Marranes au Honduras

L’incroyable histoire d’une église évangélique qui se convertit au judaïsme

Source : Aish.fr

par Yossef Juarez

Honduras

Je suis né au Honduras, il y a 23 ans. L’aîné de quatre enfants, j’ai vécu dans un quartier entouré de tous mes cousins, dans une rue qui portait le nom des ancêtres de ma mère. Nous fréquentions une église non confessionnelle, mais fortement orientée vers l’évangélisme.

À l’âge de trois ans, j’ai fait une chute du deuxième étage de ma maison et atterri la tête la première sur le béton, fracturant mon crâne. Lorsque les secours m’ont conduit d’urgence à l’hôpital, j’étais totalement immobile et mon regard flottait, inconscient, dans le vide. Mon état était extrêmement sévère. Et puis soudain, le lendemain, une chose étrange s’est produite : je me suis réveillé de mon coma comme si de rien n’était. Le médecin m’a prescrit de nouvelles radios mais plus aucun signe de lésion n’y était visible : pas de fracture, ni même la moindre égratignure…

Suite à cet événement miraculeux, ma famille a renoué avec la foi chrétienne. Pour ma part, j’ai dédié ma vie entière au service de Dieu. Lire la suite de « Marranes au Honduras »

Vayigach: le silence de Joseph

Le premier homme d’Etat juif par Gérard Haddad

Haddad

sur le site d’Akadem,  la vidéo

La Parasha Vayigash nous fait le récit des retrouvailles de Joseph et de ses frères qui l’ont  vendu comme esclave, alors qu’il n’était qu’un enfant. Après maintes péripéties, après la  longue plaidoirie de Judah, Joseph décide que le moment est venu de se dévoiler à ses frères  qui ne l’avaient pas reconnu.
Dans une deuxième partie de la parasha, nous avons le récit des émouvantes retrouvailles de Jacob et de son fils préféré qu’il a longtemps cru mort.
Sur le plan littéraire et psychologique, c’est un des plus beaux textes de ce merveilleux Livre de la Génèse, de Berechit. Avec un art consommé, avec à chaque fois quelques mots précis déclenchant en nous une grande émotion, la Torah nous décrit pas à pas les étapes psychologiques de cette rencontre improbable : l’émotion de Joseph, ses sanglots répétés, le choc que produit sur Jacob l’annonce que Joseph, son fils merveilleux, est bien vivant, au point que son cœur s’arrête, etc. Nous avons ici un véritable chef-d’œuvre littéraire. Déjà, l’histoire de Jacob qui nous est retracée dans ses grandes lignes depuis sa vie utérine jusqu’à sa mort peut être considérée comme l’ancêtre du roman. Ceci n’a pas échappé à un des plus grands romanciers du XXe siècle, l’Allemand non-juif, Thomas Mann qui consacra à Joseph et ses frères une saga en 4 volumes, sans doute sa plus belle œuvre. Comment Thomas Mann a-t-il eu connaissance de tous les midrashim qui l’ont inspiré ? Par sa rencontre avec un étrange personnage Oskar Goldberg, qui se disait kabbaliste et qui a influencé de nombreux auteurs comme Walter Benjamin. J’ai rapporté les grands traits de cette histoire dans mon livre Le péché originel de la psychanalyse.
Cette beauté littéraire a sa fonction. Elle permet la transmission d’un certain nombre de leçons fondamentales sur le plan de la foi, sur le plan psychologique, sur le plan moral, mais aussi sur le plan politique.

suite sur le site d’akadem

Cinema paradiso

J’ai retrouvé un vieil ami que j’avais rencontré il y a vingt ans alors qu’il réalisait un reportage pour la TV Suisse Romande. Simon Edelstein vit en Suisse il est réalisateur de cinéma et photographe.

Et Simon a une espèce de passion bizarre pour les cinémas, pas les multiplexes en banlieue au milieu des bretelles d’autoroutes mais les vieux cinémas, ceux qui ferment . Comme d’autres font de la généalogie, lui il photographie les cinémas. Systématiquement, pour la mémoire.

