Le rôle de la Banque Saint Georges (L’Ufficio) dans l’immigration génoise des marranes et juifs en Corse

Mon ami le rabbin Harboun a été à Bastia à Pessah. Il a ouvert la synagogue en bas de chez moi. Celle du rabbi Méïr dont c’est la Hiloula aujourd’hui (voir ici). Il est revenu en me disant :  » Ces gens sont une bénédiction, nous avons été boire un café sur le port, ils aiment les juifs « … « La Corse n’est pas française… on est ailleurs »   03 BeitMeir - 1

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Le Rav Haïm Harboun à la synagogue Beith Méïr à Pessah

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La synagogue est sise dans une ancienne banque génoise dit la tradition orale bastiaise. Je viens seulement aujourd’hui d’avoir la preuve documentaire que les juifs sont arrivés en Corse aux XVI ème et XVIIème siècle.Voici ce que j’ai trouvé dans les archives de Gênes. exodes séfarades

La corse et les juifs

De tous temps la Corse a été une terre d’exil et de refuge. On y venait, on y restait, on devenait corse ou on mourrait. Il suffit de lire les archives de Gênes pour comprendre les allers-retours incessant, en dehors des périodes d’hivernage, des bateaux entre l’Espagne, la Toscane, la Turquie, l’Afrique du nord et la Corse. L’île hésita entre l’influence  de Rome et celle de Carthage pendant l’Antiquité avant celle de Pise puis de l’Aragon maître de la Sicile de la Sardaigne, de la Toscane (les Cités Etats de Pise et Florence) et surtout de Gênes à cette époque…, quand ce n’était pas le Vatican. (le Pape Boniface VIII, avait inféodé la Corse, en 1297, ainsi que la Sardaigne à Jaime II d’Aragon).  L’identité Corse est donc le fruit de ces intégrations successives, des immigrations, des rafles et demandes de rançon par les pirates turcs qui emmenaient leurs prises en esclavage à Istanbul ou Alger [1], des marins partis aux colonies et parfois jamais revenus comme mon grand-père, de la diaspora corse et de ses rêves perdus, de la vision de Paoli qui le premier en Europe rédigea une constitution et accueillit les juifs en Corse à droit égal avec les citoyens de sa nation. Les juifs sont probablement arrivés en Corse depuis la plus haute Antiquité mais avec la fuite d’Espagne sous la pression de l’Inquisition ils vont débarquer à Gênes et Livourne pour arriver en Corse aux XVIème et XVIIème siècle via la Banque Saint-Georges, au nord et au sud. C’est une réalité inconnue et « refoulée », que je prouve ici avec des documents issus des archives de Gênes. Palazzo_San_Giorgio

L’ufficio di san Giorgio à Gênes

Les juifs à Gênes

De nombreux Juifs avait été admis à Gênes pour des raisons de commerce, par décret de la Banque de Saint-Georges,  et pouvaient vivre et commercer librement. Ils avaient afflué principalement d’Espagne sous la pression de l’Inquisition. La tension entre la République et le Saint-Office avait commencé en 1658 avec la publication par le gouvernement et le Doge de Gênes des  Capitoli della Natione Hebrea –les « Chapitres de la Nation Juive » , révoqués sous la pression de l’intransigeant inquisiteur de Gênes , le père Cermelli, soutenu par le pape Alexandre VII . les capitoli sont explicites :

Article septième : Nous concédons (aux juifs) ensemble qu’il puissent négocier et trafiquer parmi toutes nos terres et cités, foires et villes et autres lieux de notre Etat et naviguer vers le levant, le Ponant (NDA : Le ponant désigne traditionnellement l’ouest, par opposition au levant : le terme rappelle le côté duquel le soleil se « couche »-ponere en latin), Alexandrie et tous les lieux qui leur plairont sous  leur nom hébreu ou chrétien ou ce qui leur plaira et  qu’eux-mêmes et leurs biens soient en sécurité avec leurs correspondant et nous promettons en cas de besoin de nous activer avec nos pouvoirs poul que leurs commerçants et vassaux puissent venir en sécurité ainsi que leurs galères et embarcations ( source)

En Mars 1659 se poursuivait la publication de nouveaux chapitres. Ce qui a permis l’immigration de grands groupes de Juifs. Mais en mai 1660 entra dans le port de Gênes, un navire venu d’Espagne qui avait deux familles juives comme passagers. L’inquisiteur ordonna l’arrestation d’urgence, accusant les Juifs d’être baptisés chrétiens avec l’intention de revenir à leur ancienne religion ; mais le doge en personne intervint immédiatement et appela l’inquisiteur zélé , lui demandant de renoncer à son initiative . Il fut toutefois nécessaire de renvoyer l’affaire au pape, qui, par sa décision, ordonna que les prisonniers soient libérés. C’est seulement après une longue lutte, et après plusieurs arrestations que fut assurée suffisamment de liberté de circulation et de commerce pour les Juifs à Gênes. (source) Gênes comme Livourne désire attirer les juifs pour le commerce. Dès 1520, les Médicis avaient fait de Livoume un port franc « En 1591, le Grand-Duc Ferdinand Ier accorda un large droit asile aux étrangers Corses fuyant la répression génoise. huguenots français, Juifs fuyant l’Espagne. Les différents privilèges, exemptions et immunités qu’il consentait furent codifiés en 1593 en un édit appelé La Livournaise » (…) « À Livourne, le grand-duc Ferdinand Ier de Médicis consentit des avantages inédits : liberté de culte, droits civiques, non assignation dans un ghetto, auto-gouvernement par une oligarchie longtemps héréditaire ayant seule pouvoir d’accueillir de nouveaux immigré juifs… Ainsi Livourne vécut, de 1591 jusqu’à la fin du XIXe siècle, la plus nombreuse et la plus libre des communautés juives portugaises, forte d’environ 5 000 personnes. » rapporte Lionel Lévy (pg 12). Gênes est à son apogée entre 1550 et 1650, elle devient un République sérénissime en 1596. Elle domine Pise et contrôle le port de Livourne et toute la méditerranée occidentale, mais aussi  le quartier de Galata (le quartier juif) à Constantinople en Turquie, de l’autre côté de la Corne d’Or, toute la Mer Noire… Les intérêts de la banque et ceux de Gênes se confondent. juifs32

Accueil des réfugiés juifs d’Espagne à Constantinople par le sultan Beyazıt II

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Synagogue Ahrida à Istanbul (le plus ancienne synagogue grecque reprise par les séfarades)

Les Juifs avaient été expulsés d’Espagne, de Provence puis d’Italie du sud, de Sardaigne aragonaise en août 1492. Restait Venise où le Sénat décrète le Ghetto le 29 mars 1516, comme un « compromis » alors que prédicateurs dominicains, à l’instar des Espagnols, demandent l’expulsion des Juifs de Venise. C’est là qu’en 1520, un protestant allemand (!) imprime pour la première fois le Talmud de Babylone, quelques années seulement après la découverte de l’imprimerie par Gutenberg. Un non-juif, Daniel Bomberg, lui donne alors la structure de la page que nous lui connaissons (source : Gérard Haddad). Le texte de la Mishna a été imprimé pour la première fois à Naples, en 1492. Bomberg Bomberg1

