
Un petit commentaire de 4 minutes sur le « Petit Guide des égarés en période de crise » sur RCF Côte d’Azur qui m’a bien plu :
Didier Long à Des Mots de minuit sur France 2, une émission présentée par Philippe Lefait
Visionner sur le site de France 2 : http://desmotsdeminuit.france2.fr/?id-video=69573750&vdo=2
ou sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xtqvbk_des-mots-de-minuit-du-20-09-12_tv
Et aussi : STAFF BENDA BILILI, des polyos de la rue du Congo qui jouent de la musique,désormais mondialement connus, vraiment à écouter… Eva DOUMBIA, metteur en scène et Léonora MIANO, écrivain pour les « Afropéennes », très sympa. Ambiance afro.
Un article de Sophie Lebrun dans Témoignage Chrétien
Le moins que l’on puisse dire est que la vie de Didier Long n’est pas un long fleuve tranquille. Ancien moine bénédictin, il quitte les ordres pour fonder une famille, devient entrepreneur du Web à l’échelle internationale, et remonte ses racines généalogiques jusqu’à devenir un « croyant du seuil » auprès d’une communauté juive. Un « égaré » comme il le dit lui-même.
Aussi, son livre, fourmillant de diverses anecdotes de sa vie personnelle et professionnelle, peut parler aux autres « égarés » même s’ils ne sont pas sur le même chemin que lui. Au fil de réflexions foisonnantes, Didier Long cherche à analyser les maladies de l’âme de la société occidentale et de ses membres.
Le principal poids enchaîné aux pieds de ces derniers est selon lui l’envahissement du « rien » dans nos esprits, en termes techniques l’acédie. Ou, comme les moines l’appelaient, le démon de midi. À cette heure-ci, l’homme semble perdre ses repères temporels et, son ombre disparaissant, son repère spatial. Il fait alors du surplace et ne voit plus que lui, son ego envahissant tout l’espace.
Pour Didier Long, l’ordre de l’Éternel à Abraham – « Va, quitte ton pays, le lieu où tu es né, et la maison de ton père, et va au pays que je t’indiquerai » – est « le paradigme de toute existence ». suite sur le site témoignage chrétien
Le « Petit guide des égarés en Période de crise » vient de paraître !
L’acédie, maladie de l’égo qui vide l’âme, hante notre modernité parvenue à son zénith : le monde de l’entreprise, le couple, la vie familiale, les amitiés. Le vide politique, les paroles creuses, les promesses sans lendemains, les vaniteux comme modèles, la dictature du « on », la finance qui dépasse la démocratie, les pervers narcissiques aux commandes… La course au toujours plus et au toujours-plus-vite a engendré le Rien. L’acédie définie par les Pères du désert au IVe s. comme la plus terrible des maladies de l’âme.
« Dans l’acédie, continue de tresser tes paniers. Pose des actes d’amour même si tu as perdu foi en l’amour ! » Ainsi parlaient les Pères du désert. La perte de soi, l’insensibilité à autrui, le temps qui suspend son vol dans un ennui mortel sont en réalité une rupture avec la profondeur de l’existence. Seuls le rite et la régularité permettent de rompre l’acédie. Sans la sanctuarisation d’espaces désintéressés d’amitié et de paix, la fraternité s’épuise ; en réalité, la bénédiction généreuse de la vie la fertilise. Ainsi, la crise peut ouvrir la porte d’un autre monde. Alors, notre existence jaillit en plénitude, du présent surgit l’éternité, nos errances d’égarés font chemin, ensemble, vers la liberté.
Lire un extrait : Petit guide des égarés en période de crise – Chapitre1
Nous venons d’apprendre le décès du jésuite français Eric de Rosny vendredi dernier à l’âge de 82 ans. Il sera enterré demain à 15h à l’église Saint Ignace.
Eric de Rosny, né en 1930 à Fontainebleau, a connu l’Exode dans la Sarthe à l’âge de 10 ans. Il décide alors de devenir missionnaire et entre chez les jésuites en 1949 avec le rêve de partir en Chine à la suite de Matteo Ricci. Il débarque… à Douala, au Cameroun, en 1957, puis vivra à Yaoundé.
