Kaddish pour Léonard Cohen, chabbat chalom

« Magnified, sanctified, be thy holy name »
Itgadal veitkedash sheme rabba (kaddish קדיש qaddich, « sanctification »)

יִתְגַּדַּל וְיִתְקַדַּשׁ שְׁמֵהּ רַבָּא

« Hineni, hineni (« me voici » en hébreu)
I’m ready, my lord »
Leonard Cohen, You want it Darker
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«  Rabbi Yossi a dit : un jour, je me promenais sur le chemin, et je suis entré dans une ruine parmi les ruines de Jérusalem afin de prier. Vint Eliyahou le prophète de souvenir béni, qui se posta à la porte (et m’attendit) jusqu’à ce que j’aie fini ma prière. Après que j’ai fini ma prière, il me dit :’Paix sur toi, Rabbi’ et je lui dis :’Paix sur toi, Rabbi et mon maître’.Il me dit:’mon fils, à cause de quoi as-tu pénétré dans cette ruine?’; je lui dis:’pour prier'[…] Il me dit :’mon fils, quelle voix as-tu entendu dans cette ruine ?’ et je lui dis :’j’ai entendu un écho roucoulant comme une colombe [la bat kol , l’écho de la voix littéralement, roucle comme une colombe dit le talmud], disant: Malheur aux fils par les péchés desquels J’ai détruit Ma maison, brûlé Mon autel et les ai éloignés au sein des nations.
Il me dit :’Sur ta vie et la vie de ta tête, ce n’est pas en cette seule heure que l’écho de la voix (bat kol) dit cela, mais chaque jour, trois fois par jour; non seulement cela, mais à l’heure où Israël entre dans les synagogues et les maisons d’étude, et répondent Yèhè shèmè hagadol mevorakh [« que le Grand nom soit sanctifié », le kaddish] »

Talmud Bavli Berakhot 3a

Brit Milah (suite)

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Ce livre a 200 ans, il est relié avec des ficelles, le Rav Harboun y a lu la prière de la Brit Mila du Guer en présence de Claude Chiche et de mon frère jumeau Olivier.

Mes ancêtres Branca venaient de Benciugnu, ce qui signifie en langue corse « nous sommes arrivés au bon endroit » probablement du Portugal via l’Italie. J’y ai acheté cette coupe il y a 7 ans à une brocante sur la plage de St Cyprien, j’ai ensuite découvert grâce au rabbin Harboun que c’était un kiddouch juif. A ma brit Mila il a fait le Kiddouch. On a alors respiré les clous de girofle. et m’a donné mon nom : Méir. Le nom est lié à la Neshama (l’âme insuflée) comme pour Adam dans le Sidra Berechit ce matin .
L’odorat est le sens spirituel le plus élevé dans le judaïsme. on n’oublie jamais une odeur associée à une émotion puissante.

La mémoire et la Neshama juive sont éternelles.

 

Une année pleine de miel…

imageQuelques liens sur le sens du Seder sur ce blog  :

Histoire d’un âme

Rachi sur Ekev : « D-ieu est généreux pour que tu sois généreux »

On lit des perles dans Rachi quand il commente Ekek. Le maître champenois du 12 ème siècle semble en permanence non seulement essayer comprendre le texte avec sollicitude et affection… mais aussi ses semblables, trois millénaires auparavant et probablement son entourage médiéval:

« Ton vêtement ne s’est pas usé sur toi et ton pied n’a pas gonflé, ce la fait quarante ans «  (Dt 8,4)

et Rachi commente « Les nuées de Gloire nettoyaient leur vêtements et les pressaient (pour leur donner) l’apparence de vêtements (fraîchement) repassés et même pour leur petits (enfants) au fur et à mesure qu’ils grandissaient leurs vêtements grandissaient avec eux comme ce vêtement (la coquille) de l’escargot qui grandit avec lui (voir Yalkout 850b) »

et plus loin :

Je vous ordonne pour le faire (observer les commandements du Chema cité avant) d’aimer l’Eternel, de marcher dans tous ses chemins.(Dt 11, 22)

Rachi s’empare de sa plume pour commenter « dans tous ses chemins » en disant :

« Ou Rakhoum  veata te Rakhoum : (D-ieu) est misééricordieux pour que tu sois miséricordieux

Ou gomell Hassadim veata tigmol hassadim : Lui (D-ieu) est généreux, et toi, sois généreux »

… et il y a plein de perles comme cela chez Rachi qui permette de passer du texte à l’action.

