L’Ange de la mort dans la Torah et le Talmud

Ange

L’envoyé de D-ieu et le destructeur

L’ange de la mort s’appelle Azraël ( עזראל ) dans certaines traditions hébraïques. Son nom signifie littéralement que D-ieu aide.

Dans la Torah, la mort est vue sous la forme d’un ange envoyé par D-ieu, un être privé de tout pouvoir volontaire. L’« ange du Seigneur» frappe 185 000 hommes dans le camp assyrien (II Rois 19, 35). « Le destructeur » (ha-machkhit) tue le premier-né des Égyptiens (Ex. 22, 23), et l’ange de la destruction (« malakh ha-machkhit« ) fait rage parmi les gens de Jérusalem (II Sam. 24, 15). Dans le premier livre des Chroniques 21, 15 « L’ange du Seigneur » est vu par David debout « entre la terre et le ciel, ayant une épée étirée dans sa main étendue sur Jérusalem».

Dans I Chr 24, 10 : « Dieu envoya un messager divin à Jérusalem pour la ravager, et, comme il se livrait à l’œuvre de destruction, le Seigneur vit et fut ému de cette calamité, et il dit à l’ange destructeur (ha-machkhit) : « Assez! Retire maintenant ta main! » »

Job (33, 22) utilise le terme général « destructeur » (memtif), dont la tradition a identifié les « anges destructeurs » (malakh ḥabbalah) et le Livre des Proverbes 16, 14 utilise le terme « les anges de la mort» (mal’ake ha-maveth).

Les rabbins ont trouvé l’ange de la mort mentionné dans Ps. 89, 46, « Tu as mis fin à sa splendeur, et son trône, tu l’as fait crouler à terre » que le Targoum traduit : « Il n’y a aucun homme qui vit et, voyant l’ange de la mort, peut délivrer son âme de sa main »

Et le Midrach Rabba commente Qohélét 8, 4 : « La parole du roi est souveraine; qui oserait lui dire: « Que fais-tu? » » en disant :

« On ne peut échapper à l’ange de la mort, ni lui dire:’’Attends que je mette mes affaires en ordre’’, ou « Il y a mon fils, mon esclave: prends-le à ma place ».

L’ange de la mort dans le Talmud

L’ange de la mort est décrit dans le Talmud de multiples fois :

L’ange de la mort reçoit son ordre de Dieu.

Et il a dit à l’Ange qui a détruit le peuple, ça suffit ! (2 Sam 34, 16). R. Éléazar a déclaré : Le Saint, béni soit-Il, a dit à l’Ange: Prenez un grand homme [rab] parmi eux, par la mort de laquelle plusieurs péchés peuvent être expiés pour eux. A cette époque, il mourut Abishai, fils de Zeruiah, qui était égal à la plus grande partie du Sanhédrin. (TB Berakhot 62b)

L’idée est que la mort des justes est une expiation pour les pécheurs, selon le dicton : « ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers ». En réalité la mort du juste laisse un trou car il est une colonne visible de la communauté quand celle des autres ne laisse pas de trace.

« Il est dit de l’Ange de la mort qu’il est plein d’yeux ; Quand une personne malade est sur le point de partir, il se tient au-dessus de son oreiller de tête avec son épée tendue à la main et laisse tomber une goutte de fiel sur elle. Comme la personne malade le voit, il tremble et ouvre la bouche [de peur], il la laisse alors tomber dans sa bouche. C’est à partir de ce moment qu’il meurt, et de ce fait [le cadavre] se détériore, de sorte que son visage devient verdâtre. […] R. Hanina b. Kahana a déclaré : Il a été dit dans l’école de Rab que si l’on veut empêcher un cadavre de se détériorer, il faut cacher son visage en le retournant » (TB Avoda Zara 20b)

D’où l’usage de voiler la face d’un onen (défubt juif) et l’interdiction de le regarder.

Quand R. Jeremiah est tombé malade. Lorsque le médecin a appelé pour le guérir, il a vu une citrouille couchée dans la maison. Ensuite, il quitta la maison en disant : ‘‘L’ange de la mort est dans cette maison, et moi je le guérirais ! » (TB Nedarim 49a)

La ville où personne n’avait jamais menti

Dans la ville de Luz, l’ange de la mort n’a pas de pouvoir, et quand les vieillards sont prêts à mourir, ils sortent de la ville :

« Et l’homme est entré dans le pays des Hittites, et a construit une ville, et l’a appelé du nom de Luz: ce qui en est son nom jusqu’à nos jours.[…] C’est cette Luz contre laquelle Nabuchodonosor marcha sans la détruire, et même l’ange de la mort n’a pas la permission de la traverse. Quand les vieillards y sont fatigués de la vie, ils sortent hors de murs et y meurent » (TB Sotah 46b).

L’idée qu’il y ait de lieux ou on ne meurt pas apparaît dans le Talmud Sanhédrin :

« Raba a dit: Avant je pensais qu’il n’y avait pas de vérité dans le monde. Sur quoi un des Rabbins, au nom de R. Tabuth – dit aux autres, au nom de R. Tabyomi – que, même s’il recevait tous les trésors du monde, il ne mentirait pas, et il m’a raconté qu’il alla une fois en Lieu appelé Kushta, dans lequel personne n’avait jamais raconté de mensonges, et où aucun homme n’était jamais mort avant son heure.

Maintenant, il épousa une de leurs femmes, de qui il eut deux fils. Un jour, sa femme était assise et se lavait les cheveux, quand un voisin est venu et a frappé à la porte. [Son mari] se disant en lui-même qu’il serait malvenu [de lui dire que sa femme se lavait], il a crié: « Elle n’est pas là ».

[En punition pour cela], ses deux fils sont morts. Alors les gens de cette ville sont venus à lui et l’ont interrogé, Quelle est la cause de cela ?’ Il leur a raconté ce qui s’était passé. «Nous te prions, répondirent-ils : ‘‘quitte cette ville et n’incite pas la mort contre nous’’». (TB Sanhédrin 97a)

Le Zohar a une vision positive d’Azrael, il dit que celui-ci reçoit les prières des gens de foi quand ils arrivent aux Cieux et qu’il commande les légions d’anges des cieux.

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