Passeur entre deux rives, Eric de Rosny sera le premier européen à devenir nganga, c’est-à-dire guérisseur traditionnel africain. le nganga Camerounais « fait le bien », connait la médecine des herbes et la psychologie bantoue, une sorte d’art de guérir la violence de groupe. Il faut absolument lire ses livre Les Yeux de ma chèvre (Plon, 1982) ou encore La nuit, les yeux ouverts (Seuil, 1996), qui racontent son initiation et son parcours de guérisseurs traditionnel dans le « monde de la nuit » au son du tam-tam et des lueurs vacillantes du feu. « Mon dépaysement ne fut pas d’ordre religieux ni culturel, mais plutôt d’ordre cosmo-anthropologique », explique-t-il dans Les Yeux de ma chèvre. Son passeur Din, lui « ouvrira les yeux » pour en faire un guérisseur. Selon la pensée africaine traditionnelle, la maladie est comprise comme une rupture de l’ordre établi, une fracture de la paix du groupe produite par le double d’une personne ou d’un défunt qui continue de vivre dans le monde de la nuit-du ‘rêve éveillé’. « C’est là qu’intervient le nganga dont la fonction n’est pas tant de désigner le coupable que de ratifier ou non les soupçons de la famille. Une fois le coupable nommé, le malade peut guérir et son corps invisible réintégrer son corps visible par les soins du nganga ». À la fin de son initiation des rêves éveillés lui font « voir » des hommes s’entre-tuer alors qu’il écoute la radio: « Des images intérieures montaient de mes yeux, associées aux paroles que j’entendais. J’entrais ainsi dans le cercle des visionnaires qui ont « quatre yeux », un privilège rare, dévolu à certains ngangas ». Des brusques flashs d’images lui montrent la violence qui habite entre les êtres. Cette conception s’appuie sur l’anthropologie bantoue de l’homme et son double. Un monde en réalité bien étrange pour un européen post moderne mais que Eric de Rosny a approché avec le respect absolu d’un homme qui risque son âme pour comprendre et sauver ses frères d’Afrique.
En cette fête de Pourim et ce carême des chrétiens nous souhaitons une belle route au pays des vivants à ce grand homme et saluons sa famille avec amitié.
Jésus, trois livres récents : Jean-Christian Petitfils, Didier Long et Michel Benoît interviewés par Jacques Fischer sur Fréquence protestante samedi 24 décembre à 20h00.
A lire absolument le dernier livre de mon ami Henry Quinson : L’aventure humaine et spirituelle du film ‘Des hommes et des dieux’, préface de Xavier Beauvois, Prix Spiritualités d’aujourd’hui 2011. Une bouffée d’air pur !
» En août 2007, j’avais commencé à écrire un scénario. […] Je m’étais vite aperçu que le film devrait moins se concentrer sur l’enlèvementet l’assassinat des moines que sur le testament spirituel de Christian de Chergé. Ce document exceptionnel expliquait pourquoi les frères avaient décidé de rester dans leur monastère alors qu’ils avaient été menacés.
Le scénario devrait certes mettre en scène ces groupes armés qui sévissaient à proximité, multipliant les attaques meurtrières comme celle dont furent victimes douze travailleurs croates, le 14 décembre 1993, sur leur chantier, à trois kilomètres à vol d’oiseau de Notre-Dame de l’Atlas. Mais il devrait surtout montrer les moines cheminer ensemble vers la décision de rester pour ne pas rompre leur solidarité avec des voisins musulmans dont ils partageaient la vie depuis soixante ans. Comment établir de vraies relations entre chrétiens et musulmans alors que certains décrivent ce siècle comme celui du «choc des civilisations»?
Mon ami Jean-Louis Rambaud a été emporté par une avalanche aux Arcs, il y a trés exactement une semaine, heure pour heure. Le soleil était à son midi sur la neige.
Je vous propose cette homélie que j’ai prononcée hier lors de la messe des funérailles en sa mémoire. Un millier de personnes étaient là témoignant de ces milles liens que Jean-Louis avait su tisser avec chaleur, sympathie et simplicité.
Il neigeait. Nous l’avons mis en terre au son du Cante jondo flamenco en lui offrant des fleurs blanches. Le chemin continue.
Les circonstances du drame : sur le site de l’Express
« Je voudrais qu’on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze avec le ciseau de fer et le poinçon, qu’elles soient sculptées dans le roc pour toujours :
Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu.
Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. »
Le livre de Job, chapitre 19.
Avalanche de Leonard Cohen, parfois la poésie habille la peine