Talmmud Menahot de Bomberg (Venezia, 1520)

IL ne faut pas oublier que les bateaux qui quittent l’Espagne en 1492 appartiennet aux armateurs génois…. Les banquiers juifs de l’Ufficio san Giorgio à Gênes ou de la Maison Mendès au Portugal vont organiser les filières de fuite d’Espagne et du Portugal vers Bordeaux, Le Comté de Nice, Gênes, Livourne, Venise, Naples, et la Turquie et Hollande à partir de 1492. Comme l’illustre la vie de Gracia Nassi (1510–1569), se cachant sous l’identité catholique Béatrice de Luna, l’héritière d’une de la plus riche banques du Portugal (la Banque Mendès), chassée de Lisbonne où elle était née dans une famille aragonaise, d’Anvers, de Venise, de Ferrare (où elle commandite la  » Bible de Ferrare « , en judéo-espagnol, qui lui est dédiée) pour poursuivre sa vie en Turquie respectée des puissants avant de mourir en Erets Israël… La Senora, Hanna, que des milliers de marranes n’appelaient pas autrement que ‘ »Notre ange » utilisa sa fortune à défier les rois d’Espagne, de France, le doge de Venise et l’Inquisition pour sauver des centaines de vies juives.« Quiconque entreprend de raconter les nobles actions et les rares vertus de Donna Gracia » écrivait un érudit contemporain, Rabbi Isaac Abohab,  » devra écrire des volumes s’il veut lui rendre justice « .

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Agnolo Bronzino, Beatriz de Luna avec son unique fils, 1530-1540

Les banques sont donc les organisatrices des filières marranes, leurs agences servent aussi de relais aux marranes en fuite. Bien sûr elle ne ressemblent pas à nos banques de dépôts modernes. La banca à l’origine est le « banc » où l’on change les monnaies. La banque de l’époque est donc un réseau de familles qui se font confiances et évitent de transporter de l’or sur des routes dangereuses grâce aux lettres de change, les banques ont des agents commerciaux à Londres, Anvers, Venise, Ferrare, Gênes…. Les juifs sont donc intimement liés à la prospérité des Cités-Etats italiennes dont ils assurent le commerce de masse alors que le monopole des épices indispensables à cacher la goûts de viandes peu ragoutantes fait et défait les fortunes des cités concurrentes. Le quartier juif de Galata a Istanbul dans la corne d’Or, celui des juifs devient rapidement très peuplé et un haut lieu de commerce.

Revenons un siècle en arrière sur le rôle de l’Ufficio, à Gênes, la plus grande banque du monde qui prêta à Christophe Colomb Colomb et Charles Quint, au coeur de l’activité de la Sérénissime.

Bastia et le nord

Bastia, à son origine, est une position stratégique génoise sur les côtes de la Corse : Bastia commande le canal tyrrhénien. La maîtrise de la Corse est vitale pour Gênes, car toute nation possédant l’île (Gêne se bat contre Venise après qui lui ravira le monopole sur la Méditerranée après avoir détrôné Piseset contrôlé le port de Livourne) serait en mesure d’exercer le blocus de la métropole. Bastia ou Bastita, c’est-à-dire « retranchement », « bastide ». La mer, étroite, semée d’îles, qui en quelques heures de navigation mène aux ports de la Toscane. La proximité de l’Italie, devait ajouter à la fonction militaire et à la fonction politique de Bastia une fonction commerciale. Par Bastia la Corse se rattachait au continent.Trois siècles et demi durant, de 1453 à 1793, Bastia fut la capitale de la Corse, ou plutôt le siège des administrations génoise puis française, car les Corses, pendant les brefs moments de leur indépendance, préférèrent Corte.

Bastia- La Citadelle
Bastia- La Citadelle

Bastia La Citadelle   Bastia La Citadelle 2

Bastia, La Citadelle génoise

En 1484, pour retenir les colons génois qui s’étaient déjà installés à Bastia (avec des soldats allemands) et en attirer de nouveaux, l’Office de la Banque de Saint-Georges, à qui Gênes avait cédé la Corse en 1453, promit de nombreuses exemptions aux personnes qui, avec leur famille, s’établiraient autour de la forteresse.Les commerçants génois installés à Bastia entretenaient dès le xve siècle des relations avec les ports méditerranéens. Ils importaient d’Italie toutes sortes de produits. En retour, les poissons de l’étang de Biguglia, salés, étaient exportés dans toute l’Italie et jusqu’au-delà des Alpes, « in terra de’ Tedeschi ». Ses anguilles étaient également salées et vendues « à grand prix », sur le continent. DidierLong Bastia

Le port de Bastia

Bastia partage cette origine étrangère avec Ajaccio, fondée en 1492 par l’Office de Saint-Georges, qui installa au fond du golfe cent familles de la riviera génoise. Dans les deux cas, les Génois ont choisi l’emplacement de la ville  d’après les possibilités qu’offrait la géographie.

La présence juive à Bastia est  attestée au XVIème siècle. Après 1492 les juifs sont arrivés de Gênes et Livourne à 120 km par la mer. Gênes a délégué l’ administration de  l’île depuis 1453, à l’Office Saint-Georges, une banque génoise très puissante (l’Officio ou Banco ou Officio di San Giorgio fondé en 1407) possédant sa propre armée et ses propres juges,une banque où se trouvent de nombreux conversos et qui contrôle aussi des colonies du Levant et le commerce jusqu’en Mer Noire et au Cap de Bonne Espérance. C’est cette même année 1453 que la Banque prend le contrôle de Gazaria en Crimée (Gazaria, des fameux Khazars !)- voir carte. Caffa_and_Theodoro En effet, un certain nombre de familles génoises éminentes ont participé à la création et à la gouvernance de la Banque (voir ici), y compris les maisons de Grimaldi & Serra. Fait exceptionnel, la Banque utilise les services d’un certain nombre d’agents juifs, dont la famille juive Ghisolfi qui gérait les comptoirs de la Mer Noire, la Crimée  colonie génoise appartenait à l’Ufficio depuis 1453. Un descendant Simeone de Ghisolfi- le fondateur, Zacharias de Ghisolfi y est prince à partir de 1480, il sera appelé même par le Tsar. Déjà à l’époque la Crimée est un enjeu stratégique d’accès à la mer Noire controlée par les Turcs pour la Russie dont la quasi-totalité de ses côtes, de Vladivostok à la Baltique, sont prises par les glaces une grande partie de l’année.   Les Nouveaux chrétiens ou des marranes arrivèrent en Corse grâce à l’Ufficio. Ce, jusqu’à ce que Gêne reprenne directement la main sur la Corse à partir de 1562. Livourne et à 120 km de la Corse (61 milles nautiques ) et l’Île d’Elbe qu’on voit de Bastia (photos) à 50 km (27 milles nautiques). Elle vit naître Napoléon qui y vécut en exil à la fin de sa vie. map   WP_20140504_019 WP_20140505_002