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 « Les salles de cinéma rêvaient d’immortalité, se voyaient traverser le temps, adorées comme des cathédrales. Très vite pourtant, ces temples de la laïcité et du bonheur se sont retrouvés délaissés, oubliés, abandonnés, transformés. Cette architecture radieuse, flamboyante, extravagante n’a été reconnue ni des pouvoirs publics, ni même des architectes, raisons pour lesquelles rares sont ceux qui se sont indignés de leur vague de destruction. Les photographies de Simon Edelstein illustrent la nostalgie de cet éclectisme architectural et rendent hommage à ces « lieux d’illusion, de poésie, de liberté et de créativité ». »

Allez voir sur son site, ses photos sensibles et mélancoliques, ses livres, c’est très beau : http://www.simon-edelstein.ch/

La généalogie, l’idée que nous ne puissions pas laisser le passé s’en aller sans faire mémoire est probablement le sport national juif le plus populaire!

Pour compléter la collection, il se trouve qu’il y a quelques semaines j’ai été à Tel Aviv à « l’Hôtel Cinéma », un hôtel dans un ancien cinéma précisément.

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Catégories Art

Joyeux Hanoucca !

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En -175 Antiochos IV, qui veut se faire appeler Epiphane « Envoyé des dieux. » accède au trône de Syrie. Originaire de ces Séleucides qui avec les Lagides se disputent l’héritage d’Alexandre le Grand Alexandre le Grand  qui a conquis la Palestine en  332 avant notre ère, âgé de seulement 24 ans. Mais le rêve grec d’unir l’univers de la Macédoine et l’Asie jusqu’en Inde que résume Plutarque : « Si le Grand Dieu qui avait envoyé l’âme d’Alexandre ici-bas ne l’avait pas soudainement rappelé à lui, il n’y aurait eu, à l’avenir, qu’une seule loi régissant tous les vivants et l’univers entier eut été gouverné sous une même justice et comme sous une même lumière »… a tourné court. Ses héritiers se déchirent le plus grand empire du monde jamais connu.

Antiochos IV, lui, rêve de devenir un second Alexandre. Son modèle politique comme celui de son mentor est celui d’un réseau de villes grecques, c’est à dire de villes où les élites partagent le pouvoir avec l’occupant et vivent à la grecque. Antiochos IV favorise donc les juifs hellénisés, installe son frère Jason comme grand prêtre qui construit des gymnases et des théâtres à Jérusalem. Puis le remplace par Ménélas, qui n’est même pas Cohen. C’est un choc des cultures.

La révolte éclate entre les juifs hellénisés et les hassidim, les pieux, fidèles à la Torah.

Antiochos IV décide alors de reprendre la main. En -168 Il fait massacrer une partie de la population, détruit les murailles de Jérusalem, pille le temple et y installe un autel du dieu Baal Shamen. Il interdit les célébrations fondatrice de l’identité juive , le shabbat, la Brit Mila (Alliance par la Circoncision) et le Roch Hodech (Nouveau Mois). Dans un édit de décembre -167, ordonne d’offrir des porcs en holocauste, interdit la circoncision et pourchasse les adversaires de l’hellénisation. Cette politique lui vaut le surnom d’« Epimane » le Fou (l’insensé).

Juda, le fils du Grand Prêtre Matatiahou prend la tête de la révolte armée des Asmonéens contre l' »impérialisme hellénisé« . Après une guerre de guérilla, Il libère la ville et inaugure de nouveau le Temple, le 25 du mois de kislev.

Les Hasmonéens décident alors d’allumer la Ménorah (Chandelier à sept branches) avec de l’huile consacrée. Mais ils ont un problème : une seule fiole, pure (cacher), porte encore le sceau du grand prêtre. Et l’huile de la fiole ne peut brûler qu’un jour. Un miracle se produit alors : la Ménorah reste allumée 8 jours : les 7 jours de purification et le jour de préparation de la nouvelle huile pure.

L’allumage de lumières au soir des huit jours de la fête de Hanoucca, fête de l’Inauguration du Temple, est accompli en mémorial.

La coutume est d’offrir des toupies aux enfants pour cette fête. Hag Hanoucca Sameah !

