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« Rée » à Bastia

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Mon commentaire lors de ce Chabbat à Bastia

 

Je voudrais d’abord vous prévenir que les mots que je vais vous dire sont seulement quelques étincelles arrachées au feu de l’enseignement de mon maître le Rabbin Harboun que beaucoup ici connaissent, qui sont Torah Lemoche Mi Sinaï et qui sont eux-mêmes une étincelle de l’Incendie allumé par l’Eternel au Sinaï.

J’ai ouvert les yeux ce matin à Bastia, et en disant le Modé Ani, j’ai vu sur le mur devant mes yeux le portrait de mon grand-père disparu il y a très longtemps, j’ai pensé à ma grand-mère qui ouvrait ses yeux ici, mon arrière grand-mère aussi… j’ai repensé à cet étrange sentiment que j’ai eu il y a moins d’un mois à Gérone en Espagne alors que je marchais dans les rues. La nuit tombait, j’avais été attiré dans cette ville comme par un aimant spirituel et je ressentais que les neshamot étaient là. Comme si les amis de Nahmanide me regardaient avec bienveillance dans l’ombre avec tendresse.

L’Eternel, le vivant est capable de nous arracher à la mort de la nuit, du malheur et de rendre notre âme. Les Neshamot sont unes dans le Melekh Hey Aolamim, le Roi Vivant pour qui « mille ans sont comme un jour une heure dans la nuit » (Tehilim).

En réalité tout cela est la vraie réalité qui apparait avec une sorte d’évidence à certains instants, mais la plupart du temps nos yeux sont aveugles. Aors qu’il suffirait simplement de voir « Reé », simplement : regarde.

On dirait que la Paracha de ce Chabbat a été écrite pour nous qui venons ou revenons dans notre Ile, pour cette synagogue qui passe de la mort à la vie en ce Chabbat où vous tous êtes venus très nombreux et de très loin pour la faire vivre, pour nous qui passons sans cesse du chemin de la mort à celui de la vie.

« Choisis la vie ! »

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Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. (Dt 11, 26-28)

Aujourd’hui l’Eternel nous propose la Bénédiction et la malédiction. La Vie et la mort.

Ce message de Devarim, le Deutéronome, qui sera répété à la fin dans Nitsavim  :

Vois, je te propose en ce jour, d’un côté, la vie avec le bien, de l’autre, la mort avec le mal.  En faisant ce que je te recommande en ce jour : aimer l’Éternel, ton Dieu, marcher dans ses voies, garder ses préceptes, ses lois et ses décrets, tu vivras, tu grandiras et tu seras béni de l’Éternel, ton Dieu, dans le pays où tu vas entrer pour le conquérir.  Mais si, m’aliénant ton cœur, tu deviens indocile ; si tu t’égares jusqu’à te prosterner devant des dieux étrangers et leur rendre un culte,  je vous le déclare aujourd’hui, vous périrez à coup sûr! Vous n’aurez pas de longs jours sur cette terre où vous allez pénétrer, en passant le Jourdain, pour en faire la conquête !  J’en atteste sur vous, en ce jour, le ciel et la terre : j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité ; choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité. 20 Aime l’Éternel, ton Dieu, écoute sa voix, reste-lui fidèle: c’est là la condition de ta vie et de ta longévité, (Dt 30, 15-19)

Chaque fois l’injonction est celle-ci : « Vois ». Regarde devant tes yeux c’est comme cela que la vie marche, pour ton bien ! « Choisis la Vie ».

Nos choix pour ou contre la Torah sont donc d’abord des choix vitaux pour maintenant et non pas je ne sais quelle récompense au Ciel du bon élève sur cette terre. La bénédiction où la malédiction, ce qui construit ou ce qui ne construit rien, la vie ou la mort.

Il y a dans notre île une profonde conscience de la vanité humaine, de ce qui est vrai et de ce qui est faux. Au mauvais œil, à la mauvaise langue à la jalousie, on oppose la bénédiction. « Il est beau, que D-ieu le bénisse » disent nos anciens des enfants. Comme s’il fallait opposer la bénédiction qui construit à la malédiction qui détruit.

Dans le premier psaume qui est celui du hol atorah, du joug de la Torah est toute une allégorie de ce double chemin, de bénédiction et de malédiction. Halakh, « Marcher » Halakha, la marche à suivre, derer « le chemin ». La Torah est un chemin. C’est à dire une marche en perpétuel déséquilibre puisqu’on est toujours sur un pied ou l’autre. Si on s’arrête on tombe. On « quitte la voie » comme dit la Paracha, on fait fausse route.