 L’Ile d’Elbe et l’archipel toscan vus de Bastia au lever et au coucher du soleil

On trouve des traces de ces juifs de Bastia marranes ou conversos dans les archives de la Sérénissime à la reconstruction de la ville par les génois (citadelle). Ainsi, le Notaire chancelier Giacomo Imperiale de Terrile écrit en février 1532 un document parlant de Benedetto de Murta, médecin à Bastia, « auparavant juif » [3]. Rien d’exceptionnel à cela. Les juifs, puis marranes, puis Conversos ou Nouveaux chrétiens vont errer en méditerranées aux XVIème et XVIIème siècle, pourchassés par l’Eglise. Ainsi, un Isaac Cardoso médecin à la cour de Philippe IV, intellectuel respecté et ami de Lope de Vega débarquera d »Espagne dans le ghetto de Venise en 1648 . De Fernando ce Nouveau chrétien devient Isaac et professe le judaïsme auquel il se re-converti. « Pourquoi un armurier est-il automatiquement considéré limpio (de sang « limpide », purement non-juif) alors qu’un médecin est toujours tenu pour un Juif ? » s’inquiètent les auteurs d’une pétition au début du règne de Philippe IV dont les auteurs demandent une réforme de l’enquête sur la Limpieza de sangre. [4] La synagogue de Bastia, Beith Meir, a été installée en 1934 dans une ancienne banque génoise. C’est de Corse dit-on à l’époque qu’est importé à Livourne en juillet 1792 un opuscule intitulé « Stato Costituzionale degli Ebrei in Francia e suo esame » que les autorités Toscanes interdisent de publication en faisant promettre au libraire de ne pas le diffuser. [2] C’est l’époque où Bonaparte soutient Paoli avec qui il rompra un an plus tard. (5) Un corse ne quitte pas son île, dit un dicton corse, il s’absente.

La fondation de Vengtimilia la Nuova – PortoVecchio

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Porto Vecchio entourée de ses marais (Photo DL 2015)

Un siècle avant les Capitoli la Banque Saint Georges fonde Porto-Vecchio. une aventure rocambolesque. Après le passage de la seigneurie de la Rocca sous l’administration directe de la Banque de Saint-Georges, les Génois  fondent une colonie à Porto Vecchio et font construire une forteresse dont demeurent de nombreux bastions (1539) afin de se protéger des Barbares. On envoie donc 150 familles de Vintimille pour fonder la Nouvelle Vintimile, Porto-Vecchio, à leur tête Pietro Massa. En réalité la plupart sont, comme leur chef des transfuges Nouveaux Chrétiens ou marranes. Pourquoi de Vintimille ? Car la Banque Saint Georges possédait Vintimille qui passe du pouvoir de Louis XII à l’Ufficio le 6 novembre 1513.  Celui qui prendra la tête de l’expédition est un juif nommé Pietro Massa. Pietro Massa le fondateur de Porto Vecchio est probablement de la famille du jurisconsulte à Gênes Matteo MASSA,  lors de la prise de pouvoir de la Banque sur Vintimille voir ici (5). Dans la délégation qui se rend à Gênes por que l’Ufficio rachète Vintimille on trouve aussi Pietro SPERONE, chef ambassade deviendra en suite Vicaire Général de l’ile de Corse. On possède la lettre de la correspondance de Pietro MASSA avec la banque à qui il propose d’amener 150 familles à Porto-Vecchio : Lettre de Matteo Massa Comment savons nous qu’il est juif ? Par les Archives de Gênes, car comme beaucoup de juifs son nom est celui d’une ville d’Italie, Massa, d’où les juifs affluent à Gênes, Domenico Cipolline en 1648 demande aux autorités de Gênes que les juifs portent la rouelle pour aller à Nicora faire leur marché : Archives de Gênes C’est ainsi qu’est fondée Ventimiglia la Nuova (Porto Vecchio) voir ici et ici (en Italien). Destinée à être un chef-lieu de juridiction et à permettre la mise en valeur de la plaine, la colonie génoise de Porto Vecchio se révèle être un échec : du fait de la malaria, de la menace permanente des corsaires turcs mouillant à proximité et des agressions des Corses, la cité est plusieurs fois abandonnée. Après diverses tentatives de peuplement, la république de Gênes décide de favoriser l’installation dans la citadelle des familles insulaires originaires de la montagne, Quenza essentiellement. Les liens entre la Corse et la Turquie sont nombreux non seulement parce que la Banque Saint Georges qui colonise l’Ile l’a acquise en même temps que les comptoirs de Crimée, dont les juifs de la banque assurent la gestion; mais aussi parce que les corsaires Turcs pillent l’île régulièrement. Les esclaves blancs sont enlevés et vendus à Alger… et parfois libérés ou rachetés par leur proches. C’est probablement l’origine des vieilles familles juives algéroises comme « Korsia » : Corse. Ou « Corso » : C’est ainsi que Pietro Paolo Tavera, né en 1518 en Corse et alors âgé de 5 ans ets enlevé par les Turcs. Envoyé à Istanbul, il devient janissaire, après être devenu musulman et avoir reçu une éducation militaire. Surnommé Hassan Corso, il est nommé en 1549 caïd d’Alger et calife avant de se heurter aux autorités turques. Alger

Dusquenne (1610-1688), lieutenant général des armées de mer de Louis XIV, délivrant des prisonniers des mains des Barbaresques à Alger.

Razzia

Razzia barbaresque en Corse

Le Dragut célèbre corsaire turc hivernait sur l’ile du Castiglione dans la baie de Porto-Vecchio et il n’était pas rare que des bateaux en route vers Alger se réfugient dans la baie de Saint Cyprien  sur la cote est dans le sud de l’Ile pour s’abriter de la tempête sur la côte ouest comme le monter cette vidéo où l’on voit que la cote est (Saint Cyprien) est calme alors que souffle le même jour la tempête à la Tonnara sur la côte ouest au nord de Bonifacio:

On possède dans les archives de Gênes un carte française  de la Corse au moment de l’arrivée de Pietro Massa où l’on voit la baie de Porto-Vecchio et le golfe de Saint Cyprien. Lévie, dans la montagne prés de chez moi, y est orthographié Lévie comme le nom juif. Mais une autre hypothèse dit que « Le vie » signifie « les voies », le croisement, Levie était un carrefour de chemins entre la plage et la montagne. Difficile de trancher.carte

Carte du sud de la Corse en 1756

Les 150 familles probablement des marranes ou conversos sont connues par les listes au départ des 19-24 août  1578 partis le 25 novembre 1578 de Vintimille avec des familles de la ville mais aussi de Airole, Camporosso, Vallecrosia, San Biagio, Borghetto , Vallebona, Soldano, Contado di Nizza, Pimonte, Seborca, Lavina, Pietrbruna. Il est probable que ce qui réunit toutes ces personnes c’est un destin de pourchassés immigrés dans la région de Gênes et de la côte ligure.

listeliste 2Listes au départ des 19-24 août  1578

Mais Curieusement les « Giacomo »  neuf mois plus tard, le 21 mai 1579. les « Giacomo » se sont transformés en  « Giacobo » une fois sur place: voir ici les noms

Liste

On voit sur ce dessin de l’époque (à droite) la tour génoise de Saint Cyprien que je montre à la fin de ma vidéo, censée protéger la ville :

Tours génoises

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carte de Porto Vecchio

Plan de Porto-Vecchio (la citadelle) en 1612

  Galée

Caracca et galée du  XVIe siècle semblables à celles qui fondèrent Ventimila la Nuova (Porto-Vecchio) en 1578 (E. Marengo, C. Manfroni, G. Pessagno: La Banque San Giorgio …).