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Le livre vendu aux enchères le plus cher du monde est un… livre des psaumes

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Un livre de psaumes datant de 1640, premier ouvrage imprimé sur ce qui allait devenir le territoire américain, est devenu mardi le livre le plus cher jamais vendu aux enchères, adjugé à 14 millions de dollars, à New York. Cette très très rare édition du « Bay Psalm Book » a été imprimée en 1640  à Cambridge dans la baie du Massachusetts par des pèlerins puritains, deux ans après l’importation de la première presse d’imprimerie depuis Londres. Ils avaient rédigé une nouvelle traduction anglaise de la version hébraïque du « Livre des psaumes », plus fidèle selon eux que celle qu’ils avaient apportée d’Angleterre quelques années plus tôt. Elle fut imprimée à 1.700 exemplaires, à destination des familles implantées à l’époque dans le Massachusetts. C’est l’une des 11 copies connues de cette édition qui a été mise aux enchères mardi.

« Ce petit livre de 1640 était précurseur de Lexington et Concord, et au final, de l’indépendance politique américaine. Avec lui, la Nouvelle Angleterre a déclaré son indépendance de l’Eglise d’Angleterre », selon David Redden. Il est d’une « rareté mythique ». On voit à quel point on est là aux sources spirituelle ce qui deviendra les Etats Unis d’Amérique.

L’ouvrage vendu appartenait à une église de Boston, la Old South Church, qui entendait ainsi financer sa rénovation et renforcer ses programmes sociaux. Elle possédait deux exemplaires de cette première édition et entend garder le second. L’acheteur, le milliardaire et philanthrope américain David Rubenstein à l’origine du fonds d’investissement Carlyle Group prévoit de partager le livre avec le public américain en le prêtant à diverses bibliothèques à travers le pays, et en le plaçant ensuite à long terme dans l’une d’entre elles.

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NB: Le livre le plus cher de tous les temps reste le Codex Leicester, une collection d’écrits de Léonard de Vinci, datés de 1508-1510. Il avait été acheté (de gré à gré, pas aux enchères) par le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, en 1994 à un musée de Los Angeles pour quelque 30,8 millions de dollars.

Source : AFP

De Eliézer Ben Yehouda à Nurith Aviv

Annonces

Je vous invite à venir voir le film de Nurith Aviv :
« annonces »
au cinéma Les 3 Luxembourg
67 rue Monsieur Le Prince 75006 Paris
Mardi 26 novembre à 21h00
La projection sera suivie suivie d’une rencontre avec :
Gérard Haddad et Didier Long en présence de Nurith Aviv

Nurith est cette cinéaste dont je vous avais parlé dans un de mon post « Nurith Aviv, La rescapée d’entre les mots » 

Annonces esquisse le portrait de sept femmes qui composent sur un même thème. Elles prennent pour point de départ les récits des Annonces faites à Hagar, Sarah et Marie, que racontent la Torah, le Nouveau Testament et le Coran.

Chacune de ces femmes, en y mêlant sa propre histoire, ses mythes personnels, tire le fil de ses associations à travers la mythologie, l’histoire de l’art, la poésie, la philosophie, la psychanalyse…
Annonces est un film sur le mouvement de la pensée, le pouvoir des mots, le secret de la voix, la séduction de l’image.

Au fond Nurith creuse son thème originaire, celui de « Langue sacré, langue parlée », de Misafa Lesafa (D’une langue à l’autre).

En novembre le cinéma Les 3 Luxembourg présente une rétrospective de ses films : CIRCONCISION • VATERS LAND • D’UNE LANGUE A L’AUTRE • LANGUE SACRÉE, LANGUE PARLÉE • TRADUIRE Gérard et moi-même parleront avec elle et vous en débat après le film.

Eliézer Ben Yehouda

Le film de Nurith et l’évocation de son oeuvre me donne l’occasion de vous parler d’un autre personnage étrange et fascinant  en filigrane de l’oeuvre de Nurith :  Eliézer Ben Yehouda (sa fiche wikipédia). On trouve partout en Israël des rues Eliézer Ben Yehouda. Qui est-il ?