Le Tsadik reçoit une seule promesse dans le psaume 1, celle d’être comme « un arbre planté près d’un cours d’eau qui donne du fruit en son temps, jamais son feuillage ne meurt », c’est-à-dire quelqu’un prend conscience du temps et donne du fruit mais surtout ne meurt pas.

« Tels ne sont pas les méchants, » nous dit le Psaume « mais plutôt comme le chaume que pourchasse le vent. » « au jour du jugement ils ne se lèveront pas »

Et ce psaume fini en disant que Le chemin du Tsadik est connu de Dieu. Ki Iodéa Adonaï derekh tsadikim. Alors que le chemin du méchant se perd. Il fait fausse route sur un sentier qui ne mène nulle part. Vederekh rechaim toved.

Ce qui caractérise le chemin du méchant, du racha, c’est que ce chemin se perds. Il mène nulle part. Et c’est cela la malédiction pour la Torah, la vraie mort. Non pas quelque chose qui est mal mais un acte qui ne construit rien, une parole à distance qui tue, une vie passée dans l’oubli instantané de l’instant, une quête effrénée et addictive du désir immédiat. Un désir chasse l’autre.

La Torah et les mistvot c’est assez simple : plus on la pratique plus on comprend, « Regarde», et moins on la pratique et moins on comprend… en trouvant des tas de bonnes raisons pour dire qu’on marche hors des sentiers battus … alors qu’en réalité on est comme un aveugle qui se heurte aux murs de la vie.

L’idolatrie

L’inverse de la vie ce n’est pas la mort. L’inverse de la vie c’est l’idolâtrie.

Quand Rachi commente : « Du chemin que je vous ordonne aujourd’hui, pour aller… » il répond bizarrement à coté :

« D’où l’on apprend que tout idolâtre se détourne de « tout » le chemin qu’Israël a reçu l’ordre de suivre. D’où l’enseignement : Celui qui légitime l’idolâtrie est comme s’il reniait toute la Tora dans son intégralité (Sifri). »

Soit l’homme est libre nous dit la Torah soit il est prisonnier de ses idoles. Et selon le Traité Meguila, être « juif » (yéhoudi) consiste en ce seul principe : renier l’idolâtrie, pour choisir la bénédiction, la Vie.

Tout homme qui renie l’idolâtrie est appelé yehoudi (juif) » nous dit le Talmud (Talmud de Babylone, Méguila 13 a)

La loi nous interdit la relation objectale avec les autres pour les réduire à noter vision idolâtre de nous-mêmes comme des objets. Le monde est un monde créé par l’Eternel et nous n’en disposons pas. L’idolâtre c’est celui qui adore le néant, qui court à la poursuite de ses désirs immédiats et finalement du vent.

Accepter la royauté et le joug des Cieux et de le Torah, suppose donc de renoncer à notre propre plaisir immédiat pour accepter le Temps. Par exemple, quand je prononce une bénédiction avant de manger un fruit ou boire un Kiddouch, je mets en contact un instant de ma vie et l’Éternel. Par la Mistva je prends conscience du temps. Je le sanctifie. Je le particularise, cet instant devient original, magique, plein de promesses.

Ce que la Torah nous révèle par ses interdictions c’est que, laissé à nous-même, nous existons seulement parmi les objets de notre désir et nous devenons des objets nous-mêmes. Nous objectivons les autres et ne les laissons pas exister comme sujet libres. Nous échappons à notre vocation à l’humanité. Nous chosifions les autres qui deviennent des moyens et plus une fin. C’est cela la vraie mort.

La techouva

Et le problème c’est qu’aucun de nous ne peut dire qu’il marche uniquement sur le chemin de la vie. Nous sommes partagés. Magnifiques par instant et idolâtres à nos heures. Nous semblons incapables de l’humanité que nous promettent la Torah. Face à cela, nos Hakhamim ont répondu que nous devons aimer l’Eternel avec nos deux cœurs, le bon et le mauvais.

Car pouvons faire techouva, revenir. Même si nous étions « au-delà des cieux ou au-delà des mers » D-ieu est capable de nous ramener sur notre terre d’Israël, dans notre île, à notre Neshama originelle à l’image de l’Eternel. Rien n’est jamais perdu. Aucun de nous n’est prisonnier de ses faux chemins aussi tordus soient-ils. Comme me le dit toujours le Rabbin Harboun « Un juif n’a pas le droit de désespérer ! »

Je remarquais en écoutant avec Benny que la Paracha nous dit : « Afin que tu te souviennes de TA sortie du pays d’Egypte tous les jours de ta vie. » Pourquoi TA ? Parceque chacun de nous et chaque jour est invité à quitté l’Egypte le lieu des plaies et de la mort pour rejoindre la Vie des vivants. A faite Techouva, à revenir vers D-ieu.