Map

L’itinéraire d’hiver probable en novembre 1578 des bateaux qui fondèrent la citadelle de Porto -Vecchio, la « Nouvelle Vintimille »

corse du sud

Fresque de 1580 d’Egnatio Danti, représentant la Corse du sud vue du nord. Ventimilia la Nuova est signalée ainsi que la baie de Saint Cyprien. La Tonnara se situe entre la vallée de Figari et Bonifacio (Musée du Vatican, Galerie des cartes géographiques)

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Les redoutables marais atour de Porto-Vechio ou sévissait la malaria mortelle (paludisme : mal aria, le mauvais air) en été et où se réfugiaient les pirates pour hiverner. Au loin la montagne où se réfugiaient les corses par crainte de la maladie… et des pirates.

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Bien sûr cette immigration génoise ne peut occulter d’autres immigrations juives postérieures comme celle des juifs de Paoli, la fondation d’Isle Rousse avec une population juive par Paoli à partir de 1768 en concurrence au port de Calvi restée fidèle à Gênes et propose aux juifs de venir y établir une colonie marchande. On trouve dans la correspondance de Paoli la mention d’un Juif nommé Modigliani parmi les premiers habitants de la cité d’Ile Rousse en 1765, un Israélite installé à l’Ile-Rousse, qui demande à bénéficier des mêmes droits que les habitants nationaux selon la promesse de Paoli. Paoli est favorable à sa requête… etc… D’autre part les Juifs sont obligés de quitter la Sardaigne possession aragonaise, dès le 31 juillet 1492. Il est probable que de nombreuses familles se retrouvèrent dans les bouches de Bonifacio liée à Livourne pour l’exploitation du corail. De nombreux lieux et patronymes en Corse témoignent de la présence juive ou marrane comme Casalabriva (la maison de l’hébreu prés d’Olmeto en Corse du Sud). Probablement le village de Livia, Lévie prés de chez nous. (Qui pourrait aussi dire « les voies »- un croisement de routes, si on orthographiait « levie » et non « Livia »). Le nom Valli (mon nom corse) qui s’écrit aussi Bali (en hébreu la lettre Bet, B, se prononce V quand elle perd son point) est un patronyme banal en Italie et commun dans le judaïsme. (voir ici). « Ba li » signifie, « il est venu à moi », en hébreu on désigne ainsi l’enfant non attendu. Le nom Levi Valle existe dans la communauté juive de Livourne et Valli en est peut être sa contraction. (voir ici)


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Valli est peut-être aussi l’anagramme de Livia. Chi lo sa ?

Des recettes comme cacavellu présent aussi dans les communautés juives du Maroc à Pourim viennent bien sûr d’Espagne  ou ce gateau s’appelle « culeca ». La similitude entre le catenacciu à Sartène et les pénitents du vendredi Saint à Séville est frappante. Ciò chi hè scrittu in celi segui in terra. Levie IMG-20140127-00161

Four à pain de ma famille qui servait à tout le village dans le sud

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NB: Le poing en corail à la fin de le vidéo est une amulette contre le mauvais oeil, l’Ochju en corse, le Haïn Hara (‘le mauvais oeil’ en hébreu), le pendant du lachion hara (« la mauvaise langue » = la lèpre dans la Bible selon le Tradition rabbinique). Le corail de corse et taillé aujourd’hui à Naples. Les rabbins de Livournes exploitaient le corail de Bonifacio en échange d’armes. Par Boswell (un anglais ami de Pascal Paoli) on sait que Paoli a accepté un accord avec la communauté juive de Livourne, comme il a passé un accord avec des entrepreneurs français au moment de la guerre de sept ans, pour les forêts. « Mais on ignore les détails de cet accord passé avec le consul de Piémont à Livourne, Antonio Rivarola (fils de Domenico, ancien chef de la révolte corse, au service du Piémont au moment de la guerre de succession d’Autriche). Paoli lui demande de prendre langue avec des « rabbins accrédités » en 1760. » (Source : Marie-Madeleine Graziani, archives départementales de Corse-du-Sud.). L’objectif était d’exploiter le corail à Bonifacio (soumis à des taxes par Gênes) péché par les corses qui l’échangeaient contre de l’argent et des armes pour la jeune nation corse.

Voir aussi sur ce blog: La Corse, île de justes, France 5 rouvre le débat Cédrats de Souccot en Corse Histoire des juifs de Corse « L’abrei corsi » « L’âme marrane, judaïsme et modernité » de Yirmiyahu Yovel

Serge Klarsfeld: « La Corse est bien une île des Justes »

(1) De nombreuses fois au début du du XVIe siècle, la Corse est victime de razzias turques. Les raids débutent avant 1530 et vont en s’intensifiant. Vers 1560 le chroniqueur Filippini note que « …depuis la pieve de Lota jusqu’à celle de Santo-Pietro dans le Nebbiu, il n’y a guère de village qui n’ait pas été attaqué par les Turcs … et même plusieurs fois… »C’est au cours de l’une de ces razzias par les maures qu’est capturé Pietro Paolo Tavera, né en 1518 en Corse et alors âgé de 5 ans. Envoyé à Istanbul, il devient janissaire, après être devenu musulman et avoir reçu une éducation militaire. Surnommé Hassan Corso, il est nommé en 1549 caïd d’Alger et calife. A 38 ans, il endure des Turcs les pires supplices (dont le supplice des crocs) pendant 3 jours, avant de mourir en août 1556 à l’âge de 38 ans. C’est pour lutter contre ces raids venus de la mer que les villages sont bâtis en hauteur et que l’Office constitua un réseau de 97 tours génoises sur toute la côte achevé en 1553, il en reste 67 aujourd’hui (voir à la fin de la vidéo dans la baie de Saint Cyprien). Pendant une longue période, beaucoup de Corses, occupèrent les hautes fonctions de l’administration ottomane en Algérie et en Tunisie. (2) dans Lionel Levy, La nation juive portugaise, Livourne, Amsterdam, Tunis 1591-1951, pg.38. Nore de l’auditeur Pierallini du 6 juillet 1792, A.S.L. Governatore e Auditore, Atti economici F 3276 cité par J-P. Filippini, « La nation juive de Livourne des Lumières au Risorgimento », in actes du colloque « La révolution français et les juifs », Paris, mai 1989. (3)     Notaire-Chancelier Giacomo Imperiale de Terrile, liasse 44, 1532. Diversorum. Cité par Antoine-Marie Graziani, Vistighe Corse, guide des sources de l’histoire de la Corse dans les archives génoises, Epoque moderne 1483-1790, Tome 1, Volume 2, Editions Alain Piazzola, Archives départementales de la Corse du Sud, Ajaccio, 2004. Pg. 303. (4) Fama postuma e la vida y muerte del Doctor Frey Lope Felix de Vega Carpio…(1636)  constitue le vol. XX des Obars sueltas de Lope de Vega. (5) En 1789, Bonaparte contribue à réprimer des émeutes populaires en Bourgogne. Il rentre ensuite en Corse où il soutient d’abord l’action de Pascal Paoli dans une ile en pleine effervescence. Mais la première rencontre entre les deux hommes, en juillet 1790, est peu concluante. Bonaparte est promu premier lieutenant en juin 1791 et transféré à Valence. Un nouveau congé le ramène en Corse. Il y est impliqué dans des échaufourées et doit rentrer à Paris en mai 1792. En juillet, il est renvoyé à Ajaccio avec le grade de capitaine. Il rompt avec Paoli et doit fuir l’île avec toute sa famille en juin 1793. Rav Harboun et Didier Long