Rue Ben Yehouda

Photo prise il a 15 jours à Tel Aviv

Lire la suite de « De Eliézer Ben Yehouda à Nurith Aviv »

« Jérusalem si je t’oublie… que ma main droite m’oublie »

Quelques heures avant shabbat ce vendredi… et quelques shir amaaloth, chants des montées. D. bénisse sa ville sanctuaire pour toute l’humanité. « Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion nous étions comme en rêve »

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Psaume 126 – תְּהִלִּים

  שִׁיר, הַמַּעֲלוֹת: בְּשׁוּב יְהוָה, אֶת-שִׁיבַת צִיּוֹן–    הָיִינוּ, כְּחֹלְמִים. 1 Cantique des degrés. Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent.
ב  אָז יִמָּלֵא שְׂחוֹק, פִּינוּ–    וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה: אָז, יֹאמְרוּ בַגּוֹיִם–    הִגְדִּיל יְהוָה, לַעֲשׂוֹת עִם-אֵלֶּה. 2 Alors notre bouche s’emplit de chants joyeux et notre langue d’accents d’allégresse.
ג  הִגְדִּיל יְהוָה, לַעֲשׂוֹת עִמָּנוּ–    הָיִינוּ שְׂמֵחִים. 3 Alors on s’écria parmi les peuples: « Le Seigneur a fait de grandes choses pour ces gens! » Oui, l’Eternel a fait de grandes choses à notre égard, profonde est notre joie.
ד  שׁוּבָה יְהוָה, אֶת-שבותנו (שְׁבִיתֵנוּ)–    כַּאֲפִיקִים בַּנֶּגֶב. 4 Ramène nos captifs, ô Eternel, comme [tu ramènes] des ruisseaux dans le désert du Midi.
ה  הַזֹּרְעִים בְּדִמְעָה–    בְּרִנָּה יִקְצֹרוּ. 5 Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie!
ו  הָלוֹךְ יֵלֵךְ, וּבָכֹה–    נֹשֵׂא מֶשֶׁךְ-הַזָּרַע: בֹּא-יָבֹא בְרִנָּה–    נֹשֵׂא, אֲלֻמֹּתָיו. 6 C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée, mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes.

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Psaume 121 – תְּהִלִּים

א  שִׁיר, לַמַּעֲלוֹת: אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים–    מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי. 1 Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.
ב  עֶזְרִי, מֵעִם יְהוָה–    עֹשֵׂה, שָׁמַיִם וָאָרֶץ. 2 Mon secours vient de l’Eternel, qui a fait le ciel et la terre.
ג  אַל-יִתֵּן לַמּוֹט רַגְלֶךָ;    אַל-יָנוּם, שֹׁמְרֶךָ. 3 Il ne permettra pas que ton pied chancelle, celui qui te garde ne s’endormira pas.
ד  הִנֵּה לֹא-יָנוּם, וְלֹא יִישָׁן–    שׁוֹמֵר, יִשְׂרָאֵל. 4 Non certes, il ne s’endort ni ne sommeille, celui qui est le gardien d’Israël.
ה  יְהוָה שֹׁמְרֶךָ;    יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ. 5 C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.
ו  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה;    וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה. 6 De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.
ז  יְהוָה, יִשְׁמָרְךָ מִכָּל-רָע:    יִשְׁמֹר, אֶת-נַפְשֶׁךָ. 7 Que l’Eternel te préserve de tout mal, qu’il protège ta vie!
ח  יְהוָה, יִשְׁמָר-צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ–    מֵעַתָּה, וְעַד-עוֹלָם. 8 Que le Seigneur protège tes allées et venues, désormais et durant l’éternité!

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J’ai mis les noms de tous ceux que j’aime dans le mur du Temple.

