SECRETS D’HISTOIRE : « Un homme nommé Jésus » de Stéphane Bern (replay et suite)

L’émission de Stéphane Bern SECRETS D’HISTOIRE, « Un homme nommé Jésus » – sur France 2 a réuni 4, 86 millions de personnes hier soir (contre 2,5 millions pour celle sur Picasso!) . Des historiens catholiques, protestants et juifs ou athés… s’exprimaient sur l’homme Jésus.
Je parle des Esséniens, de Jésus et les femmes, du célibat catholique, du procés de Pilate… etc…

Pour Poursuivre :

JESUS DE NAZARETH JUIF DE GALILEE

JESUS LE RABBIN QUI AIMAIT LES FEMMES

La SIDRA de TAZRIA « elle concevra » – METSORAH « Le lépreux », 30 Nisan 5773

Torah

Un commentaire de la paracha du dernier Shabbat (à lire ici) par le Rav Haïm Harboun.

Ce chabbath et les deux suivants nous lirons deux parachioth. Pourquoi ? Tout simplement parce que Le calendrier juif est luni-solaire. Il comprend jusqu’à 54 semaines, ce nombre variant selon les années, « pleines » ou « défectives ». On réunit donc, les parachioth  pour atteindre le nombre de lectures permettant de lire toute la torah en une année.

De l’écologie à la circoncision

L’ordre des sidroth que nous lisons chaque chabbath n’est pas fortuit il répond à une logique, conforme à l’esprit de toute la Torah.  Ces deux sidroth sont placées après la sidra de Chémini  qui s’achève sur le sujet de la nourriture et nous guide dans le choix des animaux que l’on  peut consommer ou non. Ce choix que  propose la Torah répond,  comme nous l’avons remarqué la semaine dernière, à des principes écologiques. Les animaux interdits visent à ne pas briser la chaîne et l’équilibre écologique. Les fruits de la mer, les crabes, les moules, les langoustes, les crevettes etc… constituent la nourriture pour les autres poissons. En les consommant, l’homme  détruit un équilibre écologique ce qui a pour conséquence la disparition de nombreuses races de poissons privés de la nourriture qui leur était destinée.

 La section de la torah lue aujourd’hui commence par la naissance d’un être humain, Lire la suite de « La SIDRA de TAZRIA « elle concevra » – METSORAH « Le lépreux », 30 Nisan 5773 »

La SIDRA de EMOR, « Parle », 16 Iyar 5773

Linge de Shabbat

CHABBAT VEYOM TOV
(Chaabbat et Le « bon jour »-
yom tov, désigne une date fixée dans le calendrier hébraïque comme convocation sainte ou solennité du Judaïsme)

Un commentaire de la paracha du dernier Shabbat (à lire ici) par le Rav Haïm Harboun.

Cette Sidra traite de deux sujets fondamentaux et pourtant liés :
a)   Le particularisme des Cohanim
b)   Les solennités de l’année juive

Dans les deux cas et sur la lancée de la Sidra Quedochim il s’agit de sanctifier, c’est-à-dire de particulariser. Ce qui est saint est particularisé.
Dans sa première partie, la « sainteté » vise les prêtres quant à la deuxième partie elle, s’applique au temps. Dans les deux cas la « Sainteté » prend le sens de particularisation. Car les shabbat et fêtes nous permettent de nous approprier le temps en le bornant, les cohanim, eux, délimitent un espace de sainteté à l’intérieur du peuple d’Israël. Toute la halakha n’est qu’une longue discussion pour définir ces limites de sainteté : ainsi les discussions sur le érouv.
Qu’il s’agisse des habits des prêtres, des personnes avec qui ils peuvent se marier (vierge) ou pas (veuve, divorcée) ou des limites de temps d’entrée ou de sortie (havdalah) du shabbat, de l’espace (lois du érouv), des lois du shabbat (39 travaux interdits). Toute la vie juive concerne la sainteté c’est à dire la manière de particulariser, de désigner pour faire sens.