Ma femme a été faire un tour à Troyes où vivaient ses ancêtres bonnetiers : Beck (inventeurs du bas couture!) et Picard. Elle a rapporté ces photos de la maison de Rachi :

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Fronton de la Synagogue de Troyes

Maison de Rachi

Rachi à Troyes sur le blog de Marie-Pierre Samitier 

 

 

 

Shaalou Shelom Yeroushalaïm

Ma conférence à Jérusalem sur Akadem : cliquer ici

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« Sur la mer violette, Sefardim de Corse »

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Entre l’aube et l’heure où paraît le soleil

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Il existe un moment entre l’aube et le lever du Soleil que l’on
appelle « Michéyakir » à partir duquel  un juif peut porter les Téphilines et lire le Chéma le matin. A cet instant la luminosité devient suffisante pour « reconnaître un ami que l’on connaît un peu à une distance de 4 coudées » (Bérakhot 9b, Choul’han ‘Aroukh O.H. 30.1).
A cette heure là en Corse derrière l’antique four à pain les troupeaux de brebis et notre coeur s’éveillent. La nature ne dit mot mais elle se met a chanter comme une musique. Et nos prières ne sont que « l’écho de la bat kol qui gémit comme une colombe . » (TB Berakhot)
Ieyi or vayei or.
Viayei erev vayei boxer iom ehad.
D-iu chjamò a luce ghjornu, è chjamò u bughju notte. Cusì ci fù una sera, è ci fù una mane : fubbe u primu ghjornu
Diu vide chì a luce era cosa bona ; è Diu spiccò a luce da a bughjura.
Benis sois tu Créateur de la Lumiere.

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Ajaccio la Marrane

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Ajaccio

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Entendu ce matin lors de la signature des Mémoires juives de corse à la Librairie des Palmiers à Ajaccio.
Une dame corse : » Ajaccio à été fondée par des juifs venus de Genes en 1492 (année de l’expulsion des juifs d’Espagne ). Moi : qui vous l’a dit ? -mon père qui le tenait de son grand-père, la tradition orale corse  »
Une vieille dame âgée pétillante et la tête bien sur ses épaules,  G. Bucchini :  » Tous les corses sont des juifs, moi : – Comment le savez vous ? Ici beaucoup de gens le savent, presque tous. – Ah bon ? « .
Deux jeunes Corses à la cantonnée en pleine rue :  » Ici en Corse on aime les juifs ! Dites leurs Monsieur : Nous les corses, NOUS AIMONS LES JUIFS ».
Une autre dame corse  : »Ne me photographiez pas » un usage marrane banal en Corse lié à la mitsva de ne pas représenter. Etc…

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J’ai signé 40 livres ce matin, ce qui est énorme. Il y avait pleins de gens. Parlé avec de nombreux marranes.

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J’ai rencontré Tsvi Pinson, le frère du Rav Levi Pinson (à droite sur la photo) qui vient d’installer le Beth Habad à Ajaccio et Levi Belinow (à gauche sur la photo).

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Baroukh Aba becorsica. Che Diu vi binidisse fratelli. Corses, fratelli, accueillez les comme nos frères d’âme et de sang !
Coïncidence étrange… ce sont des amis qui ont étudié avec les deux disciples du Rebbe de Loubavitch qui m’ont accueilli par hasard à Crown Height (Brooklyn) en décembre 2015. (Photo et article sur ce blog). Le monde est tout petit et l’âme juive en exil est comme « guidée » vers sa source.

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En venant je suis passé dans un petit village à côté d’Ajaccio sur ma route qui s’appelle casalabriva, « la maison de l’hébreu » en langue Corse. Baroukh Ashem mimekomo !

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Ce matin à l’aube. Au loin la Sardaigne.

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Golfe du Valinco

« Ils reviendront en chantant les exilés de Sion. En ce jour joie et allégresse pour les îles lointaines. » … »Et en ce jour D-iu séchera les larmes sur tous les visages des exilés de Séfarad. »… » Sion disait l’Eternel m’a abandonne il ma oublié… Même si les mères oubliaient, Moi Je ne t’oublierai pas dit l’Eternel. Regarde, j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains » (Isaïe).

Diu ti benedica Corsica nostra ! Forza !  Azak ou baroukh !

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« Tihle Shana (Ahot Ktana) »

L’auteur de cette chanson est Rabbi Avraham Hazan de Gérone (Gerondi), 13ème siècle, elle est chantée sur un mode yéménite par Sagiv Cohen