originaire de Lombardie et DE MARCO pour l’autre..des Dolomites..personnellement j’ai toujours été passionnée par l’histoire et la religion juives et je cherche la source!! pouvez vous m’aider?? merci

    1. Bonjour

      Mr Conqui, Directeur de l’ecole de l’Alliance Israélite , dans les années 40-50 a Rabat-Sale ( Maroc)
      Je vous conseille de chercher dans les archives de l’AIU a Paris
      Nathan

  7. Bonjour.
    Ma grand mère paternelle était née lovato, de Roncà Italie. Son père était David Lovato .
    Mon arrière grand mère paternelle était née sous le nom de tedeschi, à Reggio Emilià.
    Je recherche mes origines.
    Merci de votre aide.

  8. Bonjour à tous. Du côté maternel mon arrière grand-père s’appelait Sandrin nom rare en France. Origine italienne et juive probablement. J’aimerais en avoir la confirmation pour l’instant ce n’est qu’une intuition. Du côté du grand-père paternel c’est un cousin Zimmermann qui apparaît là aucun doute à mon avis. Merci de vos réponses.

  9. Bonjour à tous. Je souhaite quelques éclaircissements sur le patronyme Romano de ma famille s’étant établie en Lombardie juste avant la réunification de l’Italie par Garibaldi. Merci à vous

      1. Bonjour Didier, Merci pour la réponse. Effectivement c’est ainsi! Mais sauriez-vous, à la lumière de vos sources d’informations, me dire: a) de quelle(s) région(s) venaient ces juifs qui s’établirent à Rome et pas ailleurs et b) dans quel laps de temps de l’histoire cela se passa-t-il??
        Très beau printemps que je vous souhaite.
        Marcello

      2. Les juifs de Rome sont les plus anciens juifs d’Italie. arrivé probablement dés le second siècle avant notre ère avec une accélération en 70 à cause des déportations de Judée lors de la destruction du second Temple. Ils restent la grande partie des juifs d’Italie jusqu’au Moyen Age à l’arrivée des ashkénazes d’Allemagne puis des séfarades d’Espagne à partir de 1391 avec un flux qui grossit en 1492 à partir de l’Espagne et 1497 du Portugal et ne se tarit pas jusqu’au 18ème siècle. (d’où les différentes scuola portuguaises, tedeschi-allemands, spagnola…).

  10. sans oublier le nom de famille assez répandu en corse et en italie tranlitération romaine Pasquini pour Paque – translitéré Pasha en grec et dernière transformation pour Pessah et nous voila en Israel toute ma famille qui a imigré en corse porte une multitude de prénom hébraique du pere et grand pere et arriere grand pere

    1. Les noms de types CRISTIANI , EVANGELISTI, etc…, sont souvent des exégérations marranes pour ne pas apparaître juif je l’ai vérifié dans le Niolu (CRISTIANI).

  11. bonjour est ce que « serreri » est un nom qui a été modifié autrefois? forte ressemblance avec serrar, serror, serrera