La sanctification du temps

A propos des solennités de l’année, la Torah les mentionne deux fois : une fois dans la sidra de Pinhas et une fois dans la Sidra de Emor.

Pourquoi cette répétition ? Parce que dans la Sidra de Emor, les solennités de l’année  sont mentionnées selon l’ordre chronologique, alors que dans la sidra de Pinhas,  les solennités  ne sont pas mentionnées en fonction de l’ordre chronologique mais en fonction des sacrifices  du jour de la fête.

 Quelles sont ces solennités ? Lire la suite de « La SIDRA de EMOR, « Parle », 16 Iyar 5773 »

La SIDRA de AHARE-MOTH – KEDOCHIM, 8 Iyar 5773

Torah

Un commentaire de la paracha du dernier Shabbat (à lire ici) par le Rav Haïm Harboun.

Ce shabbat encore, nous lisons deux Sidroth : Ahare Moth « À la suite de la mort »… [Des fils d’Aaron], un texte lu en grande partie à Kippour ; et, ensuite kédochim qui contient les grands principes de la Torah sous la forme de 50 mitsvoth.

Servir l’Eternel en ce monde pour vivre

« L’Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri ». Le premier verset de la sidra semble trancher la question de la raison de la mort des deux enfants d’Aaron : ils se seraient trop approchés de D. autrement dit, ils voulaient voir D. Mais d’autres raisons sont données par la Torah sur les causes de cette mort tragique : « Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, prirent chacun leur encensoir ; y mirent du feu sur lequel ils jetèrent de l’encens, et approchèrent devant l’Eternel un feu étranger sans qu’Il le leur eût commandé ». Ailleurs il nous est rapporté que « Nadav et Abihou moururent devant l’Eternel Lorsqu’ils approchèrent un feu étranger devant l’Eternel. » (Nb 3, 4). Quelle raison retenir de cette mort : celle du Lévitique ? Le fait de trop s’approcher de D. en délaissant ce monde ? Ou celle avancée par le Livre des Nombres, pour qui la faute des fils d’Aaron consiste à avoir apporté un « feu d’étranger ». Lire la suite de « La SIDRA de AHARE-MOTH – KEDOCHIM, 8 Iyar 5773 »

SECRETS D’HISTOIRE : « Un homme nommé Jésus »

Stéphane Bern

Dans ce numéro exceptionnel de Secrets d’histoire, Stéphane Bern nous emmène en Galilée, sur les rives du Lac de Tibériade, dans les déserts de Judée, sur les bords de la Mer Morte… sur les traces de Jésus.
J’interviendrai avec d’autres spécialistes lors de cette émission, un portrait  du « Jésus de l’histoire », ce mardi 07 mai 2013 sur france 2 à 20h45.

La bande annconce : http://www.facebook.com/photo.php?v=4867802298725&set=vb.507126765968952&type=2&theater

Direction la Galilée sur les traces de Jésus. Sur les rives du Lac de Tibériade, dans les déserts de Judée et sur les bords de la Mer Morte, Stéphane Bern retrace sa vie terrestre. A l’aide de reportages, d’images et d’interventions de spécialistes pour mettre en lumière le parcours de cette personnalité, retour sur une succession de faits indiscutables, de sa naissance à Nazareth jusqu’à sa crucifixion sous Ponce Pilate. Mais il reste de nombreux mystères, secrets et miracles autour de la vie de Jésus et de la naissance d’une religion comptant aujourd’hui deux milliards de fidèles dans le monde. Mystiques, scientifiques et historiens ne sont pas d’accord sur l’homme. L’Histoire le montre davantage tourmenté, tendre et coléreux. Des découvertes d’archéologues et d’historiens donnent de nouveaux éléments.
Avec la participation de : Jean-Christian Petitfils (historien), Raphaël Draï (professeur de sciences politiques), Daniel Marguerat (théologien et ancien doyen de la faculté de théologie de Lausanne), Henri de Villefranche (bibliste), Didier Long (historien du judéo christianisme), Cardinal André Vingt-Trois (archevêque de Paris), Regis Burnet (professeur d’exégèse du Nouveau Testament), Michel Benoit (spécialiste des origines du christianisme), Armand Abecassis (philosophe), Marc-Alain Ouaknin (rabbin et philosophe) et Michel Quesnel (ancien recteur de l’Université Catholique de Lyon).