Hors ce Chabbat, tombe le premier jour de la nouvelle lune du mois d’Eloul, le dernier mois de l’année juive, le mois des bilans et du retour sur ses actions de l’année écoulée pour se préparer au jugement de Roch Achana puis Kippour. Le mois de la Techouva. Comme vous le savez, dans le monde séfarade on chante les Seli’hot (supplications) tout le mois d’Eloul et avant les jours redoutables. C’est une occasion unique de faire techouva. De revenir. De revenir sur le chemin de la vie.

Par quel mystère le grand-père du Rav de Loubavitch a-t-il fini ses jours sur notre île en 1942 après avoir été menuisier à Bastia ? Nul ne le sait. La Techouva est un retour à notre âme créé par l’Eternel, à la vie. Nous disons dans la Amida : « Baroukh ata Adonaï Méayé amétim » Toi qui ressuscite les morts.

La techouva est mystérieuse. Elle a été créée pendant le Maassé berechit avant le monde nous disent nos Hakhamim avec le Machiah… En réalité, comme je vous le disais, les âmes que D-ieu a créé vivent éternellement. Les couples ne sont que les retrouvailles de Neshamot créées pendant le Massé Berechit. On peut naître juif dans un corps de chrétien puis retrouver son corps de juif par la brit mila et j’en suis la preuve vivante. La Corse c’est le mystère des âmes. D-ieu a la capacité de réveiller la mémoire juive de son oubli, même après de générations d’amnésie. L’âme juive est Une ehad. Nous sommes un seul peuple, les grands et les petits ceux qui pratiquent et les juifs de Kippour, les illustres et tous ces obscurs qui attendent dans l’ombre notre adhésion à la vie où ils vivent.

Assez curieusement aujourd’hui, peut être aussi grâce à Internet les Neshamot juives reviennent en Corse. Les âmes se réveillent d’un long sommeil et la mémoire nous revient par bribes. Nous voyons. Grâce aux gestes surtout, comme le Cédrat de Souccot. Parfois à notre insu. Et je dis cela non seulement en mon nom mais aussi en celui de ceux d’entre nous qui sont partis vers la terre de notre père Israël. Je pense à Tsipora Antonietti que j’ai vu avant Pessah à Jérusalem. Comme naturellement les neshamot reviennent à la maison.

A quoi mène le chemin du Tsadik ? à « un arbre planté près d’un ruisseau qui donne du fruit en son temps (il a pris conscience du temps, donc de sa responsabilité dans l’instant) et jamais sont feuillage ne meurt (il a pris conscience de l’Eternel)». Et le résultat de son action éthique est décrit par la vie de la nature. Le résultat de l’éthique est étrange, c’est l’Ecologie.

L’ écologie

Car tu es un peuple consacré à l’Éternel, ton Dieu, et c’est toi qu’il a choisi, l’Éternel, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre. Tu ne mangeras d’aucune chose abominable. (Dt 14, 2-3 )

Comme le peuple d’Israël, le peuple Corse a vivement conscience d’être « un peuple spécial ». Cela lui vient très probablement d’Israël.

Mais Ce qui est assez étrange c’est que notre Paracha établit un rapport immédiat entre la sainteté d’Israël, le fait d’être non pas mieux mais particularisé, « spécial » et… la cacheroute.

Sont énuméré tous les interdits. Ainsi, l’homme n’a pas le droit de manger les crustacés qui appartiennent aux poissons, son désir de prédation du monde n’est pas le début et la fin de tout. La terre est à Dieu.

Pourquoi ?

Parce que l’éthique mène à une écologie, à un rapport ordonné à la Création qui n’en fait pas n’importe quoi.

Nous le répète chaque matin dans le Chema .

Si vous observez Mes commandements … J’enverrai la pluie sur votre pays en son temps, pluie précoce et pluie d’arrière-saison. Et tu récolteras ton froment, ton moût et ton huile fraîche. Je donnerai de l’herbe à ton champ pour ton bétail. Tu mangeras et tu seras rassasié.

Mais gardez bien votre cœur contre la séduction ; vous pourriez vous dévoyer et servir d’autres dieux, en vous prosternant devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait alors contre vous. Il fermerait les vannes du ciel et il n’y aurait plus de pluie, la terre ne donnerait plus ses fruits et vous disparaîtriez bientôt de ce bon pays que l’Éternel vous a donné.

