La tradition juive glose à l’infini sur le temps intermédiaire qui sépare le temps de la semaine de celui du shabbat, le temps profane du temps sacré. On trouve dans le Talmud Jérusalem dans le traité Berakhot (Talmud de JérusalemBerakhot 1, 1) des discussions qui évoquent ce fameux « temps intermédiaire » où arrive le shabbat entre chien et loup, entre une et trois étoiles dans le ciel.
Rabbi Hanina précise que ce temps intermédiaire commence à partir du moment où le soleil commence à baisser, c’est alors le temps qu’il faut à un homme pour descendre du sommet du mont Carmel à la mer pour se baigner, il est alors certain qu’il s’est baigné pendant le jour.
D’autres disent que ce temps intermédiaire qui sépare la semaine du shabbat dure le temps qu’une goutte posée sur le fil d’une épée se sépare en deux.
Les physiciens belge François Englert et britannique Peter Higgs ont remportés le prix Nobel de physique 2013 pour leur découverte du boson de Higgs, la fameuse ” particule de Dieu”.
Englert , 80 ans, est professeur par nomination spéciale à l’École de physique et d’astronomie à l’Université de Tel Aviv et est un survivant de l’Holocauste.
Enfant, ma grand-mère Corse m’envoyait chaque hiver un énorme cédrat confit de Bastia et aussi des palmes.
Le cédrat est vraisemblablement originaire de Chine ou d’Inde, il fut le premier agrume à gagner l’Europe environ trois siècles avant notre ère. Il s’y adapta au pourtour méditerranéen. Cette variété de citrus (citron) , le Citrus medica L. Corsican, la « pomme d’or », peut peser jusqu’à deux kilos !
Au XIXe siècle, le cédrat confit était considéré comme un produit de luxe, il venait d’Italie pour toute l’Europe. Mais une maladie décima les plantations du continent. Et c’est ainsi que la Corse (le Cap-Corse) prit le relais avec succès. Celui-ci était cultivé dans des vergers en terrasse.
Tout le monde connait la liqueur de cédrat, la cédratine, typique de la Corse.
Pour les juifs, se procurer un cédrat pour Souccot est une obligation sans prix qui fait l’objet de nombreux contes et légendes.
Car, à l’époque du Temple de Jérusalem la fête de Souccot appelée aussi fête des tentes ou fête des cabanes, est l’une des trois fêtes de pèlerinage (avec Pessa’h et Chavouot). Lire la suite de « Cédrats de Souccot… en Corse »→
Ecouter : Shecharchoret (La fille noire, la mauresque, Morenica en ladino) :
Avec l’expulsion des Juifs d’Espagne 1492, puis celle des Morisques en 1609, le royaume chrétien exclut ses minorités ethniques et religieuses. L’expulsion des juifs qui vivaient en Espagne depuis presque deux millénaires est le résultat d’un long processus de marginalisation qui commence véritablement à partir de la victoire de Las Navas de Tolosa en 1212 et marque un tournant politique. A partir de ce moment, les Chrétiens « re-conquièrent » la péninsule ibérique contre les Musulmans et marginalisent progressivement les juifs avant de les persécuter. Cette Reconquista,croisade contre ceux que la Chrétienté qualifie d’ « Infidèles « musulmans et juifs…
La conquête de Grenade le 2 janvier 1492 qui signe la fin du Califat andalous est suivie deux mois plus tard, le 31 mars 1492, du décret d’expulsion des juifs. Les derniers musulmans, les « Morisques » suivront en 1609.
On sépare donc les chrétiens des infidèles. Les Siete Partidas , le plus important code de lois médiévales publié en1265 par le roi Alfonse X, stipule que :
“Tous les juifs, hommes et femmes, qui vivent dans le royaume doivent porter un certain signe sur la tête, de sorte que tout le monde sache distinguer le juif de celui qui ne l’est pas. Et, celui qui ne le porterait pas, devra payer une amende de dix maravédis d’or chaque fois qu’il ne l’ait pas ; et, s’il n’a pas de quoi verser cette somme, il recevra publiquement dix coups de fouet.” (titre XXIV, loi XI)
Comme le montre Maria Ghazali « La marginalisation et l’exclusion des minorités juive et musulmane était en train de se mettre en place au lendemain de la conquête chrétienne. Les mesures discriminatoires déjà prises alors vont se perpétuer, voire s’aggraver, pour aboutir à l’expulsion ou à la conversion forcée des
Juifs en 1492 et des Mudéjares (maures) de Castille en 1502. Les
dispositions prises envers les renégats et les hérétiques annoncent déjà aussi la politique que mènera l’Inquisition espagnole à l’époque moderne vis-à-vis
des Judéo-convers et des Morisques ».
« Trois livres sont ouverts (Daniel 7, 9-22) … un pour les justes accomplis, un pour les méchants irrécupérables et un pour les moyens.
Les justes sont aussitôt inscrits et consignés pour la vie (Psaumes 59, 28), les méchants irrécupérables pour la mort, et les moyens sont en suspens de Roch Hachana au Yom HaKippourim.
S’ils ont mérité, ils sont inscrits et consignés pour la vie, s’ils n’ont pas mérité, ils sont inscrits et consignés pour la mort. »
Talmud de Babylone Roch Hachana 16a & b ; Talmud de Jérusalem Roch Hachana 1, 3 (57a)
En réalité, la grande majorité d’entre nous n’est ni totalement bon, ni vraiment irrécupérablement mauvais… Nous sommes plutôt, disons… fifty / fifty ! Alors il nous reste les dix jours redoutables jusqu’à Yom Kippour faire pencher la balance par la teshouva, le retour, la repentance, pour vivre finalement. Chana Tova !