Source image  : site de l’émission

France-culture / Les racines du ciel : « Les jours du Seigneur »

Gerard Haddad et Didier LongFrédéric Lenoir et Leili Anvar dans l’émission « Les racines du ciel » reçoivent Gérard Haddad et Didier Long (photo) autour du Shabbat juif et du dimanche chrétien :

http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-les-jours-du-seigneur-avec-gerard-haddad-et-didier-long-2013-04-28

La Paracha de Kedochim (Lv 19) lue shabbat dernier :

1 L’Éternel parla à Moïse en ces termes: 2 « Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel, votre Dieu. 3 Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes shabbats: je suis l’Éternel votre Dieu.4 Ne vous adressez point aux idoles, et ne vous fabriquez point des dieux de métal: je suis l’Éternel votre Dieu.

La Paracha d’Emor (Lv 23) lue à shabbat hier :

1 L’Éternel parla ainsi à Moïse: 2 « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur les solennités de l’Éternel, que vous devez célébrer comme convocations saintes. Les voici, mes solennités: 3 pendant six jours on se livrera au travail, mais le septième jour il y aura repos, repos solennel pour une sainte convocation: vous ne ferez aucun travail. Ce sera le Shabbat de l’Éternel, dans toutes vos habitations.

Musiques :

Pioutim (chants liturgiques) traditionnels du Maroc interprétés et enregistrés par le Rav HAIM HARBOUN : « LIBI OUVSSARI » et « YEDID NEFECH ». (suite ici : http://didierlong.com/2012/10/19/chants-de-shabbat/ )

Le Rav Haïm Harboun
Le Rav Haïm Harboun

La vie est belle

A voir,  » La vie est belle  » avec Roberto Benigni. Quelques scènes cultes de cette fable poétique magique. »

Un nombril fasciste

Une princesse russe

Ce petit mot pour saluer une dernière fois Claude Narishkin qui vient de nous quitter cette nuit (au centre).

Narishkin

Claude Narishkin (au milieu) lors d’une signature le 13 octobre 2007, je dédicaçais « Un ange dans le rétroviseur » et « Manuel de survie spirituelle dans la Globalisation »

Cette princesse russe descendante d’une très vieille famille ayant perdu sa fortune lors de la révolution de 17 (le tsar Alexis Ier avait épousé la princesse Nathalie Naryshkin, jeune fille d’une ancienne famille de boyards et d’une grande beauté, qui devint mère de Pierre le Grand en 1671). Elle avait épousé son mari qui avait émigré aux Etats-Unis. Elle aimait les Etats-unis et la  France où elle vivait et… était une de mes ferventes lectrice.

Claude était une femme magnétique, pétillante et aimante, avec des ‘antennes’ spirituelles. Les pieds bien par terre elle vivait aussi dans un monde magique, spirituel. L’âme russe.

Elle parlait américain quand elle parlait de Dieu et vivait désormais entre sa maison de Cap-Code et notre petire ville avant que le temps ne l’immobilise.

Bienvenue chez les anges Claude ! notre affection, celle de notre petite ville vous accompagne ainsi que votre fille.

Séance de dédicace de Didier Long

Encore une photo prise le 13 octobre 2007.

La SIDRA de CHEMINI (« le huitième »), 26 Nisan 5773

daroch/ darach la séparation des deux moitié des lettres de la Torah
« daroch/ darach » : la séparation des deux moitiés des lettres de la Torah

Un commentaire de la paracha du dernier Shabbat (à lire ici) par le Rav Haïm Harboun.