Le Rav Haïm Harboun qui a écrit : AU TEMPS DES BÛCHERS – L’expulsion des Juifs d’Espagne (1492-1992) 

(5) LES AMBASSADEURS DE VINTIMILLE A GÊNES
Après la décision du 6 novembre 1513, une ambassade, dont faisaient partie : Pietro SPERONE, Matteo MASSA, Giobatta OLIGNANI, Santino GALLEANI e Gervasio LAMBERTI, représentants de la ville de Vintimille et Giacomo RONDELLO, Michele APROSIO et Giovanni GIBELLI, délégués des Villes et du District, le 10 janvier 1514, était allée à Gênes pour négocier les conditions qui concernaient la cession de la souveraineté de la ville de Vintimille à la Banca di San Giorgio. Les membres, qui formaient l’ambassade, indiquaient clairement la situation politique de la ville; le chef de la même était le représentant le plus important du parti des «Doria» et de la couleur « Fregoso », donc particulièrement bien vu à Gênes, tandis que les autres membres étaient tous des personnes de différentes opinions. Après quelques semaines de pourparlers, le 13 février 1514, au Palais des Compere di San Giorgio, les membres de l’ambassade signaient l’acte, notarié par le notaire Giobatta FOLIETA, qui décrétait la soumission de la ville de Vintimille à la Banca di San Giorgio.

Le 19 mars 1514 sur le parvis de l’Eglise Cathédrale, 1511 habitants de Vintimille et des Villes prêtèrent serment de fidélité au Banco di San Giorgio.

TEDx Société Générale, « L’odyssée du héros » :)

ted

 

Didie Long Société Générale

Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont organisées par la fondation à but non lucratif  Sapling foundation, créée par Chris Anderson pour diffuser des « idées qui valent la peine d’être diffusées » ( ideas worth spreading). Les premières conférences se sont tenues en Californie en 1984. Depuis TED s’est répandu dans le monde entier. Le mouvement est arrivé en France en 2009.

Ce type de conférences où interviennent en 16 minutes maxi chrono des scientifiques, des économistes, des gens d’ONG en Afrique et ailleurs, des entrepreneurs, des visionnaires mondiaux, des artistes, … sont d’une concentration d’énergie incroyable. D’un coup on se rend compte qu’on ne peut plus compter sur (ou maudire!) l’Etat et les impôts, les sociétés démocratiques étant devenues, comme chacun le sait le meilleur système pour ne pas se préoccuper de l’intérêt général… Pour TED, chacun, même le plus modeste est responsable et peut changer le monde par son propre parcours. Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi mais demande toi ce que tu peux faire pour ton pays ! Il faut avoir vécu un TED pour comprendre cela. J’avais déjà participé à TEDx Alsace en décembre 2012.

Je me suis donc rendu amusé à un TEDx à la Société Générale. Drôle de lieu pour un TEDx à but non lucratif .

 

Salle de Trading -Société Générale
Salle de Trading -Société Générale, la plus grande  salle de marché du monde

 

C’est pourtant bien la Société Générale qui a organisé hier un TEDx pour ses collaborateurs sur  le thème de l’engagement. J’étais donc venu là en tant que speaker à la demande d’un vieil ami de McKinsey avec qui j’avais fait mon BCR (Basic consulting readiness dans la langage de la Firme) à Rome il y a 14 ans, Benoît Rousseau, un marathonien en acier trempé. Je retrouvais aussi là mon amie Thanh Nghiem que j’ai déjà présentée sur ce blog.(voir son TEDx en Alsace l’an dernier en bas de cette page).

Didier Thanh Benoit

 Didier, Thanh et Benoît

 

Eh bien c’était formidable ! Le parcours était organisé autour de The Hero’s Journey de Joseph CampbellLe voyage du héros de Joseph Campbell illustre le voyage un individu a à parcourir pour se transformer et transformer son environnement.  A travers 12 étapes de transformation, du monde ordinaire, à un monde extraordinaire, de retour vers le monde ordinaire avec l’élixir, 12 talks de 12 intervenants illustraient les étapes du voyage.

Les speakers

TEDxSG

Il fallait un immense courage aux organisateurs pour faire venir :

Didier Marlier, nous a d’abord parlé a l’aide de slides et de spraysheets excel des statistiques de la violence au Brésil. Puis il nous a parlé de Diego Frazão Torquato, cet enfant brésilien dont la photo, jouant du violon en pleurs aux funérailles de son professeur qui l’a aidé à sortir de la misère assassiné en 2009, a fait le tour du monde. Diego avait un cancer du sang et il est décédé en 2010.

Marlier

 

Puis il nous a demandés ce qui nous aidait le plus à nous mettre en route et prendre une décision : les statistiques du crime ou l’histoire de Diego Frazão Torquato. Et vous ?

Noella Cousiaris Masters, née en République Démocratique du Congo et venue des US. Top model, elle a fondé la  la Georges Malaika Fundation (du nom de son père , « ange »en swaïli, je pensais malakh en hébreu! ) qui a ouvert des écoles pour les enfants pauvres. (voir son interview en bas de page)

Xavier Lagarrigue qui nous a parlé de la « peur de la peur » d’entreprendre. Les dix raisons de ne pas avoir peur.

Kjell Nordstrom, Économiste, professeur à l’Insead, écrivain, (L’homme du livre Funky business) est venu de Stockholm pour nous a montré l’impact de l’urbanisation (10% des personnes sur cette planète vivaient dans des villes il y a un siècle 50% aujourd’hui mais 63% des personnes à Stockholm vivent seules)  et des savoirs soft sur nos manières de vivre. Dans ce contexte il ne faut plus parler de multinationales mais de multicities, si les gens se rassemblent dans les villes c’est parce qu’ils échangent un savoir soft qui constitue l’essentiel des échanges et savoirs. C’est un changement radical de paradigme … (voir une de ses vidéos en bas de  page)

Thanh Nghiem petite génie des grandes écoles, diplômée de l’école des Mines à 21 ans puis de l’Institut européen d’administration des affaires…la plus jeune partner femme McKinsey  à 30 ans…  elle quitte le monde des grandes entreprises pour celui des ONG. Elle fonde l’institut Angenius, qui crée des projets destinés à favoriser des modes de vie durables. Cette année elle tissait des ponts entre le Viet Nam et la France.(voir un de ses talks en vidéo en bas de  page)

Priscille Vincent qui sort mutilée mais vivante d’un drame en 2006 et qui retrouve le désire de vivre et de peindre.