Quel lien peut-il y avoir entre mon comportement et la pluie ou la moisson abondante ? Pourquoi si je fasais une mauvaise action il s’arrêterait de pleuvoir ? L’idée c’est que le rapport aimant à Dieu et l’éthique mène à la fécondité. Alors que l’idolâtrie mène à l’aridité du cœur qui est le prémisse de la sécheresse et de la stérilité. Comme si la nature dépendait de nous.

Celui qui voit l’île de Beauté ne peut pas rester insensible à ce don de l’Eternel qu’est la nature.

Toute générosité humaine, tout Hessed, nait de cette générosité première de Dieu qui donne à l’homme la nature. Nul n’est une île.

Cette générosité est contagieuse, elle rend les gens solidaires.

Elle est familière aux Corses qui ne laissent jamais quelqu’un au bord de la route.

La générosité

La vie est une fête, cette fête doit être marquée célébrée par les fêtes juives qui sont des fêtes agraires qui marquent le temps de la création. Et si l’homme est généreux c’est parce-que D-ieu l’est au centuple avec chacun de nous.

Des bras nous ont accueilli en ce monde, on nous a nourrit. « Même si une mère pouvait oublier son nourrisson » nous disait la Haftarah d’Isaïe la semaine dernière, Moi je ne t’oublierai pas. J’ai gravé ton nom sur les Paumes de mes mains ». Le hessed vient de Dieu. Et Rachi commentait la Paracha de la semaien dernière en disant, « soit généreux puisque D-ieu est généreux »

« Ou Rakhoum  veata te Rakhoum : (D-ieu) est miséricordieux pour que tu sois miséricordieux

Ou gomell Hassadim veata tigmol hassadim : Lui (D-ieu) est généreux, et toi, sois généreux »

Cette générosité apparaît dans la description des fêtes de pèlerinage dont parle notre paracha.

Trois fois l’an, tous tes mâles paraîtront en présence du Seigneur, ton Dieu, dans l’endroit qu’il aura élu: à la fête des azymes, à celle des semaines et à celle des tentes. Et que l’on ne paraisse pas les mains vides en présence du Seigneur.(Dt 16, 16)

Et la paracha termine :

« Mais chacun donnera selon ses moyens, selon les bénédictions que l’Éternel, ton Dieu, t’aura dispensées, que l’on ne paraisse pas les mains vides » (Dt 16, 17)

A Chavouot :

Tu te réjouiras pendant la fête et, avec toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l’étranger, l’orphelin, la veuve qui seront dans tes murs. (Dt 16, 11)

A Souccot :

Tu te réjouiras pendant la fête et, avec toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l’étranger, l’orphelin, la veuve qui seront dans tes murs. (Dt 16, 14) Et tu seras seulement joyeux (v.15)

Les fêtes de pèlerinage où l’on offre une bête au Temple sont le symbole de cette générosité de ma mitsva.

Cette générosité se manifeste particulièrement à Souccot la fête de l’engrangement dans l’offrande du cédrat. Il faut se rappeler qu’a l’époque un cédrat en Ukraine par exemple, se procurer un cédrat, ce fruit de la méditerranée hautement périssable n’était pas une mince affaire. Leur prix était exorbitant.

En 1600, Joseph Hacohen écrit dans son Hemek Habacha :

Il y eut un grand froid sur le territoire de Gênes. Tous les arbres superbes, y  compris les agrumes, périrent, et on ne trouva pas de cédrat en Italie, et le prix monta  jusqu’à dix pièces  d’or par cédrat, chose inouïe  jusqu’à présent. Cependant les hommes généreux dépensèrent cette somme pour  l’accomplissement du  commandement.

Ma grand-mère secrétaire du génie militaire et veuve de guerre avec deux filles Pupilles de la Nation était avant tout une femme généreuse. Elle se croyait chrétienne mais nous offrait un cédrat à chaque automne. C’est ce cédrat Corse qui m’a remis sur la piste de ma mémoire juive.

Pourquoi ? Parceque la Corse est devenue au XIXème siècle le plus gros producteur de cédrats au monde. Comment ?

Parcequ’en 1875, de prestigieux rabbins de Lituanie, avec à leur tête les Rav Kovna et  Yits’haq  El’hanan Spector, ainsi que les Rav Israël Salanter et Chlomo Kluger, tous maîtres reconnus et très respectés du judaïsme lituanien, interdirent  l’utilisation des cédrats de Corfou, jugés ,non cahères car greffés, pour choisir ceux de Corse à Souccot. Et ceci pour tout le monde ashkénaze de Lituanie à l’Ukraine en passant par la Hongrie et la Pologne !