La Paracha se déroule le 8e (Chémini) jour de la dédicace du sanctuaire. Ce renseignement n’a pas été inscrit en début de cette Paracha de manière fortuite. Ce « huitième jour » apparait neuf fois dans le livre du Lévitique, c’est celui de l’expiation d’Aaron (Lv 9, 1), de la circoncision (Lv 12, 3), de la purification du lépreux (Lv 14,  10 et 23), de celle de l’homme (Lv 15, 14), de la femme (Lv 15, 29), du temps, pendant lequel un boeuf, un agneau ou une chèvre doit rester avec sa mère s’il doit être sacrifié (Lv. 22, 27), de l’assemblée solennelle un lendemain de shabbat de la fête des tentes-Soukoth (Lv. 23, 36 et 39). Le huitième jour est donc un jour suprême qui arrive après le shabbat –au sommet de la sainteté du temps de la semaine juive, un jour « surnaturel », les sept jours représentant le temps de ce monde, un jour de pureté (Tahor) de reconnexion avec D., l’impureté consistant non pas à être ‘sale’ mais déconnecté de D., hors circuit. Si cette paracha décrit minutieusement une pratique sacrificielle de purification c’est pour nous expliquer à travers elle la restauration de l’homme et de la création. Cette reconstruction du monde cassé où nous vivons, signifiée par la liturgie juive qui a remplacé les sacrifices du Temple. Elle nous parle de notre guérison quand nous nous mettons au service (avoda) du très-Haut.

 Revivre le trauma pour le guérir
Il est extrêmement étrange que la Paracha commence dès ses premiers versets par dire que le huitième jour Moïse appela son frère Aharon et lui dit : « Prends toi un veau parmi le bétail  pour le sacrifice ». N’importe quel auditeur un peu attentif, sait que c’est Aharon lui-même qui a été à l’origine de la fabrication du veau d’or. Un « veau » précisément. Comment Moïse peut-il rappeler à son frère l’objet de la culpabilité qui le hantait sans aucun doute ? Comme s’il ravivait une blessure en grattant la plaie… A cette question Rachi répond que le « veau » du sacrifice est le moyen de réparer la faute du « veau » d’or prends-toi un veau. « Pour lui faire savoir que le Saint béni soit-Il, par ce veau-là, lui avait pardonné l’affaire du veau d’or à la fabrication duquel il avait participé. ».

Nous retrouvons dans la réponse de Rachi un principe psychologique moderne qui consiste à guérir un traumatisme en faisant revivre ce même traumatisme. En effet, la victime d’un traumatisme est emprisonnée dans des souvenirs qui lui font sans cesse revivre une situation qui a été gravée dans son inconscient. Ce refoulé réapparait dans ses rêves ou à l’occasion d’un affect qui réactive ce trauma parfois bien des années plus tard. Le premier traumatisme est donc une faille, une fêlure intime toujours prête à nous briser en mille morceaux au moment où nous nous y attendons le moins. Il s’agit alors de faire revenir à la conscience cette mémoire enfouie, pour qu’elle cesse de nous hanter.

C’est ce que réalise le sacrifice du veau qui rejoue une scène traumatique, la fait rituellement advenir à la conscience rituelle pour l’exorciser et en anéantir le potentiel destructeur.

L’acte sacrificiel et fondamentalement idolâtre, courant dans le monde religieux païen à l’époque, consistant à donner des aliments ou des êtres fragiles à des dieux, est donc ‘retourné’. Les juifs pratiquent des gestes… mais pour anéantir l’idolâtrie au lieu de l’alimenter. Car le rite sacrificiel conscient du « veau » permet ainsi de guérir de l’idolâtrie (du veau d’or), comme un antidote. La verbalisation, le rite, permet à celui qui l’exécute de comprendre ce qui l’a amené dans un chemin mortifère pour sa vie spirituelle. On le voit, la Torah n’ignore rien de la profondeur de la psychologie humaine, que la science moderne théorisera plusieurs millénaires plus tard. Lire la suite de « La SIDRA de CHEMINI (« le huitième »), 26 Nisan 5773 »