Taig Khris, franco-algérien né à Alger d’un père algérien et d’une mère grecque, champion du monde Roller extrême,  nous a raconté son combat. Sa devise :  « Tomber 7 fois, se relever huit! » Magnifique non ?

http://www.youtube.com/watch?v=Ulz_SHJQgiU

Des héros magnifiques. Une pèche d’enfer. Des femmes et de hommes sincères. Des perdants magnifiques. Des gueules cassées du grand combat de la vie. Mais celles qui m’ont le plus touché ce sont les soeurs Gabrielle et Deborah Portnoï. Un numéro de jumelles plein de tendresse. Ces deux filles là vont aller loin. Pourtant elle n’avaient rien pour réussir au départ…

 

Gabrielle et Deborah Portnoï

Depuis 2008, elles sont fondé T1SCH – The 1st Signed Channel, Glove.tv. Il s’agit de la première chaine de télévision généraliste bilingue, langue des signes et langue française, qui sera lancée fin 2011. Ces deux CODA ( Child of Deaf Adults ) filles de parents sourds parlant avec le langage des signes, sont des âmes magnifiques. Elles ont raconté comment elles traduisaient les films pour leurs parents hongrois et roumain en langage des signes, avec une Yiddish mama pour grand mère, et disant les prières pour leur papa sourd muet.

 

Deborah et Gabrielle Portnoï - Didier Long
Deborah et Gabrielle Portnoï – Didier Long

 

Justement, elles cherchent à lever des fonds pour leur télé, alors si quelqu’un est inspiré… ????? Ecrivez-moi vite ! Je leur transmets.

http://www.youtube.com/watch?v=lh_ZUt-O34Y

Leur histoire m’a fasciné. Surtout après avoir pensé tout mon Talk atour du silence,de l’écoute et de l’appel… sans même savoir qu’elles seraient là.

 

« L’appel du héros », mon Talk

J’intervenais donc en seconde position sur le thème de l’Appel du héros. Voilà ce que j’ai dit :

Ecoute…

Je me suis souvent demandé pourquoi la Règle de saint Benoit qui est la Règle des moines d’Occident commence par le mot Ecoute : ausculta o filii, Ecoute ô mon fils la parole de D.ieu. Et la grande prière juive aussi  « Chema Israel Ado-nai éloénou Ado-nai e’Hade, Vea avta ete Ado-nay eloekha bekhol levavkha ». « Ecoute… tu aimeras… de tout ton cœur » Les moines chrétiens et les juifs disent les mêmes mots : « Ecoute ! ».

Forcément il doit y avoir un truc à entendre. C’est toute l’histoire de ma vie. Il y a Quelqu’un qui nous appelle.

1980, je suis  ouvrier chez Michelin à Clermont-Ferrand. J’ai 15 ans, je travaille 40 heures par semaines, onze mois sur douze, une sorte de bagne à ciel ouvert. L’atelier devant une fraiseuse au mois de juillet c’est le pavillon témoin de l’enfer sur terre. Un bruit !!!

17 ans. Changement de route. Après une dépression, le bruit sans doute… un ami m’aide. Il lit la Bible. Je lis l’histoire d’Abraham, de Job de tous ces types qui ont tout perdu, leur pays, leur famille, leur fortune, leur espoir sur cette terre et à qui D.ieu d’un coup promet le Ciel. Comme Abraham : « Lekh Lekha, Va, Va, quitte ton pays, le lieu de ta naissance, la maison de ton père et tu iras vers le pays que je t’indiquerai… » Il est appelé, et Abraham part. Et à la fin de sa vie Dieu appelle encore Abraham : « Lèves-toi, Prends ton fils unique, celui que tu aimes Isaac, Lekk Lekha, Va, Va! au pays de Moriah, et tu l’offriras en sacrifice sur la montagne que je t’indiquerai. » Ça se passe la nuit, dans la Bible D.ieu agit la nuit, la création du monde, la sortie d’Egypte, le ligature d’Isaac, la Rédemption, c’est la nuit comme dans nos vies. Et D.ieu appelle… L’Eternel appelle des gens sans importance ou des inconnus comme Moïse « Va parler à ce peuple ! » qui répond « Mais je suis bègue ! » ou les prophètes comme Amos derrière le troupeau. Je me dis : mais c’est moi ça ! Et je pars.

Lire la suite de « TEDx Société Générale, « L’odyssée du héros » 🙂 »

« Les voisins de Dieu »

Je vous conseille ce film magnifique. Il raconte comment on peut instrumentaliser D. en toute bonne foi et avec les meilleures intentions du monde, pour se retrouver « voisin de Dieu » . C’est une réflexion sur la vie et l’irruption du mystère de l’amour dans le milieu Bratslav. Des tas de références au Rabbi Nahman de Bratslav pour qui sait écouter. « Même si tu constates que l’homme est complètement perverti, juge-le favorablement. Cherche en lui quelque point valable, une Mitsvah  ou une bonne action. Il n’est pas possible que de sa vie il n’ait accompli au moins une action valable »… »Je ne connais rien »… « Le désespoir n’existe absolument pas! Même si l’homme transgresse toute la Thora des milliers de fois, il doit avoir foi qu’il peut recommencer encore à nouveau. C’est cela la Foi parfaite en Dieu car Ses bontés se renouvellent chaque matin et infinie est sa bienveillance » . R Nahman pour qui chacun devait chercher le Tsadik (« juste ») qui est en lui.

Très beau.

Témoins de l’Holocauste (suite) : Leib Rochman – « A pas aveugles de par le monde »

« Il savait que les rayons insaisissables qui aurait pu les unir étaient rompus. Mais pas seulement les leurs. De chaque être émanaient des rayons qui englobaient le monde entier et attachaient les hommes les uns aux autres. Tous intimement mêlés. Tout était dans tout.  Mais les rayons s’étaient éteints. »

a-pas-aveugles-de-par-le-mondeNé à Minsk-Mazowiecka dans un milieu hassidique Leyb Rochman est enfermé dans le ghetto de sa ville natale au début de la guerre et, suite à la destruction du ghetto en 1942, transféré avec sa famille dans un camp de travail. Il s’en évade et se cache pendant deux ans avec sa femme et trois juifs chez une paysanne polonaise. Là il est contraint de rester debout et immobile entre deux murs sans pouvoir bouger. Au lendemain de la Libération il se rend dans les camps de Maidanek et découvre les  chambres à gaz et fours crématoires. Victime par la suite du pogrom de Kielce, qui attendait les survivants qui rentraient chez eux, il se rend en Suisse fin 1945 pour se soigner.