La mitsva demande la générosité. On écoute d’abord en faisant, puis on voit… La mistva est à perte de vue.

Cette générosité envers le pauvre ne se dément pas dans notre île. Ainsi, la Corse a été un des gros donateurs pour le tremblement de terre en Italie qui a fait des milliers de victimes :

« Que s’il y a chez toi un nécessiteux parmi tes frères, dans l’une de tes villes, au pays que l’Éternel, ton Dieu, te destine, tu n’endurciras point ton cœur, ni ne fermeras ta main à ton frère nécessiteux.  Ouvre-lui plutôt ta main! Prête-lui en raison de son besoin, selon ce qui lui manquera ! »  (Dt 15, 7-8)

A la vérité, il ne doit pas y avoir d’indigent chez toi; car l’Éternel veut te bénir dans ce pays que lui, ton Dieu, te destine comme héritage pour le posséder.5 Mais c’est quand tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu, en observant avec soin toute cette loi que je t’impose en ce jour. 6 Car alors l’Éternel, ton Dieu, te bénira comme il te l’a promis; et tu pourras prêter à bien des peuples (Dt 15, 4-6)

« DONNER, TU LUI DONNERAS sans que ton cœur le regrette; car, pour prix de cette conduite, l’Éternel, ton Dieu, te bénira dans ton labeur et dans toutes les entreprises de ta main. Or, il y aura toujours des nécessiteux dans le pays; c’est pourquoi, je te fais cette recommandation: ouvre, ouvre ta main à ton frère, au pauvre, au nécessiteux qui sera dans ton pays! (Dt 15, 10-12)

Rachi demande : Pourquoi « DONNER TU LUI DONNERAS » ? On dirait du Enrico Macias ! Pourquoi cette répétition ? Et il explique : « Cent fois si nécessaire. »

Ici il n’y a rien mais les gens trouvent encore et toujours à donner… Une générosité qui concerne le Lévite :

Et le Lévite qui sera dans tes murs, tu ne le négligeras pas, car il n’a point de part ni de patrimoine comme toi.  A la fin de la troisième année, tu extrairas la dîme entière de tes produits de cette année et tu la déposeras dans tes murs,  pour que le Lévite, qui n’a point de part ni de patrimoine comme toi, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes murs, puissent venir manger et se rassasier; de la sorte, l’Éternel, ton Dieu, te bénira en toute œuvre que ta main pourra faire. (Dt 14 27)

La générosité est une réalité du cœur Corse. Cette générosité s’appuie sur une vive conscience de notre misère. Une vive conscience qui est très présente en Corse, une île pauvre où sont toujours arrivés des pauvres.

On peut dire que toute l’histoire des sefardim de Corse est faite de cette générosité Corse et Juive. La Corse a été généreuse avec les marranes d’Espagne, les Juifs de Pascal Paoli, le père de la Nation Corse, de Turquie à la fin du XIXè siècle, du Maroc et de Tibériade en 1915 comme nous en ferons mémoire ce lundi, d’Algérie en 1962.

Nous avons été accueillis par la Nation Corse et nous sommes devenus juifs parmi et eux. Juif et Corse à la fois.

Je voudrais pour finir dire un petit mot en la mémoire de Raymonde RaKhel bat Esther la maman de notre amie Lisbeth Sabbagh qui nous a quitté. Pour dire à toute la famille de Lisbeth et Guy que nous sommes avec vous dans la prière et l’affection. Rakhel zikhrono liverakha vit dans nos prières et notre mémoire.

Avec elle, nous marchons tous ensemble « sur la terre des vivants » comme dit le Psaume. Nahmanide nous a dit que cette terre des vivants qui est la Terre d’Israël, est la terre des ressuscités. Aujourd’hui nous revenons. L’amour n’est jamais perdu.

Baroukh atta Adonaï Méayé Amétim.

« Béni soi Tu Seigneur, Toi qui ressuscite les morts. »

 

PS : Pour information il y a dans cette Paracha 17 commandements positifs comme ceux de :

  • L’obligation de donner la Tsedakah (charité) et d’aider les nécessiteux (15, 8)
  • L’obligation pour chaque homme d’être présent lors des trois fêtes de pèlerinage (16, 16)

et 38 interdictions comme :

  • L’interdiction de prêter attention aux paroles de celui qui incite à l’idolâtrie (13, 9)
  • L’interdiction d’abandonner les Lévites et de ne pas leur donner leur portion (12, 19)

L’interdiction d’ajouter quoi que ce soit à la Torah écrite ou orale (13, 1)

 

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