Témoins de l’Holocauste (suite) : Leib Rochman – « A pas aveugles de par le monde »

« Il savait que les rayons insaisissables qui aurait pu les unir étaient rompus. Mais pas seulement les leurs. De chaque être émanaient des rayons qui englobaient le monde entier et attachaient les hommes les uns aux autres. Tous intimement mêlés. Tout était dans tout.  Mais les rayons s’étaient éteints. »

a-pas-aveugles-de-par-le-mondeNé à Minsk-Mazowiecka dans un milieu hassidique Leyb Rochman est enfermé dans le ghetto de sa ville natale au début de la guerre et, suite à la destruction du ghetto en 1942, transféré avec sa famille dans un camp de travail. Il s’en évade et se cache pendant deux ans avec sa femme et trois juifs chez une paysanne polonaise. Là il est contraint de rester debout et immobile entre deux murs sans pouvoir bouger. Au lendemain de la Libération il se rend dans les camps de Maidanek et découvre les  chambres à gaz et fours crématoires. Victime par la suite du pogrom de Kielce, qui attendait les survivants qui rentraient chez eux, il se rend en Suisse fin 1945 pour se soigner.

De 1946 à 1948, il a voyagé à travers l’Europe et il tire de ce voyage cet ouvrage. En 1950, il s’installe en Israël. Il y meurt en 1978, à 60 ans, après avoir écrit trois livres : Et dans ton sang tu vivras (1961), A pas aveugles de par le monde (1968) et Le Déluge (1978).

Mit blinde trit iber der erd, A pas aveugles de par le monde, a été traduit du yiddish par Rachel Ertel chez Denoël. C’est un livre étrange sans équivalent dans la littérature de l’Holocauste. Celui d’un mort vivant, d’un revenant. Proche de l’écriture d’un Aaron Appelfeld qui préface le livre. Il commence une semaine après la fin de la seconde guerre mondiale comme une odyssée à travers une Europe de cauchemar. Une écriture sans les contraintes d’espace et de temps dans une Europe hallucinée d’après le Déluge.

S., « je », Leib, personnages interchangeables qui n’en sont qu’un vit dans le cauchemar de celui qui a survécu. Il revient comme Ulysse dans une Ithaque, l’Europe dévastée où ne l’accueillent que des fantômes de ses proches, de sa mère, de sa petite sœur réduits en cendres ou tués d’une balle.

« Leibl aurait lui aussi voulu se réfugier dans le sommeil, étendu sur son lit ; dans un sommeil interminable, ici, dans les montagnes, comme dans le giron de sa mère. Mais Estherké l’en empêchait. Maintenant, libéré des barbelés et des murs, il s’enfonçait continuellement dans une somnolence poisseuse dont il était impossible de le tirer. Il ne comprenait pas comment il avait échappé à tout cela, pourquoi c’était lui qui avait été condamné par le destin à demeurer. Il se souvenait de tous ceux qui l’entouraient jadis. Personne n’était resté. Ils avaient tous expiré leur âme en fumée : sa mère, qui l’avait porté et l’avait expulsé de son corps pour en faire un être indépendant, sa sœur et son frère, qui étaient le fruit de la même matrice et s’étaient nourris au même sein ; toute sa parentèle – oncles, tantes, cousins, issus du même sang. Comment rester seul dans le vide qu’ils avaient laissé ? Les camarades de sa cour, les voisins de sa rue, tous les habitants de sa ville. Tous les Juifs des villes et des pays environnants – des monceaux de cendres dispersés. Et lui, lui, il était là, il existait, on pouvait le toucher. Ce ne pouvait être qu’un châtiment. Ce ne pouvait être l’issue définitive. On lui avait tendu un piège. Comment l’avait-il mérité ? Pour quels actes infâmes ? »

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