De 1946 à 1948, il a voyagé à travers l’Europe et il tire de ce voyage cet ouvrage. En 1950, il s’installe en Israël. Il y meurt en 1978, à 60 ans, après avoir écrit trois livres : Et dans ton sang tu vivras (1961), A pas aveugles de par le monde (1968) et Le Déluge (1978).

Mit blinde trit iber der erd, A pas aveugles de par le monde, a été traduit du yiddish par Rachel Ertel chez Denoël. C’est un livre étrange sans équivalent dans la littérature de l’Holocauste. Celui d’un mort vivant, d’un revenant. Proche de l’écriture d’un Aaron Appelfeld qui préface le livre. Il commence une semaine après la fin de la seconde guerre mondiale comme une odyssée à travers une Europe de cauchemar. Une écriture sans les contraintes d’espace et de temps dans une Europe hallucinée d’après le Déluge.

S., « je », Leib, personnages interchangeables qui n’en sont qu’un vit dans le cauchemar de celui qui a survécu. Il revient comme Ulysse dans une Ithaque, l’Europe dévastée où ne l’accueillent que des fantômes de ses proches, de sa mère, de sa petite sœur réduits en cendres ou tués d’une balle.

« Leibl aurait lui aussi voulu se réfugier dans le sommeil, étendu sur son lit ; dans un sommeil interminable, ici, dans les montagnes, comme dans le giron de sa mère. Mais Estherké l’en empêchait. Maintenant, libéré des barbelés et des murs, il s’enfonçait continuellement dans une somnolence poisseuse dont il était impossible de le tirer. Il ne comprenait pas comment il avait échappé à tout cela, pourquoi c’était lui qui avait été condamné par le destin à demeurer. Il se souvenait de tous ceux qui l’entouraient jadis. Personne n’était resté. Ils avaient tous expiré leur âme en fumée : sa mère, qui l’avait porté et l’avait expulsé de son corps pour en faire un être indépendant, sa sœur et son frère, qui étaient le fruit de la même matrice et s’étaient nourris au même sein ; toute sa parentèle – oncles, tantes, cousins, issus du même sang. Comment rester seul dans le vide qu’ils avaient laissé ? Les camarades de sa cour, les voisins de sa rue, tous les habitants de sa ville. Tous les Juifs des villes et des pays environnants – des monceaux de cendres dispersés. Et lui, lui, il était là, il existait, on pouvait le toucher. Ce ne pouvait être qu’un châtiment. Ce ne pouvait être l’issue définitive. On lui avait tendu un piège. Comment l’avait-il mérité ? Pour quels actes infâmes ? »

Lire la suite de « Témoins de l’Holocauste (suite) : Leib Rochman – « A pas aveugles de par le monde » »

Qaddish pour Denise Epstein

Denise Epstein et DL
Denise Epstein et DL (photo MPS)

Denise Epstein est décédée ce lundi premier avril à Toulouse.

Il se trouve que je l’avais connue par un hasard de circonstances car Olivier Rubinstein, chez Denoël, avait publié le livre de sa mère Irène Nemirovsky, « Suite Française », qui avait reçu le premier prix Renaudot à l’automne 2004. Dans une surprise totale : c’était le premier prix littéraire à titre posthume ! Je publiais « Défense à Dieu d’entrer » chez Denoël en janvier 2005. On avait donc ‘fait’ les salons ensemble (photo ici au Salon du Livre de Paris en 2005). Denise était une femme drôle, émouvante et directe. Ce jour-là elle je me rappelle, elle m’avait dit : « Didier, votre nez, vous devriez vérifier…  –Ah bon …  🙂

Je me permets de vous livrer un mail d’elle de la fin du mois d’aout dernier :

Cher Didier,

Inutile de vous dire combien j’ai été touchée par votre bel article sur le « Vin de solitude », mon livre préféré et celui de ma mère aussi ! C’est celui où elle a mis le plus d’éléments biographiques et plus j’ai avancé dans mes recherches sur cette part de sa vie dont elle ne parlait guère je m’aperçois à quel point tout était vrai! J’avais lu votre livre « Défense à Dieu d’entrer ». Pour moi je suis toujours en état de colère, de doute et penser à toutes ces victimes innocentes me rend encore plus intransigeante sur la tolérance notamment. Je pense toujours à ma mère, à mon père et à tous les autres, ils m’ont accompagnée tout au long de ma vie et maintenant que le cancer me rend vulnérable j’aimerais croire que je les retrouverai… mais il y a longtemps que j’ai perdu la foi!

Merci encore,

Très cordialement,

Denise Epstein

L’histoire du manuscrit de « Suite française » est maintenant bien connue.

Juillet 1942.  Irène Nemirosvsky est raflée pour Auschwitz. Elle y meurt du typhus le 17 août 1942. Le 09 octobre 1942 Michel Epstein, son mari la suit  le 06 novembre par le convoi n° 42 de Drancy pour Auschwitz, gazé à l’arrivée.  Juste avant de partir, le père de Denise lui dit de ne jamais se séparer de la valise qui contient « le cahier de maman ». Ce qu’elle fait, vivant cachée avec sa sœur jusqu’à la libération. Les années passent. Denise ne  rouvre le manuscrit inachevé qu’en 1975. Elle le publiera en… 2004, soixante-deux ans plus tard. Elle avait sauvé la mémoire de sa mère.
manuscrit
Cette sauvegarde de la mémoire, de ceux que nous chérissons, est le plus haut devoir.
Pour nous, ceux que nous aimons ne meurent pas. Ils vivent dans notre mémoire. Nous les maintenons vivants dans la mémoire, la téfilah et le izkor. Que Denise retrouve tous ceux qu’elle aimait. Nous la gardons vivante dans notre mémoire et notre cœur.

PS : L’article que j’avais écrit sur le « Vin de solitude ». Une de ces coïncidences par lesquelles D. « passe dans nos vie incognito » : http://didierlong.com/2012/08/19/irene-nemirovsky-le-vin-de-solitude-roman/

DAS KIND (L’enfant) de Yonathan Levy

Si vous n’avez rien à faire ce dimanche matin 24 février ou le 3 mars et que vous êtes à Paris, allez donc voir le film de Yonathan Levy, Das Kind. J’ai recontré Yonathan le jour où il est venu me voir pour parler d’un synopsis sur la vie de Rachi, le grand maître champenois… mais c’est un autre sujet. Yonathan m’a montré son film Das Kind et j’ai trouvé cela trés émouvant. C’est l’histoire d’un voyage à travers la mémoire, l »histoire de Irma Miko. Celle-ci naît en 1914 à Czernowitz dans l’Empire Austro-Hongrois. Promise à une brillante carrière de pianiste concertiste, elle décide néanmoins de rallier la cause communiste et devient, à 18 ans, militante clandestine à Bucarest. En 1939, lorsque la guerre éclate, Irma est à Paris. Elle, la juive, rejoint alors la Résistance des étrangers où lui est confiée une mission des plus périlleuses : enrôler des soldats de la Wehrmacht dans la Résistance…
Plus de soixante ans après ces faits, Irma, accompagnée de son fils André, entreprend un voyage intime à travers l’Europe à la recherche de ce passé dont elle est le dernier témoin.