Bien que la mitsva de sonner le shoffar à Roch Hachana soit un décret divin, il s’y trouve une allusion, à savoir : « réveillez-vous de votre sommeil, et vous les endormis levez-vous de votre somnolence » faites un bilan de vos actes, revenez en repentir et souvenez-vous de votre Créateur. Et vous qui oubliez la vérité par la perte de temps, et qui perdez vos années en vanité et en leurre sans aucune valeur, observez votre âme, considérez vos conduites et vos fautes et que chacun abandonne son mauvais chemin et ses mauvaises pensées. (Moïse Maïmonide. Lois sur le repentir)
Olivier Long (mon frère jumeau), peintre d’origine bastiaise, présente l’exposition de quelques-unes de ses toiles les plus significatives à la galerie GOUR-BENEFORTI, 8 Rue Napoléon à Bastia du 3 au 27 Septembre.
> Ecouter sur France Culture : Alain Veinstein reçoit Olivier Long, – auteur de « L’oeuvre comme exercice spirituel. L’imaginaire stoïcien des artistes » (Hermann)
« Quitter le village, l’olivier, la table, le pain, le vin, la chaleur du foyer quand l’abeille butine la grappe, et que le libecciu, soufflant Sud-Ouest colore de noir la mer à Bastia, tel fût le destin de nombreux corses. Au loin il y a Tahiti, entre cyclone et paradis, et aussi l’Afrique noire, Bamako outremer, triste hôpital où l’on meurt vite. Qu’allions nous faire là ? »
« L’insulaire lancé sur la vague sombre, dans l’immensité qui ne dit rien rencontre pourtant l’autre rive. La lumière de l’horizon devient son destin, son étoile. Pour tragique et redouté que soit l’exil, quand le large existe, il n’est pas que drame. Alors que les marins se révoltent sur les caravelles en route vers les Indes surgit une terre. L’horizon n’est pas simple vide. Par-delà le fux et rfllux, suivant la courbe de la terre, le rivage est passage. Loin de tout exotisme, brille une imprévue lumière qui fait de l’autre rive un seuil et un soleil.
Ce seuil, je le peins » dit-il. Lire la suite de « Olivier Long, « mare a mare », chemins de mer marranes »→
Après sept ans d’exil dans différents pays d’Europe c’est un Walter Benjamin épuisé qui arrive à Portbou fin septembre 1940. Quelques jours plus tôt il avait fui Parisle lendemain de l’entrée des nazis dans la capitale.
Il vient à pied de Banyuls-sur-Mer, a grimpé de nuit la montagne au-dessus de Cerbère et Portbou, il marche sur cette « route Lister » qui, un an plus tôt, a vu se tasser 500 000 civils fuyant l’enfer de la guerre d’Espagne au poste frontière français ; en haut de ce col venteux et désert où « hurle la solitude » cette montagne de grés entre ciel et mer où les falaises des Pyrénées plongent à pic dans la mer. Un pays qui se préparait à vivre à l’ombre de la dictature organisée par les éléments les plus conservateurs que l’Espagne aie produit, et ce, pendant des décennies. Benjamin a laissé à José l’ami de Berthold Brecht son cartable avec son manuscrit qui vaut « plus que sa vie » selon lui. (Ci-contre : Passeport de Walter Benjamin vers 1926, Berlin, Archives Walter Benjamin.)
Du haut du col, Portbou apparait, l’Espagne est là. Benjamin est donc sauvé. Hélas…
Car d’après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fuyards qu’une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des réfugiés en France. — une réglementation qui ne sera jamais appliquée. Benjamin ne supporte pas cette nouvelle. Lire la suite de « Walter Benjamin à Portbou, fin de l’histoire ? »→
Schindler, nazi en 1939, n’était pas vraiment le genre de type candidat au martyre ou à sauver son prochain. « Il n’était peut-être pas l’hommme le plus correct au monde. Mais le fait est qu’il a fait ce que bien peu de gens ont fait: sauver un millier d’âmes », rapporte Jan Dresner dans Les juifs de Schindler. Car ce juste a sauvé 1100 juifs pendant la guerre. Le film de Spielberg La liste de Schindler de 1993 est précis historiquement. La dernière scène avec les Juifs de Schindler sur la tombe de l’ex-industriel nazi Schindler est magnifique. De même que la fameuse scène de la petite fille en rouge.
Au départ, un nazi ordinaire
Oskar Schindler de nationalité tchèque est né le 28 Avril, 1908 Svitavy (Zwittau), en Moravie, à cette époque province de l’empire austro-hongrois.
Il épouse Emilie Pelzl en 1928 et travaille dans l’entreprise de machines agricoles de son père.
C’est un homme de relations. En 1936 il est à l’AMT Auslands / Abwehr, le Bureau militaire du renseignement extérieur, agent donc. Il sert dans l’armée tchécoslovaque en 1938 comme caporal. En Février 1939, il rejoint le parti nazi.
Catholique d’éducation. Oskar Schindler était un boulimique en tout. Il aimait l’alcool, les femmes, le sexe et l’argent.
Opportuniste, l’appât de l’argent et le sens des affaires vite réalisées l’attirent à Cracovie en 1939 juste après l’invasion de la Pologne, où il est bien décidé à prendre sa part du gâteau de cette guerre où les ruines et les désastres se font aussi vite que les fortunes.