Psaume122 – תְּהִלִּים

א שִׁיר הַמַּעֲלוֹת, לְדָוִד: שָׂמַחְתִּי, בְּאֹמְרִים לִי–    בֵּית יְהוָה נֵלֵךְ. 1 Cantique des degrés. De David. Je suis dans la joie quand on me dit: « Nous irons dans la maison de l’Eternel. »
ב  עֹמְדוֹת, הָיוּ רַגְלֵינוּ–    בִּשְׁעָרַיִךְ, יְרוּשָׁלִָם. 2 Nos pieds s’arrêtent dans tes portiques, ô Jérusalem,
ג  יְרוּשָׁלִַם הַבְּנוּיָה–    כְּעִיר, שֶׁחֻבְּרָה-לָּהּ יַחְדָּו. 3 Jérusalem qui es bâtie comme une ville d’une harmonieuse unité!
ד  שֶׁשָּׁם עָלוּ שְׁבָטִים, שִׁבְטֵי-יָהּ–עֵדוּת לְיִשְׂרָאֵל:    לְהֹדוֹת, לְשֵׁם יְהוָה. 4 Car c’est là que montent les tribus, les tribus de l’Eternel, selon la charte d’Israël, pour célébrer le nom du Seigneur.
ה  כִּי שָׁמָּה, יָשְׁבוּ כִסְאוֹת לְמִשְׁפָּט:    כִּסְאוֹת, לְבֵית דָּוִד. 5 Car c’est là que sont établis les sièges de la justice, les sièges pour la famille de David.
ו  שַׁאֲלוּ, שְׁלוֹם יְרוּשָׁלִָם;    יִשְׁלָיוּ, אֹהֲבָיִךְ. 6 Présentez vos saluts de paix à Jérusalem: « Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment! »
ז  יְהִי-שָׁלוֹם בְּחֵילֵךְ;    שַׁלְוָה, בְּאַרְמְנוֹתָיִךְ. 7 Que la paix règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais!
ח  לְמַעַן, אַחַי וְרֵעָי–    אֲדַבְּרָה-נָּא שָׁלוֹם בָּךְ. 8 Pour mes frères et mes amis, je t’offre tous mes vœux de bonheur.
ט  לְמַעַן, בֵּית-יְהוָה אֱלֹהֵינוּ–    אֲבַקְשָׁה טוֹב לָךְ. 9 Pour l’amour de la maison de l’Eternel, notre Dieu, je te souhaite pleine prospérité.

Jean-Michel Steg : 22 aout 1914, la catastrophe inconnue

Le brouillard de Rossignol

Qui connaît le village de Rossignol en Belgique ? C’est pourtant là que sont tombés au champ d’honneur 27 000 soldats français le 22 aout 1914. C’est cette terrible journée et le contexte qui l’a rendue possible que nous raconte Jean-Michel Steg dans Le Jour le plus meurtrier de l’histoire de France, 22 aout 1914 (Fayard).

Killing Field

27 000 morts français en une journée, moitié moins côté allemand. Derrière cette abstraction comptable Jean-Michel Steg, financier de profession, remarque que c’est en un jour autant de mort que pendant toute la guerre d’Algérie qui dura de 1954 à 1962, presque la moitié de soldats américains tués pendant la guerre du Vietnam entre 1969 et 1975 (58 000 soldats américains tués en 16 années de combat)… Et pourtant qui connaît la bataille de Rossignol. Car derrière l’abstraction mathématique, le constat clinique qui met à distance et anesthésie l’émotion note Jean-Michel Steg : « plus je travaille sur les circonstances de la mort, il y a un siècle, de ces milliers d’hommes, et plus leur humanité m’envahit, rendant souvent l’écriture plus difficile encore qu’elle ne l’est déjà pour moi ».

JeanMichel Steg

« Un livre sur la mort violente au XXe siècle »

Comment un tel nombre de morts dans un espace aussi restreint a-t-il été possible se demande l’habitué des chiffres ? Le killing field, à la sortie de Rossignol sur la route de Neufchâteau mesure seulement quelques dizaines de mètres de large  pour un peu plus d’une centaines de mètres de long. Tout déploiement était impossible car la forêt est entourée de marécage, le traquenard parfait. Les soldats pénétraient « dans un véritable entonnoir de feu, dense et continu » . En filigranne de cette question comptable c’est l’absurdité de la mort industrielle au XXème siècle qu’interroge Jean-Michel Steg qui avoue écrire, « un livre sur la mort et plus particulièrement sur la mort violente au XXe siècle ». Un livre trés personnel qu’il a mis des années à écrire en forme de solde de tout compte. Lire la suite de « Jean-Michel Steg : 22 aout 1914, la catastrophe inconnue »