Juifs et chrétiens : le chemin parcouru

Le billet radio d’André Nahum hier sur Judaïques FM … et une vidéo de Mgr Di Falco qui illustre cela

Le pape Benoit  XVI a annoncé qu‘il mettait un terme à ses fonctions à la fin de ce mois probablement pour des raisons de santé. Son pontificat aura été marqué par la main tendue aux autres religions et particulièrement aux Juifs et à ce titre nous le regretterons.
« Le décalogue nous est un patrimoine commun ( aux Juifs et aux Chretiens), déclarait-il au cours de sa visite historique à la synagogue de Cologne en août 2005,…… mon souhait est qu’ils ( les Chrétiens) sachent reconnaitre dans le décalogue la lampe de leur foi, la lumière de leur route… » .

BXVI à Rome Benoît XVI à la synagogue de Rome avec le Grand Rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, en janvier 2010
(ici son discours)

Il écrivait,  lorsqu’il était cardinal que l‘alliance de Dieu avec le peuple d‘Israél était son  « unique alliance », en opposition avec la théologie de la substitution pour laquelle la nouvelle alliance par le Christ rend caduque la première alliance par le peuple choisi.

Il a exonéré les Juifs de la mort de Jesus.

L’interview de Mgr Di Falco

Déjà, son  illustre prédécesseur Jean-Paul II s’était exclamé à la synagogue de Rome, le 13 Avril 1988 : « vous êtes ( les Juifs) , nos frères ainés préférés et d’une  certaine manière nos frères  ainés ». Propos qui allaient dans le droit fil de la déclaration « Nostra aetate », du 2 octobre 1965, du  concile Vatican II : « L’église, dit-elle, ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’ancien testament par lequel ce peuple ( juif) avec lequel  Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique alliance et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux d’oliviers sauvages que sont les Gentils » Quel chemin parcouru, depuis les accusations de déicide, de meurtres rituels, les pogroms, l’inquisition, la Shoah, le temps où à Pâque l’évêque du lieu giflait publiquement le président de la communauté juive pour lui exprimer son mépris « ! Lire la suite de « Juifs et chrétiens : le chemin parcouru »

TEDx Alsace 2012- Didier Long – « Sky is the limit »

TED

 J’ai participé à TEDx Alsace 2012 (www.tedxalsace.com ). Les évènements TED sont vraiment exceptionnels. (www.TED.com ). A Mulhouse le public était composé de 500 personnes très motivées, à guichet fermé. Cette année TEDxAlsace donnait la parole à 12 personnes qui ont fait des choix courageux et qui ont réussi à passer à l’action même avec des contraintes handicapantes. Ils racontaient leurs histoires en nous expliquant le rôle de la raison et de l’émotion dans leur décision. Le thème était : « La puissance des émotions ». 

C’était un condensé magnifique d’humanité. Des parcours incroyables : un aveugle devenu trader et conseiller du maire de Paris, un chef d’entreprise… de 16 ans, un homme qui a fait le tour du monde en stop pendant 5 ans, une productrice de films de San Francisco qui a changé de vie, une jeune femme atteinte de sclérose en plaque qui raconte son combat contre la maladie, une partner de Mckinsey (mon amie Thanh Nghiem) fille de mandarin au Vietnam reconvertie dans le développement durable, un spécialiste mondial de photopolymères, un autre qui a produit un clip pour Barack Obama, une fille de pub et «fille Distilbène» qui va construire une école pour des enfants d’Afrique, un cantor d’opéra qui a perdu sa voix et l’a retrouvée- complètement autrement, chez les indiens Hurons, un écrivain, … écoutez, c’est magnifique :

Ludovic Hubler, « Stop »: http://www.youtube.com/watch?v=gjMZ0004u8k

Celestin de Wergifosse , « Un rêve de gosse »http://www.youtube.com/watch?v=3bFsiHXjXhw

Khalid Zahouily, « Ce que révèle la lumière »http://www.youtube.com/watch?v=2wqp7hrAd1g

Thanh Nghiem « Des pailettes à l’être » : http://www.youtube.com/watch?v=G63DEcw9hpA

Cécile Hernandez-Cervellon, « La chute » : http://www.youtube.com/watch?v=uL8QqKjD51c

Corinne Golden Weber, “Technicolor”http://www.youtube.com/watch?v=sAOPRl1eFds

Vincent A. Karche,  « La voix de la nature »http://www.youtube.com/watch?v=8Xwb82uP4gE

Tony Jazz « Le son des grands »http://www.youtube.com/watch?v=NO4hmG3FlGc

Et d’autres vidéos bientôt en ligne…

Un évènement organisé par Salah Benzakour et Martine Zussy.

 Ecoutez ces témoignages sur Youtube et sur  : www.tedxalsace.com 

« Le sanctuaire inconnu », d’Aimé Pallière, itinéraire d’un ben noach

Le témoignage d’ Aimé Pallière (1868-1949), publié sous le titre « Le sanctuaire inconnu » en 1926, est crucial pour celui qui s’intéresse plus que superficiellement aux rapports entre judaïsme et christianisme et plus largement pour reprendre le titre d’un livre du rabbin Elia Benamozegh, le maître livournais de Pallière, aux rapports d’ « Israël et l’Humanité ». Ce témoignage incandescent, sorte d’ « histoire d’une âme » hors du commun vaut par sa sincérité, celle d’un chrétien qui en s’approchant du judaïsme découvrit le noachisme. Nous en publions ici quelques passages.

 

La rencontre d’Augustin Lémann

Pallière raconte son enseignement de la Bible par deux frères, devenus prêtres lyonnais, juifs convertis au christianisme. Augustin Lémann était professeur d’Ecriture Sainte et d’hébreu aux Facultés catholiques de Lyon :

« Nous traduisions les Psaumes des montées Schirê hamma’aloth et je crois bien que de ces montées-là nous ne sommes jamais redescendus. Lire la suite de « « Le sanctuaire inconnu », d’Aimé Pallière, itinéraire d’un ben noach »

La Puissance créatrice des émotions – TEDx Alsace 2012

Je participerai au TEDxAlsace 2012  organisé ce Samedi 17 Novembre au Kinepolis à Mulhouse de 13:30 à 19:30. Ce type d’évènement -TED pour Technology, Enterntainment and Design, fondé en Californie a pour but de partager des idées et la passion pour la connaissance. Des témoins s’expriment puis leurs vidéos sont diffusées sur le Net.
Le thème du TEDxAlsace 2012 est : « La puissance créatrice des émotions ».
Cette année TEDxAlsace va donner la parole à 12 conférenciers qui ont fait des choix courageux et qui ont réussi à passer à l’action même avec des contraintes handicapantes.
Ils vont nous raconter leurs histoires en nous expliquons le rôle de la raison et de l’émotion dans leur décision.
lisez ici : TEDx Alsace
Si vous vous demandez pourquoi ce thème et pourquoi parler d’émotions lisez cela : Thème TEDxAlsace 2012
Et si vous désirez assister au TEDxAlsace 2012 : Billetterie.

L’événement est organisé par Salah-Eddine Benzakour et Martine Zussy