      1. Votre nom Serrero apparaît à Séville en 1492. Je vous envoie en copie une page du livre SANGRE JUDIA de Pere Bonin Espanoles de ascendencia hebrea qui le prouve.
        On retrouve un Samuel Serrero à qui a fui l’Espagne à Fez au Maroc mort après 1622. (voir ici :
        On trouve un rabbin sépharade Saul B. David Serrero qui vécut au début du XVIIe siècle à Fès, (voir ici : etc…
        Le nom est commmun en italie comme Alberici y Serreri.
        On le trouve ne Corse à Bastia en 1742 et 1785, à Quenza en 1777 et à San Gavino di Carbini en 1840 sous le nom SERRA.
        SERRERO vient de SERRA décliné en SERRAF, SERRANO, SERRERO, SERRALLER, SERRALLERO, SERRALTA, etc… tous des noms ayant ete portes par des Juifs. Un patronyme qui se trouve dans le « Dicionario Sefaradi de Sobrenomes »
        Ce nom se retrouve dans les villes suivantes : Mallorca, Amsterdam, Curacao, Livorno, Brasil, Portugal, Dutch Brasil, (C)** Montanhes, Mountaineer bef. 1400, CAR, EFW, EMM, JAU, JPE, KPIA, MEL, SAM, SWE, VSO, ZUB, Inquisicao de Lisboa.
        Les initiales signifies les sources ou ce nom se retrouve.
        EX. CAR : Raizes Judaicas no Brasil – O Arquivo Secreto da Inquisicao, Flavio Mendes Carvalho (Nova Arcadia 1992).
        Inventario das victimas brasileiras do Santo Oficio por delitos ligados a judaismo.
        EFW: Egon e Frieda Wolff, Quantos Judeus Estivetam no Brasil Holandes e Outros Ensaios, Rio de Janeiro, 1991
        EMM : Isaac S. Emmamuel. Precious Stones of the Jews of Curacao, Curacao Jewry, 1656-1957, New York 1957.
        JAU : Joan Rosselo Literas e Angel Jaudenes y Gual de Torrela. « La Aljama de Mallorca. Noticies del Siglo XIV, Mallorca, (mannuscrito), 1996.
        JPE :Jean Pierre Filippini. Il Porto di Livorno e La Toscana (1676-1814), III Napoles 1998
        KPIA : Ketuboth van de Portugees-Israelietische Gemeente te Amsterdam van 1650-1911.
        MEL : Jose Antonio Gonsalves de Mello. Gente da Naco (Un Dicionario dos Judeus Residentes no Nordeste, 1630-1654) Recife, 1989.
        SAM : W.S. Samuel (Compilador) in Jewish Historical Society of England. Transactiones, Sessions, 1968, 1969. vol. XXII & Miscellanies Part. VII, London, 1970
        SWE :Daniel M. Swetshinski, Reductant Cosmopolians. The Portugues Jews of Sevententh Amsterdam, London, 2000
        VSO Vibeke, Sealtiel Olsen. « Sephardic Names in Amsterdam, 1598-2000 » em Etsi, Paris, out 2000 (Autre source tres importante)
        Sur « Sangre Judea » du Pere Bonnin, ce nom figure aussi et il a ete retrouve a Tolede.
        (C)** Caracteres personnels.
        SERRA peut egalement etre l’abreviation de SERRAF, SERRANO, SERRERO, SERRALLER, SERRALLERO, SERRALTA, etc… tous des noms ayant ete portes par des Juifs.
        Il vous faut remonter les registres de baptême puis de taille, Si ils n’ont pas disparu.
        Bon courage. Meïr

      2. Saul ben David Serero, insiste sur “les péchés et le relâchement de l’étude de la Loi,” raconte en ces termes, dans les mémoires qu’il a compilées, les malheurs qui se sont abattus sur ses coreligionnaires entre 1603 et 1606:
        “Si je voulais relater une partie seulement des calamités qui ont déferlé sur nous, toutes les oreilles en tinteraient et quiconque les entendrait serait frappé de stupeur. Voilà que depuis trois ans et demi, de l’an 5364 à l’an 5366 (1603/1606), nous sommes en proie à la famine et à beaucoup d’autres calamités. Depuis la néoménie de Tammuz (5364? donc juillet 1604) jusqu’à celle de Kislew 5366 (novembre 1605) environ 800 âmes sont mortes de faim à Fès. Les précieux enfants de Fès sont gonflés comme des outres, dépérissent d’inanition, ils sont devenus comme de vils tessons, ils étreignent les tas d’ordures pour y picorer comme des poules. Plus de six cents hommes, femmes, jeunes gens et jeunes filles ont apostasié. Les route sont peu sûres, les communications suspendues. Quiconque reste dans la ville meurt de faim, quiconque sort tombe victime du glaive, chacun avale vif son prochain. Israël s’est appauvri à l’extrême.”
        Source : Georges Vajda, “Un recueil de textes historiques judéo-marocains (1ère Partie),” Hespéris XXXV (1948): 326-27.

      3. “En l’année 5253 (1492) arrivèrent à Fès les Israélites expulsés
        d’Espagne… Ils furent, pendant l’hiver et le printemps, décimés par
        une terrible mortalité; puis vint la famine; plusieurs de ces fugitifs se
        convertirent au christianisme et retournèrent en Espagne. Après leur
        départ, Dieu eut pitié de son peuple… 5268 (1508) fut une année bénie.
        Dieu nous a accordé ses faveurs et nous avons bâti de vastes maison
        à étages, embellies par des peintures et des arabesques; nous avons
        eu des Yechivoth pleines d’étudiants et des synagogues possédant de
        nombreux séphardim recouverts de riches ornements.” Source: Zafrani, Deux mille ans, 140-41.