La rue Copernic attend l’extradition du terroriste présumé

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Hassan Diab, accusé d’avoir été le poseur des explosifs qui ont fait quatre morts le 3 octobre 1980 à Paris le vendredi 3 octobre 1980, soir du shabbat, alors qu’était célébrée la fête juive de Sim’hat Torah a coulé des jours paisibles aux US puis au Canada pendant 27 ans !!!  Dans Libé, le récit de cette histoire et celui de Micha Shagrir, qui a perdu sa femme dans l’attentat et qui raconte comment, après des années de silence, il a été informé des progrès de l’enquête.

COPERNIC I

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Réflexions sur le Shabbat (suite)

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Le traité Shabbat du Talmud de Babylone, s’ouvre sur une première Mishna bien étrange :

Mishna : LES SORTIES (d’objets interdits), LE SAMEDI, SONT AU NOMBRE DE DEUX PORTEES A QUATRE (pour celui qui se tient) A L’INTERIEUR, ET DEUX PORTEES A QUATRE (pour celui qui se tient) A L’EXTERIEUR. COMMENT ?

LE PAUVRE (Aani) EST DEBOUT A L’EXTERIEUR, ET LE MAÎTRE DE MAISON (baal a bait) A L’INTERIEUR :

LE PAUVRE TEND SA MAIN VERS L’INTERIEUR (en tenant un objet) ET LE POSE DANS LA MAIN DU MAÎTRE DE MAISON, OU, S’IL PREND (un objet) ET LE POSE DANS LA MAIN ET LE FAIT LE SORTIR, LE PAUVRE EST FAUTIF, ET LE MAÎTRE DE MAISON EST QUITTE.

LE MAÎTRE DE MAISON TEND SA MAIN VERS L’EXTERIEUR (en tenant un objet), ET LE POSE DANS LA MAIN DU PAUVRE, OU, S’IL PREND (un objet) DE CETTE MAIN, ET LE FAIT RENTRER, LE MAÎTRE DE MAISON EST FAUTIF, ET LE PAUVRE EST QUITTE ;

LE PAUVRE TEND SA MAIN VERS L’INTERIEUR (en tenant un objet), ET LE MAÎTRE DE MAISON PREND (l’objet) DE CELLE-CI, OU, S’IL POSE (un objet) DANS CETTE MAIN ET LE PAUVRE FAIT SORTIR (l’objet), LES DEUX SONT QUITTES.

LE MAÎTRE DE MAISON TEND SA MAIN VERS L’EXTERIEUR (en tenant un objet), ET LE PAUVRE LE PREND DE CELLE-CI, OU, S’IL POSE (un objet) DANS CETTE MAIN, ET LE MAÎTRE DE MAISON LE FAIT RENTRER, LES DEUX SONT QUITTES.

En s’appuyant sur Ex 16, 29 : « Considérez que l’Éternel vous a gratifiés du Sabbat! c’est pourquoi il vous donne, au sixième jour, la provision (lehem, la manne, le pain)  de deux jours. Que chacun demeure où il est, que nul ne sorte de son habitation le septième jour» qui décrit le don de la manne pour deux jours à shabbat alors que les jours précédents le peuple recevait uniquement selon son besoin quotidien,  la loi rabbinique a induit l’interdiction de transporter un objet du domaine public au domaine privé et vis versa à Shabbat. (TB Erouvin 46 a). Le domaine public est un lieu ouvert à la circulation, le domaine privé est forclos.

Remarquons au passage que dans cette Mishna, le pauvre c’est celui qui n’a pas de maison, qui erre dans un espace ouvert aux vents. Le maître de maison n’est pas qualifié de « riche » mais de baal ha bait celui qui possède la maison.

Alors quel est le sens de cette Mishna ? Lire la suite de « Réflexions sur le Shabbat (suite) »