  12. Bonjour, merci beaucoup pour vos informations, je lirais le livre que vous avez cité, en revanche vous me parlez du nom  » serrero « , celui dont je vous parle est  » serreri « , vous l’avez cité aussi mais je voulais m’en assurer, l’information pour  » serreri  » est la même ?

    1. Voilà l’origine des Giustiniani de Gênes.
      « La présence de la famille Giustiniani, a été établie dans diverses parties de la Méditerranée avant la constitution de la Maona au XIV° siècle. L’origine des Giustiniani de Gênes remonte au 14 novembre 1362 lorsque 12 notables génois fondèrent la Maona (la « nouvelle »), une société commerciale « anonyme » pour l’exploitation de possessions génoises dans le Dodécanèse, et adoptèrent tous le nom de Giustiniani en perdant le leur. »
      http://www.giustiniani.info/francais.html
      Le problème est que des juifs (et aussi des Corses!) ont emprunté pour les uns les patronymes de leurs protecteurs de vieille famille Ligure pour se fondre dans la masse, où des pécheurs corses pour paraître plus nobles!
      On ne peut pas inférer d’un simple patronyme sans généalogie.

  13. Ce blog laisse une trop large place à l’à peu-près et aux raccourcis hasardeux. L’onomastique est d’une utilisation dangereuse pour celui qui veut proposer une thèse.

    Se restreindre aux pratiques religieuses serait une démarche plus interessante si on veut montrer des connections entre la Corse et le judaisme.

    Sinon on risque de verser dans l’arnaque intellectuelle, type « Corse, ile des Justes » ou « Ile Juste ».

  14. Bonjour Meïr,
    Pourriez-vous me dire quelque chose à propos du nom de famille SUSANA, originaire du nord-est de l’Italie, car j’ai trouvé plusieurs choses sur ce patronyme – que l’on dit juif d’origine austro-hongroise – mais j’aimerais en savoir plus quant à la période d’arrivée allons-nous dire en Vénétie/Frioul… Mes deux grands-parents paternels sont d’origines juives Susana et De Lucca. Merci beaucoup

      1. shana tova  bonne annee a vous et votre famille   amicalement   jeanpierre mailliez-labat  amities‌

      2. Bonsoir Meïr,
        Après un premier jet…je viebns de trouver d’autres noms dans la généalogie des Olivotto et De Marco.
        Je me permets de vous les donner et je vous remercie à l’avance pour ce que vous allez m’apprendre!!
        Furlan, Soppelsa,
        Vienna, Da Col,
        je suis ainsi remontée à 1824..et vous m’avez bien aidée..
        merci encore
        Bonne semaine

      3. FURLAN, FURLANI : toponyme très fréquent dans la région de Trieste (Frioul), désigne celui qui est originaire du Frioul
        SOPPELSA : On trouve des traces de ce nom de famille dans l’Agordino au moins depuis 1700. Le nom de famille soppelsa provient de la région de la Vénétie, propre à la province de Belluno.
        VIENNA : comme Wiener – de Vienne, nom juif probable
        DA COL : (De la montagne) Le nom de famille Da Col est spécifique à la région qui comprend la région de Belluno et le Haut-Adige avec Bolzano et Brunico, avec une lignée en dialecte vénitien.
        Donc beaucoup de toponymes originaires de la région de Venise. Vous devriez allez voir les registres-là bas. Regardez ici : http://venetoedintorni.it/cognomi-veneti/filoni_curiosita.php

  15. Bonjour Monsieur Meïr LONG,
    Au sujet de mon nom de famille ATLAN, nous vivions en Algérie (Bougie) depuis en FRANCE (1964).
    Connaîtriez vous l’origine de notre nom et d’où viendrions nous ???
    Merci par avance,
    Bien à VOUS.
    Site que je découvre aujourd’hui en recherchant une information sur le nom ARONI d’un ami chrétien de Bougie.
    Je vais le relayer largement.
    Travail fantastique et tellement vaste et enrichissant.
    L’origine des Juifs. un vaste « chantier ».
    Encore merci.
    Yves

    1. ATLAN ou ATTELAN ou ATLANI : Essentiellement porté par des juifs séfarades, le nom vient de l’arabe « atlân ». Ce mot signifierait au départ « de noble naissance. Le i est un suffixe d’appartenance. Amitiés. Meïr

  16. Félicitations pour ces recherrches documentées. A noter aussi la présence de Juifs au Suriname dès la fin du 15e (leurs tombes sont encore visibles) (voir Wikipédia)
    Merci encore

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